Juste deux mots sur les titres de chapitre : Noir Désir pour le chapitre 10, et cette fois-ci... Brassens pour le chapitre 11.
Chapitre 11
Eux qu'on
retouve au soir, désarmés incertains
Quelques jours après, le poids que Sirius sentait depuis ce fameux soir où Clare Dame l'avait laissé seul, alors même que cela n'avait aucun lien avec la Poufsouffle, ne l'avait pas quitté. Il avait décidé de ne pas réagir.
Tant pis, il se résignait à l'idée de vivre avec ce poids.
Il parvenait même à se convaincre que c'était sans importance, que de toute façon, ce n'était pas en ce moment qu'il pourrait être parfaitement heureux. Alors un peu plus, ou un peu moins… Il n'entreprenait rien, il n'attendait rien. Ses priorités étaient bien ailleurs : l'Ordre prenait toujours une grande partie de son temps libre, et son esprit, comme ceux de ses amis, était sans cesse tourné vers Voldemort, et la bataille qu'il sentait approcher de plus en plus.
Avec James, Remus, et Peter, il ne parlait d'ailleurs plus que de ça.
-« Pourquoi y a-t-il des Mangemorts ? Comment des gens,
comme nous, croient que Voldemort a raison. Je crois que je ne
m'expliquerais jamais ça. » Demanda Sirius en entrant dans la
salle commune vide de Gryffondor, à une heure avancée de la
soirée.
-« Aucune idée. Peut-être parce qu'ils sont déjà
déséquilibrés… » Suggéra Peter.
-« Si tu veux mon avis, je
pense que les Mangemorts sont tout aussi équilibrés ou
déséquilibrés que nous. C'est ça qui les rend encore plus
effrayants. Tout le monde pourrait devenir Mangemort… Même nous,
en fait. » S'exclama Remus.
-« Je suis assez d'accord. »
Acquiesça Sirius.
-« On aurait pu être Mangemort ? Ok, mais
alors pourquoi n'en sommes nous pas ? » Demanda James.
-«
Question d'éducation, ou de caractère… » Répondit Remus. «
Voire les deux.
-C'est vrai qu'il n'est pas vraiment
surprenant que des vieilles familles comme les Black –rien de
personnel, Sirius– ou comme les Malefoy aient une prédisposition à
croire en Voldemort. Avec toutes ces histoires de domination,
d'anéantissement des gens qui sont pas d'accord, ou des Moldus.
-Il y va de leur intérêt propre dans ces cas-là.
-Ca veut
dire que soutenir Voldemort n'est pas une conviction, mais juste un
intérêt, parce qu'ils ont à y gagner ?
-Ca doit être un peu
des deux, j'imagine.
-Peut-être que ce sont des gens convaincus
par l'idée que tout doit être hiérarchisé. La conséquence,
c'est que ceux qui sont en haut doivent pouvoir écraser ceux qui
sont en bas.
-Et ceux du bas, c'est d'une part leurs
opposants…
-Et d'autre part, ceux qu'ils ne connaissent pas.
L'étranger. Celui dont on se méfie. En l'occurrence le
Moldu.
-Il n'y pas de neutre dans cette histoire ?
-Impossible.
La personne neutre, elle s'oppose.
-Sur ces bonnes paroles, mes
chers amis, une douce, mais trop courte nuit m'attend, et je ne
voudrais pas trop la faire languir. » Conclut James en se relevant
du canapé tellement moelleux qu'il allait avaler le jeune homme.
Les trois autres le suivirent. Quelques minutes à peine plus tard, ils dormaient tous à l'unisson d'un sommeil lourd.
Le
nez dans son oreiller, la couette qui lui recouvrait la tête, les
rideaux du lit à baldaquin tirés, Sirius sentit quelque chose
vibrer. Ce devait être son réveil sorcier. Il s'apprêtait à
sortir sa main de sous sa couette pour éteindre la vibration
impromptue lorsqu'il se souvint que son réveil sorcier ne vibrait
pas.
Il parlait.
Avec une voix charmante d'ailleurs, et des
mots polis qui n'incitaient pas à se lever. Mais quand on tardait
trop, la voix charmante devenait monstrueuse et il ne restait plus
que quelques secondes avant que le réveil ne pousse un larsen
insupportable. Sirius venait consécutivement de se rendre compte que
la vibration ressentie n'était pas du fait d'un quelconque
réveil. Il entreprit de la localiser avant de se lancer dans de
grandes actions inconsidérées, qui l'obligeraient à soulever sa
couette. La vibration venait sans nul doute possible de son
poignet.
Son poignet ?
Depuis quand son poignet vibrait ?
Sirius réfléchissait mais il éprouvait une grande
difficulté à raisonner.
A priori, ce n'était pas son poignet
lui-même qui vibrait. Mais peut-être quelque chose qui était sur
son poignet…
La montre de l'Ordre ! Ca ne pouvait être que
cela.
