Encore une fois, je souhaite que les événements vous épateront... Disons que Réactions en chaîne a mérité son nom pour une raison.
J'ai décidé de publier plus souvent désormais, vous me verrez un peu plus dans votre actualité! Sans compter que j'ai d'autres One-shots reliés à Auras et Sortilèges qui se préparent... Vous pouvez jeter un coup d'oeil à mon Recueil des aventures du Bataillon d'exploration!
À toute! :)
Chapitre XI : Réactions en chaîne
- Quelle sera la première chose que tu diras à ton père, lorsque tu le verras enfin?
- Je te présenterai, Kirua, évidemment! Je lui dirai : ''c'est mon meilleur ami au monde!''
- Idiot!, avais-je tout de suite répliqué, gêné. Tu me fous la honte…
Je me réveillai en sursaut et farfouillai les ténèbres autour de moi. J'étais sûr que Gon était dans le même lit que moi tellement la scène m'avait paru réelle! En fait, je venais de faire un rêve tiré de mon subconscient. Pourquoi mon esprit m'avait-il ramené ce vieux souvenir datant de notre enfance, et ce, précisément cette nuit-là?
J'avais chaud, mes vêtements me collaient à la peau. Bizarre, puisqu'il ne s'agissait pourtant pas d'un cauchemar. À cet instant, je saisis… En fait, ce qui m'avait tiré de mes songes, c'était la bosse impressionnante dans mon bas de pyjama, et celle-ci me ramena à la triste réalité. Presque douloureuse, j'en avais désormais pleinement conscience et tentai d'y remédier sans faire trop de bruit. Comme la journée précédente, je n'en connaissais pas la cause et espérais pouvoir, à l'avenir, me contrôler un minimum. Quel naïf j'étais…
Le lendemain, tous les évènements s'étaient bousculés à une vitesse effrayante. Mon réveil, m'habiller, me brosser les cheveux et les dents, se rendre au Club d'Hôtes et draguer quelques Serdaigle passa en un temps record! À ce point-ci de mon vendredi matin, tout allait comme sur des roulettes; Tamaki ne se trainait pas trop dans mon champ de vision, les jumeaux me jouaient des tours sans méchanceté, j'échangeais des informations pertinentes avec Haruhi, puis Honey-senpai semblait s'être levé du bon pied. Bref, ma journée était un succès, ou presque…
J'entendis la porte de la Salle sur Demande s'ouvrir alors que je servais des clientes qui gloussaient. Mori-senpai me fit signe d'aller m'occuper de la nouvelle arrivante, donc je m'y rendis d'un pas pressé. En voyant l'inconnu, je ne pus m'empêcher de sursauter et de me figer sur place. Des cheveux blonds comme le blé, des yeux noisette en forme d'amande, une cravate bleue et argent, un corps d'Apollon de la même grandeur que moi… Je faisais face à un garçon. Médusé, je bafouillai :
- Euh… Tu… Tu es arrivé ici par hasard? Ou…
Il détailla mon ensemble d'hôte vert pâle, symbolisant ma maison, d'un œil attentif. Les jumeaux ne se firent pas prier pour nous siffler tandis que je rougissais brusquement. Le Serdaigle blond, qui me rappelait désagréablement Tamaki, me répondit d'un ton aguicheur :
- En fait, je suis venu ici de mon plein gré. Tu dois être le nouvel hôte du club, je présume?
J'hochai la tête alors qu'il s'avançait de quelques pas, scrutant le lieu immaculé de blanc, mains dans les poches. Il dégageait quelque chose de bien spécial; je présumais qu'il faisait lui aussi partie d'une équipe de quidditch car, tout comme Kagami, Akashi et Aomine, une aura féline émanait de lui.
- Je suis Kise Ryouta. Midorimacchi m'a parlé de toi, hier soir. Je ne savais pas que tu… Enfin, que tu participais à ce genre d'activités. Je te croyais un peu plus… viril.
Je tiquai à ce commentaire, avant de lui jeter un regard noir. Pour qui ce Kise se prenait-il pour me juger aussi ouvertement?
- Enfin, comme on dit, on fait avec ce que l'on a! Tu m'accompagnes ou pas, Kirua Zoldik?
