YYYIIIIIIIIIIHHHHHHHHHAAAAA. Le bac achevé, je vous livre ce petit chapitre concocté entre mes ASPICS de philo et de maths – pardon, divination et arithmancie.
Je pensais le faire un peu plus long mais je trouvais le délais d'attente (plus de 4 semaines depuis le dernier chapitre) déjà bien trop grand. Alors le voici, évitez de m'envoyer des beuglantes parce que je vous coupe au plein milieu de votre rêve – pardon, lecture (mais vos reviews me font toujours autant plaisir).
Je vous livre la suite aussi rapidement que possible !
En attendant, enjoy !
Chapitre 11 - Rapture
I'm mesmerized in every way
You keep me in a state of daze
Spark this fire even more
Surrender to your rapture arrest
Can't resist, that's why words were wrote
you make my soul complete
Rapture tastes so sweet
[Nadia Ali - Rapture]
Rogue avait à peine claqué la porte de la salle de classe qu'Abigail se précipitait vers Amethie pour l'assaillir de questions chuchotées.
- Alors ? Le bal ? Tu es rentrée à quelle heure ? Rusard ne t'as pas attrapé ? Tout s'est bien passé ? Avec Rabastan ? Et as-tu compris une seule parcelle de la conduite de Rogue aujourd'hui ? Ses victimes désignées sont sensées s'appeler « Gryffondor » et « Poufsouffle », pas « Serpentard » !
- Parfait. Vers 3 heures. Non. Oui. Parfaitement parfait. Et aucune idée, répondit la Serpentard d'une traite.
La brûlure de sa marque s'estompait au fur et à mesure qu'elle imaginait les Mangemorts arriver un à un auprès de leur Maître. L'heure devait être vraiment grave pour que le Seigneur des Ténèbres appelle ses fidèles en pleine journée. Comme chaque fois, la douleur se faisait de plus en plus ténue. Mais la violence de cet appel-ci la laissait légèrement pantelante. Elle continua néanmoins à l'intention de la Serdaigle :
- Au fait, je n'ai croisé aucun élève au quatrième étage hier, ta distraction devait être très réussie. Qu'en était-il ?
- J'ai suivi ton exemple. J'ai embrassé Hughes Carter au milieu du dîner. Mais dans mon cas, c'était devant tout Poudlard, professeurs compris. Désormais, toutes les filles de Poudlard veulent sortir avec lui. Il a acquis la réputation d'embrasser comme un dieu.
Le soir même.
Mère ?
Amethie observait en silence l'encre s'effacer et se reformer en d'autres arabesques.
Amethie.
Je n'ai aucune avancée spectaculaire concernant ma mission à vous faire part mais il me faut cependant vous narrer un
La jeune fille hésita quelques instants, la plume en suspens au dessus du carnet noir.
désagrément.
Il s'agit de Rogue. Il a pratiqué la légilimancie contre moi.
Une grande rature noire apparut au milieu du carnet. Visiblement, Adelia Praepes avait été coupée dans son élan. Amethie imaginait parfaitement sa mère s'étouffer de rage, assise au petit secrétaire de marqueterie de sa suite, au Manoir. Elle précisa :
Il a eut le temps de voir quelques souvenirs, mais rien de très important, je vous l'assure.
Ce bâtard graisseux a osé forcer ton esprit ?
Nous allons devoir avoir une petite conversation, lui et moi.
De toute évidence, la plus grande cordialité régnait toujours entre Severus Rogue et Adelia Praepes. Pour rien au monde, Amethie n'aurait souhaiter se trouver à la place de son professeur de potions lorsque celui-ci allait devoir rendre des comptes à sa mère.
Mais elle n'allait certainement pas le plaindre.
Il lui restait cependant un sujet à aborder.
Notre petite séance de légilimencie a été interrompue lorsque le Maître nous a appelé. Pourquoi nous convoquer en plein jour ?
Je ne sais si je dois t'en dire trop. Nous allons visiblement devoir faire quelques séances approfondies d'occlumancie à Noël. Avec Dumbledore à proximité, je me méfie de la solidité de tes barrières mentales.
