Se détachant de l'étreinte de Frodon, Lily avisa l'enveloppe que ce dernier tenait toujours serrée dans sa main :
« Qu'est ce que c'est ? »
Le hobbit tendit l'enveloppe à la jeune fille :
« Tiens, ouvre et tu verras. »
Lily brisa le cachet et fit glisser dans sa main l'anneau. Mais dès qu'elle fut en contact avec l'objet, elle eut une sensation désagréable et impossible à définir, comme si l'anneau la brûlait et la frigorifiait tout à la fois. Mal à l'aise, elle mit l'objet dans la main de Frodon et referma ses doigts sur l'anneau.
« Garde-le, ce truc ne me plait pas du tout ! »
« Ah, oui ? »
« Mais peut-être est-ce du au fait qu'il représente un frein à mon bonheur. Qu'a-t-il d'extraordinaire, pour régenter ainsi ta vie ? Ce n'est pourtant qu'un bijou très banal. Il ressemble un peu à une alliance, mais….bien trop grande pour moi. »
Saisissant l'amertume de cette dernière réplique, Frodon adressa à Lily un sourire navré :
« Ma chérie, je te promets que dès que possible, tu en auras une à ta taille ; dès que possible…Mais j'ignore quand. Cela ne dépend pas de moi. »
« Mais quand même, si Bilbon n'avait pas eu l'idée d'aller batifoler avec tous ces gens bizarres, nous n'en serions pas là ! »
Frodon vint enlacer tendrement Lily et lui caressant la joue du revers de la main :
« Oh, mon amour, je suis tellement désolé ! »
Après s'être complaisamment abandonnée quelques minutes dans les bras de Frodon, Lily repris finalement ses airs de gaieté habituels.
« Bien, tout cela ne me dit pas ce que tu as prévu pour mon anniversaire ! Tu as dit tout à l'heure que tu avais une idée ! Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd ! »
Rassuré par le ton joyeux de Lily, Frodon remis l'anneau dans son enveloppe et elle-même dans son coffre, comme pour signifier que le débat sur cet encombrant objet était clos. Puis il reprit sur un ton malicieux :
« Et bien…Je ne peux accepter le cadeau que tu voulais m'offrir…Mais je ne suis pas contre un petit avant-goût… »
Lily adressa au hobbit un regard perplexe :
« Comment ça ? »
« Hum…Et bien pour commencer, tu pourrais rester dîner ici. »
« Et manger ton infâme cuisine ? Je t'aime plus que ma vie, Frodon, mais je n'ai pas envie d'être malade le jour de mon anniversaire, tout de même ! »
« Oh, mais je te trouve bien insolente, Mademoiselle ! S'insurgea Frodon, faussement contrarié. Bon, je suis conscient d'être un piètre cuisinier, mais tu peux peut-être t'en charger ? Et après… tu pourrais rester dormir ici… ça te plairait ? »
En guise de réponse, Lily adressa à Frodon un regard provoquant et moqueur et dit :
« Ah, mais je croyais que tu voulais rester chaste. »
« Oui, mais pas de marbre quand même ; je ne voudrais pas que tu penses encore que je t'aime comme ma sœur…ajouta Frodon avant d'embrasser Lily dans le cou. »
« Hum…. C'est assez tentant… Mais il faut que je demande à l'ancien… Et éviter à Sam d'imaginer n'importe quoi. »
« Bien, je vais demander à l'ancien de me prêter sa fille, alors. »
« Et aussi… Je n'ai pas envie de passer ma soirée en trio avec Gandalf. Ses histoires d'anneaux magiques m'énervent, et je risquerai d'être impolie. Mon père en serait très triste. »
« Aucun risque, Gandalf ne sera pas là avant demain matin. Allons trouver l'ancien. »
Le vieux Gamegie bougonna un peu pour la forme et pour faire enrager Lily, mais accepta finalement de bon cœur, ajoutant pour Frodon qu'il ne fallait manquer aucune occasion de faire un bon repas ; Quand à Sam, il fit montre d'une extrême docilité, ce qui rassura Frodon et plongea Lily dans la plus grande perplexité.
