Chapitre 11
Minerva et Hermione.
La semaine qui suivit passa comme dans un rêve pour Hermione, elle était dans une sorte d'état second, elle ne semblait plus présente physiquement, elle ne parlait quasiment plus, au plus grand dam de ses amis qui faisaient tout pour qu'elle retrouve la parole. Même les professeurs s'en rendirent compte, la meilleure élève de l'école ne répondait plus aux questions, sauf lorsqu'elle voyait que le professeur la regardait avec pitié. Alors durant ces rares occasions elle levait la main doucement et répondait à la question. Mais cette attitude avait suffi à inquiéter tous les professeurs, même le Maître des Potions en avait parlé à Minerva qui était sans conteste la personne la plus inquiète pour Hermione.
Pourtant chaque soir depuis l'enterrement, la sorcière allait voir sa protégée, et chaque soir elle dormait avec elle sous le prétexte qu'elle était inquiète pour la brune. Mais elle savait que ce n'était qu'un prétexte, et elle était heureuse que Hermione ne lui ait jamais demandé pourquoi elle restait...
Cependant, en cette soirée de Mars, Minerva se dirigeait sous forme animale vers les Quartiers de sa Préfète en Chef, mais elle était stressée et très nerveuse, en effet elle avait reçu dans l'après-midi une lettre de sa cousine de Nouvelle-Zélande, elle venait pour le week-end dans le Manoir des McGonagall. Elle aimait beaucoup sa cousine et cela faisait près de dix ans qu'elle ne l'avait pas vue, elle avait donc confirmé sa présence, mais maintenant elle sentait une pointe de regret à avoir répondu si vite. En effet elle serait donc absente pendant deux soirs, ne serait pas auprès d'Hermione pendant deux soirs. Elle avait donc peur de la réaction de sa protégée, qui semblait se remettre petit à petit, elle sourit en se rappelant que le matin même la brune avait répondu à une de ses questions sans qu'elle ait eu à l'implorer du regard.
L'Animagus entra dans les Quartiers d'Hermione comme elle le faisait depuis près d'une semaine maintenant, elle trouva la jeune sorcière à son bureau en train de faire ses devoirs. Ne voulant pas la déranger, elle bondit sur le lit qui trônait dans la pièce puis se roula en boule tout en continuant de regarder une Hermione concentrée sur ses Runes.
Une heure plus tard, fatiguée, la Préfète en Chef se tourna sur sa chaise avec pour projet d'aller se coucher, elle n'eut pas le temps de regretter l'absence de son professeur de Métamorphose qu'elle l'apercevait déjà sur son lit. Elle sourit au chat qui la regardait, sa Directrice de Maison lui avait été d'une grande aide durant la semaine qui venait de s'écouler. Pendant la journée elle avait Harry et Ron qui essayaient tant bien que mal de la faire parler ou sourire, mais le soir, lorsqu'elle était seule, lorsque la dépression se faisait plus grande elle avait Minerva. Parfois elles ne disaient rien, parfois la simple présence de son professeur permettait à Hermione de se sentir mieux et moins coupable. Elle ne lui avait jamais demandé pourquoi elle restait avec elle alors qu'elle dormait, à chaque fois elle s'endormait avant son aînée, mais à chaque fois à son réveil elle était toujours endormie à ses côtés. Combien de fois s'était-elle demandé si l'autre sorcière serait présente dans son lit le lendemain ? Elle se savait amoureuse de la Directrice Adjointe, mais à son plus grand étonnement elle l'était de plus en plus chaque jour.
Minerva se transforma à nouveau en humaine et demanda à Hermione de s'asseoir près d'elle. La brune la regarda surprise, se demandant pourquoi l'Animagus avait un air grave et... triste !
La Préfète comprit pourquoi quelques instants plus tard, durant le week-end son professeur rentrait chez elle, elle allait la laisser seule. Elle ne serait pas à ses côtés. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû, mais Hermione se sentait vexée, elle répondit donc à Minerva alors qu'elle ne pensait aucun des mots qui sortaient de sa bouche.
