Chapitre 10 : Thérapie corporelle

Bonjour à tous ! Je ne sais pas vous mais le printemps me redonne le sourire alors quoi de mieux que de lire également un chapitre plus joyeux ? Alors je vous remercie d'être toujours aussi (voire plus) nombreux à me suivre et vous souhaite une bonne lecture.

Elynaa : Merci pour ce commentaire tout mignon. Pour te faire plaisir, voici davantage de moments Caskett


A l'aube d'un jour nouveau, deux silhouettes se distinguaient à travers les grandes vitres d'un building. Nouveau sursis de vie pour ce couple d'amoureux transis dans la parole et les mots, dans l'explication et la compréhension, dans la franchise et l'acceptation.

-Bonjour Kate, monsieur Castle.

-Bonjour, appelez-moi Rick.

-Dans ce cas, Rick prenez place auprès de votre petite-amie.

Aucun des deux partenaires ne releva mais une pointe de fierté, de bonheur naquit sur leurs visages. Fierté d'en être arrivé au stade de couple bonheur de partager la vie d'un autre. C'était la première fois que quelqu'un d'externe à leur cercle intime mettait le doigt sur ce qu'ils formaient dorénavant : une seule et même entité réunissant deux âmes-sœurs.

-Aujourd'hui, j'aimerai que nous parlions du danger de la drogue et de l'alcool.

-D'accord.

-Pour vous quels sont les dangers qu'engendrent la drogue et l'alcool ?

-La dépendance.

-Oui. Quoi d'autre ?

-Des problèmes de santé.

-En effet. Continuez.

-Des problèmes… Mentaux.

-Exact. D'autres choses vous viennent à l'esprit.

-Pour l'instant non.

-Donc pour résumer. La drogue et l'alcool entrainent une assuétude, une sorte de dépendance physiologique et psychologique qui se traduit par un besoin incontrôlable de continuer à consommer une substance et comme vous l'avez mentionné, il y a aussi des problèmes mentaux et physiques.

-Des tremblements, des pertes de mémoire temporaires et des douleurs musculaires, poursuivit la jeune femme.

-Oui, je présume que vous les ressentez déjà ?

-Pendant la journée mais aussi la nuit.

-C'est tout à fait normal. Votre corps réclame ce que vous lui avez procuré pendant des semaines. D'autres symptômes ?

-Non.

-Je préfère vous prévenir quant à d'autres problèmes. Vous allez encore perdre du poids, il faudra donc vous nourrir plus qu'à l'accoutumée mais également faire attention à vos relations sexuelles et ne pas vous renfermer. Compris ?

-Parfaitement docteur.

Kate ne comprenait pas le rapport avec les relations sexuelles mais ne préféra pas aborder le sujet. De toute façon, si elle voulait s'adonner au corps de Rick, elle le ferait.

De son côté, son écrivain prenait l'Information en compte. Le jour où ce cap des jeux innocents serait révolu, il devrait faire attention.

-Voyez-vous d'autres dangers ?

-Toujours pas.

-Si je vous parle de votre compagnon.

-Oui.

-Je pense qu'il souffre également, non ?

-Effectivement.

-Développez.

-Rick souffre.

-Je ne vous ai pas demandé de reformuler Kate.

-Je n'ai rien d'autre à ajouter à part le fait que Rick souffre.

-Et alors ? Insista Burke volontairement.

-Et alors quoi ! S'emporta Katherine. Vous insinuez que je suis responsable de sa souffrance. Oui, je le sais et chaque jour que je passe à ses côtés je m'en rends compte. Vous ne pensez pas que je me sens assez coupable de lui infliger tout ça !

-Kate, je t'ai dit que je ne t'en voulais pas.

-Je sais Castle, lâcha-t-elle sèchement sans le regarder.

-Kate, se radoucit le docteur. Je voulais simplement voir à quel point vous teniez à lui, comment vous réagiriez.

-Bien c'est fait, réplica-t-elle amèrement.

-Je pense que nous ferions mieux de nous voir vendredi. Seuls, précisa-t-il.

-Pardon ?

-Vous m'avez très bien compris, je souhaite vous voir sans Monsieur Castle.

-Si c'est que vous souhaitez.

Le pied dehors, elle prit conscience qu'elle avait merdé et sans plus attendre, elle s'arrêta sur le banc du trottoir d'en face en pleurant.

-Je m'excuse Rick, j'ai merdé sur toute la ligne. J'aurai pu te mettre en danger… J'aurai pu t'emmener avec moi… J'aurai pu te perdre…

-Jamais Kate, jamais tu ne me perdras.

Il la tenait dans ses bras mais une part de son esprit n'était pas avec sa muse. Depuis que le docteur lui avait parlé des troubles relatifs aux relations sexuelles, un petit vélo tournait à cent à l'heure dans son cerveau.

L'alcool fait maigrir.

La drogue fait maigrir.

Mais le SIDA fait aussi maigrir.

-Suite aux dires de Burke, il serait peut-être bon de…

-De …

-De passer les tests pour le VIH, non ?

-Je n'ai pas eu de rapports depuis ma rupture avec Josh et… Nous nous protégions.

Rick parut surpris. S'il ne se trompait pas, Kate et Josh étaient restés ensembles environ un an et elle lui affirmait qu'ils n'avaient pas enlevé ce rempart à l'union. Étonnant. Si étonnant qu'elle put lire dans le regard de son écrivain, son air songeur.

-Je n'accorde pas ma confiance si facilement et à n'importe qui.

-Je sais, ce n'est pas de cela que je voulais parler. Même si tu n'as pas… Tu vois. Les seringues que tu utilisais étaient peut-être contaminées.

-Impossible, c'était les miennes. Je les avais volées à la morgue. Elle grimaça et tourna la tête vers son partenaire. C'est pour ça alors ?

-Pour ça quoi ?

