Prémonition
Auteur : Chris (chrisanimefanyahoo.fr)
Titre : Prémonition
Série : Harry Potter
Déclaration : Je ne suis pas l'auteur, je n'ai aucun droit sur les personnages ni pécunier quand bien même je le regrette fortement.
Couple : Sirius X Severus / Ron X Harry / Lucius X Remus
Dédicace: Pour Mano.
Merci à tous mes lecteurs et lectrices, vous êtes des amours. Merci aussi à mes bétas.
Spéciale dédicace aux fans du couple Sirius X Severus X Sirius (que j'espère très nombreux ).
NDA : L'action se passe après les années d'école d'Harry et de ses compagnons.
Georges Walmes, Lucian Homerians, Flink Nomers et Arthur Smith sont des personnages de ma création et par conséquent ils m'appartiennent.
10 – Peurs et angoisses« Ils cherchent mon fils ! » demanda Lucius assis sur sa chaise alors que l'ordre du phénix l'écoutait. Ces derniers avaient finalement accepté de lui donner une chance de s'expliquer et d'être entendu, cela n'avait pas été sans conditions : il était ligoté à sa chaise et il avait les yeux bandés dans le but d'éviter qu'il puisse identifier l'un des membres.
La révélation faite par Albus Dumbledore le stupéfia tout autant que les personnes présentes autour de cette table.
« Pourquoi ? » bégaya t-il alors que son visage perdait toutes ses couleurs et devenait blanc comme de la craie.
Le magicien comprit immédiatement que non seulement Lucius Malefoy ne savait rien de tout cela mais que ce qu'il venait de lui apprendre lui faisait peur.
Il était angoissé pour Draco.
Que pouvait bien lui vouloir les Mangemorts ?
C'était sûrement le Seigneur noir qui avait pris cette décision…
Mais dans quel but ? Pour quoi faire ?
Nul doute que pour le vieux magicien et pour l'ancien Mangemorts que c'était loin d'être une bonne nouvelle pour le jeune Serpentard.
Celui dont on ne doit pas prononcer le nom ne devait pas lui vouloir du bien.
Il voulait l'utiliser, se servir de lui pour quoi ?
« J'ignorais que mon fils présentait une si grande importance pour lui… » finit par dire le blond en s'arrachant à ses sombres pensées. « Qu'allez-vous faire pour le protéger ? »
N'importe quelle personne dans la pièce pouvait dire que le ton de la voix de Malefoy laissait percevoir tout l'amour qu'il portait à son fils.
Remus posa sa main sur la sienne afin de le réconforter.
Il pouvait être sûr de son soutien !
Même si les membres de l'Ordre du phénix refusaient cette mesure de protection – ce qui l'étonnerait fort - lui, il ferait tout pour aider son amant.
Albus le regarda, puis il se leva et posa une main rassurante sur l'épaule du blond.
Il comprenait son inquiétude.
Même s'il n'avait jamais été lui-même père, il savait et comprenait l'inquiétude des parents pour leur progéniture.
« Je sais que vous vous faites du souci pour Draco et c'est normal. Nous le protégerons dorénavant vingt quatre heures sur vingt quatre. Quant à sa protection, j'ai une idée… » annonça le vieux mage en souriant de toutes ses dents.
Toute l'assemblée se tourna vers lui, suspendu à ses lèvres.
Le magicien souriait exprès, fier de son tour. Il adorait jouer des farces et intéresser son auditoire.
Une occasion en or se présentait à lui.
Il n'allait tout de même pas ne pas en profiter !
« Il n'y a pas beaucoup de solutions. Mais il y en a une qui me plairait particulièrement. De plus, plus j'y pense et plus cela me paraît être la meilleure façon d'agir et de se protéger… » dit avec une pointe de malice alors qu'il grattait sa longue barbe blanche. « Il faudra tout d'abord que vous acceptiez de ne pas vivre dans la même maison que votre fils. »
Lucius essaya de se lever mais les liens l'en empêchait.
Il voulut protester mais il se retint de justesse.
Il réfléchit à ce que venait de dire l'un de ses anciens ennemis jurés.
Il fallait qu'il se sépare de son fils !
Comme c'était cruel !
Néanmoins, c'était la meilleure des solutions.
Les Mangemorts devaient se douter que les Malefoy resteraient ensemble, c'était l'esprit des Serpentard : La famille avant tout. Le sang, l'honneur et la lignée, Draco était le seul et unique fils Malefoy, l'héritier du nom et de la fortune qui avait en partie disparue en fumée…
Pour cela, ses anciens alliés savaient qu'il n'abandonnerait pas son fils.
