Titre : Meilleurs Ennemis (j'dis plus rien…)
Auteur : Syhdaal
Genre : Quand le plus jeune prend les choses en main… Ca fait mal…
Base : Weiss Kreuz
Couples : Attendez la suite, je suis censée faire pire…
Disclaimer : Tout le monde commence à le savoir, les personnages de Weiss Kreuz ne m'appartiennent pas, ça serait trop beau…
Vi, je continue encore et toujours !
Dire que je devrais réviser… Boarff, po grave, j'l'aurais pas mon bac ! Au passage, bonne chance à ceux qui le passe.
Alors où en sommes nous ?
Ah oui, le cas « Aya-kun »… C'est qu'il en pose des problèmes notre glaçon névrosé national. Et ce n'est pas pour arranger les nerfs d'une certaine personne qui va… Ô Surprise, piquer une colère… Non, pas moi !
Enfin si, moi aussi, Aya est horripilant.
/ Blablabla. / : Conversations télépathiques
P'tite note de la scribouilleuse : en l'an de grâce 2015, mois de janvier, soit pour ainsi dire 12 ans plus tard, je refais une ch'tite correction. C'est que bon, ça a toujours été un peu le bazar, mais rien de drastique hein, j'corrige juste deux trois fautes que j'ai repérées. Un grand, immense, merci à vous qui lisez toujours.
Meilleurs Ennemis
Chapitre 11
Il était presque dix-huit heures trente quand Omi aperçut la façade du Koneko. Une journée de cours de plus venait de s'écouler, et il l'avait mise à profit pour poursuivre ses recherches sur le plan de la ville. Il avait localisé énormément de bâtiments de grandes tailles, excentrés et en bord de route qui auraient pu correspondre mais ça ne suffisait pas.
Il s'était concentré sur la baie de Tokyo à Shinagawa et les alentours de l'aéroport sud de Haneda dans l'arrondissement spécial d'Ota.
Schuldig ne se souvenait pas bien de quelle direction il venait. Ses blessures et son état d'épuisement avaient affecté sa mémoire. Il s'était échappé avant d'être transféré dans le centre et ne s'avait pas pris le temps de prendre des photos du panorama.
Grâce à la triangulation du téléphone portable de Crawford, Omi avait pu réduire un peu la zone à Odaiba. Il avait plus particulièrement des doutes sur un bâtiment autour duquel il y avait une grande circulation mais qui semblait cruellement dépourvue d'employés après enquête. Cette chaîne de fabrication de produit pharmaceutiques appartenait à une société écran avec tout un montage financier de holdings toutes plus obscures les unes que les autres. Pas moyen de trouver un nom précis de propriétaire ou d'actionnaire, les fichiers étaient verrouillés et ça, même si ça n'était pas l'endroit qu'il cherchait, ce n'était pas vraiment franc du collier.
Il lui fallait vérifier sur place.
Si effectivement les Schwarz étaient retenus là-bas, il y régnerait une agitation inhabituelle en soirée. Schuldig pourrait les aider en sondant quelques esprits.
Quand il entra dans le magasin, deux choses lui parurent un peu bizarres. Premièrement, le Koneko était vide, si l'on exceptait Aya, assis au comptoir face à une fleur rouge. Second fait étrange, Aya parlait… Enfin marmonnait pour être plus exact.
Il poussa doucement la porte, la petite sonnette retentissant joyeusement pour signaler son entrée. Aya ne semblait pas avoir remarqué sa présence et continuait de tailler la bavette avec un bégonia en grande voie de déshydratation. Le petit blond s'approcha doucement.
– Bonjour Aya-kun…
– Hm.
– Tout va bien ?
Aya ne répondit pas et retourna à son mutisme ou sa contemplation, il ne savait pas trop. Il ne loupa pas non plus le magnifique cocard qu'Aya affichait à l'œil gauche, signe qu'il y avait eu du grabuge. Et s'il n'était pas mieux avisé, il serait tenté de reconnaître l'œuvre de Ken. Qu'est-ce qui s'était encore passé ?
Décidemment, il ne pouvait pas passer huit heures à l'extérieur sans que tout parte en sucette.
Omi décida de ne pas insister, il aurait plus de chance avec ses autres équipiers. Ne trouvant pas Ken au salon, il monta directement à l'étage, déposant son sac à dos dans sa chambre avant de se changer. Il se dirigea ensuite vers la chambre de Ken, frappant deux petits coups avant d'entrer. Il trouva Ken visiblement en train de bouder.
Ah.
– Ken-kun… Est-ce que tout va bien ?
Pas de réponse. Omi soupira. Ken faisait la tête comme un enfant et il le savait assez buté pour ne pas lui répondre pendant un moment.
– Arrête de regarder le mur comme ça, tu vas peut-être réussir à l'user mais il va pas s'enfuir, hein.