-Pour ça que tu n'as rien tenté avec moi.

-Pardon ? Bien sûr que non.

-Je ne te crois pas.

-Tu te fourvoies. Je t'aime à un point dépassant l'entendement et d'ailleurs, même si tu étais atteinte de n'importe quelle maladie cela ne changerait pas. Si je n'ai rien osé avec toi ce n'est pas par manque d'envie, loin de là. Tu es sublime et il n'est pas un jour, une heure ou bien une minute où je n'ai pas envie de te prendre dans mes bras et de t'embrasser à en perdre haleine mais je veux simplement que l'envie soit partagée.

-L'envie est partagée alors prouve que je me trompe.

Elle était déterminée, attendant d'avoir le fin mot de l'histoire.

Délicatement comme s'il allait faire la chose la plus importante de sa vie, il s'approcha de sa muse et déposa une de ses mains au creux de ses reins et l'autre dans sa nuque. Collés l'un contre l'autre, elle savourait la proximité de son homme et sa douce puissance. Elle n'avait plus de doute à avoir, plus d'interrogation, plus de peur… Juste à apprécier. Les bras autour de son cou, elle languissait de savourer le contact de ses lèvres tant aimées et peut-être pour la première fois, leurs langues.

Il sentait qu'elle attendait le moment. Son souffle chaud saccadé contre ses lèvres, son rythme cardiaque élevé, ses mains à la limite du tremblement elle n'attendait que lui. Rick déposa alors ses lèvres sur les siennes, et se perdit dans ce simple contact doux et humide.

Les yeux fermés, ils s'emportèrent délicieusement sur le chemin du désir où leurs lèvres ne suffisaient plus. Avides de plus de communion, ils ouvrirent leurs bouches, mêlant râles et gémissements où leurs langues ne formaient plus que la connexion à l'autre, le lien magique à l'être aimé. Leurs langues s'aventuraient en terre inconnue, se cherchant, faisant connaissance, se titillant pour enfin se toucher plus sensuellement, plus intimement. Elles se mêlèrent, se caressèrent et finirent par s'enrouler l'une autour de l'autre. Ils s'abandonnaient maintenant à cette douce et exquise sensation de s'aimer.

-Je t'aime, murmura-t-il contre ses lèvres, front contre front.

-Moi aussi.

Il voyait qu'elle le regardait, cherchant ses mots.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-On est en couple ? S'hasarda-t-elle à demander.

-Je crois oui, sourit-il en frottant son nez contre le sien.

Rick sortait de sa salle de bain quand Kate entra dans sa chambre.

-Tu ne viens pas te coucher ? S'enquit-il.

-Je me change et j'arrive.

-Cela te dérange si j'écris un peu avant de te rejoindre ?

-Non, vas-y, dit-elle en rentrant dans la salle d'eau.

L'écrivain regagna son bureau et s'installa confortablement sur son fauteuil. Sa muse dans sa salle de bain et bientôt dans ses draps, l'inspiration n'allait pas mettre bien longtemps à venir. Cette pensée à peine terminée que les idées fusaient dans son esprit. Il aimait être grisé par cette sensation que seule l'écriture et sa muse pouvaient lui procurer. Il tapait frénétiquement sur les touches de son clavier. Ses doigts n'allaient pas assez vite les coquilles étaient à chaque mot mais c'était le prix à payer pour ne pas perdre le fil de ses idées. Quand l'inspiration vous gagne, il est impossible de quitter l'écran, de quitter les images et les mots qui surgissent dans votre esprit. Vous êtes comme possédé et plus rien de peut vous arrêter…. Ou presque.

Cela faisait maintenant deux heures que son homme était dans son bureau et à entendre le bruit des touches sous ses doigts, l'inspiration devait être bonne. Kate se leva silencieusement du lit et se cala contre la bibliothèque qui servait de séparation entre la chambre et le bureau. Il ne l'avait pas remarqué, elle en était heureuse. C'était la première fois qu'elle le voyait si concentré et surtout en train d'écrire. Elle l'oubliait souvent mais avant d'être son partenaire, son bras droit et consultant, il était écrivain. Parfois, elle pensait simplement qu'il était un des leurs. Elle ne le voyait jamais écrire au poste parfois, au début de leur collaboration, il prenait des notes dans un petit carnet mais ce temps-là était bien révolu. C'était un écrivain qui n'écrivait jamais. Elle pensait qu'en devenant sa muse, il écrirait à ses côtés, prendrait des notes sur les affaires mais non, il se contentait de l'aider.

Rick poursuivait son écrit mais il sentait depuis un petit moment une odeur familière mais qui ne l'enivrait jamais pendant ces folles heures. Sucré, printanier… Une odeur de cerise. Il releva la tête, elle était là, les jambes nues sous son minishort et un sweat.

-Excuse-moi, je ne voulais pas te déranger.

-Ce n'est pas grave, je vais aller me coucher.

-Tu as avancé ?

-Oui, j'ai été frappé par l'inspiration. Ma muse étant à mes côtés, ça aide forcement.

-Je ne t'avais jamais vu écrire.

-C'est vrai.

-Pourquoi tu n'écris jamais au poste ?

-J'aime bien le silence complet. En plus, c'est un moment quasi intime pour moi.

-Tu te fais publier pourtant ?

-Oui mais quand je publie, je suis Rick Castle. Par contre quand j'écris, je suis Richard Rodgers.

-Dois-je m'inquiétez de ce dédoublement de personnalité ?

-Non, je ne pense pas.

-D'ailleurs, tu ne prends jamais de notes, c'est un de tes trucs ?

-Tout est ici, dit-il en montrant sa tête.

-Tu vas rire mais j'ai toujours cru qu'un écrivain se trimbaler avec un stylo et un carnet dans sa poche.

-Je le faisais… Au début. Mais maintenant, j'ai mes propres tocs.

-Je trouve tes tocs plutôt mignons alors, sourit la jeune femme.

