Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez bien :) moi j'en ai marre de ce printemps pourri... enfin si on peut parler de printemps, j'ai l'impression d'être encore en Novembre...

Enfin bref, je vous glisse ce chapitre 11 entre mes révisions pour le bac. D'ailleurs, je pleure intérieurement. Pourquoi j'ai pris L alors que je suis nulle en langue ? J'ai envie de disparaître...

Je vous souhaite tout de même une bonne lecture. :)


Lost Justice

Chapitre 11 – Dernier appel


Le soleil se levant un peu plus haut dans le ciel, les habitants du village commençaient à faire irruption dans cette ruelle où il se trouvait à faire face à un ancien de l'armée du royaume du seigneur Gakupo. Shinji sentait d'ici toute l'amertume, la rage, qui entouraient Big Al qui en ce moment même se reculait, légèrement courbé en deux à cause du coup qu'il s'était pris un peu plus tôt dans l'estomac. Son adversaire avait certes les yeux bandés mais cela ne voulait pas dire qu'il ne saurait pas combattre correctement. Justement, Shinji se trouvait être ultra attentif à son environnement et savait anticiper ses mouvements.

Puis, un cri d'indignation les surpassa pour obliger Big Al à se retourner et Shinji à passer une main dans ses cheveux d'une façon extrêmement ennuyée. La sangsue s'était réveillée et l'avait maintenant retrouvé.

« Vous étiez là ! S'écria la jeune fille en accourant dans sa direction.

— Non t'fais erreur, p'tite. C'est qu'une ombre fugace en face de toi dut à la chaleur qui te fait voir des hallucinations. » Rectifia-t-il faussement.

Mais la blonde se ficha de sa répartie et continua à courir pour le rejoindre et lui demander de continuer son histoire. Pourtant quand elle dépassa cet homme à la carrure imposante et au front marqué par des cicatrices, elle fut retenue par la main de celui-ci qui attrapa de justesse son col pour ensuite la ramener contre son torse et entoura son cou par son bras musclé. Un cri de surprise l'emporta alors qu'elle dirigeait ses yeux azurs dans ceux noisette de cet homme qui fusillait du regard Shinji en face de lui, celui-ci qui avait mis les mains dans les poches de son pantalon.

« Faite attention mademoiselle, cet homme n'est absolument pas fréquentable. C'est un assassin activement recherché par plusieurs pays. »

La jeune fille aux longs cheveux blonds dont la prise rapide de Big Al avait fait tomber son voile jaune sur ses épaules fixa avec incrédulité Shinji à quelques pas devant elle. Ce dernier ne semblait pas dérangé par les nouvelles confessions et se triturait même le nez avec ses doigts, l'air de rien. Elle repensa alors à la fois où Shinji lui avait confié de se méfier des inconnus, ne pas leur faire confiance tout de suite, et des questions se posèrent alors en elle. Etait-il véritablement dangereux ? Mais dans ce cas, pourquoi ne lui avait-il encore rien fait ? Il aurait très bien pu la tuer au cours d'une nuit, peut-être même en plein jour, et lui voler son argent pour ensuite disparaître. Ce qu'il n'avait pas fait. Shinji lui avait même raconté calmement une histoire vraie.

Un rire sonore, grave, sortit ensuite des lèvres de Shinji qui reporta son bras droit le long de son corps. Une aura malsaine l'entoura et fit retenir le souffle de la jeune fille.

« C'est tout de même étrange, tu ne trouves pas ? Tu persécutais son frère, faisait tout pour le faire souffrir, et pourtant tu la protèges de moi ? De toute façon, ça se voit dans ton aura que tu n'es pas quelqu'un qui protège. Tu te reconvertis ? Laisse-moi me marrer ! Tu n'as jamais su protéger quoique ce soit ! »

Big Al ne put que grommeler entre ses dents tandis que sous lui, la jeune fille le regardait avec de grands yeux ébahis. Elle se raidit toutefois en prenant en compte entièrement les paroles de Shinji et le fixa avec ahurissement. Comment avait-il fait pour découvrir qu'elle était de la même famille que Len ? Le rire sonore de Shinji continua lui envoya des frissons désagréables à son échine.

Shinji était vraiment effrayant.

...

Doucement, Lily poussa les portes d'entrées de l'église pour faire entrer Teto qui soutenait tant bien que mal Len qui ravalait ses sanglots interminables. Avant de s'aventurer dans un couloir, Lily regarda attentivement à droite comme à gauche pour s'assurer que la voie était dégagée. Il serait souhaitable qu'ils ne croisent personne pour éviter les questions inutiles et faire davantage pleurer Len. Ce dernier par ailleurs avait le visage gonflé par ses larmes, ne parlons même pas de ses yeux explosés, et ses lèvres n'avaient de cessé de se pincer pour retenir de nouveaux flots de larmes.

D'un geste de main, Lily invita Teto à s'avancer et faire de même avec Len dont ses mains entouraient les épaules de ce dernier. Leur absence avait sûrement suscité les interrogations de leurs camarades comme des orphelins mais Kaito saurait y répondre. Après tout, c'était lui-même qui était venu dans la chambre de Lily pour lui faire part d'une requête.

