Ce chapitre aura mis du temps à arriver, je sais bien. Il y a eu un moment où j'ai eu une pause fanfictions on peut le dire. Ca doit arriver à pas mal de monde qui côtoie cet univers depuis des années. Mais il n'a jamais été question d'abandonner cette histoire pour autant. Le pire c'est que la deuxième partie de ce chapitre est écrite depuis quasiment le début de l'histoire. Mais ce n'était pas pour autant facile d'amener tout ça. La bonne nouvelle, c'est que le début du prochain chapitre est lui aussi écrit depuis tout autant de temps.

Il me semble avoir répondu à toutes les reviews signées au fur et à mesure. Si ce n'est pas le cas, je m'en excuse. Je réponds ici brièvement aux autres.

Charlène : ton vœu sera peut-être exaucé dans ce chapitre. Je te laisse la surprise. La suite est enfin arrivée comme tu peux le voir.

Merci aussi à Anna, nini et Emeraude-et-argent pour leurs review.

Pardonnez-moi les fautes de français qu'il pourrait y avoir dans ce chapitre. J'ai essayé de les éviter mais sait-on jamais.


Chapitre 10 : Tout change.

Je n'ai jamais vraiment pensé que le monde était tout blanc ou tout noir mais plutôt teinté de bien des nuances de gris. Il n'y avait pas eu que des bons et des méchants durant la guerre et j'avais aux grandes loges pour le constater. Mais retrouver la mémoire m'avait fait perdre cette vision durant un temps. Au-delà de mes souvenirs j'avais retrouvé trop d'émotions et de sentiments que je ne savais comment gérer seule…et hélas, je ne pouvais me confier à quiconque.

3 janvier 1980, Ministère de la Magie.

Le combat, elle ne connaissait que trop bien même si elle n'avait plus eu à se battre ainsi depuis plusieurs années. Elle ne chercha pas à tuer qui que ce soit mais pris part quand même activement à la bataille. Elle désarma un membre de l'Ordre du Phoenix qui ressemblait fortement à son meilleur ami, Harry, et en conclut qu'il devait s'agir de son père, James Potter. Il était vrai qu'il était encore en vie à cette époque-là.

Malgré les forts sentiments qui l'animaient, tels que la colère et la rancœur, elle savait qu'elle devait sortir d'ici avant de ne se faire plus remarquer de l'un des deux camps, voire des deux. Elle chercha Lucius du regard et se dirigea vers lui dès qu'elle le trouva. Il était légèrement blessé mais rien de bien sérieux à première vue.

Lucius sembla rassurer quand elle se retrouva à ses côtés et entraina alors la jeune fille avec lui à l'écart de la bataille. Lucius les guida vers l'ascenseur qu'ils avaient emprunté juste avant. Celui-ci semblait toujours opérationnel.

- Retourne au département des mystères et restes-y jusqu'à nouvel ordre s'il te plaît, demanda-t-il d'une voix à la fois dure et inquiète.

- Je…, commença-t-elle avant d'être aussitôt coupée.

- Je ne doute pas de tes capacités au combat Hermione, de ce que je viens de voir tu sais te défendre, mais tu ne sais pas qui sont ces gens dans le hall. Nous en parlerons si tu le souhaite, c'est une promesse, mais s'il-te-plaît pour le moment écoute-moi.

Son sang bouillonnait. Elle savait très bien qui étaient ces gens comme il disait. Sûrement mieux que lui encore. C'était aussi sa guerre, son combat. Mais agir de façon irréfléchie n'était pas ce qu'il y avait de plus malin non plus lui souffrait son esprit. Elle n'avait jamais été impulsive et c'est bien une des choses qui lui valaient d'être toujours en vie à ce jour.

- Bien…

Lucius lui caressa tendrement la joue avant de repartir vers la bataille. Elle, de son côté, retourna au département des mystères. A présent elle se souvenait de tous ce qu'elle avait besoin de savoir sur ce lieu. Comment se diriger sans aucun problème dans la salle des portes par exemple mais pas seulement.

4 août 2003 – 14h00 – Département des aurors, Ministère de la Magie.