-C'est une façon de voir les choses.

-Pourquoi tu les vois autrement ?

-Oui.

-Je peux en savoir davantage, dit-elle en s'asseyant sur son bureau à côté de son PC.

L'ambiance était intimiste, et en proie à la confidence. L'écran et la lampe de bureau éclaircissaient la pièce en une lumière diffuse et tamisée où seule sa muse assise sur son bureau, brillait de mille éclats grâce à ses jambes d'athlète. Muse, qui d'ailleurs, le regardait et le trouvait terriblement beau. Il portait un short, un tee-shirt gris anthracite col V et ses cheveux en batailles avec son indomptable mèche lui barrant le visage.

Il passa une main dans sa mèche et la fixa.

-Si tu veux tout savoir, l'écriture est certes un passe-temps mais c'est avant tout un endroit où je peux me ressourcer et où je peux être moi-même. Si j'écris des histoires, c'est pour rester l'enfant que je suis, celui qui s'invente des histoires, celui qui ne vit pas dans le monde réel. En somme, je n'ai plus à affronter la cruauté du monde et ses problèmes.

Il marqua une pause.

-Je suis l'enfant qui t'insupporte.

-Non, cet enfant ne m'insupporte pas, il m'attendrit.

Kate s'éjecta gracieusement du bureau et prit la main de son écrivain, lui intimant de se levait. Rick commençait donc à la guider dans sa chambre quand il vit qu'elle ne le laissait pas passer. Il la laissa faire. Maître des mots mais esclave de sa muse.

Elle entrelaça leurs doigts ensembles, releva leurs mains à côté d'eux, pour les regarder et enfin les poser sur sa joue. Rapprochant son corps du sien, elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer ses lèvres dans son cou. Elle parsema des petits baisers tout le long de sa mâchoire pour finir à l'encolure de son tee-shirt.

-Kate…

Ils se regardèrent et il abandonna sa main dans la nuque de sa muse, jouant avec ses petits cheveux. Leurs visages se rapprochèrent, leurs bouches finirent pas s'unir. Il suçotait ses lèvres entre les siennes, se délectant de l'entendre soupirer et haleter de plaisir. Sa respiration se hachait à mesure qu'il approfondissait leur union buccale et alors qu'il déplaçait sa main, plus haut dans sa nuque, il déposa son pouce sous son oreille et sa joue.

Trop d'émotions, trop de sensation, trop d'amour… Ils gémirent de concert.

Elle déposa sa main troublée sur la hanche de Rick et la bouche ouverte de plaisir, leurs langues ne se firent pas prier et s'enlacèrent pour la deuxième fois de leur existence. Elle n'étaient plus vierges de cette union, elles se connaissaient et se domptaient à merveille. Elles se goutèrent, se mangèrent, se dévorèrent. Elles n'étaient que l'expression de leurs désirs tans refoulés, la jonction de leur amour, la matérialisation de leurs gémissements.

Un râle un peu plus dur que les autres et Rick se retira délicatement de l'emprise de sa muse.

-Si tu savais comme tu m'es précieuse, murmura-t-il l'œil brillant.

-Moi aussi Rick.

Les mains toujours jointent, ils regagnèrent leur couche et s'endormirent l'un contre l'autre, des sensations plein le corps.

(…)

3 semaines. 21 jours. 504 heures. 30204 minutes.

Ces chiffres n'étaient pas la lubie d'un mathématicien, encore moins ceux d'une suite numérique. Au-delà de l'algèbre, ils revêtaient un sens à la vie. Un sens qui, dépassé de sa tragique condition, laissait place à un futur, à un avenir sans drogue et sans alcool.

-Bonjour Kate.

-Bonjour Docteur.

-Je vois que vous m'avez écouté, votre compagnon n'est pas là.

-Je ne suis pas si têtue qu'il n'est parait.

-Nous y viendrons en temps voulu. Comment vous sentez-vous ?

-Je suis épuisée tant physiquement que mentalement.

-Vous devez, vous reposez. Vous le savez, n'est-ce pas ?

-Je sais mais je suis tout de même fatiguée.

-Votre corps réagit, c'est normal. Vous n'avez rien repris trois semaines ?

-Non. Vous pouvez demander confirmation à Rick.

-Je vous crois sur parole.

Le psy resta un long moment silencieux, observant sa patiente. C'était un de ses petits plaisirs… Laisser cogiter ses sujets.

-Pas de questions aujourd'hui ? Pas d'explications ? Pas de réflexions ? S'enquit Katherine.

-Si.

-Dans ce cas, pourquoi restez-vous muet ?

-Vous savez que c'est mon rôle de poser les questions.

-Déformation professionnelle.

-Aujourd'hui, je voudrai aborder un sujet annexe à vos addictions.

-Lequel ?

-Richard Castle, votre compagnon.

-Je vous écoute.

-Non, moi je vous écoute.

-Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Demanda la jeune femme surprise.

-Je vous écoute.

-Nous nous connaissons depuis plus de trois. Il est mon partenaire professionnel, un confident et maintenant mon petit-ami.

-Vous avez toujours eu une attirance pour lui ?

-Je ne sais pas si le mot attirance est le bon terme mais j'ai toujours été intrigué par cet homme.

-Pourquoi le mot attirance ne convient pas ?

-Au début, je n'éprouvais pas ce que j'éprouve maintenant. Il était une sorte de chose dangereuse à laquelle je ne voulais pas m'accrocher.

-Qu'est-ce que vous éprouvez pour lui ?

-Un profond respect, une attirance aussi bien physique que mentale… De…

-…De l'amour ?

-Je pense.

-Vous l'aimez ?

