Un bruit.
Un bruit léger, comme un crépitement.
Sans ouvrir les yeux, elle comprit qu'il pleuvait toujours.
Elle tourna le regard vers son réveil. 00h13. Elle s'était endormie finalement, fatiguée par les larmes qu'elle avait versée et par les sanglots qui avaient parcouru son corps pendant deux longues heures. Après tout cela, ses yeux étaient encore gonflés et rougis, et sa gorge avait gardée comme le soupçon d'un sanglot qui ne serait pas totalement sorti…
Mais c'était fini, elle ne pleurerait plus, en tous cas pas ce soir, car elle avait trouvée une solution. La solution qui réparerait sa faute. Cette faute était la raison de sa tristesse. Tout était uniquement de sa faute.
« Si seulement je n'avais pas fait appel à Yûko… »
« Si seulement je n'avais pas été si prétentieuse à vouloir changer la tournure que ce monde prenait…jamais je ne les aurais mêlés à toute cette histoire.»
« A cause de moi il a perdu quelque chose de précieux… »
« Mais, avec des ″si″, comme on dit, on referait le monde et c'est impossible, mais j'ai la solution pour calmer toute cette histoire ».
Minagi se leva de son lit avant de se diriger vers la fenêtre. La lune brillait très fort malgré la longue pluie qui se déversait.
Elle distinguait très bien le jardin et aperçu une silhouette sombre à moitié dissimulée derrière un arbre. Elle l'aurait reconnue entre mille : de larges épaules, un dos massif, légèrement voûté en avant.
Pourquoi était-il là ? et depuis quand ? Peut-être était-il en train de réfléchir, tout comme elle l'avait fait quelques heures plus tôt ?
Elle devait alors se dépêcher avant que lui-même ne prenne une décision. Elle devait accomplir ce qu'elle avait jugé de mieux pour tout le monde pendant que le calme régnait encore dans la maison. Elle se saisit d'un manteau de pluie et quitta la pièce.
Kurogane avait ressassé tous les événements passés depuis leur arrivée chez Minagi. Après réflexion, lui-même jugea son comportement de grotesque. Jamais de sa vie, aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, il n'avait fait preuve d'aussi peu de sang froid. Il s'était laissé envahir par ses sentiments et c'était une grave erreur pour un ninja de son rang.
Il avait donc prit une décision et il avait encore du mal à l'accepter. Il avait décidé de formuler un souhait à la Sorcière des Dimensions afin de faire en sorte d'arranger les problèmes qu'il avait causé.
Il pensait qu'un sortilège d'oubli, ou un ″truc du genre″ suffirait à tout résoudre. ″Avec toutes les capacités qu'elle possède, elle sera bien capable de faire ça cette foutue sorcière… et peu importe ce qu'elle me demandera en échange…″
Il se leva brusquement et prit la direction de la maison bien décidé à trouver Mokona afin de mettre en œuvre son plan immédiatement, avant que les choses ne s'enveniment. Il entra dans le salon, voyant la lumière allumée et trouva Fye, debout, face à la table, tenant un bout de papier sur lequel avait été écrites quelques phrases : « Je m'excuse de me volatiliser sans prendre le temps de dire au revoir mais je n'ai pas le choix. Fye pensera sûrement le contraire mais je suis entièrement responsable de ce qui arrive. Après avoir lu ce mot, je vous conseil de repartir immédiatement dans le monde suivant car la maison risque d'être prise d'assaut par la police. Je suis vraiment désolée de vous avoir imposé tout cela mais mes erreurs seront réparées. Je suis tout de même heureuse de vous avoir connu.
Merci beaucoup pour votre aide.
Minagi »
Fye : C'est pas vrai ! Elle est folle ?! Je n'aurais jamais dû la laisser cogiter toute seule !
Shaolan (qui venait 'entrer dans la pièce suivi de Sakura) : Fye-san ? Que se passe-t-il ?
Kurogane lui aussi était entré et s'attendait au pire en voyant la mine affolée du magicien.
Fye : Elle est allée se dénoncer.
Kurogane : Quoi ?!
Shaolan : Du calme, ils ne la croiront jamais. Ces hommes ne sont pas bêtes au point de penser qu'une fille comme elle ait pu tuer et même cacher le corps d'un homme.
