Bonsoir, je publie ce chapitre après une longue absence pour la simple et bonne raison que mon ordi m'a lâché.

Pour ceux qui seraient encore là merci de prendre le temps de lire ma petite histoire :) n'hésitez pas à me laisser votre avis ça me ferait extrêmement plaisir.

Et comme toujours un immense merci à Lessawatberg pour ses corrections et toute l'aide qu'elle m'apporte :) d'ailleurs je ne peux que vous conseillez sa fic : Noir sera l'espoir, que je me régale de lire.

Sur ce bonne lecture ( j'espère ).


Hello à tous, c'est lessawatberg, humble bêta. Un quiproquo dans les versions d'origine et corrigée s'est opéré. Voici donc la version corrigée. Pardon pour cela ! Enjoy à tous et bonne lecture


Chapitre 11

Harry avait réussi à esquiver son parrain pour le reste de la soirée. Il avait fait semblant de dormir quand il était entré le chercher pour le dîner.

Sirius n'avait pas insisté. Peut-être s'était -il dit qu'après toutes les émotions de la journée son filleul méritait bien de dormir un peu.

Harry l'avait quand même entendu revenir, un quart d'heure après être passé, pour poser sur le buffet quelque chose qui devait être de la nourriture, il reconnut à l'oreille le cliquetis des couverts.

Puis finalement il glissa dans le sommeil.

Il rêva d'une descente dans la cave, il rêva que l'abominable femme était sortie de son tableau et qu'elle rampait dans l'humidité du sous-sol.

Elle voulait l'attraper.

Soudain le jeune homme vit avec horreur qu'elle avait trouvé son poignet. Elle l'avait saisi et le serrait si fort qu'il sentait ses mains pareilles à des serres s'enfoncer dans sa peau.

-"Bâtard de sang-de-bourbe." dit-elle et sa voix était odieuse, grave (beaucoup plus que celle de n'importe quel homme) traînante et désincarnée comme si elle provenait d'une très vieille radio.

-"Tu aimes les gâteaux ?"

Un liquide noir et gluant sortait de sa bouche.

"Pitié, faites qu'elle me lâche, elle va me casser le bras." pensa Harry avec effroi.

Il regarda la femme. Ses yeux n'étaient plus que deux trous béants qui cherchaient à l'avaler.

Tout son visage était fixé dans un rictus terrifiant. Elle ouvrit à nouveau la bouche pour hurler mais ne put que vomir plus de cette horrible substance noire.

-"Ce sera notre secret." articula-t-elle finalement dans un sourire.

Et Harry se réveilla en étouffant un hurlement. Il plaqua immédiatement ses deux mains sur sa bouche.

Son poignet foulé le rappela violemment à l'ordre.

"Aïe" gémit-il en reposant son bras.

Son cœur battait à tout rompre sa respiration saccadée résonnant dans la quiétude de la nuit.

Il se sentait couvert d'une sueur glacée.

« Ça va aller. » se répétait-il

Il ramena vers lui ses genoux et les entoura de son bras valide pour pouvoir y enfouir sa tête. Il se berçait doucement en tremblant.

« Ça va aller. »

Sirius déjeunait à nouveau dans le jardin, ça commençait à devenir une habitude. Aujourd'hui il avait attaché ses cheveux et sortit une paire de lunettes de soleil.

Harry s'assit à côté de lui, la mine basse.

L'assiette que son parrain avait mise à disposition pour lui sur la table était gargantuesque. Apparemment il comptait lui faire rattraper son dîner raté.

-"Tu as bien dormi ?" se risqua Sirius avec un coup d'œil rapide à son filleul.

-"Non." répondit simplement Harry, et avant que son parrain lui pose la question :

-"J'ai fait un cauchemar, c'était stupide, je ne veux pas en parler." énuméra-t-il avec mauvaise humeur.

-"ok." dit Sirius après un instant.

Son parrain continua à lire son journal comme si de rien n'était, mais Harry savait qu'il l'avait un peu blessé.

Il laissa ses pieds effleurer paresseusement la pelouse que le soleil éclatant avait commencé à réchauffer.

-"Je suis désolé Sirius. Je suis de mauvaise humeur parce que j'ai mal dormi."

Et que son poignet l'élançait horriblement.

Il aurait aimé le mettre dans de la glace. Ce matin il avait essayé de faire couler de l'eau froide dessus mais le contact de l'eau avec sa peau meurtrie lui avait été affreusement douloureux.