Aussitôt, il bondit hors de son lit manquant de déchirer
les rideaux. Il ne prit pas même le temps de s'apercevoir que ces
trois amis faisait de même au même instant. Il regarda avec
impatience et crainte ce que l'Ordre avait à lui apprendre au
plein milieu de la nuit.
« Mobilisation de tous les Membres. Grande Salle. Poudlard. »
James, Remus, et Peter, sans un mot s'étaient levés et s'habillaient en quatrième vitesse. Sirius les suivit. Quelques minutes plus tard, en ayant couru à perdre haleine dans les couloirs jusqu'à la grande salle, les Maraudeurs, Lily Evans, Clare Dame, Matheo Decoca, Tristan Spencer, Victoria Shane, Farfadelle Dentry, George Bastold, Denis Johnston, Zachary Zagreb, Lena Langrova, les Professeurs de Poudlard, et Firus Lonroth, l'Auror, se retrouvèrent. Il ne manquait que Dumbledore.
Quand il vit les derniers entrer en courant dans la grande salle, Firus leur annonça la nouvelle que tout le monde s'attendait à connaître un jour où l'autre, mais que tous voulait entendre le plus tard possible :
-« Je n'ai que quelques minutes pour
vous expliquer, alors je vais faire très court : tout à l'heure,
vers une heure du matin, de nombreux groupes de Mangemorts ont
attaqué de petits villages, partout dans le monde. Leur cible en
Grande Bretagne est une région d'Ecosse. Le but est simple, c'est
le même que celui de Londres : annoncer aux Moldus la venue de
Voldemort. Ils tuent tout ce qu'il trouve et incendient le reste.
Nous n'avons été prévenu qu'une heure plus tard, les dégâts
sont donc déjà assez importants. J'étais là-bas tout à
l'heure, c'est vraiment dur. Je comprendrais donc que certains
d'entre vous ne souhaitent pas m'accompagner. Cependant, nous
faisons appel à toutes les bonnes volontés de l'Ordre. Tout à
l'heure nous n'étions que les Membres de permanence, et les
Mangemorts étaient vraiment trop nombreux pour nous. Je vais être
clair : si vous venez, vous le regretterez probablement, mais on a
vraiment besoin de tout le monde, voire plus encore.
-Comment
peut-on rejoindre le lieu du combat ? » Demanda d'une voix forte
et convaincue Sirius.
-« J'ai là un Portoloin qui nous mènera
à proximité. »
Sirius, James, Remus, Peter rejoignirent immédiatement Firus, aussitôt suivi par l'ensemble des Professeurs, ainsi que des élèves, fermement décidés à aider l'Ordre.
Quelques secondes plus tard, Sirius entrevoyait dans l'obscurité de petits murets de pierre, une grande lande couverte de bruyère, sentit une petite pluie fine s'abattre sur sa cape.
-« Lumos maximus » S'écria Firus.
Une forte
lumière les éclaira tous. Personne n'en menait très large, pas
même McGonagall, qui très, digne, écoutait avec attention
l'Auror.
Un autre groupe était à proximité, puis un autre apparut, puis un troisième. Très vite, les groupes furent mélangés, la stratégie enseignée : eux entreraient les premiers par le sud du village. Ce n'était pas le seul attaqué, mais il était important, stratégiquement de commencer par là. Ils seraient chargés de repousser les Mangemorts vers le nord, où d'autres groupes de Membres les rejoindraient pour les encercler.
Simple, et efficace, pensa Sirius.
Armés de leurs baguettes et de
leur bonne volonté, les Membres de l'Ordre s'avancèrent à pas
rapides vers le lieu du combat. De là où ils étaient, ils
pouvaient déjà entendre des hurlements, des lumières vives
laissaient deviner le feu qui dévorait une partie des habitations.
Sirius, accompagné d'une partie du groupe de Poudlard,
s'avançaient toujours plus rapidement. Les hurlements résonnaient
dans sa tête. Il ne pensait plus qu'à ça. Il ne réfléchissait
plus aux risques qu'il était susceptible de prendre. Il
n'entendait que ces hurlements et les gens qu'il fallait aider
coûte que coûte.
Enfin, ils dépassaient les premières maisons.
Et les premiers Mangemorts.
Sirius s'élança vers le premier d'entre eux, les autres Membres de l'Ordre sur les talons. Surpris, le Mangemort en question eut à peine le temps de voir que le jeune homme lui était manifestement hostile. Il transplana instantanément, laissant un Sirius sur sa faim.
-« C'est pas du jeu. » Dit-il.
Mais il n'y avait personne pour l'écouter. Déjà, tous les Membres, que l'on distinguait à la lueur des flammes les petits groupes, tentaient de repousser l'attaque et d'en minimiser les conséquences, même si une grande partie du mal était déjà faite.
