Merci pour les mises en alerte et en favoris ! Et les reviews *.*

Note de l'auteur : Cette fic prendra en compte TDKR à partir du 17eme chapitre !

Note à l'attention des reviewers anonymes : Je rage à chaque fois de ne pas pouvoir vous répondre, alors si vous avez une adresse mail, un blog, un twitter, n'importe quoi, vous pouvez me le donner si vous le souhaitez pour que je puisse vous répondre.

Disclaimer : Rien n'est à moi (mes Ocs, si vous voulez, mais c'est si peu que ce n'est même pas vraiment a peine de trop s'attarder là-dessus)


Chapitre 11 :

And I don't want you to adore me

want you to ignore me when it pleases you.

Muse

Quelque chose se préparait.

De ça, Carolyna en était sûre. Mais elle ne s'en sentait pas pour autant concernée. Elle avait passé les deux semaines après le départ d'Estel pour Gotham à réunir des informations. Elle avait compris deux choses : ses parents – ils l'avaient avoué sans détour ni difficulté – avaient envoyé sa sœur à Gotham pour donner un prétexte de visite au reste de la famille. Les autorités n'oseraient rien dire, si une personne comme Estel recevait des italiens. Elle avait également compris qu'Estel vivait depuis deux semaines chez Wayne, et que celui-ci déployait des trésors d'ingéniosité pour cacher sa présence. Rien n'avait encore filtré dans les journaux, mais, de par les contacts que la famille avait toujours à Gotham, elle savait que sa sœur ne se baladait jamais seule, ne s'approchait jamais des Narrows, et passait le plus clair de son temps au Manoir.

Vivre en Italie avait montré à Carolyna combien son nom était influent et important. De là où elle était, perdue en Italie chez son grand-oncle, elle avait remarqué qu'elle pouvait être au courant de tout ce qui se passait à Gotham en passant un simple coup de fil.

Elle savait que sa famille voulait partir pour Gotham, elle savait qu'ils avaient tous un but précis en tête, mais elle n'en avait cure.

Deux jours auparavant, on lui avait amené un article de journal américain expliquant que Wayne avait une nouvelle conquête. Problème : personne ne savait qui elle était. Tout ce dont les journalistes étaient au courant, c'était qu'elle vivait au Manoir Wayne. Mais ils n'avaient jamais pu la voir. Cette « nouvelle conquête » était sa sœur, à n'en pas douter. Et profondément, dans le cœur de Carolyna, cette idée faisait mal. Elle avait toujours été persuadée qu'Estel ne pouvait pas supporter Wayne, mais elle remettait en question ses motivations, à présent. Carolyna s'était rendue compte qu'elle n'avait été que le jouet du bonheur de sa famille, et qu'elle était aujourd'hui en Italie parce qu'elle avait failli à sa mission – sans même le savoir.

Ses parents avaient offert à Estel une chance de se racheter – elle était partie à Gotham, après tout. Au contraire, ils n'avaient jamais montré de rancoeur à l'égard de Carolyna, mais elle était exilée en Italie. Pour elle, ceci était criant de vérité.

Elle voulait montrer à ses parents qu'elle aussi pouvait faire honneur à la famille. Elle avait noué assez de liens, ici, en Italie, pour pouvoir quitter le pays sans crainte d'être aperçue. Elle avait laissé un mot à son grand-oncle, qu'il ne trouverait que le lendemain matin de son départ.

Le taxi s'arrêta à l'aéroport, et Carolyna compta qu'il lui restait deux heures, avant son départ pour Gotham.

oOo

Un claquement de porte et un bruit de pas trop lourd alertèrent Estel du retour de Wayne. Elle repéra ensuite les pas précipités d'Alfred, et fronça les sourcils. Elle se leva – elle n'arrivait pas à dormir – et ouvrit la porte de sa chambre. Wayne titubait jusqu'à sa chambre, le costume de Batman encore sur ses épaules. Chaque pas laissait une traînée de sang sur le sol. Alfred l'aperçut et lui demanda :

-Mademoiselle, pourriez-vous aider Maître Wayne pendant que je vais contacter Lucius ?

Il descendit les escaliers sans attendre sa réponse. A grandes enjambées, elle rejoignit le jeune homme et le suivit quand il entra dans sa chambre. Elle l'aida à se débarrasser de son costume, et le fit s'assoir sur le lit. Son visage était intact, mais son épaule gauche semblait déboîtée. Il avait une grosse entaille à la jambe, entaille qui semblait profonde, et qui saignait abondamment. Des bleus recouvraient son torse, ses bras et ses cuisses.

Estel ne demanda pas ce qu'il s'était passé, pas encore. Elle alla jusqu'à la salle de bains attenante à la chambre, chercha un gant et l'humidifia. Elle sortit également la trousse de secours, et la prit avec elle. Elle commença par passer le gant sur le visage de Wayne. Il était trempé de sueur, et luttait pour garder les yeux ouverts. Mais l'effort était trop grand il se mit à trembler de tous ses membres. En posant sa main dans son dos pour l'aider à s'allonger, Estel sentit un liquide s'insinuer entre ses doigts.

Elle eut envie de vomir.

Heureusement, Alfred la rejoignit, et lui demanda de descendre et d'attendre Lucius, pendant qu'il s'occupait lui-même de son maître. Estel lui fut reconnaissante de son tact. Elle descendit les escaliers en chancelant, et alla se poster sur le palier. L'air frais la secoua un peu, et après avoir pris de grandes inspirations, elle se sentit un peu mieux. Elle observa l'horizon. Brisant l'obscurité, vers la banlieue de la ville, une immense lueur rougeâtre ne cessait de s'étendre. Le son des sirènes de la police se mêlait à celui des sirènes des pompiers. Estel réfléchit un instant, essayant de situer le Manoir par rapport à la ville, et ainsi, trouver ce qui pouvait possiblement être en feu. Elle se glaça en comprenant où l'incendie avait probablement lieu.

