Chapitre 11 La Fuite

- Pourquoi tu ne nous as pas prévenus, Alice ? ! Bon sang !

- Je faisais des courses à Seattle ! Même si j'avais pu prédire son avenir parfaitement imprévisible, je n'aurais pas pu arriver à temps pour vous avertir ! Et d'abord, cesse de me crier dessus, Edward Cullen ! C'était à ton tour de la surveiller, je te signale !

Bella s'était enfuie. Elle menaçait de le faire depuis un bout de temps déjà. La faim la tenaillait constamment et elle trouvait horriblement difficile de retenir ses pulsions. Elle pouvait passer des heures à gémir son inconfort et à se plaindre, mais j'étais compatissant ; j'étais déjà passé par là. Quoi que Carlisle m'ait dit que j'avais bien mieux supporté le manque que Bella ne le faisait.

Jasper aussi déclarait qu'elle était le nouveau-né le plus insupportable qu'il lui avait été donné d'élever. Et Dieu sait combien de ces vampires particuliers il avait dû croiser dans sa vie.

J'ignorais si la conduite de ma femme avait un lien avec le fait que je l'avais transformée de force…. Jasper disait que ça n'avait rien à voir mais je ne pouvais m'empêcher d'entretenir cette théorie plus que plausible avec culpabilité.

Carlisle nous assurait que cette situation ne durerait pas, juste le temps pour elle de s'habituer à ses nouveaux sens et d'apprendre à vivre avec des humains partout autour. J'espérais qu'il avait raison car cette femme n'était plus ma Bella.

Du point de vue physique, elle se ressemblait tout de même un peu bien que sa peau, lorsque nous laissions la fenêtre ouverte en plein jour, brillait comme des millions de diamants à l'instar de la mienne. Rosalie avait aussi déclaré que la transformation l'avait rendue encore plus séduisante ce que je n'avais pas remarqué puisque, selon moi, Bella était déjà la femme la plus désirable du monde lorsqu'elle était humaine.

D'autres détails me rendaient mal à l'aise en sa présence, comme l'absence de ses battements de cœur. Ce rythme régulier et paisible qui s'accélérait à la moindre de mes caresses et qui me rendait complètement fou. Désormais, lorsque je posais ma tête contre sa poitrine, il n'y avait que le silence. Un silence insupportable.

Mais je l'aimais toujours, de la même passion, la même flamme !

Tout était seulement très… Différent.

Ce matin-là, c'était mon tour de garde et j'en étais heureux puisque Bella était dans une de ses « périodes d'accalmie » comme disait Jasper. Dans ces moments-là, elle restait toujours étendue sur notre lit. Bien qu'elle semblât très faible, elle pouvait entretenir des conversations, jouer aux échecs, nous laisser l'approcher etc. Elle se plaignait toujours de la faim mais avec moins de violence que lors des « alertes à la bombe » (Une autre expression de mon frère que toute la famille s'était mis à utiliser puisqu'elle était celle qui représentait le plus notre situation.)

Ces alertes arrivaient à tous les 3 jours environ et elles pouvaient durer des heures. À ces moments-là, Bella grouillait, sautait partout et tentait de briser le verrou que nous avions installé sur la porte de la chambre. Elle hurlait pour qu'on lui apporte sa dose de sang et nous suppliait de la laisser sortir de cette pièce qui l'étouffait. Un jour, elle avait mordu Carlisle mais il l'avait vite dissuadée de recommencer à nouveau.

- Il faut simplement se montrer ferme ! m'a-t-il dit en haussant les épaules, comme s'il parlait d'un enfant particulièrement turbulent.

Personne ne sait ce qu'il lui a fait, mais le fait est que Bella n'a plus jamais mordu qui que ce soit dans la famille…

Enfin bref, comme je disais, ce matin-là, c'était à moi de m'occuper d'elle. Alice m'avait informé qu'elle s'était tenue calme toute la nuit et lorsque j'entrai dans son « sanctuaire », elle était assise sur son lit et observait je ne sais quoi par la fenêtre, immobile, le regard vide.

Ce qui était de mauvaise augure.

Pourtant, elle sursauta lorsque j'entrai dans la chambre. Elle se tourna vers moi, me sourit. Elle n'avait l'air ni apathique, ni survoltée. Seulement normale.

- Edward, murmura-t-elle, câline.

Elle me fit signe d'approcher et j'obéis. Au moment même où je m'assis auprès d'elle, elle entoura mon cou de ses bras et m'embrassa sauvagement.

C'était un autre aspect de la nouvelle personnalité de Bella. Elle avait une toute nouvelle fougue et je ne mis pas longtemps à m'apercevoir que ce n'était pas seulement son appétit gastronomique qui avait subi une augmentation radicale.

- Mais de quoi tu te plains ! ? m'avait un jour lancé Emmet en me gratifiant du célèbre coup de poing fraternel sur l'épaule, un large sourire malicieux sur son visage.

C'est vrai qu'il n'y avait pas de quoi se plaindre… Mais les brusques changements d'humeur de Bella mêlés à ses accès de violences excessives avaient de quoi refroidir les ardeurs de n'importe quel amant, vampire ou non.

J'avais aussi appris que lorsqu'elle était aussi chaleureuse, c'était généralement afin d'obtenir quelque chose : dans ce cas-ci, sa liberté.