Les épaules de Ken remontèrent d'un cran, signe qu'il était excessivement tendu. Omi soupira de nouveau et alla s'asseoir par terre près de son ami.
– Dis-moi, qu'est-ce qui ne va pas ? Aya est tout seul en bas, il s'est passé quoi ?
Ken se décida finalement à le regarder, et Omi put s'apercevoir à son regard assassin que son ami était très en colère. Sauf que lui ne pensait pas avoir fait quelque chose pour mériter pareil colère, alors quoi ?
– Y a que Môssieur-j'ai-un-katana-dans-le-cul est aussi un sale con qui mériterait d'aller s'faire pendre !
– Ah. Et je peux savoir ce qu'il s'est passé ? Parce que ce matin, ça avait l'air d'aller ?
– Il a…
Ken fourragea dans ses cheveux bruns avec un grondement. Il était très, très énervé et Omi s'en rendait compte en le voyant serrer et desserrer spasmodiquement les poings.
– Il a essayé de tuer Yohtan.
– Quoi ?! S'étrangla Omi. Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ?!
– Ecoute Omi… Il a pété un plomb, c'est définitif ce coup-ci. Il est allé trop loin.
Omi inspira profondément pour reprendre son calme. Il connaissait le tempérament sanguin de Ken et s'il avait parfois tendance à l'excès, il se demanda si Aya n'avait pas mérité son cocard.
– Et Yohji-kun ? Demanda-t-il finalement.
L'ancien footballeur haussa les épaules. Il était passé de colère à tristesse.
– Je ne sais pas. Quand je suis allé le voir, il m'a dit que ça allait, qu'il fallait juste que Schuldig se repose…
– Je ne te parle pas de Sch…
– Je sais, coupa Ken. Mais il n'a rien voulu me dire. Et pour Aya... Bref. Quel con…
Rien qui n'étonna vraiment Omi. Yohji s'était nettement amélioré au fil des mois, des années, et de complètement je-m'en-foutiste il avait essayé de prendre sa place d'aîné et de tenir le rôle de conseiller, de grand frère voire parfois de maman quand il pouvait même si, comme il l'avait dit un jour « J'suis trop jeune pour ces conneries ! ». Et ça n'allait pas toujours sans accrochages. Il n'avait probablement même pas voulu que Ken s'occupe de lui s'il y avait eu de la casse mais peut-être que lui aurait plus de chance car chacun à leur façon, ses coéquipiers avaient du mal à lui résister. Ses grands yeux bleus de chiot abandonné n'y étaient sûrement pas pour rien la plupart du temps.
– Okay… Ecoute Ken-kun, je vais voir ce que je peux faire, et je vais aller voir Yohji, okay ?
Le jeune homme aux yeux sombres secoua tristement la tête.
– Non Omi, pas cette fois… C'est trop tard.
« Trop tard pour Weiss… » Eut-il l'impression d'entendre quelque part dans sa tête.
Ca, c'était pas bon. Et il avait appris à écouter ses intuition, qui si sombres soient-elles, l'avaient déjà sauvé de bien plus d'une mauvaise passe. Omi passa ses bras autour des épaules musclées de Ken et déposa un baiser furtif sur la joue de son meilleur ami, pour le rassurer, lui dire que lui, il était toujours là, fidèle au poste.
– Je te jure que ça ira Ken-kun.
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Ken qui lui rendit son accolade.
– Merci Omi.
– Je vais aller voir Yohtan et je reviens, okay ?
– D'accord.
Omi lui fit un dernier sourire avant de disparaître, afin d'aller vérifier par lui-même si Yohji n'avait rien. Leur playboy autoproclamé avait la même tendance qu'Aya à se taire quand quelque chose n'allait pas. Il frappa doucement à la porte de son aîné qui s'entrouvrit, laissant apparaître un Yohji à l'air abattu.
– Bonjour Yohji-kun.
– Salut Omi…
– Je peux entrer ?
– Bien sûr.
Yohji retourna s'asseoir auprès de Schuldig avec qui il avait une conversation. Le rouquin n'avait toujours pas quitté le lit, à peine remis de ce qui s'était passé quelques heures plus tôt. Il était pourtant bien réveillé et suivait la scène avec attention d'où il était assis. Omi s'installa sur la chaise qui trônait près du lit, constatant que si Schuldig avait l'air éprouvé, Yohji affichait un hématome très sombre au visage et probablement des traces autour du cou. Mais pour ce dernier point, il n'en était pas persuadé, ça pouvait aussi être un jeu d'ombre et de lumière.
– Ken-kun m'a dit qu'il avait eut un problème tout à l'heure ?
– Effectivement.
Le cadet des Weiss vit Yohji détourner les yeux, regardant par la fenêtre.
– Dis-moi ? Je ne vais quand même pas te supplier.
