Chapitre 11
« Sérieusement Harry, dis-je, je vais commettre un meurtre.
- Quoi ? réplique-t-il d'un ton innocent.
- McLaggen ! je m'exclame. Il me rend folle ! Pourquoi est-ce que tu lui as dit de remplacer Ron ?
- Je ne lui ai rien dit du tout, proteste Harry. C'est lui qui m'a sauté dessus l'autre soir quand je suis rentré de l'infirmerie. Et techniquement, je ne pouvais même pas contester, il était arrivé juste après Ron…
- Oui et bien quand je lui aurais jeté un maléfice, tu devras trouver un autre remplaçant ! »
Je continue à me plaindre de McLaggen tandis que nous regagnons les vestiaires après l'entraînement.
« Tu sais, ça ne me fait pas non plus plaisir qu'il soit dans l'équipe, lance Harry, il passe son temps à tous nous critiquer comme s'il savait faire mieux que nous.
- Or, ce n'est pas le cas... La prochaine fois qu'il me fait une remarque comme quoi si je mangeais moins, j'irais plus vite sur mon balai, je te jure que je…
- Ne l'écoute pas, sourit Harry, pour moi tu es parf…euh… parfaitement rapide sur ton balai et… euh… c'est mon avis qui compte… vu que… je suis le capitaine. »
Je le regarde curieusement. Je rêve ou bien il bégaie devant moi ? Bref, je n'ai pas vraiment le temps de me poser des questions car nous arrivons dans les vestiaires et Dean me regarde bizarrement.
Une fois que nous sortons des vestiaires - Dean m'attendait - nous marchons jusqu'à la salle commune.
« Vous parliez de quoi avec Harry ? » me demande Dean.
Nan mais de quoi tu te mêles, toi ?
« De McLaggen, je réponds. Pourquoi ?
- Comme ça… »
Nous ne parlons plus de tout le trajet. Le problème avec Dean, c'est que notre relation est comparable à un truc que j'ai vu en cours d'Etudes des moldus, les montagnes russes. Parfois, tout va bien et d'autres fois c'est une catastrophe. En ce moment, nous n'avons rien à nous dire. J'avais l'impression de m'attacher à lui mais en réalité, ce n'était qu'une illusion. Je me rends compte que je ne suis pas vraiment attachée à lui. J'ai toujours su que je n'étais pas amoureuse de lui mais au début de notre relation j'ai pensé être un peu entichée de lui, je pensais l'apprécier d'une façon un peu plus romantique qu'amicale… mais non…
Une fois dans la salle commune, je m'installe à mon fauteuil habituel et Dean s'assoit près de moi.
« Tu penses qu'on peut gagner le match ? dit-il au bout d'une dizaine minutes de silence.
- Sûrement », je réponds à demi-voix.
Je sais que c'est mal quand on a déjà un copain mais je regardais du coin de l'œil ce que faisait Harry.
« Bon… je vais me coucher, m'annonce Dean.
- Ok », je fais.
Il me regarde, se lève et s'en va. Je n'en attendais pas moins. Je pense que lui et moi, ce sera bientôt fini. Je ne vais pas m'en plaindre. Je commence à en avoir assez de nos disputes, d'être en froid.
Je continue de regarder Harry et j'aperçois, au fond de la salle, Vicky Frobisher qui me regarde d'un air moqueur. Très bien, je suis démasquée. Pour la peine, je crois que je vais me coucher.
Ces derniers jours, les derniers entraînements de Quidditch furent loin d'être dans la bonne entente. Non seulement, tout le monde détestait McLaggen, quoi que je m'approprie le rôle de celle qui le déteste le plus, mais la mauvaise humeur qui régnait entre Dean et moi affectait beaucoup notre jeu, nous sommes bien moins complice et j'avoue ne faire des passes qu'à Demelza.
