Chapitre 11 : Un invité surprise

J'étais à nouveau en sueur, au beau milieu de la nuit. Encore et toujours, j'étais victime de mes terreurs nocturnes, mais heureusement cette fois, je ne me souvenais pas avoir hurlé à mon réveil ! Avec un peu de chance, je n'avais pas réveillé le château. Depuis quand n'ai-je pas eu une bonne nuit de sommeil, sans tourment ? Je ne m'en souvenais même plus. Je pensais avoir dépassé le stade de la fatigue, j'en avais assez des cauchemars incessants, mais cette fois, depuis trois nuits et l'arrivée d'une jeune prince Viktor, mes songes étaient tournées uniquement autours d'Emma. Cette mystérieuse jeune femme qui me ressemble comme deux gouttes d'eau selon ses dires, et doté du pouvoir des flammes. Depuis mon interrogatoire, nous avons passé le plus clair de notre temps ensemble. A fouiller les archives royales, tenter de trouver des explications. J'avais fait mander la garde, pour fouiller les forêts alentours, mais rien de probant, ni au sujet d'Emma, ni au sujet de la mère de Viktor ! Soudain, j'entendis, le bruit de la poignée, et ce que je craignais arriva. La porte s'entrebâillait, et apparaissait alors Anna, les traits quelques peu tirés, mais malgré tout, elle avait de la prestance dans sa chemise de nuit, et était suffisamment éveillée pour constater immédiatement que j'étais assise sur mon lit.

-Oh Anna, ne me dis pas que j'ai encore réveillé tout le château. Dis-je sur un ton d'excuse

-Comment, non, je passais m'occuper d'Emma et venait vérifier si tu dormais. Cela veut dire que tu as encore fait un cauchemar.

-Je ne saurais dire. Mentis-je, me maudissant d'avoir entamé la conversation, sentant, que j'avais cette nuit encore inquiété ma cadette. Mais à ma grande surprise, elle ne m'interrogea pas à ce sujet. Et commença à bredouiller, en se mordant la lèvre supérieure et ne pouvant s'empêcher de nouer et dénouer ses mains.

-Demain c'est le conseil des ambassadeurs, Elsa, je n'ai pas réussi à te le demander, ça fait plusieurs jours que je te remplace et c'est impossible de te parler, alors je suis heureuse que tu sois réveillée car je vais pouvoir du coup…

-Qu'est ce que tu veux Anna ? La coupais-je agacée

-Eh bien, j'espérais que tu sois présente, je, je ne sais pas comment leur justifier ton absence et je crains qu'ils te m'écoutent pas et…

-Tu vas très bien t'en sortir Anna j'en suis persuadée ! Coupais-je à nouveau ma cadette, faisant comme si je ne voyais pas son inquiétude

-Elsa, s'il te plait c'est ta place ! Me dit-elle en venant s'asseoir sur mon lit à mes côtés. Je mis alors ma main sur son épaule :

-Anna, tu es la personne qu'il faut à Arendelle pour le moment ! Et de toute manière en tant que première ambassadrice, c'est à toi de faire les grands rapports ! Bref, le seul changement sera ta place autours de la table ! Tentais-je de la rassurer avant d'ajouter sur un ton léger pour essayer de la faire sourire. Et puis tu sais, la place royale est bien plus confortable que les sièges des conseillers !

-Elsa je suis sérieuse ! Tu ne m'as nommé qu'il y a quelques jours, donc ça n'est pas moi qui fais les rapports comme tu dis !

-Eh bien tu te contenteras de présider et juger ! Ca se passera très bien tu verras ! Répondis-je assez las.

-C'est que…

-Quoi Anna ?

-Eh bien, Forcément, seront présent des représentants internationaux et du coup ça sera la première fois qu'on aura…les Iles du Sud.

Je restais silencieuse un instant, Anna se trompait dans le fond car nous hébergions le prince Viktor, mais ce dernier est certes écarté de la vie politique, et même de la famille des Iles du Sud avec son statut d'adopté. Je comprenais ce que voulait dire Anna, c'était effectivement la première fois que nous allions ravoir des liens politique avec les Iles depuis notre rencontre glaciale avec le roi Quentin pour les préparatifs du mariage avec Karl. Je comprenais la gêne de ma cadette, mais j'avais trop de questions dans mon esprit en ce moment pour m'imposer une telle rencontre.

