Salut à tous! Comme promis, voici le 2d chapitre de la semaine! Pas de panique, mais pour l'instant dans l'écriture j'en suis revenue au chapitre 17... j'ai encore du temps devant moi et il ne me reste plus qu'à amener la fin (que je connais déjà et pas vous tralalère), mais en attendant la fin commençons par le milieu XD et j'espère que ce chapitre vous plaira, il s'y passe selon moi quelque-chose de capital, et selon l'idée de Loki que vous vous faites (bah quoi, pas de spoil, Loki c'est le premier mot du chapitre XD) soit vous allez aimer soit vous allez détester.
Sur ce bonne lecture! -Summer Prevent
CHAPITRE 11 :
Loki :
Je retirai mes lunettes de soleil pour avoir une meilleure visibilité, mais même en les ayant gardé sur le nez j'aurais pu deviner qu'il s'agissait bien d'elle. Elle portait une jolie robe jaune coupée au dessus du genou (comment les midgardiens pouvaient-ils concevoir que les femmes, surtout les jeunes femmes, s'habillent aussi... court !), et, de ce que je pouvais voir depuis mon emplacement, un énorme nœud papillon à la base de sa queue de cheval. Je ne l'avais peut-être vue qu'une seule fois, mais j'avais déjà compris qu'elle avait un style vestimentaire assez particulier... même pour une Midgardienne. Elle était sans doute la seule personne que j'imaginais porter ce genre de choses, et j'imaginai non sans un petit rire Lady Sif s'attifer de tels vêtements. Non, c'était inconcevable.
Après avoir soigneusement regardé autour de moi, je me levai du banc sur lequel je m'étais installé, mais c'est à cet instant que je vis une autre jeune fille sortir de la cafétéria à la terrasse de laquelle Emy était installée, et s'asseoir à la même table qu'elle. Paniqué à l'idée de me faire repérer, je fis volte-face pour reprendre ma place... et me retrouvai face à un petit garçon qui avait profité de mes trois secondes d'hésitation pour se faufiler derrière moi et prendre place sur le banc, tout en suçotant une sucette en forme de cœur.
Il me lança un regard de ses yeux de hibou, avant que son visage de se fende d'un immense sourire méchant.
Je me détournai en grommelant des paroles fort heureusement inaudibles. Ah, les enfants. Ces chers héritiers de toute notre culture... Je haïssais les enfants. Quoique... celui-ci aurait sans doute un avenir dans ce bas monde si sinistre. Il avait du cran, et malgré son jeune âge semblait habitué à obtenir tout ce qu'il voulait. Il me faisait un peu penser à mon frère... je grimaçai à cette pensée. Non, il n'aurait certainement pas un rôle important dans ce monde, à l'avenir. Je l'imaginais parfaitement en valet.
Je tentai de me cacher tant bien que mal derrière l'un des piliers du centre commercial, afin que, de l'autre côté de l'allée principale, les filles ne me repèrent pas.
En leur jetant un rapide coup d'œil, je sentis une vague de soulagement m'envahir. L'autre fille, ce n'était pas la sœur d'Emy.
Sans doute une camarade de classe, en bref une fille que je n'avais jamais vue, qui ne m'avait jamais vu, et le monde s'en portait mieux pour moi. Parce-que j'étais certain que si cette... Leyna, c'est ce qui me semblait... enfin bref si cette Leyna m'avait vu débarquer elle aurait appelé son père dans la seconde qui suivait.
Je tentai de me donner du courage, avant de sortir de ma cachette et de me diriger d'un air anodin vers les deux adolescentes, qui bavardaient innocemment autour d'un verre de soda.
L'autre fille fut la première à me repérer, et, après un regard méfiant, elle donna un coup de pied par dessous la table à Emy (qui était visiblement plongée dans un monologue passionnant), avant de m'indiquer d'un signe de menton.
Lorsqu'Emy croisa mon regard, ses yeux et sa bouche s'ouvrirent en grand, mais elle se reprit vite et se mit à me faire de grands signes de la main. Pour la discrétion, on repasserait... j'espérais vraiment que Leyna, ou un autre Avenger, ne se cachaient pas là quelque part...