Le jour du match, voulant passer le moins de temps possible avec Dean, je descends sur le terrain de Quidditch avec Hermione. Elle me souhaite bonne chance lorsque je me dirige vers les vestiaires. McLaggen, Demelza et Jimmy sont déjà là. C'est étrange qu'Harry ne soit toujours pas arrivé… D'habitude, il arrive toujours le premier, après tout c'est le capitaine…
Je chasse Harry de mes pensées et j'enfile ma robe de Quidditch. Une fois habillée, je m'assois et je remarque que toute l'équipe est au complet à l'exception d'Harry. Bon sang, où peut-il bien être ? Le match commence dans quinze minutes ! Les batteurs se frappent les mollets avec leurs battes nerveusement et McLaggen ne cesse de se regarder dans le miroir. Dean, quant à lui, est seul, assis sur le banc. Je ne me sens pas très bien par rapport à lui. Pourquoi donc faut-il que je culpabilise ? Je m'avance vers lui et je m'assois près de lui.
« Ecoute, Dean, je m'excuse pour ma mauvaise humeur ces derniers jours, je n'aurais pas du être aussi distante avec toi, ça ne se fait pas… »
J'ai d'abord cru qu'il allait m'envoyer balader tout comme je l'avais fait toute la semaine, mais non, il passe un bras autour de mes épaules et me sert contre lui.
« Ca ne fait rien, me dit-il. Je n'ai pas fait beaucoup d'efforts, moi non plus. »
Il me sourit et m'embrasse. Je crois qu'il voulait prolonger notre baiser mais je l'ai rendu furtif. Je me lève et je lui dis que je vais finir de me préparer. Je retourne auprès de mes affaires et je fais semblant de fouiller dans mon sac comme si j'étais à la recherche de quelque chose. Je n'aurais pas du m'excuser. Maintenant, je suis encore prise au piège pour le quitter. Il est adorable, très gentil, mignon, galant tout ce qu'une fille pourrait vouloir chez un garçon mais…Le cours de mes pensées est interrompu par la porte qui s'ouvre à la volée. C'est Harry qui arrive en courant. Comme par hasard. Voilà pourquoi je ne peux pas être heureuse avec Dean. A cause de cet imbécile qui se pointe moins de cinq minutes avant que le match ne commence.
« Où étais-tu ? » je demande à Harry d'une voix autoritaire.
Il s'approche de moi, se penche et me chuchote :
« J'ai croisé Malefoy »
Il enfile sa robe de Quidditch à toute vitesse.
« Et alors ? je réplique, ne comprenant pas trop où il voulait en venir.
- Alors, je voulais savoir ce qu'il fabrique dans le château avec deux filles pendant que tous les autres sont ici… »
Hé bien, le pauvre Malefoy a le droit de faire des plans à trois bizarres, ce n'est pas interdit que je sache.
« C'est si important de s'en occuper maintenant ? je fais avec un léger ton de reproche.
- En tout cas, je n'ai aucune chance de le découvrir pour le moment, réponds-t-il. Bon, allons-y ! »
Il attrape son balai, je l'imite et nous sortons sur le terrain.
« Des conditions difficiles ! dit McLaggen énergiquement. Coote, Peakes, il ne faudra pas voler en plein soleil pour éviter qu'on vous voie arriver…
- C'est moi le capitaine, McLaggen, l'interrompt Harry avec colère. Arrête de leur donner des instructions. Va te mettre devant tes buts. »
Ouh là là, qu'il est sexy quand il s'énerve ! Non mais, je suis sérieuse, vous l'imaginez en plein duel avec Voldemort, je suis presque sûre que même Voldemort a remarqué à quel point Harry était sexy quand il était en colère… Bon d'accord, j'arrête de divaguer.
Je monte sur mon balai et j'observe les Poufsouffles. J'aperçois Zacharias Smith au loin. Je vais lui mettre sa pâtée ! Ha ha ! Il n'avait pas qu'à me critiquer quand il commentait le dernier match.
Madame Bibine siffle le coup d'envoi et c'est parti ! Smith a le Souaffle… Génial ! Je fonce vers lui et lui donne un énorme coup en lui prenant le Souaffle. Ha !
