Salut à tous! Désolée pour mon retard mais j'ai énormément de choses à faire en ce moment (j'ai même dû décider d'interrompre ma lecture de "The Shining" de Stephen King pendant 5 jours. S'interrompre dans la lecture d'un thriller pendant cinq jours, plus jamais, j'ai déjà tenu un jour et c'est un vrai supplice!). Bon, dans tous les cas, voici le chapitre 11! PS: je commence un peu à stresser car en vérité pour NYSM je suis coincée au chapitre 23, j'ai encore un peu de temps devant moi et il s'agit sans doute de l'avant dernier chapitre, le 23, mais... j'ai peur de pas trouver de fin XD mais ne vous en faites pas je me débrouillerai et je la trouverai cette fin ^^
En attendant je vous annonce que si cette fiction vous ennuie un peu, je commence dès aujourd'hui la publication du premier tome de ma fiction sur Harry Potter!
Enjoy ;)-Summer
CHAPITRE 11 :
Leyna Stevens :
Cela faisait presque une heure qu'Emy était partie, et j'en avais franchement marre d'entendre Merritt se plaindre à haute voix. Pas la peine de faire semblant de ne penser qu'à son estomac, ça se voyait qu'il s'inquiétait pour Emy. D'ailleurs, je me demandais comment ça se faisait qu'il ne soit pas déjà parti la chercher. Normalement, il ne tenait pas si longtemps. Il faisait des progrès, depuis la dernière fois qu'Emy s'était perdue dans la ville en essayant de rejoindre le lieu de rendez-vous donné par Dylan...
« Non mais à ce rythme là elle va me ramener un sandwich congelé ! grommela Merritt.
-Ca fait deux fois que tu la sors, celle-là, fis-je remarquer en faisant cliqueter l'une des innombrables serrures de mes menottes.
-Parce-que j'ai faim ! répliqua ce dernier en croisant les bras. Puis elle aurait déjà dû revenir depuis longtemps ! En plus elle répond pas au téléphone. A quoi ça sert qu'elle ait un portable ? Elle est insupportable !
-Je croyais que tu l'aimais bien, fis-je remarquer sans lever les yeux.
-Je la supporte, nuance, grommela Merritt, avant d'ajouter, sur un tout autre ton : Princesse ! On commençait à s'inquiéter. Y'avait du monde ? ».
Curieuse, cette fois, je levai les yeux vers l'entrée de l'hôtel, et sentis mon cœur faire un bond en remarquant qu'Emy était bien là. Mais pas seule. Qu'est-ce que ça pouvait bien signifier ? Emy connaissait parfaitement la règle : ne jamais emmener d'inconnus à l'hôtel, en tout cas pas avant d'en avoir longuement discuté avec Dylan. Est-ce que cette fille l'avait menacée ?
Ni une, ni deux, je me défis de mes menottes, et passai ma main dans mon dos, la refermant sur mon revolver. Mais la fille, loin de s'en formaliser, garda le regard fixé sur les menottes qui tombaient sur le sol, haussant les sourcils. Peut-être était-elle admirative ? Quelle importance ?
Captant un mouvement du coin de l'œil, je tournai la tête vers Daniel, et fus surprise de le voir se lever de son siège. Il avait lui aussi l'air totalement perturbé par l'arrivée de la fille, et gardait le regard rivé sur elle, comme s'il s'agissait d'une apparition divine. Je sentis mon cœur se serrer un peu plus, et je plissai les paupières avant de me tourner de nouveau vers la fille, bras croisés, mine tendue. Mais cette dernière ne me regardait plus. Et elle affichait un sourire parfait.
« Danny! s'exclama-t-elle. Ca faisait longtemps ! Tu vas bien ?
-Henley ! », répondit Daniel.
Et ma perception de la conversation s'arrêta là. Parce-que le nom de Henley avait suffi à réveiller en moi des sentiments hostiles que j'avais du mal à comprendre. Rien que le fait que cette fille s'appelle Henley me la rendait exécrable, son sourire parfait en prime. J'avais trop souvent entendu parler de Henley Reeves, la petite rousse parfaite... l'ex-petite amie de Daniel. Un détail, rien de plus. Je n'aimais pas du tout cette fille. Pour un tas de raisons. Pas forcément celle-ci. Peut-être un peu. Mais pas exagérément.
Je fus tirée de mes pensées par Emy, que je n'avais pas vu arriver, mais qui referma subitement sa main sur mon poignet et me tira sans ménagement en avant, sans me donner aucune explication. Quelques instants plus tard, elle me poussa assez violemment dans le dos, et je titubai, m'arrêtant juste devant Daniel et Henley, me demandant encore comment j'avais fait pour arriver là.
Daniel tourna la tête vers moi, puis s'éclaircit la gorge et déclara, d'un air gêné :
« Ah, oui. Henley, voici Leyna. Elle...