« Salut ! me lança Emy d'un ton enjoué alors que j'arrivais à son niveau, me servant ce que les Midgardiens semblaient avoir pour habitude d'appeler 'un sourire colgate'.
-Salut... », lui répondis-je vaguement en lançant des coups d'œil inquiets à l'autre fille, qui me jaugeait désormais du regard.
Emy sembla comprendre l'origine du malaise, et secoua la tête d'un air amusé.
« Spring, dit-elle à l'adresse de son amie, je te présente Loki. Loki, Spring. Il a eu le malheur d'assister à un malaise vagal assez impressionnant de ma part, une fois, ajouta-t-elle à son amie sur un ton de conspiratrice. C'est lui qui a prévenu tout le monde.
-Han, d'accord, répondit son amie, qui sembla se détendre légèrement.
-Oui, d'ailleurs, il s'avère que je me trouvais là tout à fait par hasard, et, euh... bredouillai-je. Enfin quand je vous ai vue je me suis demandé comment vous alliez. Depuis la dernière fois.
-Je m'en suis plutôt bien remise, me répondit Emy avec un sourire. Mais je pensais pas vous revoir, après l'accueil qui vous a été fait... ».
Oui, en effet, je me souvenais vaguement avoir été jeté dehors après le malaise d'Emy. Alors que c'était moi qui avais prévenu tout le monde, comme elle l'avait fait remarquer. Mais après tout, les vieilles rancœurs prenaient généralement le dessus sur tout. J'étais bien placé pour le savoir.
« Et du coup, vous faites quoi ici ? poursuivit Emy d'un ton curieux.
-Eh bien... marmonnai-je en regardant autour de moi. Je suppose que j'avais dans l'idée de faire un peu de... zut, j'ai vraiment du mal à me faire à votre vocabulaire...
-Shopping ? tenta l'amie d'Emy en haussant les sourcils d'un air légèrement ahuri.
-Oui, c'est le mot, répondis-je alors qu'Emy éclatait d'un rire silencieux, et que son amie la regardait avec l'air de lui demander d'où exactement je débarquais.
-Et comme j'aidais mon f... Thor, rectifiai-je en me mordant la langue, j'aidais Thor à accomplir quelque besogne dans le coin, je me suis accordé une petite pause ».
Emy m'accorda un sourire compréhensif, avant de se tourner vers son amie.
« Oh, vous n'allez quand même pas rester debout, c'est votre pause après tout. Spring, tu pourrais aller commander un soda, s'il-te-plaît ? Ça te dérange pas qu'il s'assoie un peu avec nous ?
-Non, bien sûr », répondit ladite Spring, avant de me lancer un dernier regard suspicieux et de se lever pour se diriger vers le bar.
Comme elle entrait dans la cafétéria, je pris place là où elle s'était assise quelques instants plus tôt, en face d'Emy, qui croisa les bras et les jambes et me lança un regard entendu.
« La vraie raison de votre présence ici ? me demanda-t-elle en haussant les sourcils.
-J'ai regardé la télé l'autre soir, lui répondis-je.
-J'aurais dû parier », grommela-t-elle en tapant son poing sur la table.
Oui, depuis l'attaque de New York, Thor avait pris l'habitude de regarder le journal télévisé tous les soirs. C'était ainsi que j'avais pu découvrir ce qui s'était passé à la fête foraine. Les deux mutantes qui, avec l'aide de ce... Spider Man, avaient pu sauver des dizaines de personnes coincées dans une grande roue en chute.
Je n'avais pas reconnue la mutante oiseau, bien que je me doutai désormais qu'il s'agissait de Leyna.
Mais l'autre mutante... elle n'était presque pas passée à l'écran, seulement sous forme d'une brume légère. Je l'avais repérée, néanmoins. Et j'avais vu ce qu'elle avait fait pour redresser la roue tant bien que mal, pour laisser aux occupants le temps de s'en sortir. Juste le temps qu'il fallait.
Et cette mutante ci, je n'avais eu aucun doute quant à son identité.
« Comment est-ce que vous avez réussi à faire ça ? dis-je dans un murmure, fronçant les sourcils en repensant à la courte vidéo que j'avais vue à la télévision.
-L'instinct, me répondit Emy en haussant les épaules.
