Encore en retard, je sais.
Dans ce cas, je vais essayer de faire vite et de dire rapidement ce que j'ai à dire.
Pour commencer, j'envisage très sérieusement de ne publier des chapitres que toutes les deux semaines, plutôt que toutes les semaines. Cela me facilitera grandement la vie parce que je travaille maintenant un week-end sur deux... Pas très pratique de mettre à jour mes histoires pendant mon temps de travail ou à mon retour...
Pour le reste, je sais que mon rythme a été assez lent dernièrement et je vous ai déjà expliqué pourquoi. Je tiens juste à répéter que je suis toujours là et que je n'ai pas vraiment l'intention d'arrêter.
Sur ce, mon cadeau d'anniversaire (avec deux mois de retard mais je n'avais vraiment pas d'idée... Ou un peu trop) arrivera très prochainement. Avec les prochains chapitres en fait. Et je vais essayer très sérieusement de publier mes cadeaux de noël pour le jour de noël.
Voilà, ce sera tout.
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Partir chercher un familier… Ouais, plus ou moins…
« Tu es sûr qu'il n'y a pas moyen de te faire changer d'avis ? » Demanda Katase.
« Oui. » Renchérit Murayama. « Tu sais, ta décision n'a pas à être décisive. »
« Murayama-chan, Katase-chan, vous vous souvenez de la raison première pour laquelle j'espionnais les vestiaires de votre club, la raison pour laquelle on m'a autorisé à espionner votre vestiaire ? » Rappela Issei, avec un sourire tendu.
« Bien sûr, tout le club s'était porté volontaire pour aider à partir de ce jour-là. » Se souvint Katase. « Sachant que la plupart des membres du club de kendo ont une très mauvaise impression des garçons, elles t'avaient fait une faveur incroyable. Tu devrais vraiment remercier ta bonne étoile pour cela. En y repensant, j'ai encore du mal à croire qu'on ait tous pu accepter de laisser un garçon nous espionner pendant que nous nous changeons dans nos vestiaires. Surtout compte tenu du sort que l'on réserve à notre duo de pervers local. »
« Oui, ça semble inconcevable, avec du recul. » Dit le Hyoudou, presque dans un murmure. « Mais ce n'est plus d'actualité. Ma maladie est guérie, désormais. Je n'ai plus besoin de vous espionner pour m'occuper de mes symptômes. Il est temps de passer à autre chose. Pour moi et pour le club de kendo. »
« Mais… » Commença Murayama.
« Et puis, cela n'aurait pas pu continuer indéfiniment. » Poursuivit Issei. « Tôt ou tard, cela aurait fini par provoquer la colère des autres garçons de l'école, me voyant comme un privilégié, en particulier si l'on fait le contraste par rapport au traitement que vous réservez aux deux pervers. Avec moi, un précédent a été créé. Mieux vaut que cela se finisse maintenant, alors que la mixité est encore récente et le nombre d'élèves masculins encore faible. Mieux vaut une légende au sein de l'école plutôt qu'un fait avéré entraînant l'agissement de personnes moins bien intentionnées que moi… Ou même que Matsuda et Motohama. »
C'était vrai, lorsque l'on y réfléchissait. Malgré tous leurs défauts, et ils en avaient beaucoup, une chose que l'on ne pouvait leur reprocher était leur sincérité et leur honnêteté dans leurs agissements. Ils étaient transparents. Et surtout, ils avaient trop de respect envers le corps féminin, et donc par extension envers les femmes, pour se montrer violent ou agressif à leur encontre. Ils pouvaient user de mots durs, mais ils ne passeraient jamais à l'acte. Ils ne tentaient même pas de se défendre d'une « punition » bien méritée dès lors qu'ils étaient attrapés à espionner les vestiaires des filles, même s'il était aussi vrai qu'ils tenteraient de prendre la fuite et échoueraient presque à chaque fois. D'une manière tordue, ils étaient en fait de fervents défenseurs des droits de la femme.
Mais d'ici quelques années, d'autres garçons fréquenteraient Kuoh Academy, certains ayant des intentions moins louables et un cœur moins pur. S'il était avéré qu'Issei avait effectivement eu une sorte de passe-droit pour espionner les vestiaires des filles, même pour « raisons médicales », ils pourraient utiliser ce précédent pour forcer une situation similaire sur eux. En revanche, si le Hyoudou mettait fin à ces sessions dès maintenant, et que l'histoire était enterrée dans la mesure du possible, alors le problème serait résolu. Les garçons de l'école continueraient d'en parler, mais en raison de leur faible ratio de présence, le temps que de nouveaux élèves masculins s'inscrivent et que l'histoire se propage, celle-ci sera devenue une rumeur, une légende incroyable qui les fera fantasmer mais sans jamais oser agir et ternir le mythe qui les aura inspiré.
« Et puis, si je devais continuer à espionner vos vestiaires, cela deviendrait vite compliqué avec ma petite-amie. » Continua d'expliquer Issei.
« Oh, tu as déjà une petite-amie… » Marmonna Murayama, sonnant presque… Déçue.
« Je parlais d'un cas hypothétique. » Mentit partiellement le Hyoudou,
La situation de ce côté était en fait à la fois complexe et floue. Il ne faisait aucun doute dans son esprit que Raynare était sa petite-amie. Ce point avait été réglé depuis la nuit où il avait sauvé Asia. De toute façon, le comportement de la déchue était assez explicite par lui-même. Le problème était qu'elle incluait presque systématiquement la jeune nonne dans le mélange. A cause de cela, il était difficile de dire qu'il était en couple, étant donné qu'il y avait deux filles qui recherchaient son affection et qui s'entraidaient pour l'obtenir. L'une était juste plus innocente que l'autre. Le plus étrange, de l'avis du [Pawn], était le fait que son ange aux ailes noires ne semblait ni infirmer ni confirmer la position véritable de l'Argento dans cette relation. C'était presque comme si elle laissait au Hyoudou le soin de décider lui-même.
Eh bien, il n'était pas sur le point de refuser une deuxième petite-amie si c'était effectivement l'intention d'Asia, surtout qu'elle semblait avoir reçu l'approbation de Raynare…
« Enfin bref… » Fit Issei, reportant sa pleine attention sur la conversation. « Toujours est-il que cela ferait mauvais genre d'espionner les filles d'un club dont ma petite-amie ne ferait pas partie… Ou même d'espionner d'autres filles que ma petite-amie. »
« Dans ce cas, la question ne se poserait pas si ta petite-amie était l'un des membres du club de kendo… Et aucune d'entre nous ne serait dérangée que tu continuais à toutes nous espionner… » Marmonna Katase en rougissant, d'un ton si bas que même avec son ouïe améliorée, le [Pawn] ne parvint pas à comprendre ce qu'elle avait dit.
« Tu as dit quelque chose ? » Vérifia-t-il, perplexe.
« N-Non, rien du tout ! » S'exclama la vice-présidente du club de kendo en secouant vigoureusement les mains de déni.
« … » Issei leva un sourcil sceptique, mais ne commenta pas. « Bien, il est temps pour moi d'y aller. Je ne voudrais pas vous déranger davantage durant votre exercice matinal et j'ai encore un endroit où me rendre avant le début des cours. »
« Tu ne nous dérange jamais, Ise-kun. » Affirma doucement Murayama. « N'hésite pas à venir t'entraîner avec nous quand tu le souhaites. Tu seras toujours bien accueilli. »
« J'y réfléchirai. » Promit le Hyoudou, mais tous savaient qu'il ne viendrait pas. Ce n'était pas la première fois qu'il recevait une invitation de ce genre et il n'en avait jamais honoré aucune. « Bien, à la prochaine, Murayama-chan, Katase-chan ! »
« Bye, Ise-kun ! » Répondirent les deux jeunes femmes en cœur, retenant un soupir de déception.
