Hello, hello chers Potterheads! J'espère que votre semaine fut bonne dans l'ensemble et que l'attente de ce chapitre ne vous a pas paru longue. Sans fioritures supplémentaires, le voici. Je vous souhaite une bonne lecture et une bonne nouvelle semaine – If you're going through Hell, keep going disait Churchill. B.H. Fabrikk

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Chapitre dix: l'Ordre du Phénix

Harry comprit qu'Umbridge avait une dent contre lui, depuis qu'il l'avait échappée belle lors de son appel, lorsqu'elle eut le culot de voir le match de Quidditch en ce premier samedi de novembre et qu'elle ait décidé de le virer de l'équipe, ainsi que Fred et George. Bon, ils avaient été assez violents contre les Slytherin, surtout à l'encontre de Malfoy parce qu'il les avait provoqués. Mais de quel droit cette bonne femme pouvait les virer?! Elle n'était même pas enseignante ici!

Ils finirent par saisir l'importance de son pouvoir lorsque tous les trois furent convoqués au bureau de McGonagall. La Directrice-Adjointe dut admettre qu'un nouveau décret ministériel donnait plus d'influence envers Umbridge, et donc qu'elle pouvait prendre n'importe quelle décision à partir du moment où elle se trouvait dans l'enceinte du château. Cela incluait, à leur grand dam, le terrain de Quidditch. A croire que Malfoy lui avait demandé de manière explicite d'assister au match alors qu'elle n'était même pas sensée être là, sa prochaine visite bimensuelle étant la semaine suivante…

Encore un de ces satanés décrets… Jusqu'où irait-elle pour asseoir son influence? Etait-ce parce que Melbourne l'avait doublée pour prendre en charge la place vacante de professeur qu'elle cherchait par tous les moyens à obtenir du pouvoir qui pourrait affecter l'école?

McGonagall ne pouvait aller à l'encontre d'une directive venant de plus haut et annonça de fait que l'éviction de Monsieur Potter, Monsieur Weasley et Monsieur Weasley était effective. Umbridge sortit du bureau satisfaite, s'étant délectée des airs choqués, scandalisés et dépités des trois jeunes.

Melbourne eut un retour de son inspection dans la même journée et il crut ses dernières heures en tant que professeur arrivées alors qu'il lisait le rapport rédigé par Umbridge, qu'elle avait eu la délicatesse de lui donner en main propre, juste pour le plaisir de le tourmenter.

Le jeune homme avait été pris de court lorsque Umbridge avait pénétré dans son bureau – chance qu'il ne se soit pas croupi dans ses appartements pour travailler. Cela l'aurait perturbé de l'accueillir dans son antre, car elle aurait eu à redire, comme elle le faisait à chaque fois qu'ils se voyaient. Sa passion pour le monde Muggle la débectait, il en avait parfaitement conscience, mais pour rien au monde il ne changerait cela de lui – même si cela signifiait une poursuite judiciaire sans procès pour le mettre en prison. Il s'en moquait. Plutôt crever que de s'agenouiller aux pieds du Mage Noir. Melbourne avait compris dès cet été que tout ce qui se passait était dû au retour de Voldemort. Personne ne voulait y croire, la communauté magique n'étant pas prête à accepter cette réalité, synonyme de noirs souvenirs.

Il jeta le rapport de la femme crapaud d'un geste de négligence, ferma les yeux et s'adossa à sa chaise. Certes, il débutait dans le métier – ironie quand on sait qu'il était diplômé depuis huit ans, mais de là à remettre en cause à cent pour cent sa stature d'enseignant lui faisait mal. Ce n'était pas tant à cause de ses qualités que l'Ecole Supérieure lui avaient apprises et permis de développer; mais surtout parce que c'était lui en tant qu'être humain qui dérangeait. Et ça, plus que tout au monde, le faisait sortir de ses gonds. C'était par ce genre de raisonnement que la société était emplie de préjugés, de stéréotypes et de stigmatisations. Les personnes responsables de cette mentalité-là avaient eu la mémoire bien courte – ou cela les arrangeait, en vérité – car s'il n'y avait pas eu les Half-Bloods, les Muggle-born et les Muggles, les Pure Blood auraient été rayés de la Terre… Bande de nobliaux ingrats… Qu'on s'attaque ainsi à quelqu'un était discriminatoire et raciste; sauf que le Ministère s'en fichait, cautionnant tous les faits et gestes de cette horrible Umbridge. Pourquoi me suis-je pas cantonné à enseigner auprès de particuliers, pensa le jeune homme, amer.

