Les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer, et l'auteure de cette histoire est mybluesky. Je ne suis que la traductrice...

Chapitre 11

BPOV

Voir Edward trempé de la tête au pied, c'était comme entrer dans le Jardin d'Eden. C'était... fascinant, aussi proche de la perfection que je ne pourrai jamais l'être. Il était comme un dieu échevelé et mouillé, sa beauté tellement accablante que le toucher apporterait la honte... Je soupire et me rejoue l'image de sa chemise blanche collée à son torse ferme et bien défini. Parlez-moi d'un concours de tee-shirt mouillé – diable, je payerais une fortune pour ça, et j'ai eu la veine de pouvoir me rincer l'œil gratuitement. La soirée a vraiment été formidable.

Je pouffe de rire en admirant furtivement sa salle de bain. Ça doit être celle des invités puisqu'elle est d'une propreté immaculée ; pas une seule serviette en train de sécher en vue. Mais à bien y penser, la salle de bain dans la chambre des maîtres doit être aussi impeccable... étant donné les tendance obsessives-compulsives soudainement très apparentes d'Edward. Seigneur, on dirait qu'il est capable de flotter dans sa maison sans que ses pieds ne touchent jamais le sol. Il n'y a rien, nulle part, qui soit placé de travers.

Je me dépêche de me changer dans les vêtements d'Edward. Ils ont son odeur – l'odeur de son détergent à lessive – et je colle mon nez directement sur le tissu pour le respirer à pleine bouffée. Ça sent si bon. Je me demande si ces fringues lui manqueraient, et juste comme je réfléchis à un moyen de les lui subtiliser, je vois mon reflet dans le miroir et je grimace. J'ai l'air vannée sous la lumière brillante, et mes cheveux sont un vrai fouillis. Je remercie le ciel de ne pas porter de maquillage, parce que je peux seulement imaginer l'humiliation que ce serait d'avoir des yeux de raton laveur devant Edward. Je fouille dans les tiroirs en quête d'une brosse à cheveux ou d'un peigne et, à ma grande surprise, je trouve une vieille brosse rose pleine de longs cheveux bruns parsemés de nœuds.

Je la prends et je l'observe avec incrédulité comme si elle était vivante et pouvait sentir mon hostilité palpable.

Alors ce cavaleur permet à ses conquêtes de laisser leurs petits accessoires de toilette dégoûtants dans sa maison ? C'est intéressant – je me demande si la fille à qui cette brosse appartient vient souvent ici. De toute évidence, elle s'est préparée dans sa salle de bain... et puis je me détends. Salle de bain des invités, et non pas sa salle de bain. Mais est-ce vraiment mieux ? Je remets brusquement la brosse dans le tiroir où elle va percuter les autres objets en produisant un bruit métallique tapageur. Non.

Un coup frappé à la porte me fait sursauter. « Bella, est-ce que ça va ? As-tu trouvé les serviettes ? »

Je claque le tiroir ; en le fermant je me sens comme une gamine prise avec la main dans la jarre à biscuit. « Oui, ça va, » je réponds, m'empressant de ratisser mes cheveux emmêlés avec mes doigts. « Je sors dans une seconde. »

« Je serai en bas, d'accord ? » Dit-il à travers la porte.

« Très bien. »

Je passe encore quelques secondes à me rendre présentable. Mes doigts ne font pas du bon travail, mais je préférerais mourir que d'utiliser cette brosse à cheveux souillée. Quand je suis convaincue que je n'arriverai pas à faire mieux, je me retourne et ramasse mes fringues qui gisent sur le plancher en un désordre ruisselant. J'essaye de cacher mon soutien-gorge au centre de l'amas de vêtements, de manière à ce qu'Edward ne le voie pas, mais je me ravise et le laisse bien en vue sur le dessus de la pile. Ça ne fera pas de mal de le faire souffrir un peu plus.

Lorsque je redescends, Edward est déjà dans la cuisine en train de continuer à nettoyer. Il se retourne quand j'entre dans la pièce, et m'examine sans vergogne de la tête aux pieds dans ses vêtements ; il sourit comme un idiot et je lève les yeux au ciel.

« Tu n'apprendras donc jamais, hein ? » Je demande. Il hausse les épaules, interloqué. Je lui tends mes vêtements mouillés, mon soutien-gorge noir ne pouvant pas passer inaperçu au sommet de la pile, et je dis, « Que veux-tu que je fasse avec ça ? »

Il fait une grimace et hoche la tête en direction de la porte de derrière. « Jette-les dehors. »

« Edward ! Il n'en est pas question ! » Je l'admoneste.

« Je ne faisais que plaisanter, Bella. Donne. » Il prend les vêtements et je l'observe avec amusement alors que son regard se fixe sur mon soutien-gorge. Puis sur ma poitrine. Et finalement sur mon visage. Il déglutit péniblement. « Euh, je vais juste les mettre dans le sèche-linge. »

« Okay, » je réponds suavement.