- Je ne peux même pas imaginer ce que ça a dû te faire de te rappeler de tout comme ça. Au milieu d'une bataille en plus, dit Harry d'une voix compatissante.

Hermione lui sourit, un peu amusée mais aussi triste.

- C'était pire que tu peux imaginer. Mon esprit était dans un foutoir indescriptible. Par-dessus tout j'en voulais à Lucius qui n'avait strictement rien fait à cette époque.

- Mouais…il était quand déjà mangemort, non ?

- Je vais y venir Harry, je vais y venir…

- Et le fait qu'il était quand même avec Narcissa visiblement ? N'est-ce pas ?

Mais le visage gêné de sa meilleure amie était plus révélateur que tout. Il se doutait de quelque chose depuis certains aspects de son récit mais refusait encore de le croire.

- J'y viendrais aussi…, murmura-t-elle dans un souffle tout en détournant le regard.

- Tu étais encore là-bas quand ils se sont mariés, n'est-ce pas ? demanda Harry malgré tout.

- Oui… Voir la personne que tu aimes en épouser une autre… Je ne le souhaite à personne. Même en sachant qu'il n'y a pas d'autres choix et que tu en es la principale responsable. Ça reste très dur. C'est une expérience que nous avons en commun avec Severus.

- Tu l'aimes vraiment alors ? murmura-t-il pour lui-même.

- Ron a été mon premier amour tu sais et je l'ai vraiment aimé mais… Ce n'est pas comparable avec les sentiments que j'ai pu éprouver pour Lucius jusqu'à aujourd'hui.

Harry se massa les tempes comme il faisait souvent quand il avait du mal à comprendre quelque chose.

- Tu m'excuseras s'il me faut du temps pour m'y faire, prononça-t-il tout en grimaçant.

- Il m'en a fallu aussi… souffla-t-elle dans un murmure.

3 janvier 1980, Ministère de la Magie.

Lucius revient une dizaine de minutes plus tard. Il arborait quelques nouvelles blessures, toujours sans gravité heureusement pour lui.

- C'est terminé. On peut y aller, s'exclama le blond.

Ils refirent le chemin vers l'atrium, croisant des aurors étant arrivés depuis. Ils ne furent arrêter à aucun moment et purent repartirent au Manoir Malfoy sans encombre de plus.

Hermione ne laissa échapper aucun mot. Elle était plongée dans ses souvenirs et réflexions. Lucius sembla remarquer son air perdu et finit par briser le silence.

- Est-ce que ça va Hermione ?

Elle le fixa quelques secondes avant d'hocher la tête en silence. Elle avait besoin de temps seule pour pouvoir réfléchir réellement. Elle se sentait sur la corde avec le blond. Ne sachant plus le situer ou même se situer elle-même.

- Tu devrais soigner tes blessures, dit-elle d'une voix qu'elle voulait neutre.

- Ça peut encore attendre quelques minutes.

La brune le regarda une fois encore avant de détourner le regard.

- J'aimerais prendre un bain et aller me coucher.

- Est-ce que tu ne veux pas avaler quelque chose avant ?

- Non Lucius… J'ai juste besoin de me reposer, termina-t-elle en tentant un petit sourire pour qu'il n'insiste pas.

- Si tu changes d'avis, entama-t-il, n'hésite pas à appeler Sniffi.

Hermione hocha la tête et s'éloigna du blond, le laissant soigner ses blessures.

Le bain lui fit du bien. L'eau y était brulante, pile ce qu'elle avait besoin. Elle plongea la tête plusieurs fois sous l'eau, s'isolant de l'extérieur.

Il fallait qu'elle retourne à son époque…qu'elle retrouve les siens et surtout Ron. Mais comment pourrait-elle le regarder encore en face ? Comment lui avouer qu'elle avait partageait la couche d'un autre, qui plus est Lucius Malfoy ? Et déjà, comment rentrer tout simplement ?

Dans l'immédiat il lui fallait continuer cette mascarade, faire comme si elle ne se souvenait toujours de rien. S'arranger aussi pour ne plus avoir à être touchée par Lucius…par Malfoy… Ses pensées étaient trop embrouillées. Elle ne pouvait s'empêcher de le détester à présent tout en sachant qu'il ne l'avait forcée à rien non plus.


