Mot de l'auteuse : Hey ! Voici un nouveau tournant dans ma fiction ! En effet, comme vous avez pu le remarquer dans le chapitre précédent, Harry et Draco sont séparés et le temps est accéléré. Je voudrais retourner à un côté un peu plus vampirique et noir pour Draco, et plus hum, on va dire « adulte » pour Harry... Vous verrez ! En tout cas, moi j'aime beaucoup cette partie de l'histoire ;p ! J'espère qu'elle vous plaira aussi (car elle deviendra sûrement plus romantique plus tard ^^!)

Merci encore pour vos reviews, Harry et Draco ont eu la "gentillesse" (enfin surtout Ryry) d'y répondre à ma place ;p ! Sont-ils pas chous ?

Merci aussi, toujours, à ma bêta Agadou pour son travail de correctrice !

Bonne lecture à tous !

Chapitre 11- Fierté et Mensonges

Quatre mois plus tard

Harry posa pied-à-terre, et poussa un profond soupir de soulagement.

Son voyage était enfin terminé !

Il passa ses bras au-dessus de sa tête et s'étira de tout son long, faisant craquer les os de son dos.

Il venait de passer une dizaine d'heures sur le dos de son dragon, et il était épuisé.

Qui aurait cru qu'être dragonnier était si fatigant ? Pas lui en tout cas. Son petit appartement avec ses grasses matinées lui manquait.

Nous étions à la fin du mois d'août et il faisait encore beau et chaud en Angleterre. Mais ce climat n'avait rien à voir avec celui de la Chine, où Harry avait passé deux mois de stage dans un chenil de dragons.

Charlie, le frère de Ron, l'y avait accompagné. Ce dernier s'était présenté comme son mentor à la fin de ses études à l'Université de Londres, au plus grand bonheur du brun.

Car, bien évidemment, Harry et Ron avaient tous deux réussi leurs examens haut la main. Ron avait même surpassé son meilleur ami. Victoire à laquelle Harry n'attachait pas grande importance, lui répétant sans cesse qu'il était encore faiblard lors de son duel de dragonnier.

C'était un mensonge, Harry avait en effet été distrait par son adversaire. Un petit blond qu'il n'avait jamais vu et qu'il détestait pour cela à présent.

-HARRY !

Harry sourit et ouvrit grand ses bras pour accueillir sa meilleure amie. Hermione le percuta de plein fouet. Il perdit l'équilibre et tous deux tombèrent au sol.

-Oh Harry tu m'as tellement manqué ! S'écria-t-elle dans son oreille.

Harry sentit ses larmes coulées dans son cou et resserra un peu plus leur étreinte.

-Toi aussi, Mione, toi aussi, répondit-il doucement.

-Hermione laisse le respirer ! Nous n'avons pas beaucoup dormi, plaisanta Charlie au-dessus d'eux.

La jeune femme s'excusa et se releva avec l'aide de son petit ami.

Ron semblait aussi heureux qu'elle de revoir son meilleur ami, son sourire montait jusqu'à ses oreilles. Il s'assura que sa bien-aimée pouvait tenir debout tout seule, et aida Harry à son tour.

Leur étreinte fut tout aussi intense, bien que plus modérée.

-Mon frère, le salua Ron. Alors, ce voyage ?

Ron aurait pu partir avec lui et Charlie, mais il avait préféré rester en Angleterre. Être loin d'Hermione pendant deux mois lui était impensable. Surtout depuis qu'ils avaient appris l'existence d'un petit Weasley dans le ventre de la jeune femme.

C'était il y a deux mois déjà, juste après leurs examens. Hermione, nouvelle diplômée de droit magique, s'était subitement inquiétée de sa prise de poids et de ses sautes d'humeur anormales. En consultant un médicomage, ce dernier leur avait révélé qu'elle était enceinte depuis 3 mois déjà. À 5 mois donc, son ventre formait désormais une belle rondeur qu'il était difficile de ne pas toucher.

-C'était extraordinaire, je vous raconterai, répondit Harry.

-On espère bien ! Oh Harry, mon petit chéri !

Après le tour d'Hermione, ce fut à Mrs Weasley d'étouffer le brun entre ses bras. Suivit celui de Mr Weasley, de Ginny et des jumeaux Weasley, qui étaient venus exprès pour son retour et celui de leur frère.

Charlie reçut le même accueil, bien que, par rapport au brun, sa famille fût déjà habituée à ses déplacements longues distances.

-Repose-toi Draco, chuchota Harry à l'oreille de son dragon avant de suivre la famille de rouquin à l'intérieur de la maison.

Le dragon lui répondit par un léger coup de tête contre son épaule, et alla s'affaler dans le petit jardin des Weasley.

Ashley, la dragonne de Charlie, le suivit.