-Peu importe Anna ! Tu assumes la charge du Royaume, alors tu présideras cette rencontre. C'est toi qui m'as convaincu de me mettre en retrait vu mon état, alors tu dois prendre sur toi. Tu apprendras à cacher tes sentiments. Tu ne peux pas te permettre d'avoir des états d'âme quand on exerce le pouvoir.

-Ta décision est irrévocable donc ? Demanda ma sœur visiblement déçue

-Ne m'en veut pas Anna, c'est parce que j'ai confiance en toi !

-Soit ! Mais toi, que vas-tu faire alors ? Tu vas t'occuper d'Emma ? Me demanda Anna, entre légèreté et espoir.

Pauvre Anna, je ne pouvais lui en vouloir, ni même en vouloir à ma petite nièce mais ce prénom me fit instantanément revivre mes cauchemars, mes questionnements sur mon alter ego. Sur nos heures de recherches avec Viktor. J'enlevais alors ma main de l'épaule de ma sœur et détournait mon regard. Ma sœur ressenti alors immédiatement mon malaise et se leva du lit, le visage attristé et quittait la pièce se contentant de me souhaiter une bonne fin de nuit sans même tourner la tête. Alors pendant de longues minutes, je restais là hébétée à regarder ma porte qu'Anna avait refermé en partant, triste pour ma cadette, elle comme moi ne voulons qu'une chose au monde, nous savoir heureuse. Elle faisait des efforts pour ne pas me parler de sa fille et de ses pouvoirs, mais c'était plus fort qu'elle, et après tout normal. Elle est une jeune maman, fière de sa princesse et veut partager son bonheur avec moi sa sœur, la marraine de sa fille, mais rien y faisait, je ne pouvais pas. Je me sentais si coupable de cette situation ! Je tentais de me consoler en me disant qu'Anna au moins, en retournant dans sa chambre trouverait du réconfort auprès de son époux, mais je savais qu'en elle, existerait cette déception qui l'empêche d'être heureuse, et je ne pouvais de m'empêcher de regarder inlassablement ma tapisserie qui représente cette supposée Emma, et je ne pouvais m'empêcher d'avoir de la rancœur pour elle, comme si elle était responsable de mes tourments depuis des mois.

Je n'ai pu réussir à retrouver le sommeil pour le reste de la nuit, à ne cesser de m'agiter et me retourner dans mon lit. Aussi, alors que l'aurore pointait, je m'habillais, encore une fois en Reine des Neiges, tenue qui impressionnait toujours Viktor. En effet, il se trouvait être toujours plus lochasse quand je portais cette tenue, je ne saurais l'expliquer. Quoi qu'il en soit, ainsi vêtue j'ai pu apprendre beaucoup sur l'enfance des princes des Iles du Sud, qui n'ont quasiment jamais vu leur père pendant une dizaine d'années environ entre leur enfance et leur adolescence et ont été élevés par la reine disparue, mais aussi sur ses présumés origines arendelliennes ce qui expliquait que la destination de sa fugue l'an dernier avait été en mon Royaume.

Je voulais avoir des informations, mais désormais je ne voulais plus attendre, j'avais comme un pressentiment sur Emma, comme si elle aussi me cherchait. Je quittais alors silencieusement mes appartements, et me dirigeais dans le château encore endormi vers les appartements du jeune prince adopté des Iles du Sud et je me surpris à sentir mon cœur battre un peu plus rapidement, comme quand j'étais en présence de son défunt grand frère. Gerda, qui sortais de la pouponnière me fit sortir de ma rêverie

-Altesse. Dois-je vous faire apporter votre collation ? Souhaitez vous voir votre nièce et le fils de votre cousine, les deux trésors dorment paisiblement.

-Non merci Gerda, faîtes comme si vous ne m'avez pas vue, je ne souhaite pas être dérangée, sous aucun prétexte, vous m'entendez Gerda, faîtes passer la consigne s'il vous plait.

-Majesté, puis je me permettre de vous rappeler, la réunion des ambassadeurs que vous devez présider.