Et puis, c'était son seul enfant !
Ce fut donc bien contre son gré qu'il dût se rendre à cette évidence.
Il n'avait pas le choix.
Il préférai savoir son fils loin et en sécurité plutôt qu'à ses côtés mais menacé.
« Bien, je n'ai pas le choix si je souhaite le protéger… » finit par dire le blond en soupirant.
Il voulut porter une main à son visage mais ne le put à cause de ses liens.
« Je suppose que vous savez à qui vous allez le confier… » s'efforça t-il de continuer d'une voix tremblante.
Il avait du mal à continuer, se séparer se son fils…
Cela lui était cruel.
Pourquoi fallait-il que les Mangemorts le menacent lui plus que quiconque ?
C'était lui le fautif, pas son fils !
Lupin posa sa main sur la sienne afin d'essayer d'atténuer son chagrin. Il le comprenait.
En tant qu'amant, il le soutiendrait dans cette dure épreuve que lui imposait la vie.
Le blond se reprit au bout de quelques instants alors que Black l'observait avec attention – il aurait agi de même s'il s'était agi de son filleul.
« Je comprends la nécessité de m'éloigner de mon fils même si cela me fend le cœur. Alors, quelle est votre idée ? Pouvez-vous nous l'exploser ? »
Les doutes et les diverses émotions de Malefoy n'étaient pas passées inaperçues aux yeux de Dumbledore. Il comprenait l'insistance de Severus et de Remus à vouloir l'intégrer à l'Ordre du Phénix, même Sirius Black les avaient appuyé à sa grande stupeur.
Il savait que les guerres entre les différentes maisons étaient néfastes.
Cependant sur ce point, il avait du mal à se raisonner. Ancien Gryffondor, il avait du mal à ne pas prendre leur partie et il se méfiait parfois instinctivement des Serpentards.
Voir les deux collaborer et s'aider était son rêve de toujours même s'il espérait que les Serpentard finiraient par disparaître…
« Le meilleur moyen de protéger Draco est de le faire vivre chez les Moldus. »
Cette annonce jeta un grand silence dans la salle.
Arthur Weasley, grand défenseur et amateurs des non-magiciens, se leva. Il allait parler quand sa femme, Moly, lui imposa le silence en posant sa main sur son poignet.
« Personne n'ira le chercher là, Lucius. » dit avec une grande sagesse Dumbledore. « Nul n'ignore parmi vos anciens 'amis' que vous haïssaient et méprisait les Moldus. Même si vous les avez trahis, c'est la meilleure cachette car jamais ils n'iront voir dans les familles. Même si jamais ils en avaient l'idée, ce serait comme trouver une aiguille dans une meute de foin. »
« Ne peuvent-ils pas le trouver grâce à la magie ? » contredit le blond.
« Si bien sûr qu'ils le peuvent. » répliqua le magicien qui ajouta avant que son interlocuteur ne réplique. « Mais nous allons arranger cela. Je vais transférer une fausse identité magique sur Draco et je plaquerais une copie de son identité sur un animal que j'enverrais à l'autre bout du monde. »
« Cela ne les ralentira pas très longtemps… » déclara Malefoy sombre.
« Plus que vous le croyez, tous les membres de l'Ordre ici présents activeront les sorts les plus puissants afin que le piège fonctionne le plus longtemps possible. Le temps sera une alliée de poids. »
Lucius ne put qu'approuver les sagesses paroles que venait de prononcer le dirigeant de l'école de magie la plus célèbre d'Angleterre.
« Maintenant, il nous reste un mystère à élucider… » annonça le vieil homme. « Pourquoi veulent-ils votre fils ? Si nous arrivons à le savoir, nous pourrons alors mieux les contrer… »
Harry, Draco et Ron avaient promis de ne pas espionner ce qui se disait en bas dans la salle à manger de Sirius. Mais il fallait avouer que ce n'était pas l'envie qui leur en manquait.
Simplement, ils avaient donné leur parole et il était hors de question d'y manquer !
Ils sauraient bien assez tôt si une décision les concernant avait été prise.
Ils devraient s'y plier aussi même si cela ne leur plaisait pas.
Draco apprit à mieux connaître Ron Weasley qu'il avait toujours considéré avec un grand dédain comme son père avant lui. Le garçon était simple, spontané et heureux de vivre.
De même Harry lui apparut sous un autre jour, il l'avait toujours plus ou moins considéré comme son ennemi personnel, comme sa Némésis, la personne à abattre.
Il pensait que Potter était fier de sa célébrité et de sa cicatrice, pas à un seul moment il n'avait envisagé qu'il puisse s'agir d'un poids doublé d'une fatalité.
