Note de l'auteure: Alors, ce chapitre est assez court, pourtant, ce fut le plus éprouvant à écrire! j'espère qu'il vous plaira!
Merci encore à tout les reviewers!
Pour la musique, je conseille fortement "Already over" du groupe Red si vous aimez ce qui est assez rock, cette musique va très bien avec les sentiments de ce chapitre!
Disclamer: Le monde de Naruto ne m'appartient pas.
Chapitre 10
ou
Des larmes
-Comment ça elle a avalé toute sa boîte de somnifère? Répéta Sasuke, sans comprendre.
-Elle a essayé de se suicider, Sasuke. Reprit Itachi en posant ses mains sur les épaules de son frère en un geste rassurant.
-Se sui…
Sasuke releva la tête vers son frère, le regard écarquillé, mais…pourquoi?
-Mais, elle…elle va bien, maintenant? Réussit-il à demander alors qu'un nœud d'angoisse se formait dans sa gorge.
-Oui, ça va. Elle dort.
-Mais pourquoi?
-Père, c'est père. Elle lui a dit qu'elle n'en pouvait plus de vivre comme ça, qu'elle voulait partir alors il l'a frappée, fort et l'a menacée de divorcer sans rien lui laisser, de la mettre dehors sans argent ni famille, il a dit qu'il ne lui laisserait même pas les yeux pour pleurer. Alors elle a avalé les somnifères, c'est la bonne qui l'a trouvée et qui a appelé les secours.
Son père, son père, celui qui lui avait transmis son sang, celui grâce à qui il vivait aujourd'hui, qui d'autre aurait pu détruire pareillement une femme qui avait tout à part l'amour? Qui d'autre aurait pu cantonner une si belle femme dans une maison froide, lui laissant l'alcool comme seule compagnie? Qui aurait pu être insensible à son visage rond, à ses traits joyeux, à sa beauté, à ses cheveux auburn et à son sourire angélique? Qui d'autre aurait réussi à détruire pareillement la vie de sa mère que cet homme qui prétendait l'avoir élevé, lui, qui prétendait être son père! Cet homme plus froid que la glace, un masque de marbre et d'indifférence scotché sur la face, cet homme qu'il ne connaissait pas et qu'il refusait de connaître, de comprendre! Ce n'était pas un homme! Quel homme aurait été capable de considérer ses enfants comme du bétail, des vulgaires chien qui n'étaient que des faire valoir? Quel homme aurait pu regarder ses proches sombrer dans les désespoir, peu à peu, sans devenir fou? Comment un homme pouvait-il faire fi de ses sentiments au point de sembler haïr sa famille, sa vie? Comment un homme pouvait faire tout cela, un léger dégoût sur la figure avant de retourner à ses affaires pour gagner encore de l'argent, toujours de l'argent? L'argent, c'était ce qui le précipitait dans le gouffre, c'était ce qui l'empêchait d'y voir clair, de comprendre que ces enfants étaient là, que sa femme l'attendait encore, espoir inutile! C'était ce pouvoir là qui l'avait fait bourreau, ce sentiment de puissance alors qu'il tenait toujours plus de dollars entre ses mains! Ce sentiment de supériorité à eux, qui n'étaient que de piètres humains, des pantins, dirigés par l'or, l'argent, le pouvoir! Mais lui, il avait laissé sa dernière trace d'humanité à Mikoto, se promettant d'haïr ce fils qui la lui avait enlevée en voyant le jour! Ce fils qui lui ressemblait tant, de par son physique et de part son caractère qu'il avait essayé d'étouffer dans l'œuf! C'était une plaie qu'il fallait éradiquer au plus vite, un cancer qui le rongeait alors qu'il essayait de ne pas sombrer!Sasuke rit nerveusement, c'était son père, toujours son père. Son père qui avait détruit sa vie, son père qui l'avait poussé à se refermer sur lui-même, son père qui avait attisé sa haine pour Itachi, son malheur, c'était son père mais une chose était bien pire que tout cela réuni. C'était que, sans cet homme, il ne serait pas là. Il lui devait la vie et c'était une dette bien trop lourde à supporter, c'était une dette que cet homme au cœur de pierre ne méritait pas.