Les sessions d'espionnages du Hyoudou étaient à peu près les seuls moments où elles interagissaient avec lui. Maintenant que celles-ci étaient terminées, elles craignaient de ne plus avoir l'occasion de discuter avec Issei autant que par le passé. Honnêtement, elles l'appréciaient beaucoup et il ne fallait pas être un génie pour le remarquer. Outre Kiba Yuuto, il était le seul garçon qu'elles approuvaient. Pour cette raison, elles estimaient que ce serait du gaspillage de ne pas au moins poursuivre une amitié avec lui, même si l'une comme l'autre ne dirait pas non à une relation plus… Approfondie.
Inconnu à tous sur le moment, Katase et Murayama trouveraient plus tard chacune une note dans leur casier, accompagnée d'un prospectus plié en quatre, qui allait changer leur vie pour le meilleur ou pour le pire… Dans l'immédiat, cependant, ladite vie poursuivait son cours. Les deux jeunes femmes retournèrent à leur entrainement de kendo tandis qu'Issei se rendit au bureau du Conseil Etudiant pour y rejoindre Asia et Raynare. Il n'arriva pas avant qu'elles aient terminé leur entretien mais appris, à sa grande joie, qu'elles allaient être dans la même classe que lui. Pour une raison quelconque, il ne put s'empêcher de ressentir un frisson d'appréhension, comme s'il devait craindre quelque chose. Mais c'était sans doute son imagination…
Les premiers jours en compagnie de Raynare et d'Asia se révélèrent pour le moins… Intéressants ? Certes, ce n'était pas faux, mais le terme n'était pas assez fort. Epuisants ! Oui, voilà qui convenait mieux. Ce n'était pas la faute des filles, elles n'y étaient pour rien. Au contraire, leur enthousiasme avait fait plaisir à voir. Non, le problème avait été²leurs camarades de classe. Chacun d'eux. Et pas seulement sur un plan individuel, sur le plan collectif également.
Les filles de la classe avaient fait un excellent accueil à Asia et Raynare, se montrant exceptionnellement amicales envers les nouvelles venues, les aidant de leur mieux à s'intégrer. Qu'elles n'aient pas arrêté de poser des questions sur Issei n'était sans doute qu'une coïncidence. Oui, cela ne pouvait être qu'un hasard si plus de la moitié des questions, certaines intimes voire intrusives, avaient porté sur lui plutôt qu'elles. Sans surprise, la réputation du Hyoudou continuait d'intriguer la population féminine de Kuoh Academy, même après tout ce temps. C'était en fait assez flatteur, lorsque l'on y pensait.
En tout cas, Issei n'était pas sur le point de refuser l'attention de tant de jolies jeune étudiantes…
Les garçons, en revanche… Il n'y avait pas vraiment de surprise de leur côté non plus. Jeunes adolescents hormonaux qu'ils étaient, ils firent également un très bon accueil aux deux nouvelles étudiantes. Le problème était leur jalousie plus qu'évidente envers Issei, qui avait l'attention à la fois d'Asia et de Raynare ainsi que, par extension, de toute la population féminine de leur classe qui les interrogeait justement à propos du garçon, Matsuda et Motohama ayant naturellement été les pires. Durant toute la journée, le Hyoudou avait été une partie du centre de l'attention et des rumeurs liées aux deux jeunes femmes.
Il fallait dire que, en ce sens, Raynare n'avait pas vraiment été un cadeau, bien au contraire. Lorsqu'elle s'était présentée, au début du premier cours, elle en avait un peu trop dit. Parler de son nom et prénom, ainsi que de son surnom, était normal, pratiquement la base. Dire qu'elle avait été transférée d'une école en Italie était prévisible, cela faisait partie de la trame de fond inventée pour justifier sa présence. Mais dire, devant tout le monde, qu'elle vivait chez Issei, avec Issei pour reprendre ses paroles, c'était une provocation éhontée. Et à en juger par le petit sourire plus que satisfait qu'elle avait eu lorsqu'elle l'avait dit, elle en avait été parfaitement consciente. Elle avait voulu que la classe ait la réaction choquée qu'elle avait eue.
Et la pauvre, douce, innocente, naïve Asia… Elle avait été embarquée dans la cohue par Raynare sans qu'on lui en laisse le choix, pas qu'elle ait remarqué quoi que ce soit. La jeune Argento n'avait aucune connaissance de ce que signifiait vivre une vie normale. Ainsi, elle avait cru que la réaction de la classe, lorsque les élèves avaient appris qu'elle aussi vivait avec Issei, avait été une réaction normale. Elle s'était donc contenté de faire un sourire angélique, ironique pour une démone même nouvellement réincarnée, et avait confirmé les propos de la déchue. C'était la vérité, après tout, même si celle connue comme Amano Yuuma n'avait cessé de jouer sur les mots pour sous-entendre un sens complètement différents à ses propos.
Ce qui amenait au dernier point qui avait fait que cette journée avait été particulièrement éprouvante pour Issei. Parce qu'elle jugeait qu'elle n'en avait pas assez fait, Raynare avait conclu sa présentation en faisant une déclaration extrêmement ambigüe sous-entendant qu'à la fois elle et Asia étaient dans une relation avec le Hyoudou. Et alors que celui-ci n'avait rien à redire concernant le fait que la déchue était effectivement sa petite-amie, il n'était pas sûr de savoir ce qu'il en était avec Asia. Il n'était même pas certain qu'elle sache ce que signifiait ce terme. Mais, encore une fois, il n'était pas sur le point de refuser ses avances si jamais l'ex-nonne désirait sincèrement être avec lui. Mais bon, c'était une autre histoire, quelque chose pour une autre fois…
Actuellement, Issei se dirigeait vers le club de Recherche Occulte, accompagné de Raynare et d'Asia, comme cela semblait être devenu la norme. Cela faisait environ une semaine qu'elles étaient devenues étudiantes à Kuoh Academy et elles s'étaient finalement intégrées, si bien que la vie à l'école avait presque repris son cours normal. Presque, parce que les filles ne cessaient de jeter des regards incompréhensibles au trio, à mi-chemin entre rêveur et autre chose, tandis que les garçons affichaient ouvertement leur jalousie. Matsuda et Motohama avaient été jusqu'à tenter de dénigrer publiquement le Hyoudou, seulement pour être forcés au silence par le club de kendo… Et le club de tennis… Et le club de basketball… Et le club d'athlétisme… En fait, par chaque club exclusivement féminin, et il y en avait beaucoup, étant donné que l'école n'était mixte que depuis très récemment.
La seule chose qui rendait quelque peu nerveux Issei était qu'Asia s'était en quelque sorte liée d'amitié avec Kiryuu de toutes les personnes. Ce n'était pas bon signe, pas du tout ! Et pour ne pas arranger les choses, Raynare approuvait ! Et le Hyoudou ne savait pas quoi faire à ce sujet. D'une part, il voulait vraiment que l'Aika ait aussi peu de contacts que possible avec l'ex-nonne, car elle serait bien capable de la convertir, ou pire, de lui inculquer quelque forme de perversité sans qu'elle ne perde son innocence. D'autre part, il ne voulait pas non plus s'approcher de Kiryuu à moins de ne pouvoir faire autrement. Tant qu'il n'aurait pas trouvé un moyen définitif pour savoir comment la gérer, la prudence s'imposait. Sauf que ces deux désirs s'affrontaient et se confrontaient.
