- Qu'est-ce que tu vas faire pendant les vacances ? demanda Chûya à son petit ami alors qu'ils s'étaient allongés sous un arbre dans le parc.

Yukki soupira longuement.

- Je ne sais pas... Yume ne m'a pas encore pardonné et refuse toujours de me parler. Je doute qu'elle m'invite cette fois. Je la comprends, mais ça veut aussi dire que je vais être à la rue.

Le plus grand l'attira davantage contre lui et finit par dire d'une voix calme :

- Viens chez moi.

Au début, Yukki resta muet. La gentillesse de la proposition le touchait beaucoup, et il savait qu'en acceptant il ferait plaisir à Chûya.

- Entendu.

- C'est vrai ? s'écria son petit ami. Tu veux bien ?

- Evidemment ! Passer trois semaines rien qu'avec toi... Le rêve, murmura Yukki dont le visage arborait à présent une belle couleur pivoine.

- Bon sang, souffla le plus âgé. Tu ne peux pas savoir le bien que tu me fais !

Il se redressa le temps de s'installer à moitié au-dessus de son petit ami puis se pencha lentement. Après le baiser, il passa une main sur la joue de Yukki et lui dit, sans le quitter des yeux :

- Tenshiko, je t'aime.

Le cœur du plus petit fit un bond dans sa poitrine. C'était vraiment bon d'entendre enfin ces mots.

- Mais, objecta-t-il peu après, ça ne gênera pas tes parents que je sois sous leur toit ?

- Aucun risque, j'ai pris mon indépendance l'année dernière.

- Et ça ne te fait rien d'habiter seul ?

- Tu sais, je ne suis pas souvent à Tokyo. De toute façon, ils ont divorcé, et je ne vois ma mère que quelques semaines par an depuis qu'elle est retournée vivre à Los Angeles et qu'elle a refait sa vie. Je t'emmènerai là-bas l'été prochain.

Yukki sourit à nouveau. Partir à l'aventure de cette manière lui ferait découvrir autre chose. Et là encore, il serait avec son petit ami.

Evidemment, leur relation alimenta les potins de l'école pendant plusieurs semaines. Ils décidèrent de ne pas s'en préoccuper, mais quand Yukki fut pris à partie dans un couloir par un groupe de filles déchaînées et que la rumeur d'un philtre d'amour donné de force à Chûya s'établit, le capitaine décida d'intervenir et embrassa son petit ami devant tout le monde à la fin de leur dernier match. Yukki craignit au début que les retombées seraient négatives, mais rien ne se produisit et il soupçonna que les amis de Chûya n'y étaient pas étrangers. De toute façon, les examens de la semaine suivante méritaient plus d'attention qu'une bande d'hystériques. Qu'il soit plongé en permanence dans les révisions lorsqu'il n'était pas en cours inquiétait le capitaine, sans parler de la quantité de café qu'il ingurgitait pour rester éveillé le plus tard possible.

- Tu stresses pour rien, tenta Chûya alors qu'ils retournaient à la salle commune. Franchement, tu t'es regardé ? Les cernes te mangent le visage, et ça t'arrive de plus en plus souvent de t'endormir sur tes notes !

Yukki réfléchit autant qu'il en était capable et s'inclina finalement.

- Oui, j'en fais peut-être un peu trop...

- Oublie le "peut-être" ! Il faut que tu rattrapes tout le sommeil que tu as en retard ce week-end, sinon ça se passera en plein milieu d'un examen !

- C'est d'accord, soupira le plus petit. Tu n'auras qu'à venir dans ma chambre si tu as des doutes.

- ... Pourquoi pas.

Le fait d'être dans le flou concernant sa future carrière lui causait une source d'ennui supplémentaire, même s'il envisageait de plus en plus de consacrer tout son temps à la batterie. Afin de rassurer le professeur de métamorphose, il profita de quelques minutes un soir pour lui montrer où il en était après six mois de travail : une fourrure grise recouvrait sa peau, la couleur de ses yeux virait au jaune et les sens du loup remplaçaient les siens, ce qui n'était pas toujours très agréable. Il fut cependant content du sourire approbateur de l'enseignante.