Elle réfléchit un long moment… Comment appelait-on ce sentiment si puissant, si fusionnel ? Etait-ce l'amour ? Ce que le dictionnaire définissait comme un mouvement de dévotion d'un être vers un autre comme l'affection, la tendresse et l'intérêt portés à un tiers ou encore l'inclination d'une personne pour une autre de caractère passionnel et/ou sexuel…

Oui, c'était cela.

-Oui, affirma-t-elle.

-Tout à l'heure, vous me parliez de Monsieur Castle comme un danger, pourquoi ?

-A l'époque, il était ce jeune écrivain frivole qui coucher avec toutes les femmes qui se pavanaient devant lui.

-Si je comprends bien, il a changé ?

-Oui et non. On a va dire que j'ai appris à connaitre le vrai Richard Castle.

-Et aujourd'hui, il est toujours un danger ?

-Je dirais plutôt une faiblesse.

-Pourquoi ?

-C'est le seul homme à part mon père à me connaitre si bien. Il arrive à me percer à jour, à me comprendre.

-Ce n'est pas une faiblesse, c'est une marque de confiance et de compréhension.

-Certes mais il peut me rendre vulnérable.

-Je ne pense pas. Réfléchissez à ce qu'il fait pour vous.

-Je comprends ce que vous voulez dire. Je reconnais qu'avoir Castle à mes côtés m'apporte de la force mais je ne me suis jamais senti comme ça avec un homme.

-Avez-vous confiance en vous ?

-Pourquoi cette question ?

-Contentez-vous de répondre et je vous expliquerai.

-Je ne sais pas. Il m'arrive d'avoir confiance en moi souvent au travail mais en-dehors, je suis plus réservée, je pense.

-Je vois. Ne pensez-vous pas que Castle tente de vous extérioriser, de… Vous donnez cette confiance ?

-Je suis perdue, avoua Kate.

-Je vais reformuler. Ne craigniez-vous pas que votre compagnon découvre la vraie femme que vous êtes derrière ce rôle de lieutenant armée et symbole d'autorité, de loi et de justice ?

Il la vit réfléchir, cherchant les causes et aboutissements de cette grande question.

-Ne répondez pas maintenant. Réfléchissez-y à tête reposée et avec Castle aussi.

-D'accord. A la semaine prochaine ?

-Non, nous allons nous voir dans 15 jours.

-Vous êtes en congés ?

-Non, je veux simplement voir comment vous évoluez sous 15 jours. D'ailleurs, vous viendrez avec Monsieur Castle.

Beckett revenait au loft… A la maison, avec un poids sur le cœur et une oppression à l'esprit.

Burke cherchait à la faire parler, à la faire extérioriser ses plus anciens refoulements et pour être franc, il avait réussi.

Cette confiance en soi, elle n'y portait aucune attention mais maintenant que le curseur l'avait pointée, elle devait se rendre à l'évidence : depuis le décès de sa mère, sa confiance professionnelle avait englouti sa propre confiance. C'est comme si la justice avait primé sur ses émotions. Toutefois, aujourd'hui, il faillait qu'elle combine avec sentiments et travail.

-Alors ça s'est bien passé avec Burke ?

-Comme d'habitude, répondit-elle ailleurs, toujours plongée dans ses pensées.

-Tu veux en parler ? L'interrogea Rick.

-Si on mangeait, lui répondit-elle.

Sa muse n'était pas encline à parler et il l'avait très bien compris. Surtout ne pas la brusquer, songea-t-il.

-Je veux bien mais il faut attendre les deux autres femmes du loft. Elle ne devrait plus tarder.

-Dans ce cas, je vais me changer et je reviens.

Pendant ce temps, Alexis et Martha firent leur apparition dans le loft.

-Bonjour Richard !

-Bonjour papa !

-Bonjour mère, bonjour pumkin !

-Kate n'est pas là ?

-Elle est dans la chambre.

-On l'attend pour manger ?

-Je vais la chercher, installez-vous en attendant.

Il frappa à la porte, passa une tête incertaine dans l'entrebâillement de celle-ci et vit Kate sortir de la salle de bain en tenue décontractée.

-Tu sais que tu n'as pas besoin de frapper, c'est ta chambre je te rappelle.

-Oui mais je ne fais pas à l'idée qu'une jeune femme séduisante y soit, sourit-il en la prenant dans ses bras.

-Va falloir t'y faire, riposta-t-elle en l'embrassant tendrement.

-On y va, ma mère et ma fille nous attendent dans la cuisine.

Elle déposa un dernier baiser sur sa joue et ils regagnèrent la cuisine bras dessus, bras dessous.

-Bonjour Katherine, bonjour Kate !

-Bonjours Alexis, Martha.

Castle tel le narrateur d'un de ses romans observait la scène sa muse saluant et saluée chaleureusement par les deux autres femmes de sa vie. Un homme, trois femmes, trois destinés, trois générations : un quatuor parfaitement accordé.

-Qu'est-ce que l'on mange Richard ?

-Salade pignons de pin et chèvre en entrée et pâtes au parmesan, basilic et tomates en plat.

-Ou as-tu appris à cuisiner ?

-Pas de ma mère, c'est certains.

-Richard, ne dis pas que je ne sais pas cuisiner dit simplement que ce n'est pas à ton gout, rétorqua sa mère.

-Si cela peut te rassurer, ironisa-t-il. Pour revenir à ta question, les livres.

-Ben dit donc, je devrais m'y mettre.

-Pas la peine, papa adore faire à manger pour les autres, dit Alexis.

-C'est pas faux, répondit le concerné.

Martha sortait une bouteille de vin et se servait un verre quand elle fut vivement interpelée par son fils.

-Mère ! S'énerva Rick en regardant Kate d'un air confus.

-Désolée, je n'y pensais plus.

-Laissez Martha, ce n'est pas grave.

-Tu es sûre ? S'enquit son écrivain.

-Oui.

Martha rangea tout de même la bouteille et le diner reprit son cour comme si de rien était. Ce n'était qu'une fausse note dans la partition, un canard dans l'orchestre.