J'entends alors le commentaire du match qui m'abasourdi un peu…
« Oh regardez, il a perdu le Souaffle, Ginny le lui a pris, je l'aime beaucoup, elle est très sympathique. C'est ma meilleure amie, vous savez qu'hier elle a encore empêché deux garçons de m'appeler Loufoca… elle est… »
J'éclate de rire ! Non…. Qui a été assez fou pour donner le poste de commentateur à Luna Lovegood ?! Outch ! Quelqu'un vient de se heurter à moi. C'est Cadwallader qui me prend le Souaffle. Hé merde, ça m'apprendra à écouter le commentaire du match au lieu de vraiment jouer le match. Je fais demi-tour et fonce vers Cadwallader. Malheureusement, son balai est beaucoup plus rapide que le mien. Il se dirige vers les buts de Gryffondor. McLaggen hurle depuis tout à l'heure, et maintenant j'arrive à entendre ce qu'il dit.
« C'est pas possible Weasley ! Comment tu as pu perdre le Souaffle ! Vraiment aucun talent cette pauvre fille ! »
Non mais je rêve ! Non seulement il me critique ouvertement et en plus… BORDEL DE MERDE MCLAGGEN ! Voilà… voilà ! Il vient de laisser passer un but ! TOUT CA PARCE QU'IL ME CRITIQUAIT ! Je le déteste ! Je le déteste !
« McLaggen, tu veux bien te concentrer sur tes buts et laisser les autres tranquilles ! » hurle Harry à McLaggen.
Merci Harry, je pense en réussissant à attraper le Souaffle. Je fonce vers les buts et je marque ! Enfin !
Quelques secondes plus tard, c'est Demelza qui marque ! Bon… le match n'est pas perdu pour l'instant… J'entends toujours Luna parler de plus en plus fort dans son micro. Au bout d'un moment, j'entends quelque chose qui m'interpelle.
« Oh, regardez, le gardien de Gryffondor a une batte à la main. »
QUOI ?! Je me retourne et je vois, en effet, McLaggen avec une batte et Harry lui fonçant dessus et… BORDEL EST-CE QUE MCLAGGEN VIENT VRAIMENT D'ENVOYER UN COGNARD SUR LA TETE D'HARRY ET EST-CE QU'IL EST VRAIMENT EN TRAIN DE TOMBER ?
J'oublie le match et je fonce vers Harry. J'arrive trop tard, Jimmy et Ritchie l'ont récupéré au vol. Je suis soulagée mais… il vient quand même de se prendre un Cognard.
Madame Bibine siffle un temps mort et Harry est conduit à l'infirmerie.
D'accord. Donc. Résumons. Nous n'avons plus d'attrapeur et plus de capitaine. Génial.
Le match reprend et j'essaye d'attraper le Souaffle le plus de fois possibles, j'arrive à remettre deux buts mais Poufsouffle a l'avantage. McLaggen ne surveille jamais ses buts ! Il passe son temps à commenter ce que nous faisons !
« BON SANG DEMELZA COMMENT TU ARRIVES A RESTER CALME ? » je lance à celle-ci tandis que je lui fais une passe.
Ce match est un fiasco total. Poufsouffle nous mène de cent points… La seule façon de gagner c'est que Gryffondor attrape le vif d'or. Le problème, c'est que nous n'avons plus d'attrapeur. Je décide alors de regarder autour de moi pendant que je n'ai pas le Souaffle. Pas de signe du vif d'or…
Etant plus à la recherche du vif d'or qu'essayant d'attraper le souaffle, je manque deux lancers que me fait Dean.
Au bout d'un moment, je vois l'attrapeur de Poufsouffle de l'autre côté du stade, foncer vers quelque chose. Je commence à foncer dans sa direction mais j'ai à peine fait cinq mètres que le coup de sifflet retentit.
« Poufsouffle gagne avec 320 points contre 60 »
Dans les vestiaires, c'est la troisième guerre mondiale. Toute l'équipe nous hurlons sur McLaggen. J'avoue lui avoir lancé un sortilège de Chauve-Furie en quittant les vestiaires.