-À tout à l'heure ma puce, lui murmura à son tour Charlie.

Tous les deux se détournèrent de leurs dragons.

Charlie attrapa discrètement la main d'Harry dans la sienne.

-Bon, je crois que c'est le moment de leur dire pour nous deux, tu ne crois pas ?

Harry relâcha sa main et s'écarta de lui.

-On ne peut pas attendre demain ? J'ai vraiment pas la tête à ça, lui dit-il.

Harry et Charlie sortaient ensemble depuis quelques semaines. Leur relation était venue comme ça. À force de se côtoyer tous les jours, ils avaient fini par se rapprocher l'un de l'autre, et leur passion pour les dragons aidant, ils s'étaient finalement mis ensemble.

Comme personne dans la famille Weasley ne connaissait les préférences d'Harry – celles de Charlie étant prédéfinies depuis longtemps déjà – ce dernier avait préféré attendre leur retour pour leur annoncer la nouvelle. Il ne savait pas non plus comment ces derniers réagiraient.

Mrs Weasley les fit tous assoir à table autour d'une bouilloire chaude et de biscuits secs. Le couple dut faire une description complète de ses deux mois. Harry montra les quelques photos qu'il avait prises avec l'appareil numérique qu'Hermione lui avait prêté, et Charlie s'extasia sur ses progrès avec les dragons.

Plus qu'une expérience professionnelle, ce voyage avait apporté au brun une paix et une tranquillité qu'il n'avait jamais éprouvées auparavant. Hermione, qui l'avait remarqué, n'hésita pas à lui en faire part.

-Oui, mais le plus impressionnant c'est sa relation avec son dragon ! Je n'ai jamais vu ça, il lui obéit au doigt et à l'œil ! Renchérit Charlie.

-Ce n'est pas vrai, Draco à sa volonté propre, le coupa Harry calmement.

À cet instant, un silence se fit à table. Les jumeaux se jetaient des regards appuyés, Mrs Weasley triturait sa serviette entre ses doigts, Ron et Mr Weasley semblaient crispés, alors qu'Hermione et Ginny paraissaient plutôt gênées.

Harry crut subitement que la complicité flagrante entre lui et le rouquin ne se soit vue, et qu'ils soient découverts. Mais quelque chose lui dit que ce n'était pas de cela dont il s'agissait.

-Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Charlie, lui aussi choqué par le silence ambiant.

-Hum, c'est vrai que ton dragon aussi s'appelle Draco, éluda Mrs Weasley.

Harry sentit toute sa bonne humeur s'envoler d'un coup.

Son corps se tendit, ses sens s'éveillèrent, ses nerfs se crispèrent et il serra des poings.

Draco... Ils parlaient de l'autre.

De celui qu'il avait essayé d'oublier.

De celui qu'il n'avait jamais revu, même pas à la fin de ses examens.

De celui qui n'avait pas répondu à sa lettre de Chine.

De celui qui, pendant une partie de l'année scolaire, avait bu son sang, goûté son corps, avalé ses larmes et son sperme.

Draco... Malfoy.

Une haine bouillante, pleine de rancœur, d'amertume et d'incompréhension l'emplissait aujourd'hui lorsqu'il pensait à lui.

Oui, il avait essayé de l'oublier. Et il pensait avoir réussi en Chine. Jusqu'à ce que Charlie lui fasse des avances et qu'il doute.

Mais très vite, il s'était rendu compte que Draco Malfoy n'existait plus. C'était comme si ce mois passé avec lui à le nourrir n'avait jamais existé. Comme si tout cela n'avait été qu'un rêve.

Une fois la potion avalée, Draco Malfoy était tout simplement sorti de sa vie.

-Quel est le rapport ? Demanda froidement Harry à ses amis.

-Rien, rien, continua Mrs Weasley. Si ce n'est...

Elle n'osa pas finir sa phrase. Ce fut Hermione qui lui expliqua la situation.

-Nous ne voulions rien te dire pendant que tu étais en voyage, Harry, mais... Malfoy ne va pas très bien, commença-t-elle.

Harry crut que son cœur s'était arrêté.

-Comment ça ? Souffla-t-il.

-Eh bien, il a mal tourné. Pour être plus précis, il est devenu heu... violent.

-Il a totalement perdu les pédales, renchérit Fred.

-Nous n'avons aucune preuve, mais il semblerait qu'il dirige une bande de vampires, et qu'ensemble ils s'attaquent à des moldus et des sorciers.

C'était la première fois que Mr Weasley parlait de l'après-midi. Sa voix froide et rocailleuse indiqua à Harry qu'il ne devait pas beaucoup dormir à cause de cette histoire.

-Mais ce n'est pas le plus important. Harry je ne voulais pas casser l'ambiance festive de ces retrouvailles, mais le ministère à besoin de toi, reprit Mr Weasley, mortellement sérieux.