-Sasuke?
-Tu embrasseras maman de ma part, d'accord? Demanda-t-il en s'éloignant.
-Mais ou tu vas?
-Supprimer la cause de cet enfer! Cria-t-il en franchissant les portes de l'hôpital.
Le bureau de son père n'était pas bien loin, à peine à deux rues de l'hôpital, dans le centre ville dans un de ces nouveaux bâtiments tout en vitre et en acier. Sasuke ne prit même pas la peine de prendre le bus, il courait, évitant et bousculant les gens sur son passage, il courait, comme s'il avait des ailes alors que ces sentiments vis-à-vis de cet homme étaient décuplés par une graine que son père avait planté depuis longtemps en lui, s'entremêlant à ses veines, s'immisçant jusque dans son cœur; la haine.
Il atteignit l'immense tour, le souffle court et les poings si serrés que ses ongles rentraient douloureusement dans sa peau mais il s'en fichait, il allait lui faire comprendre.
Sasuke entra, jetant des regards autour de lui et courut presque jusqu'à la réception.
-Je voudrais parler à Fugaku Uchiha. Ordonna-t-il à la jeune femme derrière le comptoir.
-Je suis désolée mais monsieur Uchiha est occupé et ne peut pas…
-Vous allez bouger vos fesses pour dire à cette enculé qu'est mon père que son fils cadet aimerait lui toucher deux mots à propos de la tentative de suicide de sa femme! Termina Sasuke en hurlant.
La jeune femme le regarda en papillonnant des yeux avant de décrocher le combiné de téléphone et d'expliquer la situation à « monsieur Uchiha ». Elle raccrocha, se rasseyant sans quitter Sasuke du regard.
-Il vous attend, dernier étage, la porte au fond du couloir. Répondit-elle, le plus aimablement possible.
-Merci! S'impatienta Sasuke en s'engouffrant dans un ascenseur.
Il fallait qu'il se clame. Montrer à son père dans quel était il avait réussi à le mettre serait un très mauvais début. Toutes ses années d'entraînement pratique à la froideur Uchihesque devait bien servir à quelque chose, bordel!
Avec une rapidité déconcertante, Sasuke retrouva son calme, ses yeux paressant presque rouge alors que sa colère froide se diffusait dans tout son corps. Il allait faire comprendre à son père certaine chose qu'il avait comprise, il n'y pas si longtemps que ça.
Il entra violement dans le bureau de son père, la porte allant claquer contre le mur alors qu'il la rabattait avec hargne dans un claquement assourdissant qui firent trembler les baies vitrées du bureau de son père.
-Sasuke, qu'est-ce que c'est encore que cette histoire? Demanda son père, guère impressionné par la crise de colère de son fils.
-Ce qui se passe, c'est très simple. Commença Sasuke en posant ses mains à plat sur la surface du bureau, se penchant par-dessus pour parler face à face avec son géniteur.
Ce dernier le regardait avec un air presque ennuyé sur le visage mais Sasuke resterait calme.
-Pour commencer, votre femme a essayé de se suicider, préférant rejoindre ses ancêtres plutôt que souffrir votre présence une seconde de plus, abandonnant derrière elle ses fils qu'elle aimait plus que tout. Deuxièmement, je viens vous féliciter pour avoir réussi à vous faire détester par temps de personne, à commencer par moi. Mais vous devez vous en ficher, je ne suis qu'un déchet qui a essayé, stupidement, de ressembler à votre premier fils mais passons, je ne suis pas le plus important. Votre fils aîné, justement, Itachi semble s'être détourné de la carrière que vous lui promettiez, préférant aller se terrer comme chef de bar plutôt que de supporter encore quelques instants de plus vos exigences insensées. Mais figurez-vous, que votre fils aîné, que vous admirez tant, m'a appris quelques petites choses qui se sont révélées très intéressantes. À commencer par l'identité de ma véritable mère.
-Il n'avait pas le droit! Beugla son père se levant d'un bond, s'avançant, menaçant vers son fils, le visage blême.
