Note de l'auteur: Heyyyyyyyyy mes chers et fidèles lecteurs et lectrices ! Je revient pour le 11ème et dernier chapitre de cette fiction ! Je vous remercie du fond du cœur pour tout vos messages encouragements et autres que vous avez laissés au court de l'histoire ! ;) J'espère que vous apprécierez ce dernier chapitre et je suis désolée pour ce retard !

Je voulais également dire un grand merci à ma bêta MiniCouette pour ses corrections d'une très grande qualité ! :)

A bientôt pour de nouvelles aventures ! ;)


Chapitre 11 : Jeux d'ombres et de lumières


L'Homme de Glace était de mauvaise humeur. C'était la réflexion que se faisait Moriarty depuis quelques semaines. En effet, quelques semaines auparavant, il était arrivé un petit incident : Mycroft était tombé. Au sens littéral du terme, le politicien avait descendu ses escaliers mais avait raté une marche, ce qui lui avait valu de se casser la jambe. On lui avait posé un plâtre dans la plus grande des discrétion et par la force. Car si il y avait bien une choses que détestait Mycroft par dessus tout, c'étaient bien les hôpitaux. Sherlock avait même été obligé d'intervenir, ce qui avait provoqué un tsunami de colère, de gestes et de paroles indécentes. Finalement Sherlock eut gain de cause et triompha lorsque Mycroft voulu en venir aux mains mais qu'il ne put se lever.

Mais le plus horrible pour Mycroft fut le fait d'être obligé de rester dans un fauteuil roulant. Sa colère fut alors sans limite. Désormais le gouvernement britannique restait cloîtré chez lui, dans une pièce sombre et n'adressait la parole à personne. Sherlock le laissait se calmer, sachant que rien ne pourrait le faire céder. Mais Sherlock, savait que les lèvres closes de son frère n'étaient pas seulement dues à son immobilité, il savait que Moriarty y était pour quelque chose. Il n'avait jamais vu son frère dans un tel état, ce n'était pas le genre de Mycroft d'être sensible à ce genre de choses et de faire son enfant boudeur. Seulement, le détective savait pertinemment que ce n'était pas de la bouderie mais quelque chose de plus profond qu'il avait eu l'occasion d'expérimenter.

Mycroft de son côté n'en menait pas large. Dans l'obscurité, il réfléchissait et soupirait au fur et à mesure que le temps et son ennui avançaient. Il en avait assez de rester immobile et surtout Moriarty lui manquait. Une dispute avait éclatée entre eux, Mycroft, décidé d'en finir avait exigé que Jim sorte et ne revienne plus jamais. Le criminel était resté quelques minutes mais Mycroft lui avait tourné le dos, ignorant la voix de Jim. Mycroft avait immédiatement regretté ses paroles. James avait simplement voulu que Mycroft vienne avec lui, fuie avec lui et qu'ils puissent reprendre une nouvelle vie, mais le politicien avait refusé en bloc, refusant de quitter son frère, son emploi ou même sa famille. La conversation s'était envenimée encore et encore. Mycroft rouvrit ses yeux et regarda son portable : aucun message.

Une fois de plus il soupira. Il avait échoué de nouveau. Il referma ses yeux pour essayer de dormir mais ce n'était que le visage de Jim qui refaisait surface. Même en fuyant dans son palais mental il apparaissait à chaque rayon avec ce même sourire collé au visage. Le criminel se collait à chaque armoires avec indécence et des souvenirs peu catholiques lui revenaient. Mycroft ne tarda pas à devenir brûlant. Ses yeux se rouvrirent à la hâte pour échapper à ces visions provocatrices.

Voyant l'heure tardive, Mycroft décida d'aller dormir. Avec difficulté, il parvint à aller dans sa chambre. Au lieu de se mettre au lit, il préféra se hisser sur son large siège. Malheureusement pour lui, les images de Moriarty ne souhaitaient pas s'évaporer et provoquaient chez lui une douloureuse érection. Refusant de s'abandonner à ce besoin primaire, le politicien tenta tant bien que mal de faire abstraction de ce plaisir. Il se remémora sa journée ennuyeuse pour dévier les papillons qui habitaient son ventre. Alors que le calme apaisait peu à peu cet engourdissement de désir, son téléphone vibra. Sorti de sa torpeur, Mycroft prit son portable avec fébrilité. Son cœur tambourinait mais Mycroft le fit taire à coup de maîtrise totale.

« Appelle moi, urgent. SH »

Mycroft soupira mais il ne savait pas si c'était de frustration ou de soulagement. Malgré l'heure tardive, il consentit à appeler son frère :

"- Quelle catastrophe à encore assaillie le monde Sherlock ?