Fermement décidé à
sauver ce qui pouvait encore l'être, Sirius rejoignit les Membres
de l'Ordre qui combattaient maintenant en rang serré contre des
Mangemorts, visiblement en grand nombre. Cette fois-ci Voldemort
n'avait rien laissé au hasard. Il savait depuis Londres qu'il
devrait combattre les forces opposantes, et comptaient bien ne pas se
laisser surprendre par elles.
Les Membres, en nombre inférieur,
formaient donc une ligne, face aux Mangemorts.
Les sorts fusaient des deux côtés, sans que l'on sache qui pouvait l'emporter. La protection de l'Ordre était très efficace, mais ils avaient toutes les peines du monde à les faire reculer. Il était indéniable que les groupes de travail constitués par l'Ordre n'avaient pas été inutiles. Sirius d'ailleurs se sentait beaucoup plus en confiance, variant les sorts et les tactiques, face à un adversaire incontestablement redoutable.
La ligne formée par les Membres, pourtant, se détendait de plus en plus. Et assez rapidement, il n'y eut plus que quelques uns, disséminés, face aux Mangemorts.
-« Expelliarmus. » Hurla Sirius pour la énième fois depuis son arrivée sur les lieux.
Le Mangemort concerné ne quitta pas son sourire, ce qui ne présageait rien de bon. Il avait gardé sa baguette à la main, comme si rien ne s'était passé. Sirius, pendant ce temps, doutait de l'efficacité de ce sort.
-« Ecartus ! » Hurla encore Sirius.
Le Mangemort, au lieu de se retrouver propulsé quelques mètres plus loin, s'écarta à peine de quelques centimètres de l'endroit où il se tenait. Sirius, pendant ce temps, doutait toujours de sa capacité à repousser une attaque. Il eut juste le temps de murmurer un sort de protection avant qu'un jet vert émanant de la baguette de son adversaire ne se dirige dangereusement vers lui.
Sentant qu'il avait à faire à plus fort que lui, Sirius tenta tout de même d'accabler le Mangemort de tous les sorts qu'il connaissait. Mais le sourire ne quittait pas son visage blanc, au grand désespoir du jeune homme qui se trouvait alors, et il s'en rendait compte, en bien dangereuse posture.
-« Sirius ! » Entendit-il derrière lui. C'était la voix de James, sans doute possible. Trois filets de lumière convergèrent vers son adversaire, qui très vite, se trouva dans l'incapacité de bouger, ne serait-ce qu'un doigt de pied.
Sirius, quant à lui, n'avait
pas besoin de se retourner pour comprendre qui étaient ceux qui
l'avait tiré de ce mauvais pas. James, Peter, et Remus accoururent
vers lui.
-« Sirius ! Qu'est-ce que tu fous !
-T'as pas
entendu le signal du repli ou quoi ?
-Oh merde…
-Oh, alors
ça, ça ne sent pas bon…
-Mais alors pas bon du tout… »
Les Maraudeurs, à moitié cachés par l'obscurité, venaient de se rendre compte que leur position restait extrêmement précaire. Ils étaient entourés de Mangemorts, qui, a priori, ne s'étaient pas rendus compte de la présence des jeunes sorciers. Il n'était pas besoin de réfléchir pendant des lustres pour comprendre que dans les plus brefs délais, les partisans du Mage noir auraient tôt fait de les trouver et de ne faire qu'une bouchée d'eux.
Le
plus discrètement possible, les quatre Maraudeurs se faufilèrent
dans un passage à proximité qui avait le précieux avantage d'être
particulièrement obscur.
De là, ils avisèrent une petite
cabane, au fond d'un jardin.
Ils pensèrent, sans avoir besoin
de se concerter, que ça leur permettrait de se cacher, ne serait-ce
qu'un moment, pour trouver la manière de rejoindre les autres
Membres.
Effectivement, ils poussèrent la porte en bois, et se précipitèrent à l'intérieur.
-« Lumos ». Une faible
lumière s'échappa de la baguette de Peter.
-« Regardez, il y
a une trappe ! » S'exclama James en pointant du doigt le
sol.
Aussitôt, ils ouvrirent la susmentionnée trappe, et s'y
engouffrèrent. Une fois en bas, ils prirent le soin par un « accio
» bien inspiré de déplacer la table de la cabane sur la
trappe.
-« Lumos ! » Dit encore Peter.
Leurs yeux mirent
de nouveau quelques secondes à s'accoutumer à la lumière de la
baguette. James le premier distingua des formes dans un coin de la
cave dans laquelle ils avaient attérie.
Peter et sa baguette
luminescente s'approchèrent aussi.
Dans le coin de cette cave, se tenaient deux femmes, quatre enfants, et un homme.
-« N'ayez pas peur. » Dit tout de suite Sirius qui suivait James de près.