– A part essayer d'étrangler Yohji et brailler comme tordu, ma foi… Pas grand chose, intervint Schuldig avec une fausse désinvolture.
C'était donc vrai. Omi se tourna vers Yohji, un peu choqué. Il avait vraiment espéré que Ken exagérait mais finalement, non. Qu'est-ce que c'était encore que ce foutoir ? Il ne pouvait vraiment pas les laisser seuls sans qu'ils ne s'entretuent, c'était dingue ça !
– C'est vrai ? C'est pas une blague ? Comment tu vas ?
– Ca va, répondit finalement Yohji d'une voix posée.
– Je peux regarder ?
Les yeux expérimentés du lycéen parcoururent rapidement son visage et s'arrêtèrent sur son cou où des marques sombres marbraient sa peau. Omi s'approcha de son ami en effleurant les traces avec précaution. Yohji fit brièvement la grimace et chassa gentiment les mains du garçon.
– Tu as mis quelque chose dessus ?
– Non, ça partira.
Omi marmonna quelque chose en se levant et sortit de la chambre pour revenir quelques instants plus tard avec un tube de pommade dans les mains. Il défit le col de Yohji avec un regard le défiant de l'envoyer sur les roses et appliqua le baume sur les contusions déjà bien sombres. L'ancien détective privé se laissa faire un peu contraint et forcé, peu enclin à essuyer une autre dispute. Il avait eu son compte pour le mois. Omi ne l'aurait pas laissé négliger des blessures de toute façon, il aurait dû s'en douter.
– Tant que j'y suis, je fais un check-up ? Demanda Omi en s'adressant à Schuldig.
– C'est toi le chef, chaton.
– Ne m'appelle pas chaton !
– Raton alors ?
– Schuldig !
– Bah quoi ?
– Si tu ne veux pas que ce tube de crème finisse là où je pense, tais-toi !
– Oh… C'est une proposition ? S'enquit l'Allemand en se marrant, curieusement joyeux.
Le contrecoup sans doute. L'aîné des Weiss éclata de rire en voyant les joues rouges de l'adolescent qui regrettait déjà amèrement sa petite vanne. Omi était en train de se rendre compte que Schuldig était quand même nettement plus trash que Yohji.
– Plus pervers que Yohji ? Mais Yohji est un rikiki à côté d'moua !
Yohji émit un cri de protestation.
– Quoi ? Mais j'suis pas un pervers ! Et encore moins un rikiki !
– Y a pas qu'la taille qui compte Yohtan, ricana Omi.
– Morbaque ! C'est pas pask'on a des grandes oreilles qu'on entend bien je te signale ! Prends-en d'la graine morveux, y t'reste plus que ça ! Puceau va !
– C't-à diiire ? Vieille morue !
Les deux Weiss se défièrent silencieusement sous le regard assez amusé de Schuldig. Le télépathe nota que le stress d'Omi était en train de disparaître tout doucement, comme celui de son compagnon. Ah, des bienfaits d'une franche rigolade en famille… Dommage que lui risquait de ne plus revoir la sienne. Finalement, le plus jeune dédia à Yohji un sourire parfaitement angélique.
– Allons Yohji-kun, ce n'est pas bien de s'en prendre aux plus petits que soi.
Yohji s'étrangla pendant que Schuldig, lui, s'étouffait de rire dans sa mains en faisant mine de tousser de façon absolument pas discrète.
– Mais c'est toi qui as commencé !
– Moi ? Mais j'ferais jamais ça ! Pur et innocent !
– Ouais comme le faon qui vient de naître ? Et mon cul c'est du poulet, tu veux une aile ? Grommela Yohji en maudissant le visage innocent du petit blond.
/ Tu devrais être fier de lui, il utilise enfin son apparence à son avantage ! Il est digne d'entrer dans les rangs des Schwarz ! /
/ La ferme tête rouge ! /
/ Allons Yohji-kun, ce n'est pas bien de s'en prendre aux blessés! / Se moqua Schuldig dans son esprit.
– Intéressant. Son vocabulaire s'améliore on dirait, déclara Omi d'un air très étudié à Schuldig.
– Oui, encore un effort et il pourra passer pour un être doué d'intelligence.
– Exactement ce que je pensais mon cher Schuldig.
– N'est-ce pas mon cher chaton ?
Yohji les foudroya du regard, n'obtenant en retour qu'un immense sourire de son cadet :
– Hey, j'vous dérange pas trop là, ça va ? Toi, la prochaine fois que tu te fais grimper dessus dans le Koneko, ça sera pas la peine de compter sur moi pour te tirer de là !
– Aa, répondit distraitement Omi, les mains déjà dans la trousse de soin. Tu retires ton tee-shirt Schuldig ? Il faut que je jette un œil à la grosse plaie.