Et il y avait aussi le fait que c'était la première fois qu'Asia se faisait une amie par elle-même, ce qui faisait de cette amitié quelque chose d'important et de symbolique. Issei ne pouvait pas juste y mettre fin comme ça. Ce serait cruel. Pas pour la première fois, il se demanda si, peut-être, Kiryuu avait prévu cela. Non, probablement pas… Il devait y avoir des limites à ce qu'elle pouvait faire. Elle était déjà capable d'infiltrer ses pensées, sournoise qu'elle était, ce qui était déjà trop au goût du Hyoudou.
Il n'y avait probablement rien qu'il puisse faire, que ce soit pour lui-même ou pour Asia…
Soupirant, Issei entra dans la salle du club de Recherche Occulte, suivi par les deux jeunes femmes.
« Ah, Ise, timing parfait ! » S'exclama Rias en voyant le trio arriver et rejoindre le reste de sa pairie déjà installée et buvant du thé servi par Akeno. « Nous allons pouvoir commencer. »
« Commencer ? » Répéta le Hyoudou, confus, en fronçant les sourcils. « Avions-nous quelque chose de prévu ce soir ? » Demanda-t-il, essayant vainement de se rappeler de ce que cela pourrait être.
« Plus ou moins. » Confirma distraitement la Gremory avec un sourire. « Eh bien, pas exactement… » Se reprit-elle un instant plus tard. « En réalité, il y a un événement qui se déroulera ce soir et auquel je veux que nous participions. »
« Quel événement ? » S'intéressa Issei, curieux.
« L'ouverture de la forêt des familiers. » Révéla Rias, se voulant énigmatique. « La forêt des familiers est un lieu mystique régi par de mystérieuses lois. Chaque mois, à la pleine lune, la forêt des familiers, normalement inaccessible par des moyens physiques ou magiques, est ouverte à titre exceptionnel. A ce moment-là, il nous est possible d'y entrer et de tenter de se lier à un familier. »
« En fait, ce n'est valable que pour les démons. » Intervint Raynare, attirant tous les regards sur elle. « Nous autres, anges déchus, n'avons accès à la forêt des familiers que les nuits de nouvelle lune. »
« Et les anges ? » Demanda innocemment Asia, honnêtement curieuse.
« Je ne sais pas… » Avoua-t-elle, sa voix soigneusement neutre. « Je suis née ange déchue, je ne le suis pas devenue. Je n'ai jamais vu le Heaven paradis de mes propres yeux et j'ignore comment y vivent les anges. Tout ce que je sais d'eux provient des récits de ceux qui sont nés anges mais qui sont effectivement devenus des anges déchus. Ces histoires portent généralement sur la grande guerre et sur le système hiérarchique du ciel. Les détails tels que l'accès à la forêt des familiers n'ont jamais été évoqués car non-pertinents pour nous. »
« Oh, je vois… Je suis désolée… » Murmura l'ex-nonne d'un ton triste, mais plutôt pour Raynare que pour elle-même.
« Ne le sois pas. Tu n'y es pour rien. » Répondit la déchue d'une voix douce en posant une main réconfortante sur l'épaule de la jeune fille.
« Donc… Qu'est-ce qu'un familier ? » Demanda Issei, intrigué et désireux de faire cesser la tension qui s'était installée.
Rias avait introduit Asia et Raynare au club de Recherche Occulte. L'ex-religieuse, parce qu'elle était désormais un membre de la pairie de la Gremory. La déchue, par respect pour l'accord qu'ils avaient passé. Issei protégeait et surveillait Raynare et, en échange, son [King] la laissait tranquille et l'inscrivait à Kuoh Academy. La faire intégrer le club était seulement un moyen de faciliter l'intérêt commun, pour ainsi dire. Malheureusement, cette décision avait engendré une petite complication sous la forme d'Akeno. Celle-ci, pour une raison inconnue du Hyoudou, portait une véritable haine envers la femme aux ailes noires. Le [Pawn] ne pouvait pas vraiment imaginer la raison d'une telle animosité et il ne voulait pas vraiment la découvrir. Toujours était-il que l'intensité dans le regard de la Himejima était franchement effrayante.
Et dire que Raynare parvenait à ignorer totalement Akeno et sirotait paisiblement sa tasse de thé…
« Les familiers peuvent être des créatures magiques, des monstres ou à peu près n'importe quel être surnaturel. » Expliqua Rias d'un ton posé, ignorant ostensiblement l'inimitié entre sa [Queen] et la déchue. « Un familier est l'une des exigences de base pour un démon, l'une des premières étapes dans leur formation. Les nés-démons se lient généralement à leur premier familier dès l'enfance, tandis que les démons réincarnés les contractent dès qu'ils acquièrent un peu d'expérience, généralement au bout d'un mois ou deux. »
« Un mois ou deux ? » Répéta Issei, concerné, avant de jeter un coup d'œil prudent en direction d'Asia.
« Il n'y a pas vraiment de durée minimale. » Précisa la Gremory. « Comme la forêt des familiers n'est accessible qu'une fois par mois, et qu'il faut également un certain temps à s'habituer à utiliser ses pouvoirs de démons, un mois pour acquérir son premier familier est à peu près la norme pour un démon réincarné, deux si on loupe la première pleine lune pour une raison ou une autre. Cela dit, même si cela ne fait que quelques jours qu'une personne est réincarnée, comme c'est le cas pour Asia, il n'y aura pas de conséquence à entrer prématurément dans la forêt des familiers. Cela contribue qu'elle ait appris à utiliser la magie lorsqu'elle était encore humaine. Son corps s'habitue beaucoup plus rapidement qu'une personne plus ordinaire, comme tu l'étais à l'origine. »
« Je vois… » Fit le Hyoudou, pensif. « Et donc… Quel est l'intérêt d'avoir un familier ? »
« Il y en a plusieurs. » Informa Rias. « Un familier peut aider son maître dans diverses tâches, comme la distribution des tracts, la récolte d'informations ou la transmission de messages. Au combat, il peut également se servir de ses capacités pour soutenir son maître. Naturellement, ces capacités varient suivant le type et l'espèce du familier. Un bon maître apprend à utiliser ses familiers au meilleur de leur potentiel et les traite avec respect et bonté. Le lien maitre/familier renforce également la puissance du maître, même si ce n'est que légèrement et que cela devient de plus en plus négligeable à mesure que la force du démon grandit. Evidemment, cela dépend du familier, un dragon renforcera beaucoup plus le pouvoir de son maître qu'une souris. Oh, et un familier peut prendre forme humaine aussi. »
« Et comment obtient-on un familier ? » Demanda le [Pawn], de plus en plus intéressé. « Tu as parlé de liaison et de contrat, mais qu'est-ce que ça implique au juste ? »
« Le procédé est en fait assez simple. » Le rassura son [King]. « Tout ce que tu as à faire est de te promener dans la forêt des familiers, trouver un familier sauvage, le combattre pour l'affaiblir, le capturer et enfin le lier à toi grâce à une incantation. Eh bien, dans les grandes lignes. Il arrive parfois qu'un familier choisisse son maître sans avoir à le combattre, mais la plupart du temps il faut vaincre le familier en combat singulier pour que celui-ci reconnaisse un démon comme son maître. C'est une question de respect mutuel. »
« … » Pour une raison quelconque, l'explication de Rias n'était pas inconnue à Issei. Cela lui faisait étrangement penser à un certain jeu vidéo, mais ce n'était sans doute qu'une coïncidence.
