Bonjour les amis !

Voici mon traditionnel remerciement à tous les lecteurs, followers... Et mon immense merci à toutes les revieweuses. C'est Noël dans ma boîte mail quand je reçois une nouvelle review, donc encore une fois, merci et n'arrêtez pas !

Dans ce nouveau chapitre : Emma dévoile son passé, Regina commence à apprécier un peu plus cette petite famille envahissante, et Matt a une idée folle (très folle, oui ! Mais n'oublions pas que je dois suivre la trame du film A nous quatre !)

Voici le plus long chapitre jusqu'ici. J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture :-)


Chapitre 11 : Découvrir le passé

- Racontez-moi… lui avait demandé Regina, d'un ton doux.

Alors Emma entreprit le récit de sa vie mouvementée, entre abandons et adoptions à répétitions, petits faits de délinquance et premiers amours, de sa naissance à son incarcération. Elle lui raconta sa vie dans ses différentes familles d'accueil, les familles qu'elle avait aimées et les autres qui lui avaient fait du mal. Elle lui parla d'Ingrid, qui l'avait accueillie à l'âge de 15 ans, qui avait supporté son adolescence difficile avec amour et que, bien que n'étant pas sa mère biologique, elle considérait aujourd'hui comme sa seule et unique maman. Elle ne lui cacha rien. Elle ne savait expliquer pourquoi, mais lui parler lui faisait du bien. Regina n'était pourtant qu'une étrangère qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures, mais elle se sentait en confiance et, étrangement, ne se sentait pas jugée.

Regina buvait ses paroles et l'écoutait religieusement. Quand elle arriva à la naissance des jumeaux, des larmes commencèrent à pointer et Emma dut faire une pause dans son récit.

- Regina… J'aimerais que les garçons soient là. Ce serait la première fois que je leur en parlerais et j'aimerais partager ce moment avec eux. Allons les chercher, s'il-vous-plaît…

- Je comprends. Allons-y…, répondit Regina gentiment.

Emma se dirigea vers le salon et entendit un faible « Merci », dans son dos. Elle se retourna et vit Regina qui la fixait, d'un regard si profond qu'il scotcha la jeune blonde au sol.

- Merci, reprit-elle… pour ce que vous venez de me dire. Je crois que personne ne s'est jamais confié ainsi à moi. Je ne sais pas trop comment réagir. Je vois que votre vie a été une épreuve constante et je vous prie donc de m'excuser de vous avoir si vite jugée à votre arrivée.

Emma lui sourit sincèrement et elles retournèrent toutes les deux au salon. Aucune trace des garçons…

- Henry ? Matt ? cria Emma.

- Je crois avoir une petite idée de leur cachette, lui répondit Regina. Quand il était petit, Henry avait un cabanon dans le jardin. Il y passait le plus clair de son temps, à s'imaginer des histoires de chevaliers, de princes et de rois. Parfois je n'arrivais pas à l'en faire sortir pendant des heures ! Je pense qu'il a voulu le montrer à son frère.

Emma avait-elle rêvé ? Regina venait bien de dire « son frère » ? Ce simple mot suffit à faire sourire Emma. Ça y est, il semblerait qu'elle ait accepté un nouveau venu dans sa famille si fermée. Peut-être y aurait-il encore une petite place pour leur mère biologique, se prit-elle à espérer.

oOoOo

La douceur du soir d'été rendait l'atmosphère bien plus respirable que dans la journée. Emma apprécia l'air frais qui soufflait doucement sur son visage. Elle remarqua, trônant royalement au centre du jardin, un magnifique pommier.

- Quel bel arbre… Je suppose que vous devez aimer les pommes !

- On les adore, et j'aime les cuisiner aussi ! Vous savez, cet arbre est important pour moi, je l'ai planté le jour où j'ai recueilli Henry chez moi. J'avais besoin de quelque chose qui puisse symboliser sa naissance et sa venue dans ma vie, puisque je ne l'avais pas porté en moi. Et le symbole de l'arbre qui plante ses racines dans mon jardin était très fort pour moi.