Schuldig se dépêtra difficilement de son tee-shirt et grimaça un peu quand Omi défit les bandages. C'était encore sanguinolent et ça ne loupait pas, ça finissait toujours par adhérer un peu au pansement. Il osait à peine baisser les yeux pour voir ce que ça donnait.
– Hallucinant ! Ca commence déjà à se refermer ! C'est énorme !
Schuldig y risqua un œil, trouvant la blessure beaucoup moins laide que dans ses derniers souvenirs. La chair commençait d'ores et déjà à se reconstituer là où elle avait été profondément lésée. C'est vrai que sa vitesse de cicatrisation avait de quoi laisser pantois, même lui ça l'étonnait à chaque fois.
– Ca risque d'aller beaucoup moins vite maintenant… Au début ça va très vite mais ensuite ça guérit à vitesse à peu près normale. Ce n'est pas plus mal, c'est vraiment fatiguant, observa-t-il.
– Tu peux contrôler ton processus de guérison ? Demanda Omi impressionné, nettoyant la plaie avec des gestes assurés tout en l'observant de plus près.
– Nooon ! J'ai juste la chance d'avoir un super métabolisme je pense, mais je disais hier à Yohji que même si on allait plutôt vite, ça devait dépendre des gens… Comme pour vous, tout le monde ne se remet pas à la même vitesse.
Omi acquiesça et vérifia rapidement que tout allait bien, nettoyant et bandant la plupart des grosses lacérations qui se refermaient elles aussi à vue d'œil. Le progrès en trois jours était sidérant. Il fouilla dans la boite à pharmacie qui avait maintenant élu domicile sur la table de nuit de Yohji et en sortit un tube de comprimés.
– Des antalgiques si tu as mal, tu n'hésites pas. Et surtout, pense à bien prendre les antibiotiques, c'est pas le moment de choper une septicémie !
– Oui chaton, merci chaton.
– Je t'en prie. Je termine mes repérages, j'ai travaillé pendant midi sur les zones de triangulations que j'ai pu isoler.
– Et ?
– C'est le portable de l'Oracle qui m'a apporté le plus d'informations, je réduis mes recherches sur la zone d'Odaiba.
– Oh, c'est déjà énorme. Merci, répéta Schuldig.
– Faut que j'affine… Bon, j'retourne voir Ken avant qu'il ne morde quelqu'un.
– A Ken aussi, tu lui diras merci, ajouta tout doucement Schuldig.
Omi vit juste Yohji lui toucher le bras, comme pour le rassurer, lui dire qu'il était là. Il y avait quelque chose dans l'air, décidément.
– Bien sûr, répondit-il tout bas en quittant la chambre sur la pointe des pieds.
Il regagna la chambre de Ken qu'il trouva les pieds coincés sous un meuble pour faire des crunchs, sans doute pour se passer les nerfs. Il lui proposa de descendre avec lui pour préparer le repas, mais l'autre garçon déclina, pas très motivé à l'idée de croiser Aya. Le brun demanda néanmoins des nouvelles de Yohji et Schuldig, et Omi en profita pour lui transmettre les remerciements du télépathe, essayant de le convaincre de l'accompagner mais sans succès. Ken avait juste murmuré un « okay » pas très convaincant.
Omi se dirigea ensuite vers le sous-sol pour peaufiner ses recherches sur le bâtiment qu'il soupçonnait d'abriter les Schwarz. Il avait un meilleur accès internet ici et au moins la possibilité de chiner plus d'informations dans les archives de Kritiker.
Il finit par trouver un nom de propriétaire à la fameuse entreprise, et en croisant les répertoires commerciaux et administratifs ainsi que les fichiers de la police, il s'aperçut qu'il correspondait à l'identité complète d'une personne décédée depuis une cinquantaine d'années. Voilà qui confirmait ses doutes. Pourquoi utiliser le nom d'une personne défunte depuis cinquante ans si ce n'était pour dissimuler des faits compromettants en cas de démêlés avec la justice ? Le temps que la police mettrait à investiguer pour retrouver le véritable responsable, ce dernier serait déjà loin du pays. Ca prouvait donc que cette entreprise devait se livrer à quelques activités illégales.
Bizarrement, ça lui remémorait tous les démêlés avec le Général Powell sur la base militaire. Il réprima un frisson dégoûté. Les cauchemars ne s'apaisaient jamais pour lui, et il savait que Ken en rêvait presque toutes les nuits, se repassant en boucle les évènements en essayant de trouver la faille qui lui aurait permis de sauver Akira. A se rendre dingue.