-Non, répliquai-je avec un petit rire. Ma chère, vous pourrez tromper les autres, mais pas moi. Je suis passé maître dans l'art du mensonge, malgré moi ».
Je vis le sourire d'Emy se figer sur son visage, et une lueur d'agacement passer dans son regard. Puis elle soupira, et me répondit, d'un ton beaucoup moins amical :
« J'ai appris à contrôler ma mutation. C'était la moindre des choses que je pouvais faire après ce qui s'est passé cet été, pour être certaine qu'en cas de récidive je ne sois pas totalement inutile, coincée sous un immeuble en ruines. C'est tout ce que vous avez besoin de savoir.
-Et c'est tout ce que je veux savoir, lui répondis-je en posant les mains à plat sur la table. Emy, je ne sais pas si on vous l'a déjà dit ou même si vous vous en rendez compte, mais ce que vous avez fait... c'est stupéfiant. Un pouvoir comme le votre devrait prendre des années avant d'être parfaitement contrôlé, mais vous... il vous a fallu moins d'un mois.
-Je ne prétends pas le contrôler totalement, rectifia Emy. Je suis loin de savoir tout ce dont je suis capable. Mais j'y travaille. Et ce que j'ai déjà appris, pour l'instant ça me suffit pour aider les gens qui en ont besoin. Mais j'ai besoin d'en savoir plus. Je veux tout savoir. Je ne veux jamais être prise au dépourvu ».
Je sentis son regard glisser sur moi, et fus parcouru d'un frisson. Certes, ce n'était que la deuxième fois que je la rencontrais, mais je comprenais déjà à quel point je m'étais trompé à son sujet. Elle n'était en aucun cas une grande enfant, naïve et fragile. Ou du moins elle ne l'était plus. Ce qui s'était passé cet été... ce que j'avais provoqué... ça l'avait fait grandir prématurément.
« En quoi aidez-vous votre frère, ici ? me demanda-t-elle en reprenant cet air innocent qui lui allait bien mieux que l'autre.
-J'essaie... Comment savez-vous que Thor est mon... ?!
-Tout comme j'ai deviné votre nom, me répondit Emy avec un sourire malin, posant un index sur sa tempe droite. Ça n'a pas semblé vous choquer, pourtant vous ne m'avez jamais dit comment vous vous appeliez.
-J'ai supposé qu'on avait dû vous dire mon nom plus tard, marmonnai-je, soudain mal à l'aise.
-Non, je l'ai deviné, rectifia Emy avec ce même sourire. C'est la seule partie de ma mutation que j'ai du mal à comprendre pour l'instant. Et... disons que ça semble marcher surtout avec vous. Alors ? En quoi aidez-vous votre frère ici ? ».
Je lançai un regard ahuri à la jeune femme. Elle prenait tout ceci avec un tel calme ! Comment était-ce possible ? Elle venait très sérieusement de m'avouer qu'elle était consciente de pouvoir lire dans mes pensées comme dans un livre ouvert, sans sourciller ! Mais... j'eus soudain une pensée qui me serra le cœur et fit monter mon angoisse en flèche. En effet, si elle avait été capable de deviner mon nom, et de connaître mon lien de parenté avec Thor... il ne s'agissait peut-être plus que d'une question de secondes avant qu'elle découvre ce que j'avais fait.
Effrayé, je me forçai à penser à autre chose, mais heureusement elle ne sembla rien remarquer.
C'était triste à dire, mais sa propre conviction de ma gentillesse l'aveuglait au point qu'elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur le problème, alors qu'il aurait été tellement simple pour elle de découvrir ce que je craignais qu'elle découvre.
« Eh bien... j'essaie, comme je le peux, de venir en aide à ceux qui ont... survécu. C'est une vraie tragédie qui a frappé New York l'été dernier... personne ne devrait avoir à supporter ça tout seul, bredouillai-je en détournant le regard.
-C'est bien aimable de votre part de vouloir les aider, tous ces gens », me répondit Emy en fronçant les sourcils.
Elle n'ajouta rien de plus. Elle arborait un air songeur, tellement profond que je me demandai un instant si elle n'avait pas oublié ma présence. Ce avant qu'elle ne poursuive, d'une voix si basse que je dus me pencher pour bien l'entendre.