Sirius releva la tête de son journal. Harry ne put pas lire son regard dissimulé derrière ses verres teintés.

Néanmoins son sourire était tendre quand il parla :

« Ce n'est pas grave. »

Le jeune homme se força à lui sourire en retour. Un moustique vola près de son oreille tandis qu'il attaquait son déjeuner.

Faire semblant que manger à une main était parfaitement normal ne fut pas facile.

Il lui était impossible de couper ses œufs ou son bacon, et peu à peu pour Sirius, le fait que quelque chose clochait devint évident.

Il sentait que son parrain le scrutait. Après cinq minutes, il posa son journal et le regardait clairement :

-"Pourquoi tu ne te sers pas de ton autre main ?"

Harry ne répondit pas sentant l'angoisse s'insinuer insidieusement en lui.

-"Harry ?" insista doucement Sirius.

-"Je n'ai plus faim." dit le jeune homme en se levant brusquement.

Il quitta la table à grande enjambée.

-"Qu'est-ce ce que ? Quoi ?! Harry, reviens !"

Il courut pour rattraper son filleul.

Il arriva à rattraper son bras dans le salon :

-"Harry qu'est-ce que ?"

-"AÏE !"

Sirius lâcha le jeune homme comme s'il s'était brûlé.

Il regarda le poignet déformé de son filleul, interdit :

-"Qu'est-il arrivé à ton bras ?"

Un silence tomba.

Harry ramena vers lui son poignet blessé.

Sirius était horrifié, il fixait le bras du garçon avec une horreur non contenue.

-"Je…Il est foulé… Je crois " répondit l'adolescent en tentant de dissimuler sa blessure.

Il y avait de la crainte dans sa voix.

-"Tu crois ?! Par Merlin Harry !"

Il avait élevé le ton, pas par colère, mais par ce que l'inquiétude vous fait parfois déraper. À un tout autre moment il se serait souvenu de faire attention à ne pas élever la voix sur Harry. Et dans d'autres circonstances il ne l'aurait pas fait tout simplement.

Le sorcier fixa le visage blême de son filleul.

-"Mais quand est-ce que c'est arrivé ?! "

Le garçon ouvrait et fermait la bouche plusieurs fois d'affilée façon poisson échoué sur le pont d'un navire. Mais aucun mot n'en sortit.

Son parrain était en colère. Pour la première fois il était en colère.

Bien sûr c'est ce que déduisit l'esprit apeuré de l'adolescent. En réalité Sirius était fou d'inquiétude.

-"Harry réponds-moi !"

-"Je… Hier."

Le sorcier s'était approché et avait saisi le poignet de Harry le plus délicatement possible. Une foulure, ou une entorse sûrement.

Il releva vers lui un visage livide :

-"Hier ? Mais tu attendais quoi pour me le dire ?!" À nouveau il criait sans remarquer que son filleul commençait à haleter sous l'angoisse.

-"Mais qu'est ce qui t'est passé par la tête ?!"

Quand Sirius se redressa, Harry était sûr qu'il allait le frapper. Il bondit en arrière se protégeant instinctivement, un instinct solidement ancré depuis l'enfance.

Malheureusement pour lui il avait bougé dans le moindre égard pour sa blessure et il sentit une violente douleur déchirer son bras.

Il glapit de douleur sursautant en arrière.

-"Harry, attention !"

Trop tard le garçon glissa et heurta la pendule dans un bruit sourd.

Il hurla de douleur.

La pendule vacilla, Sirius sentit son sang se glacer, si elle tombait, elle écraserait Harry.

Jamais il n'aurait pensé retrouver cette sensation depuis Azkaban.

Ce froid malsain qui s'insinue jusque dans vos os pour vous pétrifier.

Si elle décidait de s'effondrer, Sirius ne pourrait pas bouger assez vite pour la retenir.

Mais la pendule ne tomba pas. Il ne savait par quel miracle mais elle ne tomba pas. Après avoir tangué deux, trois fois elle reprit sa place, sage et ordonnée comme un élève dans son rang à l'appel du professeur d'école.

Le garçon s'était roulé en boule tenant contre lui son poignet blessé.

Il s'était pris la pendule de plein fouet.