« Ceci dit, ce n'est pas parce que l'on entre dans la forêt des familiers que l'on est sûr de trouver un familier pour autant. » Admit-elle avec insouciance. « Il arrive que l'on ne trouve pas le familier de notre choix ou qu'au contraire le familier de notre choix soit trop fort pour nous et que l'on ne puisse pas le vaincre. Ce n'est pas grave. Les créatures vivant dans la forêt des familiers ont un tempérament relativement pacifique. Ils n'attaquent pas les voyageurs sans provocation et les laisse fuir relativement facilement. Eh bien, c'est le cas à l'orée de la forêt. Il vaut mieux éviter que les débutants pénètrent trop en profondeur dans la forêt des familiers, car certains monstres qui s'y trouvent sont plus agressifs. C'est d'ailleurs pour cela que l'on privilégie l'utilisation d'un guide lorsque pour éviter de s'y perdre. J'ai justement demandé l'aide du meilleur pour ce soir. »
« Je vois… » Apprécia le Hyoudou, avant de cligner des yeux. « Attends, est-il possible de contracter un familier en dehors de la forêt des familiers ? »
« … Oui. » Confirma Rias, semblant pour la première fois réticente à répondre. « Cependant, c'est fortement déconseillé pour les débutants et démons low-class. La forêt des familiers dispose de nombreuses formes de sécurité innées permettant de garantir la sécurité des visiteurs pour contracter des familiers, ce qui n'est évidemment pas le cas ailleurs. Ainsi, il est pratiquement impossible de mourir dans la forêt des familiers, même face à un monstre beaucoup plus puissant que soi. Tu pourrais finir gravement blessé, mais ce sera tout. »
« … » C'était déjà bien assez dangereux de l'avis d'Issei, ce qui le rendit désireux de changer de sujet. « Serait-ce impoli de demander quel genre de familier vous avez ? » Se renseigna-t-il, regardant alternativement tous les membres de la pairie, ainsi que Raynare.
« Pas du tout ! » S'exclama joyeusement Rias, visiblement ravie. « Voici le mien. » Déclara-t-elle fièrement alors qu'une chauve-souris atterrit sur sa main.
« Et voilà le mien. » Fit modestement Akeno, souriant doucement, en invoquant ledit familier, un petit oni, grâce à un cercle magique.
« … C'est Shiro. » Présenta Koneko en étreignant un adorable petit chaton blanc. D'une certaine façon, cela correspondait parfaitement à la jeune fille
« Le mien est ce petit gars. » Indiqua Yuuto avec son sourire poli habituel, lorsqu'un petit oiseau se posa sur son doigt.
« Je suppose que c'est à mon tour ? » Marmonna Raynare, agitant la main, avant qu'un corbeau ne vienne se jucha sur son épaule.
« … » Issei regarda le familier de sa petite-amie, puis celui des démons autour de lui. « Y-a-t-il des différences entre les familiers d'un ange déchu et celui d'un démon ? »
« Non, aucune. » Révéla Rias avec un sourire. « En fait, la seule chose qui diffère est la méthode de liaison à son familier. Les démons et les anges déchus ont leurs propres sorts qui, tout en ayant le même effet, ont une nature différente. Pas vraiment une différence étant donné que le résultat est le même. » Le regard de la Gremory dériva soudain vers la fenêtre. « Bien, la lune s'est levée. Il est temps d'y aller. »
« Dans ce cas, je vais rentrer à la maison. » Annonça Raynare avec indifférence. « Inutile pour moi de rester seule ici. » La déchue sourit soudainement d'une manière espiègle. « Ise-kun, laisse-moi t'offrir un petit cadeau de bonne chance… » Sur ce, elle l'embrassa, ses lèvres se posant doucement, quoique avidement, sur celles du garçon.
« J-J-Je… Je veux aussi souhaiter bonne chance à Issei-san ! » S'exclama alors Asia, le visage rouge vif, avant d'imiter précipitamment Raynare et d'offrir un baiser au Hyoudou, plus innocent et maladroit que celui de l'Amano.
« Ara ara, peut-être que je devrais aussi offrir un baiser de bonne chance à Ise-kun… » Songea Akeno à haute voix, se léchant les lèvres pensivement tout en envoyant un regard suggestif au concerné.
« … » Raynare ne dit rien, se contentant de sourire, mais le regard qu'elle lança à la [Queen] avait quelque chose de mortel. De plus, lorsque leurs yeux entrèrent en contact, Issei aurait pu jurer qu'il vit des étincelles. Oui, définitivement, l'atmosphère avait quelque chose d'électrique. Rias dut le sentir également car elle intervint rapidement.
« Il nous faut vraiment y aller à présent. » Rappela-t-elle. « Le temps que nous perdons maintenant est autant de temps en moins que nous passons à rechercher un familier pour Ise et Asia ! »
« Très bien, mettons-nous en route. » Approuva Issei, lui aussi désireux de mettre fin à ce délicat moment.
Maintenant, si seulement Asia pouvait cesser de le regarder en faisant la moue avec ses joues gonflées… Eh bien, c'était en partie de sa propre faute, il devait bien l'avouer. Qu'il ne soit jamais dit que de prêter attention à une femme quand une autre vous embrasse soit une bonne idée. Certes, Issei avait eu de bonnes raisons de le faire, mais cela n'en était pas pour autant une bonne idée. Heureusement que l'ex-religieuse était d'une nature douce, sinon la situation aurait pu dégénérer encore davantage…
Finalement, après encore quelques secondes de tension, Raynare quitta finalement la salle du club. Dans le même temps, les membres de la pairie de Rias se levèrent et se rendirent au cercle de téléportation peint sur le sol, où leur [King] les attendait déjà. Lorsque tout le monde eut pénétré à l'intérieur, la Gremory activa le cercle, illuminant tout d'une lumière écarlate avant de s'éteindre brusquement. L'instant d'après, il n'y avait plus personne…
« Je dois bien l'avouer, cela ne ressemble pas vraiment à ce que je m'en étais imaginé… » Déclara prudemment Issei, regardant autour de lui avec méfiance, prêt à activer son [Boosted Gear] à tout moment. « Peut-être suis-je en faute, mais je m'attendais à ce que la forêt des familiers ressemble un peu plus à… Une forêt. »
Actuellement, le Hyoudou se tenait debout au centre de ce qui semblait être un immense couloir de pierre. Ce couloir, construit en ligne droite, s'étendait à perte de vue, et ce aussi bien devant lui que derrière lui. Peu importe à quel point il se concentrait sur sa vision, il était incapable d'en voir le bout. Le seul motif décoratif, pour ainsi dire, était les innombrables colonnes qui étaient parfaitement alignées les unes par rapport aux autres en deux rangées. Leur utilité était douteuse cela dit, étant donné que lorsqu'il leva la tête pour regarder le plafond, il n'en vit aucun, seulement un ciel nocturne scintillant d'étoiles. Pas de lune visible, cependant. Etrange, pour une nuit de pleine lune. Eh bien, sans doute pas aussi étrange que cet immense couloir, assez large pour permettre à une vingtaine de personnes d'avancer simultanément dans la même direction sans être à l'étroit. Les étoiles étaient également la seule source de lumière de cet endroit.
Peut-être était-ce sa vision de démon, mais cela suffisait amplement à Issei pour voir aussi bien qu'en plein jour. Cela dit, il n'était pas vraiment sûr de savoir ce qu'il devait penser de sa situation actuelle. Maintenant qu'il avait eu le temps d'inspecter ses alentours, ou en tout cas ce qu'il pouvait en voir, il pouvait en venir à une conclusion : il n'était pas dans la forêt des familiers. Si le fait qu'il n'y avait pas un seul arbre à proximité n'était pas une indication, le fait qu'il se retrouvait tout seul, sans personne de la pairie de Rias à proximité, semblait corroborer cette idée. Bizarrement, plutôt que d'être inquiet, le Hyoudou se sentait serein, comme si le couloir, ou plus probablement ce qui se trouvait à son extrémité, diffusait une atmosphère calme et paisible, presque maternelle.