Même si le feuillet était de l'autre côté du bureau, Melbourne parvenait à lire «Prochaine inspection le 9 décembre 1995». Il allait devoir la subir encore et encore et… Mais, elle voulait vraiment le pousser à bout! Un texte de loi lui revint en mémoire: Loi de 1986 sur l'ordre public, article 4.A. 'Le comportement incriminé peut résulter d'une conduite perturbante, de certains mots, d'un comportement ou de la présentation ou distribution de tout écrit ou autre représentation visible à caractère menaçant, injurieux ou offensant'*. Comment dire? Le jeune homme avait la haine…

Il se leva et se réfugia chez lui, fit bouillir l'eau pour une infusion au tilleul, se vêtit de son plaid, posa théière et mug sur la petite table en trépied et se cala dans son fauteuil, décrétant qu'il ne bougerait plus du reste du week-end.

Grand mal lui en fasse, il n'était pas prévu que Snape le laisse déprimer tout son soûl. Le Maître des Potions avait été mis au fait de la visite d'Umbridge dans la classe de son collègue et souhaitait savoir comment cela s'était passé, lui-même ayant été inspecté la fin de la semaine précédente. Son «obviously» avait depuis fait le tour de l'école. Ronald Weasley s'en rappelait avec une clarté surprenante, vu que l'enseignant l'avait assené d'un coup sur la tête avec le manuel de Potions pour l'intimer à cesser de glousser. Ils avaient été tous deux contrôlés quand ils avaient le groupe classe Gryffindor-Slytherin de cinquième année, autre point commun. Certes, le Corbeau ne venait pas en 'ami', car il ne désirait pas copiner avec un ancien étudiant et ce n'était pas dans son tempérament, mais la révélation de Melbourne lui avait soufflé ce pas en avant. Même si tous deux n'avaient pas une relation des plus cordiales, Snape avait en tête l'idée d'enrôler le professeur de Défense dans l'Ordre du Phénix, idée qui venait au départ de Dumbledore. Le Death Eater lui avait répété ce que Melbourne lui avait dit ce soir-là, pour utiliser ce fait comme arme pour démanteler l'influence du Ministère tous ensemble. Et le jeune enseignant pouvait être un atout pour l'Ordre. Enfin, il avait semblé que le jeune homme opposait une résistance au système, isolé, depuis un brave moment. Il valait mieux pour lui, et pour l'Ordre, qu'il les rejoigne pour avoir un impact plus saisissant. Comme en plus, il n'avait toujours pas donné de réponse, il semblait devoir la lui arracher...

Ainsi, en soirée, Snape toqua à la porte qui séparait le bureau des parties privées du jeune homme. Ce dernier ne réagit pas dans un premier temps. Il ne voulait vraiment voir personne. Snape réitéra ses coups sur le pan de bois, ne se laissant pas impressionner par ce silence, au courant que Melbourne était bien chez lui, notamment par son absence notée lors du dîner – encore. Cette fois-ci, le professeur de Défense grommela, se leva, son plaid toujours sur ses épaules tel une cape de voyage et se traîna jusqu'à la porte, l'entrebâilla, nota qui osait le déranger, fit une tête de six pieds de long et ouvrit en grand pour laisser entrer son visiteur importun sans un mot. Snape franchit le seuil, appréciant guère cet accueil peu civilisé mais gardant ses pensées pour lui, occupé à observer le milieu dans lequel vivait son jeune collègue. Il fut fort étonné par la quantité d'ouvrages que Melbourne avait en sa possession et se dit qu'ils avaient potentiellement davantage de points communs que ce qu'il souhaitait admettre.

Le professeur de Défense marmonna, et Snape mit du temps à saisir qu'il lui parlait en vérité, tout en cherchant de quoi offrir un thé à son hôte. Il débarrassa dans un premier temps la petite table haute avant de la bouger et la mettre entre les deux fauteuils près de la cheminée, où il était tantôt en train de se morfondre, et replaça une théière pleine et deux tasses, pour finir par proposer à Snape de s'asseoir d'un vague geste de la main. Il était de très mauvais poil, songea le Maître des Potions tandis qu'il prenait le fauteuil à la droite de la table. Il avait noté qu'il n'y avait aucun meuble prévu qui pourrait servir pour un salon ou une cuisine. Melbourne n'avait jamais songé accueillir qui que ce soit dans ses appartements privés et semblait se passer de pas mal de choses du quotidien. Même le Death Eater avait une partie salon, une partie cuisines, une partie privée, une bibliothèque et un laboratoire de potions distincts les uns des autres. Bref, ses propres appartements étaient plus spacieux que ceux-là.