« N'ayez pas peur » ? Facile à dire pour un
sorcier, baguette à la main, devant des Moldus pétrifiés. Parce
que c'était bien ce qu'ils étaient ces sept personnes au fond
de la cave : pétrifiés. En même temps, rien de surprenant vu ce
qui les avait amené à ce cacher dans cet endroit.
Etrangement,
ils n'entendaient plus aucun bruit de l'extérieur, si ce n'est
ce crépitement inquiétant qui finissait de dévorer de flammes
quelques habitations.
C'est donc dans un chuchotement, pour ne pas éveiller les soupçons de Mangemorts qui s'approcheraient trop de la cabane que la conversation s'engagea. Ou plutôt, les sorciers entreprirent de se présenter à leurs hôtes.
-«
Nous ne vous voulons absolument aucun mal ». Dit Peter d'une voix
qui se voulait rassurante, surenchérissant ainsi l'affirmation de
Sirius.
-« Qui… Qui êtes vous ? » Murmura l'une des femmes,
visiblement peu convaincue.
La question était tout à fait pertinente. Et les Maraudeurs ne savaient comment y répondre. Fallait-il tout de suite leur annoncer que le monde était envahi de sorciers ? Que dans ces sorciers, il y avait des gentils et des méchants ? Ou fallait-il plutôt tout cacher ? La dernière possibilité était, étant donné le contexte, difficilement réalisable.
-« Nous sommes sorciers. » Avoua Remus.
La réaction des Moldus fut immédiate. Ils se replièrent un peu plus dans le fond de la cave.
-« Nous sommes sorciers, mais ce n'est pas nous qui vous avons attaqué ! Nous sommes justement là pour essayer de les repousser. » Ajouta Remus.
S'ensuivit une longue explication de la guerre que se livrait les sorciers entre eux, et qui, à partir de cette nuit, impliquait aussi des Moldus. Les Maraudeurs, en expliquant cela, savaient parfaitement que très probablement ces sept personnes, adultes comme enfants, subiraient un « oubliette », et qu'en conséquence, ils oublieraient leur conversation. Sirius n'aurait su dire pourquoi, mais cela le révoltait. Il aurait voulu que Moldus comme Sorciers, tous se liguent contre Voldemort, même si cela était dangereux.
Les Moldus de la cave, eux, quelque peu rassurés par les paroles des jeunes garçons sur leurs intentions en entrant dans la cabane, entreprirent de raconter le début de l'attaque.
-« Moi, c'est Meredith Funk, » dit l'une des femmes. « J'habite dans la maison à l'entrée de la ruelle. On discutait avec Colleen et Matthew, lorsqu'on a commencé à entendre de longs hurlements. On a voulu évidement se précipiter pour venir au secours des personnes qui hurlaient… »
Meredith ne put réprimer un frisson à l'évocation de ce souvenir si proche.
-« On a juste eu le
temps de voir la vieille Madame Fischer tomber. » Continua la
deuxième femme, Colleen. « Quelqu'un, vêtu d'une grande cape
noire, venait de faire je ne sais pas quoi, en tout cas, Madame
Fischer était par terre, inerte…
-Lorsqu'on l'a vue
tomber, et sans se douter que tout cela nous dépassait totalement,
on a voulu aller voir s'il était possible d'aider quelqu'un. »
Poursuivit Matthew. « Avant, avec Colleen et Meredith, on voulait
mettre les enfants, qui s'étaient réveillés, en sécurité.
-«
On essayait de rassurer les enfants, que leurs parents ne risquaient
rien, que de toute façon, ils pouvaient avoir confiance, et se
rendormir. » Ajouta Colleen. « Lorsqu'on a voulu ressortir…
-Une
jeune-femme nous en a empêché. » Dit Matthew.
-« La
jeune-femme nous a dit qu'il ne fallait pas avoir peur d'elle.
-Difficile à croire, mais on n'avait pas trop le choix.
-Elle
était très rassurante, elle nous a dit qu'il ne fallait surtout
pas sortir, qu'il fallait nous mettre en sécurité.
-Elle a
demandé si on connaissait un endroit où se cacher, pour s'y
rendre dès maintenant.
-Elle était tellement calme qu'elle
inspirait d'office confiance… » Dit plus pour elle-même
Colleen.
-« Une fille totalement impassible. » Surenchérit
Matthew.
La dernière réplique de Matthew fit l'effet d'une énorme claque à Sirius.
-« La femme qui est venue vous
voir, elle est brune, peau mat ?
-Oui. » Répondit
Meredith.
Tous s'étaient tournés vers Sirius. Le
crépitement qu'on pouvait encore entendre n'intéressait plus
personne, pas même les enfants qui assistaient à la scène. Tous
n'avaient qu'une question au bord des lèvres. Sirius connaissait
la jeune-femme en question ?