Le plus silencieusement possible, Lily et ses deux amis se hissèrent jusqu'à la chambre de Len et la jeune femme l'entrouvrit avec précaution. Il ne fallait absolument pas faire de bruit et attirer les coups d'œil indiscret. La bonne sœur loin d'être en tenue de travail, les bras toujours ensanglantés, sang qui n'était pas forcément le sien, ne put retenir un cri de surprise à la vue d'une silhouette allongée sur le lit de Len. Son cri étouffé par ses mains fit tout de même se redresser Kaito qui à la vision de Len le visage écarlate et dépité au possible sentit que la journée ne s'était pas passée comme prévu. Le bleuté ne se félicita même pas d'avoir pris le temps de prévenir Lily, remarquant bien entendu les blessures de celle-ci et de ce sang qui couvrait sa peau pâle. Il aurait tellement souhaité que Len rentre de son travail tranquillement, sans grabuge.

« Que s'est-il passé ? Demanda-t-il avec empressement à Lily pendant que Teto faisait s'allonger Len en lui chuchotant des mots réconfortants.

— Comme tu l'avais supposé, Luki et ses camarades lui sont tombés dessus et l'ont traîné dans une grange où ils l'auraient très certainement abattu si nous n'étions pas intervenues avec Teto.

— Veuillez sortir pour parler de ça, s'il vous plaît. » Intervint Teto après avoir tiré les couvertures sur Len.

Les deux autres se tournèrent dans sa direction, remarquant la position fœtale du jeune homme qui cachait dorénavant en partie son visage brûlant par les couvertures. Les deux bonnes sœurs purent ensuite assister à la transformation du visage de Kaito, défronçant ses sourcils alors qu'il observait la silhouette de Len dessinée par les couvertures de façon attristé. Lily observa avec attention le visage du bleuté et sourit en coin avant de se retourner et se diriger vers la porte qu'elle tira contre sa poitrine pour ensuite se diriger vers la cuisine.

Entrée dans la pièce et après avoir mouillé un chiffon qu'elle se passait maintenant sur ses avant-bras pour retirer ce sang qui n'était pas sien, Lily sentit la présence de Kaito et Teto la rejoindre. La bonne sœur se retourna, posant le bas de son dos contre les rebords des meubles et continua à se nettoyer les bras alors que ses yeux bleus observèrent Kaito s'appuyant sur les bords de la table et croiser les bras contre son torse. Teto quant à elle avait entre ses mains une boîte de premiers secours et Lily ne put s'empêcher de sourire discrètement à la vue de cette dernière. Elle remercia son amie qui l'aidait à désinfecter les plaies et mettre un pansement et replongea ensuite son regard dans celui de Kaito qui demeurait silencieux.

« De ce que j'ai compris, Luka veut que dès demain Len ait quitté le village. Elle s'occupera de lui elle-même s'il est toujours là. »

Kaito grinça des dents, pestant contre l'attitude sévère de la bonne femme. Il savait éperdument que la faire changer d'avis serait très difficile, voire relèverait du miracle. Les chances pour que Len reste dans ce village se voyaient donc très minimes, à peine existantes. Et au plus profond de lui, Kaito ne voyait vraiment pas un moyen de faire revenir Luka sur sa décision. Peut-être que Miku pourrait, oui. Mais utiliser Miku serait suicidaire. Luka pouvait autant accepter et donner une seconde chance à Len que l'expulser lui et tous ceux qui auront essayé de le faire rester entre ces murs. Luka pouvait se montrer très impitoyable. Malheureusement, or Miku aucun autre moyen pour sauver Len n'était envisageable. Miku était la seule personne que Luka écoutait attentivement et la seule personne à pouvoir la faire douter. Car Miku était la prunelle des yeux à Luka, une personne qu'elle chérissait plus que sa propre vie.

« Que devons-nous faire, mon père ? Si vous me le permettez, je suis prête à accueillir Len dans ma chambre et le cacher sous mon lit si Luka entre dans l'église. Vous savez que ma chambre contient toutes mes armes, je saurais me défendre et protéger au péril de ma vie celle de ce garçon. »

Le bleuté reporta son attention sur Lily et vit sur le visage de celle-ci toute sa détermination. Ses paroles n'étaient pas dites en l'air, ça non, mais c'était bien trop risqué. Et puis, Len ne pourrait pas passer toutes ses journées, éternellement, dans la chambre de la bonne sœur. Aucun être humain ne pourrait vivre de la sorte. Len ne pouvait pas demeurer caché jusqu'à la fin de ses jours.

« Je sais ! » Intervint soudainement Teto en faisant claquer son poing dans la paume de sa main.

Tous les regards se dirigèrent vers sa personne, attentif.

« On n'a qu'à enlever mademoiselle Miku et obliger Luka à garder Len dans le village comme rançon ! »

Kaito ne put s'empêcher de dévisager la bonne sœur à l'esprit bien simplet tandis que Lily abattit sa main sur l'épaule de son amie et rit à plein poumons tout en se moquant d'elle. Teto pensait vraiment ce qu'elle venait de dire et croyait que ça pourrait marcher ? Ses bonnes intentions étaient fort touchantes, mais ce n'était pas assez. Et surtout trop risqués pour leur propre peau.

