Salut à tous !

Voila, c'est les vacances, donc je vais encore faire honneur à mon pseudo... enfin, j'espère... bah, maintenant, vous me connaissez !

Un GRAND merci à :

David : je vais faire ce que je peux pour l'action et la magie, en tout cas tu peux être sur qu'il y en aura bientot (...) bref, à part ça merci, et bonne lecture !

Malda Potter : Eh bien, voila la suite ! Et merci !

Yasha : Merci, merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Et merci pour ton e-mail !

Voila voila... je vous souhaite à tous une bonne lecture et j'essaye de vous écrire le 12ème chap pour la semaine prochaine (mais je ne vous promet rien...)

Gros bisous, à bientot !

Speedy

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Chapitre 10 :

"Harry !" entendit-il derrière lui.

Il se retourna et s'étonna de voir que c'était Vela. Depuis la rentrée, ils s'ignoraient consciencieusement et ni l'un ni l'autre n'en était affecté, du moins en apparence. Il se demanda pourquoi elle avait décidé de changer cet état de fait.

"Qu'y a-t-il ?" demanda-t-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Elle eut un bref regard surpris puis ses yeux prirent une inquiétante couleur rougeâtre.

"Désolée de vouloir te parler," rétorqua-t-elle plus sèchement encore. "Je crois quand même qu'il serait tant que tu cesse de me prendre pour une ennemie !"

Sans le vouloir, Harry avait déclenché les hostilités, mais il n'avait aucune intention de faire quoi que ce soit pour les stopper.

"Je ne te prends pas pour une ennemie !" s'emporta-t-il.

"Ah oui ?" dit-elle un peu plus fort. "Alors pourquoi m'évites-tu ainsi ? Tu crois peut-être que je n'avais rien remarqué ?"

"Moi, je t'évite ?" s'écria-t-il. "Et que peut-on dire de toi ?"

"Je te signale que ce n'est pas moi qui te regarde comme si tu étais quelque chose de répugnant qu'on ne doit pas toucher !"

Ils étaient tous deux en train de déclencher un esclandre dans le couloir mais ni l'un ni l'autre ne s'en rendait compte. Ils étaient trop occupés à se cracher à la figure tout ce qu'ils avaient ressassé pendant un mois sans pouvoir l'exprimer.

"Ce n'est quand même pas moi qui ait accepté le déshonneur d'entrer à Serpentard !" cria Harry.

"Parce que pour toi, être justement réparti selon la personne que tu es réellement, c'est un déshonneur ? Figures-toi que pour moi ce n'est pas le cas, Potter, et que je suis aussi fière d'être à Serpentard que toi tu l'es d'être à Gryffondor !"

"Je ne vois pas en quoi tu peux être fière d'être comme Malefoy et les autres !"

Harry se rendit compte une seconde trop tard qu'il était allé trop loin. Vela devin cramoisie et ses yeux prirent la couleur du sang. Elle lui flanqua une gifle retentissante et lui débita une litanie, dont il ne comprit un traître mot puisque c'était du français, avant de se retourner brusquement et de bousculer le cercle d'élèves qui s'était formé autour d'eux. Harry mit quelques secondes à se remettre du choc, puis il vit Hermione qui semblait à la fois surprise, agacée et légèrement choquée. Elle fit un pas vers lui mais fut devancée par le professeur Herbert qui dispersa tout le monde avant de faire entrer Harry dans la salle de Défense.

"Assieds-toi, Harry," lui dit-il l'air très sérieux en désignant une des chaises.

Harry s'exécuta, ne sachant pas à quoi s'attendre. Le professeur avait perdu tout sourire et semblait nerveux. Il prit place en face de lui et le regarda droit dans les yeux. Harry y détecta beaucoup de choses : colère, inquiétude, nervosité, mais surtout une grande tendresse et une profonde tristesse. Sans savoir pourquoi, Harry se sentit brutalement gêné et il ne put soutenir encore ce regard bleu et autoritaire. Il baissa les yeux sur la table et eut l'impression de recevoir une seconde gifle.

"Harry, regarde-moi," ordonna le professeur Herbert.

Harry releva la tête mais il lui fallut un grand effort de volonté pour plonger de nouveau les yeux dans cet océan de sentiment.