« Fais attention où tu mets les pieds, » me prévient-il. « Le plancher est glissant. »

« Hm hmm. »

Il disparaît et je commence immédiatement à nettoyer là où il en est rendu. Je réalise soudainement, avec une toute nouvelle clarté, à quel point je suis puissante. Je viens juste de voir Edward Cullen à son plus sexy – trempé et pantelant – et j'ai résisté à cette merde de tentation. En matière de self-control, il n'y a que Jésus qui puisse me surpasser. Putain, je peux le faire.

Il y a plusieurs minutes qu'il est parti ; je commence à m'inquiéter pour mon soutien-gorge, mais avant que je ne puisse m'y attarder, il revient avec plusieurs serviettes soigneusement pliées. Il en dispose deux en travers du comptoir et commence à essuyer, repoussant tout sur le plancher. Je regarde avec amusement, les lèvres pincées et les bras croisés. Edward voit ma posture et lève les sourcils.

« Quoi ? »

Je m'empresse de hausser les épaules avec nonchalance. « Rien. Est-ce que tu t'y prends toujours comme ça pour nettoyer ? » Je questionne avec scepticisme. L'eau qui n'est pas absorbée dans la serviette s'écoule du comptoir ; elle frappe le sol en éclaboussant faiblement, suivie rapidement par les coquilles d'œufs cassées et les pelures de pommes de terre. Edward sourit légèrement et hausse les épaules.

« Je n'ai jamais eu une aussi grosse tâche de nettoyage avant, alors je suis obligé d'improviser un peu. »

Il est fâcheusement insouciant au sujet de sa cuisine ravagée. Il lutte, ça c'est certain – mais pourquoi n'a-t-il pas crié ou ne s'est-il pas mis en colère ? Est-ce que ça fait toujours partie de sa ruse pour que je lui succombe ? Sans doute que oui.

« Ouais, bon. C'est principalement de ta faute. »

Il relève un sourcil mais reste sagement silencieux, absorbé dans sa tâche.

Le CD a cessé de jouer depuis longtemps. Mis à part le clapotage de l'eau sous nos pieds, c'est anormalement tranquille. Je me hasarde à faire le tour de l'îlot central. « Ça te dérange si je remets de la musique ? »

Edward lève les yeux vers moi, incrédule. « Tu le demandes, maintenant ? » Lance-t-il. Je suis surprise alors qu'il m'adresse rapidement un demi-sourire ; il essaye de faire passer pour du badinage son petit accès de colère furtif, mais je ne suis pas dupe. Peut-être que je suis allée trop loin avec l'histoire des CD. Oh, attendez – il n'a même pas encore vu ce que j'ai fait à sa collection. Je déglutis et me précipite hors de la cuisine en dépit de son mécontentement évident de me voir jouer avec ses affaires. D'ailleurs je pense qu'à ce stade-ci, il n'y a plus de raison de se formaliser pour ce genre de détail mineur.

Son meuble de divertissement est encore partiellement ouvert, et plusieurs CD sont entassés les uns sur les autres devant la pile désormais désorganisée. Je m'empresse de fourrer un CD des Beatles choisi aléatoirement dans le lecteur, et je cherche en vain le boîtier du CD d'Oasis. Je ne le vois nulle part. Finalement je range le disque compact dans le boîtier de celui des Beatles, et je ferme la porte pour dissimuler les preuves incriminantes.

Quand je me retourne, je vois Edward appuyé contre la porte du living-room, m'observant avec les bras croisés. Je sursaute, effrayée, et place une main sur mon cœur qui bat comme un fou.

Edward fait un geste en direction de son centre de divertissement maison. « J'ai vu que tu t'en es aussi donné à cœur joie avec ma collection de CD. »

Je regarde nerveusement derrière moi, puis je reprends mon aplomb en vitesse et j'avance, contournant Edward. « Je ne sais pas de quoi tu parles, » je dis avec assurance. Une fois que je suis dans la cuisine, je crie, « Il y a encore beaucoup de nettoyage à faire. Si tu veux que je t'aide, tu ferais mieux de revenir ici t'activer. »

Je grimace un peu ; je sonne comme une parfaite garce. J'ai détruit sa cuisine et j'insiste pour qu'il me donne un coup de main pour la nettoyer, sans quoi il devra s'atteler à la tâche tout seul. Ce n'est pas dans ma nature ; je nettoie mes propres dégâts, je rembourse l'argent que j'emprunte, et je demande la permission avant de toucher les choses qui ne m'appartiennent pas. Je ne me glisse pas dans les maisons de quasi-inconnus pour comploter des mauvais coups quand ils ne sont pas là. Je suis une bonne personne. Et pourtant voici Edward, qui me fait aller à l'encontre de tous mes principes à cause d'un pari frivole et stupide sur moi.

Il me suit dans la cuisine et nous conversons à bâtons rompus pendant que nous nous affairons.

« Alors, comment a été ta journée ? » Je demande de façon désinvolte. Il me tance du regard.

« Longue. »

Évidemment il veut dire que sa journée a été longue à cause de moi. Eh bien, ma journée n'a pas été plus courte, crétin. J'ai dû travailler, cuisiner et nettoyer.

« La mienne aussi, » je réplique. « Mais je suis navrée d'entendre ça. »

« Ça va, Bella, » dit-il sans me regarder.