- Votre cours était si mauvais que cela, demanda enfin Snape de but en blanc.

- A votre avis, jeta Melbourne qui lui décocha un regard noir avant de se reprendre et de s'excuser pour son humeur de chien. J'ai fait la bêtise de faire réfléchir des gosses sur ce qu'a écrit Slinkhard...

- C'est étonnant parce qu'on devrait vous décerner une médaille face à ces jeunes qui ne réfléchissent pas par eux-mêmes, ironisa le Maître des Potions, sourire sarcastique à l'appui. Brèves de plaisanteries, reprit-il de son ton professoral. Etes-vous suspendu?

- Pardon? Ah… Oui, elle a tout aussi bien ce pouvoir là… Pas incohérent en soi, marmonna-t-il comme s'il estimait la qualité du Decree en question… Non. Je me fais à nouveau inspecter dans un mois.

- Charmant, dites donc. Elle souhaite vous marquer à vie...

- Si je puis me permettre, en restant sur cette note d'humour, je croyais que c'était plus de votre ressort.

- Vous me flattez, Melbourne.

Ils s'échangèrent un regard mêlé de défi et de de sarcasme, avant qu'un silence les englobe tous deux le temps que chacun boive un peu de son thé. Pensant que le volet inspection était traité – Snape n'allait pas pouvoir en tirer davantage, la seconde raison de sa visite fut évoquée. Il demanda au jeune homme s'il était d'avis de s'engager dans l'Ordre, les temps étant des plus incertains au point qu'ils ne pouvaient plus attendre sa réponse.

- Comment se fait-il que vous en ayez eu des rumeurs au Ministère, demanda Snape, un peu pâle, surpris comme les autres membres que le jeune homme n'avait jamais paru étonné que l'organisation existait toujours, cette question qu'il osait poser en toute franchise partagée par tous les autres.

- A défaut de voir le jour et les gens, on a tendance à compenser en étant des langues de paye, dans nos box, marmonna le jeune homme. Puis, ce n'est pas si étrange que cela. Nous avons des soupçons quant à la présence de ces membres au sein même du Ministère, comme pour les Death Eaters… Après, quant à savoir qui l'est ou ne l'est pas, ce ne sont que des fantasmes, ou bien une façon de critiquer telle ou telle personne. Monsieur Weasley est très populaire par exemple.

- Et vous fréquentez de telles gens?

- Ah beh… On est parqués, au Department of Maj Educ. Mais, le boulot reste au boulot. Une fois mes heures faites, je retournais chez moi. Ce ne sont que des collègues. Pas envie de les voir en dehors, répondit-il en haussant les épaules.

Là encore, Snape dut daigner ce point commun supplémentaire. Le Corbeau avait conscience du pourquoi: il était rancunier, aigri, la vie ne lui avait pas fait de cadeaux. Pour que Melbourne soit si peu sociable ne pouvait pas venir de là. Il ne se comportait pas comme lui avec les collègues et les étudiants. Cela ne devait être que dans son caractère. Il se rappela d'emblée comment il était en tant qu'élève. Tandis que les autres se déplaçaient en groupes d'amis, ou se rejoignaient les uns les autres à divers endroits du château, Melbourne avait toujours été seul même pour manger à la Grande Salle, isolé dans son coin. Quoique… Il désertait déjà un peu les heures de repas à cette époque, préférant les passer dans la bibliothèque.

Le Maître des Potions se ressaisit et passa au vif du sujet. Il avait quand même un louveteau à recruter – même s'il ne comprenait pas très bien pourquoi Dumbledore lui avait demandé à lui en particulier de le faire. Il y avait plus compétent et plus sympathique parmi ses collègues pour faire le taf.

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Melbourne eut sa première réunion en tant que membre de l'Ordre le vendredi soir suivant, le quatorze. Le Directeur l'avait rejoint dans ses appartements pour qu'ils y aillent ensemble.