« Ddraig, une idée d'où nous pourrions être ? » Demanda-t-il distraitement.
[Pas la moindre.] Avoua le dragon. [Ce lieu m'est totalement inconnu. Il semble ancien, et pourtant récent. Intemporel, dans un certain sens…]
« Je vois… Si tu remarques quoi que ce soit, préviens-moi. »
[Je le ferais, mais je pense qu'il n'y a pas de danger.]
« Mieux vaut prévenir que guérir… »
Sans baisser sa garde, Issei commença à avancer prudemment. Ce n'était pas parce qu'il semblait n'y avoir aucun danger qu'il n'y en avait affectivement aucun. Momentanément, le [Pawn] regretta de ne toujours pas être en mesure de voler en raison de ses trop petites réserves de magie. Etant donné que l'endroit était à ciel ouvert, cela lui aurait permis d'avoir une vision de l'endroit d'un point de vue plus élevé et, peut-être un aperçu de la sortie. En l'occurrence, tout ce qu'il pouvait faire actuellement était d'avancer en ligne droite en espérant que le couloir s'achèverait bientôt.
Le Hyoudou marcha pendant de longues minutes, peut-être une heure, sans jamais voir le moindre changement dans le décor. Le couloir semblait être toujours le même, donnant l'impression qu'il n'avançait pas. Pourtant, il sentait qu'il se rapprochait. Il en était même certain. Il arriverait bientôt à la fin de ce long couloir et découvrirait… Quoi que ce soit qui s'y trouvait. Là, il aurait forcément les réponses à ses questions Pour cette seule raison, Issei poursuivait son chemin sans montrer la moindre hésitation.
« Cet endroit dégage un je ne sais quoi de sacré. » Songea-t-il après un certain temps. Pas sacré dans le sens néfaste aux démons, mais sacré dans le sens ancien, important et respectable… »
[Oui, je vois ce que tu veux dire.] Déclara Ddraig, également curieux.
Finalement, après ce qui semblait être une autre heure de marche, le couloir laissa place à un espace ouvert. Un coup d'œil suffit à Issei pour comprendre qu'il s'agissait d'une salle du trône, ou de quelque chose de similaire. L'espace autour de lui était encore plus large que dans le couloir et aucun mur n'était visible, seulement le ciel nocturne à perte de vue, brillant d'étoiles. Cette nouvelle salle était ronde, du moins de ce que pouvait en dire le Hyoudou, et était en quelque sorte délimitée par les mêmes colonnes que celles présentes dans le couloir, renforçant ainsi l'aspect circulaire du lieu. Cependant, tout cela n'était rien comparé à ce qui se trouvait au centre de cet endroit.
Car en effet, là, juste devant lui, se trouvait deux personnes…
La première, et la plus proche d'Issei, était une femme. Une magnifique femme. Une magnifique femme vêtue d'une tenue de prêtresse, à la fois révélatrice et sexy, sans être obscène ou éhonté. Le parfait équilibre ! Cette tenue renforçait la beauté des courbes de celle qui la portait, mais mettait l'accent en particulier sur ses seins, une paire magnifique et délectable. Mais la femme elle-même n'en était pas moins magnifique. Elle avait de longs cheveux d'un noir qui se confondait avec le ciel derrière elle, y compris les étoiles. Ses yeux, doux et chauds, étaient d'une magnifique couleur dorée. Ses lèvres, rouges et désirables, étaient ornées en un sourire amusé.
Issei aurait pu continuer à la regarder et à graver son apparence dans son esprit pendant des heures, découvrant de nouveaux détails d'elle à chaque instant, si ce n'était pour l'autre personne présente dans la salle, qui l'éclipsait complètement…
Il s'agissait également d'une femme. Celle-ci était assise sur un trône, par opposition à la précédente qui était debout à quelques pas d'elle. Sa tenue était… Et sa chevelure était… Ses yeux… Son nez… Sa bouche… Issei voyait tout cela, il regardait. Et pourtant, il était incapable de se souvenir du moindre détail à ce sujet. Eh bien, il se rappelait d'un regard et d'un sourire bienveillants, mais c'était tout. L'intention et l'émotion, mais pas l'apparence physique. Non, la seule chose dont le Hyoudou était capable de se rappeler lorsqu'il regardait cette femme, c'était de son incroyable poitrine. Deux seins de taille parfaite, de forme parfaite… Juste… Parfaite.
« Bienvenue à vous, Hyoudou Issei-sama. » Déclara la femme debout d'une voix douce, presqu'envoutante.
« Euh… Salut ? » Fit-il d'une voix légèrement stupide, incertain de savoir comment il était censé réagir dans cette situation.
« Nous sommes désolées de vous avoir convoqué sans préavis, mais ma maîtresse était désireuse de vous parler. » Continua la prêtresse. « Elle vous observe depuis de nombreuses années et a saisi l'occasion où vous vous rendiez à la forêt des familiers pour vous faire venir à nous. »
« Ta maîtresse ? » Répéta le garçon, toujours confus.
« Chichigami-sama ! » Révéla la femme d'un ton plaisant en s'inclinant légèrement vers celle qui était assise sur le trône.
« … » Le cerveau d'Issei ne parvint tout simplement pas à traiter l'information.
[Je n'arrive pas à y croire…] Marmonna Ddraig d'une voix incrédule. Le [Boosted Gear] ayant été une partie du Hyoudou depuis longtemps, il connaissait naturellement la religion fictive de son porteur… Qui soudainement semblait être devenue beaucoup moins fictive.
« Quant à moi, je suis la seirei qui sert Chichigami-sama, sa grande prêtresse, l'Oppai no Seirei. » Poursuivit la femme. « C'est un honneur de vous rencontrer, Issei-sama, Ddraig-san. »
{Oppai no Serei-san… Chichigami… Sama…} Salua le dragon en retour, avec une infime hésitation.
« … » Le Hyoudou ne répondit pas, mais jeta un regard prudent vers la déesse assise sur son trône. Celle-ci continuait de sourire mais ne semblait pas vouloir parler.
« Chichigami-sama ne parle pas. » Informa aimablement la prêtresse. « Mais il semblerait de toute manière que vous ne soyez pas encore prêt à l'entendre. C'est regrettable, mais ma maîtresse a anticipé que cela arriverait. Je serais donc votre intermédiaire dans la conversation, ainsi que la voix de Chichigami-sama jusqu'à ce que vous puissiez communiquer directement avec elle. »
« Je ne comprends pas. » Avoua Issei, perplexe. « Comment… Chichigami-sama peut-elle communiquer sans parler ? »
« La voix n'est qu'un instrument pour la communication, un raccourci en quelque sorte, mais il existe de nombreuses autres manières de communiquer. » Expliqua la seirei. « En l'occurrence, Chichigami-sama a renoncé à sa voix dès le jour de sa naissance afin d'atteindre plus facilement le cœur de ses fidèles. »
« … » Le Hyoudou ne fit même pas semblant d'avoir compris l'explication, ce qui provoqua un rire de la prêtresse.
