Semaine avec un vampire
Résumé : Heero fait une étrange rencontre qui va lui laisser des marques.
Sujet : vampire, amour, tentation
Couple : HY/DM
CHAPITRE 11 : mon histoire
POV Duo :
Il y a des moments dans la vie où on est nostalgique. Moi c'est quand je t'observe dormir.
Je repense à ta peau hâlée, à ton goût, ton odeur, au bruit que faisait ton cœur quand il se mettait à battre plus vite. Je crois que quelque part je regrette ton coté humain, que je regrette de t'avoir ôté la vie, ôté la mort même si j'aime ta peau pâle qui fait si bien ressortir tes yeux d'un cobalt envoûtant et le fait qu'ainsi tu resteras avec moi pour un très long moment.
Et j'aime te regarder dormir, tu as l'air si serein et surtout, tu as ce micro sourire si adorable que tu ne fais que rarement. J'aime pouvoir t'observer longuement. Ma main glisse dans tes cheveux qui ont toujours été et qui seront toujours en bataille. Ça te donne un air sauvage et sexy. Tu soupires de bien-être et te retournes, faisant glisser le drap par terre, me permettant d'admirer ton dos pâle et musclé.
Ma bouche se pose délicatement sur ton épaule tandis que mes yeux se posent sur les cicatrices laissées par mes dents dans ton cou. Instinctivement, une de mes mains effleure mon cou. Contrairement à toi je n'ai pas gardé de marques.
Tu t'agites et t'étires avant de doucement ouvrir les yeux. Tu me regardes et fronces les sourcils, tu sens que je suis pensif.
- Dix sous pour tes pensées.
Je me passe une main dans les cheveux, hésitant. Mais tu sais que je ne te résiste pas et tu viens t'allonger sur moi, plantant ton regard dans le mien. Tu me fait un regard insistant tout en enroulant une mèche de mes cheveux autour de tes doigts.
- Je pensais à ma vie…
- Avant que tu sois un vampire ?
- Oui.
- Tu regrettes de m'avoir vampirisé ?
- Quelque fois. Mais je crois que dans le fond, je suis heureux de tout ça. Tu sais, si je n'avais pas été vampirisé, on ne se serait pas connu et si je ne t'avais pas vampirisé, tu m'aurais quitté après un certain nombre d'années…
- Raconte- moi ton histoire… s'il te plait.
J'hésite. Je veux te la raconter mais ne me verras-tu pas comme un vrai monstre après ça ? Je te serre un peu plus contre moi alors que tu poses ta tête sur mon torse.
- C'était il y a 150 ans… mais je m'en rappelle comme si c'était hier. Mais pour que tu comprennes, je devais remonter à ma seizième année.
« Je détestais ma vie, je détestais être fils de Duc et surtout, je détestais toutes ces filles de riches qui me tournaient autour et qui rêvaient de m'avoir pour mari. Mon père organisait des banquets, avec des gens de la haute comme il les appelait. Il négociait avec eux, cherchant le plus offrant afin de m'organiser un mariage. J'avais envie de vomir de voir toutes ces filles avec leurs robes à froufrou et leurs chignons tirés à quatre épingles. Ça m'agaçait, je ne voulais pas de tout ça, de cette vie…
- Mais tu n'avais pas le choix ?
- Je subissais.
« Mon éducation m'interdisait de me plaindre ou encore de trouver l'excuse que j'étais homosexuelle même si à cette époque c'était loin d'être le cas. Les mariages arrangés, ça faisait partie de ma vie de fils de duc après tout.
Mais j'aurai tous voulus les tuer… oh bien sûr, je ne pouvais pas mais je me promis qu'un jour je me vengerai d'eux et que je leur ferai payer ce qu'ils me faisaient endurer, à savoir un enfer. Sans doute cela faisait déjà de moi un assassin…
Et puis mon père est tombé malade le jour de mes dix-sept ans. Sur son lit de mort, il me léguait son titre de Duc, son manoir et sa fortune… j'étais devenu l'héritier et quelque mois plus tard ma mère mourrait de chagrin.
« Je détestais être Duc presque autant que tout le reste. Mes portraits remplacèrent rapidement ceux de mes parents au manoir, je voulais plus les voir, plus entendre parler d'eux.
Au bout de sept ans de règne, je décidai de partir loin, de tout planter, de tout oublier. J'avais besoin d'évasion.
Je me suis exilé dans un village en pleine montagne. Un village d'une centaine d'habitants à tout cassé.
Chacun avait son histoire et personne ne posait de questions. Ils étaient accueillants et on était tous amis sans vraiment se connaître. Je passais mes soirées avec eux autour d'un bon verre puis un soir où ils étaient tous aller voir un spectacle qui ne me donnait pas envie, elle est apparue.
« Elle avait de longs cheveux noirs, plaqués sur son visage pâle par la pluie, cachant légèrement ses yeux vert clair rougis par les larmes qu'elle versait. Elle était divinement belle et semblait avoir toute la misère du monde sur les épaules. Elle s'installa à une table à l'écart et je la rejoignis avec un verre que je lui donnai. Elle le vida d'une traite avant de me remercier et de se remettre à pleurer.
J'attendais, je voulais qu'elle parle, qu'elle me dise ce qu'elle avait mais elle me demanda de lui raconter mon histoire. Je le fis sans broncher persuadé qu'ainsi elle me raconterait la sienne.
« Je lui parlais de mon père, de mon envie de vengeance et de mon exile ici.
Elle m'écoutait attentivement en hochant la tête de temps en temps puis elle me raconta ce qui l'avait amené ici.
Elle avait aimé un homme que le temps n'avait pas épargné et elle, étant vampire ne pouvait pas le rejoindre sauf si un autre vampire la tuait.
Finalement elle me proposa un marché. Elle me donnait un moyen de me venger mais en échange je devais la tuer.
Je savais ce qu'impliquait ce marché mais j'acceptai, mon envie de vengeance était trop grande pour que je refuse.
- Et après ?
- La douleur fut atroce. Déjà, contrairement à toi, je n'éprouvais aucun plaisir à ce qu'elle suce mon sang. Tu dois être maso… Et ce fut pire quand elle injecta le poison.
Deux jours en enfer je crois que c'est ce qui résume le mieux ce que j'ai ressenti.
Je tins ma parole et la tua. Si notre poison transforme les humains, il tue les vampires. Sa mort fut lente et douloureuse mais je restai près d'elle jusqu'à la fin. Ensuite, je partis me venger et quand on me déclara mort, je retournai vivre au suite tu la connais.
- Tu as tué des gens à droite à gauche pour te nourrir pendant 150 ans et un soir tu m'as rencontré.
- Exactement.
Tu m'embrasses avec tendresse.
Ce matin, c'est un matin de plus dans notre immortalité. Un matin de plus à s'aimer, un matin de plus où je suis heureux de t'avoir vampirisé pour ne pas avoir à vivre le même chagrin que cette fille.
Un matin de plus où je suis heureux de ce marché.
A suivres…
la fin après les vacances de pâques