Le jeune homme avait presque rougi de honte de laisser entrer le vénérable sorcier dans ses quartiers privés. Snape passait encore mais lui… Cependant, la simplicité et sobriété des lieux avaient plutôt l'air d'enchanter Dumbledore. Il semblait émerveillé par tout ce qu'il ne connaissait pas, de toute façon. Et mirer son subordonné mal à l'aise l'avait amusé. Melbourne beaucoup moins.

Ce dernier fourra dans son sac en bandoulière de quoi s'occuper: un livre, des copies d'élèves; et de quoi prendre des notes. Le parfait petit soldat professeur dans toute sa splendeur. Un thé partagé terminé plus tard, les deux hommes sortirent du château pour atteindre les limites magiques de Hogwarts pour Transplaner.

Lorsque Melbourne rouvrit les yeux – il les fermait en permanence lorsqu'il Transplanait, il se trouva sur une petite place quelque part à Londres. Le voisinage avait des allures un peu sinistres. Face aux deux sorciers se trouvait le fameux bloc de maisons, où l'on pouvait noter l'erreur qui montrait aux yeux de tout Muggle le 11 suivi du 13. Melbourne était sur le point de dire quelque chose lorsqu'une demeure surgit et poussa ses consœurs pour ménager de l'espace, cette dernière affichant le nombre 12. Le professeur de Défense jeta un regard de biais vers le Directeur, sauf qu'il décida de garder la bouche close. Le jeune homme ne s'était toujours pas familiarisé avec ce genre de phénomène magique qu'il avait vue auparavant, et toute nouveauté le laissait à la fois impressionné et perplexe, la magie travaillant au corps sa conception pragmatique aiguë de la physique. Depuis qu'il était venu la première fois, il s'était questionné sur l'appartenance de ce lieu glauque, mais il avait fini par se reprendre pour en venir au fait que cela n'était pas important.

A peine furent-ils rentrés que Melbourne se prit… une jambe de Troll dans les pattes. Le bruit occasionné réveilla un portrait face à lui au bout du hall. Les rideaux s'étaient dégagés pour laisser la place à une femme, hautaine et froide, hurler à pleins poumons «Traîtres à leur sang! Vous souillez ma demeure!» et autres «Mudblood» et joyeusetés. Melbourne s'était figé, les orbes ronds, le sang glacé, se demandant quel cataclysme il avait encore provoqué. Soudain, une porte s'ouvrit à sa droite et un homme surgit pour refermer les rideaux d'un «bang!» et lancer un Silencio sur le portrait. Enfin, il se retourna, le sourire aux lèvres. C'était Lupin. Il salua les deux nouveaux arrivants et Dumbledore présenta à nouveau Melbourne à Lupin et vice-versa. Ils s'échangèrent une poignée de main, le plus âgé ravi de le revoir, le plus jeune pris d'une réserve qui le fit bégayer quelques secondes.

- Donc vous avez repris mon poste. J'espère que cette place maudite ne vous pose pas de soucis, dit le Loup-Garou d'un ton plaisant.

- C'est sans doute cela qui fait que je suis courtisé par Umbridge, rétorqua le jeune enseignant en roulant les yeux.

Ceci fit froncer les sourcils de Lupin; or, il n'alla pas plus loin, car Dumbledore lui faisait signe qu'il serait plus sage de rejoindre les autres dans la cuisine. Il avait un emploi du temps chargé, malheureusement. Les deux hommes auraient le loisir de discuter après la réunion.

Une autre surprise de taille assaillit le Maître de Défense à peine eut-il posé un pied dans cette cuisine: Sirius Black était assis à la grande table parmi d'autres sorciers*. En un rien de temps, les deux hommes se tenaient en joue, chacun ayant sorti sa baguette. Bien que Melbourne avait trouvé suspect que le fugitif n'ait pas eu de procès en bonne et due forme, il n'avait pas eu vent de la suite des événements. L'ex prisonnier le fixait de ses orbes gris avec dureté et ne lâchait pas prise sur sa baguette. Loin d'être intimidé, Melbourne ne cillait même pas, la mâchoire serrée.

- Personne n'a pensé tenir informé Melbourne quant à la posture de Sirius, s'interrogea Lupin, d'un ton sec, à la cantonade, l'air particulièrement furieux, les mains sur les hanches.