A la fin de la première semaine, il s'accorda du temps pour souffler : le plus difficile était passé après tout. Potions le lundi, Créatures le mardi, Astronomie et le cours d'option sur les écoles étrangères le mercredi, et Histoire pour terminer. Heureusement qu'il connaissait ses notes par cœur... Seule la pratique de Potions l'angoissait un peu, mais grâce à un des amis de Chûya il avait bien progressé dans cette matière.

Dans les premiers temps, la liste affichant les ingrédients lui donna tout de même des sueurs froides.

Cranson officinal, livèche et achillée sternutatoire...

Il resta figé à regarder la feuille en se demandant de quoi il pouvait s'agir, jusqu'à ce qu'une fille passe à côté de lui et murmure "Philtre d'embrouille" . Il releva immédiatement la tête, adressa un sourire de remerciement à Misaki et se mit au travail.

L'aide inattendue lui permit de réussir assez bien l'examen, même s'il ne s'attendait pas à avoir la meilleure note : la couleur était trop pâle pour l'obtention d'un Optimal. Les joues de Misaki rosirent légèrement quand il la remercia à nouveau un peu plus tard alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre ses amies.

- C'était le moins que je puisse faire après ce que je t'ai infligé, marmonna-t-elle sans oser le regarder en face.

- Je ne t'en veux pas. On n'a qu'à dire qu'on est quitte.

Misaki parut hésiter un instant et dit d'une voix précipitée :

- Désolée pour ce que je vais faire.

- Quoi ?

Elle se mit sur la pointe des pieds, embrassa brièvement Yukki et partit en courant, tandis qu'il restait dans le couloir avec les yeux écarquillés.

OoOoOoOoO

- ENFIN !

Surpris que le garçon si calme d'ordinaire se mette à crier, les élèves environnants braquèrent tous leurs regards sur Yukki. Le petit blond les ignora et se précipita sur Chûya qui l'attendait.

- Alors, soulagé que ce soit fini ?

- Oui ! Et vivement qu'on parte à Tokyo ! Tu viens me donner un coup de main pour ranger mes affaires ?

- Si tu veux, sourit le capitaine ravi que son petit ami se montre si enthousiaste.

La veille du départ, ils choisirent d'ignorer le train afin d'être tranquilles et pouvoir partir de leur côté à l'heure qu'ils voulaient. Yukki se réveilla le matin suivant en sentant les yeux clairs de Chûya posés sur lui et il s'étira longuement, puis une main lui effleura le visage.

- Bien dormi ?

- Toujours quand tu es là.

- Euh... Je...

Voir le brun à court de mots était rare, et Yukki ne put s'empêcher de rire. Il embrassa Chûya pour se faire pardonner et, de plus en plus pressé à l'idée de quitter l'école pour quelques semaines, il se prépara sans perdre une minute.

Un peu plus tard, Chûya emmena Yukki à Tokyo par le biais du transplanage. Ils arrivèrent dans un appartement silencieux, où le plus jeune fut invité à faire comme s'il était chez lui. Il acquiesça en détaillant son environnement pour les semaines à venir : un bureau sur lequel trônait un ordinateur, des photos dans une vitrine, une collection impressionnante de CD et de DVD... Et le summum qui plut à Yukki : des consoles posées à côté d'un petit meuble rempli de jeux vidéos.

- Bienvenue dans mon repaire, souffla Chûya dans son dos.

Peu après, il se pencha pour embrasser légèrement la peau de son petit ami, laissée à nu grâce à son T-shirt sans manches.

- C'est vraiment bien ordonné, tu es doué pour le rangement.

- Il n'y a pas que ce domaine qui me réussit, répliqua Chûya dans le but de taquiner son petit blond.

Yukki se sentit rougir une nouvelle fois. Il fallait de toute urgence qu'il se comporte autrement qu'en vierge effarouchée !

Le plus grand se déplaça de façon à tenir son ange entre ses bras et lui sourit.

- Tu peux débarrasser ta valise et t'installer comme tu veux. N'hésite pas non plus à regarder un film qui t'intéresse. Pendant ce temps, je vais prendre une douche, puisque monsieur ne m'en a pas laissé le temps tout à l'heure.