Les deux garçons lui expliquèrent ce qu'était l'Ordre du Phénix sans en révéler les membres comme Albus leur avait expressément demandé pour des raisons évidentes de confiance et de confidentialité.
Ils avaient formulé une demande afin d'en faire partie eux aussi. Mais leur âge avait été la principale raison de refus.
Harry supposait que leur manque d'expérience et leur naïveté avaient aussi pesé dans la balance.
Ron comme lui sentaient bien que dans l'état actuel des choses, ils étaient plus des poids morts qu'autre chose.
Leur désir d'aider n'en était pas pour autant moins fort.
Ils désiraient plus que tout s'améliorer.
Pour cela, avec d'autres jeunes étudiants de Poudlard, ils avaient formé une sorte de petit comité d'entraînement, ils étaient presque une vingtaine.
Sirius leur permettait d'utiliser son jardin mais aussi ses pièces pour jeter des sorts. Il avait aussi mis à leur disposition des livres de sort afin qu'ils se perfectionnent.
Harry savait qu'il partageait son idée et qu'on aurait besoin de tous les magiciens le jour venu.
La classe s'était normée « AM » comme « Apprenons la Magie ».
Les maisons n'existaient plus, seule la communauté comptait.
Harry en avait été élu, à son grand défendant, comme le 'directeur' ou plutôt l'arbitre comme il préférait dire.
Draco avait été ravi que les autres l'acceptent de si bon cœur.
Personne ne lui avait fait le moindre reproche sur sa mauvaise conduite passé ni lui avait fait remarqué qu'ils avaient été ennemis.
Il s'était d'ailleurs excusé auprès des personnes qu'il avait blessés par le passé.
Il avait promis d'essayer de réparer les erreurs passées.
Draco n'avait pu que remarquer les puissants liens entre le rouquin et le jeune Potter.
Il était évident qu'ils étaient tombés très amoureux l'un de l'autre.
Cela se trahissait dans leurs gestes, leurs attentions, leur façon de se regarder et mille autres petits détails qui le firent sourire.
Il avait, malgré lui, assisté à une scène qui n'avait pu que confirmer ses soupçons.
Sirius avait aménagé un lit pliant dans la chambre que partageaient les garçons. Ces derniers dormaient dans le même lit sans que cela choque le parrain d'Harry.
Sa mère ne lui avait jamais parlé de son cousin de façon gentille ni agréable. Sirius Black était à ses yeux, comme à ceux des Black, la honte de la famille puisqu'il était un Gryffondor !
Bref, elle lui avait répété à maintes reprises que c'était un imbécile imbu de sa personne et de sa beauté qui ne cherchait qu'à se faire remarquer des filles.
C'est un homme complètement différent que lui avait décrit Harry et qu'il fréquentait.
Sirius était un homme ouvert d'esprit qui semblait prendre d'un très bon œil ce qui se passait entre son filleul et le jeune Ron Weasley.
Son ouverture d'esprit le sidérait parfois car il considérait et traitait son filleul comme un second fils tout en lui laissant de nombreuses libertés car il affirmait qu'il était désormais un adulte capable de prendre ses décisions seuls.
Pour en revenir à la scène qu'il avait surprise, c'était lors d'une nuit qui avait commencé comme tant d'autres. Ils avaient discuté jusqu'à point d'heures tous les trois puis ils s'étaient couchés.
Puis au milieu de la nuit, Harry avait commencé à crier.
Draco ne s'était pas réveillé tout de suite et il n'avait pas non plus compris ce qui se passait.
Ron était aux côtés d'Harry et il le serrait contre lui quand il se leva encore ensommeillé.
Le roux lui avait fait signe de se taire en posant son doigt sur sa bouche. Il berçait Harry qui pleurait et tremblait dans ses bras. Le blond s'approcha d'eux et s'assit sur le lit.
Il vit que la cicatrice en forme d'éclair du jeune adolescent semblait briller dans la nuit.
Il comprit alors que le Seigneur noir devait essayer de pénétrer l'esprit du jeune garçon et que cela provoquait des cauchemars qui avaient pour conséquence de laisser Potter haletant.
Ron lui chuchota qu'Harry se débattait souvent contre des ombres, contre des fantômes et contre ses souvenirs certaines nuits.
Cela était très éprouvant car il ne se reposait pas et qu'il restait marqué par ces expériences.
Ron lui apportait tout son amour, il e confortait, il l'enlaçait tendrement.
Il était tout simplement là pour le jeune Potter.