Je décide d'utiliser une nouvelle tactique : jouer la carte de l'innocence. C'est la méthode de prédilection de Rosalie lorsqu'elle tente d'obtenir un truc qu'elle convoite ou de convaincre quelqu'un de voir les choses de la même façon qu'elle – eh bien, à moins que ce quelqu'un ne soit moi. Dans ce cas elle se contente de me dévisager avec un regard meurtrier assez glacial pour faire geler l'enfer, et elle me dit comment les choses vont se passer.

« J'ai beaucoup aimé te voir aujourd'hui, Edward, » je lui dis doucement. « Je me suis bien amusée. »

La bataille d'eau était réellement amusante – bien que froide et embarrassante – mais je ne suis pas sûre qu'il soit d'accord. Quoique techniquement c'est lui qui l'a initiée. Mais fouetter son cul avec une serviette m'a procuré énormément de plaisir – je voudrais le refaire bientôt. Je souris malgré moi.

« Bien sûr, Bella, détruire ma cuisine nous a apporté des tonnes de plaisir, » répond-il avec un sourire narquois.

« Ne sois donc pas rabat-joie, » je rétorque promptement. « Qu'aurais-tu fait d'autre ? »

« Je serais probablement en train de me prélasser sur mon sofa. »

Je toussote dans ma main. « C'est rasant un max. » Mais diable, je serais sans doute en train de faire la même chose. Je ne peux pas juger le gars.

« Ou peut-être que je me relaxerais dans le bain à remous, » poursuit-il. Mes yeux dardent soudain les siens, ma curiosité piquée. Bain à remous ?

« Tu as un bain à remous ? » Je demande.

Il ricane de me voir si empressée. « Peut-être. »

« Eh bien, où est-il ? »

« À l'arrière. »

Pincez-moi je rêve. Quelle excuse parfaite pour avoir un Edward sexy, presque nu, et mouillé – tout ça pour mon plaisir visuel, bien entendu. Mais aussitôt que les images jaillissent dans ma tête, ma raison sautille comme une déchaînée, et les drapeaux d'avertissement deviennent fous furieux, criant, « Arrête de fantasmer ! Arrête ! »

Je n'ai même pas de maillot de bain. Maudit. Pourquoi n'ai-je pas anticipé un truc comme ça ? Mais mes sous-vêtements me couvrent autant, bien qu'avec moins de goût...

Ma raison braque sur moi des regards honteux. Je devrais vraiment l'écouter, mais putain, elle ne me laisse jamais avoir du plaisir. Si je l'avais écoutée ce soir, je serais en train de visionner Lost pour la énième fois sur mon canapé, et mon rancard serait avec Ben & Jerry. Ce qui, en fait, ne sonne pas si mal... mais voir Edward dans un bain à remous sonne mieux. Beaucoup, beaucoup mieux.

La diablesse en moi laisse échapper sans vergogne, avant que je ne puisse la retenir, « Tu veux faire saucette ce soir ? »

Bordel de merde. Le dire à voix haute met vraiment en lumière à quel point cette idée est stupide. S'il essaye de faire un truc pas très catho, je n'aurai nulle part où aller sauf passer en courant à travers sa maison quasiment à poil.

Il me regarde pendant un instant comme s'il réfléchissait soigneusement à sa décision. « Tu n'as pas de maillot de bain, » déclare-t-il finalement.

Il a raison, bien sûr une partie de moi applaudit triomphalement, soulagée, tandis qu'une autre partie meurt un peu, enfouie loin à l'intérieur. Je n'argumente pas.

« Ouais, c'est vrai, » je grogne. « Peut-être ce weekend ou quelque chose ? »

Je viens juste de me réinviter chez lui durant la fin de semaine par inadvertance. Ce n'est pas bon – pas bon du tout. Mais avant que je ne puisse me reprendre, Edward concède. « Peut-être. »

Peut-être ? Seulement peut-être ? Qu'est-ce qui lui prend ? Au départ il semblait être un gars allumé et désespéré qui essayait de gagner un pari, et maintenant on dirait que l'issue du pari lui est complètement égale. Ça n'a pas de sens. Est-ce qu'il a annulé le pari ? Est-ce que quelque chose que j'ai dit hier soir l'aurait fait réfléchir ? Une fille peut toujours espérer.

Toutes les épices ont été rassemblées sur le comptoir. Juste pour le mettre à l'épreuve, je les ramasse et je vais les ranger dans l'armoire, au hasard, sans me soucier de les remettre dans leurs fentes respectives. Je ne vérifie pas les noms, si bien que pas un seul contenant ne se retrouve à la bonne place. Je ne me cache pas pour accomplir ma tâche, me demandant si Edward va remarquer mon petit manège.

Il ne s'écoule qu'une dizaine de secondes avant qu'il ne vienne se placer derrière moi, si proche que je peux sentir la chaleur émaner de son corps. Il regarde par-dessus mon épaule pour voir où j'en suis.

« Ces condiments sont censés aller dans certaines fentes, » m'informe-t-il. Je lève des yeux innocents vers lui.

« Mais il y a les noms des aromates sur les couvercles, » je fais remarquer.