Yukki resta un moment à contempler le côté des boîtes sans parvenir à lire un seul titre. Ses yeux partaient en permanence vers la droite, là où se situait la salle de bain.

Il abandonna finalement les films et se dirigea progressivement vers la porte restée entrouverte. Un tremblement le parcourut alors qu'il réfléchissait une dernière fois aux conséquences de son acte... Puis il repoussa le battant et entra dans la pièce.

Son attention se porta immédiatement sur la silhouette qu'il devinait de l'autre côté du rideau. Peu après, la voix du capitaine chantonnant lui tira un sourire. Yukki inspira profondément et se décida enfin. Il en avait de plus en plus envie... Rien que pouvoir se rendre compte de ce que ça faisait de sentir le corps musclé de son petit ami contre le sien, si frêle en comparaison...

L'un après l'autre, ses vêtements rejoignirent ceux de Chûya déjà au sol. Il s'approcha ensuite de la cabine et tira le rideau en silence. Assourdi par le bruit de l'eau, Chûya ne s'aperçut de la présence de son petit ami que lorsque les bras de ce dernier entourèrent sa taille.

- Si je m'attendais à ça, sourit-il en pivotant vers l'intrus.

Comme Yukki ne parvenait pas à le regarder dans les yeux, il posa une main sous son menton et lui releva délicatement la tête.

- Ça alors, Tenshiko... C'est gentil de me tenir compagnie.

- Sache que c'est aussi agréable pour moi.

Sans détourner son attention du plus jeune, Chûya s'empara du gel douche posé sur la tablette à côté de lui. Il entreprit ensuite de laver son petit ami tout en guettant ses réactions : si Yukki devenait réticent à ses caresses de plus en plus hardies, il arrêterait aussitôt. Et puis, il existait certains endroits qu'il n'explorerait pas pour le moment.

De son côté, Yukki était gagné par un bien-être croissant à chaque seconde. Pour la première fois, il se sentit totalement en paix avec lui-même. Le respect de Chûya envers lui le ravissait. Jamais le plus âgé ne lui parlait de l'acte, ni ne le pressait. Yukki était extrêmement reconnaissant de la patience dont le grand brun faisait preuve envers lui. Même s'il distinguait parfois un désir contenu dans les prunelles de son petit ami, ce dernier ne lui en avait pas encore fait officiellement part.

Mais pendant les jours qui venaient de passer, Yukki s'était plusieurs fois posé la question. Etait-il prêt ?

Pas encore.

Il le voulait, bien sûr... Sauf que la peur de mal faire et de ne pas être à la hauteur le paralysait. Si Chûya riait de lui - chose improbable mais pas impossible- le petit blond aurait très mal, et sa dose de confiance en lui frôlerait à nouveau le zéro. Alors pour l'instant, il préférait se taire et attendre que l'autre lui montre comment les choses se déroulaient. Ils avaient le temps après tout... Yukki était toutefois certain d'une chose: avant la fin des vacances, il se serait donné à son petit ami. Il devait d'abord apprendre à connaître le corps du capitaine... Et là, sous la douche, alors que l'eau chaude coulait autour d'eux et faisait encore monter la température, la "leçon" débuta.

Yukki apprit rapidement que Chûya n'aimait pas trop rester inactif. Dès le lendemain de son arrivée, il suivit son petit ami bien décidé à lui faire découvrir les endroits de la ville qu'il appréciait, à commencer par ce qu'il considérait comme la caverne d'Ali Baba au niveau musical : le Tower Records à Shibuya.

Le bâtiment de sept étages l'impressionna par sa taille, et lorsqu'il se retrouva à l'intérieur, il fut pris d'une brusque envie d'explorer chaque recoin. Ravi par son expression émerveillée, Chûya lui proposa de choisir quelques CD qui lui plaisaient particulièrement. Le sourire de Yukki s'élargit et il se précipita vers les rayons consacrés au hard-rock international.

- Alors, tu as trouvé ton bonheur ? demanda son petit ami, quand il revint un peu plus tard avec les yeux brillants.

- Oui ! J'ai eu du mal à me décider pour certains, mais je ne voulais pas te faire dépenser trop d'argent.

