MY GODNESS ! on est déjà samedi ?
Vous voyez, quelle indigne fille suis-je ? Je vous ai, carrément, ne jouons pas sur les mots, zappés.
Voilà, je me fais pardonner !
From War
Une histoire de trahisons.
Chapitre XI
Remus ne saisit qu'à moitié ce que Sirius tentait de lui expliquer. Que quelqu'un avait fait une prédiction. Qu'elle parlait de Voldemort et de Harry, et qu'aucun ne pourrait survivre tant que l'autre serait là.
Remus ne croyait pas à la voyance. C'était un art bien trop brumeux et immatériel pour qu'il y comprenne quelque chose. Bien trop sombre.
Mais Sirius parlait de mettre en sécurité James et Lily. Une maison protégée. Inaccessible.
- Il va falloir être vigilant, prévint Sirius. Si Voldemort l'apprend, il fera tout pour les retrouver.
- Bien sûr ! émit Remus d'une voix faible.
- Il y a une réunion de l'Ordre ce soir, annonça Peter.
- D'accord. Tu veux rester avec nous en attendant l'heure ? lui proposa le lycan.
- Désolé Remus, j'ai des choses à faire... s'excusa Pettigrow, en haussant les épaules.
- Oh, oui. Dans ce cas, nous te retrouverons plus tard alors.
Quand il émit « nous », Sirius tiqua.
- J'ai aussi à faire, on se retrouvera là bas.
Et avant que son compagnon ait pu dire quoi que soit, il sortit et transplana. Peter lui attribua un regard entre l'excuse et la pitié, et fit de même.
Remus resta un moment devant sa porte, bouche entrouverte, les yeux fixés sur un point vague. Cette porte, Sirius l'avait à peine dépassée. Il ne s'était pas déchaussé. Il lui avait parlé d'une voix froide et dure. Sirius s'était conduit comme si l'endroit n'était pas chez lui.
Mais pourtant, cette maison, c'était lui qui y avait accueilli Remus.
oooo
Remus sut que son couple venait de se finir un matin de Septembre.
La semaine précédente, il avait tenté d'envoyer un courrier pour l'anniversaire de Natoba et d'Evariste. Il doutait que la chouette puisse les retrouver.
Il ne voyait plus James et Lily. Ils étaient cachés, et n'avait que de rares occasions de les voir, souvent avec les anciens maraudeurs. Ce n'était plus le café qu'il venait prendre à l'improviste chez eux. C'était presque une visite de courtoisie. Quelque chose qu'on fait par devoir. Bien sûr, il y avait Harry maintenant. Mais ça n'était pas son filleul. Et ça n'était qu'une toute petite chose qu'il ne voyait que trop rarement.
Sirius était revenu chez eux. Même s'il en était souvent absent, il dormait pratiquement toutes les nuits à côté de lui.
Mais ce matin là, Remus savait qu'il n'avait pas dormi avec lui. Une mission durant la nuit, sa place était froide. Il ne le trouva pas endormis à son réveil, mais debout près de l'armoire. Avec horreur, il le vit retirer une par une ses affaires, et les enfourner dans un sac de sport noir.
Muet de stupéfaction, il le regarda faire en silence et Sirius ne le remarqua que quand il eut fini, et que plus aucun vêtement à lui ne resta, lorsqu'il se retourna.
Il lui attribua un unique regard. Ses si beaux yeux gris acier semblaient tourmentés. Tristes, mais résolus. Et puis il se détourna, sac en main, et referma toutes les portes derrière lui.
Remus fixa longtemps le battant de bois. Il lui semblait que tout venait de s'effondrer. Comme si, lambeau par lambeau, on avait arraché avec sadisme les morceaux de ce qui composait sa vie.
On lui avait prit son innocence, petit. Sa normalité. Son hétérosexualité. Ses amis. Son compagnon.
Tout ce qu'il lui restait, c'était ce maudit Loup au fond de ses entrailles abimées.
Remus pleura.
oooo
Sirius avait pris sa décision.
Ca ne pouvait pas durer. Il voyait bien. Remus souffrait de son éloignement. Revenir n'avait été qu'une erreur.
Il aurait du faire cela dès le début. Un sac noir, et un dernier au revoir.
Ils se reverraient. Pour James, Lily, Peter, Harry, l'Ordre. C'était déjà trop.
Il aurait préféré ne jamais avoir à le recroiser. Ce regard perdu, désespéré, que Remus lui avait adressé avant qu'il ne referme la porte, lui avait donné l'impression d'être l'être le plus abominable et sadique de la Terre.
Mais il ne pouvait plus. Comment aurait-il pu ? Tout devenait trop difficile. Trop dur. Il osait à peine le toucher. Comment s'imaginer poursuivre ainsi ?
Un jour, quand la Guerre serait passée, James, Lily et Harry vivant, Voldemort anéanti, et que leurs rancœurs seraient apaisées, peut être pourraient-ils se comporter comme avant. Comme au temps des Maraudeurs.
oooo
Maraudeurs.
Comme il avait été stupide. Stupide de croire en ça.
Maraudeurs.
Le symbole d'une amitié.