« Que devons-nous faire alors ? Demanda une nouvelle fois Lily redevenue sérieuse, la voix lourde.

— Ce qui est certain c'est que nous ne pouvons pas enlever Miku, désolé Teto. Parler avec Luka serait une perte de temps aussi, une fois qu'elle a décidé quelque chose…

— Oui, c'est difficile de la faire revenir sur ce qu'elle a dit. » Termina Lily tout en opinant.

Un long soupir sortit de la bouche de Kaito qui se redressa et décroisa ses bras pour que ces derniers partent longer son corps. Il se mit en marche pour la sortie de la cuisine et attrapa en chemin une banane qui dépassait dans la coupole de fruits. Avant de sortir, la poignée de la porte dans sa main, Kaito ajouta les dernières paroles qui clôturèrent par la suite la conversation.

« N'agissez pas comme bon vous semble et laissez-moi régler cette histoire. Vous avez fait du bon travail, allez-vous coucher et gardez ça pour vous surtout. »

Pendant un moment, Lily et Teto maintenant seules dans l'immense pièce demeurèrent silencieuses. Elles tenaient réellement à Len et ne voulaient pas le voir partir de ce village pour sûrement ne plus jamais le revoir. Le jeune homme n'était certainement pas quelqu'un de mauvais même s'il était venu dans ce village en tuant de nombreux soldats, mais tels étaient les ordres qui lui étaient imposés. Il n'avait pas eu le choix. Et ça les deux bonnes sœurs le comprenaient parfaitement. Après tout, elles aussi avaient reçu ce genre d'ordres par le passé.

De son côté, silencieusement Kaito se rapprocha de la chambre de Len qui, il se doutait bien, n'avait sans doute pas trouvé le sommeil depuis qu'ils avaient quitté sa chambre. Il toqua toutefois à la porte menant au blondinet, attendant que ce dernier lui permette d'entrer pour ouvrir le morceau de bois. Aucune réponse n'arriva et Kaito hésita un instant entre empoigner la poignée pour entrer et rebrousser chemin. Sa décision fut prise quand il se rappela qu'il ne restait plus que cette nuit avant que Len soit obligé de plier bagages et quitter les lieux. Cela ne dérangerait donc pas le plus jeune qu'ils discutent tous les deux pour trouver un plan.

« Excuse-moi, j'entre. »

Kaito pénétra dans la chambre, découvrant que Len n'avait pas changé de position depuis leur départ. Doucement, le prêtre se rapprocha du lit du blond et s'assit au bout de ce dernier, remarquant alors la prise sur les couvertures par la main de Len se contracter pour la tirer davantage. Il se cachait sûrement pour éviter qu'on ne voie son visage rouge à force d'avoir pleuré. Len ne dormait donc pas, comme il l'avait prévu.

Malgré la situation, Kaito ne put s'empêcher de sourire en coin alors qu'il posa son dos contre le mur derrière lui. Il apporta sa deuxième main au sommet de la banane et commença à l'éplucher lentement. Aucune odeur spécifique ne se dégagea du fruit mis à nu, ainsi Len ne remarqua rien et ne bougea pas.

« Quand je suis déprimé, je me faufile dans la cuisine quand tout le monde dort pour chaparder des glaces. Bien évidemment, les bonnes sœurs accusent immédiatement les enfants. Après tout, elles savent que je ne mange pratiquement pas et jamais leur viendraient l'idée de réprimander leur supérieur. Et moi, je regarde les enfants se faire gronder sans dire un mot. Bien sûr, je me sens un peu coupable quand je les vois éclater en sanglot, mais jamais je ne vais dire ensuite que c'était moi en réalité le coupable. »

Tout en jetant un rapide coup d'œil en direction de Len, Kaito observa la silhouette dessinée du jeune homme à travers les couvertures. Celle-ci n'avait toujours pas bougé d'un pouce et se trouvait toujours recroquevillée sur elle-même. Le bleuté croqua ensuite dans le fruit, arrachant ainsi le bout de la banane. Il eut toutefois un certain mal à l'avaler malgré le fait qu'il l'ait mâché soigneusement. Ses appareils digestifs n'avaient plus l'habitude de recevoir de la nourriture. A ces picotements intérieurs, Kaito se demanda combien de jours s'étaient écoulés sans qu'il ait mangé. Sûrement un sacré nombre.

« Il y a aussi quand les villageois viennent se confier à moi dans le confessionnal, j'acquiesce sans vraiment les écouter et leur faire croire que Dieu leur pardonne alors que c'est impossible qu'il fasse une telle chose. Dieu, s'il existe vraiment, n'est qu'un être égoïste qui préfère se la couler douce que venir en aide aux braves gens. »

Kaito rapporta sa main tenant la banane à son genou et ravala quelques injures. Croire en quelque chose ou quelqu'un pour se donner plus de forces, avoir le courage de se relever et continuer à combattre n'était pas dans ses habitudes. Il ne comptait que sur lui-même, que sur ses capacités et son mental. S'appuyer sur quelqu'un permettait à la trahison de voir le jour à un moment ou à un autre. Kaito ne pouvait avoir confiance en personne, pas même en Meiko.