Chûya comprit que Yukki était gêné par le fait d'être sans ressources et n'insista pas. Ce dernier semblait largement satisfait par ses achats, et de toute façon le capitaine aurait d'autres occasions d'offrir à son ange des moyens de divertissement. Disneyland où ils passèrent toute la journée dans les attractions à sensations fortes, le musée rassemblant une bonne quantité d'instruments dont certains que Yukki put utiliser, deux aquariums réputés de la ville... Le petit blond demanda finalement à aller au parc à côté du Tokyo Dome, ce que Chûya accepta aussitôt.

- J'en peux plus, souffla Yukki quand ils furent rentrés le soir suivant. C'est possible qu'on reste ici demain ?

- D'accord pour la grasse matinée, mais l'après-midi je vais t'emmener à un endroit qui te plaira sûrement.

Intrigué par la proposition, Yukki hocha la tête. Il eut beau questionner Chûya et même plus, l'aîné ne céda pas, et il finit par abandonner.

- Akihabara ? Qu'est-ce qu'on vient faire ici ? Je ne suis pas fan de mangas !

- On va rendre visite à monsieur Patate.

- Monsieur... Attends, c'est une blague ?

- Pas du tout.

- Génial ! Tu es vraiment un petit ami en or !

Chûya lui sourit alors qu'il devait se retenir pour ne pas l'embrasser ou lui tenir la main. Le magasin de jeux vidéos rétro... Depuis le temps qu'il rêvait d'y aller !

Quelques minutes plus tard, il faillit courir vers une vitrine abritant des consoles dont la production avait cessé quand il était petit.

- A ton avis, Nintendo 64 ou Sega Saturn ?

- Et pourquoi pas les deux ?

- ... Je... Je ne veux pas. Tu as déjà fait beaucoup pour moi... Et depuis le début des vacances, je te coûte une fortune.

Un peu déçu, Chûya soupira.

- Bon, fais comme tu le sens. Si tu n'aimes pas trop Mario, prends la Saturn.

A défaut de deux consoles, Yukki se rabattit sur les cartouches de ses jeux favoris : Resident Evil, Tomb Raider, Duke Nukem... Chûya qui avait retrouvé le sourire le regarda jouer toute la soirée, en affichant une mine amusée à chaque fois que le petit blond s'énervait après être tombé dans un piège.

Même s'ils étaient trop jeunes pour boire de l'alcool, cela ne les empêcha pas d'aller un soir dans un bar de Shinjuku, "spécial" selon les dires du brun. Yukki comprit pourquoi dès qu'il eut passé la porte : la clientèle était principalement composée d'hommes dont la plupart, dans un état d'ébriété avancé, adoptaient un comportement plutôt expansif. Mal à l'aise, il tira sur la manche de son petit ami.

- On peut s'installer dans un coin tranquille ?

- Pas de souci, viens.

A mesure que le temps passait, Yukki commença à se détendre. De son côté, Chûya de plus en plus excité par ce qu'il voyait déposa des baisers sur le visage de son voisin, en prenant soin d'éviter sa bouche. Sa main se faufila ensuite sous le T-shirt du petit blond pour lui caresser le ventre, et Yukki ferma les yeux.

- Encore, exigea-t-il alors que le rouge lui montait aux joues.

Les doigts du capitaine refirent surface et descendirent vers l'entrejambe de Yukki afin de débuter un massage lent à travers son pantalon.

- Tu aimes, Tenshiko ? souffla une voix à son oreille.

- ... Oui, articula-t-il pendant que des frissons remontaient le long de son dos.

Bientôt, la langue de Chûya se mêla amoureusement à la sienne pour qu'ils partagent un long baiser. Ajouté à cela les attouchements qui se poursuivaient, et Yukki sentit qu'il perdait le contrôle.

- Rentrons à la maison, on y sera mieux.

Ils restèrent main dans la main jusqu'à l'appartement du plus âgé, à l'exception du moment où ils se trouvaient dans le métro. Les baisers fusèrent à peine la porte refermée : victime d'une envie qu'il ne pouvait réprimer, Chûya plaqua son petit ami contre le mur tandis que ses lèvres parcouraient le cou du blond qui soupirait sans retenue.

- Chûya, murmura-t-il finalement. J'ai vraiment très envie qu'on fasse l'amour.

