Titre : Éternité
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.
Note :
Bon mardi matin à tous ! *a encore les yeux collés*
J'espère que vous allez bien en ce grisâtre début de semaine (ou peut-être qu'il fait beau chez vous, dans ce cas je veux bien un bout de soleil !).
Nouveau chapitre, nouvelle histoire. J'espère qu'elle vous plaira.
C'est assez amusant les statistiques des chapitres, de voir les chapitres que vous aimez/ n'aimez pas. Je n'aurais pas pensé ça en postant, mais après tout, tant mieux, vous êtes nombreux à me suivre régulièrement et j'en suis toute heureuse ^-^
Donc aussi un grand merci à tous les lecteurs anonymes qui passent par ici !
Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)
Leia26 : Et voila la suite ! Ou tout du moins une suite. j'espère qu'elle te plaira autant que les précédents, merci pour ta fidélité !
Une vague vint mourir aux pieds des deux jeunes hommes assis sur le sable. Reflétées par l'immensité océane, les étoiles leur souriaient, leur accordant, pour une nuit de plus, leurs grâces et leurs secrets. Comme souvent, ils s'étaient exilés loin du Sanctuaire dès la nuit tombée. Dans le silence et l'obscurité de la nuit, Dégel avait suivi son compagnon jusqu'à l'enceinte du Sanctuaire, tels deux fantômes, et l'avait laissé les emmener dans cet endroit qui représentait tant à ses yeux.
L'endroit où Kardia avait grandi. Cette plage de sable fin à l'abri des regards où il l'avait fait rêver, lorsqu'il était encore enfant. Celui où il l'emmenait, presque toutes les nuits avant que l'un d'entre eux ne parte en mission pour plusieurs jours ou semaines. Personne ne savait jamais combien de temps une mission pouvait se prolonger. Dégel frissonna quand un courant d'air venant de l'océan vint caresser sa peau. Il replia ses genoux contre son torse pour y poser sa tête, observant ce paysage magnifique dont il n'arrivait jamais à se lasser.
Le sentant bouger, Kardia se redressa et vint passer les bras autour de lui dans un silence religieux presque effrayant pour cette boule de nerf sur patte. Appréciant ce calme rare, le Chevalier du Verseau se cala contre lui, se laissant inonder de sa chaleur dont il ne pourrait profiter avant un long moment.
« Tu crois qu'on vivra deux cents ans ? »
Dégel leva la tête vers son ami avec une lueur interrogative dans le regard. Les yeux perdus dans une contemplation profonde de l'océan, Kardia semblait ailleurs, tiraillé par des pensées insaisissables. Avec douceur, Dégel vint passer une main sur sa joue. Il ne réagit pas.
« Ton Maître aussi a vécu longtemps, non ? Tu crois qu'on survivra aussi longtemps qu'eux ? », insista le Scorpion.
Le Chevalier des Glaces sentit un léger malaise s'installer quand il rencontra le regard de son compagnon. Sans répondre, il sonda cet éclat étrangement profond dans ses prunelles. Avait-il peur de la mission qui l'attendait ? Il avait du mal à imaginer Kardia avoir peur. Lui qui ne reculait jamais devant rien, qui trouvait toujours à défier l'impossible et la vie elle-même. Non, ça ne pouvait pas être ça.
« Je ne sais pas. Je ne recherche pas l'éternité. », répondit Dégel avec une sincérité presque naïve.
Kardia se replongea dans son mutisme et sa réflexion. La main de Dégel sur sa joue glissa dans ses cheveux, effleura son épaule dont il épousa la courbe avec grâce. S'inquiétait-il de son cœur ? Il ne le croyait pas non plus. Et de toute façon, il aurait beau se trouver à des milliers de kilomètre, il ne le laisserait pas mourir à cause de ça. Une promesse que Dégel s'était fait à lui-même il y a bien longtemps et qu'il tiendrait quoiqu'il lui en coûte.
Malgré tout, il prit le temps d'y penser. Que ferait-il s'il vivait aussi longtemps que Krest ? S'il avait l'occasion de traverser les siècles ? Quelqu'un se présenterait pour prendre sa place en tant que Chevalier d'Or bien avant qu'il ne meure. Sans doute laisserait-il son armure sans hésiter. Mais que ferait-il se sa vie ensuite ? Il ne se l'imaginait pas. Peut-être s'exilerait-il une fois que Kardia aurait lui aussi trouvé un successeur. Il sourit et vint caler la tête contre le cou de son compagnon, se frayant une place entre quelques mèches azurées.