Et c'est reparti, adieu les vacances, pensa Harry.

-Lucius Malfoy va devenir Premier Conseiller, il a réussi. Ce sera demain en première page.

Harry se retint de tout faire exploser dans la pièce.

Lucius Malfoy... Cet enfoiré n'avait décidément rien compris.

Juste avant son départ pour l'Asie, Harry était allé le voir personnellement. Sa lettre n'ayant pas suffi, il avait espéré qu'au moins des menaces face à face seraient plus efficaces.

-Et le premier ministre n'a rien dit ? Cracha Harry.

-Harry... C'est le premier ministre qui l'a élu conseiller, lui répondit prudemment Hermione.

-Vous êtes allé voir Snape ? Demanda subitement Harry.

Mrs et Mr Weasley se regardèrent, étonnés.

-Non, pourquoi voudrais-tu... ?

-Il faut aller le voir, il saura nous aider. J'aurais dû m'occuper de tout ça avant de partir, c'est ma faute. J'irai demain à la première heure.

Harry pensa qu'il en profiterait pour questionner le professeur sur cette histoire avec Malfoy.

Personne n'osa le contredire. Mr Weasley lui adressa un merci sincère, et Harry s'excusa en sortant de table.

Il monta directement se coucher dans la chambre de Ron.

Charlie ne tarda pas à le retrouver. Il tenta de le réconforter, mais rien n'y fit.

Deux heures plus tard, alors que le rouquin s'était endormi en le serrant dans ses bras, Harry n'arrivait toujours pas à fermer l'œil.

Il pensait à Malfoy.

OoOoOoOoOoO

Souffrance.

Il avait dépassé ce mot depuis bien longtemps.

Sa beauté n'était plus que figée, glacée, comme celle d'une poupée de porcelaine.

Le sang n'avait plus le même goût pour lui désormais, il en avait presque oublié sa saveur. Le liquide rouge qu'il avalait nourrissait son corps pendant quelques jours, mais son âme, sa soif profonde, restait inassouvie.

Tous les soirs, une nouvelle proie, un nouveau brun, ou une nouvelle femme aux yeux verts.

Mais jamais, jamais lui.

Draco Malfoy arpentait les rues semi-désertes de Londres à la recherche d'un coup à mordre, d'une vie à voler. Il s'était enfoncé dans une vie de débauche, de sexe, de drogue et de sang. La vie de n'importe quel vampire de roman gothique.

Il était beau le Prince des Serpentards, le Pur Sang. En cherchant à préserver sa fierté le plus possible, il avait fini par la perdre.

Car en vérité, Draco mourrait. Il le savait très bien.

Tout comme il savait pourquoi, et quel était son remède. Mais le blond s'était refusé et se refusait catégoriquement d'aller chercher ce remède. Il ne voulait pas finir sa vie à boire le sang de Potter.

Car oui, Potter était bel et bien son calice, et lui seul pouvait le nourrir. La partie de son âme que Draco avait récupérée ne servait à rien, il était toujours accro au sang du brun.

Et ce manque qui le taraudait et l'avait rendu fou le tuait maintenant petit à petit.

Il ne voyait plus personne mis à part sa bande, et tous le craignaient assez pour ne pas lui poser de question : un premier rang affamé est un vampire extrêmement dangereux.

Son père l'ignorait totalement, trop occupé à devenir Premier Ministre, et sa mère était tellement absente qu'elle ne se rendait même pas compte que son propre fils dépérissait.

Et quant à Blaise et son parrain... Sa haine envers lui-même avait réussi à les effrayer et les faire fuir. Ce qui était mieux ainsi.

Draco jeta un regard dans la glace de la salle de bain et tomba nez à nez avec un albinos. Sa peau et ses cheveux étaient devenus blancs, ses yeux restaient creux et pourpres, ses dents pointaient sur ses lèvres inférieures, manquant de les transpercer. Aujourd'hui, nier qu'il avait du sang vampire dans les veines lui paraissait totalement absurde.

Il sortit de la salle de bain et traversa sa chambre pour rejoindre la femme qui l'attendait dans son lit.

C'était une pauvre sorcière de 17 ans à peine. Draco avait jeté son dévolu sur elle quelques heures plus tôt, car ses yeux étaient verts et ses cheveux d'ébène.

Bien que fou, Draco n'était pas stupide. Il savait bien que l'apparence physique n'avait rien à voir avec la qualité du sang, et que même si ses victimes ressemblaient à Potter, elles ne seraient jamais comme lui. Mais il avait besoin de ça quand même.

Plus que son sang, la peau de Potter lui manquait. Sa voix aussi.

Tout de lui en fait.