-Je suis au courant, quand vous ferez entrer les ambassadeurs, vous pourrez leur préciser que c'est ma sœur Anna qui se chargera de présider la séance.

-Euh, Majesté, pardonnez moi d'insister, c'est aussi aujourd'hui le départ de la princesse de Coronna.

-Je sais Gerda, je serais présente pour leur départ, mais inutile de me prévenir, aucun dérangement Gerda, j'insiste !

-Bien Majesté, nous ferons selon vos désirs.

Je quittais ainsi Gerda en retournant vers les appartements de Viktor, arrivée devant sa porte, je vis une lueur me permettant de savoir que Viktor ne dormait pas. Aussi, je choisis, de tourner doucement sa poignée afin de le surprendre, c'est toujours agréable de sentir que j'ai l'avantage sur lui. J'entrais doucement, dans la pièce, et sans même regarder je lançais une petite liane de neige comme j'avais fait lors de mon premier interrogatoire en direction du bureau où Viktor a l'habitude de noircir quantité de papiers. C'est alors que je me rendis compte que ma liane n'avait attrapé qu'un sac de jute qu'avait posé le prince des Iles du Sud sur sa chaise, et, alors que je balayais la pièce du regard, surprise d'avoir échouée, je sentis un linge me serrer au niveau de la taille, puis, avant que je ne puisse réagir, je me sentis poussée, et perdis l'équilibre. Mais alors que j'allais me retrouver au sol, je fus retenue au dernier moment par la main et vit alors Viktor, tenant d'une main l'extrémité du linge qui me serrait la taille, et de l'autre me retenait, en équilibre.

-Bonjour Altesse, vous dansez ? Me demanda le jeune prince visiblement ravi de son piège

-Volontiers ! Répondis-je alors qu'il me redressait, je fis apparaître un peu de glace sous ses pieds afin que les rôles s'inversent immédiatement et soit celui qui est retenu, mais à ma grande surprise, il ne dérapait pas.

-Perdu votre Altesse, je me doutais que vous tenteriez ça. Fit-il me montrant des petites pointes qu'il avait installé sous ses chaussures

- Croyez-vous pouvoir toujours me maintenir en respect mon prince ? Lui lançais-je, amusée de voir Viktor me résister.

-Non Majesté, je ne vous ferais pas l'injure de vous battre surtout chez vous. Me dit-il, en enlevant son linge qui me maintenait.

-De personnage introverti vous passez à une certaine arrogance, courageux de votre part, mais pensez-vous qu'il soit bien sage de m'affronter ?

-Et vous Altesse de me sous-estimer ?

-Pardon ?

-Je vous pensais brillante stratège, et vous ne vous êtes pas méfié au point de ne pas vous rendre compte que j'avais subtilisé votre pendentif. Fit-il en montrant le petit pendentif où était inscrit mon nom ainsi que celui d'Emma, puis ajouta. Allons ne le prenez pas mal Majesté, c'était un simple jeu, et comme Emma, j'ai pu vous avoir.

-L'aimez vous ? Demandais-je voulant reprendre l'ascendant, mais, en posant cette question mon cœur se serrait, comme si je redoutais une réponse positive.

-Non, votre Altesse, je l'ai en sympathie, mais elle est trop secrète par rapport à vous.

J'eus un instant d'absence face à sa réponse. Pourquoi nous comparer sur cette question des sentiments ? Mon cœur s'est alors mis à battre plus fort, au moment où l'espace d'un instant, je l'imaginais avoir des sentiments à mon égard. Finalement il me tira de ma rêverie.

-Néanmoins vous ne m'avez pas dit ce qui me valait le plaisir de votre visite dès l'aube votre Altesse ?

-Je…Voulais vous proposer plutôt que de continuer nos recherches de nous aérer sur le port en attendant le départ de la princesse Raiponce. Dis-je sans trop savoir pourquoi. J'avais en fait envie de rester avec ce charmant jeune homme qui me surprenait grandement ce matin.

-Avec plaisir votre Altesse.

-Oh…eh bien je vous attends dans la cour.