Au même moment se tenait une réunion secrète dans un endroit éloigné. Seuls quelques membres de toute confiance avaient été conviés.

- …d'après sa carrure il s'agissait d'une femme Albus. Elle était entrainée, plus que bien des aurors.

- Elle a sauvé la vie de Lucius vous dites ?

- Elle est arrivée avec lui et s'est jeté sur lui pour lui éviter le sortilège de la mort…

- Il serait dommage que des combattants entrainés rejoignent ses rangs. Quel que soit ses liens avec Lucius Malfoy, nous devons en découvrir plus sur cette personne. Franck, si vous pouviez jeter un œil sur Lucius quand vous êtes au ministère et voir si cette personne l'accompagne souvent là-bas.

- Ça serait fait, acquiesça l'auror.

21 janvier 1980, Manoir Malfoy.

Les jours qui avaient suivi la retrouvaille de ses souvenirs furent compliqués pour Hermione. Elle s'était efforcée de rester aimable avec Lucius tout en imposant une distance entre eux. Ce qu'il avait bien sûr remarqué même s'il n'avait pas abordé le sujet de suite.

- Hermione, je crois que nous devons parler, finit-t-il par dire au cours d'un repas. Je vois bien que depuis ce soir-là quelque chose a changé.

Bien sûr que la sorcière s'attendait à cette discussion. A vrai dire, elle était même surprise que le blond ait attendu aussi longtemps. Pourtant, c'était bien lui au fond. Il avait un caractère dur et froid en apparence mais semblait faire attention avec les choses auxquelles il tenait. Il n'avait pas voulu la brusquer très certainement.

- Je me pose des questions, entama-t-elle d'une voix qu'elle mesurait parfaitement. Combattre, c'était comme instinctif. Je savais quoi faire même si je ne sais pas comment l'expliquer.

- Je vois, répondit-il en fronçant les sourcils.

- Est-ce que ça veut dire que cette guerre qui est dehors continuera dans le futur ? Demanda-t-elle innocemment bien que connaissant parfaitement la réponse.

- Je ne sais pas, lui répondit honnêtement le jeune homme. Bien sûr qu'il serait mieux que la réponse soit négative, que tu n'es pas à prendre part à ce qui se trame à l'extérieur.

- Mais si c'est bien le cas et que nous n'étions pas dans le même camp dans le futur ? demanda-t-elle en plongeant ses yeux ambre dans les siens.

Elle vit alors quelque chose qu'elle n'aurait jamais imaginé. La façade de Lucius s'était décomposée entièrement. Son visage d'habitude neutre voire froid ou hautain n'était plus.

- Je ne le souhaite pas, dit-il d'une voix presque tremblante.

- Mais si ça arrivait ? Insista-t-elle. Nous ne savons rien de mon identité ni même d'où je viens.

- Nous ne pouvons rien faire de plus que des supposions pour le moment quoi qu'il en soit. Ce n'est pas la peine de se compliquer plus avec tout ça.

Ce n'était pourtant pas des suppositions comme l'hériter Malfoy voulait s'en convaincre. C'était la réalité ou du moins telle qu'elle le serait dans le futur. Etais-ce en souvenir de cette époque que la famille Malfoy avait pris soin d'elle durant son emprisonnement ? En parlant de ça, n'étais-ce pas ironique qu'elle ait choisit la chambre où elle avait été maintenue contre son gré quelques années auparavant.

1998, Manoir Malfoy.

Il n'y avait pas grand-chose à faire dans cette chambre rouge carmin où elle était prisonnière. Quand Draco l'y avait emmenée, elle avait d'abord eu peur. Mais il l'avait rassurée à sa manière. C'était sa nouvelle cellule, mais pas pour l'y torturait de ce qu'elle avait compris. Elle avait été surprise par ce geste et ne le comprenait toujours pas. Pas que les cachots lui manquent…mais ça n'empêchait que ce soit déroutant.

Les journées étaient ennuyantes et un brin angoissantes mais aucun mal supplémentaire ne lui avait été fait. Elle craignait que ce soit pour mieux la blesser ensuite mais ne pouvait en avoir la certitude. Ce qui au final la maintenait dans un état de stress permanent.