Fye : …
Shaolan : Et puis, il n'y a aucune preuve donc elle ne sera pas prise au sérieux.
Fye : Il y a ses empreintes autour de la cabane…
Kurogane : …et la vidéo.
Shaolan : ??
Fye : Quelle vidéo ?
Kurogane : Celle de l'agression qui a eut lieu ici…
Sakura, qui n'avait pu qu'observer impuissante cette agression à travers l'entrebâillement de la porte du placard dans lequel elle était cachée, eut comme un choc électrique à l'idée que Kurogane ait pu voir ne serait-ce qu'une partie de ce qui s'était déroulé cette nuit là.
Sakura : …c'est vrai qu'il y avait une fille bizarre avec les deux hommes…elle avait un appareil à la main.
Kurogane : En tous cas j'en ai vu assez pour comprendre que cette enflure ne méritait plus de vivre.
En observant le ninja, Fye pu comprendre pourquoi il avait eu ce geste meurtrier. Ce qu'il avait vu avait dû le rendre fou de rage. Lui-même aurait pu avoir des envies de vengeance dans une telle situation.
La colère de Fye envers Kurogane s'apaisa en partie mais il ne pouvait toujours pas totalement l'excuser.
Fye : Il faut faire quelque chose et vite…
Mais il était déjà trop tard car quelqu'un frappa violemment à la porte.
« - Police ! Ouvrez ! »
Minagi avançait dans cette allée sombre. Elle apercevait au loin une lueur bleue qui tournoyait dans la nuit : un gyrophare. Elle entendait de plus en plus distinctement les voix de plusieurs hommes qui se mélangeaient dans de vives conversations.
Arrivée sur les lieux, elle décida de se diriger vers le premier policier qu'elle croiserait pour lui faire ses aveux.
Le premier qu'elle croisa devait être d'un grade supérieur car il semblait donner des ordres et son uniforme était légèrement différent des autres. Elle espéra alors qu'il soit clément et compréhensible.
Malheureusement tous ses espoirs s'envolèrent lorsqu'il se retourna. Elle pu le reconnaître aussitôt.
Cet homme, elle l'avait déjà croisée plusieurs fois. Il accompagnait souvent Koryo dans les différents « coups » qu'il entreprenait. Elle avait en face d'elle le complice numéro « un » de Koryo, celui qui faisait en sorte qu'aucune affaire de vol ou d'agression ne remonte aux oreilles des personnes influantes, ces personnes qui auraient pu tout résoudre…
L'homme : Tu cherches quelque chose ?
Minagi : heu…non, je…
L'homme (son visage exprimant le dégoût) : Je le savais que c'était toi ! Ta conscience te torture, c'est ça ?
Minagi prit peur et voulu finalement faire demi tour. Elle aurait pensée pouvoir se dénoncer et être emmenée au poste de police et tout se serait enchaîné normalement. Mais là, elle s'aperçu que rien ne se passerait comme prévu.
Minagi : Non, je voulais juste…
L'homme (ne la laissant pas s'exprimer) : ça suffit, je t'embarque.
Minagi : Non, mais attendez ! Je n'ai encore rien dit, vous n'avez pas le droit !
Le flic, qui ne voulait rien entendre, lui saisi violemment les poignets avant de la plaquer sèchement contre la voiture et lui passer les menottes. Il savait ce que Koryo lui avait fait subir, il n'avait aucunement l'intention de le blâmer mais il était persuadé qu'elle avait désiré se vanger.
L'homme : Je t'emmènes au poste, mais avant, peut-être que tu vas me dire où se trouve tes complices ?
Minagi (résignée devant son comportement) : J'ai agit seule, je ne connais personne…
L'homme : bien sûre ! Des témoins ont vu des personnes étrangères au village en ta compagnie plusieurs fois cette semaine…où est-ce qu'ils se cachent, chez toi ? De toutes façons on ne va pas tarder à le savoir.
Elle savait que sa maison allait être fouillée et espérait que Shaolan et les autres soient déjà partis sans trop laisser de traces derrières eux.
Elle prit place dans la voiture de police qui prit alors la direction du poste de police de la ville voisine, à plusieurs kilomètres de là.
