On me braque une aveuglante lumière blanche sur le visage si bien que je recule de plusieurs pas, aveuglé, la main devant le visage. Peu à peu mes yeux s'habitus et ce que j'avais pris pour une baguette est en fait une… torche, je crois. L'homme qui la tient devant son visage porte un drôle de chapeau, une cravate quadrillée noir et blanc ainsi qu'une espèce de gilet épais. Bon sang, j'ai déjà vu cet accoutrement quelque part ! Mais où ? Je crois même qu'Owen m'avait expliqué…

Quand finalement mon cerveau percute, l'homme prend les devants :

Police de Bristol ! Jeune homme, j'aimerais savoir ce que vous faite ici à une heure pareil.

Il continu de me mettre sa fichu lampe torche devant le visage et je ne sais pas ce qui me retient de sortir ma baguette de derrière mon dos juste histoire de l'assommer avec.

Alors ? s'impatiente l'homme. Qu'est-ce que c'est ? trafic de drogue ? alcool ? ne croyez pas que parce que c'est un petit village vous passez totalement inaperçu…

Je…

Ron ? Ron tout va bien ?

Je tourne la tête pour voir Hermione arriver derrière moi. Dès qu'elle voit l'uniforme de l'homme elle range discrètement sa baguette dans la poche arrière de son jeans.

Un problème monsieur l'agent ? fait-elle d'une voix des plus innocentes qui soit.

En voyant Hermione, l'expression de l'homme change immédiatement. Il nous regarde tour à tour, puis ses lèvres s'étirent dans un drôle de sourire. Avec Hermione on s'entre regardent, pas sûr de bien comprendre. Et c'est seulement en baissant les yeux sur la tenue d'Hermione que je saisis. Elle a une tenue assez débraillée. Je veux dire Hermione est toujours un peu débraillée et c'est surtout dû au fait qu'elle doit porter les vêtements de ma sœur qui sont trop grand pour elle. Sans compter qu'Hermione à toujours, je dis bien toujours, les cheveux qui partent dans tous les sens ! Mais ça, ce type ne le sait pas et quand il étire son cou pour voir derrière nous le lit où Harry est invisible, je sais exactement ce à quoi il pense. Je me mets donc à rougir comme pas permis tandis qu'il dit un sourire goguenard aux lèvres :

Désolé les enfants, je ne voulais pas vous « déranger ». J'ai seulement vu de la lumière sous la porte et vu qu'il y a pas mal de squatteur dans les environs… enfin maintenant que tout est clair je vais vous laissez retournez à vos affaires…

Merci monsieur l'agent, fait Hermione. Nous sommes des amis des Porters donc vous n'avez pas à les prévenir que nous étions ici et nous…

Elle finit enfin par comprendre ce qu'il sous-entendait par « affaires » ses joues deviennent aussi cramoisies que la pointe de mes oreilles. Ainsi tous les deux nous avons l'air tout à fait coupable, même s'il n'en ait rien.

Je… nous ne… euh ne faisions… rien… rien de… bafouille Hermione alors que moi j'aimerais me cacher dix pieds sous terre.

Le policier l'arrête dans son monologue incohérent d'un geste de la main.

Ne vous inquiétez pas, je ne dirais rien, vous ne faites rien d'illégale après tout. Sur ce, bonne fin de nuit.

Il soulève son chapeau, me fait un clin d'œil et s'éloigne dans la nuit sa torche pointée devant lui.

S'ensuit un silence terriblement gênant pendant lequel je fui littéralement le regard d'Hermione, fixant une botte de foin pourtant dépourvue du moindre intérêt. Du coin de l'œil je la vois récupérer la cape d'invisibilité puis saisir la lanterne posée sur la botte de foin que justement j'étais en train de contempler. Du coup nos regards se croisent et je me sens obligé de sortir quelque chose :

Hum, je pensais qu'il y avait une protection moldu autour de la maison. Si j'avais su je ne serais pas allé ouvrir. Alors hum désolé pour… ça ! j'ajoute en faisant un geste vague de la main censé signifie la situation embarrassante que nous venions de vivre.

Réfléchis un peu, il ne peut pas y avoir de protection anti-moldu vu qu'Owen et sa mère en sont, fait Hermione les joues toujours aussi coloré et le regard fuyant.

Ah ouais c'est pas faux, je marmonne.

Hermione ouvre la porte avec son coude car ses deux main sont prisent avec la cape et la lanterne puis se tourne vers moi.

