Je vous préviens, c'est un chapitre assez dur, dans le sens psychologique.

Bella pdv

- Dur à entendre ? Répétais-je, incrédule, nan mais vous me prenez pour qui ? Vous croyez que je ne me suis jamais doutée que vous ne vouliez pas de moi ? Franchement, l'hésitation entre

l'adoption et l'avortement, je m'en doutais !

Pour souligner mes dires, je roulais des yeux, et cru apercevoir sur mon ventre une lumière rouge, mais elle disparut quand Charlie se dirigea vers Renée. Une illusion d'optique sûrement, mais on

n'était jamais sû de rien.

- Dans ce cas, si tu étais si blasée, pourquoi as-tu frappée Alice ? demanda Jasper, ses yeux bleus perçants droits dans les miens.

Je détournais les yeux, trop mal à l'aise. Je ne les baissais pas, mais les détournais, ce type me mettait mal à l'aise, on avait l'impression qu'il analysait chacun de nos gestes. Chiant.

- J'ai fait ça pour la faire sortir de chez moi. Je vous l'ai dit, j'ai pas apprécié comment elle s'est infiltrée dans mon appartement. Et puis j'aime pas les...

- COMMENT AS-TU PU LUI FAIRE CA RENEE ? Hurla Charlie, écarlate de fureur.

J'avais bien remarqué que pendant mon échange avec Jasper, Charlie, Phil et Renée s'étaient glissés dans un coin du salon, et discutaient à voix basse.

Au hurlement de Charlie, tout le monde se figea, Renée se recroquevilla dans sa chaise, et Phil la regardait d'un air ''je t'avais prévenue''.

Renée marmonna quelque chose d'inintelligible, et se tut (pour une fois). Charlie revint à une couleur normale, mais quand il me vit, il devint blême.

Il souffla un bon coup, et expliqua d'une voix qui contenait de la colère :

- Contrairement à l'explication fausse et lâche de ta mère, Bella était plus que désirée. En fait, Bella est la plus désirée de vous trois. Je suis désolé mais c'est vrai, ajouta-t-il devant l'air

scandalisé d'Alice et d'Emmett. Renée voulait absolument un troisième enfant avant que ce soit... hum... trop tard, mais moi je n'y tenais pas trop. L'idée me séduisait énormément, parce que

dans ma logique, Emmett me ressemblait, Alice ressemblait à Renée, alors un troisième devait être un mélange de nous deux, mais j'avais peur qu'avec nos moyens financiers ce soient juste,

alors on a abandonné l'idée. Mais très vite, notre couple a été mis à rude épreuve. Alors pour le sauver, j'acceptais de très bon gré de tenter l'expérience pour un petit troisième. On a été

tellement ému quand on t'a vu lors de l'échographie, Bella, me dit-il, les larmes aux yeux. Et quand tu es née, j'ai cru que je ne survivrais pas à l'émotion. Renée était heureuse aussi. Notre

famille était si fondée, pendant les années suivantes : tu faisais tes nuits dès le départ, tu étais sage, curieuse, intelligente, et magnifique. Un ange. Je me souviendrais toujours de toi, dans ta

poussette, levant la tête, me dévisageant de tes grands yeux chocolats...

Il s'interrompit, la gorge se serrant sous le coup de l'émotion. Il secoua la tête et s'assit, brusquement abattu.

Mais il continua.

- Tu n'étais pas telle qu'on imaginait un troisième enfant. Tu ne nous ressemblais pas, tu étais... Toi. Simplement toi. Et ça ne convenait pas à ta mère. Alors, notre couple a dégringolé de

nouveau, ta mère se plaignant de toi, moi disant que tu avais le droit d'être différente. Au final, ta mère s'est enfuis avec Alice sous le bras.

Il y eut un long silence, tous assimilant ce que Charlie venait de dire.

Alice donnait l'impression qu'elle ne rigolerait plus jamais de sa vie : elle se tourna vers sa mère, pâle comme la mort, et murmura :

- Pourquoi ne m'as-tu pas dit la vérité maman ? Pourquoi as-tu reporté la faute sur Bella ?

