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L'homme est jeté sur le sol et glisse ainsi jusqu'au trône. Pandore jette un petit cri mi-surprise mi-dégoût devant le corps couvert de plaies et de blessures sanglantes. Ikki se contente d'un haussement de sourcils, avant de s'adresser au guerrier responsable de cette entrée si théâtrale.
- Rhadamanthe, nous ne t'attendions point si tôt
Mais celui-ci se retourne vers ses camarades soldats, témoins de son arrivée.
- Mes amis, la preuve de ce que j'avançais depuis l'arrivée de ce fourbe! Votre soi-disant "roi" est un félon! Il a manigancé et sûrement manipulé, voire ensorcelé sa Majesté Pandore pour s'introduire ici! Dans le but de nous livrer à nos ennemis: les Chevaliers d'Athéna! Je le dis depuis le début: c'est un espion et un traître! Unissez-vous à moi et chassons-le de nos terres!
- Rhadamanthe! Comment oses-tu? - s'énerve Pandore.
- Voici la preuve: ce déchet qui pollue notre sol est un de ses maudits chevaliers! Je le reconnais, je l'ai déjà battu la première fois. Mais comment a-t-il pu pénétrer ici? Sinon avec une complicité de haut rang? De ce fourbe que vous avez eu la faiblesse de mettre sur le trône!
- Vraiment? Cet homme à tes pieds, a déjà, il n'y a pas si longtemps, et tu l'as dit toi-même, trouvé le chemin jusqu'au royaume des ombres. Qu'est-ce qui l'empêchait de reprendre le même chemin?
- C'est toi qui l'as guidé, c'est évident!
- Je n'en n'avais pas besoin, et j'ignore la raison de sa présence ici
- Tu avoues le connaître?
- Bien sûr. Aiolia, chevalier d'or du lion. Bien que je ne l'ai que rarement vu en si mauvaise posture. Interrogeons-le sur ses motivations, et nous pourrons détruire toutes tes belles théories Rhadamanthe
Le spectre pousse du pied son adversaire, qui gémit et relève la tête sur le couple royal.
- Cette voix….Phénix?!
- Aiolia, te voilà bien loin de ton domaine. Que nous vaut cette si plaisante visite?
- Ikki? Que…que fais-tu là? Que se passe-t-il?
- Et bien je vois que tu as tenté d'entrer dans ce royaume sans en avoir été invité, et que mon si fidèle lieutenant Rhadamanthe ici présent t'a recueilli, avec sa méthode si accueillante, n'est-ce pas? À ce propos Rhadamanthe, que faisais-tu à la frontière? N'avais-tu pas une mission?
- Euh…qu'importe cette mission! Compagnons, ne voyez-vous rien? Cet usurpateur se joue de nous et cherche notre destruction! Rejoignez-moi et…
- Et comme tu le vois Rhadamanthe, personne ici ne te croie. Et quand bien même, ils n'ont guère envie de te suivre dans tes idées paranoïaques
- Mais?... Amis, enfin… Tous ensembles nous pouvons…
- Vois-tu mon cher Rhadamanthe, les choses ont bien changé ici. Tout d'abord, tes compagnons que tu appelle aujourd'hui faussement "amis" savent voir où se trouve leur intérêt, et celui-ci n'est pas avec toi. Ils se rappellent parfaitement comment toi et tes pairs de juges les traitaient, eux simples soldats. Ils se rappellent comment Hadès les considérait comme de la piétaille. Alors ils sont heureux d'avoir changé de régime et ils ne te suivront pas dans ta tentative inutile de putch politique. De plus, tu as été absent un long moment, cela n'aide pas pour se monter une petite équipe de révolutionnaires en herbe
- Tu… tu avais tout prévu! C'est toi, maudit, qui m'as éloigné du royaume, avec ta prétendue mission importante!
- Évidemment! Si tu ne peux détruire immédiatement une menace, tu l'éloignes et tu la laisses s'éteindre faute de bois pour la nourrir. Privé de tes sympathisants, et eux privés de ta grande gueule pour les entraîner, je pouvais ramener le calme et reconstruire sans opposition. J'ai eu le temps de faire mes preuves, et aujourd'hui, tout le monde préfère vivre sous ma direction que sous la tienne. N'est-ce pas?
Un vivat s'éleva parmi les soldats amassés sous la tente, pendant cette réunion que l'arrivée du juge avait perturbée. Rhadamanthe regarde autour de lui et ne voit que des regards suspicieux envers lui.
- Je te laisse libre de choisir ta destinée Rhadamanthe. Soit tu me jures fidélité immédiatement, soit tu disparaîs de ce royaume, à jamais cela va sans dire. Ceux qui veulent te suivre le peuvent
- Mais…
- N'abuse pas de la patience et mansuétude de ton souverain Rhadamanthe - en rajoute Pandore, d'un air mauvais. Ikki tourne le dos au juge pour se diriger vers son ancien compagnon d'armes qui peine à se relever.
- À toi Chevalier du Lion. Puis-je enfin savoir pourquoi tu as essayé d'entrer sur mon domaine?
- Ikki… si j'ai bien compris, tu as repris le trône des enfers, à la place d'Hadès. Pourquoi?
- En quoi cela te regarde-t-il? Par contre, ton intrusion si peu discrète ici m'exaspère. Que cherchais-tu ? Réponds!
- Tu es le nouveau dieu des enfers, c'est ça?
- Je n'irais pas jusqu'à m'accaparer des fonctions que je n'ai pas, mais pour simplifier, on va dire que cela y ressemble
- Mais la Déesse?
- Je ne vois pas en quoi cela puisse la gêner. Au contraire, il est toujours plus rassurant d'avoir pour partenaire politique un aficionado. C'est elle qui t'envoie?