Potter lui manquait. Et penser qu'il mourrait sans lui le faisait rire jaune. Il était devenu si pathétique !

Mourir de quelqu'un, c'était vraiment trop romantique pour lui.

Et pourtant, alors qu'il prenait cette femme entre ses bras, il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était le cas.

Il lui restait quelques semaines à vivre, tout au plus. Ses forces l'abandonnaient, le sang des autres ne l'aidait pas, il le gonflait comme une nourriture avariée infestait les ventres d'enfants des rues.

Bientôt il serait comme un condamné qui aurait reçu le baiser du détraqueur : un corps sans âme, vidé de tous sentiments et de toutes sensations.

OoOoOoO

Chose dite, chose faite.

Harry se leva à 9h le lendemain matin, et à 10h moins dix il était prêt à partir.

Ron voulut l'accompagner, mais Harry refusa catégoriquement.

Il ne voulait pas mêler son meilleur ami à tout ça, il ne se rappelait que trop bien sa réaction lorsqu'il avait découvert le pot au rose entre lui et Malfoy.

Et puis faire parler Rogue n'était déjà pas chose aisée.

Il se présenta donc devant la maison du professeur seul à 10h tapant.

Il frappa trois fois et Snape ne tarda pas à lui ouvrir.

À son grand étonnement, Harry ne le trouva pas seul. Derrière lui, le docteur Umeda arborait un sourire carnassier.

-Qu'est-ce qu'il fait là lui ? Voulut se murmurer pour lui-même Harry.

Chose qu'il rata, évidemment. Harry et la délicatesse ça faisait deux.

Snape fronça des sourcils, mécontent.

-Ça ne vous regarde pas, Potter ! Mais si vous voulez vraiment tout savoir, cet immonde rat s'est incrusté chez moi sans ma permission.

-Bonjour Mr Potter, lui lança l'immonde rat.

Harry secoua de la tête. Pas la peine d'en demander plus, il ne voulait vraiment pas savoir.

-Je suis venu vous parler de Malfoy, dit-il de but en blanc.

Les lèvres du professeur se retroussèrent pour ne former que deux fentes blanches.

-Ah, dit-il. Entrez.

Il s'effaça pour le laisser passer. Harry rejoignit l'infirmier qui lui serra chaleureusement la main, ils s'assirent dans les vieux fauteuils du cuir de leur hôte.

-Comment allez-vous ? Lui demanda Umeda.

-Bien, répondit Harry.

Il n'était pas venu ici pour bavarder, il avait des choses plus urgentes à régler.

Il se tourna vers Snape et le regarda intensément. Il lui fallait une réponse à sa question muette.

L'homme soupira et s'assit à son tour face à ses deux invités.

Il se serait bien passé de l'un d'entre eux. Depuis son affectation à l'Université de magie, ce pseudo infirmier-vampire ne l'avait pas lâché une seule seconde !

Au départ, il prétextait vouloir l'aider sur le cas « Malfoy-vampire, Potter-calice » après, il s'était rendu compte qu'il le draguait. Et Snape avait horreur qu'on le drague de cette façon. Ou qu'on le drague tout court.

C'était lui qui draguait, pas le contraire.

-Que voulez-vous que je vous dise? Répliqua finalement Snape, énervé.

Lui aussi, c'était pareil ! De quel droit ce jeunot s'invitait-il chez lui de si bon matin après deux mois d'absence pour lui demander des comptes ? Allait-on le laisser en paix à la fin ?!

-Ce que vous savez sur Malfoy. J'ai parlé avec Arthur et il semblerait qu'il n'aille pas très bien et qu'il se permette quelques écarts de conduite ces derniers temps.

-« Quelques écarts de conduite »? Vous êtes loin du compte Potter ! S'écria Snape. Je n'ai pas revu Draco depuis la fin de ses examens. Et je ne vous parle même pas dans quel état il était à ce moment-là ! Je ne l'avais jamais vu aussi mal... mais ce n'est rien comparer à ce qu'il est maintenant.

-Que lui arrive-t-il ? Demanda Harry.

Et il crut bien que sa voix allait dérailler et ne plus lui obéir. Il ne comprenait pas, Draco lui avait fait boire la potion, puis il était parti, tout devait être revenu dans l'ordre.

-À mon humble avis, sa potion n'a pas marché, répondit pour la première fois Umeda. C'est ce dont nous parlions avant que vous n'arriviez.

Il jeta un coup d'œil entendu à Snape.

-Draco va mal, c'est un fait. Il ne sort plus le jour et après votre... « séparation » il a intégré la classe de nuit réservée aux vampires ne supportant pas la lumière. Il s'est imposé comme leur chef, et depuis lui et sa bande font les 400 coups ensemble. Ils... tuent pas mal de moldus, des sorciers parfois. Mais un Malfoy étant un Malfoy, personne n'a jamais pu prouver quoi que ce soit.