"Est-ce que tu te rends compte de la gravité de ce que tu as dit ?" demanda le professeur.

"Non," répondit sincèrement Harry.

Le professeur poussa un soupir résigné.

"Au moins tu es honnête," dit-il en se levant - au grand soulagement de Harry qui ne demandait pas mieux que de se soustraire à ces yeux troublants. "Il est vrai que rares sont à votre age les jeunes qui sont d'une tolérance suffisante pour considérer Serpentard comme une maison à part entière. Tu as exprimé la pensée de la plupart des élèves de Gryffondor, Pouffsoufle et Serdaigle. J'aurais cependant cru que tu avais compris que la situation actuelle exigeait un minimum de respect envers tout le monde, y compris envers les élèves de Serpentard. Je comprends que certaines inimitiés puissent être assez fortes pour empêcher cela, ais je ne pense pas que ce soit le cas entre toi et Vela Je me trompe ?"

"Non," répondit Harry. "Je regrette ce que j'ai dit. Mes paroles ont dépassé mes pensées."

Le professeur hocha la tête, comme si Harry venait de confirmer ce qu'il pensait.

"Je te crois. Il n'empêche, Harry..." continua-t-il en venant poser les mains sur la table et en le regardant dans les yeux. "Je ne veux plus jamais que ça se reproduise."

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Harry arriva à la Salle Commune un peu hagard, mais il comprit que les reproches n'étaient pas finis en voyant Hermione se lever de la table où elle travaillait.

"Oui, je sais," l'interrompit-il avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit. "J'ai été totalement stupide, je n'aurais jamais du dire ça. Je viens déjà de me faire passer un savon par Herbert, alors aurais-tu l'obligeance de ne pas me parler de ça, s'il te plait ?"

"Oh, oui, ne t'inquiète pas," répondit Hermione avec un sourire ironique. "On m'a simplement demandé de te transmettre ça," ajouta-t-elle en lui tendant une enveloppe scellée.

"Qui ?" demanda Harry, surpris.

"Ouvre-là, tu verras bien."

Curieux, il brisa le sceau et sortit un mot rédigé à la hâte d'une petite et fine ecriture.

"Rendez-vous trois heures du matin au troisième cachot à gauche après celui des cours de Potions.

V.W."

"V.W," songea Harry. "Vela Wolf. Voila qui est étrange."

Il regarda la lettre pendant quelques secondes, puis la replia et la rangea dans son sac. Il serait toujours temps de décider que faire. Il rejoignit Ron et Hermione à la table où ils travaillaient. Ron semblait avoir du mal à se concentrer : il levait souvent les yeux de sa feuille pour regarder Hermione avec adoration, puis secouait la tête et se remettait au travail.

"Dis-moi, Hermione," commença Harry. "Qu'a dit Vela avant de partir ?"

A sa grande surprise, Hermione rougit de gène et évita son regard.

"Heu... ça ressemblait plus ou moins à "va te faire voir, espèce de sale petit imbécile prétentieux, ridicule et détestable." En moins poli. Beaucoup moins poli."

"Ah," répondit Harry en baissant les yeux sur son devoir de métamorphose.

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Pendant le dîner, Harry, Ron et Hermione mangèrent aux cotés de Seamus, Dean et Neville.

"Bravo, Harry," dit Dean à un moment. "Tu l'as remise à sa place, cette petite peste."

"Oui, c'était bien dit," ajouta Seamus.

Harry rougit brusquement. Il ne s'était pas attendu aux conséquences de cette dispute.

"Non," rétorqua-t-il. "J'ai eu tort de dire ça. Je me suis laissé emporter."

Dean et Seamus se regardèrent, surpris.

"Je t'assure que si," reprit Dean. Et puis, je ne vois pas pourquoi tu t'en fais. Ce n'est qu'une Serpentard !"

"Non, c'est faux," s'entêta Harry. "Elle est différente. Je n'aurais jamais du dire ce que j'ai dit."

"Mais -" protesta Dean.

"Harry a raison," interrompit Hermione. "Je crois qu'il serait temps que la lutte entre Gryffondor et Serpentard cesse."

"Alors là, ma chère Hermione, tu rêves en couleur," rétorqua Seamus.