Il secoua la tête. C'était vraiment pas le moment de replonger là-dedans. Il réussit à dénicher un plan de la propriété dans les fichiers d'urbanisme de la ville, mais comment être sûr que ça suffirait ? Le bâtiment serait sûrement extrêmement bien surveillé, par des hommes et de la télésurveillance. Il ne pouvait être sûr que le système de sécurité initial n'était pas plus élaboré. Omi passa ses mains sur son visage en un geste de fatigue. Il ne travaillait pas bien quand il était fatigué, et là, il mettait la charrue avant les bœufs. Il fallait d'abord vérifier que c'était le bon endroit.
Il se trompait peut-être depuis le début et le temps pressait.
Il prépara un rapide repas, essayant de convaincre ses équipiers de se joindre à lui. Yohji refusa poliment, usant comme excuse de rester avec Schuldig. Ken faillit refuser lui aussi mais le regard dangereusement sombre de son cadet le fit accepter et il le suivit. Omi rapatria finalement Aya dans la cuisine. Et il s'en mordit les doigts. Personne ne s'adressa la parole. Omi déglutit. La tension était palpable. Il avait presque l'impression que s'il lançait un objet entre Ken et Aya (« Genre un couteau ? Prévois plutôt le bazooka Omi-kun ! »), il pourrait s'écraser sur un obstacle invisible. Il commençait sérieusement suffoquer quand Aya se leva, le remercia pour le repas et disparut de la cuisine. Dès qu'il fut sortit, il entendit Ken pousser un soupir de soulagement.
– A ce point là ? Demanda Omi, une pointe de reproche dans la voix.
– Tu n'étais pas là ce matin. Il est devenu fou. F.o.u.
– On est tous très fatigués, je pense.
– Oh oui, juste un peu à cran. On n'a jamais eu ce genre de problème quand il n'était pas là.
Omi leva les yeux au ciel, et débarrassa la table sans un mot avant de retourner dans la salle des missions. Ken le regarda partir en silence puis jeta un coup d'œil assassin à son assiette.
– Génial, dit-il en retournant s'enfermer dans sa chambre.
######
Réfugié devant son ordinateur, Omi massa ses tempes du bout des doigts, se demandant comment il pourrait régler le problème de mésentente actuel. Il faudrait sans doute qu'il crie un bon coup.
Si la crise continuait, ça mettait le groupe en péril et il refusait tout net que Weiss puisse disparaître.
Il y avait eu beaucoup de problèmes entre eux après la mission sur la base militaire américaine… Ca avait tourné au cauchemar pour Ken et lui, et la supercherie mise en place par Aya et Yohji, ils ne l'avaient apprise qu'au dernier moment. Ca avait été un vrai carnage, et c'était Ken qui avait délivré plusieurs coups fatals tout seul. De la comédie pour certains oui… Ca n'empêchait pas les nuits sans sommeil, les disputes pour rien, et les crises de nerfs en arrière-boutique, seulement ils essayaient tous de gérer mais parfois ça débordait et c'était l'explosion.
Non, il n'allait pas laisser faire ça. Un grand coup de poing sur la table permettrait certainement de remettre les pendules à l'heure. Ils commençaient sérieusement à lui taper sur les nerfs avec tous leurs problèmes existentiels, et c'était à lui de tout gérer, comme d'habitude. Il était contraint de multiplier les casquettes, lycéen, caissier, jardinier, bureau des pleurs, homme d'entretien, bébé du groupe, formateur informatique, oreille attentive, cuistot, infirmier et psy de comptoir. Et des fois, quand il dégageait un créneau, il pouvait sortir avec des camarades de classe, une fois tous les six mois !
Il fonça tête baissée dans la chambre de Ken, lui demandant de descendre avec lui au sous-sol. Ken, ne voyant visiblement pas le danger se dresser devant lui, refusa tout net en prétextant une subite envie de dormir. Et là… Omi péta un plomb. Pour de vrai.
– BOUGE-TOI !
Il attrapa Ken par la ceinture de son pantalon et le traîna sans douceur hors de sa chambre. Encore sous le coup de sa crise cardiaque, le brun ne fit pas un geste pour se défendre et s'exécuta en geignant.
– Mais t'es dingue, tu m'fais maaaal !
Le plus jeune membre des Weiss, malgré son apparence frêle possédait une force étonnante. Il tambourina violemment à la porte de Yohji.
– YOHJI ! Sors d'ici de suite faut qu'on parle !
Yohji, sidéré de reconnaître la voix d'Omi, fit l'erreur d'ouvrir sa porte pour voir ce qu'il en était. Il se fit happer par un ouragan aux cheveux blonds qui le sortit de force de sa chambre, Ken déjà sur ses talons.
– Schuldig, tu restes là ! Ordonna le jeune pirate informatique avec une autorité insoupçonnée.
Il claqua la porte sans attendre de réponse, traînant ses deux équipiers jusqu'au sous-sol. Il ressortit rapidement et fonça au salon où s'était réfugié Aya. Il fit face à un leader des Weiss calme et posé alors que lui, pour une fois, fulminait. Comme quoi, tout pouvait arriver.