- Je regrette de devoir vous dire de baisser votre garde, bien que j'aurais aimé que vous lui lanciez quelque chose, nota Snape, un vrai trémolo de regret dans la voix, ses iris noirs rivés sur son ancien rival. Et, arrêtez avec votre Cercle, vraiment. Vous avez oublié ce que ça vous avait fait la première fois, reprocha-t-il cette fois-ci à l'adresse de son collègue.

Le jeune homme finit par obtempérer avec une lenteur exagérée. Il lui fallait plus qu'un ordre du professeur de Potions pour que ses craintes de danger immédiat s'estompent. Avant qu'un des deux duellistes ne l'ouvre, Dumbledore s'attela à résumer la situation en quelques mots, ce qui acheva de pousser Melbourne à enfin ranger sa baguette. Cependant, leur échange visuel devint tendu – pour rester poli. Le jeune Maître de Défense devait avoir la tête de l'emploi, respirer le Ministère à plein nez.

- Que fait un vendu du Ministère ici, demanda Sirius avec brutalité.

Les autres ministériels convergèrent leur attention vers lui, lui rafraîchissant la mémoire sur le fait qu'ils étaient assez nombreux à y bosser, donc que sa remarque était nulle et non avenue.

- Il est jeune, voulut se justifier l'ex-prisonnier, en tentant une autre approche, désespéré de vouloir justifier sa colère contre la nouvelle recrue.

- En quoi être jeune dit forcément 'pas de cervelle pour penser par soi-même', rétorqua Melbourne sur les nerfs. Puis, je crois que je suis loin d'être le plus jeune ici, remarqua-t-il en posant ses orbes azur sur Bill Weasley. Je ne suis pas venu ici pour qu'un fugitif qualifié comme dangereux me les brise…, ponctua-t-il enfin, sa voix aussi menaçante que celle de Snape.

Sirius eut envie de se jeter sur lui pour l'étrangler, mais Lupin arriva à sa hauteur pour l'empêcher de faire quoi que ce soit de fâcheux – un vrai meurtre de surcroît. Snape fit claquer sa langue contre son palais, marquant son mépris et lança un signe de tête en direction de Melbourne un peu raide, sa salutation la plus cordiale qu'il puisse produire. Sans qu'il ne le saisisse, Melbourne venait de marquer quelques points «sympathie» chez son confrère et ex enseignant. Dumbledore put enfin inaugurer la réunion, ce qui étouffa dans l'oeuf toute prise de bec entre les deux hommes qui se fixaient désormais d'un air meurtrier.

A la fin de la réunion, Melbourne s'était mis en retrait, assis sur une chaise, les jambes croisées, ses devoirs sur celles-ci, les lisant avec attention. Lupin s'approcha de lui en silence, les mains jointes derrière le dos. Snape les observa de loin, tandis qu'il discutait avec Shacklebolt, Podmore, McGonagall et Dumbledore. Le Corbeau s'écarta un peu du groupe et héla son ancien collègue:

- N'enquiquinez pas trop le petiot, Remus. Il s'est lancé un défi ultime: faire réfléchir des enfants.

- J'attends toujours votre médaille, m'sieur, rétorqua le «petiot» d'un ton plat.

- Vous ne perdez pas le nord, vous, cassa Snape.

- Jamais, m'sieur, répondit son interlocuteur sur le même ton que tantôt, occupé à lire.

Au fond de lui, Lupin sourit, amusé que ce jeune ne se laisse pas impressionner par le Death Eater qui avait l'habitude de susciter la crainte ou l'aversion. Il passa outre la remarque du Maître des Potions et s'assit à côté de Melbourne qui ne lâchait pas de vue son travail. Une fois concentré, rien ne pouvait l'en détourner.

Ils discutèrent un moment à voix basse. Sirius se demandait pourquoi son ami avait cette tendance à être paternel avec les nouveaux, à chercher la sympathie. Bon, OK, il n'aimait pas ce Melbourne – William lui semblait-il; mais il devait garder en mémoire que Lupin tentait de recouvrer ce qu'il n'avait eu jeune, à l'exception de l'amitié que James, Peter et lui-même lui avaient offert.

Le groupe se sépara petit à petit, Melbourne refusant avec politesse la proposition de Snape qui retournait au château.