Je notais que c'était la première fois qu'elle prenait la peine de m'appeler Bella, sans intonations de mépris.

Renée sanglotait :

- Je... Je lui en voulait tellement... J'ai finit par me... persuader moi... moi-même, que c'était sa... sa faute !

Elle me pointait du doigt en disant cela. Aussitôt, ma rancœur revint, plus terrible, plus explosive, et surtout plus désespérée que jamais :

- Différente ? Différente ? Mais c'est vous qui m'avez fait ainsi. Quand à treize ans, Emmett m'avait expliqué avec quels qualités on pouvait être un Swan : l'originalité, la beauté, la positivité,

la simplicité, être populaire, ou sportif, la force morale. Quand tu m'as listé ces qualités, j'ai su que je n'en avais aucune, mais j'ai d'autres qualités : l'intelligence, l'agilité, le sang froid, le

dévouement, surtout à toi Jacob et le courage. Oh oui, du courage, il m'en a fallu pour supporter, vos regards. Tes regards incompréhensifs, Renée, ceux, haineux de Alice, ceux indifférents de

Emmett, ceux las de Charlie. J'ai tout tenté, cherché le moyen de vous plaire, tout Différente ? C'est ce que tu aurais voulu de moi, maman ? Mais je ne voulais que ça ! Changer pour que vous

m'aimiez, pour que le soir, tu serais venu me coucher en m'embrassant sur le front, me disant que tu es contente que je sois venue te rendre visite, maman, ou que je rentre avec le courrier,

folle de joie parce que j'ai été acceptée à l'université, tu m'aurais serré très très fort contre ton coeur en me murmurant combien tu es fier de ta fille, papa, ou que j'ai besoin d'un conseil pour

un rendez-vous et pouvoir t'appeler, Alice, ou bien Emmett qui aurait pu s'entraîner avec moi, car j'ai toujours bien jouer au baseball ! Un baiser, une étreinte, un seul mot tendre me

lamentais-je, et j'aurais pu être différente.

Je m'interrompis, fatiguée. Fatiguée de quoi hein ? Telle est la question. De tout, est la réponse. De ne pas pouvoir vivre une relation avec Edward, de ma famille, de Jacob, qui n'a pas dit un seul mot

depuis qu'il est là, de moi. Surtout de moi. Mes joues étaient humides et brûlantes, mes genoux tremblaient, comme si j'avais fait un discours devant tout un tribunal. Je faillis m'effondrer, mais Emmett

se précipita vers moi pour me serrer très forts contre lui. Je me mis à sangloter encore plus fort et continuais d'une voix étouffée.

- J'aurais tuer des milliers de gens pour vous... J'aurais dévasté des peuples si seulement vous m'aviez aimé...

J'avais l'impression que mon coeur était un gros flacon de sang qui s'était brisé, et dont le contenu se vidait lentement. Je me dégageais doucement de Emmett, et vit mon père, qui semblait avoir prit

dix ans d'un coup. Je m'avançais vers lui, ne sachant quoi faire d'autre. J'avais l'impression qu'en avouant mon chagrin, je m'étais mise toute nue, face aux regards des autres. Je n'étais qu'à cinquante

centimètres de lui quand je revis la petite lumière rouge, droit sur ma poitrine, et j'eus à peine le temps de tourner le dos, une violente douleur me traversa le bas de l'omoplate, à l'emplacement du

coeur. Je baissais machinalement le regard, et vis, sur ma chemise blanche, une fleur écarlate, florissant très vite. Je levais les yeux pour croiser le regard horrifié de ma famille, Edward, Jasper,

Rosalie, Phil, Jacob et Renesmée inclus. Je mettais dans mon regard tous mes sentiments pour eux. Puis je m'effondrais. Finalement, il y a des belles jeunes pousses qui sont faites pour durer, et

d'autres, atrophiées depuis le départ, pour qui tout a fini avant de commencer. Je sais au moins que j'ai été aimé, même si c'était avant que j'existe. Mais pour moi c'était déjà fini.

pdv Alice

J'avais la sensation d'avoir les mains sales. Ça faisait des heures que je frottais mes mains, pour retirer cette sensation, mais rien n'y faisait, dès que je coupais l'eau, mes mains étaient couvertes du

sang de ma soeur. Jasper a utilisé un terme pour définir mon traumatisme, mais je me suis contentée de lui claquer la porte au nez. Je n'avais pas besoin de sa psychologie. J'avais perdu ma soeur, il

n'y avait rien de bien compliquer.