– Réunion au sous-sol, de suite, siffla-t-il d'un ton acerbe.
Aya ne broncha pas, impassible face au comportement (ô combien rare) explosif de son cadet. Omi avait donc fini par fondre un boulon lui aussi, comme ça, ils étaient tous au même niveau aujourd'hui. Il suivit le blondinet furax jusqu'à la salle des missions, subodorant une confrontation avec ses partenaires qu'il n'avait pas du tout, du tout envie d'avoir. Omi se posta volontairement dans l'escalier en colimaçon, coupant par-là même toute retraite intempestive de ses équipiers.
Yohji et Aya se défiaient du regard, chacun essayant de provoquer l'autre à faire le premier geste. Ken, quant à lui, se contenta de bouder ouvertement, une moue colérique aux lèvres et refusait de regarder les deux autres. Yohji n'y était pour rien, mais bon, il n'avait pas envie d'être mêlé à tout ça. Il n'avait fait que s'interposer, lui… Omi prit la parole avant qu'une bagarre n'éclate pour de bon :
– Apparemment, je ne peux pas vous laisser trois heures sans que ça tourne au vinaigre.
Aya et Yohji s'assassinèrent mutuellement du regard, pendant que Ken haussait un sourcil. C'était pas faux en même temps.
– Ca fait des mois que ça pète régulièrement mais là, je jette l'éponge, moi j'en peux plus !
– Comment ça tu jettes l'éponge Omi ? Demanda prudemment Yohji, sentant qu'il n'allait pas du tout aimer la réponse.
– Si vous ne trouvez pas rapidement un terrain d'entente, je quitte Weiss.
– Quoi ? Mais tu peux pas ! S'écria Ken, estomaqué.
– Pourquoi Omi ? Demanda calmement Yohji en levant une main pour interrompre le brun qui gesticulait déjà.
– Parce que je refuse de vivre dans une maison où personne ne se parle. On a tous nos problèmes, mais ce n'est pas Schuldig qui a déclenché tout ça, c'était déjà latent. Et moi, je veux pas ça.
Le silence se fit pendant un moment. Ken commença à se mordiller la lèvre. Visiblement, ils avaient tous leurs limites et Omi avait atteint les siennes. Dans l'ensemble, ils géraient plutôt bien leur stress et leurs accès de tristesse, de violence et de colère, mais parfois, ça dérapait et aujourd'hui c'était les soldes. Ils avaient tous dépassé les bornes.
– Qu'est-ce que tu veux Omi ? Demanda Aya d'une voix forte.
Il n'était pas dupe et refusait de se faire prendre par les sentiments, parce que quelque part, c'était ce qu'Omi était en train de faire.
– Je veux qu'on règle cette histoire. Je veux qu'on se prépare pour une mission. Je veux qu'on aille chercher les Schwarz. Maintenant.
– Et pourquoi on devrait ? T'as une bonne raison pour ça ?! Ils n'ont jamais levé le petit doigt pour nous, ils ont essayé de nous rayer de la carte ! Ils ont tué Ouka !
– La ferme, je sais tout ça ! Rétorqua farouchement le petit blond, la voix forte et le visage orageux.
– Et quoi alors ?
– Parce que les types qui sont après eux sont aussi après NOUS !
– Et qu'est-ce qui te dit qu'on y arrivera ?! Si EUX y sont passés, nous on n'a aucune chance ! S'écria Aya, montant le ton.
– T'as si peu confiance en toi ou t'as juste peur ? Ou peut-être juste envie d'attendre que ces gars-là viennent te tuer dans ton sommeil ? On doit le faire !
– JE REFUSE ! Rugit Aya.
Omi resta silencieux pendant un instant, la mine sombre, semblant presque désorienté par la réponse enragée de son leader. Une détermination sans faille illumina ses prunelles bleues et il se redressa un peu.
– Eh bien tant pis, reprit-il d'une voix très posée. Si Yohji et Ken sont toujours d'accord, nous le ferons ensemble. Dans le cas contraire, j'irai seul avec Schuldig. Je ne te demande qu'une chose, Aya-kun, n'essaye même pas de te mettre pas en travers de ma route.
La menace resta suspendue dans le vide, silencieuse mais bien réelle. Aya lui jeta un regard furieux, comment osait-il ? Il fulminait. Son plus jeune équipier venait de le menacer. Il osait le menacer ! Ce sale gamin ! Que pouvait-on attendre de la part d'un Takatori, de toute façon ? Le sang de cette engeance coulait dans ses veines, il aurait dû s'y attendre un jour ou l'autre de toute façon.
– Au moins, tu t'exprimes à visage découvert, Takatori, cracha-t-il sans réfléchir.