« Rosie a du saouler mon frère, ce n'est pas possible autrement, dit-elle comme ils remontaient à Cul de Sac »
« Mais non, mon trésor, Sam est moins borné et inquiet qu'il n'y parait : et puis, il a confiance en sa petite sœur. C'est un garçon vraiment très surprenant. »
« C'est vrai ; mais ne parlons pas de lui pour le moment. »
Puis Lily partit s'affairer dans la cuisine et au bout d'une heure de temps, Frodon put se régaler comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps. Après diner, les deux hobbits passèrent dans le bureau ou, pendant plusieurs heures, Frodon apprit à Lily quelques rudiments d'elfique, comme il avait pris l'habitude de les faire depuis quelques années. Enfin vint le moment d'aller se coucher. Lily éprouva face à la situation un curieux sentiment d'appréhension et d'impatience mélangées et se prit à se sentir soulagée que Frodon eut décliné son offre…pour le moment. Mais nul doute que les intentions du hobbit n'étaient pas totalement chastes. En effet, Cul de Sac se trouvant juste à côté de la maison des Gamegie, aucun argument pratique ne justifiait la présence de Lily dans les lieux.
Comme s'il lisait dans les pensées de la jeune fille, Frodon dit gentiment :
« Tu sais, ma chérie, si tu veux, je peux t'installer ailleurs que dans ma chambre, la maison est assez grande. Mais, j'aimerais beaucoup que tu restes avec moi…Je te promets de ne pas abuser de la situation. »
« Je sais Frodon, mais..Je crois que j'ai oublié ma chemise de nuit à la maison ; et il est trop tard maintenant pour y retourner, je vais réveiller tout le monde ! dit Lily, un peu gênée. »
« Tu n'en as pas besoin, répliqua Frodon avec un regard rieur. »
« QUOI ? »
« Je voulais dire… Je peux te passer une chemise à moi. Elle sera peut-être un peu grande, mais ça fera l'affaire. Et puis qu'importe le flacon…. »
« Oh, Frodon ! »
« Voyons, Lily, je te taquine ! Je ne tiens pas à recevoir les cisailles de Sam en plein cœur ! Même si…. »
« Si quoi ?... »
« Même si…Tu es très belle et que la tentation est grande, je l'avoue. »
Cette fois, Frodon ne riait plus, mais Lily avait peu que peu réussi à calmer ses craintes. Elle suivi Frodon dans sa chambre et, après lui avoir fourni une chemise bleue assez ample, le hobbit alla attendre dans le salon, et alluma sa pipe afin de calmer ses sens malgré tout mis à l'épreuve par la présence de la jeune fille. Au bout de plusieurs longues minutes, Lily vint finalement chercher le hobbit.
« Hé bien, finalement, cette chemise te vas beaucoup mieux qu'à moi ! s'exclama Frodon. »
« Tu te moques de moi, ce n'est pas gentil ! »
« Je t'assures que je ne me moques pas du tout, et en plus, je peux voir ainsi que tu as de très jolies jambes, ce qui ne manques pas d'intérêt ! »
« C'est vrai ? Fit Lily, flattée. »
« Oh, que oui ! Maintenant, si elle est d'accord, je vais porter ma jolie princesse jusqu'à son lit. »
Puis Frodon souleva délicatement Lily dans ses bras, la porta jusqu'à sa chambre et la déposa doucement dans le lit. Puis le hobbit retira sa chemise et son pantalon et se glissa prestement au côté de Lily vêtu de son seul caleçon.
« Ça va, ma princesse, toujours pas peur que le loup ne te dévore ? Demanda Frodon dans un irrésistible sourire »
« Oh, non, plus du tout. »
Puis, comme pour confirmer ses dires, la jeune fille enroula ses bras autour du cou de Frodon qui répondit à son étreinte en couvrant son visage de petits baisers. Une bonne partie de la nuit se passa dans l'échange de caresses mutuelles, chastes et tendres. Bien que luttant contre son propre désir, Frodon parvint ainsi à maintenir la ligne de conduite qu'il s'était fixé ; il ne le savait pas encore, mais il s'agissait d'un présage encourageant quand aux événements qu'il aurait à affronter par la suite.