« Mais tu sais Len, être seul et se démener par ses propres moyens n'a pas que des désavantages. Tu n'es jamais blessé émotionnellement et tu ne vois pas tes alliés se retourner contre toi. »

Un sourire triste s'étira sur le coin des lèvres de Kaito qui leva son menton pour regarder sans vraiment y faire attention le plafond au-dessus de lui. Ses souvenirs se bousculaient dans sa tête, des voix continuaient de crier plus fort les unes sur les autres, l'odeur de la chaire brûlée et des pleures qui ne s'arrêtent pas. Le village en feu fut l'image de fin, faisant se contracter son estomac.

« Être accompagné peut aussi servir… » Souffla faiblement Len de sous les couvertures.

Kaito abaissa son visage suite à ces paroles, observant le jeune blond gigoter sous son lit pour bientôt faire apparaître à moitié son visage. Le reste des couvertures continuaient à cacher le bas de son visage, laissant à vue de tous les yeux rougis de Len.

« En tant qu'ancien capitaine de l'armée… »

A ses mots, Len partit regarder ailleurs tout en serrant contre ses poings les draps des couvertures avant de poursuivre. Il n'aimait pas parler de sa profession au passé.

« J'ai toujours privilégié la survie de mes coéquipiers que la réussite de la mission. Si ça n'avait tenu qu'à moi, je serais venu seul dans ce village pour discuter avec Luka ! Si mon seigneur l'avait accepté, je lui aurais demandé de nous prêter ses forces armées et personne n'aurait été tué. Si on m'avait écouté, je n'en serais pas là ! Tout aurait continué normalement, rien n'aurait changé et je n'aurais pas toutes ces emmerdes ! »

Pendant un court instant, Len mordit dans sa lèvre inférieure avant d'être complètement emporté par ce courant colérique en lui qui ne tarda pas à ravager la pièce. N'ayant pas réussi à contenir cette fureur qui s'était installée en lui depuis son arrivée dans ce village.

« J'aurais préféré mourir avec mes camarades ! »

Len n'eut pas le temps de reprendre son souffle ni encore d'arrêter de trembler de colère que Kaito l'attrapa sans délicatesse par le col de son haut et l'amena à lui. De désagréables frissons parcoururent son échine en rencontrant le regard assassin que lui jetait le bleuté devenu bien imposant en un temps record. Rien de rassurant ne se trouvait maintenant en Kaito et Len regretta bien trop tard ses paroles. La main de Kaito avait même délaissé le col de son vêtement pour tenir entre ses doigts son cou et exercer une pression. Une lueur assassine se dégageait de ses yeux et Len se demanda sérieusement si Kaito comptait l'étrangler ou non.

« Si tu veux vraiment mourir, je peux remédier à ça. »

Et sans lui demander son avis ou faire attention à ne pas lui faire mal, Kaito le poussa pour qu'il se retrouve à nouveau allongé sur le dos. Sa main entourant toujours son cou, le bleuté le surplomba rapidement et Len déglutit tant bien que mal. Qu'est-ce qu'il prenait à Kaito ? Il ne pensait pas obtenir une telle réaction. Mais le pire était que maintenant sa voix se trouvait bloquée dans sa gorge, le courage lui manquait davantage que la pression exercée par Kaito le lui en empêchait. Le souffle commençait à lui manquer et Len essaya alors de gigoter pour s'échapper de l'emprise de Kaito.

Malheureusement, Kaito n'était pas né de la dernière pluie et sans tarder il attrapa les poignets de Len et les hissa derrière la tête de ce dernier. Il passa aussi rapidement chacune de ses jambes de chaque côté du torse de Len et le chevaucha davantage, tenant toujours dans une unique main les poignets du blond qui le fixait incrédule tandis que son autre main enserrait toujours le cou de Len.

« Ça ne tient qu'à toi Len… tu n'as qu'à faire un choix entre vivre ou mourir. Mais sache qu'en restant une minute de plus dans cette église, tu mets la vie de tout le monde en danger. Pourtant, tu le remarqueras, personne ne vient se plaindre ou t'obliger à partir. Teto et Lily sont même venues à ta rescousse alors que tu étais en danger, elles n'étaient pourtant pas obligées de le faire. Veux-tu donc savoir pourquoi elles sont intervenues ? »

La voix de Kaito était froide et les traits de son visage durs. Len n'avait encore jamais vu une telle expression sur le visage du prêtre qui lui faisait vraiment peur. La pression autour de son cou s'était réduite et il pouvait respirer un peu, Kaito attendant une réponse de sa part avant de mettre un terme à son existence sûrement.

Face à son manque de réaction toutefois, Kaito répondit de lui-même à sa question posée. Gardant cependant le même ton froid et le regard furieux à l'encontre de l'attitude de Len qui baissait extrêmement dans son estime. Se rendait-il compte qu'il mettait la vie d'innocents en danger ? Luka sera sans pitié si demain matin elle découvre Len dans les locaux. Elle le sera encore moins si elle apprend qu'ils auront essayé de le couvrir. Len ne se rendait donc pas compte qu'ici, entre ces murs, des personnes l'apprécient assez pour mettre en jeu leur vie ?