-Il s'est foutu dans une belle merde, oui, renchérit Snape en se levant impatiemment de son fauteuil.

Il passa une main dans ses cheveux et commença à faire les cent pas.

Harry les regardait à tour de rôle, stupéfait. Il posa ses coudes sur ses genoux et croisa ses mains. Depuis combien de temps tremblaient-elles celle-là ?

-Donc, si nous voyons juste et que la potion n'a pas marché, il est en manque. Pire qu'un junkie sans sa drogue. De toute façon, je me doutais bien que sa soi-disant potion ne marcherait pas, on n'efface pas le lien qui existe entre un vampire et son calice aussi facilement.

Harry ravala sa salive avec difficulté.

-Que dois-je faire ? Demanda-t-il à mi-voix.

Snape ricana.

-Rien. Si vous allez le voir il vous sautera dessus et vous videra de votre sang sans même que vous ayez le temps de vous en rendre compte. Le mieux serait que l'un d'entre nous deux aille lui en offrir, mais je doute qu'il nous reçoive. Non, le plus important pour le moment c'est Lucius Malfoy. Dumbledore vous avait dit de vous méfier de lui, vous auriez dû faire plus attention, siffla le professeur de potion.

-Je n'étais pas là. Et je pensais avoir été clair avec lui, répliqua froidement Harry.

-Pas assez apparemment. Si vous voulez connaître son point faible, il faut vous adresser à la seule personne qui le connaisse : Draco.

-Autrement dit, sautez dans la gueule du loup, rajouta l'infirmier en riant.

Harry se releva. Il en avait assez entendu.

-Que faites-vous ? Demanda Snape, inquiet.

-Je vais le voir, répondit Harry du tac au tac.

-Vous avez perdu la tête ? Avez-vous au moins écoutez ce que je viens de vous dire ?!

Snape avait blanchi et Umeda s'était relevé en même temps que lui.

-Je sais me défendre. Je vais me protéger avec des barrières magiques.

-Ça ne suffira pas, répondirent en coeur les deux hommes.

-Eh bien je le stupéfixerai ! S'énerva Harry. À moins que... Croyez-vous que Zabini soit au courant de quelque chose ?

Snape mit un certain temps avant de répondre.

-Oui, c'est possible, c'était son meilleur ami. Je peux vous donner son adresse.

-Parfait.

Snape nota l'adresse de Blaise sur un bout de parchemin et le lui tendit. Harry le prit et se précipita vers la sortie.

-Je vous tiendrai au courant, dit-il en passant la porte.

OoOoOoOoO

Harry ne perdit pas son temps.

Il transplana directement en plein Londres, à quelques pas du chemin de traverse. Blaise habitait dans un petit appartement dans une rue sorcière adjacente.

L'ex-Serpentard noir mit plus de temps à lui ouvrir que Snape, et son accueil fut tout aussi froid, voir même plus.

-D'où est-ce que tu connais mon adresse Potter ?! S'écria-t-il.

-C'est Snape qui me l'a filé. Et je ne suis pas venu te voir pour t'en foutre une alors calme-toi et laisse-moi entrer, répliqua tout aussi poliment Harry.

Blaise le toisa avec dédain, puis décida de lui accorder le bénéfice du doute et le laissa entrer.

Dans son appartement c'était l'anarchie. Des feuilles de cours trainaient partout sur la table basse de son salon, des vêtements gisaient çà et là sur le sol et les canapés, des canettes de bierraubeure et des bouteilles de whisky pur feu s'empilaient un peu partout. On aurait dit qu'il avait fait la fiesta tout le weekend.

Harry renonça à s'assoir et resta planté dans le salon.

-Qu'est-ce que tu veux ? Lui demanda Blaise.

Le jeune homme n'était pas encore habillé, il ne portait qu'un pantalon de pyjama et ses cheveux étaient tout ébouriffés. Harry le trouvait presque sympathique comme ça.

-Je suis venu te demander ton aide, répondit Harry.

Aujourd'hui il n'y allait vraiment pas par quatre chemins. Il pensait que plus vite il règlerait toute cette histoire, plus vite il rentrerait chez Ron pour faire lui aussi la fête.

-Rien que ça ? Ricana le Noir.

-J'ai besoin de faire tomber Lucius Malfoy, et pour cela il faut que je connaisse son point faible.

Blaise le fixa étrangement. Il ne paraissait pas énervé ni choqué, à croire que Lucius Malfoy n'était vraiment pas aimé de tout le monde. Si même un ancien Serpentard ne criait pas au scandale en l'entendant dire ça...

-Tu devrais t'adresser à son fils, pas à moi, répondit Blaise d'une voix froide.