Harry se dit qu'il avait probablement raison. Inconsciemment, il regarda vers la table de Serpentard et croisa un regard bleu surmonté de sourcils interrogateurs. Il hocha légèrement la tête et reprit son repas comme si de rien n'était.

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Dans son laboratoire, Vela se rongeait les sangs. Et s'il décidait de ne pas venir ? Elle était à peu près certaine que le professeur Rogue ne lui tiendrait pas rigueur de se trouver ici aussi tard, mais jusqu'à maintenant il n'avait posé aucune question plus précise concernant le but réel de ses recherches, et elle souhaitait que cela reste ainsi. Elle n'était pas certaine que ce qu'elle faisait était tout à fait légal. Cependant, elle avait payé suffisamment cher pour ne pas vouloir stopper maintenant. Si seulement elle n'avait pas oublié cette fichue fiole en France !

On frappa trois coups à la porte. Elle ouvrit, mais son cœur manqua un battement quand elle vit qu'il n'y avait personne. Devenait-elle folle ?

"Pousses-toi que je puisse entrer !" murmura une voix étouffée.

Vela sursauta et s'écarta brusquement de la porte, qui se referma toute seule. La tête ébouriffée de Harry apparut dans les airs, puis le reste de son corps quand il laissa tomber une longue et fine cape argentée à terre.

"Une cape d'invisibilité !" s'exclama-t-elle, abasourdie.

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Harry la regarda s'en saisir avec ravissement. Il en profita pour effacer discrètement la carte du Maraudeur et la rangea dans sa poche.

"Où l'as-tu eu ?" demanda Vela sans lâcher la cape merveilleuse. "C'est si rare !"

"Un héritage de mon père," répondit succinctement Harry.

Elle lui lança un regard surpris.

"Oh, euh..." dit-elle en lui rendant. "Désolée, tu ne voulais peut-être pas que j'y touche..."

Pour une raison inconnue, elle sembla gênée et détourna les yeux.

"Pourquoi n'aurais-je pas voulu que tu y touches ?" demanda Harry.

"En partie parce que je ne suis qu'une Serpentard," répondit-elle froidement en se dirigeant vers un chaudron. "Et en partie parce que, moi, je n'aime pas que l'on touche aux affaires de mes parents," finit-elle doucement. "C'est comme si on leur enlevait une partie de la valeur que je leur accorde."

"Je comprends," répondit Harry en songeant à l'album de Sirius qu'il avait jalousement caché depuis qu'il l'avait reçu.

Il y eut un silence tendu.

"C'est donc ici que tu as transporté ton laboratoire," dit maladroitement Harry.

"Oui," répondit Vela "J'ai de la chance. Je peux m'isoler quand je veux."

"Hmm," fit Harry.

Il comprenait très bien le besoin parfois impérieux d'être seul et se mit à penser que, malgré leurs différences, Vela et lui étaient finalement plus semblables par leurs épreuves qu'il ne l'avait imaginé.

"Vela, je..."

"Harry, je..."

Leurs regards se croisèrent et ils eurent un rire nerveux.

"Excuse-moi, vas-y," dit-elle.

"Je suis vraiment désolé pour ce matin. J'ai été stupide et ridicule."

"C'est vrai," répondit-elle simplement. "Mais je ne t'en veux pas. Les années passent et les préjugés perdurent..." dit-elle, l'air ailleurs.

Il y eut un court silence durant lequel Vela tripota nerveusement quelques flacons remplis d'une substance qui était probablement du sang. Finalement, comme elle ne disait rien, Harry se décida à parler.

"Pourquoi m'as-tu demandé de venir, Vela ?" demanda-t-il en s'approchant.

Elle hésita une seconde.

"Je ne sais pas si tu vas me croire, mais... J'ai fait un rêve il y a quelques temps... Un cauchemar, plus précisément. Mais ce n'était pas un cauchemar normal. Je... je ne savais pas quoi faire, mais je me suis dit que, peut-être, tu pourrais en parler à Dumbledore..."

"Qu'est-ce que tu veux dire par "pas normal" ?" demanda Harry en s'asseyant sur un tabouret qui était là.

"J'ai... quelques fois, fait des rêves prémonitoires et... oh, ne me regarde pas comme ça, Harry, je sais que c'est incroyable, mais c'est la vérité... et je suis très inquiète."