Omi pâlit visiblement mais garda la tête haute. Yohji et Ken lui jetèrent le même regard assassin. Il venait définitivement de se mettre toute son équipe à dos. Yohji secoua la tête d'un air consterné.
– Je suis toujours sur le coup. On prévient Manx ?
– Non. Il faut que je vérifie s'ils sont bien détenus là où je le pense. Si j'ai raison, nous passerons à l'attaque demain soir en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
– Quel matériel ? Demanda Ken.
– Armes à feu, gilets pare-balle. Matériel informatique portable pour casser les digicodes. Des explosifs pour raser le bâtiment et les masques à gaz. Je compte diffuser du gaz par les conduits d'aération et la clim'. Outillage lourd. Et des shots d'adré, au cas où.
Aya renifla dédaigneusement, incapable de comprendre l'engagement d'Omi pour cette mission d'aide aux Schwarz… Aux Schwarz ! Comment pouvait-il penser à les sauver alors qu'ils avaient essayé de les tuer des dizaines de fois ?! Il ne comprenait pas.
Une fois de plus, il devait être à côté de la plaque. Il quitta la salle de missions pour regagner sa chambre qu'il verrouilla à double tour, plein de colère, les laissant à leurs préparatifs de mission-suicide.
Juste après son départ, Omi avait demandé à Schuldig de l'accompagner pour faire quelques vérifications aux alentours de la propriété qu'il soupçonnait d'être le lieu de rétention des psychiques. Armé d'un appareil photo et d'une mini-caméra que l'adolescent était parti faire une rapide reconnaissance du terrain, Yohji et Ken à ses côtés, lourdement armés. Schuldig était là aussi et dans la voiture, le télépathe confirma ses doutes, lançant officiellement le début de la mission. Caché sur le siège arrière de la voiture, il avait fermé les yeux pour se concentrer et étendre son pouvoir tout autour de lui, survolant mentalement les environs, passant d'un esprit à l'autre jusqu'à l'entendre sans pouvoir l'atteindre. Des pensées familières, tourmentées, tortueuses, pleines d'angoisses et de rage, de prières et de vengeance. C'était Farfarello ! Il était loin, trop loin pour lui parler, surtout qu'il ne semblait pas réceptif à ses appels, mais il était là.
Le carambolage de leurs pensées l'avait presque fait défaillir et sans Yohji pour le rattraper, il se serait effondré.
– … Farf… Il est vivant, il est vivant !
– Du calme, Schuldig ! On va se faire repérer !
L'un d'eux était vivant et détenu ici. C'était tout ce qu'ils avaient besoin de savoir : au moins un membre des Schwarz prisonnier ici et ils iraient le chercher.
Omi avait pu répertorier quelques emplacements stratégiques, les caméras de surveillance et comme il l'avait pensé, des gardes armés. Il leur faudrait abattre les gardes afin de rentrer dans le bâtiment, ils étaient trop nombreux pour qu'ils puissent espérer entrer à leur insu. C'était déjà un problème de taille, mais il savait que le réseau des égouts, au pire des cas, leur fournirait une voix d'accès en toute discrétion. Après ça, ils s'occuperaient de trouver les Schwarz et de les sortir de cet endroit sordide.
Mais avec seulement trois hommes opérationnels, un homme formé au combat rapproché et deux spécialistes du combat à distance par armes de jets, ce serait difficile de mener la mission à bien. Et Schuldig, même s'il recouvrait vite ses forces n'en restait pas moins gravement blessé. Quatre dont un blessé, ça ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices, surtout qu'il faudrait transporter le matériel au moins à l'aller, et au retour transporter trois blessés probablement dans un état grave.
Allongé dans son lit en se repassant en boucle la journée, il devait se rendre à l'évidence. La mission de sauvetage risquait alors de se transformer en mission suicide.
L'absence d'Aya compliquait tout et mettait en péril leur équilibre déjà tellement fragile. Weiss était tout ce qu'il avait.
Avant Ken, c'était dur. Il était toujours tout seul, se sachant pas d'où il venait, ni qui était ses parents. Il faisait plein de rêves perturbés, tourmentés, avec un homme dont il ne pouvait pas voir le visage, ni reconnaître la voix.
Et un jour, Manx était venue le voir, lui disant qu'il aurait bientôt un équipier. Il avait été fou de joie, mais terrifié aussi, oscillant entre l'euphorie et l'anxiété. Ken était arrivé, blessé par son passé, terrifié par le feu. Il avait tout perdu et devait panser ses blessures, recommencer une vie. Ils étaient rapidement devenus très proches malgré les deux années qui les séparaient. Puis était venu Yohji, mélancolique et amer sous ses apparences clinquantes de dragueur invétéré. Un autre équipier, un autre survivant avec des plaies qui ne cicatriseraient jamais vraiment.