Sur ce je pris congé de mon jeune invité espérant ne pas avoir rougi quand il a accepté mon offre. Je n'en revenais d'ailleurs pas de lui avoir proposé de passer ainsi un moment seul, de stricte liberté, sans nous tourmenter par rapport à nos problèmes respectifs. Je tachais néanmoins de ne pas m'éterniser dans les couloirs, le château n'allait pas tarder à se réveiller, j'entendais les domestiques s'affairer. Arrivé proche de la chambre d'Anna, je tachais de faire le moins de bruit possible.

-Elsa !

-Oui ?! Dis-je en sursautant et me retournant. Je vis alors la mine joviale d'Olaf qui sautillait vers moi.

-Vous vous en allez ?

-Non Olaf, mais fais moins de bruit ! Tu vas déranger Kristoff et Anna ! Ne trouvais-je qu'à répondre, ne voulant surtout pas qu'il réveille le château.

-Ah ils sont réveillés ! Venez on va leur dire bonjour !

-Non Olaf ! Répondis-je juste avant qu'il ne tente d'ouvrir la porte, me refusant catégoriquement de réveiller ma sœur mais qui plus est de ne pas respecter l'intimité de sa chambre maritale ! Finalement, je cherchais une raison d'éloigner le bonhomme de neige : Olaf, que dirais-tu d'aller plutôt à la pouponnière, veiller sur les petits ! Je suis sure qu'Anna sera contente de savoir que tu les surveilles !

-J'y vais ! Je lui dirais que vous m'avez conseillé !

-Non Olaf, tu ne dis rien, tu ne m'as pas vu c'est compris ? S'il te plait. Rends moi ce service et…et je te promets de te faire une petite sœur que tu me demandes sans cesse. Dis-je pour m'assurer de son silence.

Finalement je m'éclipsais rapidement, une fois le bonhomme de neige parti dans l'autre direction et m'empressais de gagner la cour d'honneur du château, où, profitant de la légère brise estivale j'attendais pensive mon cavalier pour une petite promenade sur le port d'Arendelle. J'en profitais pour admirer les beautés de mon royaume et scruter les montagnes. La haut, derrière les premières crêtes, sur le flan de la plus haute montagne trônait mon palais de glace, dominant les cieux, mais quelque part, dans ces forêts, une jeune femme, mon alter égo vivait, et il me semblait évident que d'ici peu, nous allions nous rencontrer. Mais au final, qu'allais-je bien pouvoir lui dire à cette jeune Emma ? C'était la première fois que je me posais la question en réalité. Depuis quelques temps, j'avais mis une raison à mes terreurs nocturnes et pris la résolution de la retrouver, mais au final, pourquoi ?

-Votre Altesse, je ne vous ai pas trop fait attendre ?

-Non du tout Kristoff Répondis-je tirée de ma rêverie.

- Excusez-moi Majesté, comment m'avez-vous prénommé ?

J'eus aussitôt un mouvement de recul. Viktor me faisait face, mais il portait une grosse veste, et avait ses cheveux blonds en bataille, je l'avais confondu avec Kristoff. Et je remarquais que tous les deux se ressemblaient. Cela confirmait somme toute les origines arendeliennes de Viktor, et je m'excusais de ma méprise auprès du jeune prince des Iles du Sud, en espérant ne pas avoir comme lui rougit. Nous descendions alors les rues d'Arendelle encore désertes vu l'heure matinale et nous dirigeâmes vers le port en silence. Arrivés au bord de l'eau, nous fixions l'horizon et le soleil qui commençait à monter dans le ciel, alors que les premiers travailleurs commençaient à s'afférer autours de nous, Viktor et moi, restions relativement discrets, nous reculant au coin d'une rue pour ne pas nous faire reconnaître. Nous n'avions pas eu besoin de communiquer, nous avons agit naturellement, comme si nous avions, en même temps deviné la volonté de l'autre de ne pas être importuné et pouvoir profiter de ce spectacle matinal sans bruit.

-Altesse ?

-Oui Viktor ? Et appelez-moi Elsa.

-Très bien, hum, Elsa, regardez ce navire qui va accoster. Son pavillon avec ce soleil ne vous dit pas quelque chose ?