"Ne t'en fait pas," répondit Harry en lui prenant la main. "Je te crois."

Elle frissonna et retira précipitamment sa main en mettant une distance respectable entre Harry et elle.

"Excuse-moi," dit aussitôt Harry. "Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a prit."

Il rougit et baissa les yeux. Il n'avait pas cherché à l'effrayer, il avait seulement voulu la rassurer.

"Ce n'est pas ta faute, Harry," dit-elle d'une petite voix.

Il y eut un silence gêné.

"Qu'as-tu vu dans ton rêve ?" demanda Harry pour faire baisser la tension.

"Je ne sais pas exactement," répondit Vela, songeuse. "J'ai vu un homme, ou plutôt une forme humaine, se transformer en... en quelque chose d'horrible. Je ne me rappelle pas ce que c'était, mais c'était si terrifiant que ça m'a réveillée."

Harry réfléchit, mais il ne put s'empêcher d'avoir un frisson de terreur au souvenir d'un de ses rêves qui, lui aussi, lui avait montré une chose suffisamment terrifiante pour le réveiller... et ne lui laisser aucun souvenir. Mais il avait vu, plus tard, cette chose horrible, qui n'était autre que Lord Voldemort.

"Harry, ça va ?"

Une douce voix vint s'interposer entre lui et ses souvenirs, et il rouvrit ses yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermés. Il s'aperçut que Vela s'était rapprochée.

"Désolé," dit-il. "J'étais ailleurs."

"Alors, qu'est-ce que tu en penses ?" demanda Vela

"Eh bien, c'est mauvais," dit-il simplement. "Mais dis-moi... Pourquoi t'adresser à moi plutôt qu'à un des professeurs ou à Remus, ou même à Hermione ?"

Elle parut gênée par la question et se remit à tripoter ses flacons.

"Je ne fais pas facilement confiance aux gens," répondit-elle prudemment. "J'avais éventuellement pensé au professeur Herbert mais... je ne sais pas, quelque chose me gène chez lui. J'ai pensé aussi à Remus, bien sur, mais j'avais peur de lui écrire une lettre qui aurait pu tomber entre de mauvaises mains. Après tout, c'est peut-être important... Non, je suis sure que ça l'est. Hermione ? Oui, peut-être, j'aurais pu. Mais je crois qu'elle n'est pas totalement naturelle avec moi. Elle est très gentille, certes, mais je perçois tout de même une certaine réserve. Elle reste une Gryffondor, et même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas réprimer ses plus profonds instincts..." finit-elle cyniquement. "Il ne restait que toi, dont j'étais sure que tu étais du bon coté... ne serait-ce que pour ça," ajouta-t-elle en effleurant la cicatrice de Harry.

Harry se sentit étrangement flatté par ses paroles, mais il évita de le laisser paraître.

"Quoi qu'il en soit," dit-il, "je crois qu'il vaut mieux en parler à Dumbledore. Tout de suite."

"Quoi, maintenant ?" s'étonna-t-elle. "Tu ne crois pas qu'il dort, à cette heure-ci ? Et comment comptes-tu traverser le château à trois heures et demi du matin ?"

"On va utiliser la cape," dit-il en se levant et en la prenant.

Quand il vit qu'elle ne faisait pas un geste, il comprit le problème. Il se mordit la lèvre de frustration, mais il ne put ravaler sa question.

"Pourquoi as-tu peur qu'on te touche ?" demanda-t-il d'un trait.

Ce fut au tour de Vela de se mordre les lèvres mais elle rougit et prit un air triste.

"Je... je..." commença-t-elle. "Je ne peux pas te le dire."

"Pardon," dit Harry. "Ca ne me regarde pas. Je n'aurais pas du te poser la question."

Elle haussa les épaules.

"Il fallait bien que quelqu'un me le demande un jour," dit-elle. "Tu es sur de vouloir voir Dumbledore maintenant ?"

"Ca aurait été mieux," répondit Harry, "mais vu les circonstances..."

Il réfléchit quelques secondes puis proposa un compromis.

"Rendez-vous demain matin sept heures dans le Hall," dit-il. "Ce sera suffisamment tôt pour que personne ne soit debout. Ca te va ?"