« Je comprends, ce n'est rien. De toute façon je peux dormir seule à nouveau. »
L'air triste de son professeur lui fit regretter ses paroles, mais c'était trop tard, elles avaient été dites.
« Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi, professeur. »
Ce qui aurait pu être pris comme une invitation à quitter ses quartiers, fut interprété par la plus âgée des sorcières comme une incitation à rester une dernière nuit avec Hermione. Cette dernière sourit en voyant Minerva rester, en voyant qu'elle l'avait comprise malgré la froideur dont elle avait fait preuve quelques minutes plus tôt.
Le lendemain, lorsque Minerva se réveilla, elle constata avec surprise qu'elle était la première, habituellement Hermione avait les yeux ouverts avant elle. Cependant ce ne fut que de courte durée, car la minute suivante elle sentit la brune se rapprocher d'elle, puis elle la vit se redresser lentement. Sans un mot l'Animagus se leva, regrettant ensuite l'absence du corps de l'autre sorcière contre le sien. Soudain Hermione lui prit la main, et la força à se baisser à sa hauteur, la Préfète déposa un simple, mais merveilleux baiser sur la joue de son professeur.
« Passez un bon week-end. »
Minerva regarda tendrement la jeune femme avant de lui répondre avec autant de douceur qu'elle était capable.
« Vous aussi ma chère. »
La Directrice des Lions fit un effort qui lui parut surhumain pour se dégager des yeux de la belle Gryffondor. Elle quitta les appartements de la brune en soupirant, se demandant quand elle pourrait y revenir. En effet, la brune avait été très claire là-dessus, elle n'avait plus besoin d'elle. Un poignard transperça son cœur en pensant qu'elle ne dormirait peut-être plus jamais avec Hermione, cela faisait une semaine qu'elle passait ses nuits avec elle, et pourtant il lui semblait qu'il en était ainsi depuis toujours. Elle ne se souvenait plus comment elle pouvait dormir sans la belle Gryffondor à ses côtés.
Pourtant c'est ce qu'elle dut faire le soir même, tout comme les deux semaines qui suivirent. Hermione semblait aller mieux, mais au fond d'elle Minerva voyait que ce n'était pas réellement le cas. La Préfète de Gryffondor parlait à nouveau un peu à ses amis et prenait l'initiative de participer en cours, mais rien n'effaçait les cernes sous les yeux chocolat de la jeune femme. L'Animagus qui patrouillait dans les couloirs du Château, sous forme humaine cette fois-ci, se demanda si sa Préfète dormait, devait-elle aller la voir malgré le fait qu'elle avait été congédiée la dernière fois ? Cependant ses pensées furent interrompues lorsqu'elle sentit quelqu'un la percuter. Elle avait l'intention de crier contre l'impertinent qui avait osé la déranger, mais ses paroles ne dépassèrent jamais ses lèvres.
En effet, face à elle se tenait la jeune femme qui occupait ses pensées depuis une bonne heure, seulement vêtue d'un short et d'un T-Shirt presque trop moulant. Minerva espéra silencieusement que personne n'ait vu sa Préfète ainsi, elle serait folle de rage si elle apprenait que Rusard avait posé ses yeux pervers sur le corps désirable d'Hermione. Cependant, voyant l'air préoccupé de la belle sorcière, le professeur de Métamorphose laissa ses suppositions de côté.
« Professeur je suis désolée...
- Hermione, il est minuit passé... Que faites-vous encore debout?
- Je n'arrive pas à dormir. »
L'aveu de la brune brisa le cœur de Minerva qui conduisit son élève jusqu'à ses propres quartiers, qui étaient plus proches que ceux de la Préfète. Une fois arrivée, elle ouvrit la porte, le professeur eut tout juste le temps d'entendre la porte se refermer derrière Hermione que cette dernière passait un bras autour de sa taille et la tirait contre elle. L'Animagus sentait contre son dos le corps chaud de la Préfète, elle n'eut pas le temps de parler que la jeune sorcière lui fit un autre aveu.