-Oh, vous avez raison, sans doute l'ambassadeur de Coronna qui arrive, certes un peu plus tôt que les autres, mais rien de bien extraordinaire, pourquoi cette remarque mon prince ?

-C'est que Maj…euh, Elsa, ne m'aviez-vous pas dit que nous venions ici pour le départ de la princesse ? Si Coronna devait avoir un représentant à ce sommet que vous donnez, pourquoi faire repartir la princesse pour envoyer un ambassadeur ? Pardonnez moi, je ne m'intéresse pas à la politique, mais du coup, Coronna n'était pas censé ne pas être représentée aujourd'hui ? J'ai cru entendre votre sœur hier à ce sujet.

-Votre remarque est juste Viktor. Assez curieux en effet, mais Coronna a reçu néanmoins une invitation, et est un de nos principaux partenaires, le souverain n'est autre que le frère de mon défunt père vous savez ? Alors, ils ont finalement décidé de venir avant que nous puissions obtenir leur réponse, rien de bien grave, je suis sûre qu'Anna saura aviser pour leur obtenir une place de choix dans le débat. Répondis-je avec légèreté.

-Ne trouvez-vous pas curieux cependant que Coronna envoie des ambassadeurs alors que la princesse héritière se trouve en vos murs ?

-Mon oncle aura sans doute voulu faire ce sommet dans les règles de l'art, beaucoup disent que cet attachement aux règles et aux traditions me vient de mon père, et le roi Ludwig n'est autre que son frère ainé. Cela doit être de famille !

-Le Royaume de Coronna doit alors être fier d'avoir un grand roi si vous tenez de lui !

-Vil flatteur prince Viktor ! J'allais vous proposer d'explorer les commerces qui font la renommée de notre Cité, mais si vous le permettez, nous pouvons, respecter la tradition et attendre que les représentants de Coronna accostent pour qu'ils reçoivent l'accueil de la couronne d'Arendelle.

-Je ne saurai vous empêcher de manquer à vos devoirs de représentation !

Puisque mon hôte acceptait de rester pour accueillir les arrivants, nous attendions en silence l'arrivée du navire qui semblait sortir des flots du fjord pour s'approcher de notre port et commencer la manœuvre d'accostage. Je restais néanmoins surprise de constater qu'il ne s'agissait pas d'un simple navire de la flotte de Coronna. Ce navire est plus beau, plus luxueux, plus majestueux que tous ceux que j'aie pu voir jusqu'alors venu de Coronna il ne s'agissait ni plus ni moins que du navire royal ! Je comprenais alors qui allait être le représentant de Coronna, mais Viktor me devançait

-Ne serais-ce pas le roi en personne qui se déplace ?

-J'en ai bien l'impression Viktor. Pour une surprise s'en est une indéniablement. Répondis-je sans pour autant de ma sentir une légère rancœur auprès de mon oncle qui refusait de nous laisser Elsa et moi consulter les journaux de feu mon père.

-Excusez ma curiosité, comme vous savez je ne suis pas aux faits des relations politiques, mais que signifie cette venue imprévue d'après vous ?

-J'avoue de pas en savoir plus que vous mon bon prince. Je suis sur d'une chose, ma sœur Anna, ne va pas apprécier !

-Puis-je vous demander pourquoi ?

-Oh, elle ne souhaitait pas particulièrement présider cette séance, ne se sentant pas légitime, alors une tête couronnée en plus risque de la mettre mal à l'aise. Et elle a une certaine rancœur, comme moi d'ailleurs auprès de notre oncle, enfin, une déception dirons nous. Avouais-je sans trop savoir pourquoi je me confiais ainsi à Viktor.

-Alors, vous ne souhaitez pas reprendre la place confiée à la princesse Anna ?

-En aucun cas Viktor, pour des raisons qui me sont propres, et parce qu'Anna a ma pleine et entière confiance et enfin elle est de surcroit, à l'heure qu'il est la première dans l'ordre de succession

-Vous voilà bien sombre Majesté à penser à votre succession.

-Je suis pragmatique répondis-je d'un ton sec en enlevant ma cape qui me rendait anonyme, faisant signe au prince d'en faire autant alors que le navire avait accosté et les premiers passagers s'apprêtaient à sortir. En voyant sortir mon oncle, je tachais de rester la plus digne possible et déclarait : Roi Ludwig c'est une surprise et un immense honneur pour Arendelle que de vous accueillir.