"Parfait," répondit-elle.

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Le lendemain, Harry emmena Vela jusqu'à la gargouille puis dans le bureau.

Il frappèrent et trouvèrent Dumbledore en robe de chambre à consulter quelques grimoires.

"Tiens, Harry !" s'etonna-t-il. "Qu'est-ce qui t'amène ? Oh, bonjour Vela," ajouta-t-il en la voyant entrer derrière Harry.

"Heu... bonjour, professeur..." dit Vela

Elle semblait très nerveuse. Elle jetait de brefs coups d'œil autour d'elle, comme si elle craignait de faire quelque chose de mal, mais elle ne put éviter d'ouvrir des yeux ronds en voyant Fumseck. Celui-ci lui rendit un regard bienveillant et il émit un doux trémolo apaisant.

"Asseyez-vous, asseyez-vous, je vous en prie," dit Dumbledore en prenant place lui-même à son bureau. "Alors, que puis-je faire pour vous ?"

Vela, timide tout d'abord, puis reprenant peu à peu son assurance naturelle, lui raconta son rêve et ce qu'elle en pensait. A son tour, Harry fit par de ses réflexions au directeur, qui s'enfonça dans son fauteuil, l'air pensif et inquiet.

"J'ai pensé qu'il valait mieux vous en parler," termina Harry. "C'est peut- être le signe que Voldemort devient encore plus puissant..."

"Hmm," fit Dumbledore, songeur. "Vous avez bien fait de venir. Dites-moi, Vela, avez-vous souvent des rêves de ce genre ? Prémonitoire, je veux dire."

"Non... pas souvent," répondit Vela "Cela a du m'arriver une dizaine de fois dans ma vie... mais je n'ai pas cultivé ce don," ajouta-t-elle en frisonnant. "Ce qu'ils annoncent est trop horrible."

Dumbledore hocha vaguement la tête.

"Je comprends," dit-il. "Vela, si jamais il vous arrive d'autres rêves qui vous effraient ainsi, voudriez-vous bien m'en faire part ? Ce n'est peut- être rien, mais je préférerais être au courant, si cela ne vous ennuie pas."

"Bien sur," acquiesa Vela "Je le ferai."

"Savez-vous ce que cela signifie, professeur ?" intervint Harry, curieux.

"Il faut que j'y réfléchisse. Ce n'est qu'une vague prémonition, mais il est probable que cela a trait à Voldemort de près ou de loin," répondit Dumbledore. "Tu n'as pas eu de douleur, récemment ?" demanda-t-il à Harry.

"Non," répondit celui-ci. "Rien du tout."

"Hmm," fit de nouveau Dumbledore. "Je vais faire quelques recherches. Si jamais je trouve quelque chose, je vous préviendrai."

"Cela ne devrait-il pas rester secret ?" s'étonna Vela "Pourquoi nous le dire ?"

"A Harry, parce que je le lui dois," répondit Dumbledore. "Et à vous parce que je considère que comme c'est vous qui m'avez prévenu, vous avez le droit de savoir ce que ça signifie. A moins, bien sur, que vous vous estimiez incapable de garder cela pour vous ?"

"Non," répondit Vela "Je vous remercie de votre confiance."

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"Dis-moi, Harry," commença Vela en descendant les escaliers. "Pourquoi Dumbledore te doit la vérité ?"

En voyant son visage rougir et refléter les affres de la souffrance, elle se dit qu'elle aurait mieux fait de ne rien dire. Toutefois, lui aussi lui avait posé une question d'ordre intime la nuit précédente et elle ressentait le droit de faire de même.

"Je n'ai pas envie de parler de ça," répondit-il sèchement.

"Désolée," dit-elle doucement. "Ca ne me regarde pas."

Il ne répondit rien, mais elle sentit avec horreur qu'un rideau de fer était tombé entre eux et avait détruit le faible lien de respect mutuel qui s'était installé depuis la nuit. Elle en fut terriblement triste mais elle ne dit rien, ne voulant pas aggraver les choses.

"Ah, te voila, Harry !" dit Ron quand ils furent sortis. Je te cher -"

Il s'interrompit brusquement en apercevant Vela et regarda Harry, interloqué. Vela se sentit rapidement de trop et décida de partir.