- Non… je… je veux que tu me la rendes! - s'énerve d'un seul coup le Lion, en se relevant plein de fougue.
- Pardon? Te rendre quoi?
- Je suis venu pour la retrouver! Et personne, fut-il spectre, dieu ou quoique ce soit d'autre, ne m'en empêchera!
- Par tous les dieux infernaux! De quoi parles-tu donc?
- Elle a disparue! Elle était devant moi, enfin nous étions ensembles, vraiment et elle a disparue, comme ça! Je l'ai cherchée partout, elle est ici je le sais! Rends-la moi Ikki! Je ne me mêlerai pas de vos affaires de politiques et d'ambition, je ne veux que elle, simplement elle
- Oh je vois! Ahaha c'est trop fort!
- Je t'interdis de te moquer! Si je dois tout foutre en l'air ici, si je dois tous vous affronter, je le ferai! Et rien, tu m'entends, plus jamais rien ne me l'arrachera - Aiolia furieux, se rue devant lui pour affronter les gardes postés devant.
- Aiolia! Si tu avais mis autant de fougue à affronter Rhadamanthe la première fois, nul doute que tu aurais sauvé la terre à toi tout seul!
- Je veux la retrouver! Si vous ne m'aidez pas, je vous battrai tous, même si cela me prend des siècles!
- Calmes-toi Aiolia! Tu oublies un petit détail. Ta place est au paradis, bien que parfois quand je vois certains manques de discernements, je doute du bien-fondé de certains choix, mais passons. Par contre ta dulcinée, si je comprends bien que tu réclames une certaine guerrière aux serres acérées, elle vivra ici aux enfers. C'est la loi
- Elle est bien ici?
- Oui. Elle est arrivée aujourd'hui. Votre petit plan pour vous retrouver était des plus stupides. Vous n'avez pas eu la même mort
- Alors gardes-moi ici!
- Aiolia, ne fais pas l'enfant! Ta place n'est pas dans ces sphères
- Ma place est à ses côtés! Ou tu me laisse l'emmener avec moi, ou je reste ici avec elle! Un point c'est tout!
- Écoutez-moi ça! Tu te prends pour qui?
- Qu'est-ce que cela te coûte à toi, hein? Deux ici ou deux là-bas, le compte est le même!
- Crois-tu que les morts peuvent décider de leurs affectations comme bon leur chante?
- Ikki; si je dois me battre contre toi…
- Aiolia, cesses de chercher l'affrontement inutile! Tu n'as rien à y gagner. Retournes sur terre en attendant d'être accueilli en Elysion
- Jamais! Tu vas devoir changer tes plans, je ne bougerais d'ici que pour retourner chaque lopin de terre pour la retrouver!
- Quel entêté!
- Où est-elle?
Ikki ne répond pas aussitôt. Cette situation lui remet en mémoire un passé qu'il croyait enterré. Par sollicitude envers son compagnon, il lui toucha l'épaule.
- Aiolia, j'aimerais pouvoir t'aider à retrouver la femme que tu aimes. Je sais cette douleur qui te brûle, mais je n'ai pas ce pouvoir. Vos destinées se séparent ici, il te faut l'accepter
- Jamais - hurle l'intéressé en lui repoussant cette main amicale. - Jamais je ne me passerai d'elle! Plus jamais tu m'entends! Laissez-moi passer! Je vais la chercher tout seul et je la retrouverai! Je la retrouverai!
Il se dirige vers la sortie: Pandore se lève et fait un signe à ses soldats. Mais Ikki l'interrompt.
- Laissons-le
- Quoi? C'est impensable!
- J'ai dis que je voulais changer ce monde, autant commencer tout de suite, tu ne crois pas?
- Ikki… tu ne peux pas modifier cela, c'est de la prérogative d'un dieu!
- Sauf si on relie les deux mondes Enfers et Elysion, au lieu de recréer ce vide intersidéral entre les deux!
- Mais quel intérêt?
- L'intérêt? Tu me demandes l'intérêt?
- Ikki!
- Oublierais-tu déjà ta promesse Pandore? J'ai moi aussi un intérêt plus qu'impératif à pouvoir rejoindre Elisyon sans difficulté
- Je n'oublie pas Ikki, seulement ce qu'on t'autorise ne doit pas être étendu à toute la création! Tu es le roi, et tu dois garder certains privilèges
- Pourquoi séparer Aiolia et Marine? Vous aviez bien autorisé Orphée à demeurer auprès d'Eurydice, non?
- C'était différent
- Pourquoi? Parce que Hadès avait trouvé de l'intérêt à garder Orphée, c'est ça? Et bien moi, je n'ai aucun intérêt à réunir Marine et Aiolia, sinon à empêcher deux êtres de souffrir autant que je souffre!
- Ikki… je fais tout pour te rendre heureux!
- Tu n'y arriveras pas. Une seule peut me rendre heureux, et tu m'as promis que je pourrais la rejoindre quand le paradis sera réparé! Essaierais-tu de revenir sur ta parole Pandore?
- Non, je ne le ferai pas. Ikki, tu crois que je joue avec toi mais c'est faux. Je t'aime. Je te laisserai la rejoindre, comme convenu. Mais tu n'oublieras pas toi non plus? Tu dois me revenir tous les six mois, je t'attendrai… avec tellement d'impatience…
- Pandore
- Ça me fait mal de devoir te partager, je l'avoue. Mais je préfère cela que de renoncer totalement à toi Ikki. Alors je serai patiente mon amour. Six mois d'absence pour six mois de félicité à tes côtés. Le sacrifice vaut la peine
Vous en pensez quoi? La légende de Perséphone version Homme! je trouvais cette idée sympas. à vos avis?