-Alors Alexis, les cours se passent bien ?

-Oui, s'enthousiasma cette dernière.

-Comme tu peux le voir ma fille se réjouit du lycée.

-Il faut bien quelqu'un de sérieux pour te surveiller quand ta mère n'est pas là, railla Kate.

-Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd.

-Ne me dis pas que tu crois encore être l'homme le plus sérieux de la terre.

-Des anecdotes ? Se renseigna Alexis auprès de la lieutenant.

-De nombreuses.

-Nous vous écoutons Katherine, se réjouit l'aînée.

-Laquelle choisir ? Lança-t-elle énigmatiquement

-S'il te plait soit gentille, gémit Castle.

-Ah si ! Quand on enquêtait et que tu pensais être maudit.

-Pas celle-là, je me suis ridiculisé.

-Mais non. Alors, nous enquêtions et Rick pensait qu'il était maudit. Il stressait… Si vous l'aviez vu allongé dans l'ascenseur quand celui s'était arrêté. C'était hilarant.

-Papa, tu es vraiment incroyable, s'amusa la plus jeune.

-Très drôle.

-Et quand tu es tombé de ta chaise, j'ai cru que tu allais invoquer les esprits…

Les éclats de rire et les larmes de joie rythmèrent la fin du repas, qui s'acheva ainsi sur des anecdotes provenant du duo de choc, source inépuisable d'histoires en tout genre.

Kate se préparait pour la nuit quand la porte de la salle bain s'ouvrit.

-Oups pardon, je te croyais dans mon bureau.

-Ce n'est pas grave entre, j'étais en train de me brosser les dents.

Ils se brossèrent donc les dents côte à côte, se regardant dans le miroir tour à tour.

Quand ils eurent fini, ils se retrouvèrent sur le lit : Kate assise en tailleur face à Rick, appuyé contre la tête du lit.

-Toi, tu veux parler ?

Elle acquiesça comme un enfant voulant aborder un sujet délicat.

-Je t'écoute.

-Aujourd'hui, le docteur Burke a voulu qu'on parle de toi.

-De moi ?

-Oui de toi.

-Dois-je avoir peur ?

-Non, sourit-elle. Il m'a dit qu'il fallait qu'on parle ensemble de ma confiance en moi.

-Oui…

-Tu crois que j'ai confiance en moi ? Lâcha-t-elle d'un coup.

-Euh… Tu me prends un peu de cours. Je pense que tu es une jeune femme sûre d'elle dans son travail mais…

-Mais…

-Je ne sais pas comment le dire.

-Vas-y, je ne m'offenserais pas.

Devait-il dire la vérité ? Devait-il être franc ? Après tout pourquoi changer sa personnalité ? Il avait toujours (ou presque) répondu aux questions de sa lieutenant avec son cœur et sa raison alors pourquoi en cette soirée, il devrait troquer son habit d'ami sincère.

-Je pense que dans ta vie privée, tu es moins sure de toi surtout depuis la fusillade.

Elle sourit. Comment à des dizaines de rue pouvait-il quasi mot pour mot reprendre ses propres paroles, échangées il y a de ça quatre heures ?

-Pourquoi tu souris ?

-J'ai répondu presque la même chose à Burke.

-Synchronisme parfait, gloussa ce dernier.

-Il m'a dit que tu pouvais m'aider à gagner cette confiance.

-Je ferais de mon mieux mais je ne suis pas ici, dit-il en pointant sa tête.

-Malheureusement.

-Et… Je ne disais pas ça pour te blesser.

-Oui mais cela serait plus simple.

-Tu sais quoi ?

-Non.

-Moi non plus je n'ai pas confiance en moi.

-Tu te moques de moi ?

-Non.

-Excuse-moi mais entre tes séances photos, les magazines et les émissions télévisées.

-C'est exact mais comme toi quand on parle sentiments, je perds mes moyens surtout…

-Surtout…

-Rien, laisse tomber.

-Crache le morceau, dit-elle en s'essayant sur ses genoux, ses jambes de chaque côté de ses cuisses à califourchon sur lui.

-Euh Kate…, balbutia l'écrivain surpris.

-Oh pardon, dit-elle en tentant de se retirer.

-Non, je voulais juste que tu ne sois pas mal à l'aise.

-Je n'y suis pas.

-Reste alors.

Ils badinèrent devant la pudeur que chacun portait devant l'autre. Ce n'était plus des débutants mais ils agissaient comme tels. Ils se perdaient à nouveau entre les fins fonds des mers et le jade quand Rick fut pris d'une insatiable et irrésistible pulsion de frôler les cuisses dénudée de sa douce. Il hésitait quant à laisser ses mains mais le regard amoureux et les frissons de Kate ne lui laissaient aucun doute. Rick s'autorisa donc à pétrir soigneusement ses cuisses en formant de petits cercles avec ses pouces.

-Tu disais donc… Surtout… surtout quoi ?

-Tu ne me laisseras pas tranquille ?

Elle tourna vivement la tête en signe de négation.

-Surtout avec toi, murmura-t-il.

-Je n'ai pas bien entendu.

-Si tu m'as très bien entendu, dit-il.

-Non.

Il se rapprocha de son oreille : Je perds mes moyens surtout avec toi.

Il profita de cette proximité pour déposer un baiser sous son oreille, à cet endroit si doux et si réceptif.

-Moi aussi.

Leurs souffles se mêlèrent et la jeune femme finit par agripper les lèvres de son écrivain. Le baiser était tendre, juste des caresses, des sussions mais lentement, les baisers dévièrent en un désir plus sensuel. Leurs langues se liaient, se déliaient dans des gémissements communs. Castle sentit les mains de sa muse sous son tee-shirt et bien malgré lui, il gémit. Les traces de ses doigts de fée sur son corps laissaient fourmillements et autres picotements agréables.