- Par Merlin, Granger ! Tu veux un serment inviolable où je te promets de ne jamais te faire de mal ? Finit par fulminer Draco Malfoy.

- Tu le ferais ? Demanda-t-elle sur un ton provocant.

- S'il le faut vraiment pour que tu arrêtes de me regarder en permanence comme si j'allais t'attaquer à tout moment, oui. Ça finit par me stresser à force. Je me demande à quel moment tu vas me sauter dessus pour m'égorger avec les dents.

- Désolée Malfoy, dit-elle d'une voix qui n'éprouvait aucun remord en réalité, mais ce n'est pas comme si je me sentais réellement en sécurité ici.

Le garçon grommela des mots incompréhensibles pour la brune.

- Est-ce que tu serais plus à l'aise si ce n'était pas moi qui venait mais plutôt Na…ma mère ?

- …Je ne sais pas, répondit-elle avec sincérité. Je n'arrive juste pas à comprendre ce que vous attendez de moi !

- Pourquoi est-ce que tu veux forcément qu'on attende quelque chose de toi ?! demanda le blond en commençant à élever lui aussi la voix.

- Parce que les Malfoy ne font jamais rien sans raison !

- Mais tu me fais chier Granger ! Merde !

Voir Draco s'énerver ainsi n'était pas monnaie courante. Même à Poudlard elle ne l'avait pas vu souvent dans cet état, même lors de ses altercations avec Harry.

Draco était un garçon étrange. Tantôt agissant comme un enfant gâté, tantôt agréable et essayant d'améliorer ses journées de captivité. Il avait tenu sa promesse de ne lui faire aucun mal. Combien même il semblait pourtant détester les sangs-de-bourbe comme il l'avait tant répété à Poudlard.

Un jour, il était venu la chercher dans sa chambre pour l'emmener aux écuries du Manoir. Elle ne les avait encore jamais vu et n'étaient pas moins surprenantes qu'elle s'y attendait.

- J'ai besoin de ton aide Granger, dit Draco d'une voix neutre. Une des femelles va mettre bas et ça ne s'annonce pas très bien. Il faut qu'on soit au moins deux et mes parents ne sont pas disponibles.

Elle donna son accord d'un mouvement de tête et le suivit jusqu'au box d'une jument se nommant « Songe » d'après l'écriteau. Ce cheval ailé était tout simplement sublime se dit-elle une fois qu'elle l'aperçut même si cette dernière était très agitée.

- Hola ma belle. Du calme, du calme. On est là pour t'aider, tenta Draco qui n'eut cependant que le temps de s'éloigner pour éviter un coup de sabot.

Hermione s'approcha avec prudence de l'animal. Une fois à sa hauteur la femelle se calma aussitôt à sa grande surprise. Elle jeta un œil à Draco qui lui ne semblait pas si étonné que ça. Un gémissement de la future mère mis court à ses réflexions. Il était temps qu'un poulain vienne au monde.

4 août 2003 – 14h12 – Département des aurors, Ministère de la Magie.

- Le cheval t'avait reconnu, n'est-ce pas ?

- Oui. Plus de quinze ans plus tard elle se souvenait toujours de moi. Je suis bien contente que les chevaux ailés vivent plus longtemps que les chevaux non magiques. J'ai hâte d'aller les revoir, elle et son petit.

- Hermione, prononça Harry songeur, est-ce que tu comptes retourner avec Lucius ?

La brune fronça les sourcils avant de soupirer.

- Tu n'as pas l'impression de griller les étapes là Harry ?

- Je sais, je sais, grommela-t-il. Tu as encore beaucoup de choses à me raconter. Bordel. Tu réalises que je ne sais même pas comment je vais faire mon job avec tout ça. Je suis censé écrire un rapport de tout ce que tu me dis.

- Je te fais assez confiance pour n'énoncer que le strict minimum. C'est bien une des raisons qui ont fait que je ne voulais pas en parler devant Ron, avoua-t-elle.

- Tu sais qu'il va bien falloir lui en parler à lui aussi…, essaya Harry.