« Ce genre de détails n'est pas pertinent à l'heure actuelle et ne ferait que vous embrouiller. » Déclara-t-elle. « Le moment venu, vos incompréhensions trouveront leur réponse d'elles-mêmes. Malheureusement, le temps nous manque. Je vous invite donc à poser vos questions maintenant, après quoi je vous expliquerais les raisons qui ont poussé ma maîtresse à vous emmener à elle. »
« Ouais… Commençons par ça. » Décida Issei, essayant de trouver un début à la liste de questions qui s'étaient accumulées dans sa tête. « Comment Chichigami-sama m'a-t-elle convoqué en premier lieu ? Je veux dire, je trouve difficile à croire qu'elle ait choisi spécifiquement aujourd'hui comme moment pour me rencontrer. Cela doit forcément avoir un lien avec la forêt des familiers. »
« Effectivement. » Confirma la prêtresse, heureuse. « Vous avez devinez juste. Ma maitresse est puissante, mais ses pouvoirs sont limités. Il faut comprendre que Chichigami-sama n'est pas une déesse ordinaire, ou même une divinité ordinaire. Chichigami-sama n'appartient à aucun panthéon de votre monde, Issei-sama. En fait, elle n'appartient à aucun panthéon d'aucun monde. Elle est l'une des rares entités multidimensionnelles existantes. »
« Multi-quoi ? » Fit le Hyoudou, perplexe.
« C'est un concept difficile à expliquer, mais je vais essayer de faire simple. » Déclara la seirei. « Disons que votre monde, Issei-sama, appartient à une dimension précise. Cette dimension possède sa propre réalité. Il existe cependant d'autres dimensions contenant d'autres réalités. C'est ce que l'on appelle les réalités alternatives, ou Omniverse. Sans rentrer dans les détails, les dimensions proches partagent de nombreuses similitudes et, plus on s'éloigne d'une dimension donnée, plus les dimensions ciblées seront différentes de celle choisie à l'origine, jusqu'à devenir totalement différentes. Ces groupes de dimensions sont appelés Multiverses. Et naturellement, il y existe une infinité de Multiverses distincts, divers et variés, dans l'Omniverse. »
« … » Le front du [Pawn] était plissé de concentration tandis qu'il essayait de suivre l'explication. « Mais quel rapport avec Chichigami-sama ? »
« Le rapport est simple. » Affirma la prêtresse. « Ma maîtresse appartient à sa propre dimension, mais pas le même genre de dimension que celle d'où vous provenez, Issei-sama. Son domaine serait plutôt similaire au Heaven ou à l'Underworld, une sorte de dimension de poche. Toutefois, contrairement au Heaven ou à l'Underworld, le domaine de Chichigami-sama n'est pas relié à une dimension spécifique, elle ne dépend d'aucun Multiverse. On peut littéralement dire qu'elle est unique dans l'univers. Elle peut cependant agir dans à peu près n'importe quelle dimension de n'importe quel Multivers pour peu qu'elle puisse établir une connexion suffisamment puissante avec ladite dimension. En d'autres termes, si une personne fait preuve d'une immense foi envers Chichigami-sama, ma maîtresse pourrait, si elle le désire, agir sur cette dimension même si celle-ci n'est pas la sienne. »
« Et étant moi-même un fervent croyant en Chichigami-sama, ma foi en elle a permis d'agir dans ma dimension d'origine. » Comprit Issei. « Cela n'explique cependant toujours pas pourquoi elle n'agit que maintenant. Pourquoi avoir attendu l'instant précis où je me rendais à la forêt des familiers pour m'amener à elle ? »
« Parce que c'est précisément pour cette raison que ma maîtresse a pu agir. » Expliqua la seirei. « Parce qu'elle agit dans une dimension qui n'est pas la sienne, ses pouvoirs sont limités et restreints, ce qui l'oblige à attendre le bon moment pour agir. La forêt des familiers se situe dans une dimension de poche. Vous, Issei-sama, vous rendiez dans cette dimension de poche par le biais d'une téléportation. Ce que Chichigami-sama a fait a été de modifier légèrement les coordonnées de votre destination. Ainsi, au lieu de vous téléporter dans la forêt des familiers, vous avez été transporté ici en toute sécurité, protégé par ses pouvoirs. Au final, vous êtes bien arrivé dans une dimension de poche, juste pas celle où vous étiez attendu. Le plus important, cependant, est qu'ici ma maîtresse est dans son propre domaine. Ses pouvoirs y sont à leur plus puissant, bien plus que si elle devait agir dans votre dimension. »
« Et je suppose que c'était le but recherché. » Devina le Hyoudou, obtenant un hochement de tête de son interlocutrice, ce qui le fit soupirer. « Peu importe… J'espère seulement que Rias et le reste de sa pairie ne s'inquiète pas de mon absence, surtout qu'ils ont voyagé avec moi et que je ne suis pas avec eux à l'arrivée. »
« ... » La prêtresse regarda la déesse avec incertitude pendant un instant, avant d'écarquiller les yeux et de hocher la tête en souriant et de reporter son attention sur le garçon. « Ma maîtresse vient de m'informer que, pendant le bref moment où la magie de téléportation a été connectée à son domaine, elle a pu utiliser ses pouvoirs pour apaiser les craintes de vos camarades. Ils ne trouveront pas étrange votre absence et vous accueilleront normalement à votre retour. »
« Pourquoi ne pas juste tous nous téléporter ici, plutôt que moi seul ? » Demanda Isesi, légèrement suspicieux.
« Parce que ma maîtresse ne peut interagir qu'avec ses croyants. » Raisonna la seirei d'une voix douce. « Chichigami-sama est une personne généreuse, qui favorisera toujours les femmes lorsqu'elle le peut. Elle est la déesse des seins, après tout. Cependant, ses fidèles sont principalement des hommes. Ce sont majoritairement eux qui nourrissent ma maîtresse de leur foi. En tant que tel, eux seuls peuvent se voir offrir la possibilité de venir ici. Ce privilège n'a jusqu'à présent été accordé qu'à vous seul, Issei-sama. »
« Mais… Pourquoi ? » Ne put que dire le Hyoudou, confus. « Qu'ai-je de si spécial ? »
« Pour répondre à cette question, je vais devoir vous en poser une à mon tour. » Avertit la prêtresse. « Issei-sama, savez-vous comment naisse les dieux ? Je ne parle pas d'un point de vue biologique mais d'un point de vue existentiel. Autrement dit, comment viennent-ils à exister ? »
« … » Le [Pawn] prit quelques secondes pour y réfléchir, avant de secouer la tête négativement. « Je dois bien avouer n'en avoir aucune idée. »
« Alors je vais l'expliquer. » Décida l'Oppai no Seirei. « Les dieux sont formés par les pensées de l'homme et naissent dans le monde sans être influencés par la volonté de leurs croyants. Leurs pouvoirs se renforcent à mesure que leurs fidèles les idolâtrent, ce qui leur permet en retour d'étendre leur influence plus loin à travers le monde. Les dieux sont divisés en deux grandes catégories : les choses qui étaient déjà là et ceux qui se sont élevés au rang de dieu. Les choses qui étaient déjà là incluent les corps célestes, comme le soleil et la lune, ainsi que les phénomènes naturels, comme les séismes et les tempêtes. A l'inverse, ceux qui se sont élevés au rang de dieu sont à l'origine des êtres proches de l'homme, des esprits la plupart du temps, qui d'une façon ou d'une autre ont fini par devenir des objets de culte. Chichigami-sama appartient à cette seconde catégorie, même si son cas est quelque peu… Spécial. »
« Comment ça ? » Demanda Issei, fronçant les sourcils.