L'aîné s'arrêta aussitôt et le fixa d'un air surpris.

- Tu es bien sûr de toi ?

- Oui, affirma Yukki. Je suis prêt.

Il se laissa entraîner vers la chambre, où Chûya lui enleva son T-shirt avant de se débarrasser du sien. Yukki s'allongea ensuite sur le dos et attendit de voir ce qui allait se passer, sans pouvoir s'empêcher de penser à un certain rêve. Rapidement, les lèvres du brun découvrirent une nouvelle fois sa peau nue, le faisant frissonner, et il gémit quand Chûya s'attarda sur ses tétons. Son petit ami s'y prenait bien, il savait où le toucher pour lui donner un maximum de plaisir... Pas de doute, cela serait bien meilleur que pendant la "nuit" des vacances de Noël.

Les gestes de Chûya devinrent progressivement plus précis, alors qu'il continuait à descendre vers l'entrejambe de son invité. Il ouvrit le vêtement, pas assez vite au goût de Yukki, et le tira vers lui. Le plus jeune en sourit et leva immédiatement les hanches pour l'aider, mais se retrouver directement nu - Chûya l'ayant également débarrassé de son boxer- le frustra et fit monter son impatience.

- Déshabille-toi aussi !

- Pas encore, mon ange... On a tout notre temps.

Il referma sa main sur le sexe de Yukki et entama des mouvements jugés trop calmes par son petit ami. Une œillade complice, et il se pencha entre les cuisses du blond.

Sur le coup, Yukki ne sut pas comment réagir. Non, ce n'était pas comme dans son rêve... Ça se passait beaucoup mieux ! Chûya avait forcément fréquenté un garçon auparavant pour se débrouiller aussi bien. Yukki éprouva une pointe de jalousie, rapidement dissipée quand le capitaine lui arracha un premier cri en sollicitant l'extrémité sensible de sa virilité.

Juste avant que la préparation commence, Yukki intervint et déclara timidement qu'il voulait agir un peu lui aussi. Curieux de voir ce que le préfet avait en tête, Chûya s'écarta... et fut stupéfait au moment où Yukki s'installa à quatre pattes au-dessus de lui et prit son membre en bouche. Ça, c'était de l'initiative ! Il ne se serait jamais douté que son petit blond se comporte de cette manière dès leur première fois. Afin de le récompenser, il s'appuya sur ses coudes et lécha à nouveau l'entrejambe du plus jeune. La chaleur monta de plusieurs degrés, et finalement les deux garçons retrouvèrent la position qu'ils occupaient au départ.

Malgré le lubrifiant utilisé en supplément, Yukki serra les dents et les larmes lui piquèrent les yeux quand le jeune homme entra en lui. Voilà ce qui différait de son rêve : il ne se souvenait pas que la pénétration était douloureuse à ce point.

Conscient de s'être montré un peu brutal, Chûya s'excusa de son trop-plein d'enthousiasme et embrassa tendrement son petit ami. Quelques instants pour que Yukki s'habitue à l'intrusion, et les va-et-vient, doux au possible, débutèrent enfin.

La sueur recouvrit progressivement le corps maigre de Yukki qui n'en finissait plus de gémir. Chûya inversa d'un seul coup leurs positions, ce qui fit qu'il se retrouva à chevaucher le capitaine. Il bougea presque aussitôt alors que son petit ami le tenait par les hanches, jusqu'à l'instant où il sentit l'index du brun caresser son dos humide et le parcourir tout du long. Un violent frisson partit de ses reins, puis Chûya reprit le contrôle et lui releva un peu les jambes. Yukki réalisa que l'orgasme ne tarderait plus. A présent, les baisers se succédaient quasiment sans pause, il criait à chaque fois que Chûya atteignait son endroit sensible... Et la jouissance le submergea, tandis que son petit ami se répandait en lui et s'étendait ensuite à ses côtés.

- Je t'aime, articula-t-il, péniblement à cause de sa respiration saccadée.

Chûya l'attira étroitement contre lui et embrassa son front en guise de réponse. Yukki sentit ses paupières devenir de plus en plus lourdes - normal à quatre heures du matin- et il s'endormit peu après entre les bras de son aîné.