Comme pour me guider, il mit sa main dans mon dos et la glissa presque jusqu'à ma taille. Outré par son manque de pudeur, et par le fait qu'il me prenait pour un enfant incapable de marcher seul, je me tendis et me retins d'ôter furieusement son membre de sur mon être. Une fois arrivés à notre petit îlot, je suivis les instructions d'Haruhi et lui proposai quelque chose à boire. Il refusa d'un geste de la main, disant qu'il s'intéressait à autre chose qu'un simple breuvage. Ne comprenant pas à quoi il faisait référence, je me tortillai sur ma chaise et toussai afin de dissiper le malaise qui s'en était suivi.
- Alors, commença-t-il en passant une main dans ses cheveux soyeux, parle-moi un peu de toi, Zoldicchi.
- Il n'y a pas grand-chose à dire.
J'aurais aussi pu lui dire que durant toute mon enfance, quand il n'était pas question d'électrochocs, je jonglais entre la torture classique et l'entrainement militaire, mais cela aurait créé encore plus de questionnements venant de lui, et je n'y tenais pas tant. Gon était le seul à qui je désirais confier les détails de ma vie personnelle.
- Mais encore? Qu'est-ce qui t'amènes ici?
- Pour être honnête, c'est le fruit d'un fâcheux incident, lui avouai-je.
- Mon pauvre… Ç'a dû être terrible!
Sur ce, il posa sa main sur la mienne. De plus en plus perturbé par son comportement, je la fixai jusqu'à ce qu'il ne daigne l'enlever de là. Je commençais enfin à cerner pourquoi il avait opté pour cette attitude concernée… Je regrettais de ne pas lui avoir servi du thé au départ.
- C'est ta première année à Poudlard?, poursuivit-il, tout en examinant chacun de mes faits et gestes.
- Euh… O-Oui.
- Quelle coïncidence, il s'agit moi aussi de ma toute première!
- Génial, fis-je sans grande conviction.
Il se passa un doigt sur ses lèvres, puis revint à la charge :
- Qu'est-ce qui t'a poussé à venir étudier ici? Le prestige, les nouvelles rencontres ou encore, comme moi, le quidditch?
J'avais donc eu raison : il s'agissait d'un joueur calé dans le domaine. Je répondis, d'un ton plus sec cette fois :
- Mon ami et moi voulions expérimenter de nouvelles choses.
- Oh… Je vois parfaitement ce que tu veux dire…
Il alla jusqu'à mettre une main sur ma cuisse et je considérai ce contact comme dérangeant. Les muscles de ma mâchoire se crispèrent. Profitait-il de mon poste qui exigeait que je sois serviable et gentil pour abuser autant des familiarités?
- Non, je ne crois pas que tu m'as compris, répliquai-je en m'éloignant d'un bon mètre.
Je lus la surprise dans ses yeux. Il ne semblait pas habitué à ce que quelqu'un refuse ses avances de la sorte. J'essayais surtout de lui faire comprendre que je n'étais pas à l'aise de poursuivre la conversation dans ce sens.
- Pour ma part, sache que cela fait plus d'un an que je fais du mannequinat pour divers magazines de magie. Je me disais que, peut-être, tu serais intéressé à voir quelques clichés pris la semaine dernière…
- Non merci, Kise-kun.
Il n'avait pas l'air de comprendre que nous ne jouions pas dans la même ligue. À l'avenir, je me promis d'être plus clair.
- Ah d'accord, tu n'aimes pas les photos et tout ce qui va avec. Je te comprends; moi aussi, au début, je trouvais que ce domaine était réservé aux gens matérialistes et imbus d'eux-mêmes. Si tu veux, on peut discuter de d'autres sujets…
- Aucun sujet te concernant ne m'intéresse assez pour en discuter, tranchai-je sans retenu.
En me voyant aussi tendu, il referma lentement son album, avant de déclarer :
- J'ai dû faire erreur sur la personne, mais je croyais, en te voyant de temps à autres dans l'école, que…
Il marqua une pause, me sourit poliment, puis continua :
- Enfin bref, désolé de t'avoir dérangé avec tout cela, j'ai saisi où tu voulais en venir. Je me sens terriblement mal… Pardon.