Draco comprit alors que les liens qui unissaient ceux qu'il appelait désormais ses amis étaient les liens solides de l'amour. Un amour qui les aidait à traverser les épreuves et Merlin savait qu'Harry ne pouvait qu'avoir son lot d'épreuves.
Mais Weasley était toujours là, il était à ses côtés.
Il n'était pas question de domination dans leur relation mais plutôt d'une confiance absolue.
Ron voulait le bonheur d'Harry et il le tenait dans ses bras comme s'il était la chose la plus précieuse au monde.
Ils étaient faits l'un pour l'autre, faits pour être ensemble.
C'est ce que Draco Malefoy comprit cette nuit là. En voyant son ancien rival tremblant de peur et si faible dans les bras du rouquin qu'il avait tant méprisé, il se jura de les aider.
Nul besoin de « Je t'aime », ni de promesses quant à un avenir qu'ils savaient parfaitement incertain à cause des derniers événements, ils profitaient de la vie.
Ils se disaient parfois plus de choses en se regardant sans parler, leurs sourires étaient complices.
C'était une relation pleine et entière.
Le roux caressait avec douceur la chevelure brune d'Harry ce qui semblait l'apaiser.
Draco apporta un linge humide qu'il posa sur le front de son ami.
Weasley lui jeta un regard plein de reconnaissance.
Malefoy prit aussi la main d'Harry, il voulait lui prouver que lui aussi il était là, qu'il était à ses côtés et qu'il le soutenait. Ron appréciât le geste à sa juste valeur.
Leurs jambes étaient enlacées et leurs corps si proches qu'on aurait dit qu'ils ne faisaient plus qu'un.
Ron lui murmurait de temps à autre des mots doux à l'oreille et il ne cessait de l'encourager.
Il avait calé la tête d'Harry dans son épaule afin de sécher les larmes qui coulaient d'elles-mêmes sans que rien ne puisse les arrêter.
De temps à autre, Potter se débattait et bougeait. Parfois de grands spasmes le secouaient le laissant visiblement sans plus de forces qu'un nouveau-né.
Ron veillait sur Harry comme un ange gardien, il essayait le lui venir en aide et sa voix semblait atteindre le jeune Potter dans son sommeil. En effet, à chacun des mots chuchotés par Weasley, Harry retrouvait de une paix et une sérénité relative.
Etre ensemble l'un à côté de l'autre leur semblait si naturel et si facile que Draco avait lui aussi vraiment envie de trouver la personne avec qui il ferait sa vie.
Ron souriait à Harry essayant de lui faire parvenir sa force et son amour même dans ses moments là.
Draco ne su pas combien de temps il resta là à les observer et à éprouver une pointe d'envie devant tant d'amour, mais la nuit lui parut terriblement longue.
Au bout d'un temps infiniment long, Harry sembla se calmer.
Sa respiration reprit un rythme normal. Sa transpiration et ses convulsions cessèrent.
Il se tourna vers Ron en se pelotant tout contre lui afin de profiter de sa chaleur et de sa présence au maximum.
Un magnifique sourire éclaira le visage du rouquin.
« La crise est passée. » chuchota Weasley à Draco. « Merci pour le linge. »
Le Serpentard lui répondit d'un mouvement de tête, il retourna dans son lit.
Le sommeil mit du temps à le gagner cette nuit là.
Que voulait donc le seigneur noir à Harry ? Et pourquoi le persécutait-il comme cela ?
Quand ils se réveillèrent le lendemain, ils ne parlèrent pas de ce qui s'était passé durant la nuit. Tous les trois le savait, Harry se souvenait de ses cauchemars et il refusait souvent de les évoquer.
Il s'entraînait avec Sirius en Occlumentie et il parvenait de plus en plus à bloquer les pensées et les inquisitions de Voldemort. Black semblait lui aussi savoir ce qu'endurait son filleul, il essayait de le soutenir et il se sentait si impuissant face à cette magie là.
C'est lors de ses rencontres « AM » que Draco commença à se sentir attiré par Hermione Granger qu'il n'avait cessé de traiter de « sang de bourbe ».
Maintenant qu'il avait rejoint Dumbledore et les autres, plus rien n'était pareil, il ne jugeait plus les gens de la même façon. Il ne les condamnait plus pour leur naissance ou pour leur manque d'argent, Malefoy les jugeait pour ce qu'ils étaient, pour leur qualité et pour leurs défauts.
Il appréciait l'intelligence et la soif de savoir de la jeune femme.
Mine de rien, il se prit à l'admirer.
Avec Ron et Harry, ils formaient un trio uni qui se complétait et qui n'avait peur de rien.