- C'est magnifique… Emma ne savait pas si elle parlait de l'arbre ou de ce que venait de lui confier Regina. En cet instant, elle sut qu'Henry n'aurait pu avoir une meilleure mère que Regina. La splendeur de cet arbre, en plus de symboliser la mise au monde d'Henry, évoquait beaucoup plus : il représentait l'amour d'une mère pour son fils. Et Emma en fut bouleversée.

- Tenez, ils sont là ! Henry, Matthew, venez nous voir, je vous prie !

- Quoi ? Attends maman, je montre mon château à Matt !

- Je pense que c'est bon, là. Viens, s'il-te-plaît, Emma a quelque chose à vous dire.

Son ton ne laissait pas de place à la discussion. Elle n'était pas sèche, mais savait se faire obéir. Emma en fut un peu envieuse, elle dont le fils avait appris l'art de la négociation dès le plus jeune âge ! Regina se tourna alors vers elle et lui dit :

- Vous resterez pour dîner, n'est-ce pas ? C'était plus une affirmation qu'une question, et Emma n'avait vraiment pas le cœur de refuser.

- Si cela ne vous dérange pas, ce sera avec plaisir !

oOoOo

- Voilà, les enfants, je voulais vous parler de vous, et… du jour de votre naissance.

Emma n'avait jamais été aussi sérieuse. Matthew et Henry surent immédiatement qu'elle leur offrait le plus beau des cadeaux : le récit de leur venue au monde, et le partage d'un secret vieux de onze ans.

Assis tous les quatre dans les fauteuils du salon, Regina semblait mal à l'aise et ne savait pas où se mettre. Finalement, elle décida de se lever, prétextant que ses lasagnes devaient être sorties du four.

- Non, restez, Regina…

- Je dois aller éteindre le four et de toute façon, cette histoire ne me regarde pas. Elle vous concerne, vous et vos fils.

- Au contraire, Regina, cela vous regarde aussi. Je tiens à ce que vous entendiez mon histoire. Vous avez le droit de connaître le passé d'Henry… Restez… s'il-vous-plaît…

La jeune femme ne put résister très longtemps aux yeux suppliants, ces yeux d'un vert brillant. Où était passée la Regina Mills, fière et forte ? Pour la première fois de sa vie, elle rencontrait quelqu'un qui osait lui tenir tête, et surtout, quelqu'un à qui elle n'arrivait pas à dire non.

Après tout, grâce à ce récit, elle en apprendrait un peu plus sur son fils. En tant que mère d'Henry, elle se devait de connaître son passé et savoir d'où il venait. Oui, si elle acceptait, c'était pour lui, et jamais elle n'avouerait que ces beaux yeux plaintifs y étaient sans doute aussi pour quelque chose…

Troublée, elle se rassit dans le premier canapé venu, pensant s'assoir à côté de son fils. La surprise se lut aussitôt sur tous les visages. Emma, qui n'avait aucun mal à distinguer ses deux fils, ouvrit des yeux ronds. Regina se tenait à côté de Matthew et avait pris ses mains dans les siennes, comme s'il était Henry.

- Eh bien quoi ? Je suis là, vous pouvez commencer.

- Heu, oui j'y vais… Mais je suis touchée que vous appréciez Matt à ce point! plaisanta Emma

- Que voulez-vous dire ? J'en ai un peu assez de vos sarcasmes incessants, miss Swan…

- Eh bien c'est juste que vous serrez dans vos mains … celles de Matthew ! En fait, Henry est à côté de moi ! Je ne doute pas que ce soit volontaire de votre part de montrer votre affection à mon fils, mais je tenais à vous prévenir, quoi ! ria Emma de plus belle, sachant pertinemment que Regina n'aurait jamais osé toucher Matthew de la sorte.

Henry ajouta à la plaisanterie en s'adressant à sa mère :

- Eh bien, maman, tu ne reconnais même plus ton propre fils ? Merci bien ! Si c'est comme ça, je vais aller vivre chez Emma. Au moins, elle n'est pas une mère indigne, elle !