Il s'en alla ensuite tout en remerciant les autres pour leur accueil chaleureux. Dès qu'il fut hors de la pièce, je me sentis immédiatement coupable de l'avoir presque chassé avec mes paroles cinglantes. Toutefois, courts furent mes remords puisque je me mis à me questionner sur le sens de ses derniers dires. Ce joueur de quidditch pensait-il que, comme Jean et Marco, je préférais la compagnie de la gente masculine? Pas que cela me froissait, mais son trouble valait une certaine réflexion de ma part : avais-je l'air gay? Malgré que le fait que j'avais la conviction qu'il était dans le tort, je ne pus m'empêcher de passer en revue mon entrée à cette école. Certes, rejoindre le Club d'Hôtes n'aidait pas ma cause, mais insinuer que j'étais l'un des siens me laissait pantois. Comme si les homosexuels avaient un radar en eux qui leur permettaient d'identifier leurs semblables! Cette idée me paraissait ridicule et j'étais sceptique au plus haut point. Balivernes!
Ou peut-être que…
Bon, d'accord… Il m'arrivait de détailler les garçons plus que je ne le faisais avec les filles, mais cela ne voulait rien dire!
Menteur.
À cette pensée, je ne sus comment réagir. Si j'étais réellement ainsi, alors pourquoi les avances de Kise m'avaient pratiquement répugné? Il devait y avoir une explication logique derrière tout cela…
Car il n'y a qu'une seule personne avec qui tu te permettrais de tels contacts.
Cette satanée voix ne semblait pas vouloir me quitter d'une semelle! Me tirant subitement de mes pensées, Mori-senpai posa une main conciliante sur mes épaules, comme pour me faire comprendre qu'il savait par quoi je passais; comment on se sentait lorsqu'une personne se trompait sur son orientation sexuelle. Je lui souris alors qu'il se remettait aussitôt au travail. Lui, au moins, il avait compris!
Choisissant de ne pas tenir compte des propos de Kise, je profitai ensuite pleinement de cette journée qui s'annonçait merveilleuse! En fin de soirée, j'avais un entrainement bien mérité avec Gon, mon meilleur ami au monde, rien que lui et moi et un coucher de soleil magnifique!
Et Zushi. Il ne s'était pas gêné pour s'interposer entre nous, celui-là!
La faim nous tiraillant l'estomac, Haruhi et moi avions enfilé rapidement nos habits sorciers et avions rejoint promptement la Grande Salle. Là-bas, ma camarade choisit de boire ce qu'elle appelait du ''café instantané'', tandis que je décidai de manger au hasard un pain aux bananes et pépites de chocolat. Ma première bouchée me laissa un gout amer en bouche alors que je vis Gon qui était entouré de Gryffondors trop collants. De quel droit ces inconnus passaient-ils leurs bras autour de ses épaules? Un peu de retenue ne leur aurait pas fait de mal! Voyant où mon regard était posé, Haruhi m'informa :
- Puisque les lions ont toujours leur initiation la première semaine, ils semblent toujours plus proches que les autres maisons. Mais ne t'en fais pas; en réalité, les Serpentards ont toujours été les plus soudés, quoi qu'on en dise.
- Comment peux-tu en être aussi certaine?
- Les rumeurs courent vite, et Gryffondor est la maison dans laquelle il y a le plus de drama et potins de mauvais genre. Ne te fis pas aux apparences, et ouvre plutôt tes oreilles.
Elle esquissa un sourire tout en me volant un minuscule morceau de pain pour le tremper dans sa boisson. Pour ma part, je n'avais pas conscience que le clan des rouge et ors était synonyme de conflit et de blablas inutiles.
- Notre initiation à nous est la semaine prochaine. Prépare-toi autant mentalement que physiquement à passer au travers de cette épreuve! Tamaki, l'organisateur, ne vous a pas rendu la tâche facile cette année…
J'haussai les épaules, n'étant même pas sûr d'y aller. Je ne voyais pas l'intérêt de consommer de l'alcool, si cela impliquait de ralentir mes réflexes, ou encore de me mêler à de parfaits étrangers.