Draco demandait parfois aux jeunes garçons ce que Granger pensait de lui et il se renseignait sur ses goûts.
Au bout que quelques mois d'entraînements et de discussions passionnées avec Hermione, il finit par comprendre que la jeune fille lui plaisait.
Il voulait aller plus loin dans cette relation, il désirait la connaître et il espérait qu'elle accepterait peut-être de devenir sa petite amie.
Draco se demandait d'ailleurs comment aborder sujet avec la jeune fille aux cheveux châtain frisés.
Un seau d'eau glacée le tira brutalement de l'inconscience et du sommeil troublé qu'il avait réussi à avoir.
Pendant quelques instants, il ne sut plus où il était ni ce qu'il y faisait.
Très vite, la réalité refit surface.
« Lève-toi ! » ordonna une voix aussi froide que celle d'un serpent.
L'ordre tira un sourire sarcastique à Severus, étendu à terre qui essayait de reprendre ses esprits.
« Je vous rappelle que vous m'avez brisé les jambes et que vous m'avez attaché. » finit par dire le professeur des potions.
Il sentit qu'on détachait la lourde chaîne de fer qui l'enchaînait au mur.
Un homme le chargea sans plus de ménagement qu'un sac de pomme de terre sur son dos.
Snape se retint de crier de douleur. La souffrance s'était aussi réveillée en même temps que lui, il fut emmené dans cette position.
Il observa avec attention les dalles de la prison et constata que les quelques cellules semblaient vides de tous habitants.
L'homme qui le portait, une grosse brute épaisse au faciès de bête le posa sans aucune douceur ni considération sur le sol d'une petite salle.
Lucian Homerians était là en train de lire. Il leva un regard peiné sur la scène et secoua la tête.
« Merci Flink. Reste ici ! » ordonna l'homme à Flink Nomers.
La brute se positionna dans la porte. Ils avaient sans doute peur qu'ils s'échappent mais vu l'état de ses jambes, cela semblait dans le domaine de l'impossible.
« Severus, j'espère que vous avez passé une nuit agréable et que vous avez réfléchi. » commença l'homme en finissant d'éplucher ses notes.
Snape aimait de moins en moins cet homme, il n'avait aucune barrière.
Il comprit instantanément qu'il n'hésiterait devant aucune infamie afin d'obtenir ce qu'il souhaitait. Quels que soient les moyens ou les actions à accomplir, il ne semblait pas le genre d'homme à hésiter devant les tâches quelque elles soient. Ce manque de scrupules et de barrières le fit frémir.
Cet homme était capable de tout et il était en son pouvoir.
« Je suis toujours fidèle à mon maître… » affirma Snape d'un ton calme.
Sa voix ne tremblait pas et il sentait qu'il arriverait à se maîtriser, c'était une bonne chose.
« Oh ! Vraiment ! » interrogea l'homme de façon ironique.
Il ne le croyait pas et par ces propos, il tenait à lui faire sentir qu'il savait qu'il mentait.
Snape ne répliqua rien, que pouvait-il lui dire ? Que lui répondre ?
Il le laissa continuer à parler.
« Alors vous devez vous rappeler où se trouve Malefoy ? »
Toujours la même question, Severus se promit qu'il ferait ce qui était en son pouvoir pour découvrir ce que tout ceci cachait.
« Je vous assure, je l'ignore… » affirma t-il. Devant l'air dubitatif de l'homme, il se dépêcha de continuer. « Je sais que nous avons passé notre scolarité ensemble et que c'est normal que vous me soupçonniez de le cacher mais je ne l'ai pas revu depuis longtemps… »
L'homme fit la moue, il était mécontent.
« Il était plus qu'un simple compagnon d'études. » affirma t-il en se levant.
Il le regarda de haut, Severus était assis comme il pouvait sur le dallage.
« Je suis sûr que vous avez été amants, n'est-ce pas ? »
« C'est exact... » finit par dire Severus. « Ce n'était qu'une relation sexuelle, je vous assure. »
« Bien sûr… » reprit Lucian d'une voix doucereuse qui ne dit rien qui vaille à Severus. « Flink ! »
La brute se tourna vers eux, Severus sentit la peur le prendre.
Que voulait-il ? Et pourquoi cette brute ? Il ne se sentait aucunement en confiance.
L'homme à la lippe épaisse s'approcha, Severus vit qu'il avait des cicatrices sur ses mains et sur le visage.
« Dis-moi, que penses-tu de cet homme ? » demanda Homerians d'un ton qui fit froid dans le dos de Snape.