Harry comprit à son intonation que quelque chose clochait. « Son fils » ? Depuis quand Blaise était-il si distant en parlant de son meilleur ami ?

-Tu ne parles plus à Malfoy.

Et sa phrase sonna plus comme une confirmation que comme une interrogation.

Blaise poussa un soupir qui se transforma bien vite en grognement. Il passa une main nerveuse derrière sa nuque et s'assit sur les vestiges d'un pouf.

-Non. Depuis que Draco a arrêté de... boire ton sang, il est devenu distant avec tout le monde, moi y compris. J'ai fait des pieds et des mains pour essayer de comprendre ce qui n'allait pas, mais il n'a jamais voulu me répondre. Il a changé de classe, puis après la fac il a disparu. Je lis les journaux, j'écoute les rumeurs, je sais qu'il débloque à fond en ce moment, mais chaque fois que j'essaie de le contacter il m'envoie balader. Il me saoule, je laisse tomber, répondit-il d'une traite.

Harry devina que ce n'était pas tout, si lui avait été à la place de Malfoy et Ron à celle de Zabini, jamais Ron ne l'aurait laissé tomber pour cause de mauvais comportement. Malfoy avait dût se montrer injurieux ou violent avec lui.

-Je suis revenu pour mettre tout ça au clair justement. Il faut absolument que tu m'aides, d'abord pour son père, et ensuite pour lui.

-Mais d'où est-ce que tu débarques Potter !? Ça fait plus de deux mois que c'est la merde et toi tu arrives de vacances ou je ne sais quoi et tu veux que JE t'aide ? Je sais foutrement que c'est moi qui à mis le souk dans sa vie, mais je crois que j'ai eu ma dose de punitions pour l'instant ! Et puis tu es un bon sang de Gryffondor, je ne vois pas pourquoi je t'aiderais.

Harry eut l'envie d'exploser la tête de cet imbécile contre le mur le plus proche, mais il se retint. Il ne savait pas où il avait rassemblé tant de patience, mais il réussit à articuler calmement cette phrase :

-Parce que je peux faire revenir Draco à la raison, et parce que c'est toujours ton ami.

Blaise voulut répliquer violemment, mais se mordit la lèvre à la place. Harry sut qu'il avait gagné avant qu'il ne reparle. Il pensa étrangement que pour la première fois il avait prononcé le prénom de Malfoy sans le vouloir, mais décida de repenser à ce détail plus tard.

-Ok. Pour Lucius, je sais juste ce que m'a dit Draco un jour: il a toute une réserve de sang dans la cave de son manoir. Assez pour le faire inculpé pour au moins une dizaine d'années, lui confessa le noir.

Harry sourit machiavéliquement. Bien, c'était déjà ça ! Au revoir Lucius, la partie est terminée.

-Et pour Draco... je sais que toutes les nuits lui et sa bande se rendent à la taverne : « La citrouille enchantée ». C'est pas très loin de l'université, mais ça grouille de vampire. S'il n'est pas là, alors il sera sûrement au « Crépuscule ».

Harry le remercia. Il lui donna son adresse personnelle, au cas où il aurait du nouveau, et rentra au Terrier.

Il devait parler à Arthur Weasley, perquisitionner le Manoir Malfoy, puis retrouver Malfoy junior.

Il n'était pas très tard lorsqu'il rentra chez les Weasley, à peine 14h.

Mrs Weasley, prévoyante, lui avait gardé une assiette. Harry s'installa à table et mangea goulûment le pavé de bœuf que lui servit son hôte.

Charlie s'assit à ses côtés, Ron, Hermione et Ginny s'installèrent en face de lui.

Ron lui demanda comment son entrevue avec le vieux professeur s'était passé, et Harry leur raconta sa matinée.

-Papa est parti travailler, il revient ce soir tu pourras lui demander la perquisition à ce moment-là, lui dit Ron.

-En attendant, tu as tout le temps pour m'expliquer pourquoi mon meilleur ami est gai et sort avec mon frère !

Le ton de Ron n'étaient pas agressif ni sermonneur, mais juste joueur. Il souriait, Hermione et Ginny aussi.

Harry les regarda avec des yeux ronds, surpris. Puis il se tourna vers son amant et le fusilla du regard. Charlie parut gêné et un peu honteux sur le moment, puis sourit à son tour et articula :

-Ne m'en veux pas, les mots m'ont échappé.

-Tu aurais pu m'attendre pour le leur dire, répliqua froidement Harry.

Il avait assez d'emmerdes comme ça pour en plus rajouter sur ses épaules le poids de cette relation.

Car Harry n'était pas amoureux de Charlie, au contraire de ce dernier.

Il avait essayé de l'aimer pourtant.