- D'ailleurs Kirua, t'es-tu inscrit à Poudlard seul?
- Non, j'étais avec mon meilleur ami. Néanmoins, il a été admis chez nos ''ennemis''.
Ses grands yeux bruns se dirigèrent instinctivement vers la table opposée à la nôtre. Son attention fut retenue par l'endroit où Gon était assis.
- Tu regardais par là, tout à l'heure. Ce doit être le musclé aux cheveux hérissés, ton meilleur ami? Il n'a pas l'air d'avoir de la difficulté à se faire des copains!
- M'en parle pas, Haruhi… J'ai même parfois l'impression qu'il m'oublie.
Notant le ton peiné que j'avais utilisé, cette dernière fronça les sourcils et me demanda :
- Êtes-vous plus que meilleurs amis?
Je fus pris d'un rire sarcastique, alors qu'elle resta interdite. Remarquant son sérieux, je me transformai en statue de pierre. J'avais eu envie d'user de la question de Gon à Marco : ''meilleur, meilleur ami?''.
- Vous êtes arrivés à Poudlard côte à côte, poursuivit-elle, donc je me disais que...
Elle laissa sa phrase en suspens alors que mes joues et mon torse se mirent à bouillirent. Que voulait-elle donc dire par là? Que j'étais gay? Cela faisait deux personnes en l'espace d'une heure! Un peu maladroitement, je répliquai sans plus attendre :
- N-Non! Bien sûr que non! On partage une bonne chimie, mais sans plus…
Haruhi n'eut pas de réaction particulièrement, mais voulus tout de même que je me justifie :
- Ce que tu me dis, c'est que c'est chose impossible que votre relation n'aille plus loin?
Cela eut le don de me clouer le bec. Ne comprenait-elle pas que j'éprouvais un lien unique avec lui, qui n'avait rien à voir avec une passion charnelle? J'étais stupéfait par le fait qu'elle doutait de mon assurance.
- Je ne me permettrai jamais de risquer cette précieuse amitié pour de… de stupides sentiments!
Comme si elle m'avait vaincu à un quelconque jeu, elle se désintéressa enfin de la conversation avec un sourire goguenard accroché aux lèvres. Je ne pouvais toutefois pas m'être trahi, étant donné que j'étais certain de ne pas porter d'émotions à l'égard de Gon! Je revins à la charge en balançant :
- En plus, il y a des chances qu'il soit homophobe. Bref, tout ceci prouve que tu dis des âneries, Haruhi.
Toujours aussi sereine, mon amie me proposa de clarifier la chose avec lui lorsque j'allais le voir dans quelques heures. Il s'agissait d'une bonne idée, mais évidemment, j'allais devoir aborder subtilement le sujet pour ne pas que Gon se sente attaqué, surtout que ce n'était pas dans nos habitudes de discuter de valeurs et d'opinions!
Avec Haruhi, tout me paraissait tellement plus simple, tellement plus claire. Celle-ci arrivait à me conseiller, m'aider à voir la vie sans qu'aucun détail superflu ne puisse nuire à la réalité. Ma perception des choses était comme éclairée, guidée par ma nouvelle connaissance. Je me plaisais dans cette relation saine qui ne demandait rien de superficiel : seulement un peu d'entretien et de respect mutuel.
- Kirua, la chose a sonné. Le cours de métamorphose nous attend.
- Bienvenue dans ma classe de métamorphose, mes petits louloups!
Devant nous se tenait une horrible dame aux seins monstrueux et au derrière tout aussi volumineux. Maquillée comme un clown, l'enseignante vulgaire à souhait se dandinait à travers la classe et ne se faisait pas prier pour montrer ses atouts à notre petite assemblée de Serpentards. Sakurai, assis à côté de moi, faisait ce qu'il pouvait afin de fixer autre chose que son décolleté plongeant, mais cela nécessitait une concentration extrême. Momoi, quant à elle, semblait comparer sa poitrine à celle de la dame d'un air jaloux. Moi, j'étais littéralement écœuré par son comportement, tandis que bien des garçons en profitaient sans aucune gêne. Ymir, qui me lançait des regards assassins de temps à autre (pour l'avoir fait tomber dans les pommes le jour précédent), s'était même penchée pour regarder sous la jupe de la professeure. Plusieurs rires avaient fusé suite à sa blague, et Aomine et elle s'étaient donnés un poing complice. Je voyais un certain lien se créer entre eux deux, et ce, à mon grand désarroi; comme si j'avais besoin que mes ennemis se lient d'amitié!