Pour le garçon, ça ne faisait
aucun doute, et il n'avait aucune envie de tout dévoiler. Remedios
Listerdale avait sauvé Matthew, Colleen, Meredith et les enfants
d'une mort certaine.
Se fichant éperdument du regard interrogateur de ses amis et des Moldus sur lui, Sirius réfléchissait avec peine. Il ne doutait pas que Remedios était l'informatrice qui avait permis à l'Ordre de se rendre sur les lieux. Il était vrai pourtant que cette fois-ci, la nouvelle avait mis du temps à leur parvenir. La conclusion était inquiétante : prévenue tard, ou ne pouvant prévenir que tard l'Ordre, la jeune Serpentarde avait du se rendre sur les lieux seule, au risque de dévoiler son double jeu, pour essayer d'écarter du combat les Moldus qui pouvaient encore l'être. Tout cela avait pour signification qu'elle devait être en danger.
Sirius avait eu peur en arrivant en Ecosse,
cette nuit-là.
Il avait aussi eu peur lorsqu'il avait du
affronter des Mangemorts.
Il avait eu peur encore en s'enfuyant,
et en cherchant un endroit sûr.
Sirius Black était désormais
terrorisé.
D'une part, parce qu'il était dans une position délicate, avec ses amis. D'autre part, parce qu'il ne savait pas où était Remedios Listerdale, et qu'il ne savait pas si elle allait bien.
Le jeune homme ne cherchait même pas à se cacher le fait qu'il était mort de trouille pour une Serpentarde. Le poids qu'il ressentait se fit plus lourd encore. Il avait peine à respirer. Son esprit n'était occupé que par cette indicible frayeur de ne jamais revoir la belle sorcière. Il avait honte de ne penser qu'à lui, et à elle, alors que les circonstances étaient terribles pour les autres.
C'était plus fort que lui.
Découragé, angoissé, épuisé, il retint quelques larmes. Il ne voulait pas inquiéter ses amis.
-«
Sirius ? Ca va ? » S'enquit Remus qui avait bien remarqué, comme
les autres, que quelque chose ne tournait pas rond.
-« Oui, oui,
ça va. » Mentit Sirius sans convaincre personne.
-« Et
c'est après que vous êtes venus vous réfugiez ici ? » Demanda
James aux Moldus.
-« Oui. J'avais presque oublié l'existence
de cette cave. » Répondit Colleen. « Il faut dire que je ne
pensais pas vraiment qu'elle pourrait nous être utile, un jour.
»
Le crépitement se poursuivait, oppressant pour les réfugiés de la cave. Ils comprenaient tous très bien que le silence n'était pas bon signe. Qu'une sortie ne pouvait s'envisager, en tout cas pour les sorciers, que s'il y avait des bruis de combat. En ce moment, rien de tel.
Meredith, comme
les autres adultes, ressentait le besoin de parler.
-« La
petite, c'est Lizbeth, c'est la fille du boucher. »
En
entendant son nom, une jolie petite fille aux boucles blondes releva
la tête, extenuée.
-« Le grand garçon à côté s'appelle
Alvin, le petit roux, c'est Archie. Et la grande, c'est Charity.
» Présenta Meredith. « Ce sont les enfants de quelques amis, qu'on
gardait pour la soirée.
-Où sont Papa et Maman ? » Demanda la
petite Lizbeth.
-« Ils vont bien, chérie, ne t'inquiète pas.
Essaie donc de dormir. » Lui répondit Matthew d'une voix qui se
voulait rassurante.
Malgré leur inquiétude, le sommeil s'emparait peu à peu des enfants.
-« Il y a une chose que je ne m'explique pas… » Commença Colleen. « Qu'est-ce qu'ils nous veulent les sorciers ? »
Les Maraudeurs se regardèrent.
Aucun ne souhaitait répondre.
De toute façon, ils ne
savaient pas même comment y répondre. Remus Lupin prit son courage
à deux mains pour tenter d'expliquer.
-« Comment je peux
vous présenter les choses ? Au départ tout allait bien… Ca fait
un peu idiot de présenter ça comme ça, non ?
-Il faut bien
commencer par quelque chose. » Approuva James. « Au départ tout
allait bien, lorsqu'un sorcier s'est cru plus fort que les
autres.
-Il a voulu tous nous asservir. » Poursuivit Sirius. «
Ca a marché pour certains d'entre nous. Alors avec d'autres, on
a voulu contrecarrer ses plans. On veut rester libre.
-Il s'est
avéré… » Reprit Remus. « Qu'asservir les sorciers ne lui
suffisait pas. Il a voulu montrer qu'il était plus fort que les
Moldus. Et son moyen pour le montrer, c'est vous tuer, c'est
installer la terreur, et faire de vous des sortes d'esclaves.
»
Horrifiés, les deux femmes et l'homme ne savaient que
dire.