-Ouais, Emy m'en a vaguement parlé, répondit la rousse en m'adressant un sourire radieux. La deuxième nouvelle recrue ?
-Deuxième? répliquai-je en décidant d'adopter le ton de la joyeuse plaisanterie. Pourquoi pas première ? ».
Henley émit un petit rire qui sonna un peu faux mais qui parut tout de même parfait, ce qui eut le don de m'exaspérer.
« Et moi je suis Henley, se présenta-t-elle en me tendant la main. Ex Cavalière, et aussi...
-Ah, c'est toi l'ex Cavalière ? fis-je mine de m'étonner parce-que je n'avais pas du tout envie d'entendre la fin de sa phrase. Je comprend mieux pourquoi Emy t'a laissée entrer. Excuse-moi, je t'imaginais plus jeune.
-Sous-entendu : on t'a parlé de moi en termes flatteurs ! C'est trop mignon, minauda la rousse en fronçant le nez d'une manière tout à fait... que les autres devaient trouver tout à fait adorable. Et Dylan n'est pas là ? ajouta-t-elle en se tournant vers les autres. J'aurais aimé vous parler à tous, j'ai un message important à vous faire passer.
-Il devrait pas tarder à arriver, vu la réaction qu'il a eue en apprenant que t'étais de retour, répliqua Merritt en haussant un sourcil, brandissant son portable pour explication. T'es venue pour quoi ?
-Ca c'est une surprise ! », répliqua Henley en secouant sa belle chevelure et en souriant de plus belle.
J'affichai un sourire forcé, avant de me tourner vers Emy, qui me regardait avec une moue d'excuse. Elle pouvait bien ! Est-ce qu'elle était obligée de ramener cette fille ici ? Elle avait fait du mal à Daniel et elle avait détruit les Cavaliers au sommet de leur gloire. Et maintenant elle voulait, quoi, récupérer sa place ? C'était quoi ce bins ? Elle s'était rendu compte que toute seule elle n'avait aucune originalité ni popularité ? Elle voulait retrouver le succès ? Elle tombait mal, le groupe était au complet. Y'avait plus de place pour les lâcheuses. Quel dommage. En plus on avait déjà une reine de la grande évasion dans l'équipe. Moi. Et il n'était pas question que je lui lègue ma place juste parce-qu'elle avait décidé de faire son petit caprice et de revenir faire encore plus de mal autour d'elle. On était plus qu'une équipe, on était une famille. Et elle ne pouvait pas m'enlever ça. Enfin... en voyant la façon dont elle s'entendait avec les autres membres de l'équipe... cette façon dont elle riait aux plaisanteries de Merritt, la fraternité entre elle et Jack... et les regards qu'elle échangeait avec Daniel... la façon dont il la regardait... il était évident qu'ils étaient contents de la revoir...
Avant que je ne puisse l'en empêcher, parce-que je ne l'avais pas vue venir, Lula me planta ses deux index dans les joues avant d'appuyer dessus.
« Allez, enlève ta moue qui boude. Fais-moi un joli sourire tout mignon. J'aime pas ta moue qui boude. Si tu me fais la moue qui boude alors moi aussi je fais la moue qui boude.
-T'as aucune raison de bouder, toi, lui répondis-je sans lui donner le sourire qu'elle demandait.
-Ben si, y'a poil de carotte qui vient de débarquer, et tout le monde s'est jeté dessus. Je me sens concernée, tu vois ! Puis si elle revient dans l'équipe on sera un nombre impair sur scène. C'est grave.
-Comment elle a réussi à embobiner Emy ? marmonnai-je, pince sans rire.
-Moi je te dis cette fille c'est pas une magicienne, c'est une sorcière, répliqua très sérieusement Lula. Elle doit avoir caché sa baguette quelque-part dans son décolleté, y'a de la place.
-Je vous signale qu'elle m'a pas embobiné, fit remarquer Emy en nous rejoignant. Je l'ai amenée ici simplement parce-qu'elle m'a dit qu'elle voulait rendre visite à ses vieux amis, je pouvais pas dire non. Je savais même pas qu'elle avait un message à faire passer.
-Et à votre avis c'est quoi le message ? demanda Lula en lançant à Henley un regard suspicieux.
-Elle veut taper l'incruste, grommelai-je parce-que ça me paraissait évident.
-Peace and Love ? tenta Emy sans grande conviction.
-Moi je vous parie qu'elle supporte pas qu'on soit meilleurs sans elle, ça la rend dingue. Y'a de la colère derrière ce sourire Colgate », commenta Lula en croisant les bras.