-Kate…

Elle se décala et lut tout le désir qu'il lui portait. Il avait cette étincelle dans les yeux, celle qu'il avait parfois pendant leurs embrassades mais qui à cet instant, brillait de mille feu. Il était un feu d'artifice à lui tout seul, la mèche de son désir. Et telle une flamme ployant aux vents, son bassin se mit à onduler contre le baril de poudre grandissant de son homme. Elle glissa ses mains aux rebords de son tee-shirt, attendant la suite des évènements.

-Je peux ?

-Je t'en prie.

Elle lui ôta son vêtement, le trouvant torse nu à quelques centimètres d'elle. Elle se mordit la lèvre et redessina le contour de ses pectoraux imparfaits mais si séduisants. Elle coulissait, elle palpait sans jamais quitter des yeux ce torse si désiré, si fantasmé.

Les mains de sa moitié descendant de plus en plus bas, à la limite de son short, Rick se remit en action et commença à l'embrasser dans le cou. Il ne ménageait pas son ardeur mais elle retira ses mains pour les déposer dans son dos, lui facilitant l'accès. Il se dévouait à la rendre sensation et elle le lui rendait des meilleurs façons…

-Rick…

Il remonta ses doux baisers jusqu' à son lobe qu'il s'amusa à étirer entre ses dents.

Elle se perdait dans un désir déroutant quasi inquiétant où s'accrocher aux cheveux et au cou de son amant était devenue sa seule solution pour survivre. Elle se collait corps et poitrine contre la bouche de son écrivain qui de ses mains l'encourageait à arquer son dos.

Il n'était pas un homme de paroles, plutôt de mots posés sur une feuille blanche mais il savait mener ses lèvres de la plus exquise des manières.

-Oh Rick…

Le brasier qu'elle était se consumant de seconde en seconde, elle se recula et prit son visage entre ses mains pour l'embrasser à pleine bouche. L'intensité du baiser lui brulait la trachée, lui faisait tourner la tête mais la sensation de s'abreuver des râles de son homme était la plus belle des récompenses.

Trop d'attente. Trop de frustration. Trop d'amour. Trop de sensations. Trop d'émotions. Castle déposa ses doigts sous le sweat de sa partenaire et redécouvrit une peau soyeuse et chaude, frémissant à son contact.

Il remontait peu à peu ses mains… A la limite de sa poitrine sans jamais la toucher. La tentation était grande mais le respect l'était plus encore. Il coulissa donc ses deux curieuses au bas du sweat de sa douce, en raflant ses lèvres dans un baiser des plus tendres et des plus amoureux pour détourner son attention mais au moment où il voulut remonter le vêtement, il sentit deux mains le stopper. Kate le regarda vivement, l'œil brillant.

-Je suis désolé Rick.

-Non, c'est rien excuse-moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris, dit-il en détournant le visage.

-Et, murmura-t-elle en le fixant, ce n'est pas ta faute.

-Si c'est moi qui était trop entreprenant.

-Non, ce n'est pas ça. Je ne veux pas que tu vois mon corps.

-Je l'ai déjà vu Kate durant ton cauchemar.

-Je sais et j'ai vu ton regard se voiler.

-J'ai été pris de cours, c'est tout. Je te garantis que ton corps est sublime et tes cicatrices sont honorables.

-C'est faux, tu mens. J'ai une balafre de 15 centimètre sur le flanc et l'impact d'une balle sur la poitrine.

-Et alors ?

-Et alors ! Je suis affreuse, je n'arrive même pas à me sentir femme.

Le problème était bien plus profond que ce qu'il avait pu entrevoir ou même penser : elle avait des doutes concernant le pouvoir d'attraction de son corps pourtant si séduisant. Une seule solution, la prise de conscience.

-Lève-toi !

-Pardon ?

-Lève-toi !

Elle s'exécuta et il fit de même en lui prenant le bras.

-On va ou ?

-Dans la salle de bain.

-Qu'est-ce que tu veux faire ?

-Tu verras.

Ils s'arrêtèrent devant la glace elle devant lui, lui derrière elle, la ceinturant de ses bras puissants.

-Regarde comme tu es belle.

-Rick, arrête tes âneries, rigola-t-elle en tentant de se retourner.

-Je vais te prouver que tu es magnifique.

Les mains de son petit-ami toujours sur son ventre, il les glissa sous son sweat et se mit à déposer des baisers le long de son épaule pour finir dans sa nuque.

-Rick…

-Laisse-toi faire.

Il continuait à l'embrasser quand il sentit les mains de sa muse, partir à l'encontre de sa chevelure. Il était prévu qu'elle reste simple marionnette mais sous les mains du marionnettiste, elle ne put s'empêcher de jouer. Elle avait accolé sa tête à son épaule pour pouvoir capturer ses lèvres et dans l'étourdissement qu'elle parvint à faire naitre en lui, elle réussit à se retourner pour lui faire face. Elle le fixait et caressait distraitement son tors nu tant aimé.

-Apprécieriez-vous mon torse, lieutenant ?

-Je l'adore.

Il s'empara de sa bouche tout en rapprochant son corps du sien. Ils pouvaient sentir la moindre saccade, le moindre soubresaut de leur partenaire mais là, était l'expérience : découvrir pour mieux connaître, goûter pour mieux apprécier, éprouver pour mieux aimer.

Un ultime râle de plaisir, une dernière démonstration d'affection et Richard s'agenouilla devant sa dulcinée. Surprise, dans un premier temps, elle se laissa faire. Il ne l'avait pas quitté du regard et elle voyait en cela, la dévotion même qu'il lui vouait.

L'écrivain vint alors déposer fébrilement ses mains sur le minishort de sa nymphe pour le mener à ses pieds. Ses effleurements n'étaient que caresses, ses souffles irréguliers n'étaient que brises, ses baisers n'étaient que désir. Il remontait ses interminables jambes en déposant une myriade de baisers qu'il savait bon, à la sensation des mains effrénées de sa muse dans sa chevelure. A hauteur, ils se retrouvèrent : bouche contre bouche, lèvres contre lèvres, langue contre langue. Etourdissant, émoustillant… Assourdissant.

