J'ai écrit ça à la gare. J'aime pas écrire en public, mais dans une gare ou dans le train, s'il n'y a personne que je connais, je peux. Je pense que dans les lieux public, où j'ai peu de chance de croiser une connaissance, je parviens à écrire. Parce qu'en fait, je suis assez timide, alors quand j'écris quelque chose, c'est toujours un peu personnel…

Accompagné du bout de chou aux cheveux roses qui lui servait de lieutenant, Zaraki Kenpachi courrait dans le Seireitei.

Il avait entendu dire que l'artisan qui fabriquait ses clochettes (pour sa coiffure de guerrier) était mort.

C'était là un grave problème, bien que sans rapport avec le fait qu'il courrait dans le Seireitei (il était en retard pour une partie de pétanque bretonne avec Ikkaku).

- Dis Ken-chan, c'est qui que tu dois killer ?, interrogea Yachiru sur son épaule.

Kenpachi sortit de ses pensées profondes, qui comportaient sur les clochettes et les cochonnets.

- Hein ?

- Ben oui, le super jeu, tu sais bien !, insista la gamine.

- Heu…chais plus, marmonna le capitaine de la 11ème.

- Oh, quel étourdi tu fais ! Est-ce que tu te rappelles au moins de ce que tu devais

faire ?

L'homme s'arrêta brusquement, raide comme un mur.

La fillette fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il y a Ken-chan ?

- Yachiru je…

Il ferma la bouche. La rouvrit.

- Je t'…

Ses mots l'étouffèrent, il se mit à tousser violemment.

- Je t'ai….kof kof kof.

Il cracha par terre un peu de sang, tant il forçait sa gorge à faire sortir des mots si inhabituels.

La petite fille paniqua et se mit à crier :

- A l'aide ! Ken-chan fait un malaise !

- La ferme !, grinça le shinigami aux pics en s'essuyant le sang au coin des lèvres. Ça va, c'est pas comme si j'étais Ukitake !

- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?, demanda Yachiru alors il reprenait sa course.

- Rien.

Il n'avait pas réussi. De toute façon, il n'était pas doué pour avouer son affection. Dire « je t'aime », même à celle qu'il considérait presque comme sa propre fille, ça ne marcherait pas. C'était trop. Ça le rendait malade rien que d'essayer.

« Tant pis pour le killer. » pensa-t-il avant de retourner à ses réflexions sur les clochettes.