« Oui, mais les noms sont aussi inscrits sur l'étagère elle-même, en-dessous de chaque compartiment, » réplique-t-il en les pointant du doigt. « Ils sont organisés pour être faciles à trouver. »

« Eh bien c'est débile, » je réponds. « Je voudrais organiser mes propres épices de la façon qui me plaît. »

« Mais moi, c'est de cette façon-là que ça me plaît, » dit-il, et dans la seconde qui suit, il me pousse gentiment du chemin. « Tiens, laisse-moi m'en occuper. »

Je lève les yeux au ciel mais je recule quand même. Je me dirige vers l'évier et je rince les dernières assiettes avant de les fourrer dans le lave-vaisselle. Je ne sais toujours pas quoi penser – c'est clair qu'il n'est pas content, et pourtant il ne semble pas en colère. Et il n'essaye pas non plus de me toucher de façon sournoise. Il est juste si... calme. Impassible. Exaspérant d'indifférence. À quoi penses-tu, Edward Cullen ?

La cuisine est presque totalement nette. Le lave-vaisselle est rempli, les déchets ont disparu, et les comptoirs sont brillants de propreté. Il reste seulement le plancher à nettoyer ; je jette des serviettes par terre et je commence à l'essuyer pendant qu'Edward finit de réorganiser son étagère à épices bien-aimée. Quand il a terminé, il sort une bouteille de Pine-Sol de sous l'évier et en verse dans un grand récipient avant de remplir celui-ci avec de l'eau. Il passe la serpillière pendant que je nettoie et éponge le plancher. Ce faisant, nous n'échangeons pas un mot.

Alors que je passe à côté de lui, je mets le pied dans une zone savonneuse et je glisse ; il tend le bras pour m'attraper et j'agrippe sa chemise avec mon poing, manquant de l'entraîner dans ma chute et étirant le tissu dans le processus. Edward réussit à nous redresser tous les deux et ne peut se retenir de glousser.

« Avec toi c'est la catastrophe assurée, hein, Swan ? »

Son visage est à quelques centimètres du mien et sa main tient toujours fermement mon bras. Cette proximité entre nous est troublante, comme toujours, et tout à coup on dirait qu'il n'y a que ses lèvres dans mon champ de vision. Je m'empresse de regarder ailleurs et je le repousse en grimaçant.

« Apparemment, tu fais ressortir ce qu'il y a de pire en moi, » je marmonne.

Edward fait semblant qu'il a mal entendu et met une main en cornet sur son oreille. « Quoi ? As-tu dis que je fais ressortir le meilleur en toi ? »

« Ne t'envoie pas de fleurs, Eduardo. » Il glousse.

J'ai initié le baiser la nuit dernière. Certes je l'ai allumé à quelques reprises aussi, mais bon... S'il veut tellement me mettre dans son lit, pourquoi n'essaye-t-il pas de m'embrasser à nouveau ? Est-ce que j'embrasse si mal que ça ? Sûrement pas...

Maintenant on peut dire que la cuisine brille comme un sou neuf, ou presque. Je n'arrive pas à croire que je l'aie aidé à nettoyer la totalité du gâchis – si cette idée de dîner surprise ne s'est pas retournée contre moi, je ne sais foutrement pas ce que ça a fait. C'est moi qui me suis retrouvée avec un dégât sur les bras ; Edward a pris toute cette affaire beaucoup mieux que je ne l'avais espéré, et nous avons passé une heure entière à faire disparaître les traces de mon méfait. Merde.

Le lave-vaisselle est en marche. Avec un énorme soupir, Edward retire le sac de la poubelle et l'attache en faisant un nœud serré. Le sac-poubelle est à peine à moitié rempli.

« Je vais aller mettre ça dehors, » me dit-il, et sans attendre une réponse, il le transporte à l'extérieur, pieds nus. Je me penche pour le regarder passer. Mmm... Quelle vision exquise.

Je ne trouve rien d'autre à nettoyer. La cuisine tout entière embaume le Pine-Sol et le savon. Craignant de me mettre à planer à cause des vapeurs chimiques des produits de nettoyage, je m'empresse de sortir le Tiramisu du réfrigérateur, et je l'apporte dans le salon avec deux cuillères. Edward n'aimera probablement pas ça – mais je m'en fiche. Je m'installe sur le sofa, les jambes repliées sous moi, et j'attends avec le Tiramisu sur mes genoux. Quelques secondes plus tard, j'entends Edward réintégrer la cuisine.

« Bella ? » Appelle-t-il.

« Ici. »

Il entre dans le séjour et me trouve perchée sur le canapé avec le Tiramisu fin prêt à être mangé. « Oh, tu as décidé que nous allions manger ici, hein ? Et c'est reparti pour détruire la pièce suivante ? » Me taquine-t-il. Ou du moins, je crois qu'il plaisante. Quoi qu'il en soit, je roule des yeux.

« Est-ce qu'il t'arrive parfois de t'embêter toi-même ? » Je demande sur un ton sarcastique.

Il ricane. « Alors maintenant je t'embête ? »

« Fréquemment. »

« Et pourtant, pour une quelconque raison, on dirait que tu ne peux pas rester au loin. »

Je demeure bouche bée, agrandissant les yeux. Ce petit enfoiré. Si seulement il savait. Il mérite que je lui fasse regretter le jour où il a regardé dans ma direction pour avoir fait ce commentaire.