« Jolie poupée, n'est-ce pas ? » fit-il d'un ton amateur et avec des yeux qui brillaient d'une lueur qui fit frissonner le maître des potions.
« Il fut même le favori de notre maître… »
« M'est avis qu'il a du goût alors… »
« Nous allons lui faire un joli cadeau alors… » fit Homerians en souriant. « Remets ses jambes en place ! »
Flink s'approcha de lui, il s'assit sur son ventre.
Il saisit sa première jambe et la redressa d'un mouvement sec. La douleur fut horrible.
Il ne put retenir un cri.
Flink fit de même avec la deuxième jambe et il s'évanouit.
Quand il se réveilla, il était nu avec pour seul vêtement un ridicule nœud rose autour du cou.
Ses jambes le lançaient terriblement et la douleur lui vrillait le corps.
Ses mains étaient enchaînées, de même une laisse avait été posée sur son cou.
Ses jambes étaient liées par des chaînes qui le retenaient au mur.
Il était dans un lit très grand et assez confortable.
Il saisit le drap et s'en enveloppa comme il put.
Snape devinait qu'Homerians avait décidé de faire de lui moins qu'un homme, il le destinait à être l'esclave sexuel du seigneur.
Par Merlin, que pouvait-il faire ?
On lui avait enlevé sa baguette et il était désormais sans pouvoirs.
Il était resté une journée enfermé et la faim le tenaillait plus que tout.
Son ventre ne cessait de réclamer à manger, sa maigreur ne l'aidait pas.
Il n'avait que de maigres réserves car il n'avait jamais été un homme qui mangeait beaucoup.
Ce soir, il contacterait Dumbledore et lui demanderait de l'aide.
Il ravalerait sa fierté car il savait désormais qu'il était lui aussi considéré comme un traître parmi les Mangemorts. Il ignorait pourquoi ces derniers ne l'avaient pas encore tué.
Ils devaient sûrement vouloir le faire céder, ou peut-être qu'ils attendaient que sa volonté s'affaiblisse. S'ils y réussissaient, ils pourraient lui lancer un sort d'Imperio.
Dès lors, il serait leur chose, ils le renverraient auprès de Dumbledore pour ronger l'Ordre du phénix comme un vers ronge une pomme.
Il retournerait l'arme d'Albus contre lui, le vieux magicien avait tellement confiance en Severus qu'il ne soupçonnerait rien.
Sous ce sort, Voldemort l'obligerait à tuer ses compagnons, tous…
Même si le maître des potions ne les appréciait pas tous, il savait qu'ils luttaient ensemble contre le sorcier noir. Cela lui suffisait, c'était ses compagnons d'arme.
Celui dont on ne doit pas prononcer le nom l'obligerai à livrer le jeune Potter.
Il ne l'aimait toujours pas, loin de là !
Cependant c'était le seul à pouvoir lutter contrer Voldemort car celui-ci lui avait donné une parcelle de sa puissance, bien malgré lui, en essayant de le tuer alors qu'il n'était qu'un bébé !
Mais Snape avait pleinement conscience que sous l'effet de ce sort, il n'aurait plus aucune volonté, il ne serait qu'une poupée, une marionnette dont on tirait les ficelles.
Il le refusait.
Il se jurerait que si jamais il sentait ses forces l'abandonner, alors il se tuerait en avalant sa langue.
La mort ne lui faisait pas peur, il se tuerait s'il le fallait. Rien ne l'attendait, personne ne l'accueillerait avec joie en lui disant « bienvenue ! » quand il rentrerait dans sa sinistre demeure délaissée de tous.
Rien ne le retenait en ce monde, il pourrait se sacrifier et il savait qu'il ne manquerait à personne du point de vue affectif.
Seuls ses compétences et ses pouvoirs lui avaient été utiles et lui avait permis de survivre à présent.
Alors qu'il se faisait cette réflexion, il se décida à essayer de les utiliser tant qu'il pourrait.
Alors qu'il pensait à des moyens d'évasion, IL rentra.
Son visage était gris de fatigue et le maître des potions vit la sueur qui perlait sur le front de Voldemort.
Il semblait ne pas avoir retrouvé ses forces et son pouvoir n'étaient pas complètement revenus.
L'homme, du moins ce qu'il en restait, était décharné, il sentait la maigreur pointer à travers les vêtements et sentit qu'il avait pitié de ce grand sorcier qui lui avait tant fait peur autrefois.
Il ne lui restait plus que quelques cheveux grisâtres sur la tête et ses yeux étaient cernés et profondément enfoncés dans le crâne.
De nouvelles rides étaient apparues sur le front et autour des yeux.
L'homme était vraiment horrible et épouvantable à regarder.