-« Et c'est qui ce sorcier ? » Demanda enfin péniblement
Matthew.
-« Il se fait appeler Lord Voldemort.
-Un bien drôle
de nom… Enfin, façon de parler… » Remarqua Colleen.
-« En
fait, son vrai nom est beaucoup plus banal. » Reprit Remus dans
l'espoir de rassurer les Moldus. « Il s'appelle Tom Jedusor.
»
Sirius connaissait déjà ce nom pour l'avoir entendu dans
la bouche de Dumbledore quelques mois plus tôt.
De la même
manière, apparemment, ce n'était pas la première fois que
Meredith, Matthew, et Colleen, entendaient ce nom.
-« Jedusor
? » S'exclama Colleen.
-« Vous connaissez ? » Demanda Peter,
explicitant la question que les jeunes garçons voulaient poser.
-«
Evidement qu'on connaît ! » Répondit Matthew, tout aussi surpris
que les autres.
-« Je m'appelle Jedusor, Alvin Jedusor. »
C'était l'un des enfants, le plus grand de tous, qui venait
de répondre.
Le crépitement des flammes dévorant ce qui pouvait encore l'être dans le village se faisait toujours entendre. Les Maraudeurs dévisageaient le jeune Jedusor.
-«
Y a-t-il un Tom dans ta famille ? » Demanda Matthew.
-« Oui, il
y a un Tom. » Répondit Meredith. « Vous vous souvenez d'Edwina
et Cuthbert Jedusor. Ils avaient trois fils.
-« Bill, Tom, et
Lee. » Continua Colleen. « C'est vrai, j'avais oublié. Bill
n'a pas eu d'enfants, et ça, on peut l'assurer, il n'a
jamais quitté le village. Lee a eu Liam, qui est le père de notre
petit Al. Quant à Tom, on a dit à un moment qu'il s'était lié
avec une jeune fille extrêmement étrange. A notre connaissance, il
n'a pas eu d'enfants, ou alors il l'a abandonné. De toute
façon, de cette famille, tout le monde est mort. Sauf Liam et
Al.
-Vous vous souvenez de la mort de Tom ? Il a été tué. »
Ajouta Matthew. « Dans de bien étranges circonstances. La mort des
autres a aussi été étrange. Tout est arrivé coup sur coup. Assez
récemment.
-Réfléchissons deux secondes. » Proposa
James.
-« Quelle prétention, mon chéri ! » Le railla Sirius
malgré les circonstances.
-L'attaque dans ce village et les
environs n'est pas un hasard, je me trompe ? Ce serait une
coïncidence trop flagrante pour y croire.
-C'est vrai, il doit
y avoir un rapport entre la présence d'une famille Jedusor ici, et
cette attaque.
-Oui, le hasard est trop grand… » Conclut Remus
pour lui-même à voie haute.
-« Il doit y avoir un lien entre
ces morts suspectes de la famille Jedusor et Voldemort. Je pense pas
trop extrapoler en disant qu'il a du tuer son père. Et sa
famille.» Dit James.
-« Il ne reste qu'Al. » Compléta
Peter.
Les Maraudeurs avaient résumé la situation en
quelques secondes à peine.
Maintenant certaines choses pouvaient
s'expliquer. Il n'était plus étonnant que Voldemort ait choisi
d'attaquer ce village écossais. Il voulait en finir avec la
famille qui l'avait abandonné. Le prétexte de la guerre était
adéquat : personne ne pouvait se douter que Voldemort ici se
vengeait.
Sans comprendre tous les détails de l'histoire de Tom Jedusor fils, les Maraudeurs comprenaient que cette période là de sa vie était tout à fait déterminante. Tellement déterminante que des années après son abandon, par un Moldu, le Mage noir tenait à éliminer tous les membres de cette famille. Il paraissait cette nuit-là évident que l'attaque n'avait été dirigée que dans ce but. Celui d'éliminer toute trace de ce qu'il restait de sa famille.
-« Et il est où ce Liam Jedusor ?
-Papa est
parti à la mairie. » Répondit Alvin.
Les adultes n'avaient pas remarqué que le petit garçon, d'une dizaine d'années, les écoutait parler avec la plus grande attention.
-« Vous
pensez que Voldemort va le tuer ? » Demanda-t-il simplement,
montrant ainsi qu'il avait tout compris de ce qui se révélait
sous ses yeux.
Meredith, Colleen, Sirius, Remus, Matthew, James,
et Peter se regardèrent. Ils étaient dans l'incapacité de
rassurer le jeune garçon. La menace sur Liam était trop grande. Al
eut l'air de comprendre, il n'insista pas.
Sirius se dit
que ce Al ne devait pas être la moitié d'un idiot. Il se
demandait aussi si Remedios connaissait l'existence de ce petit.
-«
Merde alors, tout revient toujours à elle ou quoi ?