Il s'assied à côté de moi sur le divan et je m'éloigne, toujours contrariée et renfrognée. Son sourire ne fait que s'intensifier.

« Tu es fâchée contre moi à présent ? » Dit-il pour tenter de m'amadouer.

« Oui, » je rétorque avec rancune. « Et j'ignore ce que tu t'imagines, mais sache que tu n'es pas si irrésistible que ça. » Mensonges, que des mensonges. Si ce n'était pas de ce pari, je lui sauterais dessus en moins d'une nanoseconde.

« Donc tu trouves que je suis un petit peu irrésistible ? » Questionne-t-il sans se défaire de son sourire.

« Non. »

Vraiment brillant comme réponse.

« Ce n'est pas ce que tu as dit. »

Je fais semblant que je ne l'ai pas entendu et j'ouvre le récipient de Tiramisu. Sans lui offrir sa cuillère, j'en prends une énorme bouchée et je gémis bruyamment. « Humm, c'est vachement bon, » je dis, la bouche pleine. Il pense sans doute que je suis une truie, mais je m'en fous. Il me lance un regard futé alors que je prends une autre bouchée.

« Tu vas manger ce truc au complet sans partager ? » Demande-t-il, visiblement amusé. La barquette qui contient le dessert est assez grosse pour contenter au moins deux Emmett.

« Peut-être. » J'enfourne une autre bouchée.

« Hmm. » Edward n'argumente pas il m'observe attentivement, un demi-sourire sur les lèvres. Ses yeux verts sont pénétrants.

« Pourquoi le demandes-tu, Edward ? Voulais-tu en avoir un peu ? » Je plonge ma cuillère dans le Tiramisu et la ramène vers lui pour lui donner une bouchée. Il la regarde pendant un moment avant que ses yeux émeraude ne reviennent s'ancrer dans les miens. Quand il ouvre finalement la bouche, j'avance ma cuillère, feignant de renoncer à la prochaine bouchée, mais je change brusquement de direction et fourre à nouveau la cuillère dans ma propre bouche. Edward écarquille les yeux de surprise tandis que j'éclate d'un rire odieux autour d'une bouche pleine de biscuits doigts de dame et de crème.

« Tu crois que c'est drôle, hein ? » Demande-t-il d'une voix grave, et avant que je ne puisse réagir, je me fais chiper la barquette de Tiramisu.

« Hé ! »

Il s'empare de ma cuillère avec autant d'aisance – mais ça ne se passera pas comme ça ! Dans un accès de stupeur et de désespoir, je rampe pratiquement sur lui pour essayer de la récupérer. Il est penché au-dessus de l'accoudoir pour être aussi loin de moi que possible, mais il réussit tout de même à engloutir une gigantesque bouchée qui entre à peine dans sa bouche. Il a plein de crème sur les lèvres et je ne peux réprimer un ricanement.

« Tu es tout barbouillé de crème, » je lui dis de façon coquine.

« Ouais, et je parie que tu veux venir la lécher de mon irrésistible bouche, pas vrai ? » Raille-t-il. Putain non, est-ce qu'il vient vraiment de dire ça ? Il garde toujours le récipient hors de ma portée, son sourire arrogant plus dévastateur que jamais.

« Ne me fais pas déployer mon Kung Fu, » je l'avertis d'un air menaçant. Il se met à rire avec fracas avant d'enfourner un autre morceau trop gros pour sa bouche ; je le contemple comme un oiseau de proie en chaleur, pleinement consciente de la merveilleuse sensation de son corps dur et ferme sous le mien. Bon d'accord, peut-être que je ne tiens pas à récupérer le Tiramisu autant que je ne le laisse paraître... Est-ce un crime ?

« Qu'y a-t-il, Bella ? » S'enquiert Edward d'une voix moqueuse. « Tu veux du Tiramisu ? Le choo-choo arrive... » Il fait voler la cuillère dans ma direction comme un avion, et je la repousse presque violemment.

« Espèce de connard ! » J'ai passé assez de temps sur lui et je me rassieds à l'autre extrémité du canapé, faisant semblant de bouder.

« Allons, Bella. Ne sois pas triste... J'en ai gardé un peu pour toi. » Edward se glisse plus près de moi et me montre sa joue gauche, plus particulièrement la région couverte de crème à proximité de sa bouche. Il dépose la barquette sur la table basse, m'offrant l'occasion parfaite de la lui dérober, mais Swan la diablesse se manifeste soudainement – elle attrape le visage d'Edward dans ses mains, le tourne pour avoir un meilleur accès, et lèche la crème égarée sur sa belle gueule trop séduisante pour son propre bien. Je pense que nos yeux s'écarquillent simultanément.

Putain de bordel ! Est-ce que je viens sérieusement de faire ça ?

Inutile de râler à présent... Je ferme les yeux et pousse un gémissement, me délectant de son goût. Je dois bien l'admettre, c'est encore meilleur avec un soupçon d'Edward. Lorsque j'ouvre les yeux, il m'observe curieusement, son visage encore dans mes mains. Ses yeux verts sont deux immenses émeraudes en points d'interrogation.