Alors que nous nous apprêtions à poursuivre notre petite conversation pleine de suspicions plus ou moins fondées, nous fûmes alertées par un impressionnant bruit de dérapage venant de la rue. Martha, qui descendait justement apporter un petit en-cas pour fêter l'arrivée de Henley (ils allaient tous s'y mettre ? Sérieusement?), manqua de lâcher son plateau, puis porta finalement une main à son cœur, et secoua la tête d'un air réprobateur.
Je ne compris pas cette réaction jusqu'à ce que je voie Dylan passer la porte de l'hôtel en la claquant contre le mur, sans prêter la moindre attention à sa discrétion. Mais son arrivée fanfare eut au moins le mérite suivant : tous les regards se détournèrent de Henley pour se river sur lui, et un silence de plomb s'abattit sur la pièce, alors qu'il se tournait vers la rousse et, reprenant son souffle, tendait vers elle un index qui me parut, à ma grande satisfaction, plutôt réprobateur.
« Qu'est-ce... que... tu fous... ici ? haleta Dylan, en proie à un point de côté.
-Hey, salut Dylan ! s'exclama Henley, l'air ravi. Ca faisait longtemps ! Je suis contente de te voir.
-Tu vas répondre à ma question, bordel ? répliqua Dylan en se redressant. Henley, t'as quitté l'Oeil ! Tu nous compromets tous en étant là. Emy, t'aurais jamais dû la laisser entrer ici !
-Elle m'a prouvé qu'elle vous connaissait, je pensais rien faire de mal, protesta Emy en fronçant les sourcils.
-Exact, on la connaissait, aujourd'hui qui sait pour qui elle bosse ? Tu sais pas encore combien d'ennemis on a ?!
-Ah, c'est justement pour ça que je venais vous voir, c'est fou ! répliqua Henley en découvrant toutes ses dents. Pas pour la partie « combien d'ennemis on a ?! », mais pour la partie « pour qui elle bosse ». En fait vous allez jamais croire ce que je vais vous dire.
-T'as trouvé des gens assez cons pour créer un groupe de magiciens indépendants et croire qu'ils pourraient se mesurer à nous ! répliqua Merritt. Perso j'y crois, les cons ça court les rues ».
Je me tournai vers Merritt. Il n'avait pas l'air de plaisanter. Il disait tellement souvent n'importe quoi que j'arrivais à reconnaître quand il était sérieux, et cette fois, notre ami le mentaliste croyait dur comme fer à ce qu'il venait de dire. Et je fus soudain en proie à un soulagement indéfinissable, tel que je me retins à grand peine d'éclater de rire, parce-que ça aurait vraiment paru trop suspicieux. Et bizarre. Je laissais le « bizarre » au mentaliste et à sa groupie en chef.
En fait, pendant un instant, court, mais trop long pour moi, j'avais eu l'impression horrible que l'arrivée de la rousse signifiait la fin de tout. J'avais cru les perdre, eux qui m'avaient accueillie à bras ouverts alors que je n'avais plus personne. S'ils avaient décidé que je ne leur était plus d'aucune utilité... où est-ce que j'aurais bien pu aller ? Qu'est-ce que j'aurais bien pu faire sans eux ? Je n'avais pas de maison, et ma famille... ma saleté de famille, avait lancé des hommes à mes trousses. Je n'aurais été en sécurité nulle part, si je ne les avais pas eus. Durant la courte période durant laquelle j'avais dû vivre dans la rue... je m'étais sentie traquée, sans répit. Et même lorsque j'avais retrouvé la carte dans mes affaires, celle avec le nom d'Emy... j'avais cru à un piège de mes parents. Car je les savais prêts à tout. C'était pour ça que j'avais été si prompte à sortir mon arme quand Emy avait dit mon nom. J'avais cru qu'elle avait été employée par mes parents pour me retrouver et me piéger loin des regards indiscrets. Me ramener chez moi de force. Mais je m'étais trompée.
Je me tournai vers Emy, qui n'y fit pas attention. J'avais mis trop longtemps à comprendre à quel point cette fille était bienveillante. J'avais mis trop longtemps à lui faire réellement confiance. Pourtant, maintenant que j'y pensais... même si les Cavaliers avaient eu la stupide idée de me jeter dehors comme une malpropre, ce qui me paraissait de plus en plus absurde... j'étais presque certaine qu'elle serait partie sans demander son reste. Qu'elle aurait quitté l'Oeil dans l'immédiat. Parce-que c'était dans sa nature. Et aussi... peut-être... peut-être parce-qu'elle était la première amie que j'aie jamais eue.
« Pardon ?! ».
Je descendis de mon petit nuage, et fus frappée par le silence de plomb qui s'était soudain abattu sur la pièce. Comme si Henley... la rousse, venait de lâcher une bombe. D'ailleurs, Lula, qui semblait être la seule à avoir remarqué que je n'avais pas écouté, me souffla à l'oreille d'un ton pas du tout discret :
« Elle veut faire une battle de magie ».