- Qui est ce phénomène de foire?!, m'exclamai-je en direction de mon partenaire de table avec une moue exténuée.
- Elle vient probablement d'un autre pays, puisque sur l'horaire des cours, il est écrit ''Hisoka''. Ça sonne exotique, tu trouves pas?
Je fis volte-face et enfoui mon regard affolé dans celui de Sakurai. Pardon? Que venait-il de dire?
- Que… Que viens-tu de dire?
- Le nom du professeur, c'est Hisoka, répéta-t-il tout en le pointant sur le papier.
À ce moment précis, je sentis une aura meurtrière derrière ma chaise et, par réflexe, je bondis, atterris à pieds joints sur le bureau en avant du mien et me retournai pour faire face au personnage, et tout cela, en l'espace d'un clignement de cils. Tous sursautèrent à quelques secondes d'intervalle de mon déplacement ultra-rapide. Mais je n'en avais sérieusement rien à cirer de leur réaction; un fou à lier qui avait toujours voulu ma peau jouait cette énergumène à talons! Mes tripes étaient en feu : j'étais plus que prêt à le combattre!
- Kirua Zoldik… Me voilà comblé de t'avoir dans mon cours, susurra la supposée ''professeure''. Devine pourquoi j'ai appliqué à ce poste cette année… C'est pour être plus proche de toi et Gon, évidemment.
- J'aimerais en dire autant, Hi-so-ka.
La femme passa une langue sur ses lèvres et cela me donna la nausée. Je le reconnaissais bien, même avec cette fausse carapace. Comment avait-il pu réaliser cette supercherie?! Les autres, complètement déboussolés, nous dévisageaient à tour de rôle, attendant des explications. Pour répondre aux milliers de questions dans leurs yeux, Hisoka reprit peu à peu sa forme normale. C'était horrible… D'abord, sa figure s'était élargie, modelée dans le vide, afin de reprendre son aspect initial. Ses yeux d'un orange crépusculaire avaient regagné leur terrain, de même que son nez pointu, sa peau aussi blanche que la mienne et ses habituels dessins sur les joues. Ses cheveux longs féminins s'étaient raccourcis jusqu'à retrouver sa fameuse coupe de cheveux rouge rejetés vers l'arrière.
Ymir en pâlit d'étonnement après avoir réalisé que c'était un homme. La bouche des étudiants formaient de grands ''O'', et moi je plissai les yeux, tentant d'analyser son prochain mouvement. Prévoyait-il mettre sa main, ses griffes, sur l'un de mes amis ici? Je ne lui en donnerais pas la chance. Que la future victime soit Aomine ou Sakurai, je les protégerais coute que coute.
Soudain, Hisoka bougea.
Oui, il bougea : celui-ci alla nonchalamment se placer à son bureau, comme si ne rien n'était. Je restai tout de même sur la défensive et attendit sa prochaine réplique :
- Kirua Zoldik, m'intima-t-il, je te demanderais de t'assoir tranquillement à ta place, s'il te plait.
Tous se tournèrent vers moi. J'étais toujours debout sur le bureau de Jean et d'un autre inconnu, prêt à me battre. Mes joues se colorèrent peu à peu de rose en raison de la situation qui me paraissait complètement improbable. Et notre combat?
- Ne me fais pas chier et dis-moi ce que tu fous ici, crachai-je à Hisoka en me rendant compte qu'il se jouait de moi.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, Kirua. C'est mon dernier avertissement : assieds-toi, ou je t'envoie chez le directeur.