Finalement, ce fut le tour d'Aya.
Quand Aya était arrivé, il avait lui-même seize ans. Et il connaissait Ken depuis deux années déjà. Ca faisait plus d'un an qu'ils vivaient tous ensemble.
Il ne pourrait jamais supporter de voir Weiss voler en éclat. Que ferait-il, lui, dans ce cas là ? Qu'adviendrait-il de lui ? Il n'avait toujours eu que ça, connu que ça. N'avait connu qu'eux.
Il réalisa qu'Aya devait participer à ce sauvetage, non seulement pour la mission, mais aussi pour le salut de leur équipe. Il ne voyait pas comment le convaincre. Il n'avait aucun moyen de pression et si les sentiments ne suffisaient pas, il aurait joué sa dernière carte.
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Un cri résonna dans toute la maison endormie, réveillant ses habitants en sursaut. Ken soupira et se retourna, s'arrachant à la chaleur de son lit. C'était Omi, comme il s'y attendait après une pareille journée de tension. Il traversa sa chambre à l'aveugle et sortit dans le couloir en bâillant, faisant signe à Aya et Yohji d'aller se recoucher. Même Aya s'inquiétait visiblement, plus pâle que d'habitude dans l'obscurité du couloir. Tant pis pour lui. Il poussa la porte de la chambre d'où provenait à présent des sanglots étouffés et fit son chemin jusqu'au lit de l'adolescent. Il s'assit sur le bord avec précaution, posant une main sur le dos tremblant de son cadet.
– Omittchi, qu'est-ce qui y a ?
L'adolescent se redressa pour s'effondrer dans ses bras sans autre explication. Ken lui caressa le dos avec de petits gestes circulaires pour le calmer.
– Ca va, là… C'est fini. Personne ne te fera de mal ici.
L'adolescent semblait complètement incapable de se calmer. Sa respiration s'affolait. Ken savait pertinemment que ce cauchemar avait un rapport avec la mission, et pas une autre exécution ou même son passé comme ça pouvait arriver régulièrement. Et il savait que pour qu'il se calme, il faudrait en parler. Omi avait pris la mauvaise habitude de tout accumuler sans rien dire. Un vrai poison.
– … Ne t'en fait pas pour Aya et cette histoire de mission, ça ira, dit Ken tout bas pour ne pas remuer le couteau dans la plaie.
– Non ! Non ça n'ira pas ! S'écria Omi en cachant son visage dans le tee-shirt blanc de Ken.
– Qu'est-ce qui t'inquiète ? Demanda Ken en s'asseyant plus confortablement sur le lit pour l'enlacer solidement.
Il posa sa joue au sommet de son crâne et commença à le bercer doucement. Il y en avait pour un moment.
– Si Weiss est démantelé… Qu'est-ce… Qu'est-ce que je vais devenir, moi ?
Ken resta un moment interdit. Celle-là, il ne l'avait pas vue venir. Il força Omi à relever le visage pour le regarder.
– Omi, écoute-moi bien. Je ne te laisserai jamais tout seul ici. J'ai promis, j'ai juré.
Omi secoua violemment la tête, toujours en pleurs.
– Papa aussi disait ça ! Il m'a abandonné !
Oui, forcément, qu'est-ce qu'il pouvait répondre à ça ?
– Moi je ne t'abandonnerai pas. Yohji et Aya non plus…. Je te l'ai promis, okay ? Je les tuerai pour ça… Ajouta-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.
Il était bien affirmatif pour quelqu'un qui s'était battu avec ledit Aya quelques heures plutôt, mais il serait toujours temps de faire amende honorable plus tard, si tant est qu'une réconciliation était possible. Omi hocha doucement la tête, passant sa manche sur ses joues trempées. Ken avait promis.
– Allez, hauts les cœurs, demain, il fera jour, dit le footballeur avec une dernière caresse dans ses cheveux. Je reste avec toi cette nuit ?
– S'te plait ?
– Allez, pousse-toi.
Omi lui fit de la place et Ken se glissa sous les couvertures, trop heureux de pouvoir finir sa nuit. Omi se serra d'office contre lui, attrapant son tee-shirt entre ses doigts. Ken avait arrêté de s'offusquer chaque fois qu'il trouvait des traces de doigts crantés dans le tissu, Omi ne savait pas s'endormir autrement.
– Bonne nuit p'tit frère.
Omi sourit.
– Bonne nuit Nii-chan.
Notes : Hm... Que dire... Il est long, non ?
Un peu bancal aussi j'ai l'impression…
Je suis perturbée… Nan, ça c'est normal.
Pour la pseudo chronologie de Weiss, étant donné que je n'ai que très peu d'information sur qui est arrivé à quelle époque, ce ne sont que des déductions par rapport à ce que je sais, mais c'est probablement erroné.
Désolée !