Charlie était quelqu'un de doux, d'attentionné et il avait l'humour facile. Il prenait soin d'Harry tout en lui demandant d'être là pour ses besoins. Et niveau sexe tout se passait bien... enfin pas aussi bien qu'Harry l'aurait voulu. Car pendant leurs ébats il lui manquait cette graine de passion qu'il avait ressenti avec... Malfoy.

Lorsque Charlie l'embrassait, il ne sentait pas cette chaleur bienfaitrice dans le creux de ses reins, et son cœur ne battait pas aussi fort. Aucun frisson ne venait longer son dos non plus lorsqu'il le caressait.

En fait, Harry se sentait bien avec Charlie, ce dernier avait réussi à apaiser certaines blessures dans son cœur. Mais Harry ne se sentait pas prêt pour aller plus loin avec lui. En réalité, il avait espéré le lui dire avant qu'ils s'annoncent à la famille du rouquin.

Mais Charlie ne l'avait pas attendu pour ça.

Tout allait vraiment mal depuis son retour. Harry pensa sincèrement remonter sur son dragon et rentrer en chine.

Hermione perçut son embarras et sa colère.

-Hum, il ne l'a pas fait exprès, Harry, dit-elle pour calmer l'ambiance.

Harry ne lui répondit pas et se leva, il n'avait plus faim.

-Je vais voir Draco.

Bien sûr, seul Hermione avait encore une fois compris la double signification de ce mot.

Elle se mordit la lèvre et le regarda s'éloigner, inquiète.

-Qu'est-ce qui lui prend? Demanda Ron, qui lui n'avait rien compris du tout.

OoOoOoOoOoO

Quelques jours plus tard, Draco apprit, trois heures avant l'heure prévue, l'arrivée d'Harry Potter, de sa perquisition et des gens du ministère au manoir. Sa mère était partie à un rendez-vous chez une amie, et son père, inconscient comme il était devenu, était toujours au ministère. Lorsqu'il apprendrait la nouvelle, il serait trop tard.

Draco était donc seul chez lui... Enfin seul avec sa bande de vampires, et il l'attendait impatiemment.

Il savait qu'il ne devait pas rester là, que revoir Potter serait insupportable pour ses nerfs. Comment réagirait-il ? Arriverait-il à rester froid, ou au contraire lui sauterait-il dessus ? Dans tous les cas, les gens du ministère seraient là pour le calmer. Et puis il ne pouvait pas partir, qui défendrait le manoir et leur réserve de sang ? Draco avait caché toute preuve de leur délit, mais les gens du ministère avaient des moyens hors du commun pour dénicher les anomalies. De plus, ils avaient Potter et ce mec était quand même le plus grand sorcier du monde magique.

Draco finit sa coupe de sang d'une traite et s'étira sur son fauteuil de cuir noir. Il jeta un regard à la grande horloge familiale et à 9h pile, on frappa à la porte. Pour un vampire, cette heure-ci était très déplacée, il devait se coucher dans peu de temps.

Il fit signe à un de ses sbires d'aller ouvrir à sa place et croisa ses jambes nonchalamment sur la table basse face à lui. D'un coup de baguette il fit disparaître sa coupe et se jeta un énième sort pour calmer ses pulsions démoniaques.

Harry fut le premier à se présenter, suivit d'une quinzaine d'inspecteurs des services des fraudes sorcières.

Harry..., Potter..., Sa Némésis..., son calice... .

Pour Draco, le brun n'avait pas changé d'un pouce, il s'était même embelli. Il avait recoupé ses cheveux comme lorsqu'ils étaient adolescents, mais avec plus de style. Sa tignasse faisait place à un coiffé-décoiffé très élégant. Sa peau était toujours hâlée, peut-être un peu plus à cause de son voyage, et ses yeux verts n'avaient rien perdu de leur éclat.

Mais le pire fut bien sûr son parfum. Sentir à nouveau ce délicieux arôme était quelque chose de sensationnel. C'était comme présenter un gâteau au chocolat encore fumant à un affamé. Draco s'en lécha les canines d'impatience.

Ses yeux s'étaient assombris au point de devenir noirs, il le sentait bien.

Potter le fixa étrangement et s'avança jusqu'à être à six mètres de lui. Le salon Malfoy était grand, il avait raison de prendre ses distances.

Alors qu'il commençait à parler, Draco fixa intensément ses lèvres pourpres et repensa à la lettre qu'il lui avait envoyée.

Bien sûr, il l'avait reçu, bien sûr il l'avait lu... Un nombre interminable de fois. Mais que répondre à cette lettre qui avait tout de celle d'un petit ami honteux? Potter s'était trouvé quelqu'un ? Eh bien parfait pour lui, qu'il en profite ! C'était Draco qui avait choisi de tout finir entre eux, non ? D'ailleurs, il n'y avait jamais eu de 'eux'. Certes, ils avaient couché ensemble, mais ils n'avaient jamais formé de couple à ce qu'il sache !

