Coucou, me voici ( légèrement en avance sur mon planning, je prends de l'avance en prévision d'une nette réduction de mon rythme de poste, et oui déjà la 3eme ). Voilà c'était juste histoire de vous prévenir, et c'est valable sur toutes mes fics !

Eclipse on Panem: Et je te comprends XD

Bah je pense que c'est dans tous les districts, il y a des riches et des pauvres... Après, ça doit être super rare, Elina ne se rend pas compte de sa chance !

On verra pour la romance, hein. Mais c'est pas impossible...

Ravie que Keen te plaise ! Je l'aime bien, moi aussi. Mais, après, je les aiment tous ( enfin, presque tous ) mes " bébés ", mes créations...

D'ailleurs, si quand j'aurai fini les Moissons tu pouvais m'envoyer un PM avec tes favoris, ceux que t'aiment pas, et ceux pour qui tu n'as pas d'avis... Ca aiderait peut-être certains à rester en vie XD

majamaja: Merci !

Ca oui, c'est clair ! On peut aussi dire qu'elle se rapproche d'Ambersea ( du Quatre ) par son arrogance...

Toi aussi, tu pourras m'envoyer un PM, avec tes préférences et tout... Tu aiderais tes favoris à ( peut-être ) se rapprocher de la victoire, et puis comme je serai souvent incapable de choisir qui tuer...


Chapitre 10

The District Ten Reapings


Even Carliss, 14 ans

- Even... C'est l'heure...

Je sens une main me toucher, ce qui me réveille instantanément. Je hurle et mord violemment mon frère qui se dégage et soupire.

- Désolé, j'ai oublié. Mais, tu sais, c'est pas facile de se souvenir de ne pas toucher...

Je soupire à mon tour. La chambre est encore plongée dans la pénombre mais j'en distingue le moindre recoin.

- Enfin, t'y peux rien si t'es autiste. Mais quand même...

- J'y peux rien si je suis o-tis.*

- Je sais, je sais.

Je me lève.

- Va t'habiller, fait mon frère.

- Je vais m'habiller, je répète.

Je n'arrive pas à réutiliser les mots que j'apprend, alors en général je répète. Les gens trouvent ça bizarre, mais ma famille, elle, elle sait.

Ma famille: d'abord il y a papa. Il est grand et fort. Il a une moustache noire. Ses yeux sont verts. J'ai les mêmes.

Ensuite, il y a maman. Elle, est toute petite. Moi aussi. Ses cheveux sont blonds. Les miens aussi. Sa voix est douce. Ses yeux sont bleus.

Après, il y a mon frère, Jil. Il a 13 ans. Il a des cheveux bruns, comme papa et des yeux bleus, comme maman. Lorsqu'il parle, il soupire tout le temps.

J'ai aussi une tante et un cousin. Ils ne vivent pas avec nous mais ils viennent presque tous les jours.

Ma tante s'appelle Gliza. C'est la soeur de ma maman. Elle aussi est petite, avec les mêmes cheveux blonds, mais des yeux bruns.

Mon cousin s'appelle Conor. Son papa est mort. Il est grand, lui, parce qu'il a 18 ans. Il a les yeux bruns et les cheveux... quel est le mot ? châtain, châtain, châtain, châtain. Châtain.

Je m'habille et descend déjeuner. Je constate tout de suite que la table n'est pas mise. Ma mère boit sa tisane en marmonnant et mon père a la tête entre les mains. Ce n'est pas comme d'habitude. Ca m'angoisse. Je m'arrête sur le seuil de la pièce et crispe et décrispe mes doigts. Ma mère le remarque tout de suite et me fait asseoir, puis pose une assiette devant moi.

- Tiens.

- Pourquoi tu ne mets pas la table ?

- Je ne sais pas.

- Tu ne sais pas...

Ma mère, sachant que ça m'apaise que tout soit en ordre, dit:

- Tu peux la mettre.

Ce que je fais. J'aime que tout soit en ordre.

- Ce matin, Even, on va à la Moisson, dit mon père.

- On va à la Moisson, j'acquiese.