"Je dois y aller," dit-elle en s'éloignant.

"Vela !" la rappela Harry.

"Oui ?" demanda-t-elle en se retournant.

"Heu.. je..." Il rougit un peu."On se voit plus tard ?"

Elle hocha la tête avec un sourire et partit.

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"Qu'est-ce que tu faisais avec elle, Harry ?" demanda Ron quand Vela fut partie.

"Elle voulait parler à Dumbledore," répondit Harry. "Elle m'a demandé de l'aider. Pourquoi ?"

"Comment ça, pourquoi ?" s'exclama Ron. "Tu provoques un scandale en te disputant avec elle un jour, le lendemain je vous retrouve tous les deux sortant du bureau de Dumbledore et tu lui proposes de vous voir plus tard ! J'ai loupé un chapitre ?"

"Oui," répondit Harry, imperturbable. "Je vais t'expliquer, mais... où est Hermione ?"

"A la bibliothèque, je crois. Mais pour -"

"Allons la chercher, puis trouvons un coin tranquille," le coupa Harry. "Il faut que je vous parle."

Un quart d'heure plus tard, Harry, Ron et Hermione se trouvaient assis près du lac. Hermione fut difficile à convaincre, mais en voyant l'air grave de Harry, elle accepta de quitter ses chers devoirs et les suivit.

Harry leur raconta à peu près tout ce dont il se souvenait de l'antique prophétie dont lui avait parlé Dumbledore, ainsi que de ses progrès en Occlumancie. Il sentit son cœur se serrer quand il vit la main d'Hermione serrer convulsivement celle de Ron. Il omit seulement la fin de l'entrevue qu'il classa dans le domaine du privé.

"Les Dix Pouvoirs," dit Hermione, songeuse. "Il me semble en avoir entendu parler... Mais ce n'est qu'une légende," reprit-elle plus sûrement. "L'avenir du monde ne peut pas dépendre d'une légende, c'est beaucoup trop vague !"

"Et pourtant..." répondit Harry. "Après tout, c'est bien parti d'une prédiction. Je ne croyais pas au destin, Hermione, et pourtant mon destin est de tuer Voldemort. Ou de mourir de ses mains," acheva-t-il sombrement.

"Mais si j'ai bien comprit tout ce que tu viens de dire..." reprit Hermione, très pale. "Si tu échoues..."

"Ce n'est pas seulement Voldemort qui dominera le monde," compléta Ron. "Mais la mort qui détruira toute vie. Tu es le dernier rempart de la domination du Bien."

"Non," répondit Harry en secouant la tête. "Il n'y a pas de domination du Bien. C'est un équilibre. Si j'échoue, alors l'équilibre sera rompu, et le Mal détruira tout sur son passage. Si je réussis, le Bien et le Mal resteront au même niveau. C'est pour cela que je n'ai pas le droit à l'échec."

"N'y a-t-il pas un autre moyen ?" demanda Ron. "Un moyen de détruire la magie noire... à tout jamais ?"

"Tu ne comprends pas, Ron," répondit Hermione. "Si on détruisait la magie noire, la magie blanche dominerait et l'équilibre serait rompu."

"Les gens n'auraient plus de repères. Ils ne pourraient plus choisir entre le Bien et le Mal, pour la bonne et simple raison que le Mal n'existerait plus. Cela n'en dérangerait pas certains, puisque c'est dans leur nature, mais d'autres... ils finiraient par mourir de frustration et tuer les autres avec eux. Il n'y aurait plus de vie," acheva Harry.

Ron resta silencieux quelques minutes, songeur.

"Je crois que je comprends," dit-il enfin. "Mais ça ne m'explique pas pourquoi tu sortais du bureau de Dumbledore avec Vela !"

"Quoi ?" s'exclama Hermione. "Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

Harry leur expliqua la situation.

"Dumbledore n'a pas d'explication à nous donner," conclut-il. "Mais quoi que ce soit, c'est un mauvais présage."

Hermione, qui avait froncé les sourcils en l'entendant parler de prémonition, hocha la tête et répondit :

"Aussi mauvais soit le présage," dit-elle, "ce n'est qu'un présage. Il est possible - je dirais même probable - que cela ne se réalise pas."