Il s'efforça de ne pas détourner les yeux quand son maître le regarda avec un soupçon de plaisir.
Voldemort s'approcha de lui. Il saisit son menton entre ses mains et l'embrassa de façon violente.
Snape éprouvait du dégoût et avait l'impression de sentir la mort dans ce baiser.
C'était un goût de terre et de cendre qu'il ressentait. Il s'efforça de ne pas repousser la langue qui voulait envahir sa bouche. Il savait que Voldemort était un homme cruel et qu'il le punirait pour cela.
Il ne disait rien et enleva ses habits. Il arracha le drap qui recouvrait Severus d'un geste.
Ce dernier poussa un cri, il essaya de masquer sa nudité avec ses mains. Cependant le Seigneur l'en empêcha en les saisissant.
Il le retourna sur le dos et le prit de façon violente.
Le maître des potions serra les dents afin de ne pas crier tandis qu'il sentait l'intrusion de celui qui avait été son maître. Il ne sut combien de temps il resta dans la chambre. A chaque fois que Voldemort avait fini de prendre du plaisir avec lui, il agitait sa baguette et redevenait aussi frais qu'un gardon.
Il le viola des dizaines de fois, Severus essayait de se laisser faire. Résister et lutter ne pouvait qu'accroître la douleur. Il pleura souvent et sentit du sang couler de son anus à cause du manque total de préparation avant la pénétration.
Celui dont on ne doit pas prononcer son nom cherchait son propre plaisir et ne faisait aucun cas de son compagnon.
Severus ne savait ce qui lui faisait le plus mal : le viol, la faim ou bien la douleur…
Les trois cumulés étaient horribles. Il cessa de penser et essaya de se détacher de son corps afin de diminuer la souffrance.
Une fois que Voldemort fut satisfait, il le couvrit d'un grand vêtement gris informe et appuya sur un cordon.
Un homme à la forte musculature plutôt bien fait et qui avait probablement dû partager la couche du maître apparut.
Sans un mot, le Seigneur désigna Severus.
L'homme s'avança puis le mit sur son épaule.
Ils partirent ainsi.
L'humiliation d'être vue ainsi lui fut au moins épargnée.
« J'ai faim… » fit d'une voix suppliante le maître des potions.
Que lui importait sa fierté désormais ? Il ne pensait plus qu'à manger et à la douleur.
C'était les seules choses qui occupaient son esprit.
L'homme le déposa sur la couchette et lui donna une couverture.
« A manger et à boire… » répéta Severus qui n'avait pas mangé depuis plus d'une journée.
L'homme partit, il revint avec une cruche d'eau quelque peu croupie, un morceau de pain rassis et deux pommes flétries qu'il lui donna.
Alors que Snape commençait à manger, l'homme prit la parole.
« Ils feront tout pour vous faire céder, vous savez ? » dit-il avec une voix triste. « Évitez des souffrances inutiles et dites-leur ce que vous savez, cela vaudra mieux pour vous… »
Snape le regarda et vit que l'homme semblait avoir été un temps misérable et mal en point.
Alors qu'il le détaillait avec attention et avec une lueur de questionnement dans le regard, l'homme se leva. Il enleva son tee-shirt et lui montra son dos.
Ce dernier avait au bas du dos une grande marque faite grâce à un poinçon de fer rougi par le feu.
Le tout formait une arabesque et un motif qui aurait pu être beau si les traces de brûlures n'en avaient pas été la cause.
« C'est ce qu'ils m'ont fait à moi. Cela fut horrible, ma souffrance dura plusieurs semaines. Mais ce n'est rien en comparaison des horreurs qu'ils sont capables. Je les ai vu verser du plomb fondu dans les yeux ouverts d'une femme, je les ai vu violer un homme et le faire prendre par des animaux, ils empalent, ils font mourir de faim et ils sont capables du pire… »
Severus sentit qu'il avait perdu tout espoir, l'homme qui s'était présenté comme se nommant Arthur Smith, n'était plus qu'un esclave.
Il n'avait plus de raison d'être ni de fierté, il en vivait encore que parce que sa flamme de vie était fermement ancrée en lui et pour nulle autre raison.
Ses espoirs de liberté et de s'échapper de cet enfer vivant avaient depuis longtemps été réduits en miette et il savait ce qu'était que la souffrance qu'endurait Snape car il l'avait lui-même éprouvée.
Le maître des potions eut de la peine pour cet homme qui était très beau et qui devait se faire tourner les femmes sur son passage.
Comment en était-il arrivé à ce point ? Pourquoi les Mangemorts s'étaient-ils transformés en tortionnaires ?