- La tienne.

- Je m'en serais douté...

- Il faut que tu l'arrêtes.

Mycroft eut un temps d'arrêt le laissant envisager le pire.

- Je te demande pardon ?

- Ne me prends pas pour un idiot Mycroft, tu sais très bien de quoi je veux parler.

La mâchoire du politicien se resserra à l'évocation du sous entendu. Il n'avait pas envie de parler de ça avec son frère. Il ne voulait pas parler de lui tout court.

- Que veux-tu que je fasse? J'ai une jambe dans le plâtre et puis tout ça appartient au passé.

- Tu ne crois même pas en ce que tu dis, il a tué trois personnes ! Ça ! Ça appartient au présent !

- Sherlock... Je sais que j'ai fait une erreur mais je ne peux pas la réparer, depuis le début je n'aurais jamais dû avoir ce genre de relation avec ce genre d'individu.

- Pourquoi est-ce que tu me dis ça à moi ? Je n'en ai rien à faire de tes excuses, je veux simplement que tu arranges ce que tu as provoqué.

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ? Je pense avoir un petit avis sur la question, parce que Mycroft Holmes a peur et que c'est un lâche. Tu l'as toujours été, à ta manière. Mais maintenant que tu as découvert le sens du mot « sentiment » tu ne peux pas faire la part des choses ! Soit tout est tout blanc ou tout noir pour toi !

Mycroft ferma les yeux alors que Sherlock le blessait. Mycroft était meurtri car il savait que son frère avait raison.

- Sherlock...

- Il n'y a pas d'autre alternative, Mycroft, pour une fois c'est moi qui vais donner les ordres et toi tu te contenteras gentiment de les suivre. Je ne veux pas avoir la mort d'une autre âme sur la conscience, et je ne veux pas que mes proches aient à subir ta bêtise monumentale. Donc tu vas aller lui parler et tu vas arranger les choses même si cela doit te coûter ta fierté.

- Ne t'en fais pas, il est déjà là."

Sans attendre la réponse de son frère Mycroft raccrocha. Puis sans se soucier de la lame qui était posée sur sa gorge, il leva les yeux pour regarder le possesseur de cette dite lame.

"- Hello darling, je t'ai manqué ?"

Mycroft ne put retenir un fin sourire. Moriarty n'avait pas beaucoup changé, hormis les cernes qui ornaient ses yeux et ses cheveux un peu plus décoiffés que d'habitude. James était toujours aussi beau et Mycroft dut faire un effort sur lui même pour restreindre les battements de son cœur. Le criminel se tenait derrière son siège et ne détendait pas ses doigts du couteau.

"- On m'a conté tes exploits James.

Les yeux de Jim s'encrèrent dans ceux de Mycroft et son visage s'éclaira d'un de ses sourires un peu fous mélangé à de l'amertume.

- Je m'ennuyais, donc j'ai décidé d'aller faire joujou..."

Mycroft ne sut que répondre, tiraillé entre ses sentiments et son sens du devoir.

"- Et tu sais très bien que c'est de ta faute Mycroft.

La lame se déplaça de sa gorge à sa joue, avec une lenteur et une délicatesse sans précédent.

- Je sais. Mais tu sais très bien que nous ne fuiront jamais au large, loin de nos anciennes vies. Je dois rester à Londres. Avec ou sans toi à mes côtés.

La lame oscilla légèrement contre la pommette de Mycroft. Les yeux de Moriarty étaient emplis de tristesse, voilés sous une couche de colère. La lame se fit plus insistante contre la carotide de Mycroft. Une légère entaille laissa couler un filet de sang sur la gorge de Mycroft, maculant peu à peu le col de sa chemise.

- Et si je te forçais ?

- Alors autant me tuer tout de suite.

La voix de Mycroft était ferme mais teintée d'exaspération. Son regard bleu ne quitta pas le visage impassible de Moriarty, en quête d'expression et de détails. Seul le tic nerveux de l'un de ses yeux trahissait ses états d'âme. Soudainement, Moriarty prit violemment la gorge de Mycroft dans un élan de rage. Entre deux hoquets, le politicien put voir la colère et la déception dans toute sa splendeur sur le visage de son ancien amant.

- Ne me tente pas Holmes !"

Les doigts de Moriarty se resserrèrent vivement sur le cou de Mycroft. La bouche de l'Homme de Glace s'ouvrit à la recherche d'

May 30Tremblante, la main du politicien se posa sur le poignet de Moriarty, qui, victime de ses propres ressentis, relâcha un peu la pression sans pour autant retirer ses mains. Il plongea une main dans les cheveux de Mycroft et tira violemment dessus. Un geignement de douleur parvint à s'échapper de la gorge de Mycroft provoquant un léger sourire de la part du criminel.