Quelques heures avant...

Je pressais mon gilet contre la plaie, essayant de stopper l'hémorragie. Les ambulanciers arrivèrent, la mirent dans une civière, et l'emmenèrent dans l'ambulance. Rosalie pleurait contre Emmett, qui

avait l'air d'un petit garçon qui ne comprenait pas ce qui se passait. Mes parents et Phil étaient effondrés, et couraient en direction de leurs voiture. Jasper me fixait inquiet. Renesmée avait l'air prête

à s'évanouir à n'importe quel moment. Edward était figé dans un masque d'horreur absolu, et Angela, qui venait d'arriver et avait demandé ce qui se passait , s'effondra par terre, sous le choc. Quant

à Jacob, il... téléphonait. Il était loin de nous et semblait nerveux. Tout d'un coup, il se figea et murmura, comme s'il parlait à lui-même en raccrochant. Nous nous précipitâmes à l'hôpital, attendîmes

longtemps, très longtemps, trop longtemps. Puis finalement, un médecin arriva, et ce fut un autre choc pour nous. C'était mon beau-père, Carlisle. Il se figea en nous voyant.

- Mais qu'est-ce que vous faîtes là ? Alice, si c'est pour ton nez, je te le referais...

Puis il vit le sang sur mes mains.

- Alice tu t'es coupée ? Attends, je vais te recoudre, il faut d'abord que malheureusement j'aille annoncer à la famille de ma patiente, qu'elle n'a pas survécu à l'opération. Une si jeune fille,

c'est vraiment ignoble, elle s'appelle, Isabella Swan... Swan !

Sa mâchoire se décrocha quand il comprit, pendant que je me figeais. C'était fini. Fini pour elle. Morte. Entourée de médecins qui ne la connaissait pas. Non, il ne savait pas qu'elle mordait sa lèvre de

façon si sensuelle et craquante que j'essayais de l'imiter pendant des heures sans y arriver. Qu'elle marchait en canard quand on faisait du shopping et pleins d'autres choses qui faisait qu'elle était

Bella. Mais tout ça c'était fini. Elle ne finira jamais l'université, n'obtiendra jamais d'emplois, ne présentera jamais personne à sa famille, papa ne l'accompagnera jamais jusqu'à l'autel, le jour de son

mariage, ne tombera jamais enceinte, ne sera jamais vieille avec des rides, et des cheveux blancs, et ne regardera jamais ses petits-enfants courir dans son jardin. Jamais. Parce qu'elle était morte. Je

suis rentrée chez moi immédiatement sans savoir comment, et voilà que je suis là. J'avais la sensation d'avoir les mains sales. Ça faisait des heures que je frottais mes mains, pour retirer cette

sensation, mais rien n'y faisait, dès que je coupais l'eau, mes mains étaient couvertes du sang de ma soeur. Jasper a utilisé un terme pour définir mon traumatisme, mais je me suis contentée de lui

claquer la porte au nez. Je n'avais pas besoin de sa psychologie. J'avais perdu ma soeur, il n'y avait rien de bien compliquer. Certes, on ne s'entendait pas, pour tout dire, on se haïssait, elle me

méprisait, et moi je la jalousais, et cette situation était de ma faute. Mais le pire, c'est que je connaissais des gens qui avaient perdu tragiquement des membres de

leur famille, et au grand jamais je n'ai pensé que ça m'arriverait : pour moi nous étions immortels. Je me suis plantée en beauté. Désormais, on me regardera avec des yeux dégoulinants de pitié, et

dès que je serais assez loin, on chuchotera :

- Il paraît qu'elle était là lorsque sa petite soeur s'est fait descendre, et qu'il y avait du sang partout sur les murs. J'aurais payé cher pour voir ça !