- Je vais un peu me promener en ville avant cela, monsieur, l'informa le jeune homme. Londres me manque…

- Faites en sorte de ne pas tomber entre les mains de mes autres collègues, le mit en garde le Maître des Potions, d'une voix sèche. Ce serait bête que vous tombiez entre leurs mains alors que je viens de vous recruter…

Melbourne lui lança un regard éloquent avant de partir. Il n'aimait pas qu'on le couve de la sorte.

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Ce que Snape ne savait pas était que Melbourne souhaitait retrouver la Londres Muggle. Il n'avait jamais apprécié le côté Sorcier, caché de tous, terne. Non, il adorait le dynamisme des personnes sans pouvoir. Les véhicules, les taxis noirs, les bus à impériale rouges, la musique, les bars, les soirées, les gens elles-mêmes… Et surtout la musique. Rien à voir avec celle que les sorciers osaient écouter, Flitwick en tête avec son gramophone à portée dans son bureau. Tout cela n'avait pas le même attrait que le monde dans lequel il vivait. Puis, c'était ses racines. Il se sentait à l'aise, chez lui, plus en phase ici qu'ailleurs. Cela était important pour commencer à se sentir bien dans sa tête.

Les mains dans les poches, il marchait d'un pas vif, son sac en bandoulière tapotant sa cuisse au rythme de ses pas, savourant l'air froid de ce mois de novembre, bien humide, entouré de toutes les odeurs typiques du quartier asiatique qu'il affectionnait particulièrement. Les habitants ne se retournaient pas à son passage, comme s'ils avaient l'accoutumance de le croiser de manière régulière en ces lieux – ce qui avait été le cas jusqu'à qu'il déménage en Ecosse pour enseigner. Melbourne se dirigea vers une épicerie de nuit. Il aimait chiner de nouvelles trouvailles dans ces magasins, infusions comme épices. Le boutiquier le salua à son entrée. Le jeune homme prit le temps de faire le tour du magasin, s'arrêtant ici et là humer les produits importés, se grattant le poignet d'un air absent, là où il portait son mala. Sa baguette était fourrée au fond de sa poche droite dans sa veste de cuir, comme à son habitude.

A la fin, il passa à la caisse pour payer une infusion à la sauge, pour ses problèmes digestifs, de l'anis étoilé, du curcuma, de la citronnelle et du Mirin*².

Une fois sorti avec ses emplettes, Melbourne se dirigea vers la Tamise et s'arrêta, collé contre le muret, les orbes plongés dans le fleuve noir. Il lui trouva des similitudes avec la période sombre qui se profilait à l'horizon.

Le jeune homme resta là un long moment, à méditer et se remémorer le passé. Il entendait encore de manière distincte leurs cris suscités par la peur… Il ferma les yeux, leurs voix vrillant dans ses tympans comme s'il avait été propulsé vingt ans en arrière, comme s'il était enfant cette nuit-là. Il ressentit un nœud se serrer dans sa gorge et des larmes jaillirent et coulèrent le long de ses joues. Il ne parvenait pas à se ressaisir pour les stopper, ni pour les sécher, comme s'il était Stupéfixé. Il ne revivait pas seulement le drame, mais également les émotions qui l'avaient écrasé à l'époque. Leur image était comme imprimée à ses rétines et leurs fantômes dansaient devant lui. Ce n'était ni pâle ni flou. Ils avaient conservé de leur consistance, de leur couleur… et l'odeur du sang lui assaillit de nouveau les narines, au point de lui donner la nausée – il n'avait rien avalé de solide depuis la veille.

Quelqu'un, depuis sa voiture, klaxonna. Ce bruit inopportun le tira de ses songes et il cligna des yeux un moment, avant de se rappeler où il était. Il secoua la tête, s'arracha de la vue du fleuve et rebroussa chemin pour trouver un endroit discret d'où il pourrait Transplaner.

Certes, le professeur de Défense pénétra dans l'enceinte de Hogwarts après le couvre-feu, et malgré le fait qu'il n'était plus étudiant, il ressentait cette crainte liée à cet interdit destiné aux jeunes. Il croisa le concierge qui se retint de le mettre en retenue ou de hurler à qui mieux mieux «élève hors du dortoir!», Melbourne en était presque sûr. Il finit par se raisonner et se dire que sa suite de pensées était encore secouée par son introspection pour pondre de telles idées. Quelques fantômes passèrent sur son chemin par la suite et le saluèrent en le croisant, la plupart lui faisant la remarque que c'était une heure indécente à laquelle rentrer, mais c'était plus de l'ordre de la taquinerie cordiale qu'un reproche quelconque.