- Oh darling... Après tout ce temps et tout ce que nous avons vécu, tu me résistes encore ? Que dois-je faire pour que tu sois enfin à moi?"

Cette fois-ci ce fut un rire qui s'échappa de ses lèvres et les yeux de Mycroft s'ouvrirent pour fixer James avec intensité. Jim s'en sentit déstabilisé mais ne resserra pas pour autant sa prise. La main de Mycroft qui était posée sur le poignet de Moriarty remonta progressivement le long de la manche puis du bras jusqu'à la joue du criminel. Ce fut alors le silence qui s'installa alors que Mycroft caressait la peau de Moriarty sans vraiment la caresser. Le temps sembla s'arrêter en même temps que la respiration de Moriarty.

"- Tu ne comprends donc pas. Ce n'est pas étonnant. J'ai été dur avec toi, je ne le nie pas. Si c'était à recommencer, je le referais. Mais le fait est que cela ne marche pas, enfin que ça ne marche plus. Je ne peux plus rien pour faire tarir mes sentiments. Mais je suis un Holmes et quand tu as évoqué le fait de partir avec moi, j'ai simplement pris peur.

Mycroft marqua une pose avant de reprendre. Ça lui demandait beaucoup mais il ne chercha pas une seconde à quitter Moriarty des yeux. Celui-ci était d'ailleurs concentré sur ses paroles.

- J'avais simplement peur que tu m'entraînes dans ta chute comme je t'avais entraîné dans la mienne.

Le politicien glissa la paume de sa main sur la nuque du criminel qui n'émettait aucune résistance ou autre geste. Il le rapprocha doucement de lui jusqu'à ne laisser qu'une limite de quelques centimètres entre eux.

- Je me suis simplement rendu compte que c'était déjà le cas."

Puis sans laisser le temps à Moriarty de réagir, Mycroft se redressa lentement, rompant l'espace qui subsistait entre le criminel et lui et scella leurs lèvres dans un baiser loin d'être doux. Les mains qui entouraient la gorge du politicien s'estompèrent pour aller se placer de part et d'autre du siège. Le baiser n'était ni une promesse, ni quoi que ce soit d'autre de ce genre. C'était plutôt une sorte d'évidence, d'apaisement pour l'un et l'autre. Les mains de Mycroft étaient maintenant sur le col de Moriarty et le criminel surplombait dès à présent le politicien, ne lui laissant aucun échappatoire. Alors que les deux corps s'unissaient, trois petits mots furent glissés à l'oreille du criminel, lui prouvant qu'il ne se défilerait jamais. Ce qui initia le criminel à redoubler d'ardeur dans ses gestes et caresses.

Ce que Mycroft ne savait pas c'est que dans le froid de la nuit, deux hommes observaient du toit de la maison voisine. L'homme de grande taille portant un trench coat sombre et affublé de jumelles tendait la main vers un petit bonhomme au cheveux blonds et au pull improbable. Grognon, celui-ci fouilla dans sa poche et glissa un billet de 20 £ dans la main gantée de l'autre homme. D'ailleurs celui-ci grimaça et retira les jumelles loin de sa vue, choqué par ce qui venait de se passer.

"- Je suis bon pour une nuit d'insomnie.

- Sherlock... Tu es le pire enfoiré qui puisse exister...

- Quoi ?! Tu répètes sans cesse que je suis un handicapé relationnel ! Et bien j'évolue, j'ai simplement voulu donner un petit coup de pouce à mon frère et j'ai contribué à son bien être !

- Oui bien sûr ! Et c'est pour cela que tu l'as manipulé en inventant une histoire et le faisant culpabiliser sans oublier l'aide fournie par l'ennemi N°1 juste parce que Monsieur Sherlock Holmes s'ennuyait !

- Arrête de dire des sottises John...

- Moi je dis des sottises ! Ça c'est la meilleure ! Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Il y a peine deux jours tu te roulais par terre car tu n'avais aucune enquête à te mettre sous la dent ! Bon je veux bien avouer que tu as eu une bonne idée et que ton frère a l'air très en forme maintenant mais quand même Sherlock ! Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop?

- Tu ne comprendras jamais mon cher John, ton cerveau est trop étroit. Et puis je me suis bien amusé."

Les réprimandes continuèrent alors qu'ils descendaient du toit. Intérieurement ils ne pouvaient s'empêcher de sourire. Les deux amis repartirent le sens du devoir accompli, laissant derrière eux deux hommes s'aimer dans la sagesse de la nuit.