Regina, cramoisie, lâcha aussitôt les mains de Matthew et ne sembla qu'apprécier moyennement la plaisanterie. Elle reprit sur un ton sec, ne voulant pas se laisser décontenancer par le complot-Swan :

- Oui, eh bien, je, je … Je le savais. Bon, eh bien, allez-y, parlez, puisqu'on est là pour ça.

- Mamaaan, s'il-te-plaît, ne gâche pas tout, on plaisantait, reprit Henry d'une voix douce en s'asseyant à côté d'elle dans le grand canapé.

Regina, renfrognée, fit signe de la tête qu'elle abandonnait la partie. Elle s'enfonça dans le canapé, le visage fermé, et elle resta parmi eux, entourée des deux jumeaux.

oOoOo

Pendant de longues minutes, Emma raconta ainsi à ses fils et à Regina sa rencontre avec Neal, son arrestation, sa vie en prison, et …son accouchement. Matthew avait régulièrement entendu cette histoire, mais la redécouvrir aujourd'hui, avec la présence de son frère jumeau dans le récit, l'émut.

- Ce fut douloureux. Long et douloureux. Je ne savais pas que j'attendais des jumeaux, vous savez, ya pas d'échographie en prison… Alors quand le médecin m'a dit après la naissance du premier que c'était pas terminé, j'en croyais pas mes oreilles. Et finalement quand ils sont… enfin, je veux dire, quand vous êtes nés, dit-elle en admirant avec des étoiles dans les yeux ses deux fils l'un après l'autre, assis face à elle, chacun d'un côté de Regina, j'ai pris peur.

Déjà je ne pensais pas garder cet enfant, mais savoir que j'en avais deux m'a achevée. Je venais de rompre avec mon copain, j'étais enfermée pour un certain temps, je n'avais pas de métier, aucun avenir à la sortie de prison… J'ai pris la décision de vous abandonner tous les deux. Je me sentais une pauvre lâche. Mais j'étais en fait surtout terrorisée. Par le fait que je n'aurai rien à vous offrir, rien à vous apprendre… J'avais peur de faire de vous des ratés comme moi…

Sa voix se brisa à la fin de son récit, mais encouragée par les trois paires d'yeux face à elle, elle reprit :

- Alors je n'ai pas voulu vous porter, ni vous voir, ni même vous regarder et j'ai demandé au médecin de vous emmener. Et dès le lendemain, j'ai couru remplir les papiers d'adoption. Seulement, voilà… Un soir, j'ai voulu voir à quoi vous ressembliez. Oh, rien de plus, je me disais, juste voir quelle tête vous aviez. Je suis arrivée devant votre lit et là, Matthew, tu m'as regardée et tu m'as souri. Toutes mes certitudes ont volé en éclat. Je ne savais plus quoi faire. Je ne pouvais plus t'abandonner, mais je ne me sentais pas encore capable de t'élever. Et puis, je me sentais tellement mal de te garder, toi, et de laisser ton jumeau. Il m'a fallu les avis de tous les conseillers de la prison pour que je prenne la décision la moins horrible, te garder et abandonner ta moitié.

Je me suis toujours sentie coupable de cet abandon. Depuis ce jour, mon cœur était brisé en deux. Depuis que j'ai retrouvé Henry, je me sens à nouveau complète, comme si mon cœur avait retrouvé la moitié qu'il avait perdue il y a onze ans…

Personne n'osait briser le silence qui suivit le récit de la jeune femme. Même Regina semblait émue, même si elle ne le laissait pas paraître. Les garçons étaient en larmes. Tout le monde sentait le déchirement qu'Emma avait vécu en elle pendant cette décennie.

Emma observa sans rien dire les trois personnes face à elle. Elle se sentait infiniment mieux. Enfin, son secret qui la rongeait n'était plus un poids. Mais sa plénitude faisait concurrence à une certaine gêne. Elle n'avait pas l'habitude de se plaindre, ni même de se confier et elle avait pourtant l'impression d'avoir prononcé un récit tire-larmes.