Il faut que j'aille voir Harry à l'infirmerie. Il faut que je m'assure qu'il aille bien…
J'arrive en courant à l'infirmerie. Ron semble endormi et Harry est dans un lit juste à côté de lui. Il est dans un piteux état. Son crâne est couvert par un turban de bandages. Je m'assois sur une chaise près de son lit et je le regarde. On dirait qu'il rêve… mais je pense qu'il ne s'est toujours pas réveillé. Il doit encore être dans les vapes.
Quelques minutes passent et je ne peux m'empêcher de lui prendre la main. Elle est froide. Un peu trop froide.
« Ah Harry… pourquoi faut-il toujours que tu me fasses peur comme ça… » je chuchote.
J'entends une voix derrière moi qui me ramène à la réalité.
« Ginny, qu'est-ce que tu fais là ? »
C'est Ron.
« Je suis venue voir comment Harry allait. Comment ça se fait que tu dormais ?
- Je ne dormais pas vraiment, j'étais un peu assoupi. J'ai adoré le commentaire du match ! Ce serait cool que Luna le fasse tous les jours ! Enfin à chaque match !
- Ouais la question n'est pas là… »
Je discute quelques minutes avec mon frère.
« Harry est passé me voir juste avant le match, il n'était déjà pas très content de McLaggen, j'imagine qu'en se réveillant, il va vouloir le tuer…
- Je n'ai pas trop eu le temps de lui parler de McLaggen quand il est arrivé, il est arrivé dans les vestiaires pile à l'heure… »
Au bout d'un moment, je finis par dire au revoir à mon frère.
« Tu ne veux pas attendre qu'il se réveille ? » me demande Ron.
Attendez, depuis quand Ron fait-il preuve d'humanité et de compassion ?
« Je vais m'ennuyer en attendant qu'il se réveille, y'a personne avec qui discuter… »
Hum… tout s'explique, imbécile de frangin ! Je lui dis au revoir et je me dirige vers la salle commune où l'ambiance est tendue, très tendue. J'aperçois Neville et Hermione sur un canapé en train de discuter. Je m'assois avec eux.
« Tu étais où ? me questionne Hermione.
- Je suis passée à l'infirmerie voir comment allait Harry mais il était toujours inconscient… »
Quelques minutes plus tard, Dean et Seamus nous rejoignent.
« C'est pas la joie aujourd'hui, commente Seamus.
- Les chances de gagner la coupe sont mince, fait Neville en hochant la tête d'un air désolé.
- C'est toujours possible… enfin, y'a au moins eu certaines choses drôles aujourd'hui, opine Dean. J'ai adoré le sort que tu as jeté sur McLaggen ! ajoute-t-il en s'adressant à moi.
- Un simple bon vieux Chauve-Furie, je souris. Sa tête était si drôle ?
- A mort ! s'esclaffe-t-il. Mais il faut avouer que la tête d'Harry quand il est tombé de son balai était assez comique aussi !
- Ca n'avait rien de comique ! » je m'indigne.
Dean et Seamus commencent à rigoler en « imitant la tête d'Harry ».
« Il aurait pu se blesser très gravement ! je riposte. Je n'arrive pas à croire que vous en faites une plaisanterie !
- Quoi, on peut plaisanter de tout le monde sauf d'Harry, c'est ça ? s'énerve Dean.
- Si toi, tu serais tombé de ton balai, tu aurais aimé que les gens se moquent de toi ? Non ! Sur ce, je vais me coucher, je n'ai pas de temps à perdre avec des gens si immatures qu'ils plaisantent sur le danger ! »
Je me lève et me dirige vers mon dortoir. Je suis rattrapée par Hermione.
« Ginny ! Ca va ? fait-elle, inquiète.
- Oui, c'est juste que… Dean est stupide, et je n'ai pas aimé qu'il se moque d'Harry, c'est tout. Ca va aller. »
Et dire que tout ça, c'est de la faute de McLaggen. Pourquoi diable les sortilèges impardonnables sont-ils interdits ?