Je la laissai tout de même faire un instant mais au bout d'un moment, elle s'arrêta d'elle-même. Elle avait dû comprendre après quelques tentatives qu'elle n'obtiendrait rien de moi de cette façon. Elle garda ma nuque dans sa main glacée et fixa son regard au mien.

Ses tout nouveaux yeux dorés…

- Dit, Edward… commença-t-elle, je me suis bien comporté ces derniers temps, n'est-ce pas ?

Je réfléchis un instant à ce que je pouvais répondre à cela. Comme un idiot, je choisis le sarcasme :

- Bien sûr ! Si on oublie les meubles jetés contre le mur, les nuits passées à te plaindre et à épuiser Alice ainsi que ton manque total de sang-froid, tu as été un ange, Bella.

Elle s'éloigna légèrement de moi, déjà furieuse.

- C'est plus fort que moi et tu le sais très bien !

- Nous sommes tous passés par là, Bella, et tu es la seule à avoir jamais agis comme une enfant gâtée ! Tout ce que nous voulons, c'est que tu te ressaisisses un peu et que tu fasses au moins un petit effort !

Je ne voulais pas la blesser, seulement tenter de la ramener dans le droit chemin. Ma famille et moi avions beau faire tout en notre pouvoir pour qu'elle puisse traverser cette dure épreuve indemne, nous n'allions pas arriver à grand chose si elle s'obstinait à ne pas donner un peu du sien.

- Un petit effort ? ! répéta-t-elle, indignée. Tu crois vraiment que je ne fais aucun effort, moi ? Ça fait deux semaines que je me meurs de faim, enfermée dans cette chambre pourrie et tu crois que je ne fais pas d'effort ? !

- Bella ! Tout ce que je veux, c'est que tu essaies d'arrêter de te comporter comme…

Je m'arrêtai, tentant de trouver l'expression correcte mais son air entêté et arrogant me fit voir rouge et j'employai le terme que j'avais choisi au départ :

- Comme un monstre !

- La faute à qui ? répondit-elle du tac au tac.

Nous nous toisâmes un instant. Elle avec son sourire victorieux, heureuse d'avoir trouvé mon point sensible et moi, les yeux ronds, la bouche entrouverte, scandalisé du fait qu'elle ait osé me rejeter cette affaire en pleine figure.

- Je… Je ne peux pas croire que tu viens vraiment de me dire ça.

Son sourire s'effaça et elle sembla soudain voir à quel point ses paroles m'avaient bouleversé.

- Edward ? dit-elle d'une petite voix.

Mais je ne l'écoutai pas, quittant déjà la pièce de ma vitesse surhumaine. En moins de deux minutes, j'étais arrivé à la clairière et je comptais y rester un bon bout de temps, histoire de me remettre les idées en place avant de retourner l'affronter.

Ça avait été la goutte qui a fait déborder le vase. De toutes les choses dont Bella aurait pu m'accuser, il a fallu qu'elle tombe sur celle qui me rendait le plus coupable. Alors que je me croyais pardonné, elle m'avait donné la preuve qu'elle m'en voulait toujours de l'avoir transformé de cette manière et ça me rendait malade.

Je restai perdu dans mes pensées pendant une bonne heure et au moment de repartir, j'avais totalement retrouvé mes esprits.

Mais lorsque je revins à la maison, elle s'était déjà sauvée en brisant la solide fenêtre de la chambre.

Lorsque j'entrai dans le salon, Jasper donnait déjà des ordres à notre frère et nos sœurs qui obéirent sans poser de questions. Alice allait s'occuper de fouiller Port Angelus, Emmet était chargé du centre ville de Forks et Rosalie, des alentours de notre maison. Esme était partie à la chasse pour ramener à Bella de quoi se sustenter, elle n'était donc pas au courant de la catastrophe. Tout comme Carlisle qui avait dû se rendre à l'hôpital de toute urgence au début de la journée.

- Ils auront bien besoin de lui dans quelques heures… marmonna Jasper dans une pointe d'humour noir que je n'appréciai pas du tout.

J'avais tout de même confiance que ma famille la retrouve avant qu'elle ne fasse trop de dégât puisque, naturellement, elle ne se dirigera probablement pas vers un endroit qui lui est étranger. De plus, son instinct la gardera hors de LaPush car lorsqu'un vampire s'approche trop d'une limite scellée par un pacte, il ressent un malaise et ne s'aventure généralement pas plus loin. Nous n'allions donc pas avoir à envoyer quelqu'un fouiller ce territoire interdit, encore plus dangereux que jadis vu mon sérieux accro avec Jacob Black.

Après m'être disputé rapidement avec Alice, je sortis de la maison, souhaitant donner un coup de main à Emmet en fouillant la ville de Forks.

Le ciel s'éclaircissait dangereusement au dessus de nous. Bientôt, les rayons du jour allaient nous atteindrent et révéler à toute le ville notre éclat naturel.

Nous devions retrouver Bella. Et vite !


Il est minuit et 7 minutes...

Il est trop tard pour trouver quelque chose d'intelligent à dire à part... Bonne nuit loll

Ciao Bye ! On se revoit au chapitre 12 (le seul que je n'ait pas encore écrit)

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