Je ne sais pas quoi faire moi-même – dans un monde parfait, je me fondrais simplement dans les coussins du canapé et je disparaîtrais. Ça n'aurait aucune importance que je vienne de faire cette chose ridicule mais oh, combien délicieuse, parce que je cesserais commodément d'exister à peu près à cette seconde précise.

Peut-être que je pourrais commencer par libérer son visage... Ouais, bien pensé, Swan. Je suis sûre que le reste te viendra au fur et à mesure. Un pas à la fois, c'est tout ce que je demande.

Edward arbore son sourire légendaire une fois encore. « Comment c'était ? » Interroge-t-il.

Je relève un sourcil, mais je continue à jouer. « Un peu présomptueux à mon goût. »

Pour une raison quelconque, je n'ai toujours pas relâché son visage.

« Ah vraiment ? Parce que tu avais drôlement l'air d'aimer ça... »

Ferme-la, Cullen. Sans crier gare, je me penche et le réduis au silence avec mes lèvres. Je ferme les yeux ; je ne pense pas, je me contente de sentir et d'apprécier, parce que je le peux, foutue merde. Je peux embrasser de jolis garçons si ça me chante. J'ai même eu la bénédiction de Rosalie Hale, putain, ce qui n'est pas peu dire. Et j'ai dit à Emmett que j'allais m'amuser avec les amygdales d'Edward... Et Bella Swan ne raconte jamais de mensonge. À moins que ça ne joue en sa faveur, bien sûr.

Edward se raidit pendant une seconde, mais avant que je ne puisse m'attarder sur sa réaction, il répond avidement à mon baiser, fermant les yeux alors qu'il m'embrasse avec plus de vigueur et d'acharnement. Sa langue se faufile dans ma bouche et il a le goût du Tiramisu – c'est chaud, sucré, et paradisiaque. Mes mains se déplacent de son visage à ses cheveux, emmêlant ses boucles couleur de bronze, tandis que l'une des siennes trouve refuge sur ma hanche et que l'autre se glisse dans mon dos pour m'attirer encore plus près de lui.

Chaque fibre de mon être est suspendue à ce moment, absorbée par sa saveur et son parfum ; j'ai imaginé l'embrasser à nouveau d'innombrables fois depuis le bref instant où nos lèvres ont fait connaissance, à l'extérieur de mon immeuble, mais rien ne peut se comparer à la réalité, qui est tellement mieux.

Avant que je ne sache vraiment ce qui se passe, il se détache doucement de moi, nos lèvres se séparant pour un moment très court. Il flotte au-dessus de moi et place un genou entre mes jambes. Ses lèvres quittent les miennes pour se rendre à mon menton, longer ma mâchoire, mon cou, chaque contact de sa bouche et de sa langue sur ma peau tellement doux et sensuel que des frissons se propagent le long de mon épine dorsale. Et mes mains – eh bien, elles refusent catégoriquement de délaisser sa chevelure magnifique.

Tandis que ses lèvres voyagent vers le sud, ses mains suivent la même direction ; elles se déplacent dans mon cou, effleurant le tissu du tee-shirt qu'il m'a prêté. Il s'appuie sur son coude, utilisant une main pour tirer le col du tee-shirt en question vers le bas et exposer plus de peau ; chaque endroit qu'il embrasse semble s'enflammer. Son autre main s'attarde sur l'ourlet de mon chandail, flirtant avec les options – prenant une décision – jusqu'à ce que finalement elle disparaisse de ma vue, frôlant la peau de mon flanc et de mon ventre.

Très vite j'enregistre que je ne porte pas de soutien-gorge ; très vite aussi, la main d'Edward se met à caresser délicatement le côté de mon sein, titillant avec ses jointures, et ensuite avec ses doigts. Chaque effleurement fait en sorte qu'il m'est de plus en plus difficile de penser, pourtant je dois garder toute ma tête – je dois être en mesure de l'arrêter lorsqu'il sera allé assez loin.

Ma main explore son dos, sentant ses muscles et ses bras. Je veux qu'il enlève sa chemise. Maintenant. Je tire maladroitement pour la faire remonter dans son dos et il glousse avant de passer une main autour et de l'arracher complètement. Voilà qui est beaucoup mieux. Je fais courir mes mains sur sa peau nue il est à la fois doux comme du satin, dur comme du marbre, et chaud comme un brasier.

Ses lèvres trouvent les miennes encore une fois. Je me déplace sur le canapé, soulevant mes hanches en quête d'une position plus confortable, et ce faisant j'appuie légèrement contre son entrejambe ; il gémit dans ma bouche même à ce contact superficiel, et le son envoie un étrange picotement directement à mon ventre.

Sa main se retrouve à nouveau sur mon tee-shirt. Son poignet repousse le tissu vers le haut, et je me languis de sentir sa peau contre la mienne. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? J'ai une certaine pudeur, après tout, et révéler ma poitrine dans toute sa nudité à un homme qui ne me veut que pour une chose ne semble pas la plus brillante des options. Mais bon Dieu, je veux qu'il me touche...