Lucius arriva à ce moment-là. Il descendit de sa voiture et avança jusqu'à elle.

-J'aurais aimé vous revoir dans d'autres conditions, Estel.

Il lui fit un petit sourire triste et elle murmura :

-C'est l'aéroport, pas vrai ?

-Oui, c'est l'aéroport.

Il entra dans le Manoir et Estel le suivit, oubliant que c'était elle qui était censée le guider jusqu'à la chambre. Mais il semblait connaître le chemin.

Alfred demanda à la jeune femme de rester hors de la chambre, pendant que lui et Lucius prenait soin de Bruce. Elle se laissa glisser le long du mur, et encercla ses genoux de ses bras.

Une heure passa, puis Alfred sortit enfin. Il l'invita à venir boire un thé dans la cuisine, et elle accepta, attendant d'être au calme pour poser des questions.

Le bruit de l'eau en train de chauffer était étrangement apaisant. Alfred posa une tasse devant Estel, qu'il remplit ensuite. Elle le remercia à demi-mot.

-Que s'est-il passé ?

-Il y a eu un gros rassemblement à l'aéroport. C'est tout ce que Lucius a pu me dire. Maître Bruce nous en dira plus quand il se réveillera.

-Il va bien ?

-Aussi bien qu'on peut aller.

Estel soupira.

-Il devrait faire plus attention.

Quelque chose s'alluma dans les yeux du majordome et il répliqua :

-Essayez de le lui dire, Mademoiselle Estel. Peut-être qu'il vous écoutera. A moi en tout cas, il ne m'a jamais écouté.

Elle eut un petit sourire.

-Alors je suppose qu'il n'y a aucune chance pour qu'il m'écoute.

Ils burent leur thé en silence, et attendirent. On n'entendait que le tic tac de la pendule. Les minutes passèrent, jusqu'à l'aube. Ils n'avaient pas sommeil.

Ensemble, ils regardèrent le soleil se lever.

Ils vaquèrent à leurs occupations habituelles, et Lucius rejoignit Estel dans la bibliothèque en milieu d'après-midi. Ils discutèrent un peu, tentant d'alléger leurs esprits, mais chacun pouvait dire que le cœur n'y était pas. Lucius prit finalement congé, et Estel reprit son rangement.

En milieu d'après-midi, Alfred appela Estel : Bruce était levé. Il se tenait devant la grande fenêtre de sa chambre, et regardait le paysage – en direction, remarqua la jeune femme, de l'aéroport. Voyant qu'il ne bougeait pas, elle vint se placer à ses côtés, et attendit qu'il parlât.

-Je suis désolé, Estel.

oOo

Bruce lui tendit une enveloppe dont Estel n'avait pas remarqué qu'il la tenait entre ses mains. Elle s'en saisit en fronçant les sourcils.

-Les deux clans étaient à l'aéroport, hier soir. Ils attendaient quelqu'un, visiblement. Quand l'avion venant d'Italie a atterri, ça a été la folie. J'ai cherché qui ils essayaient d'attraper, mais je suis arrivé trop tard. C'était votre sœur, Estel.

La jeune femme leva vers lui de grands yeux pleins d'incompréhension, et, pour ce qui était peut-être la millième fois, Bruce ne sut pas comment réagir face à elle. Alors il continua son récit :

-Dans la précipitation, je me suis fait voir, et ils me sont tous tombés dessus. J'ai réussi à avancer jusqu'à Carolyna, qui a laissé tombé cette enveloppe. Puis ils l'ont enlevée. Les russes, je veux dire.

Estel ne dit rien, encore une fois. Elle déplaça simplement ses yeux du visage de Bruce pour les fixer sur l'enveloppe. Le jeune homme eut le besoin d'ajouter :

-Je ne l'ai pas lue, la lettre.

Elle sortit la feuille de papier de l'enveloppe. Elle était parfaitement calme, comme lorsqu'on lui avait annoncé la mort de Maroni. Elle aurait pu quitter la pièce, mais au lieu de cela, elle se tourna légèrement vers Bruce, et lut la lettre à voix haute. Sa voix ne se brisa à aucun moment.

Chère Estel,

lorsque tu liras cette lettre, tu seras normalement de retour à la maison. Et moi je serai à Gotham. Je ne t'aurai pas dit la vérité.

J'ai décidé de récupérer Bruce. Je n'ai pas compris pourquoi Papa et Mama t'ont envoyée à Gotham à ma place alors j'ai fini par saisir que tu n'étais pas là pour plaire à Bruce, mais pour donner une raison légitime aux membres de la famille pour venir te rejoindre. Personne ne les arrêteraient à la douane en sachant que toi, qui vis chez Bruce Wayne, était une de leurs parentes.

Mais je veux faire quelque chose, moi aussi. Je veux prouver ma valeur, à Papa et Mama, et à Bruce. J'ai décidé de te cacher mes projets jusqu'à ce que j'arrive à Gotham. Je sais bien que je t'ai dit que j'étais là pour toi. Et c'est vrai, je suis là pour que tu n'aies pas à faire ce que tu devais faire. Etre avec Bruce est à la fois ma mission et ce que mon cœur souhaite. C'est pourquoi je suis venue à Gotham pour lui faire entendre raison.

Si tu reçois cette lettre, c'est que j'ai réussi.

Tout mon amour,

Caro'