« Ici nous avons pour principe de nous entraider, tu sais au moins ce que c'est que l'entraide n'est-ce pas ? Nous sommes comme une famille, nous nous protégeons les uns et les autres quoiqu'il puisse arriver. Et toi… tu arrives comme un cheveu sur la soupe dans l'église, couvert de sang et après avoir tué nos gardes, nous t'hébergeons et te soignons gratuitement sans te dénoncer aux autorités. Mais le pire… vraiment… tu le regrettes ? Tu aurais préféré mourir ce jour-là ? »

Par le timbre que sa voix prit en posant ces questions, Len comprit que Kaito était indigné par son attitude. Il détourna alors du regard, mal à l'aise. Il venait de blesser intérieurement Kaito.

« Rien ne vous a obligé de me couvrir… » Marmonna-t-il.

Et bien qu'il avait conscience de toujours plus s'enfoncer, Len ne pouvait plus taire les pensées intérieures qu'il avait en lui depuis cette journée dramatique. Ou sa vie avait pris un tournant des plus inattendus et qu'il n'aurait pas choisi s'il avait eu le choix. Sa réponse eut l'effet prévu sur Kaito qui resserra sa prise autour de son cou et lui cracha plusieurs injures au visage, n'en croyant pas ses oreilles.

« Tch. Tu ne mérites même pas que ce soit moi qui te tus. Je te vois plutôt pendu sur la place publique, avec les injures des villageois te criant dessus pour avoir tué leurs enfants ainsi que le lancer de tomates ou d'autres choses. Enfin en attendant, ce serait dommage de gâcher un tel spécimen. Et nous avons encore toute la nuit pour en profiter… »

Len ressentit de très désagréables frissons par le ton malsain que venait de prendre Kaito, portant ses yeux azurs dans ceux plus obscurs du bleuté. Sa main quitta son cou alors que l'autre détenait toujours ses poignets maintenus au-dessus de sa tête, l'empêchant de s'enfuir. La main libre de Kaito vint longer délicatement son torse, par-dessus les vêtements tout d'abord pour voir l'étendue des réactions de Len. C'est avec les yeux écarquillés et le souffle retenu, bien qu'il puisse respirer à sa guise, que Len le voyait faire sans plus que ça réagir. Avait-il compris ce qu'il comptait faire ? Kaito ne put s'empêcher de sourire en se posant cette question, se penchant alors pour rejoindre l'oreille droite de Len.

« L'as-tu déjà fait ? »

Ses yeux purent ainsi observer les fortes rougeurs qui s'installèrent instantanément sur le visage de Len qui gigota violemment pour essayer de s'enfuir hors de sa portée. Mais sa prise était bien trop forte pour le jeune homme qui abandonna presque aussitôt, le souffle cette fois-ci rapide. Dans les yeux de Len étaient visible toute sa peur, ses lèvres se mouvant légèrement comme pour formuler des mots qui n'avaient pas la force pour sortir complètement et se faire comprendre.

Il sentit par la suite Len frissonner tout en se raidissant lorsqu'il passa sa main sous son haut de pyjama. Kaito ne se voilait plus la face maintenant ; si Len avait déjà perdu espoir et ne rêvait plus que de mourir, il n'allait pas se décarcasser à le sauver. Ce gamin allait attirer plus de problèmes qu'autre chose à l'église et Kaito comptait bien réaliser ses plans avant de mourir à son tour. Il ne laisserait pas un enfant ruiner ses machinations et surtout nuire à sa vengeance.

« A… Arrête. »

Kaito porta son attention au visage de Len presque pleurant, des larmes s'étant coincées entre les longs cils du jeune blond. Mais ce ne fut pas par sa voix suppliante que la main de Kaito cessa son parcours, justement elle arrivait au niveau du short que portait en cet instant Len. Cette peau douce qui se trouvait sous ses doigts semblait être appréciable à souhait, ne pouvant pas clairement la voir à cause des tissus qui la couvraient.

« Pourquoi donc ? Demain tu mourras, autant l'avoir fait une fois pour savoir comment c'est, tu ne penses pas ? Se moqua-t-il en glissant deux premiers doigts sous l'élastique du short, sentant à nouveau Len se raidir et mordre ses lèvres.

— Pas comme ça… s'il te plaît. »

Quelques premières larmes roulèrent sur ses joues, et bien que Kaito, loin d'être complètement pourri, ressentait de légers picotements au cœur, sa main ne s'arrêta pas pour autant. Combien de temps cela faisait-il depuis sa dernière relation ? Il n'en avait même plus le souvenir. Et ici, le visage rougissant de Len et sa voix pleurante ne le laissaient malheureusement pas indifférent. Sa main passa sous la barrière de textile qui se trouvait être le caleçon du blond qui sursauta lorsqu'il sentit la main de Kaito atteindre cet endroit. Len gigota davantage avec plus de force tout en recommençant à supplier Kaito de le relâcher. Il s'excusa même pour avoir dit de telles paroles et espérait ainsi de se faire pardonner. Il ne désirait pas que sa première fois se passe de la sorte. Vraiment pas.