Amethie était piquée au vif. Rogue était un excellent légilimens, elle n'avait aucune chance contre lui ! Mais cela ne signifiait pas qu'elle était totalement incompétente en occlumancie ! Elle forma chaque lettre avec soin, protestant en bridant le plus possible ses tendances impertinentes. Il ne manquait plus que sa mère considère que son entière éducation était à refaire. Elle ne tenait pas spécialement à être accueillie à coup de doloris aux vacances de Noël.
Si le Maître a estimé que je pouvais recevoir la Marque alors que je suis encore à Poudlard, c'est que je ne suis pas si incompétente que cela.
En guise de réponse, Amethie ne vit que quatre mots apparaître sur le papier de nouveau immaculé.
Il s'agissait des Potter.
Dimanche 22 octobre 1981.
- Les Potter ? répéta Rabastan en jouant distraitement avec les cheveux de la sorcière adossée contre son torse. Il jeta un regard circulaire sur l'ensemble de la salle principale des Trois Balais – les quelques élèves fugueurs de Poudlard se faisaient discrets. Personne n'était assez près pour les entendre, mais il baissa tout de même le ton : ils font partis parti de l'Ordre du piaf brûlé. Ils nous posent pas mal de fil à retordre et nous ont filé entre les doigts il y a peu une nouvelle fois. L'autre jour, notre Maître a appris qu'un sortilège de fidelitas va être lancé sur leur cachette. Et qu'ils seraient donc introuvables. Il était furieux et nous l'a bien fait savoir, ajouta le jeune homme en une grimace.
- Qu'ont-ils de si particulier ? interrogea Amethie.
- Pas grand chose. Leur meilleur ami est le frère de Reg'. Le Traître à son sang. Sirius. Ils ont un gamin d'un an aussi : Barry, Harry, quelque chose comme ça.
Lundi soir. 23 octobre 1981.
Amethie se coucha tôt ce soir là. Elle n'avait pas vu Rogue depuis l'incident de vendredi, et appréhendait quelque peu le cours de potions qui aurait lieu le lendemain matin. Depuis quelques soirs, des visages de rouquins accusateurs venaient régulièrement hanter ses rêves, jusqu'à ce que des bruits de verres brisés lui parviennent, et qu'elle se réveille en sursaut après qu'un Severus Rogue amené par une violente bourrasque tente de l'embrasser. Elle songeait sérieusement à demander une potion de sommeil sans rêve à Pomfresh.
Mais cette nuit là, son rêve évolua rapidement en quelque chose d'inattendu. Le visage vengeur du petit William Weasley disparut de son esprit endormi aussi vite qu'il était arrivé et elle atterrit dans un endroit désert, totalement inconnu de ses souvenirs.
Le paysage était à couper le souffle. Elle se trouvait au sommet d'une falaise, qui tombait à pic sur une mer agitée, plusieurs dizaine de mètres plus bas. Autour d'elle, s'étendait une vaste plaine, où quelques brins d'herbes luttaient pour leur survie sur le terrain à dominante rocheuse, balayé par les vents. Elle n'arrivait pas à détacher son regard des flots bouillonnants en contrebas. Le spectacle de la nature qui s'offrait à elle était violent, sauvage, fascinant, presque hypnotisant. Elle aurait pu observer les immenses lames heurter avec impétuosité la paroi abrupte pendant une éternité.
- Bonsoir Amethie.
La jeune fille se retourna brusquement. Le Seigneur des Ténèbres se tenait devant elle, une expression indéchiffrable sur le visage.
Voilà, ce à quoi elle s'obligeait à ne pas penser depuis le bal refaisait surface dans son esprit via son subconscient. Au vu des précédents, elle ne voulait même pas voir la fin de ce rêve. Elle ferma les yeux.
Les rouvrit.
Mais rien n'avait changé. Le Lord se tenait toujours devant elle.
Confuse, elle adressa un timide « Bonsoir Maître » au sorcier.
- Comme je te l'avais annoncé, je suis venu finir cette conversation.
Amethie n'en croyait pas ses yeux. Le Seigneur des Ténèbres se tenait devant elle, reproduit avec un réalisme stupéfiant par son esprit endormi, lui annonçant d'un ton badin qu'il voulait finir ce qu'elle avait interrompu en s'enfuyant la dernière fois, à savoir une danse, ou un baiser, ou peut-être plus... Mais elle s'égarait.
- Est-ce que... je rêve ? interrogea-t-elle.
- En quelque sorte, répondit le Maître, inflexible.