Pendant quelques minutes encore, les garçons l'interrogèrent et elle répondit du mieux qu'elle put à toutes leurs interrogations. Regina restait étrangement muette. Sans doute ne voulait-elle pas s'immiscer dans leur histoire à tous les trois, mais ce n'était vraiment pas son genre de rester ainsi en retrait. Emma se demanda ce qui pouvait la mettre si mal à l'aise, mais jugea que ce n'était pas le moment de la braquer par des questions indiscrètes.

Le dîner se passa très bien, malgré l'arrière-goût de brûlé des lasagnes-maison de Regina ! Personne ne s'en offusqua et Emma les trouva même meilleures que toutes celles qu'elle avait pu manger dans sa vie. Les discussions avaient repris un ton plus léger et personne ne voyait passer l'heure.

Vers 23 heures, les Swan s'aperçurent de l'heure tardive et commencèrent à se préparer pour rentrer. A la grande surprise d'Emma, Regina accepta qu'Henry passe la journée du lendemain seul avec eux, pendant qu'elle travaillerait à la mairie.

Au moment de dire au revoir, Emma serra Henry dans ses bras, suivie par Matthew. Puis ils se dirigèrent vers le perron, suivis de près par Regina. Là, la jeune blonde s'adressa à Matthew :

- Remercie Madame Mills, Matt, et va m'attendre dans la voiture.

- Mais, pourquoi … ?

- Fais ce que je te dis, Matt.

- Au revoir, Madame Mills et merci pour le dîner, dit-il à Regina avec sincérité.

- Au revoir, Matthew, répondit Regina avec un sourire non-feint. Les deux mères le suivirent du regard jusqu'à ce qu'il se soit assis sur le siège passager.

Emma reprit la parole, sans oser regarder Regina dans les yeux :

- Pfiou, eh ben, merci pour cette agréable soirée. Surréaliste, mais agréable…

- Je vous en prie. Effectivement, c'était assez… surréaliste !

- Bon, ben, je vais y aller, je crois… Je …

- Je pense que ce serait la chose à faire, en effet…

- Bon, eh ben… encore une fois merci pour tout alors, vraiment. Pas uniquement le dîner, vous voyez…

- Je vois, miss Swan, conclua-t-elle avec un sourire en coin.

- Bon, alors, à plus tard…

Dans un geste détaché, Emma lui tendit la main. Plongeant ses yeux dans les siens, Regina serra la main et la tira à elle, entraînant Emma contre elle. Elles n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. Emma pouvait sentir son propre souffle se raccourcir. Après un temps qui lui parut éternellement long, Regina apposa deux chastes bises sur les joues d'Emma. Cette dernière remercia l'obscurité de ne pas trahir la vive coloration qui venait subitement d'empourprer son visage.

- A bientôt, Miss Swan…

Sans demander son reste, la jeune blonde fila vers sa voiture et démarra immédiatement vers l'hôtel.

oOoOo

- Tu voulais lui dire quelque chose ?

- De qui tu parles ?

- Ben, de Madame Mills, maman ! Tu lui as dit que tu voulais lui faire des bisous ?

- Matt ! rugit Emma. Je t'ai déjà dit que c'était un secret, ok ! On n'en parle plus ! Et puis de toute façon, non, je ne lui ai pas dit ça, je voulais juste la remercier pour le dîner.

- Et tu avais besoin d'être seule avec elle pour ça ? Hum hum, ok …

- ça veut dire quoi, ce « hum hum ok », jeune homme, hein ? Bon, allez, on est arrivés, cours vite mettre ton pyjama et au lit, et on reparlera de tout ça quand tu en auras l'âge, voyou !

Matthew voulait taquiner sa mère, mais ne souhaitait pas la braquer non plus, alors il arrêta de la chercher, et lui obéit. Il se réfugia dans la salle de bain, se rua sur son portable et tapa un sms :

* Slt Henry, c moi ! Ct cool, hein ?

** Absolument, vivement la prochaine fois !

* En fait, elle est sympa, ta mère !

** Pourquoi, tu en doutais ? ;-)

* Non, mais maman a commencé à le voir aussi, si tu vois ce que je veux dire… ;-)

** C'est bien si elles s'entendent bien… Pourtant ce n'était pas gagné, au début !

* Ah ouais, ok, donc t'as vraiment rien remarqué, quoi…

** ?

* Bon, je peux t'appeler, là ?