-Qu'est-ce
que tu dis Sirius ?
-Rien, rien."
A peine Sirius
eut-il prononcé ces mots que des voix se firent entendre. En effet,
dans leur cave, les réfugiés écoutèrent avec toute l'attention
dont ils étaient capables, et avec une certaine angoisse, des pas
s'approcher d'eux. Le moment était grave. Il fallait réagir le
plus vite possible, les Maraudeurs le comprenaient très bien. Ce
qu'ils comprenaient aussi très bien, c'était que la priorité
était de protéger Alvin Jedusor, et eux, par la même occasion.
-«
Il faut qu'on les devance ! » S'exclama Sirius.
-« Je suis
d'accord, il faut qu'on sorte, et qu'on les occupe, avant
qu'ils ne se préoccupent de savoir s'il y a des gens qui se
cachent ici. » Approuva James, déjà armé de sa baguette. Les deux
autres acquiescèrent.
La trappe fut ouverte, sous le regard
inquiet de Al, Meredith, Colleen et Matthew.
Les Maraudeurs
étaient de nouveau dans la cabane.
Les bruits de voix se rapprochaient de plus en plus. D'un commun accord implicite, les Maraudeurs sortirent de la cabane.
-« Expelliarmus ! » Hurla James, sorti le premier.
Pris de cours, les Mangemorts concernés, au nombre de trois, s'étaient trouvés désarmés sans qu'ils aient eu le temps de réagir. Néanmoins, ils étaient bien entraînés, ils n'avaient pas tellement besoin des baguettes tombées très loin dans l'obscurité pour faire face. Les Maraudeurs étaient donc sur leur garde. La seule chose dont ils étaient certains en ce moment était qu'il fallait absolument protéger les Moldus de la cave.
Sans attendre, ils envoyèrent une salve de sorts sur les Mangemorts. Malgré leur supériorité numéraire, les garçons avaient toutes les peines du monde à déstabiliser leurs adversaires. Imperturbables, ils contrecarraient tous les coups, ou presque. Variant les sorts ou les tactiques, ces Mangemorts étaient du genre coriace.
Sirius était de plus en plus soucieux de la conclusion de cette affaire-là. Sentant que les ennemis allaient incessamment en venir aux « Avada » et toute cette sorte de chose, il fallait faire quelque chose, et vite.
Inspiré, animé d'une grande colère contre ces sorciers qui décidément ne se laissaient pas avoir aussi facilement, il lança un tonitruant : « Somnulus ! » qui en ébranla même la terre.
Aussitôt, les trois Mangemorts s'effondrèrent. Ils étaient entrés dans un profond sommeil.
-« C'était quoi ça ? » Demanda
Peter.
-« J'avais lu ça quelque part, mais je ne l'avais
jamais vu exécuter… » Répondit Remus. Un sort puissant qui
oblige les gens à s'endormir. Très difficile à éliminer ou à
limiter. Ils en avaient la preuve sous les yeux.
-« Mon père
l'utilisait souvent sur moi. » Dit simplement Sirius alors que ses
amis le regardaient, attendant une réponse.
-« Hé ben dis dont
». Soupira James.
Tout à leur surprise, les Maraudeurs baissaient la garde. Or, sortis de l'obscurité, des dizaines de Mangemorts, probablement attirés par le bruit, et le tremblement qu'avait provoqué le « Somnulus », s'approchaient d'eux, à pas feutrés.
Lorsque les Maraudeurs purent enfin distinguer les silhouettes qui s'avançaient, il était déjà trop tard pour tenter de fuir, ou au moins établir un semblant de stratégie. Le crépitement des flammes se faisait de plus en plus discret. Et bientôt, les jeunes sorciers étaient encerclés.
James lança un patronus pour les protéger. Il profita de cet instant de répit pour lancer quelques mots à ses amis.
-« Il faut protéger les Moldus. Clairement, on n'arrivera pas à les chasser tous de là. Notre objectif, c'est simplement d'attendre du renfort de l'Ordre. Il faut tenir les plus longtemps possible ».
Loin du discours grandiloquent des héros qui sont prêts à se sacrifier, James ne faisait que rappeler les priorités.
Le patronus de James finit par partir. Les Maraudeurs étaient à découverts. Les Mangemorts l'avaient bien compris, et en profitaient allègrement.
James, Sirius, Remus, et Peter, rencontraient toutes les difficultés à essayer d'esquiver les sorts. Ils étaient bien trop peu nombreux pour tenir tête à l'armée de Mangemorts dont le nombre ne faisait que croître. Leur but n'était de toute façon pas de les éliminer, mais juste de les écarter de la cabane, le temps que l'Ordre reconstitué vienne à leur secours.