- Je sais…mais nous savons tous les deux qu'il y a plusieurs points qu'il risque de ne pas très bien accepter.

- Surtout celui sur Draco, acquiesça Harry tout en lui demandant une confirmation implicite.

- Oui… admit-elle en partageant avec son meilleur ami un regard qui en disait long, montrant qu'ils étaient en parfaite connexion.

- Oh bordel ! s'écria Harry en attrapant sa tête à pleines mains. Merde ! Désolée Hermione mais merde ! continua-t-il en se levant pour faire les mille pas dans la pièce.

12 février 1980, Manoir Malfoy.

Hermione avait continué de maintenir une distance mesurée entre Lucius et elle. Moins que juste après l'incident du Ministère mais tout de même. Il n'avait plus eu de relations intimes en tout cas, elle y avait veillé. Lucius respectait son choix même si elle voyait bien qu'il n'attendait qu'un seul feu vert de sa part. Il pouvait toujours attendre...

Au cours des précédents jours, Hermione avait été invité plus d'une fois à rester dans sa chambre tandis que des visiteurs étrangers étaient en « visite ». Elle n'était pas stupide et savait qu'il s'agissait exclusivement de mangemorts. Elle se demandait même si Voldemort n'était pas venu en personne.

Ce soir-là elle était cependant tranquille dans la bibliothèque. Lucius avait été invité à l'extérieur un peu plus tôt. Elle essayait tant bien que mal de se concentrer sur un ouvrage pour ses recherches sur le temps. Son esprit ne voulait plus se concentrer visiblement. Elle avait bien trop en tête depuis qu'elle avait retrouvé la mémoire. Tout était toujours autant embrouillé dans son esprit. Partagée entre le présent et le passé. Ses sentiments étaient si contradictoires. Comment pouvait-on aimer une personne tout en la haïssant ? Le Lucius de cette époque ne lui avait rien fait de mal, bien au contraire. Alors que le Lucius de son passé était une véritable ordure et n'avait pas hésité à la traiter avec mépris. Mais...Il avait aussi fait tous ce qu'il pouvait pour qu'il ne lui arrive rien et qu'elle soit traitée avec soins lorsqu'elle avait été prisonnière de Voldemort au sein du Manoir Malfoy. Sans parler du fait qu'il l'avait aidé à s'évader. Alors que croire ?

Hermione avait besoin de se dégourdir l'esprit les jambes. Aussi dans un soupir las se leva-t-elle de sa chaise et entama-t-elle les cent pas. Elle laissait son regard se perdre sur les multiples étagères de livres devant elle.

Son attention fut alors capturée par la vitrine interdite. Celle-là même dont Formol l'avait bien mise en garde des mois auparavant. Elle était, selon ses dire, protégée et blesserait toute personne n'étant pas autorisée à y accéder.

Prisé néanmoins d'une impulsion soudaine, Hermione se rendit juste en face de la vitrine. Au travers, elle pouvait clairement y voir les livres propres à la famille Malfoy. Un devait clairement décrire leur généalogie, un autre les différentes possessions du clan et un autre les grandes personnalités de la famille à travers l'histoire.

Avec une grande hésitation et tout en se mordant la lèvre inférieure, elle finit par avancer lentement sa main contre le verre.

Rien.

Strictement rien, pas une seule décharge magique ou quoi que ce soit. Est-ce que l'elfe de maison lui avait simplement fait peur pour éviter qu'elle n'y touche tout compte fait ? Mais ce n'était pas le moment de penser à ça pour le moment.

Hermione saisis la délicate et fine poignet du meuble et l'ouvrit sans aucun obstacle. C'était bien trop simple. Peut-être y avait-il une alarme magique ? Elle verrait bien après tout si Formol apparaissait à ses côtés pour la réprimander. Lucius étant parti « pour une urgence », elle ne risquait pas à priori de le voir arriver. Voldemort n'était pas réputé pour appeler ses mangemorts et les laisser partir dans les minutes qui suivaient.

La vitrine ouverte, elle se laissa quelques instants pour mieux observer les ouvrages avant de saisir celui sur la généalogie de tous les membres de la famille Malfoy. Tous ? C'est ce qu'elle allait bien pouvoir vérifier. Est-ce que les « traitres à leur sang » et « cracmols » y étaient aussi ? Ou est-ce que tout comme pour la tapisserie des Black, leurs noms y avaient été méticuleusement effacés ?