« Kaito… » L'appela-t-il entre deux sanglots.

Celui-ci écarquilla un instant ses yeux en entendant très certainement pour la première fois son prénom prononcé par cette bouche. Ce n'était pas bon. Vraiment pas bon. Pourquoi Len devenait-il si attirant tout à coup ? Ses lèvres qui tremblaient en ce moment même lui donnaient l'envie de l'embrasser, expirant alors longuement tout en fixant cette paire de lèvres pour ainsi s'interroger sur le fait de le faire ou non. Les joues de Kaito s'étaient elles aussi légèrement empourprées, sa respiration étant même devenue laborieuse.

Mais alors que le bleuté commençait à se pencher pour rejoindre les lèvres de Len, sa main continuant à descendre et effleurer le membre du blond qui gigotait comme il pouvait pour s'échapper, la porte de la pièce claqua contre le mur. Len poussa un cri de surprise et se réfugia dans un coin du lit après que Kaito l'eut lâché par réflexe, après que la porte se soit écrasée contre le mur. Teto étant partie de bon train pour dire à voix haute le plan qu'elle avait trouvé pour sauver Len se tut néanmoins dès qu'elle vit la tension régnant dans la pièce. Le regard assassin de Kaito l'aidant aussi beaucoup pour comprendre qu'elle venait d'arriver au mauvais moment.

Puis, sans que quelqu'un ne vienne dire quelque chose, Len attrapa la couverture du bout des doigts et se projeta hors du lit pour rapidement bousculer Teto restée dans l'embrassure de la porte. A sa sortie de la chambre, il ne réfléchit pas et courut là où ses jambes décidaient de l'emmener. Il rencontra en chemin Meiko étant descendue dans les caves pour en ressortir quelques bouteilles de vins, la bousculant à son tour sans faire attention et sans s'excuser par la suite. L'attitude du blond surprit Meiko qui soupira longuement par la suite, ayant entendu la voix de Kaito qui faisait légèrement écho depuis l'emplacement où elle se trouvait.

« Ce n'est pas ce que tu crois, Teto, soupira-t-il pour seule défense.

— Je ne te pensais pas comme ça Kaito ! Profiter qu'il soit perturbé par ce qui lui arrive pour l'avoir, s'écria la bonne sœur sans l'écouter.

— Si tu pouvais baisser un peu de…

— Tu pensais vraiment qu'il se laisserait faire, hein !? Maintenant, on ne sait pas où il a pu aller et nous ne sommes pas plus avancés pour le faire rester dans le village. »

Meiko fronça des sourcils et décida sans plus attendre, marchant à son rythme et gardant ses trois bouteilles de vins sous le bras, à la poursuite de Len. Un sourire amusé se trouvait toutefois étiré sur ses lèvres. Les événements prenaient une tournure intéressante.

A l'intérieur d'une petite maison, Miku se trouvait assisse sur le même canapé que la fois où Len et Kaito étaient venus chez Luka. Elle essuyait tranquillement une pomme grâce à un chiffon propre, les yeux perdus dans le vague tandis que la jeune femme à la longue chevelure rosée et aux lourdes responsabilités se trouvait assise sur une chaise et lisait des documents que lui avait transmis son armée.

« C'est Luki qui a commencé. » Annonça-t-elle doucement.

Elle vit se redresser la rosée qui l'interrogea du regard, se demandant sûrement pourquoi elle révélait une telle chose par rapport à son frère cadet. Miku reposa alors la pomme contre sa cuisse et cessa toute activité, plongeant ses yeux dans ceux de Luka.

« Len n'est pas quelqu'un de méchant, il a juste suivi des ordres qui lui étaient assignés. Il n'avait pas le choix. Cette après-midi il est même venu m'aider alors que les autres villageois passaient à côté de moi en m'ignorant. Pourtant, il aurait pu faire de même et passer à côté de moi sans me porter un regard. Mais il s'est arrêté et m'a aidé.

— Ma décision ne changera pas, Miku. » Souffla suavement Luka qui ne désirait pas se disputer avec la jeune fille aux longs cheveux turquoises.

Cependant, Miku n'était pas d'accord avec le comportement de son amie et comptait bien changer cela. La pomme glissa alors du canapé pour s'écraser contre le sol, Miku s'étant mise sur ses pieds et se rapprochant en ce moment même de Luka qui dut relever son menton pour voir la jeune fille lui faire face. Il était assez rare de voir Miku énervée ou en tout cas agacée, les sourcils froncés et la voix tremblante sous le coup de l'énervement. Luka comprit de la sorte que le sujet lui tenait à cœur. Mais ça n'allait pas changé. Elle ne pouvait pas céder à Miku sinon les villageois, l'armée, les alentours même, comprendront que Miku était sa faiblesse, son talon d'Achille. Un moyen de pression dont les risques pourraient être épouvantables. Elle devait se montrait intransigeante qu'importe la situation ou encore de la personne qui lui tient face, même s'il s'agissait de Miku.