« Tu m'as tellement manqué, Minerva. »
La Directrice ne répondit pas immédiatement, Hermione venait de l'appeler par son prénom pour la première fois. Jamais au cours des moments qu'elles avaient passés ensemble elle ne l'avait utilisé, ce n'était pas qu'elle considérait cela comme un manque de respect, elle était juste surprise. De plus le fait de savoir qu'elle avait manqué à la sorcière faisait battre son cœur encore plus fort.
Minerva se retourna vers Hermione, qui avait toujours un bras drapé autour de sa taille, les deux sorcières se retrouvèrent donc très proches l'une de l'autre. La respiration de l'aînée devenait de plus en plus anarchique, il fallait qu'elle s'éloigne de la jeune brune, sinon elle pourrait faire quelque chose qu'elle allait regretter.
Trop tard.
Leurs lèvres étaient l'une contre l'autre, sans savoir laquelle avait pris l'initiative du baiser. La seule chose qu'elles savaient, c'était qu'elles en avaient autant envie l'une que l'autre. Le bras d'Hermione autour de la taille de Minerva exerça une pression pour sentir le corps de son professeur contre elle. L'Animagus quant à elle avait fait reculer la brune de quelques pas, la jeune sorcière était dorénavant appuyée contre la porte des Quartiers de la Directrice Adjointe, le cœur battant. Une fois le baiserterminé Minerva sentit sa raison retrouver le chemin de son esprit.
« Non, Hermione... Nous ne devons pas faire...
- Non ! »
La plus âgée des sorcières regarda la brune qui venait de lui couper la parole durement. Elle était toujours contre la porte, les deux bras autour de sa taille, ses yeux étaient brillants, et pour la première fois depuis ce fameux vendredi où Hermione avait reçu la funeste lettre de Sophie, elle semblait vivante. Minerva savait que si elle disait à la Gryffondor qu'elles ne pouvaient pas le faire, qu'elles ne pouvaient pas être ensemble car il y avait le règlement, le jugement des autres et bien d'autres arguments qui faisaient que leur histoire était impossible, elle serait anéantie.
Et elle ? Comment se sentirait-elle après lui avoir dit ces paroles, après s'être rendu compte que la brune retournait ses sentiments ? Pourrait-elle vivre en se demandant chaque jour comment aurait pu être leur relation ? Pourrait-elle se regarder à nouveau dans le miroir ? Pourrait-elle à nouveau regarder Hermione comme si de rien n'était ?
Minerva soupira, elle ne pourrait pas, jamais. Mais devait-elle pour autant laisser ses sentiments diriger sa vie ? Ce fut comme si la voix d'Albus criait dans sa tête : Oui ! Bien sûr qu'elle le devait. Alors pour l'une des premières fois de sa vie, elle décida d'être égoïste, elle en avait le droit après tout. L'Animagus posa des yeux remplis de tout l'amour qu'elle avait essayé de cacher sur Hermione avant de parler.
« Très bien, j'aurai essayé au moins. »
Le rire de la jeune Gryffondor fut coupé par les lèvres de son mentor. Elles s'embrassèrent à nouveau, cette fois sans remords. La Directrice Adjointe sentait les mains de son élève se faire de plus en plus baladeuses, cependant malgré tout le plaisir que ce geste lui procurait elle prit les mains d'Hermione pour la stopper.
« Tu dois te reposer Hermione.
- Mais...
- On aura tout le temps de continuer un autre jour. »
La jeune femme voulut protester mais elle savait que Minerva avait raison, elle hocha donc la tête et suivit sa nouvelle amante jusqu'à son lit. Et pour la première fois depuis longtemps elle s'endormit à nouveau à ses côtés, dans ses bras.
Lorsque Minerva se réveilla le lendemain, elle sentit le corps chaud de son élève contre elle, elle sentait aussi la main de la brune qui faisait de douces caresses sur son ventre.
« J'adore me réveiller avec toi à mes côtés, lui dit Hermione qui s'était rendu compte qu'elle s'était réveillée.
- Moi aussi ma chérie.
- Ma chérie ? »
L'Animagus fronça les sourcils en se rendant qu'elle l'avait appelée ainsi sans s'en rendre compte.