Je vais y aller en premier, fait-elle. Si quelqu'un nous surprend encore ensemble à cette heure-ci on va encore penser que… enfin tu vois ce que je veux dire.

Elle évite encore mon regard, gênée, tandis que j'hoche la tête espérant que l'obscurité cache mon visage toujours rouge de honte.

Alors… bonne nuit Ron.

Bonne nuit Hermione, je murmure d'une voix un peu trop rauque.

Elle passe la porte que je referme derrière elle. Je pousse un long soupire pour ensuite me laisser tomber sur un coin du matelas où Harry dors toujours. Je décide de laisser à Hermione dix minutes d'avance avant de monter à mon tour. Je me prends la tête entre les mains et considère très sérieusement l'idée exercer le sort d'oubliette sur moi-même. En tout cas une chose et sûr je ne raconterais rien de tout ça à Owen, il se foutrait de moi pendant des années entière.

Harry émet soudain un ronflement plus fort que les autres qui me rappelle sa présence.

Tu vois, dis-je, je ne te mentais pas quand je te disais que cette fille apportais son lot d'ennuis…

Le lendemain matin, je me traine cette fois-ci avec difficulté hors de mon lit. Dans le salon fol-œil et Remus sont à table et inspectent divers objets étalés devant eux tandis qu'Owen lace ses converses à toute vitesse avant de jeter son sac de cours sur ses épaules :

A plus tout le monde ! lance-t-il avant de sortir de la maison en courant.

Tout le monde lui répond d'une façon ou d'une autre mis à part Hermione, assise sur le canapé, qui lit, imperturbable, un livre. Le malentendu d'hier me fait rougir un peu alors je préfère m'assoir au côté des deux Aurors.

Qu'est-ce vous faite ? je demande en attrapant un des toasts dans l'assiette.

On classe les objets que vous avez trouvé au Ministère, fait Lupin en observant de plus près ce qui ressemble un brequet ou briquet, je ne sais plus. D'après ce qu'on sait, tous appartenaient à Dumbledore à l'exception de celui-ci.

Il me tend un cahier à la couverture de cuir sombre. Je le saisis un peu perplexe devant la simplicité de l'objet.

Qu'est-ce que c'est au juste ? un truc de magie noire ? je demande en tournant le livre entre mes mains.

Juste un cahier vierge, répond Lupin tandis que je feuillette en effet des pages entièrement blanche.

Je pose le livre à coté puis me sert un jus d'orange. Fol-œil me fait ensuite bien comprendre qu'il n'est plus question que nous soyons impliqués, Hermione et moi, dans la moindre mission. Je proteste, mais au fond je préfère ça pour le moment. J'ai encore un souvenir amer du bouleversement qui m'avait retourné l'estomac alors que je croyais avoir perdu Hermione. Le Serment Inviolable rend le danger encore plus dangereux si je puis dire… autant rester au calme pendant quelques temps. Et puis il y a Harry, et j'ai vraiment envie d'en savoir plus sur lui.

Ron tu peux monter ça à ta sœur s'il te plait ? fait ma mère en posant devant moi un plateau chargé de nourriture.

Elle retourne dans la cuisine avant même que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche. J'attrape donc le plateau d'une main puis avise le carnet vierge toujours posé sur la table.

Je peux le prendre ? je demande d'une petite voix.

Si tu veux, fait Rémus sans me regarder trop occupé à examiner la paire de lunette en demi-lune.

J'attrape donc le carnet et monte à l'étage. J'ouvre difficilement la porte manquant de faire chavirer le bol de lait chaud de peu. Ginny me regarde galérer jusqu'à son lit un sourire aux lèvres. J'y pose le plateau à présent désordonné et m'assoit tandis qu'elle retire ses écouteurs.

Tu écoutes encore de la musique moldu ? je m'étonne en avisant l'objet incongru où un objet rond et plat tourne à toute vitesse.

Ça m'occupe, répond Ginny en haussant les épaules et en saisissant un toast. Mais raconte-moi plutôt les nouvelles. Il parait qu'en deux jours vous avez fait non seulement un tour au Ministère mais aussi un casse un Gringotts !

Hum, oreille à rallonge ? je demande.

Je n'en ai même pas eu besoin, rit Ginny. Hier maman criait si fort que toi et Hermione n'alliez pas revenir vivant… et que si c'était le cas elle se chargerait elle-même de t'assassiner.