« Ma maîtresse est née d'un désir universel pour les seins. Elle est l'incarnation de ce désir pour les seins, quels qu'ils soient. » Expliqua la prêtresse, insistant sur ce point. Au moins, cela expliquait pourquoi seule la poitrine de la déesse était mémorable. Ce n'était pas que le reste d'elle était moins remarquable, seulement que sa divinité focalisait l'attention des gens sur son domaine de pouvoir, à savoir les seins, plutôt que sur le reste de sa personne. « Chichigami-sama n'est pas née d'un unique objet de culte mais de plusieurs. Tous les seins existant, pour être exact, et pas seulement dans le monde, mais même à travers les dimensions, dans chaque réalité où des seins existent. C'est en cela qu'elle est spéciale. Les autres dieux sont liés à leur monde, à leur réalité d'origine. C'est la limite de l'imagination humaine. Mais pas ma maîtresse… »
« Elle est née d'un désir universel pour les seins. » Répéta le Hyoudou. « Pour tous les seins, de partout. Un désir qui n'est pas limité à une unique réalité car cette réalité n'est pas la seule dans lequel réside ce désir pour les seins. Mais dans ce cas, pourquoi n'existent-ils pas plusieurs versions de Chichigami-sama ? Si je suis la logique de ce que j'ai appris jusqu'à présent, alors dans chaque réalité, on retrouve globalement les mêmes dieux qui existent indépendamment dans chaque réalité. Autant de versions d'eux-mêmes pour autant de réalités d'un ou, éventuellement, plusieurs Multiverses. Pourtant, Chichigami-sama existe dans sa propre dimension, sa propre réalité. Cela signifie donc qu'elle est la seule version d'elle-même… Pourquoi cela ? »
« Brillante déduction ! » Apprécia la seirei, tandis que la déesse souriait au garçon, ce qui fit battre son cœur un peu plus vite. « C'est exact. Ma maîtresse est la seule version d'elle-même à travers l'Omniverse. Comme je l'ai dit plus tôt, la raison pour laquelle les dieux sont limités à leur propre réalité est en raison des limites de l'imagination humaine qui a besoin de structurer les religions de manière à ce que leur esprit puisse se les représenter dans leur globalité. Cependant, dès lors que l'on quitte notre propre réalité, il est évident que l'on plonge dans l'inconnu. Or, l'humanité craint et rejette instinctivement l'inconnu… »
« Mais dans ce cas… » Commença Issei en regardant la déesse, avant de s'interrompre, incapable de continuer. La prêtresse comprit néanmoins la question.
« Chichigami-sama n'a jamais été associée à aucune religion. » Expliqua-t-elle. « Les déesses les plus proches du domaine de pouvoir de ma maîtresse sont Aphrodite, déesse grecque de l'amour et de la sexualité, et Venus, son équivalant de la mythologie romaine. Il y a également Ishtar, de la mythologie babylonienne, Hathor, de la mythologie égyptienne ou encore Freya, de la culture scandinave. Même alors, celles-ci ne se focalisent pas sur le corps physique de manière générale, encore moins sur un aspect de celui-ci, comme les seins, mais sur l'acte sexuel lui-même. De plus, elle concentre principalement son attention sur les femmes. Cependant, le désir des seins en tant que tel n'a jamais été associé à aucune divinité dans aucune religion dans aucune réalité. Et le désir en soi n'était rien de plus que cela, un désir. Cela aurait pu rester ainsi indéfiniment si, dans une réalité précise, un jeune enfant désespéré et malade n'avait pas imaginé sa propre religion. Son esprit immature n'aura jamais structuré précisément de limites au pouvoir de Chichigami-sama, lui permettant de naître dans sa propre réalité et de puiser sa force dans le désir des seins à travers l'ensemble du multivers. »
« … » Le front d'Issei se plissa avant que la compréhension ne se fasse finalement dans son esprit. « Attends… Moi ? »
« N'est-ce pas incroyable ? » S'exclama la seirei, ravie. « Vous, Hyoudou Issei-sama, avez donné naissance à l'étincelle de divinité de Chichigami-sama et, par extension, à moi-même. Certes, vous n'y seriez pas arrivé tout seul mais, en combinant vos prières au désir des seins de tout l'Omniverse, y compris celles de vos homologues de votre Multiverse, ce miracle a été possible. Et quel miracle ! »
Eh bien, vu comme ça, il semblait bien plus évident de dire qu'Issei était spécial aux yeux de la déesse. Il lui avait après tout techniquement donné la vie. Ce n'était pas rien. Et même si cela avait été une action désespérée provenant de son esprit, cela n'en faisait pas pour autant un acte moins digne de mention. Il existait une infinité d'existences connues sous le nom de Hyoudou Issei à travers son Multiverse d'origine et plus encore à travers tout l'Omniverse, mais aucun autre, apparemment, n'avait contribué autant que lui à la naissance de Chichigami. C'était sa religion, créé des années auparavant, qui avait permis que la rencontre d'aujourd'hui puisse avoir lieu.
Si ça ce n'était pas de l'effet papillon…
« Il ne nous reste plus beaucoup de temps, alors s'il vous reste encore des questions, je vous prierais de vous dépêcher de les poser, Issei-sama. » Informa plaisamment la prêtresse.
« Est-ce que… Est-ce que le fait d'avoir eu un rôle dans la naissance de Chichigami-sama aura une incidence me concernant ? » Demanda prudemment le Hyoudou.
« Question complexe… » Evalua la seirei. « Dans l'immédiat, non. Alors que vous vous adaptez magnifiquement bien à votre statut de démon réincarné, vous n'êtes pas encore prêt. »
« Prêt à quoi ? » Interrogea le [Pawn], à la fois sceptique et curieux.
« Qui sait ? » Répondit la prêtresse en haussant les épaules, souriant néanmoins. « Ma maîtresse semble avoir des projets pour vous. Lesquels, je ne saurais dire, mais ils sont assurément importants. Chichigami-sama vous est très favorable, et pas seulement pour ce que vous avez fait pour elle. Elle vous a observé depuis longtemps, depuis le jour de votre naissance, en fait, et a jugé que vous étiez digne de ses faveurs. »
« Attendez une seconde ! » S'exclama brusquement Issei, soudain suspicieux. « Si mes prières sont ce qui a donné naissance à Chichigami-sama, comment aurait-elle pu m'observer depuis ma naissance. Je suis littéralement né plusieurs années avant d'avoir imaginé sa religion… »
« Cette incohérence est compréhensible et serait pertinente dans un contexte normal, lié à une unique réalité. » Acquiesça la seirei. « Cependant, ma maîtresse est une déesse existant en dehors des réalités de l'Omniverse, dans sa propre dimension. En conséquence, son existence se retrouve à peu près au même niveau que le temps et l'espace qu'elle côtoie, même si en termes de puissance brute elle est considérablement plus faible que ces deux concepts. Cela signifie entre autres que Chichigami-sama n'est pas soumise aux réalités du temps ou de l'espace, ce qui indique que leur domaine de pouvoir ne s'applique pas à elle, devenant extraordinairement relatifs lorsque liés à elle. »
« … C'est-à-dire ? » Fit le Hyoudou, qui n'avait pas compris la dernière explication.
« En bref, le temps n'a pas de prise sur ma maîtresse, pas plus que l'espace. » Résuma la prêtresse. « Elle existe en dehors de l'espace-temps, ou peut-être dans son propre espace-temps. Cela signifie donc que, même si Chichigami-sama est techniquement né à une époque, Elle peut agir et influencer à peu près toute réalité à tout moment de l'histoire, y compris ceux précédent sa propre naissance, grâce à son omniscience ? Eh bien, aussi longtemps qu'il existe un désir pour les seins qui lui permette de s'y connecter… Son seul véritable interdit est d'interférer avec l'espace-temps sur quelque chose en lien direct avec elle. »
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? » Interrogea le garçon, se massant légèrement la tempe.