« Dites-moi Arthur… » dit Snape avec de la bienveillance dans sa voix car il sentait qu'il avait pitié de cet homme et que c'était réciproque. C'était la personne la moins hostile dans cet endroit, peut-être pourrait-il l'aider ? « Pourquoi les choses ont-elles changé à ce point ? »
L'homme le regarda et soupira.
« Vous savez, je ne suis pas ici depuis longtemps… »
« En effet, je ne vous avais jamais vu jusqu'à présent… » fit-il d'une voix encourageante.
« Avant, j'étais sous les ordres de Lucian Homerians… »
Sa voix exprimait la peur rien qu'en prononçant le nom de cet homme, de ce nécromancien.
Encore cet homme, comment avait-il fait pour avoir une telle place de choix parmi les serviteurs de Voldemort ? Et ce dernier semblait lui faire pleinement confiance, chose que jamais Severus n'avait vu jusqu'à présent.
Il mâchait lentement son pain rassis pour profiter de chaque bouchée.
« C'est à cause de lui que les choses sont devenues ici chez vous. Il a toujours employé ce genre de méthodes et il les a importé parmi vous autres… »
L'homme marqua une pause.
Smith ne semblait pas apprécier Lucian plus que lui, il lui faisait peur et il semblait l'éviter à tout prix.
« Il m'a donné à vous savez qui comme cadeau de fidélité… Comme si je n'étais qu'un objet… »
A ces mots, Arthur s'effondra en larmes aux pieds de Snape.
Le maître des potions fit une chose que jamais il n'avait fait jusqu'alors, il le réconforta en lui tapotant avec douceur sur l'épaule.
Il aurait aimé se lever amis ces jambes lui interdisaient tout mouvement et il était enchaîné.
Smith le regarda reconnaissant.
Le silence tomba entre les deux hommes. Un silence de compréhension, un partage de la douleur, une peur, voilà tout ce qu'exprimaient leurs regards.
« Je ferais mon possible pour vous apporter à manger mais ils ne me donnent pas grand chose à moi non plus. Ils savent que la faim peut réduire efficacement un homme à une chose pantelante facile à manipuler. Je suis devenu totalement dépendant d'eux et je me hais pour cela. »
Ainsi, cet homme n'était peut-être pas totalement si inconscient que ça. Il avait encore des rêves.
S'il pouvait, Snape l'aiderait.
Dans l'état actuel des choses, c'était plutôt lui qui avait besoin d'aide.
« Dites-leur tout… Cela vaudra mieux pour vous… » dit Smith d'un ton convaincu.
« Ils me tueront après… » révéla Snape même s'il ignorait ce qu'ils feraient.
« Je ne sais pas, c'est possible… » dit d'un ton las et lent Arthur. « Mais j'y pense ! » Il frappa son poing dans sa paume comme s'il exprimait ainsi sa propre bêtise et sa propre incompétence. « Vous avez bien des talents si je ne me trompe pas ? Vous savez faire des potions ? C'est ce que j'ai entendu dire sur vous… »
Snape lui fit signe de continuer.
« Alors, vous allez peut-être pouvoir vendre vos talents contre de la nourriture et le fait de rester ne vie… » dit-il d'un ton convaincu. « Notre seigneur ne peut pas parler, trouver le moyen de lui rendre la parole et vous aurez gagné ! »
C'était une bonne solution même si cela allait dans le sens de Mangemorts. Si de nouveau Voldemort parlait, alors il lancerait des sorts et il irait à la conquête du monde des sorciers.
Il pourrait au moins faire semblant pour provoquer un retour de la parole temporaire, cela pourrait marcher. Il y gagnerait sûrement et pourrait espionner…
« Vous avez raison… C'est ce que je ferai… Vous lui direz ? » demanda le professeur.
L'autre lui répondit qu'il en parlerait à son maître quand il se glisserait dans son lit, le soir.
« Pourquoi notre Seigneur... » il s'exprimait avec un faux respect car Smith semblait apprécier lord Voldemort – il devait être un maître moins pire que Lucian – « Veut-il tellement récupérer Malefoy ? »
Après la réunion, Black fit de nouveau un étrange cauchemar. Il se revit dans les mêmes locaux que la dernière fois, l'endroit où devait se terrer les Mangemorts pensa t-il.
Il vit de nouveau par les yeux de Severus et sentit tout ce qu'on lui faisait : la torture, la faim, le viol, la souffrance gratuite… Tout cela il le sentit et il le vit.
Il s'éveilla d'ailleurs en hurlant sur son lit, trempé de sueur.
A suivre