Son pouce se promène sur le renflement inférieur de mon sein, et toute pensée rationnelle s'envole par la fenêtre. Mes mains vagabondent sur sa poitrine, palpant et explorant, alors qu'il mordille gentiment le lobe de mon oreille. Je gémis, et lorsqu'il remonte mon chandail au-dessus de mes seins, je me retrouve assise, lui permettant ainsi de le retirer complètement.

Sans mon tee-shirt, je me sens vulnérable et exposée ; j'ai une envie irrésistible d'envelopper ma poitrine avec mes bras pour me cacher, mais avant que je ne puisse réagir ou penser, Edward murmure, « Tu es si belle. »

Je rougis ; je ne sais pas s'il dit ça à toutes les filles, mais ça induit sans l'ombre d'un doute le même picotement sensuel dans mes entrailles que lorsque j'entends ses gémissements de volupté. Se penchant un peu, il embrasse l'espace entre mes seins, suçant doucement, avant de tourner son attention sur un sein, puis sur l'autre. Il prend chaque mamelon dans sa bouche et le suce gentiment, de manière taquine, avant de mordiller le dessous de mon sein. Ma poitrine imite les mouvements de la houle contre lui tandis que je respire par saccades.

Ses lèvres redescendent vers le sud une fois encore, atteignant mon nombril, puis la bordure de mon survêtement. Quand il risque un doigt à l'intérieur de l'ourlet, je deviens nerveuse – ceci commence à aller trop loin. Avec une respiration chancelante, je souffle, « Edward ? »

Il hausse les deux sourcils en levant les yeux vers moi. « Oui, Bella ? »

Je suis atrocement partagée entre le désir immense que je ressens pour lui et l'envie de le repousser. Jamais je n'ai été autant en conflit avec moi-même qu'à cet instant.

Je ne sais pas quoi lui dire je veux encore l'embrasser, et en même temps je ne veux pas qu'il mette sa main dans ma culotte. Il a beaucoup trop de contrôle sur cette situation. « Viens ici, » je chuchote, tirant gentiment sur ses cheveux, et il remonte le long de mon corps jusqu'à ce que nos lèvres se rencontrent une fois de plus.

Je ne suis pas follement expérimentée dans le domaine du sexe, mais je sais que si nous continuons ces petits ébats, je me dois d'être en contrôle. À l'aide de quelques poussées maladroites et de changements de position, je parviens à l'avoir allongé sur le sofa et à m'installer par-dessus lui. L'excitation ne me quitte pas – l'adrénaline pompe encore à pleine capacité dans mon système – mais mes nerfs sont sensiblement moins tendus. Si je pouvais l'attacher, me permettant de profiter de ce moment pendant qu'il est immobile, incapable de tourner la situation à son avantage, je le ferais certainement.

Je fais la même chose qu'il m'a faite, traînant des baisers le long de sa mâchoire en descendant dans son cou, le goûtant par la même occasion. Sa barbe qui a recommencé à pousser rend l'expérience à la fois rugueuse et agréable. Mes mains explorent chaque centimètre qui leur est accessible tandis qu'il agrippe mes hanches, me tenant contre lui. Il me presse contre son érection dure à souhait et pousse des gémissements qui font picoter mon ventre encore une fois.

Je remonte son corps de la même façon que lui, embrassant et suçant, mordillant et pinçant légèrement, espérant le stimuler de manière convenable. Si je me débrouille à moitié aussi bien que lui, ce ne sera déjà pas si mal. Quand j'embrasse ses lèvres, je sens ses mains glisser dans mon pantalon, directement sur mes fesses nues, tout en m'attirant encore plus fermement contre lui. Nous gémissons ensemble, le son étouffé dans la bouche de l'autre.

Quand ses hanches commencent à bouger contre les miennes, je sais que c'est le moment d'arrêter. Je peux mettre mes pieds dans l'eau, mais je ne suis pas équipée pour me submerger complètement – les conséquences me laisseraient vide et froide en retournant à la maison. On se serait servi de moi, et je resterais seule et déçue.

Je m'éloigne d'Edward et je le regarde – ses yeux sont bouillants, sombres de désir. Cette vue ne facilite pas les choses alors que je tends la main derrière moi et que je tire gentiment son bras. Il s'empresse d'enlever ses deux mains de mon pantalon.

Il ne va pas aimer ce que je dois lui dire. Je n'aime pas ce que je dois lui dire.

« Je pense que nous devrions arrêter. » Je suis à bout de souffle, construisant mentalement ma défense pendant que j'attends sa réplique.

Ses yeux verts cherchent les miens alors qu'il frotte son pouce sur ma joue, repoussant une mèche de cheveux rebelle au loin. Je suis surprise quand il acquiesce en vitesse. « D'accord, » souffle-t-il.

Il se penche vers moi et m'embrasse encore, doucement, sur les lèvres. Mes yeux frémissent et se ferment.

Je suis étonnée. Juste un simple... d'accord ? Pas de dispute ? Pas d'entêtement ?

Nous nous redressons lentement, ramassant et enfilant les vêtements qui sont allés valser sur le plancher pendant notre étreinte. J'aimerais avoir une excuse logique à lui fournir pour avoir arrêté en cours de route, mais ça importe peu – un bref coup d'œil à l'horloge numérique sur sa chaîne stéréo révèle qu'il se fait tard. Je dois conduire plus d'une heure pour retourner à Seattle, et je travaille demain matin.