La couverture était magnifique, c'est le moins que l'on puisse dire. De la peinture d'or recouvrait le cuir à première vue des plus anciens. C'était fascinant, pour une amoureuse des livres comme elle, de pouvoir tenir entre ses mains un ouvrage si important et unique. Est-ce qu'un sort permettait de le conserver intacte malgré les siècles écoulés ? Très certainement.

La brune ouvrit la couverture et pu enfin voir la première page. « La noble lignée des Malfoy » put-elle lire. L'écriture était fine et délicate. La page suivante retracé les premiers membres de la famille et leurs descendants. L'arbre continuait sur les pages suivantes, telle une carte routière moldue. Au fil du temps, seuls les membres ayant porté le nom des Malfoy y étaient gardé. Les filles ayant étant nées au sein du clan étaient présentes, mais pas leurs enfants. Sûrement pour éviter de perdre beaucoup de temps et de place dans l'ouvrage.

Le dernier descendant inscrit était Lucius Malfoy bien évidemment. Né le 12 avril 1954. Il avait donc 25 ans, 26 ans d'ici peu. Elle songea qu'elle n'avait jamais pensé à lui demander quand était son anniversaire. Elle le savait à présent.

Hermione se rendit à la fin du livre, à la page consacrée spécifiquement à Lucius, désireuse d'en savoir un peu plus sur lui. Les descriptions étaient diverses et variées. Le blond avait fait ses études à Poudlard au sein de la maison Serpentard, rien de nouveau de ce côté-là. Il avait été préfet en chef en plus de faire parti de l'équipe de Quiditch au poste de poursuiveur. Étonnamment d'ailleurs. Elle l'aurait plutôt vu attrapeur comme son fils, Draco Malfoy. D'autant plus que Lucius était très fin de corps. Les poursuiveurs n'avaient pas besoin d'être aussi costauds que les batteurs, mais il fallait quand même une bonne dose de muscles. C'est sûr qu'en pensant à Ginny, devenue professionnelle en tant que poursuiveuse pour l'équipe nationale de Grande-Bretagne, ça changeait le point de vue aussi. Ginny était assez menue et moins grande que Lucius après tout.

Après Poudlard, le lord Malfoy avait poursuivi ses études au sein de l'université magique de Londres en double cursus : « Histoire du monde sorcier » et « Sortilèges ». Son parcours universitaire collait parfaitement à son emploi actuel effectivement. Oh ! Il avait obtenu son diplôme avec des notes remarquables et finissant major de promotion si elle en croyait ce qui était noté sous ses yeux. Rien que ça...Son côté exigeant s'appliquait autant à lui-même qu'aux autres après tout, elle l'avait déjà remarqué à plusieurs reprises.

La Gryffondor s'apprêtait à continuer sa lecture forte instructive au moment où la porte s'ouvrit. Paralysée, elle n'eut le temps de n'entreprendre aucun mouvement pour ne pas être prise en flagrant délit.

- Hermione, tu es là. Je suis désolée d'avoir tardé, j'espère que tu ne m'a pas attendue pour déjeuner, dit-il tout en grimaçant très légèrement au moindre geste qu'il entreprenait. Cadeau de Voldemort à tous les coups. Qu'est-ce que ?, s'exclamma-t-il subitement en voyant ce que la jeune femme tenait entre ses mains et la vitrine grande ouverte. Qu'est-ce que ça signifie au juste ?! s'emporta Lucius malgré lui. Il était fatigué et endolori de partout, ce qui rendait sa retenue habituelle moins présente.

Entendre le blond lui crier dessus ainsi fut de trop pour les nerfs d'Hermione. Bien trop de temps qu'elle se retenait de lui sauter à la gorge et qu'elle jouait la comédie.

- Allons Lucius, pas la peine de s'énerver pour si peu. A moins que tu ne craignes ce que l'on puisse y découvrir. Est-ce que « lèche-botte préféré de Voldemort ? » est inscrit dans ta biographie personnelle ?, cracha-t-elle d'une voix mi-doucereuse, mi-haineuse.