Il savait comment tourner la situation à son avantage, et moi, j'étais pris au piège. Son expression calme me donnait davantage le gout de l'anéantir. Quelques-uns commencèrent à m'inciter à m'assoir. Eux aussi n'y voyaient que du feu; les pauvres, ils ne savaient pas que leur enseignant de métamorphose était un meurtrier en série!
- VA TE FAIRE FOUTRE!, criai-je subitement.
J'étais moi-même étonné par la force de mon insulte. Cette fois-ci, certains de mes collègues qui se situaient tout près semblaient me craindre et s'étaient levés. Même Sakurai s'était reculé de quelques pas et me regardait de ses gros yeux ronds. Hisoka, lui, n'avait même pas daigné lever un sourcil. Comme un automatisme, son bras ne fit que me désigner la porte et il se donna un air dramatique. Mais… Mais c'était quoi cette situation grotesque?!
Docilement, je descendis de la table et me dirigeai mécaniquement vers la sortie. Je sentais des regards pesants dans mon dos. Venais-je de réduire à néant l'image de mauvais garçon que je donnais? Ou je renforçais cette idée? Dans tous les cas, je ne me sentais pas gagnant du tout. Et, comme si mes malheurs étaient sans limite, je me dirigeais tout droit chez Roy Mustang et sa sous-directrice, deux adultes trop sexuellement actifs pour moi. J'étais exténué.
- K-Kirua, attends-moi!
Je me retrouvai face à Jean. Me remémorant les évènements à l'infirmerie de la veille, j'avoue avoir un peu rougi.
- Ah, Jean. Je suppose que tu vas mieux?
Ses ecchymoses semblaient être moins bombées et la plupart de ses plaies semblaient avoir été soignées magiquement. En somme, je me trouvais face à un Serpentard qui avait fière allure. On ne pouvait pas nier que Marco avait du gout, et vice-versa.
- Oui, merci. Après… Après tout ce que tu as fait pour moi et… Et Marco hier, je tenais à te remercier personnellement. Je préfère aussi t'accompagner chez Mustang, je m'entends bien avec lui, ça pourrait te sauver la mise!
Je ne savais même pas où le directeur se trouvait à cet instant, donc j'avais laissé mon compatriote me guider à travers les couloirs et les nombreux escaliers. Il ne me posa aucune question sur mon comportement envers Hisoka, et pour ça, je lui en étais redevable. Nous avions effleuré le sujet de sa relation avec mon ami Poufsouffle, et il vint un temps où il m'avoua tout bonnement :
- Tu sais, je ne me suis pas mis à me douter que j'étais… gay, du jour au lendemain. Dès que quelqu'un a des doutes, il devrait selon moi… Tu sais, essayer des trucs. Au moins, ces essais m'ont permis de me situer parfaitement. Il n'y avait simplement pas de doute possible avec Marco.
- Ça a toujours été la vie en rose entre vous, mis à part la dispute?
Il eut un rire sarcastique et il se frotta la nuque. Visiblement, sa réponse n'allait pas être positive.
- J'ai vraiment été un salaud à partir du tout début et ça a duré des années! J'essayais de nous cacher, j'inventais des excuses pour expliquer que l'on se voyait plus souvent… Le pire des hypocrites. Je suis content que ça soit bel et bien derrière nous, toute cette histoire. Je suis un homme nouveau, et je compte bien le lui prouver.
- Comment te sens-tu par rapport à ça?
- Il arrive que je n'accepte pas complètement qui je suis, mais je sais que ce n'est qu'une petite étape à franchir vers… vers notre bonheur commun.
Les tensions chez moi disparurent à cet instant. Je me sentais libéré d'un certain stress. Il regardait à l'avant, confiant, et pas l'ombre d'un doute ne transparaissait dans sa démarche. Je voulais être ce genre de personne : quelqu'un pouvant clamer haut et fort qui il était vraiment! Qui ne reculerait devant rien pour celui qu'il aimait. Jamais plus.
- Toi, Kirua, as-tu des vues sur quelqu'un?
Malgré qu'il ait demandé ça de façon innocente, je sentais que Jean attendait que je réponde par l'affirmatif. Ne voulant pas le décevoir, j'inventai :
- Peut-être, enfin, plus une fréquentation…
- Ah bon? La belle Momoi?