« Mais Len pourrait guérir Kaito… »

Le ton attristé de Miku fit à nouveau relever les yeux de Luka dans sa direction, apercevant ainsi les larmes qui naissaient au coin des yeux de la jeune fille. Celle-ci avait apporté ses mains au niveau de sa poitrine et commençait à renifler pour retenir ses larmes. Luka savait que Miku ne pleurait pas sur commande et que donc ses émotions n'étaient pas mensongères, la prenant donc à la gorge. Elle n'aimait pas voir Miku pleurer.

« Len a tué avec son équipe plusieurs de mes hommes, rappela-t-elle tout en détournant du regard.

— Il s'est excusé ! Contre-attaqua aussitôt Miku.

— Ça ne ramènera pas les morts.

— Il a accepté le travail que tu lui as ordonné de faire, confia-t-elle pour remettre ce fait au goût du jour.

— Miku… Tu ne connais Len que depuis hier. Comment peux-tu le défendre et insister autant pour que je revienne sur ma décision ? »

Pendant un moment, Miku ne dit pas un mot et resta silencieuse. Ses yeux balayaient le sol à la recherche d'une réponse potable, qui fera à coup sûr changer l'avis de Luka sur l'exil forcé de Len. Elle ne devait donc pas se tromper dans le choix de ses mots. Quand enfin elle entrouvrit la bouche pour communiquer, Luka se concentra sur elle.

« C'est la première fois que j'ai vu Kaito s'opposer à toi et parler en faveur de quelqu'un. Et puis… il a souri aussi.

— Kaito sourit à chaque messe et quand les croyants viennent lui parler, révéla Luka sur un ton monotone.

— Luka ! S'emporta tout à coup Miku, faisant légèrement agrandir les yeux de la rosée peu habituée à l'entendre lui parler sur ce ton. Tu sais très bien que Kaito est comme nous ! Il subit son existence comme nous avant que nous nous rencontrions. Kaito ne sourit pas.

— Et qu'est-ce que ça peut me faire ? Je ne vais pas obliger Kaito à me confier ses problèmes et tout faire pour qu'il aille mieux, ce n'est pas mon problème. » Haussa-t-elle à son tour le ton.

Miku gonfla énormément les joues et contracta ses poings. Luka pouvait être une tête de mule et elle détestait vraiment cet aspect de son caractère. C'était pour elle très frustrant de ne pas pouvoir tenir ses arguments et abandonner pour ainsi laisser gagner Luka. Mais non, pas cette fois-ci. Miku voulait que Len reste dans ce village. Elle voulait revoir sur le visage de Kaito ce sourire qu'elle avait vu cette après-midi-là lorsqu'ils étaient venus présenter Len à Luka.

« Si Len doit partir demain, j'irai avec lui. »

Et sans plus tarder, les mains de Luka claquèrent contre la table qui se trouvait devant elle. Cependant, Miku ne bougea pas d'un poil et resta aussi droite qu'un piquet. Ses yeux plongèrent dans ceux énervés de Luka qui la menaçait du regard. Il était évident qu'elle ne la laisserait pas faire une telle chose, mais pour ça Miku était prête à filer en douce en compagnie du blond. Si Luka restait ainsi butée, elle baisserait dans son estime.

« Je ne resterai pas dans ce village s'il se met à refuser des âmes en peine. Len pourrait beaucoup apporter s'il restait, j'en suis persuadée, expliqua-t-elle convaincue.

— Luki et ses collègues chercheront à exterminer Len, sois en certaine, la prévint froidement Luka.

— Len sait se défendre, répliqua-t-elle.

— Si Len devient villageois ici, il aura les mêmes droits et devoirs que tout le monde. S'il tut un de mes hommes, il sera jugé et pendu sur la place publique. Et à ce moment-là, tu ne pourras plus rien pour lui. Ne serais-ce pas mieux qu'il parte la vie sauve quand il en est encore le temps ? »

Miku réalisa enfin qu'elle n'avait pas vu le problème sous cet angle. Le frère de la rosée ne cherchait pas forcément à tuer Len, mais surtout à le provoquer pour lui faire perdre ses moyens et le voir tuer ou en tout cas blesser l'un des siens pour en venir au jugement. Que ce soit l'armée ou les familles en deuil, quelqu'un essayera un jour ou l'autre d'assassiner Len. En l'obligeant à partir du village, Luka le protégeait à sa manière.

« Tu comprends maintenant, Miku ? Len a tout à gagner en quittant ce village.

— Mais… ce n'est pas possible, bégaya cette dernière perdue.

— C'est la meilleure chose qu'il puisse faire, malheureusement. Ne crois pas que je fasse ça par gaieté de cœur, mais pour sa protection à lui et celle du village. C'est la meilleure chose à faire. » Se répéta-t-elle en appuyant sur chacun de ses mots.

Miku chercha à nouveau ses mots pour répliquer quelque chose, mais cette fois-ci rien ne lui vint à l'esprit et elle resta silencieuse pour le restant de la soirée.