-Ca n'est pas mon cas ! Répondit mon oncle sans même détourner le regard, faisant fi de toutes les étapes de protocole

- Pardonnez-moi ? Rétorquais-je de manière polie bien que particulièrement outrée et surprise.

-Je viens ramener ma fille, mon idiot de gendre et mon petit fils, et je suppose que je suis obligé du coup de venir participer à cette perte de temps que vous organisez ici ! Allons, où est mon véhicule ?

-Prince Viktor des Iles du Sud, votre Majesté c'est un honneur de vous rencontrer Roi Ludwig. Entendis-je Viktor alors que je m'étranglais face à cette réaction si peu courtoise.

-Vous ? De quel droit m'adressez vous la parole ? Faux prince !

-Modérez vos propos, Roi Ludwig ! Vous vous adressez à un invité d'Arendelle !

-Libre à vous d'inviter du roturier ayant un titre ! Si vous souhaitez que votre royaume soit décadent ma nièce !

-Libre à moi d'inviter qui je souhaite et d'exiger qu'ils soient traités comme je le souhaite en effet mon oncle ! M'étranglais-je pour ne pas le gifler. Et voici votre véhicule, si vous voulez vous donner la peine ! Articulais-je en créant un traineau de glace.

-Vous imaginez qu'une personne de mon rang va monter dans un joujou gelé ? C'est une plaisanterie de mauvais gout ?!

-C'est une plaisanterie de mauvais gout que de friser l'incident diplomatique avec votre principal allié et partenaire en refusant son transport traditionnel ? Répondis-je immédiatement en inventant il est vrai ce côté traditionnel, mais réussissant néanmoins à faire taire mon oncle qui avait jusqu'ici un comportement absolument épouvantable, il se contentait de souffler, puis en montant il ajoutait. Reine Elsa, quand commencera ce sommet ? J'ai espoir de partir rapidement et vous serais gré qu'en tant que présidente de séance vous fassiez en sorte qu'elle ne s'éternise pas.

-Eh bien mon oncle, vous ferez part de cette doléance avec la princesse Anna qui a la charge de présidente de séance

-Comment, la Reine ne préside pas et laisse la place à une enfant pour ne pas reprendre le terme employé par ma file ? Vous laissez une écervelée gérer un sommet international ? Vous n'êtes pas digne de mon frère ma pauvre ! Lui était un grand souverain !

-Je ne vous permets pas de parler ainsi d'une princesse d'Arendelle et qui est de surcroit la marraine de votre petit fils, futur souverain de Coronna ! Ni que vous vous permettiez de juger la façon de gouverner de vos hôtes !

Encore une fois le roi de Coronna se contentait de souffler pour toute réponse, alors qu'arrivait la garde pour le prendre en charge et l'amener au château. Fort heureusement, même si ce matin je souhaitais la solitude, les premiers habitants s'étaient attroupés en m'apercevant, et le prince Viktor et moi, restions de longues minutes avec les habitants, heureux de pouvoir m'approcher. Finalement, nous réussissions, à nous éclipser. Je restais néanmoins fort contrariée de cette entrevue avec mon oncle qui était pourtant si haut dans mon estime. J'en étais triste pour ma pauvre cousine Raiponce et comprenait finalement qu'elle ait eu un fort différent avec ce dernier. Je me rappelais également des journaux de mon père. Vu cette entrevue, il était illusoire de lui faire entendre raison malheureusement.

-Eh bien Majesté, si vous doutiez de votre popularité, c'est un triomphe.

-Je vous remercie Viktor, et vous avez raison en effet, d'ailleurs je vous remercie d'avoir dissuadé ce sympathique artiste de graver mon portrait. Nous n'en serions pas sortis !

-De rien Elsa ! Mais vous savez, j'ai entendu parler, au cours de mes derniers voyages, l'invention d'un objet formidable, qui permet de capturer une image en utilisant ce qu'on appelle une chambre noir.

-J'en ai moi aussi entendu parler, et inviterait prochainement une personne disposant de cette glorieuse invention pour le prochain portrait royal, mais pourquoi cette remarque ?