Le Serpentard fut déstabilisé par le ton employé par la brune, tout autant que par ses mots. Son visage laissa exprimer ses émotions. Son regard sembla alors s'éclairer, tout autant que son esprit.

- Tu as retrouvé la mémoire n'est-ce pas ? Depuis quand ? gronda-t-il.

- L'attaque du ministère en janvier. Cette bataille m'a rappelé celle que j'étais, celle que je suis... Tu as remarqué ce jour-là toi aussi mes capacités au combat n'est-ce pas ? Quelle ironie, dans mon passé je les ai utilisées contre toi et non pour te défendre comme je l'ai fait au ministère. J'ai combattue avant même d'être majeur contre Voldemort.

- Ca expliquait aussi la discussion qu'ils avaient eu plus tard et le fait qu'elle ait évoqué qu'ils puissent se retrouver dans deux camps opposés dans le futur.

- Ne prononce pas son nom, siffla-t-il.

- Pourquoi avoir peur d'un nom Lucius ? Oh, c'est vrai. Parce que tu es lâche tout simplement !

Ignorait-elle le tabou sur ce nom se demanda-t-il furtivement.

- Et toi une bien bonne actrice, concéda-t-il avec un ricanement qui n'avait rien d'amusé. Tu as neutralisée l'alarme et les protections de la vitrine pour t'emparer du grimoire. Et après, que comptais-tu faire ? Me tuer ? Sa voix était plus désabusée qu'autre chose. Il était trop fatigué et endolori pour se battre maintenant.

- Je n'ai rien fait concernant la vitrine. Tu devrais vérifier les sorts de ton manoir visiblement, parce qu'il m'a suffi de l'ouvrir avec mes doigts et rien de plus. Ensuite pour ta gouverne, si j'avais voulu attenter ta vie, j'aurais eu de multiples occasions de le faire depuis deux mois.

La paupière droite de Lucius sauta nerveusement à plusieurs reprises. Il ne devait qu'à son self-control acquis depuis sa plus tendre enfance de ne pas laisser son visage se décomposer. Elle n'avait pas compris réalisa-t-il. Ou peut-être ne le voulait-elle pas...

Seuls les membres de la famille Malfoy pouvaient s'emparer aisément des ouvrages sans être blessés. Il fallait du sang Malfoy qui coure dans les veines pour ça...Et une seule explication était possible si elle disait vrai. Ce que Lucius envisageait sérieusement et ne réalisait pas encore tout à fait. Mais son état n'était rien comparé à celui d'Hermione lorsqu'elle le saurait à son tour s'il voyait juste.

- Toi et ta famille ne vous êtes pas gênés pourtant pour me torturer dans les cachots ici-même. Je te hais Lucius pour tout ça, je te hais vraiment. Mais une part de moi ne peut s'empêcher d'éprouver aussi des sentiments pour toi. Tu dois en jubiler n'est-ce pas ? D'autant plus que tu soutiens qu'il n'y a jamais rien eu entre Narcissa et toi, pourtant votre cher fils va naître dans quatre mois à peine, continua-t-elle plus furieuse que jamais. Autant contre Lucius que contre elle, parce qu'elle n'arrivait pas à accepter ses propres sentiments.

Le Serpentard de son côté ne devait qu'à son teint pâle de ne pas blanchir davantage. Il y avait bien trop de « coïncidences » à présent.

- Hermione...

- Ferme-là Lucius ! J'en ai assez de toutes ces balivernes à la noix ! Je ne suis qu'une sang-de-bourbe, alors qu'est-ce que tu attends pour me livrer à ton cher maître ? cracha-t-elle tandis que des larmes coulaient le long de ses joues à présent.

La jeune femme posa alors rageusement le livre sur son étalage avant de s'enfuir en courant. Lucius encore bien trop choqué n'essaya pas de l'attraper, mais il espéra malgré tout qu'elle ne parte pas du Manoir d'une façon ou d'une autre. Parce que si ses conclusions s'avéraient exactes, alors ils étaient tous deux liés à jamais.


à suivre... Oui, je prends grand plaisir à couper là :D