TROP !

Rick ralentit. S'arrêta. Se recula. Se détacha. Retira son short… Si bien qu'il n'était plus vêtu que de son boxer.

-Qu'est-ce que tu fais ? Chuchota-t-elle de plaisir sous les tendres caresses de son homme.

-Je veux que tu te sentes à l'aise et si cela doit passer par me mettre à nu, je le ferais. Je veux que tu prennes conscience que même moi, je ne suis pas parfait mais que pour toi, je peux le faire.

-Rick, ne fais pas ça pour moi.

-Chut ! Dit-il en posant son index sur ses lèvres.

Il tremblait, fébrile, tendu… Enfin, peu sûr de lui. Kate se hissa sur la pointe des pieds et ses mots d'amour s'éteignirent sur ses lèvres dans un soupir.

-Je t'aime.

Ces mots intimes résonnèrent à l'oreille de l'écrivain comme une douce mélodie. Certes, ils s'écrivent, ils se lisent mais plus fort encore, ils s'écoutent. Je t'aime… Bohème, poème, diadème, emblème. Toutes les rimes qui l'embellissent ne sont que beauté, et littérature. Il referma ses mains sur celles de Katherine et les déposa sur l'élastique de son boxer. Il ferma les yeux pour se donner la force et attendit. C'était la première fois qu'il allait se montrer nu de cette manière : corps et âme découverts devant l'élue de son cœur. Il allait connaître l'itinéraire de sa renaissance, sans craindre la vie, les regards et l'amour.

-Rick…

-Je te fais confiance.

Castle s'appliquait à la zone qui allait bientôt s'élever à l'œil de la seule femme qu'il n'avait jamais aimée, dans un stress palpable. Il expirait profondément au toucher de sa muse, sa respiration s'accélérait, son souffle se faisait bruyant, sa poitrine se soulevait anarchiquement. Beckett le sentait… Souffrir ? Terme un peu trop fort mais elle le devinait tout de même tourmenté. Les yeux toujours clos, il avait rompu le lien visuel et silencieux qu'ils entretenaient depuis toujours. Elle avait compris il faisait ça seulement pour la guérir. Elle captura ses lèvres dans un baiser doucereux et glissa ses mains à l'intérieur du tissu pour le faire glisser le long de ses cuisses. Adoucie par ses poils blonds, elle n'avait pensé toucher jambes d'homme si soyeuses.

Le sous-vêtement au sol, Richard était nu comme un ver.

Son esprit féminin ne put retenir son regard, de se déposer sur la virilité dressée de son écrivain. Elle découvrait ce sexe pour la première fois et de la plus belle des façons.

-Tu es merveilleux.

-Non.

-Mon homme est beau.

Les émotions montèrent et Rick finit par pleurer. Ce compliment émanant de Katherine était un trop plein de bonheur : elle affirmait qu'il était sien. Il rouvrit les yeux et se perdit dans les perles de bonheur de sa muse qu'ils partageaient toujours en parfait osmose. Il hésita à se rapprocher d'elle, au vue de sa virilité triomphante mais elle combla l'espace se foutant de ce détail alléchant. Ils s'aimaient passionnément quand il vint glisser ses mains sur ses hanches pour la soutenir virilement contre son torse. Elle se doutait de ce qu'il allait et voulait faire mais allait-elle avoir la force ? Allait-elle pouvoir lui offrir son corps cassé ? Allait-elle oser se mettre à nu comme lui venait de le faire ?

Seule réponse…

-Le bas tout d'abord, murmura-t-elle.

-Tu es sûre ?

-Je pense.

Tout en douceur, sans mouvement brusque, sans un mouvement de trop, il glissa ses pouces à l'intérieur de son shorty, les mains autour de ses hanches. Un effleurement, un effeuillage et le bout de tissu n'était qu'un souvenir gisant sur le carrelage.

Il la respecta, il l'aima, il l'embrassa. Ses lèvres n'étaient que les petits cailloux semés par l'amour, révélant un chemin de beauté inégalable, un sentier sensuel où l'arrivée était respect. Tête à tête, ils se charmaient jusqu'à ce que leurs corps se rappellent à eux. Les mains dans le creux des reins de sa muse papillonnaient le long de sa colonne dorsale… C'était relaxant, hypnotique… Lui.

-Rick, je n'ai rien dessous, dit-elle inquiète.

-Il y a ton âme.

Aucune hésitation dans sa voix, aucun temps de réflexion il venait de répondre avec son cœur. Katherine prit donc ses mains dans les siennes et comme il l'avait fait pour son boxer, elle les déposa sur les rebords de son sweat.

-A toi l'honneur.

Il l'embrassa langoureusement et releva délicatement son sweat qu'il passa au-dessus de sa tête. Elle avait fermé les yeux et elle pleurait silencieusement.

-Ne pleure pas, tu es sublime.

-Je ne peux pas Rick, sanglota-t-elle douloureusement.

Il la retourna dans ses bras, de façon à ce que son dos soit contre son torse et que tous les deux fassent front à la glace.

-Ouvre les yeux.

-Je ne sais pas Rick.

Il entrelaça ses doigts avec les siens et déposa une de leurs mains jointes sur son flanc et l'autre entre ses seins.

-Crois, en moi.

Délicatement comme une aveugle recouvrant la vue, elle ouvrit les yeux. Ce qui n'était jusque-là que sensation et imaginaire devint réalité. Sous ses yeux inquiets, Katherine trouva son corps nu enlacé par celui de Castle. Ils ne partageaient pas l'union mais fusion, il y avait : le contact de leurs mains dans son décolleté, la virilité de Rick appréciant la courbe de ses fesses, ses iris brillants et l'aura protectrice dont il l'enveloppait.