Elle ne pouvait plus faire marche arrière.
L'homme : de toutes façons, si tu n'étais pas venue, on serait venu te chercher directement chez toi. Tu es la première suspecte au cas où tu ne le savais pas.
Minagi : et comment pouvez vous présumer cela ?
L'homme : il y a une vidéo qui te montre en compagnie de Koryo, et tu n'as pas l'air d'apprécier cette « compagnie »…après ça, tu as très bien pu avoir envie de te venger ? Toi ou tes fameux amis que tu caches. Je pari que bientôt on saura tout sur eux…tu vas tout nous dire, n'est-ce pas ?
Un horrible sourire sadique se dessina sur son visage. Minagi regretta alors son geste mais elle se rappela vite que c'était pour la bonne cause. Elle faisait ça pour essayer d'arranger la situation devenue catastrophique et ingérable. Elle doutait maintenant d'avoir pris la bonne décision. Mais qu'aurait-elle pu faire d'autre ? Elle l'ignorait pour le moment et se sentait plus apeurée que soulagée. Au moins, les choses bougeaient plus que d'habitude et peut-être que quelqu'un de censé serait bientôt amené à les améliorer…
Elle ne savait pas ce qui allait se passer mais elle espérait que tout se termine rapidement pour enfin en finir avec cette histoire.
Ils arrivèrent vite au poste, un seul homme y était présent. L'endroit était désert mis à part cet homme qui semblait être un bon ami de celui qui l'accompagnait.
Ils se doutaient tout deux qu'elle ne pouvait pas être coupable, mais elle était très bien capable de couvrir la personne responsable. Un petit interrogatoire serait sûrement efficace pour lui délier la langue.
Ils l'emmenèrent dans un petit bureau isolé où ils seraient tranquilles pour interroger leur prisonnière. Tout se passait exactement comme dans ces films policier où le fugitif est enfermé avec deux flics corrompu pour un interrogatoire « musclé ». Minagi trouva la situation ainsi que les deux hommes complètement pitoyable.
Ils la firent s'asseoir sur une chaise, puis attachèrent ses mains au dossier.
L'homme : Bien, maintenant, je vais te faire parler.
Minagi (esquissant un petit sourire sur son visage déconcerté) : …pathétique…
C'était le mot. Elle trouvait cet homme tellement pathétique dans ce rôle qu'il jouait mal. Malheureusement, ce sourire fut de courte durée car le second homme lui assainit un violent revers de main sur la joue. Il prenait visiblement son rôle plus au sérieux. Elle crut que sa mâchoire allait se détacher à cause de la violence de l'impact. Elle eut l'horrible sensation que la majorité de ses dents s'étaient déchaussées sous la pression du geste. Elle était « sonnée » et n'arrivait pas à reprendre ses esprits. Une horrible migraine prit place immédiatement dans sa tête qu'elle ne pouvait plus relever.
L'homme (furieux) : Tu y es allée un peu fort ! C'est sûr que là, elle ne parlera plus, en tous cas pas tout de suite.
L'autre : J'aime pas les pétasses qui se foutent de ma gueule…on n'a cas l'emmener dans une cellule le temps qu'elle se réveil.
Ils la détachèrent et un des deux hommes la porta jusque sur une couchette d'une petite cellule de détention. Elle allait pouvoir être tranquille quelques temps. Elle ne savait pas du tout ce qui allait advenir d'elle, mais au moins elle savait que ses amis avaient sûrement pu repartir sains et saufs. Elle ne voulait penser à autre chose…de toutes façons, elle en était incapable.
La police était déjà là, prête à entrer par n'importe quel moyen. Heureusement, il faisait sombre dans la maison et, de l'extérieur, on ne pouvait sûrement pas les apercevoir. Maintenant, il fallait agir vite, sortir de la maison et se cacher.
Les entrées étaient certainement déjà toutes gardées, c'est pourquoi Kurogane eut l'idée de passer par le toit.
Shaolan : Sakura, monte sur mon dos, c'est très dangereux sur les toits, surtout par temps de pluie.
Sakura : Non, je me sent tout à fait capable de monter toute seule, je ne veux pas, une fois de plus être une charge !