La Moisson... j'aime pas trop la Moisson. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Je préfère garder les troupeaux de mes parents.


Nous arrivons sur la Grand-Place. Je m'arrête net. Il y a trop de monde, je ne comprends rien.

- Il y a deux filles qui font un drôle de bruit, je fais remarquer en montrant deux filles non loin de là.

- Elles pleurent, explique ma mère.

Elle ne dit plus rien.

Un homme en blanc derrière un guichet m'attrape la main et me pique le doigt. Je hurle et le mord jusqu'au sang. Il applique mon doigt sur un registre avant de me gifler. Je hurle à nouveau. Mes parents m'entourent.

- C'est pas grave, ma chérie, fais ma mère en me serrant fort ( seule elle et papa ont le droit de me toucher, de toute manière ).

Je me laisse aller à leur étreinte.

- C'est pas grave, je murmure.

- Rejoins les autres filles de 14 ans, fait mon père.

Je m'exécute. C'est facile.

Une étrange dame, avec un monsieur, une jeune fille et un vieillard, montent sur l'espèce de scène. Ah, je sais ce qu'il va se passer. La dame va appeler quelqu'un et il faudra monter. C'est facile.

Le monsieur parle, et la dame choisit un papier:

- Even Carliss !

Mon coeur bat plus fort. Ce n'est pas habituel. Je monte sur la scène. Je crispe et décrispe mes mains. Je ne sais pas trop ce qui va se passer, Maman et Papa ne me l'ont jamais dit, et justement, l'inconnu me fait peur.

Mon cousin monte à son tour. Je suis soulagée. Il est là. Il va m'aider.

Je vois maman et j'entends, parce que personne ne parle, qu'elle fait un drôle de bruit. Comment on dit... elle pleure, c'est ça.


Jil me sourit calmement.

- Bonne chance, Even.

Maman m'étreint violemment. Je couine un peu. Puis Papa fait de même. Ce n'est pas habituel. Parce que Papa, il "pleure" aussi un peu. Il n'y a que Jil qui soit calme. Je ne comprends pas, et ça me panique un peu. Et surtout, je crois que je vais partir toute seule, avec des inconnus. Ca me terrifie.

- Où est-ce que je vais ? je demande.

- Au Capitole.

- Au Capitole...


* autiste


Conor Fiden, 18 ans

Je me réveille en sursaut. Un mauvais rêve, sans doute. Je devais rêver que j'étais choisi, à la Moisson. Je ne me souviens plus.

Je me lève. Le soleil brille, dissipant les dernières brumes. De la fenêtre de ma chambre, j'aperçois les paturages, les prés d'herbe grasse, les étables, les abbatoirs. Si je regarde dans l'autre sens, c'est la ville que je voie. C'est l'endroit que je préfère, au district, bien que je déteste ces arnaqueurs de commerçants. Comme s'ils n'étaient pas déjà assez aisés, il faut en plus qu'ils nous prennent notre argent !

Dans la maison voisine, j'entends un cri. Sûrement Even. Elle est o-tis, elle ne supporte pas qu'on la touche et a un comportement très bizarre, par moments. Mais elle est gentille, sinon. C'est ma cousine, elle ressemble beaucoup à ma mère et à la sienne, qui sont soeurs. Elle a aussi un frère, mon cousin, qui s'appelle Jil. Il a 13 ans, et je ne sais pas... il a l'air en colère contre le monde entier. Je crois qu'il n'aime pas vraiment Even, mais c'est une supposition. Comment peut-on ne pas aimer sa soeur...

Je quitte le rebord de la fenêtre pour me préparer pour la Moisson. J'enfile ma tenue spéciale, un ensemble sobre, noir, presque trop petit pour moi. Je n'ai pas une musculature particulièrement développée, mais je suis grand, et je porte ce costume depuis la Moisson de mes 15 ans. Enfin, c'est ma dernière année. Ca y est. Quand je repense au gamin de 12 ans que j'étais, je me dis que j'ai bien changé. Physiquement bien sûr, mais aussi mentalement. Le petit garçon qui pleurait la perte de son père et était en colère contre le monde entier a laissé sa place à un garçon mâture, honnête et loyal ( c'est que disent tous mes amis ) qui a tourné la page et est prêt à entrer dans sa vie d'adulte.