"Je crois que si," répondit Harry. "N'oublie pas que mon propre destin est formulé dans deux prédictions... Et puis tu n'as pas vu Vela quand elle m'en a parlé. Elle peut être aussi Serpentard que possible et très bien cacher ses sentiments, n'importe qui aurait pu voir qu'elle était terrifiée."

"Mouais," fit Hermione, septique. "J'aime bien Vela, soit. Ce n'est pas pour ça que je vais croire tout ce qu'elle raconte. Après tout, on ne la connaît que depuis un mois. Et ça n'a rien à voir avec le fait qu'elle soit à Serpentard, Ron. C'est peut-être la nièce de Remus, mais on ne la connaît que depuis un mois et elle n'est pas très loquace sur sa vie personnelle. Pourquoi a-t-elle peur qu'on la touche ? D'où lui viennent ces pouvoirs de prédiction ? En quoi consistent précisément ses recherches en Potions ? Nous n'avons la réponse à aucune de ses questions, alors divination et rêves prémonitoires..."

"Tu n'as pas confiance en elle ?" demanda Harry.

"Aucune," confirma Hermione en se levant et en époussetant sa robe. "Mais qui serait assez stupide pour se fier à un Serpentard ?"

"Quoi ?" fit Ron, ironique. "Hermione Granger, reine - que dis-je ! - impératrice de la tolérance dans cette école, tu refuses de te fier à un Serpentard ?"

"Je n'ai pas dit qu'elle n'était pas digne de confiance," rétorqua Hermione. "J'ai dit que je ne me fierai pas à elle tant que je ne la connaîtrai pas un peu mieux, parce que les Serpentard sont rusés et perfides, s'ils le veulent. Je n'ai pas dit qu'elle l'était, contrairement à toi, mon chéri."

Sur ce, elle se détourna et rentra au château.

*******************

"Bien !" dit Katie Bell d'une voix forte. "Les filles, vous pouvez me refaire ça, mais avec une vrille croisée ?"

C'était l'entraînement de Quidditch, une semaine plus tard. Katie et Harry avaient décidé de faire travailler séparément les poursuiveurs et le gardien d'un coté, et les batteurs de l'autre. Pour le moment, Ginny et son amie Frances s'entraînaient aux figures en duos, puis Katie les rejoindrait pour quelques passes. Les deux batteurs, Sloper et Kirke, faisaient des progrès, mais leur niveau était loin d'être excellent et il leur fallut s'entraîner plus que les autres joueurs. Mais le plus surprenant était Ron. Il mettait dans son jeu une rage contenue qui faisait de lui un gardien digne de Dubois.

Harry perçut un mouvement sur le terrain et baissa les yeux. Une petite forme humaine aux longs cheveux noirs lui faisait des signes et il descendit en piqué à ses cotés. Toute la semaine, il avait été régulièrement voir Vela dans son laboratoire, se sentant vaguement honteux du comportement qu'il avait eu avec elle. Ils avaient discuté de tout et de rien, mais la plupart du temps il l'aidait dans ses travaux alors qu'ils s'échangeaient de joyeux souvenirs. L'un et l'autre savaient qu'il y avait des sujets à ne pas aborder et ils se gardaient bien de le faire. Toutefois, Harry ne parvint pas à lui arracher la moindre information sur ce qu'elle cherchait exactement.

Ce jour-là, atterrissant à ses cotés, il remarqua qu'elle était exceptionnellement pale et il se demanda ce qui lui arrivait.

"Ca ne va pas ?" demanda-t-il.

"Je... je n'aime pas voler. J'ai le vertige rien qu'à vous voir... Oh mon Dieu !" s'exclama-t-elle en voyant Ginny, Frances et Katie exécuter une double vrille avec virage en tête d'épingle autour des buts.

"Tu ferais mieux de ne pas regarder," dit Harry avec amusement. "En final, elles ont prévu un triple salto, suivit d'une descente en piqué et d'une montée en altitude."

Elle prit brusquement une teinte verdâtre et déglutit plusieurs fois.

"Au lieu de vouloir me faire vomir," dit-elle ironiquement quand elle le put, "tu ferais mieux de venir. Hermione m'a demandé de te prévenir... Neville est à l'infirmerie. Il est mal en point."