Arrivée dans le jardin, Meiko entendit facilement les sanglots de Len caché entre différents buissons. Le clair de lune s'amusait à se refléter à l'intérieur de la petite marre à la droite du blond, Meiko étant pour l'instant restée derrière les buissons sans faire de bruit. Len ne l'avait donc pas encore remarqué et la jeune femme put ainsi le voir replié contre lui-même et essayant de se calmer. Un discret soupir l'emporta et tout en se grattant le crâne, Meiko traversa l'obstacle que formaient les buissons et rejoignit Len qui fut pris d'un cri de surprise en la voyant apparaître si soudainement.

Sans dire un mot, son armure rougeâtre ainsi que son épée tintèrent ensembles alors qu'elle s'asseyait à même le sol et déposa son dos contre l'écorce de l'arbre planté derrière elle. Elle replia ensuite son genou et déposa ensuite sa main par-dessus.

« La lune est magnifique ce soir, tu ne trouves pas ? » Révéla-t-elle sans porter attention à Len qui la fixait, médusé.

Il se redressa un peu après et s'assit en tailleur, la couverture extraite de son lit reposant contre ses épaules et camouflant ses cheveux pour ensuite légèrement retomber sur ses yeux.

« Kaito et moi avions dû quitter notre village natal par la force. L'armée y est passée et a tout ravagé sans pitié. Enfin de toute façon ça ne changeait rien pour nous, nous n'avions là-bas aucune famille ni amis. Pourtant, là-bas nous avions nos souvenirs heureux comme malheureux, des personnes qu'on détestait et celles qu'on appréciait un peu. Nous apprécions quand même ce village qui aujourd'hui n'existe plus. »

De son côté, Len regardait avec intérêt Meiko et se demandait pourquoi la jeune femme lui racontait sa vie. Meiko marqua un temps d'arrêt, sa voix neutre ne trahissait aucune émotion et elle gardait parfaitement son calme. A vrai dire, cela ne la dérangeait pas de dévoiler son enfance à autrui. C'était surtout Kaito qui appréciait ce village, pas elle. Kaito était un pleurnicheur et un sentimental de toute façon.

« C'est Miku qui nous a trouvé en première et qui a ensuite fait venir Luka à nous, déjà chef de ce village. Mais si Miku ne nous avait pas trouvés, nous serions morts avec Kaito depuis le temps. C'était à peine si on se traînait par terre pour avancer. Car nous n'avions pas d'amis, pas de familles où se réfugier et nous étions pauvres.

— Si je retourne dans mon pays, je serai mis à mort, rappela Len d'une voix étouffée par ses larmes.

— Alors si tu veux rester ici, affronte Luka. »

Len sentit son cœur manquer un terriblement battement et ne pouvait s'empêcher de dévisager Meiko qui le regardait cette fois avec un trop grand sérieux logé dans ses yeux. Elle était vraiment sérieuse ?

« Si tu tut Luka, tu pourras prendre sa place et régner sur ce village.

— Je serai de la partie si c'est ton choix. »

La nouvelle fois qui s'ajouta à la conversation fit sursauter Len qui se tourna pour voir apparaître à son tour Lily qui traversa l'obstacle des buissons pour ensuite les rejoindre. Différentes armes se trouvaient dans ses mains et d'autres étaient accrochées autour de son corps dénudé de la tenue de bonne sœur pour opter pour quelque chose de plus léger et mettant en avant sa poitrine. D'autres bonnes sœurs ne tardèrent à arriver pour former autour de lui et Meiko un arc de cercle, toutes plus armées les unes que les autres.

Len n'en crut pas ses yeux, passant de visage en visage tout en se demandant ce qui était réellement en train de se passer dans cette église. Ce n'était pas possible. Il devait rêver, oui, c'était ça ! Pourquoi ces bonnes sœurs étaient-elles prêtes à se battre et risquer leur vie juste pour qu'il reste dans ce village ? L'entraide que lui avait parlé Kaito un peu plus tôt allait vraiment jusqu'à ce point ?

« Alors Len, quel est ton choix ? Vivre ou mourir ? »

Meiko qui s'était redressée entretemps porta sa main au manche de son épée et l'extra de son fourreau. Les rayons de la lune se firent capturer à l'intérieur de cette lame tranchante et Len ressentit de désagréables frissons.

Pouvait-il vraiment faire un choix ? Lui qui œuvrait pour la justice pouvait-il vraiment prendre la vie d'une femme innocente juste pour prendre sa place et pouvoir rester sur ces terres ? Len contracta ses poings et repensa à tous ce qui lui était arrivé de mauvais depuis sa naissance. Il s'était toujours plié aux autres, n'avaient jamais combattu pour son avis et appuyé ses arguments pour s'opposer à quelqu'un.

Est-ce que ça pouvait durer plus longtemps ? Non.

Du haut de sa chambre, Haku observa le petit groupe qui s'était formé à l'intérieur du jardin tout en regardant Len se redresser et laisser choir sa couverture sur l'herbe fraîche. Un long soupir l'emporta et elle referma les rideaux sur sa fenêtre et retourna se coucher. Elle avait toujours su qu'ils n'auraient pas dû héberger ce garçon dans les locaux et le laisser mourir comme un chien. Ce genre de personne qu'était Len n'apportait que le désastre avec eux.