Tissant lui-même mon mensonge, je n'avais qu'à approuver de la tête. Jean bailla et dit à la va-vite :
- C'est drôle, puisque je te voyais plutôt avec un garçon. J'avais cette impression en te voyant en classe. J'ai dû me tromper; sans rancune, vieux!
Je me glaçai et cessai tout mouvement. Troisième. Foutue. Personne. En. Deux. Heures. Parmi eux, une personne qui analyse le comportement humain, et deux homosexuels. Ma vie était terrible. Tandis que je fulminais dans mon coin en me demandant ce qui clochait avec mon apparence, nous arrivâmes finalement à un portail donnant accès au bureau du directeur. Jean dit à haute voix le mot de passe, ''Flamme Explosion'', en direction d'une gargouille en pierre. Ayant le même effet que ''Sésame, ouvre-toi'', la grosse porte de pierre, qui nous bloquait l'accès précédemment, laissa place à un escalier en colimaçon. Après l'avoir gravi, Jean haleta un moment (nous venions quand même monter dix étages avant d'arriver ici) puis nous fîmes face à un second portail muni d'un butoir prenant la forme d'une créature hideuse.
- Mustang appelle ce monstre un ''Homonculus''… Ne pose pas trop de questions, il vit dans son monde.
À peine Jean avait-il frappé que le personnage apparaissait dans le cadre de porte. Cigare au bec, l'homme dans la fin de la vingtaine nous dévisagea sans aucun scrupule et, sans piper mot, nous invita à entrer. Son regard profond, d'un noir de jais, balaya le lieu spacieux et ses yeux s'arrêtèrent sur son cendrier. Il s'approcha de l'objet et y écrasa d'un geste vif son barreau de chaise, avant de supposer :
- Jean, tu t'es encore embêté avec Eren? C'est plus récurrent ces temps-ci…
- Non, monsieur, corrigea-t-il. J'ai accompagné Kirua jusqu'à vous.
J'en concluais que Roy Mustang et Jean se connaissaient bien, vu le nombre de fois où le Serpentard se rendait ici.
- Sachez que je suis déjà occupé avec un autre morveux, alors soyez sage.
À cet instant, mon regard croisa une paire d'yeux mauves des plus arrogantes. Un petit bonhomme aux bras croisés, aux cheveux noirs, avec un air hautain était peint sur son visage sans un défaut. Malgré son jeune âge, son regard était mature et il était habillé d'un veston-cravate Serpentard assorti. En me voyant, il se dirigea d'un pas décidé vers moi, puis me tendit sa petite main tout en se présentant :
- Selim Bradley, pour vous servir. Tu dois être Kirua Zoldik, on parle beaucoup de toi, dernièrement. C'est vrai que tu as stoppé un combat dans la classe de Saber?
- Comment?!, s'enquit Mustang. Pourquoi n'ai-je pas été informé de la chose?!
- Car tout le monde se fout de toi, Roy, objecta Selim en haussant un sourcil. C'est pas comme si t'étais la figure d'autorité la plus convaincante à Poudlard…
Je serrai finalement sa petite main et il afficha une moue satisfaite. Las de devoir se justifier contre un gamin, le directeur poursuivit, tout en se prenant l'arête du nez entre ses doigts :
- Selim, viens en aux faits : qu'as-tu fait cette fois?
- Moi?! Comme si c'était de ma faute! On m'a placé contre ma volonté en cours de botanique, et ce, un vendredi! J'exige que l'on change mon horaire!
- Tu aurais dû y penser à deux fois de te faire envoyer chez les Serpy. Maintenant, tu ne peux plus changer d'horaire.
J'eus presque pitié de l'homme, il avait l'air exaspéré. L'enfant tapa du pied et rétorqua :
- C'est inexcusable! En plus, les projets d'équipes sont débiles. Après on se demande pourquoi j'ai étranglé mon coéquipier…
- PARDON?!
- Enfin bref, reprit-il comme si de rien n'était. Pendant que ma maison a de la botanique à l'horaire, je voudrais que vous me placiez avec des gens pas trop cons, comme les Serdaigles, par exemple. Peut-être qu'ils égaleront mon intelligence supérieure aux Gryffondors, qui sait!