Je descend déjeuner. J'ai une faim de loup, et puis, tapie au fond de moi, l'inquiétude propre à la Moisson me taraude. Vais-je être choisi ? J'ai tout de même 21 papiers à mon nom, ce qui n'est pas mal.

Ma mère est dans la cuisine, elle s'active à préparer notre soupe quotidienne. Nous sommes pauvres, trop pauvres pour pouvoir prétendre à autre chose que ça.

- S'lut, M'man, je grommelle en m'asseyant.

Elle se tourne vers moi et me jauge, puis elle lâche enfin:

- Mon grand garçon... Tu as tellement changé ! Tu es presque un adulte, maintenant.

Je souris.

- Je serai toujours ton petit Co', et toi tu seras toujours ma M'man.

Elle me serre dans ses bras.

- Ce soir, on ira fêter la fin de tes Moissons avec la famille de tes amis, là, les jumeaux...

- Ana et Oto ?

- Oui, c'est ça.

Je mange mon bol de soupe.

- D'ailleurs, toute la bande doit m'attendre. Je pense qu'on va traîner un peu, on rentrera pas directement. Est-ce que tu viendras ?

- Je serai là.

- A toute à l'heure.

- A toute à l'heure.


Effectivement, tous mes amis m'attendent impatiemment. Oto, mon meilleur ami, Ana, ma petite amie, Karl, Frans, Rezia, la petite amie de Karl... Sans oublier Mat et Huter.

Nous nous mettons en route, riant et plaisantant. Tout pour oublier l'inquiétude qui nous ronge secrètement, bien que ce soit notre dernière Moisson.

Ana se glisse à mes côtés et m'embrasse délicatement sur la bouche, se haussant sur la pointe des pieds pour m'atteindre.

- J'ai peur, Conor, m'avoue-t-elle.

- Moi aussi.

- Et puis, pour Oto, et pour notre petite soeur de 15 ans également. Elle joue à la grande, mais... elle est si fragile !

- Moi, ma cousine m'inquiète, aussi. Elle est un peu... spéciale, et, bon... et puis mon cousin, qui a 13 ans.

Elle hoche la tête et me prend la main.

- Je crains pour toi, aussi. Pour toute la bande.

- Ca serait bête que l'un d'entre nous soit choisi, j'acquiese.

Nous arrivons à la Grand-Place. Nous nous faisons enregistrer. Avant de nous séparer, Ana détache son pendentif et me le glisse autour du cou. Il représente un libellule aux ailes blanches et bleues.

- Pour te porter chance, elle souffle.

Puis elle va rejoindre Frans et Rezia, dans la section des filles de 18 ans.

Je me glisse à côté d'Oto au moment où l'hôtesse, Felina, le maire, Ferter ( le gagnant des 2emes Hunger Games ) et Marika, la gagnante des 39emes ( qui a juste 23 ans, d'ailleurs ) font leur arrivée.

Après le discours, Felina ( des moustaches, des oreilles de chat et une queue, en un mot, une horreur ) choisit un papier.

- Even Carliss !

Désolé, je vois Even gravir les marches. Elle a l'air plus que perdue, et je la comprend.

- Conor Fiden !

J'inspire un grand coup. C'est moi. C'est moi. Ce n'est pas possible. C'était ma dernière année.

Bon, au moins, Even ne sera pas toute seule.


- Mon chéri !

- Ca va aller, M'man. Ca va aller.

Elle renifle et hoche la tête.

- Je t'aime, Conor. Reviens vite.

Même si je ne sais pas me battre, même si je suis nul en survie, même si je ne veux pas tuer, même si j'ai peu de chances de m'en sortir, je réponds:

- Je te promets qu'on se reverra bientôt.

Après tout, si je tiens jusqu'au bout, je n'aurais peut-être pas à tuer, et je pourrai gagner...