Ça avait fait un bruit horrible. Le bruit de quelqu'un qui marche sur un tas de petit bois mort. Et le sorcier fut certain que si avant, le poignet de son filleul n'était pas cassé, maintenant il l'était.

Sirius ne savait plus quoi faire.

Quand il commença à avancer, le garçon le sentit. Il s'était collé contre le mur, son bras abîmé plaqué inutilement contre son torse tandis qu'il gémissait, les yeux agrandis de terreur.

-"S'il vous plaît ..." sa voix n'était qu'un murmure mais il était si chargé de douleur et de peur que Sirius en frémit, son filleul n'était plus avec lui.

-"Harry tout va bien."

Il s'était baissé et avançait maintenant le plus doucement possible.

-"Harry, n'aie pas peur, c'est moi c'est Sirius, tout va bien. Je suis désolé d'avoir crié."

Le regard du garçon s'éclaira.

Mais il ne se détendit pas.

-"Chuttt."

Sirius réussit à s'approcher assez pour toucher le garçon. Celui-ci battait inutilement des jambes sur le plancher cherchant à s'éloigner.

-"Ça va, n'aie pas peur."

Finalement il réussit à attraper le garçon contre lui et le maintint fermement pour éviter qu'il ne se blesse davantage.

Celui-ci continua à se débattre.

Il déposa un baiser désespéré dans la chevelure de son filleul.

-"Pitié." dit juste son filleul d'une voix morte.

Quand il sentit le corps de son filleul se ramollir, il pût prendre son visage entre ses mains :

-"Harry, c'est Sirius tu me reconnais ?"

Harry mit quelques instants mais oui il reconnut son parrain.

-"J'ai mal." dit-il après quelques instants.

-"Je sais."

Il serra à nouveau son filleul contre lui, plaquant d'une main sa tête contre son torse.

-"Harry tu es avec moi ?"

-"Oui." répondit faiblement le garçon.

-"Ok, c'est super. Je vais crier pour appeler Kreattur d'accord ? N'aie pas peur."

Il n'était plus capable de lâcher son filleul.

-"Oui." acquiesça Harry, c'était de plus en plus dur pour lui de parler. La douleur avait commencé à marteler sa tête en plus de son bras. Et il se sentait partir.

-"KREATTUR !" hurla le sorcier, Harry tressaillit.

Un POP sonore se fit entendre.

L'elfe regarda la scène qui se déroulait devant lui, nullement affecté.

-"Oui ?"

Il regarda le couple au sol avec dégoût.

-"Va chercher Severus Rogue, dis-lui de prendre des potions, et dépêche-toi !"

Il avait grondé la dernière phrase d'une voix menaçante.

POP.

Ils n'avaient plus qu'à attendre.

Pour Sirius il aurait pu s'écouler deux minutes comme une heure quand Severus arriva.

(Il s'était écoulé un quart d'heure).

Harry ne criait pas, de temps à autre, il laissait échapper un petit gémissement, discrètement comme s'il cherchait à faire oublier son existence.

Le maître des potions entra dans la pièce, échevelé mais l'œil vif, l'œil d'un homme à qui l'on a appris à réagir sous la pression.

Son regard se posa immédiatement sur Sirius qui tenait toujours fermement le corps de son filleul contre le sien.

-"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Il ne se borna pas à faire de supposition, et c'était une chance pour Sirius parce que pour l'instant les apparences étaient plutôt contre lui.

-"Il a le poignet cassé."

Ça n'expliquait pas la moitié de la scène mais Rogue s'en contenta.

Harry était conscient.

Sirius sentait ses pleurs silencieux imbiber son teeshirt et les soubresauts qui parcouraient son corps.

Rogue s'agenouilla pour sortir du sac de cuir qu'il portait en bandoulière une fiole de potion.

Il prit entre ses doigts fermes le visage du garçon et le tourna vers lui :

-"Aller Monsieur Potter on boit la potion."

Il pressa le récipient contre les lèvres du jeune homme qui n'eut pas d'autre choix que de boire.

Harry sentit son corps lui échapper tandis que ses paupières devenaient lourdes, le salon, le visage de Rogue, celui catastrophé de son parrain, tout se flouta doucement et il ferma les yeux avec gratitude.

Les deux sorciers regardaient Harry sombrer dans l'inconscience.