-Non, non, je n'ai pas fini, l'interrompit son fils, cette femme, Mikoto, vous l'aimiez, non? Que croyez-vous qu'elle pense de vous, là-haut? À regarder l'homme qu'elle aimait détruire et torturer, psychologiquement parlant bien sûr, son fils, la chair de son sang, seul héritage qu'elle avait laissé derrière elle à l'homme qu'elle aimait, l'héritage pour lequel elle avait donné sa vie puisque l'homme qu'elle aimait ne pouvait pas lui donner la sienne à cause de futiles obligations tournant autour de l'argent?
-Tais-toi! Tais-toi! Tu ne sais rien! Tu ne sais pas ce que j'ai vécu avec elle, tu ne peux pas comprendre! Rugit son père en le saisissant par le col de sa veste, le plaquant contre le mur, ses orteils frôlant à peine le sol.
-Et vous, qu'est-ce que vous savez de mes sentiments? De ma vie, hein! Vous pensez toujours que je vais à Suna, que je vais me montrer à vos petites réceptions avec une face de constipé et que je vais épouser la femme que vous aurez choisie pour moi? Mais non! Je vais aller à Kiri, étudier la psychologie! Je vais me barrer de la maison et tirer la tronche ou rire si j'en ai envie et par-dessus le marché, je suis gay! Hurla-t-il à la face rouge de colère de son père.
Ce dernier le relâcha, s'éloignant de lui, une main sur ses yeux et son front. Cet homme semblait si fragile tout à coup alors que tout ce qu'il s'était efforcé de construire tomber en ruine autour de lui, le laissant seul au milieu d'une mer de décombres.
-Va t'en, tu n'es plus mon fils. Murmura-t-il. Tu n'es plus mon fils!
-Je ne l'ai jamais été. Rétorqua Sasuke en claquant la porte.
Sasuke se laissa glisser le long de la porte, son cœur battait à tout rompre, sa tête pulsait douloureusement, alors que ses poings tremblaient contre ses tempes, sa vision était floue. Il exultait! Il l'avait fait, il avait réduit à néant cet homme qui avait pourri sa vie, il l'avait fait, seul, il s'était bougé, il avait réagi et il se sentait trop plein. Quelque chose enflait dans sa poitrine, quelque chose de douloureux et d'angoissant mais qui se promettait d'être terriblement libérateur.
« Rue des bijoutiers, au numéro 15, c'est un joli appartement, au premier étage. »
Sasuke se releva, titubant légèrement.
Dehors, tout lui parut trop bruyant, les couleurs, les sons s'emmêlait dans sa tête alors que la neige tombait toujours, mouillant ses cheveux et le glaçant petit à petit alors qu'il se mettait à courir, courir, juste pour faire quelque chose, pour ne pas sombrer et avancer. Il arriva devant l'immeuble de la rue des bijoutiers et s'engouffra à l'intérieur, montant quatre à quatre au premier étage et frappa sans réfléchir à la porte de Naruto.
Ce dernier lui ouvrit, une cuillère dans la bouche et un pot de glace à la main. La cuillère tomba quand il observa l'Uchiha sur le pas de sa porte.
-Sasuke, mais…est-ce que ça va? Demanda-t-il doucement.
Sasuke secoua la tête en signe de dénégation, s'il ouvrait la bouche, il allait craquer.
-Mais entre! Qu'est-ce qu'il s'est passé? Assieds-toi sur le canapé. Dis-moi. Le réconforta Naruto après avoir préalablement ramassé la cuillère.
Sasuke s'assit au milieu du canapé et le blond prit place en face de lui, sur la table basse, leur jambes se frôlant. Sasuke fixait ses genoux, complètement perdu alors qu'une main bronzée rentrait dans son champ de vision et se posait sur son genoux gauche. Ce simple contact lui fit si chaud au cœur que sa gorge e se serra un peu plus.
-Sasuke, qu'est-ce qu'il y a? Chuchota Naruto.