** Vas-y :-)

oOoOo

- Allô, Henry ?

- Oui, que veux-tu me dire ?

- Tu peux parler, là ? Ou ta mère est dans les parages ?

- Heu non, ça va, je suis seul dans ma chambre…

- Ok, bon je sais pas trop par quel bout le prendre, en fait…

- Tu me fais peur, tu sais ! plaisanta Henry pour essayer de se détendre. Il était maintenant très inquiet.

- Voilà, j'ai eu une super idée ! Tu aimerais qu'on reste ensemble pour toujours ?

- Oh oui, bien sûr que j'adorerais !

- Mais ma mère a ses attaches à Boston, elle a son boulot, sa mère adoptive, sans parler de mon école… Ce qu'il faudrait, c'est qu'elle ait des attaches aussi fortes ici, à Storybrooke ! Déjà, il y toi, ça fait déjà un bon poids dans la balance.

- Je ne vois pas du tout où tu veux en venir, Matt. Franchement, je ne comprends rien du tout !

- Eh bien, Henry voilà l'idée du siècle, dit-il d'un ton solennel. Il faut faire en sorte qu'elle ne veuille plus repartir, créer quelque chose de si fort qu'elle veuille rester ici. Et tout le monde sera heureux ! Toi, moi, et maman ! Et cette chose, je crois l'avoir trouvée avec… ta mère !

- Ma mère ? Matt, vraiment tu m'inquiètes. Il est tard, tu dois être fatigué et je crois que tu délires ! Si tu veux, on en parlera demain, d'accord ?

- Non, attends Henry, j'suis hyper sérieux. Voilà où je voulais en venir : il faut que notre mère crée des liens ici, à Storybrooke. Des liens comme …un couple, tu vois ? Et je crois que ta mère serait parfaite pour cela ! enchaîna Matt, survolté et excité comme un puce.

Devant l'absence de réponse de son frère, il continua :

- Ok, ça te fera peut-être un peu bizarre, mais je crois que nos mamans amoureuses seraient la plus belle chose qui pourrait nous arriver !

Toujours pas de réponse.

- Allô, Henry ? Tu es toujours là ?

- … Oui, oui… Je suis juste stupéfait… Matt, tu délires absolument, là. Je ne sais pas si tu es au courant, mais un couple doit être amoureux, et c'est loin d'être le cas de nos mères.

- Héhé… c'est là que tu te trompes, frérot ! Matthew souriait si fort qu'Henry pouvait l'entendre au téléphone.

- C'est-à-dire ? Tu crois vraiment que ma mère ressent quelque chose pour Emma ?

- Heu, non, ça, je crois pas. Mais en tous cas, elle m'a dit quelques petits trucs que tu devrais savoir…

Et pendant de longues minutes, Matthew raconta à son frère tout ce que lui avait dit leur mère à propos des bisous d'amoureux qu'elle aimerait faire à Regina. Bien sûr, il lui fit promettre de garder le secret, et de ne surtout rien dévoiler à Regina. Au début complètement abasourdi par la nouvelle, Henry réussit finalement à se faire convaincre que les regards qu'Emma avait lancés à sa mère ce soir-là n'avaient pas grand-chose d'anodin.

- Mais comment va-t-on faire pour que ma mère ressente ça aussi ? Je ne sais pas si tu sais, mais elle… hum… disons…

La gêne d'Henry était remarquable. Matthew l'aida, sans grand tact :

- Elle est pas gay, c'est ça ? Alors, là, tu ne connais pas ma mère… Quand elle veut quelqu'un, ya pas grand monde qui peut lui résister ! Bon, c'est vrai, il faudra sans doute les aider un peu, j'ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je vais y penser et on en reparle, ok ?

- Oui, mais je crois que tu mets la charrue avant les bœufs quand même, Matt !

- Je mets quoi ?... Sérieusement, tu me fais toujours rire avec tes expressions des années 50, toi ! Allez, bonne nuit et à demain alors !