J'explose de rire ça en effet ma mère aurait vraiment été capable de m'assassiner.

Mais c'est pas ça le mieux, dis-je une fois calmé. Devine quoi, on a récupéré Harry Potter !

Ginny manque de s'étrangler avec un morceau de toast. Je lui raconte alors notre escapade à Gringotts et notre « rencontre » avec Harry. Mon récit la passionne tellement qu'elle ne touche même pas à son petit déjeuner et boit littéralement mes paroles, chose plutôt inhabituelle. J'omets cependant quelque détail, comme le Serment Inviolable ou encore du fait que j'ai lâchement abandonné Hermione.

Quand je termine mon histoire Ginny me fixe en silence, insondable, puis dit :

Est-ce qu'il est mignon ?

Hein ? je fais ahuri. Qui ça ?

Harry bien sûr ! qui d'autre ?

J'avoue que parfois j'oublie que Ginny est la seule fille ici et que son cerveau ne marche pas exactement de la même manière que celui de mes frères et moi…

Ginny, je soupire, il est à moitié fou, instable et dangereux… enfin pas cent pour cent du temps mais quand même ! je n'arrive pas à croire que c'est tout ce qui t'intéresse…

Bah quoi ? se défend Ginny. C'est tout à fait légitime comme question ! Et puis tant pis, si tu veux rien me dire je demanderais à Hermione.

J'ouvre la bouche pour protester mais fini par laisser tomber. Connaissant Ginny je sais que quand elle a quelque chose en tête rien de l'arrête, et c'est surement pas moi qui vais changer ça…

Bon, dis-je finalement en me levant du lit, Rémus doit avoir terminé et on est censé reprendre les cours particuliers aujourd'hui alors… oh attend tien, tu pourras marquer tes truc de fille là-dedans.

Je pose le carnet à côté d'elle tandis qu'elle me remercie d'une sourire avant de remettre ses écouteur dans les oreilles. Puis je quitte la chambre en refermant doucement la porte.

Les semaines suivantes sont empreinte d'une certaine routine. Jusqu'à maintenant ce n'avait jamais été le cas. Mes seules habitudes étaient de trainer dans le jardin en attendant le retour d'Owen du lycée. Mais depuis notre retour de Gringotts, Hermione avait tenu à ce que nous ayons des cours particuliers tous les jours à heures fixes. Au départ l'idée me plaisait bien, parce que je voulais devenir plus fort et que je savais que j'avais encore quelques lacunes. Mais j'ai vite déchanté car il faut bien l'avouer : quand il s'agit de cours Hermione est une vraie plaie ! Elle réussit chaque exercice avec une facilité plus qu'agaçante et ne cesse de critiquer ma façon de faire.

Tu ne le prononce pas bien, m'avais-t-elle critiqué une fois, c'est LeviOsa, pas LeviosAAA !

Pfff, de toute manière ce sortilège ne viendrait même pas à bout d'un idiot de troll des montagnes ! avais-je lâché.

Les sortilèges de base sont très utiles, même pour la défense, répliquait Hermione en me jetant divers regards noirs. Et puis tant pis pour toi si tu ne veux rien apprendre, moi j'essaie juste de t'aider.

Et bien je m'en passerais bien de tes conseils !

Généralement c'est à ce moment-là que Rémus s'éclipse discrètement nous laissant à nos exercices pratique qui se transforment plutôt en joutes oratoires à en faire trembler les vitres.

Mais si notre capacité à nous disputer est hors norme, celle de nous réconcilier l'est tout autant. Chaque soir, alors que nous retrouvons Harry dans la grange, nos différents de la journée sont comme effacés. C'est devenu notre rituel de nous retrouver ici. Officiellement seule Hermione a le droit de voir Harry pour lui apporter de la nourriture et un peu de compagnie. Mais elle a réussi à convaincre l'Ordre en disant qu'elle se sentait plus en sécurité si elle n'était pas seule, et qu'en plus il n'y avait aucun risque tant que je portais la cagoule sur mon visage.

Nous voilà donc tous les trois dans la chaleur magique de la grange. Harry mange, toujours aussi muet, sur son lit. Tandis que moi et Hermione jouons aux échecs version moldu, assis en tailleur sur le sol cabossé et recouvert de paille.