Sasuke releva les yeux et il ne sut trop si c'était à cause de ce qui s'était passé, de ce qu'il ressentait ou tout simplement à cause des ses yeux bleus inquiets que le fixaient qu'il fondît en larmes. Il plongea son visage dans ses mains alors que tous les sentiments qu'il s'était appliqué à effacer, à endiguer, à enterrer au fond de son cœur débordaient, le submergeaient dans le misérable petit salon du blond qui avait toujours sa main posée sur son genoux.
Il avait craqué tout simplement, pleurant toutes les larmes qu'il s'était efforcé de garder pour lui, de libérer en jouant de la musique mais ça ne suffisait plus, il avait atteint le point de non retour et de lâcher tout ça, ça lui faisait du bien, un bien fou, inimaginable alors qu'il sanglotait, assis dans ce canapé au ressorts rouillés du blond qui devait toujours le fixer en se demandant ce qui arrivait à l'Uchiha. Mais Sasuke s'en fichait! Il pleurait pour se calmer, pour se vider du stress qu'il avait accumulé, il pleurait pour avoir détesté son frère, il pleurait pour ne pas avoir connu sa mère, il pleurait pour ne pas avoir réalisé le désert qu'était sa vie avant aujourd'hui, il pleurait pour tout ça, il pleurait comme s'il n'avait jamais pleuré quand il sentit Naruto presser son épaule, n'osant sans doute pas se rapprocher d'avantage.
Sasuke aurait été incapable de dire combien de temps il était resté là, à pleurer bêtement, comme un gosse alors que Naruto lui tenait compagnie, sans rien dire et quand il s'arrêta, le blond lui tendit un mouchoir.
Toujours secoué de hoquets, Sasuke se moucha, imaginant bien la tête pitoyable qu'il devait avoir. Naruto le regardait toujours, attendant sûrement des explications quand au fait qu'il venait de débarquer à l'improviste chez lui pour pleurer toutes les larmes de son corps.
-Je suis désolé, pour tout. Commença Sasuke.
-Je m'en fiche des tes excuses mais j'aimerais savoir ce qui t'a mis dans cet état. Répondit doucement le blond en prenant le visage de l'Uchiha entre ses mains et en essuyant ses dernières larmes avec ses pouces.
Sasuke lui raconta, tout. Ses souvenirs alors qu'il était noyé dans l'ombre de celui qu'on appelait son frère, son admiration pour lui au premier abord et puis leur rivalité, la situation avec son père, cette impression de n'être qu'un rebut défectueux d'Itachi, sa vraie mère, la tentative de suicide de sa mère adoptive, la confusion de ses sentiments quand à certains gestes qu'ils avaient eu tout deux, les derniers mots qu'il avait balancé à son père avant de venir se réfugier ici.
Naruto l'écoutait, sans rien dire, hochant parfois la tête alors que Sasuke pouvait voir la colère rendre les yeux bleus toujours plus métalliques, puis ils redevenaient tendres alors que Sasuke évoquait un souvenir drôle ou chaleureux avant qu'ils ne retrouvent cette teinte glacée quand il se remémorait ses souffrances et les actes de son père. La main du blond était toujours posée sur son genou, sa chaleur transperçant son jeans. Puis Sasuke se tut, fatigué mais léger au-delà du possible alors que Naruto lui souriait gentiment, il lui rendit son sourire, terriblement sincère et touchant.
-Tu veux que je te raconte mon histoire? Proposa Naruto.
-Oui. Approuva doucement Sasuke.
-D'accord, mais d'abord, on casse la croûte! J'ai la dalle moi! S'exclama joyeusement le blond.
Sasuke rit, légèrement discutant de tout et de rien avec le blond alors qu'il préparait deux sandwichs avant de revenir s'asseoir sur la table basse.
-Pour commencer, je m'appelle Naruto Uzumaki-Namikaze. Commença le blond.
Voilà! Alors j'espère que ça vous aura plu (je sais, je me répète!) et je vous dis à dans deux semaines. Pour ceux qui ont des questions, je répondrais encore aux reviews demain soir, donc samedi. Et après je pars en vacances! Tralala lalèreeeeeuuuh! XD
Review?