La figure d'autorité de la pièce s'apprêtait à objecter, mais Selim se tourna dans ma direction, et m'avisa :
- Kirua, de grâce, ne te tiens jamais avec les lions, ça nuirait à ta réputation. Si tu ne comptes pas te faire intimider durant ton séjour ici, fais-moi confiance : ignore-les. Ils ne méritent pas de partager la même école que nous! Tu le constateras par toi-même…
Jean avait l'air d'être en accord avec ses dires, probablement car Eren faisait partie des leurs. Moi, je n'avais que Gon en tête. Allais-je réellement devoir me tenir loin de lui pour me faire des amis dans ma propre cohorte? C'était impensable et légèrement stupide.
- Ah… Ça va!, soupira Mustang en lâchant son morceau. Tu iras avec les Serdaigles de ton année durant tes cours de botanique. Pars tout de suite avant que je ne revienne sur ma décision!
Le petit sautilla jusqu'à la porte, nous fit un au revoir tragique, puis se dirigea joyeusement vers son nouveau cours. Il savait pertinemment qu'il avait mené Mustang par le bout du nez, et ce dernier se massa les trapèzes, agacé au plus haut point.
- Bon, revenons à nos moutons. Qu'as-tu fait, Kirua?
- J'ai envoyé chier le prof de métamorphose.
Mon interlocuteur parut suspicieux.
- Ça m'étonne de ta part. Tu n'as pas l'air de quelqu'un de bien dérangeant pour les professeurs…
- Justement, c'est le cas. Sachez qu'il l'a mérité.
- Mais encore?
Alors que j'allais lui dire la vérité, l'histoire complète sur ce monstre d'Hisoka, une main congelée se posa sur mon épaule et me coupa dans mon élan. Des fourmis invisibles montèrent sur ma colonne vertébrale; il n'y avait qu'une personne qui me donnait une aussi mauvaise impression. Roy Mustang, voyant le nouvel arrivant dans son bureau, se renseigna :
- Tsukiyama, que faites-vous ici? N'avez-vous pas un cours à donner?
Je m'éloignai de l'enseignant répugnant et me mit devant Jean, comme pour le protéger de cet aura plus que menaçante. Le Serpentard avait des points d'interrogations dans les yeux, et son regard se promenait du professeur d'études des goules à mon être.
- J'ai laissé mon groupe aux bons soins de Rider qui passait par là, répondit l'homme aux allures clownesques. Je suis allé jeter un coup d'œil dans la classe d'Hisoka, car j'ai entendu un cri provenir de là-bas. Ensuite je suis venu vérifier si tout allait bien.
Il encra un regard tendre, presqu'amoureux, dans le mien. J'eus la nausée.
- Mustang, vous ne pouvez pas blâmer Kirua pour ses bêtises, continua-t-il, tandis que la surprise s'empara de moi.
- Ah bon?!, fîmes le directeur et moi, simultanément.
- Oui… Vous savez, Hisoka est en fait le nouveau beau-père de Kirua. Kiru-chéri lui en veut terriblement de s'être approprié la place de son papa.
J'étais choqué, mon cerveau ne faisait plus de connexions avec ce qui se passait autour de moi. Pourquoi avoir tissé ce mensonge aussi grotesque?! Pour me sauver la peau? Et qui était ma fausse mère, alors?
- Je comprends désormais, fit le directeur. La raison pourquoi Kirua a pu entrer cette année si facilement est en fait car son père ainsi que son beau-père sont professeurs, c'est cela?
Je ne compris pas non plus cette logique, mais quand Tsukiyama m'enlaça et me donna un bisou sur le front… Je saisis où il avait voulu en venir.
- Exactement. Moi et Hisoka sommes fiancés depuis peu, et Kiru est mon fils adoré. C'est avec mon accord qu'il a pu entrer à Poudlard.
Ensuite, il me murmura à l'oreille :
- Ne dit rien de la vérité, ça vaut mieux pour toi, Zoldik-kun.
Je m'évanouis.
À, je l'espère, la semaine prochaine !
En attendant vos avis,
- Zuzu-kun.