L'idée me fit presque rire, mais au fond de moi, je ne pouvais m'empêcher de penser... même si ça me faisait mal... que l'idée n'était pas si mauvaise. Certainement pas pour les mêmes raisons que la rousse, évidemment. Je pensais juste qu'après s'être faite laminer par nous, son orgueil en prendrait un tel coup qu'elle nous foutrait enfin la paix, plutôt que de venir pavaner avec... qu'est-ce qu'elle avait dit, Lula ? Ah oui. Son sourire Colgate.
« Avouez que l'idée est plutôt pas mal ! lança Henley, avec l'espoir évident que quelqu'un l'approuve.
-Ouais, et même plus, j'aime! répliquai-je. C'est de qui ?
-Je...hem... lança Henley, visiblement mal à l'aise, ce qui me rendit euphorique. La... le... enfin... la tête du groupe.
-Ah ! renchérit Daniel. Donc, encore une fois, tu es... dans le rôle de l'assistante. Je sais même pas pourquoi ça m'étonne. Et puis non, ça m'étonne pas, tu sais quoi ».
Si j'avais eu un peu moins d'amour propre, j'aurais sauté au cou de Daniel. Qui aurait trouvé ça très étrange. Sans doute. Et aurait réclamé son espace personnel. Mais je m'en foutais. Il venait de rabattre son caquet à Poil de Carotte ! Un point pour nous !
« Ah, soupira Henley avec un sourire sardonique. Je me demandais où était passé le rabat-joie, l'équipe me semblait... un peu incomplète. Et ta personnalité aussi.
-Ben dis toi que tu me semblais un peu trop sympathique pour faire vrai. C'était même flippant. Donc, bienvenue, Henley, la seule, l'unique... la chiante... la vraie.
-Comme c'était délicat, répliqua Henley en serrant les poings, avant de se tourner vers Dylan. Alors, qu'est-ce que tu en penses ? Tu ne pourras pas te contenter d'attendre patiemment les ordres de l'Oeil toute ta vie. Ou tu risques de devenir vieux avant de pouvoir préparer un nouveau spectacle.
-Il est déjà vieux, achète toi des lunettes, répliqua Merritt.
-Hey, lança Emy en donnant un coup dans l'épaule de Dylan. Hey, papy !
-Quoi ? grommela Dylan en lançant un regard noir à notre duo de choc.
-C'est pas ce que vous faites généralement, donner une bonne leçon à ceux qui s'y croient un peu trop pour les mettre plus bas que terre ?
-Techniquement, on s'en prend aux criminels... marmonna Dylan, songeur.
-Okay ! lança Emy avant de se tourner vers la rousse. Reviens quand toi et tes copains vous aurez tué quelqu'un.
-Nan, que tes copains reviennent une fois qu'ils t'auront tués, là on pourra négocier, lançai-je sans pouvoir me retenir. Et... Dylan ? Je croyais qu'on avait besoin d'un entraînement sur le terrain, Emy et moi ? C'est l'occasion, non ? ».
Dylan se tourna vers moi, et mon argument fit bizarrement plus d'effet sur lui que celui d'Emy, qui n'était pourtant pas si mal trouvé. Aussi notre chef se tourna-t-il vers Henley, puis, après un silence pour poser le suspense insoutenable...
« Très bien, ça marche. On a deux nouvelles recrues à former dans la vie réelle, lança-t-il avec un sourire en coin alors que Henley semblait encaisser le coup. Comment est-ce qu'on s'organise ?
-Vous le saurez bien assez tôt, répliqua Henley avant de faire volte-face et de se diriger vers la porte de l'hôtel d'un pas de diva.
-Bien assez tôt mais comment ? demanda Jack en croisant les bras.
-J'ai dit vous verrez ! », répondit Henley, avant de disparaître dans la rue, la porte se refermant sur elle comme sur un mirage. Et j'aurais tellement aimé qu'il ne s'agisse que d'un simple mirage.
Même si techniquement on lui en avait mis plein la vue et que ça faisait fichtrement du bien.
Comme si le charme avait été rompu, tout le monde retourna à ses occupations, et je m'apprêtais à en faire de même, lorsque la voix de Daniel m'interpella.
« On dirait que tu veux sa mort, me fit-il remarquer.
-Pourquoi, c'est interdit de vouloir la mort de quelqu'un ? On est des Cavaliers, pas des Saints, répliquai-je en me tournant à demi vers lui.
-Je sais, me répondit-il. Je me disais juste qu'on pourrait peut-être s'associer... un de ces quatre ».
Lorsque je me tournai vers lui, il était déjà reparti s'isoler dans son coin. Mais ce n'était pas grave. Parce-que je commençais réellement à penser... allez savoir pourquoi... que j'étais plutôt contente d'avoir fait la connaissance d'Henley Reeves.