Tout en déplaçant mon cavalier je m'interroge sur les objectifs de l'Ordre en ce qui concerne Harry. En premier lieu, pourquoi le garder ici ? Il n'est pas vraiment en sécurité. Mais s'il est supposé comme le dit la prophétie vaincre Voldemort, il faudrait l'entrainer non ? À chaque fois que je pose la question à un membre de l'Ordre, il change de sujet ou m'ignore. Mais je sens qu'il se passe quelque chose. Car plus les jours avancent plus la tension monte à la maison. Ma mère est constamment inquiète et je vois à peine mon père ces dernier temps. Je ne sais rien des missions qui les font parfois rentrer au beau milieu de la nuit, couvert de blessure et avec des noms à envoyer anonymement au Ministère pour informer leur famille de leur mort ou disparition. Même Owen et sa mère se doute de quelque chose parce que leur « télé » parle de plus en plus de disparitions et d'évènements mystérieux.

Ron ? Ron ?

La voix d'Hermione me sort de mes pensées et je lève les yeux vers elle.

Tu as gagné, fait-t-elle. Encore une fois.

Je baisse à nouveau les yeux vers l'échiquier pour constater qu'en effet je viens tout juste de renverser son roi.

Quelque chose ne va pas ? fait Hermione soupçonneuse. D'habitude quand t gagne tu sautes de joie et assure que jamais je ne te vaincrais aux échecs.

C'est juste que j'aie la tête un peu ailleurs, j'explique maladroitement. Je pensais à des trucs et…

Toi aussi ? coupe Hermione soudain enthousiaste. Je savais bien que je n'étais pas la seule à me poser la question !

Hein ? que…

Sans plus attendre elle m'attrape par le bras et m'entraine jusqu'au lit où Harry avait fini de manger et nous regardait jouer depuis déjà un moment. Fol-œil nous a interdit de rester trop près de lui mais visiblement Hermione s'en fiche royalement. Je constate qu'Harry est bien moins maigre qu'à son arrivée même si son corps est encore trop faible pour bouger rapidement. Depuis quelques jours il est totalement habitué à notre présence et semble même l'apprécier. A chaque fois qu'il nous voit débarquer dans la grange, son plateau de nourriture et l'échiquier sous le bras, il se redresse sur son lit et nous regarde avec un petit sourire.

Bref, Hermione le regarde et lui dit d'une voix douce :

Harry, est-ce que tu sais faire de la magie ?

Tous d'abord surpris par l'absurdité de la question, je prête ensuite une oreille plus qu'attentive à la réponse d'Harry qui m'intrigue grandement. Celui-ci fronce d'abord les sourcils puis hoche lentement la tête.

Et… est-ce que c'est Dumbledore qui t'a appris ? continu Hermione. Quand il venait te voir avant ?

Nouveau hochement de tête.

Tu connais des sorts ?

Cette fois Harry prend plus de temps pour répondre. Finalement il lève simplement son pouce droit.

Un seul ? fait Hermione. Tu connais un seul sort ?

Harry hoche une nouvelle fois la tête. Je vois ensuite Hermione sortir sa baguette et je comprends immédiatement ce qu'elle a en tête. Je lui attrape brusquement le poignet.

Tu ne peux pas faire ça, je fais d'une voix dure, c'est trop dangereux.

Ron, fait Hermione en roulant des yeux, je sais que le Serment te rend un peu trop protecteur envers moi, mais j'ai totalement confiance en lui.

Je regarde Hermione dans les yeux et n'y voit pas l'ombre d'une doute. Je soupire puis lui lâche le poignet.

C'est bon, d'accord, mais il s'exercera sur moi.

Hermione me remercie puis tend sa baguette à Harry qui la regarde faire sans esquisser un mouvement. Il ignore l'objet et se tourne pour récupérer sa sacoche cachée derrière son coussin. Il fouille dedans puis sort un objet long et fin : une baguette. Hermione et moi on s'entre-regarde étonnés de voir qu'il en possède une et qu'il ne l'a pas sorti de son sac depuis tout ce temps. Avec une infini lenteur, Harry se lève du lit et marche jusqu'au fond de la grange. D'un geste de la main, il me fait comprendre que je me lève à mon tour et que je lui fasse face. Je m'exécute donc tandis qu'Hermione s'écarte vers la porte. D'une main tremblante, Harry tend sa baguette devant lui puis la pointe dans ma direction. Sans même que je m'y attende, ma propre baguette saute d'entre mes doigts tandis qu'une force titanesque m'envoie valdinguer par la même occasion contre le mur que je percute avec force avant de retomber dans le foin, totalement étourdis et déboussolé.