Où était-elle, l'amitié ?
Séquestrée. Prisonnière de sa propre méfiance. Enfermée avec James.
Harry venait d'avoir un an. C'était un chiffre tellement symbolique. Le petit Harry avait survécu. Traqué, menacé par le Lord Noir, il avait réchappé. Un an, c'était une nouvelle promesse. Ouverte sur l'avenir. C'était aussi un an passé caché. A l'abri. Un an qui avait triomphé. Et qui promettait beaucoup d'autres.
Il ne fallait pas se leurrer. Voldemort était toujours là. Et l'Ordre n'avait jamais été si peu nombreux. La Résistance se formait de plus en plus. Mais tant mourraient. Les attaques mangemoresques ne se contentaient plus des moldus. Elles prenaient d'assaut le chemin de Traverse, les quartiers sorciers. Elles s'étendaient, gagnaient en taille et en puissance.
Il fallait que ça cesse. Cette guerre. Le Ministère, déjà en partit corrompu, allait tomber. Les aurors étaient fatigués, Azkaban surpeuplée. Et pourtant, tout prenait encore de l'ampleur.
Un jour, les mangemorts firent sauter le Manoir Despire. Il devait être vide de population. Déserté depuis bien longtemps par les derniers descendants vivant en Angleterre, Cyprianus et son entourage. C'était, songea Remus, juste une façon de venger la trahison impunie de leur ancienne camarade.
Mais James lui conta quelque chose que les médias avaient du étouffer. C'était Sirius qui le lui avait dit. Parce que Sirius ne parlait plus à Remus depuis longtemps. Et tous s'en étaient rendu compte.
Sirius était intervenu sur place, avec son équipe d'aurors, dès que l'alerte avait été communiquée. Les mangemorts étaient encore là, jouissant devant le spectacle du Manoir en flammes, hurlant exclamations de joies et sortilèges pour accélérer sa destruction.
Et à l'instant où Sirius s'apprêtait à donner ordre à ses hommes de se saisir d'eux, la lourde porte s'ouvrit, déclenchant des volutes de flammes, qui vinrent lécher le bitume jusqu'aux pieds des mangemorts étonnés. Cyprianus, ignorant le brasier qui l'entourait, s'extirpa de l'édifice, boitant sur sa jambe qui aurait du être aidée d'une canne.
James insista sur le fait qu'avant de tirer sa baguette d'un mouvement souple, elle rangea ce qui ressemblait à une petite boite dans une poche intérieure de sa cape. Croyant donner un effet de style à son récit, Prongs conclut son histoire ainsi :
- Les aurors n'ont même pas eu à intervenir pour s'occuper des mangemorts. Cyprianus l'a fait seule. Sirius a dit qu'il en aurait fait dans son froc tellement elle avait l'air en colère. Et en laissant un tas de cadavres derrière elle, elle transplana. Pouf, envolée !
Que Natoba les débarrasse d'une vingtaine de mangemort était en soi intéressant. Qu'elle tue une vingtaine de personnes était déjà plus inquiétant. Remus ne doutait pas que son amie - pouvait-il encore utiliser ce terme après quinze mois sans nouvelles ? - ait déjà tué. Mais en avoir la confirmation lui donna l'impression de recevoir plusieurs coups dans l'estomac.
Mais par Merlin ! Qu'était-elle venue chercher au milieu de ce brasier ? Remus eut le mauvais pressentiment que ça ne promettait rien de bon. Natoba était vivante. C'était rassurant, et peut-être le principal.
Moony passait ses pleines lunes de plus en plus difficilement. Jamais ses trois compagnons de pleine lune n'étaient tous réunis pour lui. Et sa meute manquait au Loup, qui prenait grand soin de le lui faire comprendre au réveil. James pouvait très rarement sortir, mais venait le plus souvent possible pour soulager le lycan. Peter était surement le plus présent des trois. Mais sa ridicule forme n'aidait pas à éviter les blessures. Seulement à ne pas se sentir seul. Sirius était venu trois fois. Trois fois en presque un an. Mais Remus s'étonnait presque de l'avoir vu autant.
Moony passa une première nuit seul. Et étrangement, le réveil ne fut pas douloureux. Pas de blessure. Comme si le Loup avait été calme. Effrayé peut être. Terré dans un coin, guettant bruit et odeurs. Mais par quoi le Loup aurait-il pu être effrayé ?
Remus songea que la nuit du 31 Octobre 1981 était à marquer d'une pierre blanche. Une nuit particulière.
BANG ! Dans les dents !
Je m'excuse encore de ce (léger ?) retard.
En fait, je travaille sur plusieurs projets en ce moment. Mais je jure de faire passer cette fiction avant les autres !
Pour ceux qui seraient intéressés, une suite de Deux par Deux est prévue, ainsi qu'un énorme délire avec une amie, dont le premier chapitre a déjà été publié. Mais si vous en comprenez quelque chose, je vous applaudis. A la base, il était supposé n'être qu'un passe temps durant les cours trop longs.
Voilà, j'ai fini mon ptit blabla.
Bien à vous, à ma béta, et à vos reviews !