« Et tu voudrais faire quoi, dans deux cents ans ? Je suis sûr que tu mènerais la vie dure à nos successeurs. »
Les lèvres de Kardia s'étirèrent en un sourire carnassier avec un ricanement approbatif. Dégel plaignait déjà les pauvres bougres qui devraient s'occuper de l'armure du Scorpion après lui. Comme une pensée se superposant à la sienne durant une seconde, l'image de deux hommes s'imposa dans son esprit. Perdu au milieu de colonnes ressemblant comme deux gouttes d'eau à celle de son temple, un jeune homme blond tenait dans ses bras une autre personne. Juste quelques éternelles secondes, il put sentit tout le désespoir de cet homme face à la mort d'une personne aimée. Un instant, l'image de lui et Kardia se superposa à celle de ces deux inconnus.
Il frissonna à nouveau, soudain mal à l'aise. L'image avait disparu aussi vite qu'elle était apparue. Pourtant, ce sentiment d'oppression s'était imprimé dans chaque parcelle de son être. Ces hommes portaient des armures d'or qu'il n'avait aucune peine à reconnaître. Il se serra contre Kardia, essayant de chasser ce malaise déchirant son cœur. Sentant son mal-être, Kardia se détacha légèrement pour le regarder avec une légère inquiétude.
« Qu'y a-t-il ? »
Dégel secoua lentement la tête, essayant de calmer les battements de son cœur.
« Ce n'est rien… Tu sais, je ne tiens pas vraiment à vivre des siècles, déclara-t-il soudain en revenant sur le précédent sujet. Je préfère profiter du moment présent. Si le temps nous accorde une longue vie… On aura le temps d'y penser, non ? »
Kardia le regarda d'un air sceptique avant de hausser les épaules, le reprenant contre lui, les lèvres déformées par une grimace songeuse. Dégel soupira légèrement et ferma les yeux, laissant le vent emporter avec lui ses pensées. Il voulait juste être avec Kardia. Le reste lui importait peu. Kardia qui serait parti loin de lui à l'aube. Son cœur se serra. La douleur de perdre un être cher. Il se mordit la lèvre et secoua la tête.
« Alors tu m'as pas dit, je te rapporte quoi de mon séjour, cette fois ?
- Reviens entier avec un cœur en bon état, ça sera déjà bien. »
Kardia grogna d'un air vexé, mais son sourire prouvait le contraire. Il vint passer une main amusée dans les cheveux aigue-marine de son ami avant de lui ébouriffer avec un rire amer. Dégel fit écho à son grognement en essayant de se dégager. Mais Kardia le tenait trop bien pour le laisser s'échapper.
« T'as raison en fait. Te supporter pendant deux cents ans ça serait vraiment trop mortel ! »
Réussissant à s'extirper des griffes du Scorpion, Dégel se releva et s'éloigna de lui de quelques pas. Avec un soupir désespéré, il se passa une main dans ses cheveux en fouillis, essayant d'y remettre de l'ordre. Il espérait ne croiser personne quand ils reviendraient au Sanctuaire au petit matin.
« Si je t'ennuie tant que ça, tu n'as qu'à partir ! » railla le Verseau, sur les nerfs.
Kardia haussa un sourcil en le regardant avant de se relever en époussetant son pantalon. Dégel le regarda faire, surpris de son silence et de son manque de réaction. Quand Kardia ancra son regard dans le sien, il était déjà trop tard.
« Très bien. »
Il voulut l'attraper, mais le Chevalier avait déjà disparu, le laissant seul, comme le dernier des imbéciles, au milieu d'une plage déserte. Dégel soupira. Heureusement qu'il était parti, sinon il lui aurait bien enfoncé son poing dans la figure. Il respira profondément en se tournant vers l'océan, écoutant le bruit des vagues venant mourir sur les rochers. Il ne pensait pas qu'il le prendrait mal.
Une nouvelle vague vint lécher la peau de ses pieds. Il baissa les yeux, résigné. Kardia n'était qu'un imbécile. Il n'aimait pas non plus les au revoir, mais il aimait encore moins quand il partait en mission après s'être fâché avec lui. Tant pis. Il attendrait son retour. Ce n'est pas comme s'il avait vraiment le choix.
Le cœur lourd, il observa son visage se refléter dans l'eau à la lumière de la lune. Un instant, il crut distinguer le visage d'un autre homme. Des cheveux aussi ardents que la lave, des yeux aussi bleus que le ciel. Il cligna des yeux. L'imagine avait disparu. Se donnant une claque mentale, il se secoua un bon coup. Kardia reviendrait vite et en pleine forme. Comme toujours. Il suffisait d'être patient.
Dans une poussée de résignation, il se téléporta jusqu'à l'entrée du Sanctuaire, maudissant son compagnon et son esprit tordu.