Hermione accourt tout de suite et m'aide à me mettre debout en m'attrapant par les aisselles. Désorienté, je manque de tomber une nouvelle fois mais Hermione me rattrape de justesse.

Qu'est-ce que… qu'est-ce qui s'est passé ? je demande d'une voix pâteuse.

On aurait dit une simple expelliarmus, fait Hermione. Mais c'était bien plus puissant que ça… Oh mon Dieu !

Hermione regarde par-dessus mon épaule une expression horrifiée plaquée sur le visage. Je me retourne et constate que ce que je redoutais viens de se produire.

De l'autre côté Harry tient sa tête entre ses paumes se tordant de douleur. Son corps s'agite dans des mouvements et soubresaut incontrôlés. Quand ses gémissements se transforment en rires je sais exactement ce qui se passe : il fait une nouvelle crise.

Ce n'est pas la première fois que ça arrive depuis qu'il est ici. Mais d'habitude des qu'il commence à s'agiter, Hermione et moi quittons la pièce par mesure de sécurité. Mais cette fois-ci on ne peut pas le laisser seul ici pour la simple et bonne raison qu'il tient une baguette. « Il » pourrait le blesser, s'enfuir… et les tuer au passage.

Visiblement Hermione a suivi le même résonnement que moi, car elle tente de se défaire de mon emprise. Dommage pour elle, j'ai tout de suite compris ce qu'elle avait en tête. Je l'ai saisi par la taille puis la pousse en arrière.

Je m'en occupe, fais-je d'une voix autoritaire qui ne me ressemble pas du tout.

Mais… commence Hermione furieuse.

La porte de la grange s'ouvre nous faisant tous les deux sursauter. C'est Owen qui y passe sa tête. Il porte encore son casque de vélo ce qui indique qu'il revient à peine du lycée.

Hey, vous vous ramenez ? c'est l'heure de manger et… qu'est-ce que vous trafiquer ?

A vrai dire le tableau qu'on renvoi doit paraitre étrange. J'ai ma baguette dans la main et Hermione me tient par le tee-shirt pour m'empêcher d'aller plus loin. Sans compter nos regards plus qu'anxieux et alarmés. Owen nous fixe un instant sans comprendre puis tourne l tête en direction d'Harry qui vient de pousser un nouveau cri de douleur.

Ola il a un gros problème le cinglé on dirait… observe-t-il.

Il est surtout armé. Owen, sort Hermione d'ici et si dans cinq minutes je ne vous ais pas rejoint dans le jardin, va chercher les autres, okay ?

Sans plus attendre Owen attrape Hermione par le poignet et l'entraine vers la sortie. Elle tente de protester mais Owen tient bon. Juste avant que la porte ne se ferme, je vois Hermione me jeter un dernier regard.

A l'instant où la porte se referme derrière eux, je porte mon attention sur Harry. Je serre ma baguette entre mes doigts alors que mon cœur cogne avec force dans ma poitrine. Il est debout, et ses yeux ne sont plus du tous les même. Ils sont plus qu'une fente entourée de cernes violacée, en bref son regard n'a plus grand-chose d'humain. Un sourire mauvais s'étire sur ses lèvres pâles alors qu'il me dévisage avec un intérêt à en faire froid dans le dos. Cette chose n'a plus rien d'Harry, si ce n'est l'enveloppe et la baguette qu'il tient du bout des doigts. Un nouveau rire gras s'échappe de sa gorge.

je vais te tuer… je vais te tuer…

Bien que je n'aie jamais entendu Harry parler je sais que cette voix rauque et malfaisante n'est pas la sienne. Suis-je vraiment face à une version de Voldemort ? Rien que l'idée me fait frissonner. Je sais que si c'est le cas je ne fais pas le poids. Mais soudain son sourire s'efface et son bras se met à trembler violement.

Non ! rugit-il. Il ne peut pas se débattre ! il est trop faible !

Je comprends immédiatement qu'Harry se bat contre ce qui a pris possession de son corps. Je n'ai pas besoin de plus pour saisir ma chance :

Expélliarmus !