Il y a comme un malaise entre nous tandis que nous sommes assis côte à côte sur le sofa. Maintenant il m'a vue à moitié nue, pourtant ça ne me semble plus une chose aussi terrible qu'avant. Mais c'est mal quand même. Le seul aspect positif, c'est que nous allons pouvoir nous bécoter un peu plus quand nous serons tous les deux en enfer.

Je regarde mes mains, me sentant timide tout à coup. « Je devrais probablement y aller, » je dis tranquillement.

Edward soupire. « Il est tard. Tu es sûre que tu devrais te taper toute cette route ? »

« Ça ne sera pas un problème. Je ne suis pas fatiguée. »

Il hoche la tête, passant une main dans le chaos de ses cheveux. « D'accord. »

Par pure curiosité, je demande, « Tu viens toujours à Seattle ce weekend ? »

Il sourit légèrement, mais son sourire n'atteint pas ses yeux. Comme c'est étrange...

« C'est ce qui est prévu, » répond-il.

Il va chercher mes vêtements à la salle de buanderie – j'aimerais bien porter son survêtement douillet et son tee-shirt pour retourner chez moi afin de pouvoir m'enivrer de leur délicieuse fragrance en chemin, mais je remonte à contrecœur me changer dans la salle de bain. Mes vêtements sont chauds et secs à présent, mais loin d'être aussi confortables.

Je lui laisse mon Tiramisu – j'ai fait ce dessert un nombre incalculable de fois – et il se conduit en gentleman en me raccompagnant à ma voiture. Nous nous attardons là un petit moment, aucun de nous ne sachant quoi dire. Il a les deux mains enfoncées dans ses poches tandis que les miennes sont croisées fermement sur ma poitrine.

Je considère m'excuser encore une fois pour la cuisine – pour m'être introduite chez lui – mais c'est seulement mon côté bonne fille qui essaye de se pointer. Ça irait contre mes plans et ce que j'essaye de faire ; je demeure silencieuse. Je deviens étrangement fascinée par le pavé de son allée sous mes pieds.

« Merci d'avoir préparé le dîner, » dit finalement Edward. « C'était toute une... surprise. » Je sais qu'il tente d'être désinvolte, et je ne peux m'empêcher de sourire.

« Pas de problème, » je réponds. « Si tu as autant apprécié, je devrais répéter l'expérience un jour. »

Il sourit. « Peut-être que la prochaine fois, ça devrait être chez toi. »

« Mais ta cuisine est tellement plus sympa, » je me lamente, et il émet un petit rire.

« Conduis prudemment, Bella. »

« Mais oui. »

« M'enverras-tu un texto quand tu seras chez toi ? »

Je relève un sourcil. « Pourquoi ? »

« Pour que je sache que tu t'es bien rendue à destination, » dit-il, comme si c'était l'évidence même. « Il est tard. »

Je ne peux m'empêcher de me demander s'il se comporte ainsi avec toutes ses conquêtes de hasard. À entendre parler Emmett, il se rappelle rarement leurs noms en entier. Mais techniquement, je ne suis pas l'une de ses conquêtes... et ne le serai jamais.

« Bien sûr, Edward, » je réponds en souriant. « Bonne nuit. » Je me demande s'il va m'embrasser pour me souhaiter bonne nuit. Je refuse absolument d'initier un baiser encore une fois. Ce serait la troisième – trois à zéro, c'est un ratio qui ne me convient pas du tout.

Il ouvre la portière de ma voiture, et je me glisse à l'intérieur, masquant ma déception derrière un sourire fermé. Pourquoi ne m'embrasse-t-il pas ? Et là, ça me frappe de plein fouet... bien entendu. Comme il est clair que nous n'allons pas nous envoyer en l'air dans son entrée de garage, à quoi bon ? Il n'a rien à foutre des baisers. Et il n'a rien à foutre de moi.

Cette réalisation génère une nouvelle sensation au creux de mon ventre... une sensation déplaisante. J'évite de le regarder, de peur que mes traits ne dévoilent trop les sentiments qui m'habitent présentement.

Mais alors, avec la portière toujours ouverte, il se penche et embrasse doucement mon front. « Bonne nuit, Bella, » murmure-t-il, puis il bouge pour embrasser mes lèvres une fois, deux fois, et une troisième fois – des baisers chastes et brefs sans la langue, mais parfaits justement pour cette raison. Je souris de toutes mes dents tandis qu'il s'éloigne et sourit à son tour en voyant ma réaction, avant de refermer tranquillement la portière. Je lui fais un petit signe de la main à travers les vitres teintées, pas certaine qu'il puisse me voir, et je recule lentement pour sortir de son allée.

Je passe le trajet du retour perdue dans mes pensées, trop absorbée pour monter le volume de la radio. J'ai déjà hâte qu'il vienne me visiter durant le weekend, et je sais que c'est mal. C'est mal, mais dorénavant je m'en fiche. Je vis dans l'instant, quelque chose qu'on m'a toujours enseignée ; je vais embrasser un joli garçon maintenant, et penser aux conséquences plus tard.