Peu avant qu'il n'atteigne ses appartements, il tomba sur Snape – décidément, la Loi de 1986 s'appliquerait aussi avec lui, par Merlin. Ce dernier le toisa avec sévérité.

- C'est à cette heure que vous rentrez, l'interrogea-t-il. Nous commencions à nous inquiéter.

Mais bien entendu: c'était un nous dans lequel il ne devait pas s'inclure, alors… Melbourne se mordit la langue. Il devra se calmer pour de bon, la seule personne avec qui il avait une dent était Umbridge. Déplacer sa colère sur autrui était inutile, même si c'était le Maître de Potions.

- Je vous prie de m'excuser, monsieur, répondit le jeune homme d'une petite voix. Je me suis contenté de contempler la Tamise, ajouta-t-il pour se justifier, jugeant cela nécessaire pour rassurer son collègue et les autres de manière indirecte et immatérielle. Puis-je rentrer chez moi s'il vous plaît et me faire engueuler demain?

Snape retroussa les lèvres, se retenant lui aussi de dire des choses déplacées, paraissait-il, et il s'écarta du passage avant de s'éloigner pour poursuivre sa ronde, sans lancer un seul regard en arrière. L'espace d'une seconde, il avait eu ce regard particulier lorsqu'il avait eu envie de le réprimander après qu'il se soit encore bagarré avec des harceleurs, mais se retenait de peu, sauf pour décerner des retenues… Or, cela avait été si fugace qu'il décréta qu'il l'avait rêvé. Oui, sûrement.

Melbourne rentra dans ses parties privées, posa son sac à côté de la kitchenette et se dépêcha de s'enrouler dans son plaid, se caler dans son fauteuil pour ne plus bouger. Il égara ses orbes bleu-azur sur les flammes qui dansaient de manière langoureuse en dévorant le bois logé dans l'âtre. Un sanglot s'échappa et les larmes reprirent de plus belle. Il souhaita à cet instant que le Death Eater n'ait pas noté quelque trace de ses émotions passées, car il sentit ses yeux piquer et ses paupières gonflées. Il aurait eu honte si cela avait le cas…

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Maïa fut désignée la plus compétente à demander des informations hors programme auprès de leurs enseignants. La jeune fille l'avait eue mauvaise dans un premier temps, mais comme ses camarades le lui avaient assuré, il ne fallait pas lésiner sur le potentiel Slytherin qu'elle possédait comme une seconde nature. Il n'était plus question de manières et de ce qui était pro ou anti Death Eater. De toute façon, c'était le but caché derrière les agissements qui définissaient l'acte de la personne, qu'importe les procédures employées. Après, aucune garantie que Flitwick et Melbourne ne saisissent pas leurs intentions, or le plus important était qu'ils coopèrent après tout.

Les septièmes années avaient Défense Contre les Forces du Mal les mercredi et vendredi, aux mêmes plages horaires. Malgré la crainte que Melbourne ne soit pas enclin à faire durer le plaisir d'enseigner, il avait paru à tout étudiant un tant soit peu attentif qu'il avait l'air un peu mieux comparé aux première semaines. Les miracles de la potion anti-douleur concoctée par Snape pour calmer sa migraine... Il ne refuserait pas quelque discussion à la fin des cours – après tout, il était bienveillant lui aussi. Même Snape, leur Directeur de Maison, semblait récalcitrant à perdre du temps supplémentaire avec des jeunes en dehors des heures de classe.

La sonnerie de fin d'heure retentit, et presque dans la foulée, un ramdam secoua l'école, les élèves ravis que la journée s'achève. Tandis que certains rangeaient à la hâte leurs affaires en vrac dans leur sac, pressés de sortir de la salle de classe, Melbourne s'appuya contre son bureau, bras croisés, un sourcil haussé, et contempla les étudiant agir comme s'ils avaient une horde d'Inferi aux fesses. Dès que le premier eut atteint la porte, il lâcha un «Indeed» à la manière d'un Snape irrité, ce qui le freina net et le fit se tourner vers lui, le visage dissimulant avec peine une peur panique de retenue. Tous les autres s'étaient également arrêtés de faire ce qu'ils étaient en train de faire, une partie regardant leur enseignant avec des yeux ronds comme s'ils le découvraient pour la première fois, d'autres se retenant à grand peine de rire, tant ils trouvaient l'imitation rondement menée.