Shaolan : Mais…
Kurogane (perdant patience) : C'est bon, elle y arrivera si elle te dis qu'elle peut…il ne faut pas qu'on s'éternise ici à bavasser !
Shaolan : heu, bien…dans ce cas, Sakura passe devant.
Ils prirent la direction du grenier puis réussirent à sortir par le toit. Ils pouvaient entendre les forces de l'ordre s'agiter autour de la demeure. Kurogane fit signe aux autre de ne plus bouger quelques instants. Ils purent alors entendre quelques bribes de phrases venant des policiers et comprirent que Minagi avait été emmenée au poste d la ville voisine. Grâce à ce précieux renseignement, ils pourraient la retrouver facilement.
Ils marchèrent ensuite discrètement de toit en toit sur plusieurs mètres.
Mokona : Ici ! juste sous nos pieds. Cette maison, elle est vide !
Fye : Comment sais-tu ça toi ?
Mokona (lui faisant un clin d'œil) : Technique secrète !
Fye : Alors là, chapeau
Ils pénétrèrent dans la maison en soulevant quelques tuiles et forçant quelques planches. La maison était effectivement vide. Ses habitants étaient sûrement parti en vacances car tout était parfaitement rangé, tous les volets et rideaux avaient été soigneusement fermés et une valise dont les poignées étaient cassées se trouvait au pieds de l'escalier qui donnait sur le premier étage.
Shaolan : On a de la chance, on va pouvoir se cacher ici.
Sakura : en espérant que les propriétaire ne rentrent pas de vacances cette nuit…
Shaolan : Si c'est le cas…on avisera
Kurogane : Assez discuté. Restez tous discret, il ne faut pas que quelqu'un s'aperçoive qu'il y a quelqu'un à l'intérieur de la maison.
Il sortit de la pièce.
Fye : Je peux savoir ce que tu comptes faire ?
Kurogane : Réparer mon erreur.
Fye (il eut un petit rire) : et comment ?
Kurogane : Je vais la retrouver, après on verra.
Fye : Dans ce cas je viens avec toi.
Kurogane : Comme tu veux.
Ils prirent la direction de la sortie. Ils avaient l'intention de passer par la porte d'entrée en s'assurant que personne ne se trouvait dans la rue. Ils traversèrent un garage et, à leur grande surprise, ils y découvrirent une moto. C'était une occasion inespérée, avec ça, en cas de coup dure, ils pourraient semer n'importe qui. D'autant plus que, aux vues de la taille de la machine, le moteur devait dépasser toutes les espérances de vitesse.
Elle avait l'air de beaucoup plaire au ninja, il l'observa durant plusieurs secondes et un sourire se dessina au coin de sa bouche.
Fye : Tu comptes utiliser ça ?
Kurogane : et pourquoi pas ?
Fye : tu ne sais même pas comment ça se pilote ! Si c'est aussi puissant que ça en a l'air, tu vas te tuer avant d'avoir pu retrouver Minagi.
Kurogane : Tu me prends pour un abruti ou quoi ?? J'ai déjà vu comment se conduit un de ces engins dans la République de Hanshin…c'est pas compliqué.
Fye : Ok, tu es assez grand pour savoir ce que tu fais. Mais là, je crois qu'on est trop de deux. Si tu la retrouve on ne montra pas à trois.
Kurogane : de toutes façon je n'ai pas besoin de toi.
Fye : qu'est-ce que tu peux être désagréable…enfin…au moins, ça prouve que tu reconnais avoir fais une grosse erreur.
Kurogane : C'est ça…maintenant dégage et laisse moi la réparer.
Fye : je jette un œil dehors pour voir si la voie est libre.
Le blond n'eut pour réponse qu'un simple grognement.
Kurogane saisit la moto par les poignées, releva la béquille et commença à sortir du garage alors que Fye lui faisait signe qu'il pouvait y aller.
Fye : démarre au bout de la rue, sinon les voisins risquent de t'entendre.
Kurogane : tu comptes me dicter tout ce que j'ai à faire ?
Fye se contenta d'un petit rire ironique pour simple réponse alors qu'il refermait la porte du garage derrière lui.
