Le lendemain, Oscar était à son bureau . Elle essayait d'établir une nouvelle stratégie. On tapa à sa porte et c'est Fersen qui fit son entrée avec un large et doux sourire.
« Fersen !Quelle agréable surprise »
« Je suis venu aux nouvelles, Oscar et surtout vous en apporter »
« Installez-vous » dit Oscar.
« C'est à propos d'Anne Marie … »
« Vous aviez tord Fersen, j'ai tout découvert hier »
« Oh vous savez-donc… »
« Oui, ils ne sont pas amants. Je ne sais pas encore ce qu'il se trame mais leurs efforts ce matin pour m'en convaincre furent vain. André était plus raide qu'un piquet lorsque celle-ci l'approchait pour feindre leur relation en ma présence» dit t'elle optimiste.
« Bien, Cependant Oscar, vous me parlez d'Anne marie et je sais de source sûre que cette jeune femme n'est pas la nièce de la marquise »
« Comment ? »
« Figurez-vous que je discutais avec la comtesse de Reuilmalmaison qui est une proche du mari de la Marquise, je pense même qu'elle est sa maitresse et j'ai appris que l'unique nièce de la Marquise était actuellement en Suisse avec son fiancé »
« Ce n'est pas … » Oscar ne put terminer sa phrase.
« Oscar, permettez-moi un conseil d'ami, arrêtez ce jeu du chat et de la souris avec André. Jouez franc jeu et dites lui ce que vous savez. »
« Je vais y réfléchir mon ami »
« André vous cache certes quelque chose, mais je suis convaincu que si vous lui demandez franchement et sans dissimuler ce que vous savez. Il se confiera à vous. Je pense toujours que c'est un homme droit. »
Pendant ce temps, André était avec Juliette et Joana.
« Avec Madame la Marquise nous avons bien avancés. Il y a plusieurs pistes possibles. Le garde que vous avez surpris hier, son arrière grand-mère était une cousine éloignée de la famille royale du Portugal »
« C'est notre homme alors » dit André.
« Ce n'est pas tout » continua Juliette.
« Il y a un peu plus d'un mois, il a rencontré ce monsieur Lafarge, je l'ai su par Blanche car elle a fricoté avec le garde royale et a demandé a son amant qui était le bel étranger avec qui elle l'avait vu »
« Donc pas de doute »
« Seulement, elle m'a précisé qu'ils avaient plutôt l'air amis qu'autre chose. Par contre, elle a vu monsieur Lafarge s'emporter violemment avec un autre homme »
« Tu as son nom ? »
« Non, mais Blanche sait que cet homme occupait les appartements qui sont maintenant attribués à des
hôtes belges et après cela, elle n'a plus revu monsieur Lafarge. »
« Qu'est t'il arrivé à l'autre homme ? »
« Eh bien, il a été retrouvé mort dans son lit. »
« Il n'y a pas eu d'enquête ?»
« Le médecin a diagnostiqué une simple crise cardiaque. Il n'y avait pas lieu d'entamer une procédure. Il était âgé , il approchait la soixantaine. »
« Il y aurait donc une petite chance, que ce poignard soit caché la bas. »
« C'est une possibilité »
« C'est du très beau travail »
« Merci »
« Demain, nous irons donc faire le grand ménage chez nos hôtes belges » dit André.
« C'est fantastique, nous approchons peut –être du but » dit Joana. « Il faut en informer Aymeric »
« Oui » dit André.
« Ne perdons pas de temps ».
Alors qu'André et Joana s'apprêtaient à Partir pour Paris et préparaient les chevaux. Oscar entra dans l'écurie.
« Ah, enfin , je te trouve André ! J'ai besoin de toi » dit Oscar.
« C'est-à-dire Oscar, je n'ai pas terminé mon travail »
« Ce n'est pas grave tu as une assistante, elle le fera pour toi ! » dit Oscar de manière ferme .
Oscar tourna les talons.
«
Je ne sais pas combien de temps cela va prendre » dit André
embarrassé.
« Je vais y aller ! Je ne crains rien, personne n'est au courant de ma présence en France »
« Non, c'est trop dangereux »
« André » tonna la voix d'Oscar.
« Vous restez ici, c'est bien compris » ordonna t'il.
Alors qu'André s'éloignait avec Oscar. Joana n'obéit pas et quitta le château a brides abattues.
Oscar était décidé à tout mettre au clair et ne pas laisser d'alternative à son ami. Girodel vint à leur rencontre et repoussa la discussion tant attendue d'Oscar . Il voulait absolument lui montrer le parcours définitif pour la sortie royale. A la demande de son ami , André avait été contraint de rester pendant toute l'entrevue.
Pendant ce temps, Joana était chez Aymeric.
« C'est parfait, je vous l'avez dit, ils sont très efficaces »
« Oui » dit Joana heureuse. « André a cependant failli tout dire au colonel de l'affaire. Heureusement je
l'en ai dissuadé »
« C'est étonnant de sa part. Il préfère souvent de pas la mêler à ses affaires, craignant pour sa réputation si elle se retrouvait compromise à tout cela. Je n'aurai pas penser qu'il aurait osé…»
« Oui, mais elle nous croit Amants maintenant »
« Une chance que l'amour que lui porte André ne soit pas réciproque. Sans cela, vous n'auriez pas été libre de vos mouvements . Il n'y a rien de pire qu'une femme amoureuse pour le peu qu'elle soit jalouse en plus »
« Oui »
« Soyez tout de même prudente, elle considère André comme son frère . Elle ne doit être au courant de rien, nous pouvons nous permettre de mettre fin aux jours de deux domestiques mais pas d'un colonel de garde royal surtout qu'elle ne va pas si facilement croire à un accident pour son ami. Alors si en plus elle a le moindre doute. Tout serait perdu »
« Et pour la marquise ? »
« La marquise se taira, tenue par son mari et Guéméné. Elle ne pourra rien faire. De plus, elle a Déjà perdu un fils… Elle tient à sa nièce. »
« Bien, demain le poignard sera à moi et ma tante paiera pour m'avoir refusé la main de celui que j'aime puis de lui avoir fait épouser une autre. »
A SUIVRE