-Eh bien imaginez l'avenir ! Qui sait, peut être que ce formidable outil sera un jour disponible pour tous. Alors, une personnalité si populaire que vous, tout le monde voudra poser à vos côtés !

-Vous devenez visionnaire prince, ou quelque peu fantaisiste. Répondis-je amusée

- Auriez-vous peur de la technologie Reine Elsa ?

-Je maîtrise les pouvoirs de la glace, pensez vous que l'ingéniosité des hommes puisse me faire peur ? Et puis je préfère largement penser à ces innovations qu'à cette désagréable rencontre avec mon oncle. Anna va devoir lutter contre elle-même pour ne pas lui sauter à la gorge Répondis-je

-Ne croyez vous donc pas qu'il serait plus sage de retourner au château ? J'ai bien compris que vous renonciez à votre charge…Je veux dire, que vous préférez que cela soit votre sœur qui gère les affaires courantes pour le moment, mais vérifier justement qu'il n'y aura pas d'incident. Votre présence rassure votre cadette vous savez. Il n'est pas besoin d'être un fin limier pour le remarquer. Et, sauf votre respect et celui que je dois à votre famille. Ce souverain est tout sauf sympathique.

-Je ne puis malheureusement que vous donner raison Viktor. C'est la première fois que je le vois ainsi ! Il est aussi détestable que votre père ! Dis-je en me rendant compte, mais trop tard, du grave incident diplomatique que j'allais déclencher avec cette phrase et m'empressais de me rattraper : Enfin, pardonnez moi prince Viktor ça n'est pas du tout ce que je voulais dire, je ne pense en aucun cas que votre père soit…

-Ne vous excusez pas Elsa ! C'est amusant de vous voir franche et spontanée ! Me coupa le prince des Iles du Sud avant de poursuivre : Et je dois vous donner raison, il est assez détestable comme vous dites. Il suffit de voir le comportement qu'il a envers moi, comme ce roi de Coronna, à ses yeux je ne suis qu'un « faux prince ». Alors non, rassurez vous, pas d'incident diplomatique d'autant que je suis écarté des affaires. Et je n'en suis pas davantage choqué ni insulté. Je ne suis pas son fils, il me le rappelle suffisamment. Il n'y a que la reine que j'ai envie de considérer comme ma mère, elle m'a élevé comme ses fils au moins, même si le roi l'obligeait à me rappeler que j'étais différent !

J'étais soulagée que le jeune prince ne m'en veuille pas de ma petite phrase malheureuse et j'étais d'accord avec lui, je ne pouvais laisser ma pauvre cadette gérer seul le roi de Coronna, ni même Raiponce. Tant pis pour la balade, Viktor et moi allons donc poursuivre nos recherches encore une fois depuis les archives du château, et en même temps opérer une opération apaisante auprès des protagonistes. Quelle ironie, pour un sommet à la base relativement anodin ! Quoi qu'il en soit Viktor et moi remontions vers le château, évitant de rester trop longtemps auprès des habitants, désormais tous dehors à leurs divers occupations matinales. Finalement, une fois arrivés au niveau de la cour d'apparat, nous vîmes Anna sortir à notre rencontre d'un pas déterminé, et pour une fois sans sa fille dans les bras. Au vu de son visage, pour moi il ne faisait aucun doute qu'elle avait déjà eu une entrevue houleuse avec le roi de Coronna.

-Ah vous voilà arrivés ! Vous allez pouvoir m'expliquer cette situation !

-Quelques soucis avec les représentants ? Demandais-je innocemment, même si je connaissais déjà la réponse.

-Je ne te le fais pas dire Elsa ! Alors qui peut m'expliquer cela ? Vous sans doute prince Viktor !

-Je vous demande pardon ? Je ne vois pas de quoi vous parlez princesse Anna. Questionna Viktor visiblement aussi surpris que moi de la remarque de ma sœur.

-Je parle des représentants, on m'avait dit que les Iles du Sud ne seraient pas représentées, or nous avons bien un représentant, et pas n'importe lequel ! Alors expliquez-moi s'il vous plait, pourquoi Hans est-il ici ?!...