-...C'est pourquoi toutes entraves à nos recherches seront considérées comme une atteinte au ministère de la magie. Messieurs, vous pouvez commencer les fouilles.

Draco sortit de ses songes. Potter avait fini de débiter ses stupides formalités administratives, et les quinze agents du ministère partaient déjà à la chasse de ses précieuses réserves.

Sa bande de vampires, tout aussi silencieuse que lui à l'arrivée de ces intrus, rit doucement. Draco les congédia et attendit d'être seul avec Potter pour lui parler. Ce dernier le fixait toujours de cette façon étrange, et n'avait pas bougé d'un poil.

-Potter... Je pensais que tu avais fini d'empoisonner ma vie, lança sarcastiquement Draco.

C'était puéril et totalement faux, bien sûr, mais il avait besoin de ça pour tenir le coup.

Le regard du brun se durcit. Il ignora le pincement au cœur qu'il ressentit et répliqua :

-Tu n'es pas très en forme, Malfoy. Je crois plutôt que c'est toi qui t'empoisonnes pour rien.

-Cela ne te regarde pas, siffla le blond.

Un éclair de tristesse traversa les yeux verts du Gryffondor et Draco le détesta pour ça. Pourquoi était-il si humain avec lui ? N'était-ce pas lui qui, plusieurs mois auparavant, l'avait menacé de mort s'il osait s'approcher de son cou sans autorisation ?

-Tu as... changé, murmura Harry.

Au contraire de Malfoy, Harry était choqué par l'apparence de celui-ci. Ses magnifiques cheveux blonds ne possédaient plus aucun reflet, ses yeux ressemblaient à ceux d'un démon, et ses traits faciaux étaient plus creux que jamais. Comment faisait-il pour seulement tenir debout ?

-Malfoy tu as besoin d'aide..., tenta-t-il calmement.

La réponse fut rapide et cinglante.

-Absolument pas, encore une fois mêle-toi de ce qui te regarde !

Harry hésita puis sortit sa baguette de sa poche pour l'approcher de son poignet.

-Qu'est-ce que tu fais ?

Le Gryffondor ignora la voix blême du vampire qui venait de se lever brusquement de son fauteuil.

-Arrêtes ça, tu ne sais pas à quoi tu t'exposes, souffla-t-il mortellement sérieux.

Harry retint son sort au bout de sa baguette, il était en colère après le blond, mais il n'était pas stupide, il savait que c'était dangereux.

-Qu'est-ce que ça veut dire Malfoy ? Que tu es devenu tellement sauvage que tu te jetterais sur la première veine venue ou que ta potion a échouée et que mon sang t'attire toujours autant ? Cingla-t-il.

Ils se foudroyèrent du regard, immobiles. Tous les deux savaient très bien quelle était la réponse. Il fallait juste que Draco l'avoue, Harry n'attendait que ça.

Malheureusement, leur conflit cessa lorsque les agents du ministère revinrent. L'un d'eux s'approcha d'Harry en secouant de la tête : ils n'avaient rien trouvé.

Harry plissa des yeux et rangea sa baguette. Il s'approcha ensuite très près du vampire, soit à moins de deux mètres, et l'avertit d'une voix grave :

-Ton père est allé trop loin, Malfoy. Si tu me le livres, je suis prêt à reprendre notre ancien marché. J'ai parlé avec Snape, je sais que ta potion a échoué. Quand tu auras fini de le nier, viens me voir.

Il tourna des talons et avec un signe de la main les autres le suivirent.

Draco épuisa ses dernières forces en se retenant de lui sauter dessus.

Lorsqu'ils eurent franchi les portes, il s'effondra au sol.

Mathéo, un vampire de second rang sous ses ordres, se précipita vers lui pour le retenir.

-Maître Draco !

Le blond essaya de le repousser, mais le jeune homme blond ignora son geste. La dernière chose que Draco vit avant de s'évanouir fut son visage. Il avait choisi d'introduire ce garçon dans son clan, car il avait une ravissante touffe de cheveux en bataille, et des yeux verts étourdissants. Là encore, sa ressemblance avec le Harry Potter de son enfance était troublante.

Ses doigts vinrent effleurer le cou du jeune Mathéo où une fine chaîne en or y pendait.

Quelle inconscience, et quelle stupidité. Il était vraiment trop atteins pour avoir cru que, peut-être, quelqu'un d'autre pouvait remplacer Potter... .

À suivre...

Alors ? Cette suite vous plait-elle :D ? J'espère que oui car je suis à fond dans son écriture ;p ! Nous touchons presque à la fin de cette fic par contre... je pense la terminée au chapitre 15... bref, bonne semaine à tous !! Et merci encore !!!!

Lyj'