-Regarde, tu es sublime.

-TU es sublime.

-Non, TU es sublime.

Ils se regardèrent à travers le reflet du miroir et déclarèrent d'une seule et même voix.

-Nous sommes sublimes.

Il lui déposa un baiser dans le cou, là où il avait décelé ce frisson qu'elle ne pouvait retenir : zone érogène ou simplement désir ? Elle succombait. Leurs mains toujours entrelacées coulissèrent sous l'impulsion de l'écrivain. Il sentait les doigts de sa douce se contracter autour des siens à mesure qu'il effleurait sa balafre. Son rythme cardiaque s'accélérait, sa respiration se saccadait, son anxiété arrivait au galop.

-Détends-toi. Cette cicatrice est la preuve, le symbole que tu es plus forte que la mort elle-même. Tu es l'immortelle, celle qui dans mes bras, vit.

Kate, émue, porta leurs mains à sa bouche et y déposa un baiser. Elle le remerciait…

Par des mots ? Non. Par des gestes ? Oui.

-Et celle-ci, dit-il en caressant son entre deux seins, est la preuve que ton cœur est la plus précieuse des choses que tu es à offrir. Quelque chose de solide mais fragile à la fois, quelque chose d'inestimable et dans lequel je veux avoir une place pour le restant de notre vie.

Jamais un homme ne lui avait parlé ainsi mais elle se doutait qu'avec Castle, elle devrait abolir les préjugés, les idées préconçues et ses expériences d'antan. Elle allait apprendre les rouages des badinages… D'une idylle. Lui faisant désormais face, la brunette enroula ses bras autour de son cou et captura sa bouche. Sa langue, taquine, titillait son homologue pour ensuite devenir plus câline elles se caressaient avec une lenteur délicieuse.

-Merci.

-Always.

Always, toujours, Semper… L'infini en tout temps, en toute occasion… Sans cesse et sans relâche… Sans borne et sans fin… Ils regagnèrent leur lit où le monde des rêves, royauté du Marchand de Sable, les ferait les sujets de la cour céleste.

La nuit avait été courte suite à l'éveil du corps de sa muse mais quelqu'un avait décidé de ne pas le laisser dormir en paix. Il se leva, défaisant gentiment l'emprise de sa douce sur son corps et arrivé dans le salon où son téléphone hurlait, il vit l'identité de la fauteuse de troubles.

-C'est pas trop tôt Castle !

-Bonjour à toi aussi Lanie. Tu sais quelle heure, il est ? Râla l'écrivain.

-Parfaitement, il est dix heures du matin.

-Déjà !

-Il ne fallait pas faire des folies de ton corps, plaisanta la légiste.

-Lanie, tu…

-Stop. Tu es sur haut-parleur avec Kévin et Javier, la prévient son amie avant qu'il ne se lance dans des explications graveleuses.

-Tu allais dire Bro ? L'interrogea le latino toujours en proie à des détails croustillants.

-Rien qui ne vous concerne, le rabroua l'écrivain.

-Sinon, comment va Kate ?

-Bien maintenant, cela fait plus de trois semaines qu'elle n'a rien touché.

-Elle le vit comment ? S'enquit Ryan.

-Je pense que la période la plus difficile du sevrage est passée mais maintenant, il faut qu'elle accepte et surtout qu'elle s'accepte elle-même.

-On te fait confiance Bro, plaisanta l'ancien militaire.

-JAVIER ESPOSITO ! S'exclamèrent les trois autres.

-Et c'est bon les gars, je plaisantais.

-Bref, poursuivit Castle. Gates ne pose pas trop de questions, de problèmes ?

-On lui a dit que Beckett avait besoin de repos suite à toute cette histoire.

-Elle n'était pas surprise ?

-Je pense qu'elle fait comme si elle ne savait rien, expliqua Lanie. Elle se doute de quelque chose mais elle préfère nous laisser gérer.

-Tu penses qu'elle sait ?

-Non, mais il n'est pas rare qu'elle vienne me rendre un petit bonjour à la morgue en me demandant des nouvelles de sa lieutenant.

-Dans ce cas, c'est parfait.

-Et toi, comment tu te sens ? Demanda l'irlandais.

-Je dois avouer que les débuts du sevrage ont été durs mais maintenant, les choses s'arrangent alors je vais mieux.

-On ne te remerciera jamais assez pour ce que tu fais avec Beckett.

-C'est normal les gars, je l'…

-On sait Castle.

-Je vais vous laissez retourner au travail.

-A plus tard Bro.

-A plus, tout le monde.

La communication à peine rompue qu'une jeune femme très peu vêtue faisait son apparition dans le salon.

-Hey toi !

-Hey ! Tu vas bien ce matin ?

-On peut dire que ça va. C'était qui ?

-Au téléphone ?

-Oui.

-Oh, une erreur, feignit l'écrivain.

-Et tu dis « à plus » à des erreurs toi, dit sceptiquement Kate.

Sacrée lieutenant, songea Richard.

-Ah non, excuse à l'instant c'était Gina. L'erreur c'était avant.

Il s'enfonçait. Il en avait conscience, elle en avait conscience mais il lui avait promis de ne rien révéler aux gars alors il s'obstinait.

-D'accord.

-D'accord.

Echos incertains, ils se sondaient.


Je dois me cacher ou je peux rester ? A vous de voir xD Je vous dis à la semaine prochaine pour le dénouement de cette histoire…

Et n'oubliez pas de laisser un petit commentaire… Comme le dise nombre de mes collègues, ceux ne sont que quelques mots tapés dans un cadre blanc, qu'une minute ou deux à tapoter sur un clavier, que quelques réflexions ou ressentis mais pour nous, c'est un grand honneur de lire vos pensées !

Alors à vos reviews