« Cela signifie simplement qu'elle ne peut pas revenir en arrière sur des actions effectuées par elle. » Expliqua la servante de la déesse. « Si elle intervient dans un monde à un moment donné, elle ne peut pas, ne doit pas, intervenir par la suite dans ce même monde à un moment antérieur dans le temps et causer un paradoxe en contredisant sa première action avec sa deuxième. Les lois primordiales, aussi anciennes que l'Omniverse lui-même, détestent peu de choses, mais les paradoxes en font partie. Et une chose à savoir à propos des lois primordiales, c'est que si on tient à sa vie, à son existence toute entière, il vaut mieux éviter de les offenser. C'est pour cette raison qu'elle évite d'intervenir trop loin dans le passé et choisit généralement de suivre un présent pour chaque dimension de chaque Multiverse de tout l'Omniverse. »
« … Je vois… Et… Est-ce que c'est difficile ? » Demanda Issei, voulant changer de sujet pour éviter une migraine. « Je veux dire, comparé au dieu d'une dimension donnée, est-ce difficile pour Chichigami-sama d'agir dans cette dimension ? »
« C'est… Différent. » Avoua la seirei après avoir jeté un regard à la déesse et obtenu son approbation. « Comme je l'ai expliqué plus tôt, ma maîtresse ne peut pas agir librement dans une dimension donnée, pas sans certaines conditions et restrictions, et uniquement dans des situations données. Cela dit, ses pouvoirs ne sont pas pour autant plus faibles que ceux d'une divinité native de cette réalité, le contraire en fait. Le problème, la véritable difficulté, survient cependant à la frontière entre les mondes. »
« C'est-à-dire ? » S'enquit le Hyoudou, véritablement intéressé.
« La frontière des mondes, ou des réalités si vous préférez, est délimité par un pseudo-espace mystique nommé le Veil. » Expliqua l'Oppai no Seirei. « Comme son nom l'indique, il s'agit littéralement d'un voile qui englobe et isole chaque réalité. Naturellement, chaque dimension à son propre Veil. Grâce à lui, la réalité en son sein ne subit aucune interaction avec celles existant au-delà. »
« Et ce Veil est ce qui parasite la capacité de Chichigami-sama à agir dans une dimension à moins que cela ne soit dans une situation où elle y est à son plus fort ? » Déduit Issei, pensif.
« En partie, mais pas seulement. » Admit la prêtresse avec un léger sourire, quoique contrit. « Il existe autre chose au-delà du Veil. Ou plutôt non, c'est en fait l'exact contraire. Chaque réalité à son Veil, mais ces Veils ne sont pas en contact les uns avec les autres. Ils sont séparés par… Rien. Le néant. Ce n'est ni un temps ni un espace, ni physique ni métaphysique. C'est quelque chose qui n'est rien et pourtant ce rien est quelque chose qui est là. On pourrait comparer cela à une sorte de paradoxe, et même ainsi ce ne serait pas tout à fait exact. Dans tous les cas, cela est appelé le Void. Rien ne peut exister dans le Void, rien ne doit exister en son sein. Et lorsque quelque chose y pénètre, peu importe ce que cela peut être, il finira effacé de la réalité même dont il est issu s'il reste trop longtemps dans le Void. Même s'il s'agit de pouvoirs divins. En fait, la seule chose connue pouvant résister au Void, c'est le Veil. »
« Donc, les pouvoirs de Chichigami-sama sont d'abord affaiblis par le Void, puis par le Veil, avant de pénétrer au sein d'une dimension pour y faire leur office, c'est bien ça ? » Conclut le Hyoudou.
« Oui. » Confirma la seirei, avant d'hésiter un bref moment. « En fait, pas tout à fait. Je n'ai jusque-là parlé que de généralités, communes à toutes les réalités. Il existe cependant quelques réalités, dont la vôtre Issei-sama, qui possèdent d'autres… Protections, dirons-nous. Dans le cas de votre réalité d'origine, de votre Multiverse, il existe une surabondance de dimensions de poche, créées par d'innombrables religions et autres phénomènes plus ou moins naturels. Pour empêcher un effondrement de cette réalité, un équilibre s'est formé naturellement sous la forme de ce qui est aujourd'hui appelée Dimensional Gap. Grossièrement, son rôle est à peu près le même que celui du Veil et agit de manière semblable au Void, sauf qu'il s'agit d'une faille. Chose curieuse, la Dimensional Gap n'est ni l'un ni l'autre, bien qu'il soit souvent pris pour l'un ou l'autre… Par les très rares qui savent même qu'il existe des réalités alternatives et ont des preuves de leurs dires. Dans votre réalité, il ne doit pas y avoir plus de dix personnes au courant de ce que je viens de vous apprendre, et probablement aucun n'a d'informations aussi détailles que les vôtres. »
« Je vois… » En d'autres termes, cela faisait du Hyoudou à peu près le plus grand expert multidimensionnel de sa propre réalité. C'était… Une pensée plutôt déconcertante… Et un peu bizarre.
« … » Après une longue minute de silence, l'Oppai no Seirei reprit finalement la parole. « Avez-vous d'autres questions, Issei-sama ? »
« Je… Non, je n'en ai plus. » En fait, même s'il en avait, le [Pawn] n'était pas sûr qu'il pourrait traiter encore plus de révélations. Ce qu'il avait déjà appris de cette conversation était encore un choc pour lui.
« Dans ce cas, il est temps pour moi de vous expliquer la raison pour laquelle ma maîtresse vous a amené à elle… »
Et... Ce sera tout pour cette fois.
Non, sérieusement, j'ai été obligé de couper ce chapitre tellement il risquait d'être long. Il aurait pu facilement atteindre les 16000 mots si je ne m'étais pas arrêté là. A ce point, autant faire deux chapitres et en avoir un aujourd'hui.
Alors, quelques petites choses à savoir:
Pour ce qui est de la forêt des familiers, j'ai pris quelques libertés étant donné qu'on sait très peu de choses à ce sujet. Cela dit, je pense coller à peu près au canon.
Pour l'existence des dieux, leur "naissance", je me suis très fortement inspiré du wikia type-moon, inspiration que l'on retrouve également dans ma fiction Fate/Stay Another Night pour une raison évidente.
Le Chichigami est appelé le Dieu des seins dans le canon, mais comme il n'est vraiment que mentionné, j'ai pris la liberté d'en faire une Déesse. Cela collais mieux avec mon image de la divinité en question.
Dans le prochain chapitre, il y aura un combat ! Oui, c'est plutôt rapide étant donné que le précédent date de trois chapitres à peine, mais il y a une bonne raison à cela. Et cette raison est bien évidemment un familier !
Bon, je me doute que très peu de gens voient où je veux en venir avec cette histoire de familiers, surtout avec le contexte actuel. En fait, je suis tout à fait certain que personne ne devinera précisément ce que je compte faire pour le prochain chapitre. Réussir à deviner reviendrait à être à peu près aussi fou que moi. Un exploit définitivement remarquable, je l'avoue.
Mais sérieusement, j'ai laissé des indices dans mes deux dernières postfaces de chapitres de chaque histoire pour le familier d'Issei, et même quelques autres indices dans ce chapitre-ci. Malgré tout, je sais à l'avance que personne ne pourra trouver ! C'est impossible ! Il y a trop de données aléatoires. Même si je vous ai donné toutes les cartes en main, vous ne pourrez pas trouver ce que je compte faire.
Une partie, oui.
Tout, non.
Bien, je vous laisse méditer là-dessus et me prouver que j'ai tort.
Sur ce, à la prochaine !