La baguette d'Harry lui échappe des mains pour valdinguer à l'autre bout de la pièce. Je cours dans sa direction aussi vite que possible et me jette sur lui. Nous tombons au sol dans un bruit sourd. Il se débat comme un beau diable, mugissant comme une bête, hurlant comme un fou, me griffant le visage comme un dément. Mais je tiens bon et finis par l'immobiliser au prix de rudes efforts contre le sol, mes deux mains verrouillées sur ses poignets. Le visage d'Harry se tord dans une expression de rage tandis qu'il continu malgré tout de se débattre. Je l'immobiliserais bien d'un sort mais j'ai perdu ma baguette dans la bataille et de toute manière j'aurais peur de blesser Harry qui est bien trop faible face à un stupéfix.

Va-t'en ! j'ordonne avec colère. Laisse Harry revenir !

Sur son visage flotte à présent un sourire mauvais.

Je te tuerais, siffle-t-il à la manière d'un serpent, toi et la fille soit en sûr. Et je récupèrerais le garçon.

je sens une sueur glacée coulée le long de mon dos. Il veut notre peau. A Hermione et moi.

D'un seul coup il ferme les yeux et son corps se détend entièrement. Quand il les ouvre à nouveau se sont les deux grands yeux vert perdus d'Harry. Il me dévisage et je sens dans son regard le poids de sa culpabilité. Je lui lâche les poignets, me relève, puis lui tend une main secourable. Il hésite un moment puis la saisit finalement. Une fois qu'il est sur ses deux jambes je me retourne pour épousseter mon jean plein de poussière et de paille.

Je… suis… désolé…

Je fais volte-face. C'est la première fois qu'Harry parle vraiment. Je ne sais pas vraiment pourquoi il ne l'avait pas fait jusqu'à présent mais j'ai l'espoir que c'est Hermione et moi qui l'avons aider à franchir le pas. En attendant il n'ose même pas me regarder dans les yeux. je lui pose une main amicale sur les épaules et il a soudain l'air perdu.

Est-ce que… Hermione… bégaie-t-il avec difficulté.

Elle va bien, je le rassure. Tu ne lui as pas fait de mal ne t'inquiète pas.

Il soupir de soulagement et je commence à croire l'impossible : nous sommes devenue amis avec Harry Potter.

Harry retourne sur son lit ou il ramène ses genoux contre sa poitrine. Je ramasse ma baguette et celle d'Harry au passage. Il est plus prudent qu'il ne l'ait pas pour l'instant.

Quand je sors encore tout pantelant de la grange, Hermione se rue sur moi. Au début je crois qu'elle va m'enlacer mais elle s'arrête brusquement dans son élan se mordille la lèvre inférieure.

Tu n'as rien ? et lui ? il va bien ? demande-t-elle à toute vitesse.

On va bien tous les deux, je la rassure bien que mon corps n'est pas vraiment dans son meilleur état.

De la même manière qu'Harry quelques minutes plus tôt Hermione soupir, soulagée.

Il était temps que tu débarques vieux, grogne Owen. Une minute de plus et Hermy me jetais un sort pour venir te prêter main forte.

Nous marchons dans la nuit jusqu'à la maison. Mais je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu'Owen jette des regards furtifs à Hermione. Je me demande vraiment ce qu'il s'est passé pendant que j'étais dans la grange…

Une fois devant la porte je dis à voix basse :

on ne parle pas de ce qui s'est passé d'accord ?

Owen et Hermione hoche la tête tandis que j'actionne la poignée. Une fois dans le salon je comprends immédiatement que quelque chose ne va pas.

Toutes ma famille est là, à l'exception de Ginny évidement. Sans compter Fol-œil, Rémus, Tonks et kingsley et Nathalie. Mais ce qui m'étonne le plus ce sont Bill est Fleur, au centre de tous. Leurs mine sont sombres et me font redouter le pire. Fleur se lève d'un bond, s'approche de nous et embarque une Hermione décontenancée vers la buanderie.

Venez-vous assoir tous les deux, fait mon père.

Nous nous exécutons mécaniquement pour prendre place sur le canapé déjà surchargé. Pendant un moment personne ne dit rien. Ma gorge se noue parce que je sais qu'il s'est passé quelque chose de grave. C'est finalement Bill qui prend la parole. Pour je ne sais quelle raison il ne regarde que moi.

Fleur et moi étions en mission à Londres et… nous avons trouvé ça.

Il sort de son blouson un papier plié en quatre qu'il déplie avec précaution avant de le poser sur la table basse juste devant moi.

Pas un nom, juste un dessin, le portrait-robot d'Hermione, avec écrit dessous :

Activement recherchée, récompense : 10 000 Gallions.