Amethie frissonna. Elle ne savait pas trop si c'était à cause des paroles du sorcier ou du fait qu'elle se trouvait en chemise de nuit légère – la chemise de nuit dans laquelle elle s'était couchée – sur une plaine balayée par les vents.
- Où sommes nous alors ? demanda la jeune fille en resserrant ses bras autour d'elle.
- Dans mon rêve.
La jeune Praepes écarquilla les yeux. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas l'entraîner ainsi dans un de ses rêve. Mais le réalisme de sa situation – le froid, les moindres détails autour d'eux – semblait démontrer le parfait contraire de son raisonnement. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Si ce rêve était bien réel, cela pouvait être une forme de légilimancie très poussée, ou quelque chose comme de la possession. De la magie noire en tous cas, elle aurait pu la reconnaître rien qu'à l'odeur. Mais sa raison émettait de vives protestations : elle était dans son lit à Poudlard ! Éloignée, protégée par de puissantes barrières magiques !
En effet, c'est loin d'être un jeu d'enfant, mais tu ferais une grave erreur en oubliant de quoi je suis capable ; même si je concède que ta Marque facilite la connexion.
Et en plus, il lisait dans ses pensées. Par Salazar !
Elle tenta de paraître la plus calme et la plus détachée possible, mais un flot de pensées tourbillonnait dans son esprit en une valse incessante, hypnotisante. Où ? Comment ? Pourquoi ? Elle se sentait à la fois effrayée et terriblement confuse.
Son trouble se fit croissant lorsque le Seigneur des Ténèbres se rapprocha d'elle, et planta son regard implacable dans le sien. La lueur écarlate qui miroitait au fond de ses yeux n'échappa pas à la jeune fille.
Et lorsque ses mains l'attirèrent brusquement à lui, le temps parut soudainement se suspendre. Ils restèrent un instant face à face, immobiles, ses yeux sondant dans son regard les profondeurs de son âme. La fiole de poison déversait lentement une dangereuse tentation en elle. Un mouvement irréfléchi, un automatisme, un élan tout entier de son corps, des profondeurs de son être : un simple, un minuscule pas en avant. Mais assez pour faire réagir l'homme face à elle, et lui donner l'impression de plonger délibérément dans le gouffre en contrebas, lorsque ses lèvres s'emparèrent des siennes.
Comme les vagues se fracassant violemment contre les rochers, leurs souffles se heurtaient et leurs lèvres se cherchaient avec une impétuosité croissante. L'instant d'après, Amethie était étendue sur l'herbe rase, le poids de son corps pesant sur le sien. Les mains de Lord Voldemort laissaient des marques brûlantes sur chaque parcelle de son corps qu'elles parcouraient ardemment. Son souffle devenait le sien ; ses baisers, une drogue ; ses caresses, une addiction.
Mais alors qu'elle l'attirait plus profondément à elle, tout parut basculer. La silhouette du Lord se fit soudain plus floue, les contours de son visage s'estompaient peu à peu, et bientôt ce fut le paysage entier qui disparut. La falaise s'écroulait sous elle et elle se sentit chuter dans le précipice, la silhouette lointaine du Seigneur des Ténèbres s'évaporant tout à fait.
À Poudlard, Amethie Praepes s'éveilla en sursaut dans son lit. Elle était en sueur, échevelée, et se redressa brusquement dans son lit, jetant des regards paniqués autour d'elle. Mais le silence du dortoir, plongé dans le noir, des Serpentards de 6e année était seulement entrecoupé par la berceuse paisible des respirations de ses camarades endormies.
Elle saisit sa baguette sur la table de nuit, et finit par se convaincre de se rallonger dans son lit. Mais elle gardait les yeux grands ouverts.
Elle n'arrivait pas à démêler la part du rêve de la réalité.
Un goût amer, comme du venin, persistait sur ses lèvres.
A. PRAEPES – SEMAINE 43 – CHECK LIST.
- Balancer Rogue à Mère. Check.
- Faire le mur avec Rabastan. Check.
- En apprendre plus sur les Potter. Check.
- Demander une potion sans rêve à Pomfresh. REPORTE
- Penser à dormir en col roulé pour éviter de se re-chopper un rhume la prochaine fois qu'un mage noir décide de squatter mes rêves. URGENT.