De sort en sort, ils finirent par faire dévier la scène du combat dans la ruelle. L'espace étant trop étroit, ils se retrouvèrent bientôt sur la place. Apparemment, personne ne faisait attention à la petite cabane. La mission, de ce point de vue là, semblait réussie.
Cependant, les Mangemorts étaient décidément trop nombreux. Les jeunes sorciers, s'écroulant parfois sous la violence du sort, se fatiguaient de plus en plus. Ils se rendaient bien compte qu'un Endoloris maintenant aurait raison de leur petite résistance. Leurs adversaires d'ailleurs ne paraissaient pas dupes : tous avec un petit sourire en coin ne donnaient pas cher de la peau de ces jeunes garçons, bien entraînés, mais bien prétentieux.
Puis, Peter tomba. Cette fois-ci, il
ne se releva pas. Sirius le voyait bien, à sa droite, mais ne
pouvait en aucun cas lui venir en aide à ce moment précis, quant
une dizaine de Mangemorts lui faisaient face. Il vit, à sa gauche,
James en grande difficulté. Ce qui l'inquiétait aussi, c'était
qu'il ne voyait plus Remus.
Un dernier sort orienté directement
sur lui eut finalement raison de sa résistance. A l'instar de
Peter, il s'effondra par terre. Il pensa à ce moment-là qu'il
espérait que personne ne trouverait la cachette des Moldus.
Alors que les Mangemorts s'approchaient de lui pour placer le coup de grâce, il entendit soudainement des cris, des voix, qui n'avaient rien d'amicaux envers les adversaires. Puisant ces dernières forces, Sirius Black se releva, et vit, avec un soulagement immense, des membres de l'Ordre du Phénix s'attaquer aux Mangemorts.
Tout d'un coup, ils ne s'intéressèrent plus à lui. Il
se leva alors avec difficulté là où il avait vu Peter tomber.
Celui-ci était inerte. Il respirait. Un peu rassuré, il se dirigea
vers James, toujours debout, épuisé, prêt à aider les secours.
Remus n'était pas bien loin. Debout aussi, le regard dans le vide.
Il suivit James tant bien que mal.
Deux Membres de l'Ordre
vinrent presque immédiatement chercher Peter.
Hébété, Sirius
ne savait que faire. Lorsqu'il vit Firus Lonrot, l'Auror, venir
lui parler.
-« Les Mangemorts sont décidément trop
nombreux, nous ne pourrons pas les battre maintenant. Nous
reviendrons plus tard, mais maintenant il nous faut fuir.
-Nous ne
pouvons pas fuir. » Répondit Sirius froidement.
-« Nous n'avons
pourtant pas le choix. Ca ne sert à rien de risquer plus nos vies.
Ramène tes amis, je vous amène un Portoloin.
-« Nous ne pouvons
pas fuir, des Moldus sont cachés près d'ici. Nous ne pouvons les
laisser. » Dit Sirius toujours aussi froidement.
-« Dès que
nous serons partis, les Mangemorts s'en iront.
-« Pas tant
qu'ils n'auront pas trouvé ce Moldu-là. »
Face au regard sans appel de Sirius, Firus proposa un compromis :
-« Va les chercher, on se retrouve à l'entrée du village dès que possible. Je m'occupe des autres. »
Black courut vers la ruelle, s'y engouffra, ouvrit la porte de la cabane à toute volée. Les Moldus, terrorisés constatèrent avec soulagement qu'il ne s'agissait que de Sirius. Celui-ci les fit sortir, et les accompagna discrètement jusqu'à l'entrée du village. Ils ne croisèrent aucun Mangemort, ils étaient trop occupés sur la place.
Là, ils retrouvèrent Firus, James, Remus, et Peter, ainsi que quelques autres personnes. Ils s'éloignèrent du village.
Quelques minutes plus tard, les autres Membres les
avaient rejoints.
-« On est parti tellement vite que je me
demande s'ils se sont rendus compte qu'on était parti. »
S'écria quelqu'un.
Quelques uns transplanèrent, d'autres
s'agrippèrent au Portoloin.
Ils se retrouvèrent à la
Serna..
McGonagall était là. Elle attendait ses élèves.
James ne la vit pas. Il était bien trop inquiet. Il cherchait désespérément des yeux quelqu'un. Son sourire revint, avec un énorme soulagement, quant une tornade rousse lui sauta dessus.
Sirius, qui jeta un coup d'œil pour constater que tous les élèves de Poudlard étaient bien sains et saufs, entreprit d'expliquer à McGonagall la présence de Moldus à la Serna.
-«
Madame, je vous présente Alvin Jedusor. » Annonça-t-il simplement,
en montrant le petit garçon qui se tenait près de lui.
-C'est
donc lui le fils de Liam… » Dit-elle, visiblement pas étonnée.
-«
Vous avez des nouvelles de Liam ? » Demanda, inquiète, Meredith.
-«
Madame, je suis désolée, il est mort. »