Quand sa respiration fût tout à fait calme et régulière Severus changea de position pour s'assoir plus confortablement en tailleur. Son pantalon s'étira dans le mouvement révélant ses chevilles. Il avait l'air d'un étudiant se détendant sur une pelouse entre deux cours.

-"Ça c'est bon, maintenant ce bras."

Il sortit sa baguette de sa manche, dégagea d'un mouvement de tête sec une mèche qui lui retombait devant les yeux et tout en pointant sa baguette sur le jeune homme évanoui prononça une formule que Sirius n'avait jamais entendue.

Le poignet de Harry émit un craquement sonore, faisant grimacer Sirius, et se mit doucement à dégonfler. Après cinq minutes il avait retrouvé une taille normale mais resta constellé de bleus.

Severus se remit péniblement debout, cela faisait moins d'un an que ses genoux s'étaient mis à protester quand il se relevait trop brusquement, il lissa sa robe dans un geste machinal :

-"Bon maintenant tu vas pouvoir m'expliquer ce que vous foutez."

Sirius, toujours au sol, tenait son filleul contre lui, l'air hébété.

Son regard se posa sur Severus et il sembla reprendre ses esprits.

Il hocha la tête.

Il se mit debout et le maître des potions l'aida à installer Harry sur le canapé.

Sirius dégagea tendrement une mèche du visage de son filleul observant un instant ses traits détendus, il déposa un baiser un peu maladroit dans la chevelure de jais.

Severus attendait pudiquement en retrait.

-"Cuisine ?" dit simplement Sirius quand il se fut relevé.

-"Allons-y." acquiesça Rogue en lui emboîtant le pas.

Arrivé dans la cuisine le sorcier sortit deux verres, les remplit et s'affala sur sa chaise plus qu'il ne s'assit.

Rogue, lui, ne se départit pas de son élégance.

Il eut un bref silence pendant lequel Sirius vida d'une traite son verre de whisky, Severus lui se contenta de tremper ses lèvres dans le breuvage.

-"Tu m'expliques ce qu'il s'est passé ?" proposa finalement le maître des potions.

-" Je t'avoue que je n'y comprends rien."

Il avait passé une main fatiguée sur son visage.

-"Hier il est tombé dans l'escalier de la cave. Quand je suis rentré de chez toi je l'ai trouvé livide et plein de poussière. Mais je n'ai pas vu qu'il avait un problème au poignet pourtant j'en suis sûr, c'est à ce moment-là qu'il s'est blessé."

Il marqua une pause :

-"Pourquoi il ne m'a rien dit ?"

Il avait repris sa tête entre ses mains.

-"Je pense qu'il ne t'a rien dit car depuis petit il a été habitué à ce qu'on ne prête aucune attention à ses besoins. Je ne sais même pas s'il sait qu'il est censé le dire quand il se blesse."

Sirius réfléchit, les paroles de Severus lui évoquaient autre chose :

-"Hier il n'a pas mangé quand j'étais absent. Quand j'ai remarqué qu'il n'avait pas touché l'assiette que je lui avais laissée, je lui ai demandé ce qu'il avait mangé et il s'est immédiatement affolé. Il a cru que je l'accusais de voler de la nourriture. Il m'a avoué que par moment, ses tuteurs l'affamaient, l'obligeant à manger dans la poubelle et que s'ils s'en apercevaient, ils le battaient en le traitant de voleur."

-"Il ne mange que si tu le sers, c'est ça ?"

-"C'est ce qu'il me semble, oui."

Severus tapota des doigts sur la nappe en réfléchissant.

-"Il a une relation complètement biaisée avec la nourriture, pour lui elle n'est pas du tout un droit, mais plutôt un privilège qu'on lui accorde. J'essayerai d'en parler avec lui."

Severus finit doucement son verre. Il examina Sirius, il semblait vraiment inquiet. Les traits de son visage étaient tirés.

-"J'ai compris pour sa blessure mais ça n'explique pas l'état dans lequel je vous ai trouvés."

-" C'est ma faute. Je me suis énervé, enfin pas énervé. J'étais complètement affolé quand j'ai vu son bras. Tu imagines Severus ? Et s'il avait eu une commotion ? Il ne m'aurait rien dit ! "

Rogue hocha la tête en signe de compréhension.

-" Et je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je crois que je lui ai fait peur et qu'il a fait une crise de panique."

Rogue regarda pensivement son verre à peine entamé.

Le travail serait sûrement plus difficile que prévu.