- Oui, salut, à demain ! Et Henry raccrocha le téléphone, complètement circonspect. Il n'imaginait pas une seconde sa mère être en couple avec une autre femme, et encore moins Emma qui, il en était conscient, n'avait vraiment pas grand-chose de commun avec elle. Pourtant, il était plus que charmé par la proposition que venait de lui faire son frère. Il aimerait tellement qu'ils puissent enfin vivre ensemble, pour toujours … Et s'il fallait en passer par là pour pouvoir vivre avec eux tous les jours, il serait prêt à essayer cette folie.

Quelques instants plus tard, la porte de la chambre d'Henry s'entrebâilla et Regina apparut dans le chambranle.

- A qui parlais-tu à cette heure ? lui demanda-t-elle gentiment.

- C'était juste Matthew, il me souhaitait une bonne nuit, répondit-il en adoptant le ton le plus détaché possible.

- Ah très bien, c'est un bon garçon, ce Matthew. Bonne nuit donc, Henry…

- Maman, la coupa Henry.

- Heu… oui ? répondit-elle, en venant s'assoir sur le bord du lit.

- Ils sont gentils, n'est-ce pas ?

- He bien, oui, en effet. Je suis contente que tu les aies retrouvés.

- Maman, j'aimerais qu'ils restent à Storybrooke, lança-t-il subitement. Regina lui sourit doucement.

- Je comprends, mon chéri, mais tu sais que ce n'est pas possible. Ils vivent à Boston…

- Mais si c'était possible, tu aimerais qu'ils restent ?

- Que veux-tu dire ?

- Je ne sais pas, mais …tu aimerais… ?

- La question ne se pose pas, Henry. Bonne nuit, lui répondit-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

- … bonne nuit maman.

Regina déposa un baiser sur ses cheveux et sortit doucement.

Qu'avait-il voulu dire ? Pourquoi Henry imaginait-il que les Swan allaient rester à Storybrooke ? Se pouvait-il qu'Emma lui ait parlé d'un éventuel projet d'emménagement à Storybrooke ?

Regina avait fait des efforts, s'était montrée la plus aimable possible, et voilà comment elle était remerciée ? Ils allaient donc s'immiscer dans sa vie ? Cette miss Swan n'avait donc pas compris qu'elle ne lui prendrait jamais son fils ?

Elle secoua la tête pour chasser sa colère naissante. Tout en se préparant pour la nuit, elle repensa à cette soirée. Elle n'aimait l'admettre mais elle l'avait plutôt appréciée. Elle avait pensé la jeune Swan malpolie, rustre et sans-gêne, mais elle s'était révélée agréable et drôle, et elle avait plutôt bien réussi malgré son lourd passé. Et involontairement, elle repensa au récit de la vie de la jeune Swan. Etrangement, pour la première fois depuis des années, elle ressentit un sentiment rare : de la compréhension, voire une certaine empathie pour celle qui s'était démenée face à sa vie difficile… Quant au petit Matthew, il semblait plutôt bien élevé.

Alors pourquoi leur en voulait-elle ainsi ? Pourquoi était-elle si énervée à l'idée de leur simple présence à Storybrooke ? Elle mit du temps à s'endormir, les douleurs qu'elles pensaient enfouies à tout jamais lui tournant sans cesse dans la tête.

Mais après tout, elle n'avait aucune preuve qu'ils comptaient rester définitivement. Sans doute n'était-ce que le seul souhait d'Henry. Dans l'attente d'en parler à tête reposée avec Emma, elle décida d'essayer de conserver une relative paix entre elle et les Swan.


Petit jeu : avez-vous repéré la réplique inspirée d'un film (autre que A nous quatre) ? Je vous avais dit que j'aimais parsemer mes histoires de répliques de films que j'aime !

Peut-être avez-vous remarqué une petite "incohérence" par rapport à la série. Dans mon histoire, le pommier de Regina est dans son jardin, et non pas dans celui de la mairie. Je trouvais ça plus pratique pour mon histoire. J'espère que les puristes ne m'en voudront pas ;-)

Dans le prochain chapitre : une soirée entre copines, une autre entre "amoureux" et deux frères comploteurs ! A très bientôt :-)