Bella ne sera connue que pour sa mort, ce qui était le moins prestigieux de toute sa vie.

pdv Emmett

C'est dingue ce que la vie peut être une pute. Elle te donne l'espoir de jours meilleurs, pour te le retirer immédiatement. Pire que ça, elle te retire quelque chose. Dans le cas présent, c'est ma petite

soeur. Bella. Putain, j'arrive même pas à réaliser que Bella ne signifiait rien dans ma vie. C'est ce que j'ai réalisé, quand Carlisle l'a annoncé : Bella n'empiétait en rien dans ma... dans nos vie. Sa

disparition ne changera la vie de personne. La terre continue de tourner, sans qu'un seul grain de poussière ne soit dérangé. Alors que Bella, aurait tout pu changé, on l'avait écartée de nos vie,

effrayés. Parce que Bella, était... Grandiose. Sport, littérature, musique, art, bricolage, voitures, motos, sexe... Bella connaissait tout, mais ne disait rien, gardant cela pour elle, dans son univers. Il y a

eut une période, où elle s'enfermait dans le garage inutilisé pendant des heures, et quand elle en sortait, une forte odeur de white spirit flottait autour d'elle. Alors j'y suis rentrée, et je fus soufflé.

Des posters de groupes partout, des piles de bouquins aussi grandes que moi posées à terre, des manuels de bricolage, de motos et de voitures posées à côtés de pièces de véhicules, une batte de

baseball posée à terre, avec gravé dessus : B. S. is the best of the world. Et puis, posées contre le mur, des toiles. J'allais les regarder, quand j'entendis la voiture de papa. Et j'en ressortis vite. Je

savais que j'avais une petite soeur exceptionnelle, mais je trouvais cela sans grande importance. J'avais une autre soeur, des potes, et l'amour de ma vie, Rosalie. Que demander de plus ? Puis Bella a

explosé. Tant de souffrance et de rancoeur, m'avait retourné, les tripes et le coeur. Rosalie était autant figée à côté de moi. Elle que j'avais menacé de quitter si elle continuait d'insulter Bella. Je

m'étais précipité sur Bella pour la serrer contre moi, mais elle continuait, comme si que je sois là ou pas ne comptait pas. Elle se dégagea de moi et je la vis. Vraiment. Sans son air assuré et

perpétuellement agacé. Une gamine de 20 ans. Et avant même que j'ai pu comprendre ce qui se passait, j'étais à l'hosto, et mon beau-père m'annonçait que ma petite soeur était... était... J'y arrivais

pas. Je ne pouvais pas admettre qu'elle n'était plus là. Carlisle allait tout d'un coup dire qu'il s'était trompé, et qu'en réalité, Bella se réveillait et qu'on pouvait aller la voir, un par un. Mais plus le temps

passait, et justement rien ne se passait. Rosalie pleurait dans mon cou, et je voyais Carlisle se diriger vers mes parents qui revenaient de la cafétéria. Carlisle ne devait pas avoir une bonne tête parce

que dès qu'ils le virent, papa lâcha sa veste qu'il avait sur le bras. Carlisle le leur annonça et ils éclatèrent tous les deux en sanglots, maman pleura dans les bras de Phil et de papa. Je ne voulais pas

en voir plus, alors je me levais, et rentrais chez nous. Je devais retrouver le salaud qui avait supprimé l'existence de ma petite soeur sans la moindre once de remords. Et si jamais c'était sa destinée

de disparaitre à tout jamais, alors je vais faire payer à cet enfoiré de ne pas m'avoir laissé le temps de lui dire que je l'aimais, et de la presser très très fort contre mon coeur en lui disant que j'étais

fier de ma petite soeur adorée.

Voilà, c'est un peu dur. Dites moi ce que vous en penser. Je sais que c'est lourd à lire, et que le chapitre suvant ne sera pas plus léger, mais voilà... reviews s'il vous plaît.