Kurogane s'empressa de remonter la rue sur plusieurs mètres. Il chevaucha alors le véhicule et se remémora ce qu'il avait vu dans le monde de Hanshin. Il tourna la petite clé de contact puis chercha quelques instants le bouton de démarrage. Lorsqu'il posa le pouce dessus, le grondement grave de la moto se fit alors entendre malgré lui dans une bonne partie du quartier. Par mégarde, il avait tourné la poignée d'accélération laissant au bolide la liberté d'exprimer toutes les capacités sonores de son moteur. Il se blâma intérieurement d'avoir oublié ce petit détail mais ce bruit si particulier lui avait tout de même provoqué un petit sentiment de satisfaction et quelques frissons avaient même parcourut sa colonne vertébrale. Il se ressaisit rapidement, enclencha la première puis avança doucement afin de faire le moins de bruit possible…
…s'il avait voulu être discret, c'était raté…
Il sortit du village et put enfin accélérer. Là encore, un énorme sentiment de satisfaction l'envahit. Le défilement du paysage encore plongé dans la pénombre combiné à l'accélération fit se dresser un à un chaque poil de son corps. Le vent fouettait son torse et son visage le contraignant à se coucher sur le réservoir. Il fendait l'air ne laissant derrière lui qu'un sillon sur la route encore humide.
Il arriva vite à l'entrée de la ville. Un plan détaillé était affiché et il décida de s'arrêter en espérant que l'endroit qu'il recherchait y était indiqué. Par chance, c'était le cas. Le poste de police se situait juste à côté de la gare, lieu facile à trouver. Il suivit les panneaux et arriva vite à destination.
Il cacha la moto dans une ruelle à plusieurs mètre de l'entrée afin de ne pas se faire repérer.
L'entrée n'était pas gardée, le lieu avait l'air d'être désert. Il entra doucement par la porte principale et ne vit personne à l'intérieur. Des voix se faisaient tout de même entendre. Deux hommes discutaient dans une pièce voisine et n'avaient pas vraiment l'air préoccupé par la sécurité de l'endroit.
Il continua alors son chemin et se dirigea vers la seule cellule fermée. Il jeta un rapide coup d'œil par la petite fenêtre et sentit alors la rage monter en lui. Il la voyait sur cette couche, sur laquelle elle avait été négligemment jetée. Son bras pendait inerte dans le vide et son visage était tourné vers la porte. Le guerrier découvrit alors les nouvelles marques rouge apparues une heure plus tôt.
Il s'empressa de forcer l'ouverture de la porte à l'aide de la lame aiguisée de son sabre. Il se dirigea doucement vers la jeune femme et décida de la sortir doucement de son sommeil.
Il prit cette main dirigée vers le sol et s'aperçut qu'elle était glacée. Il la saisie entièrement, sa propre main la recouvrait totalement lui prodiguant un peu de sa chaleur. Il dégagea quelques mèches du front éraflé de la jeune femme et en profita pour effleurer du bout des doigts sa joue ronde, elle aussi égratignée, ainsi que ses lèvres qui se voulaient pulpeuses et atrocement irrésistibles malgré la gravité de la situation. Ces gestes que le guerrier n'avait pas pour habitude d'effectuer sortit Minagi de son sommeil.
Elle sentit que quelqu'un était près d'elle, qu'il touchait son visage sans qu'elle ne sache de qui il s'agissait, sa vision étant encore troublée par le sommeil. La peur l'envahit alors. Elle se redressa, voulant se dégager de l'emprise de cette homme qu'elle n'avait toujours pas reconnu. Elle voulu crier mais il plaqua vivement sa main sur sa bouche, l'obligeant à s'immobiliser et à garder le silence.
Elle put ainsi le reconnaître.
Ses yeux s'écarquillèrent l'espace d'un instant. Jamais elle ne l'aurait cru et pourtant il était là, face à elle. Une main plaquée sur son visage, l'autre serrant sa propre main l'obligeant à s'immobiliser. Il y avait quelques chose d'effrayant dans cette situation, mais l'étreinte se desserra laissant petit à petit à la jeune femme la liberté de ses mouvements et de la parole.
Pourtant elle garda le silence.
Elle observa quelques instant ce visage. Ce visage dur et sérieux, qui l'attirait tant…
Fin du chapitre.