- Bon, eh bien, nous avons notre volontaire pour vendredi, s'exclama Melbourne de sa voix usuelle, et ceux qui s'empêchaient de rire se lâchèrent enfin.

- Oh non, râla le concerné, en resserrant la sangle de son sac pour mieux la caler sur son épaule.

Enfin, ils les laissa tous quitter la pièce. Les quatre comparses Slytherin se lancèrent un dernier regard et se séparèrent. Les garçons disparurent en un rien de temps et Maïa patientait en dansant d'un pied sur l'autre que les retardataires se dépêchent de sortir, pendant que leur enseignant rangeait ses propres affaires dans son sac en bandoulière non sans avoir raté la manœuvre de la jeune fille face à lui. Pour lui indiquer qu'elle pouvait se lancer, il ralentit ses gestes et fit semblant de faire tomber une plume à terre. Une stratégie quelque peu inattendue de la part d'un professeur, mais il avait été étudiant avant elle et avoir le trac de parler à l'un d'eux à la fin des cours était réel. Il lui offrait une occasion de ne pas se sentir trop mal.

- Hum, m'sieur, hésita Maïa dans une timidité non feinte. Je... Je voulais savoir si vous aviez des ouvrages à me conseiller... Hors programme. Voyant qu'il fronçait les sourcils, elle ajouta: vous êtes sûrement au fait que je souhaite poursuivre une formation pour devenir Conjureur de Sorts.

- En effet, admit-il au bout de quelques secondes, le temps qu'il se remémore le dossier de son élève, qu'il avait lu avec tous les autres pour savoir à qui il enseignait. Il est vrai qu'il n'est jamais trop tôt pour se pencher sur les attentes exigées par ce milieu, poursuivit-il alors qu'il rangeait la plume qu'il avait délibérément fait tomber tantôt. Vous êtes-vous fait connaître déjà, comme il est conseillé de faire à tous les élèves qui souhaitent s'orienter dans ces études?

- Oui, monsieur. Mon père m'a aidée à trouver un maître de stage et j'ai pu déjà lui parler et le suivre dans ses déplacements l'été dernier, répondit Maïa dans un sourire.

- Ne vous a-t-il pas conseillé des lectures, demanda Melbourne, étonné.

- Si, admit Maïa, mais je souhaitais également avoir d'autres références au cas où j'aurais besoin d'approfondir mes connaissances personnelles, car j'imagine sans peine que le niveau qu'on attendra de moi sera plus élevé que celui des NEWT, répondit-elle avec assurance.

- Soit, je vais compulser de mon côté et vous en ferai un retour vendredi, capitula le professeur. Cela vous convient-il?

La jeune fille n'en attendait pas moins et acquiesça d'un signe de tête poli, tout en se retenant de ne pas exulter devant lui, de peur de se faire griller comme une parfaite débutante. Bien qu'il avait accepté de faire des recherches de son côté, elle avait décelé dans le timbre de sa voix une forme d'incertitude, sans doute nourrie par le fait qu'il se doutait qu'elle avait d'autres motivations en plus de celles qu'elle venait de lui exposer. Après tout, il était loin d'être un naïf. Si cela avait été Slughorn, quelques compliments bien placés auraient été suffisants pour endormir son esprit d'analyse.

Maïa le remercia, dégagea la longue natte auburn de son épaule pour la glisser dans son dos, avant de lui souhaiter une bonne fin de journée et de quitter la salle.

Melbourne fixait encore la porte qui venait de se refermer, songeur. Il devra veiller à ce que la jeune Slytherin ne se lance pas dans des expériences dangereuses... Elle et ses camarades avec qui elle avait l'air d'avoir des liens forts. Flitwick leur avait révélé la veille au soir que Dhalim lui avait posé des questions similaires à sa camarade... Les coïncidences hasardeuses n'existaient pas avec les Serpents.

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*Source: .int/t/dghl/monitoring/ecri/legal_research/national_legal_measures/United_Kingdom/Royaume_Uni_

*1: La première fois que Melbourne va au Grimmauld Place, Sirius était à l'étage en train de nourrir Buckbeak

*²: sake pour cuisiner