« Je suis désolée, c'est sorti tout seul... Je... »
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Hermione l'embrassait déjà. La main qui se trouvait sur son ventre remonta jusqu'à son cou pour approfondir le baiser, puis la brune passa sa jambe de l'autre côté de la taille de Minerva. A présent, la Gryffondor était à califourchon sur son professeur de Métamorphose.
« Ne t'inquiète pas j'adore ça... Ma chérie. »
L'aînée soupira en entendant les paroles de son amante, elle aussi adorait ça... Tout comme elle adorait l'embrasser, elle adorait les petits baisers qu'Hermione déposait sur son cou, elle adorait les mains d'Hermione qui caressaient chaque partie de son corps... Elle adorait quand Hermione lui faisait l'amour, tout comme elle adorait lui faire l'amour à son tour.
« Heureusement qu'on est dimanche, annonça la brune, toujours nue contre son professeur malgré l'heure tardive de la matinée. On a raté le petit déjeuner. »
Le cœur de Minerva se mit à battre plus vite, elle savait qu'Albus allait tout de suite comprendre pourquoi elles ne s'étaient pas rendues dans la Grande Salle. Allait-il le lui reprocher ? Sûrement pas, il l'avait presque incitée à séduire la jeune Gryffondor. Mais, et les autres élèves ? Allaient-ils faire le rapprochement ? Ce serait quasiment invraisemblable.
« Tu as raison, on devrait se lever. »
Cependant ce fut avec regret qu'elles se séparèrent. Les deux sorcières s'habillèrent tout en se jetant quelques regards amoureux.
« Tu pourrais faire quelque chose pour mes habits ? » demanda Hermione, qui était vêtue d'un simple T-Shirt et d'un short.
Minerva lui sourit, et pointa sa baguette sur la brune, quelques secondes plus tard elle était vêtue d'un jean et un gilet était présent sur ses épaules.
« Le sort peut durer indéfiniment, mais si tu veux récupérer tes anciens habits, tu n'as qu'à annuler l'incantation une fois dans tes Quartiers. »
Une fois que le lit de la Directrice des Gryffondor fut fait et qu'elles aient pris un semblant de petit déjeuner les deux amantes durent se quitter. Hermione marcha jusqu'à ses propres Quartiers avec un sourire presque bête sur les lèvres, heureusement pour elle le chemin était relativement court et elle ne croisa que deux élèves de Deuxième Année qui ne lui prêtèrent aucune attention.
Après s'être douchée et changée elle se dirigea vers la Salle Commune où elle espérait trouver ses amis. Effectivement Ron et Harry jouaient une partie d'échecs version sorcier et Ginny faisait ses devoirs.
« Il n'y a que Ginny qui est sérieuse, c'est désespérant... »
Les deux sorciers, qui étaient absorbés dans leur partie d'échecs, levèrent la tête brusquement et virent Hermione qui les regardait, un sourire moqueur sur les lèvres. Les deux Gryffondor sourirent à leur tour devant l'attitude de la brune, elle semblait réellement mieux que la veille, elle semblait plus reposée et plus sereine. Cependant ils décidèrent de ne faire aucun commentaire, de peur qu'elle se referme à nouveau.
« On va s'entraîner cet après-midi, tu viendras ? » demanda Ginny qui venait de lever la tête de son devoir de Potions.
Hermione lui sourit avant de lui répondre.
« Bien sûr ! C'est notre dernière année et on a intérêt à gagner la coupe !
- C'est plutôt très bien parti, lui répondit Ron.
- Peut-être, mais il faut battre Serpentard la semaine prochaine, c'est vital pour la confiance... »
Le roux grogna devant la remarque de sa sœur, il savait qu'elle avait raison, mais il savait aussi que cette année l'équipe de Serpentard était la meilleure qu'ils aient jamais eue depuis une dizaine d'années.
« On va gagner... assura Harry. On a plus de deux cents points d'avance pour l'instant...
- Il ne faut jamais être trop confiant... »
A Suivre !