« Il y a... un orphelinat. Au coin de Madison Avenue. J'y travaille souvent après les cours comme bénévole, parce-que le nombre d'orphelins a tellement augmenté depuis l'attaque de New York que les orphelinats sont bondés et qu'il n'y a plus assez de personnel pour s'occuper d'eux tous. Si vous voulez... je peux vous y emmener. Votre aide sera appréciée là-bas ».
Un orphelinat. Parfait ! Quoi de mieux pour un homme qui détestait les enfants ! Mais après tout... j'avais promis d'aider. Et si ça pouvait me permettre de gagner sa confiance plus facilement...
« Quand partons-nous ? », soupirai-je avant de lui lancer un regard interrogatif.
Elle m'adressa un sourire plein de reconnaissance, avant de se tourner vers son amie, qui revenait tout juste avec un verre plein de limonade.
« Je suis désolée, Spring, mais l'orphelinat vient de m'appeler, ils ont besoin de moi.
-Oh dommage, répondit Spring en posant la limonade sur la table.
-Tiens, lui dit Emy avant de lui rembourser l'argent pour la boisson. C'est cadeau, bois-la, et passe une bonne après-midi. On se refera ça une autre fois !
-Il vient avec toi ? », demanda la jeune fille en m'indiquant d'un signe de menton comme si je n'étais qu'un vulgaire objet.
Je serrai les poings. J'étais un prince bon sang, et j'avais été roi ! Si elle l'avait su, m'aurait-elle montré un tel manque de respect ? Non, sans doute pas. Je ne l'aurais pas permis.
« Oh oui, Loki a prévu de se rendre utile, et quel meilleur moyen de se rendre utile en ce moment ? répliqua Emy en haussant les sourcils.
-Mouais, t'as raison, marmonna son amie. Bon, à demain, tu me diras comment ça s'est passé ».
Emy lui adressa un dernier sourire, avant de se tourner vers moi, de me prendre par le bras, et de m'entraîner dans la rue.
Elle et moi étions peut-être aussi différents l'un de l'autre que le blanc et le noir. Mais... alors que j'avançais en silence à ses côtés, je me dis que finalement sa compagnie n'était pas aussi insupportable que je l'avais escompté.
Je m'étais attendu à trouver une adolescente naïve et fragile, mais plus j'y pensais et plus j'avais l'impression que ce n'était qu'une façade. Sa personnalité était beaucoup, beaucoup plus profonde que ça. Sans que j'arrive à la cerner complètement, et c'était ce qui m'intriguait... pour ne pas dire que c'était ce qui me plaisait.
« Ça a pas l'air de vous étonner que je sois capable de lire dans vos pensées, me fit remarquer Emy, alors que le bonhomme du passage piétons passait au vert et que nous traversions la rue côte à côte.
-Sans doute le choc a dû me rendre un peu stoïque, mais si, ça m'étonne beaucoup.
-Comment ça se fait que j'arrive à lire dans vos pensées mieux que dans celles des autres ? Je vous connais à peine », fit remarquer Emy.
Mon silence sembla en dire beaucoup plus long que les mots que j'aurais pu prononcer, car Emy se tourna soudainement vers moi, ses yeux de hibou grands ouverts.
« Vous aussi vous êtes un mutant ! Siffla-t-elle, impressionnée.
-Non, je ne suis pas un mutant, je suis un Asgardien, rectifiai-je, amusé par sa confusion. Mais... en effet, j'ai quelques particularités en ma qualité d'Asgardien, notamment le fait de pouvoir utiliser la magie.
-Quel genre de magie ? me demanda Emy, l'air curieux.
-Malheureusement je ne suis pas censé en parler, lui fis-je remarquer.
-Ah... ».
Je tournai mon regard vers elle, alors qu'elle fixait le sien dans le lointain. Je la tenais toujours par le bras.
« Attendez, lui dis-je en m'arrêtant de marcher. Vous avez quelque-chose de coincé derrière l'oreille.
-C'est quoi ? me demanda-t-elle en se tournant automatiquement vers moi, et elle sembla surprise que je lui tende une rose, blanche comme la neige.
-...C'est pas possible, vous bluffez », me dit-elle en gloussant.
Je haussai les sourcils, avant de lâcher son bras et de passer ma main gauche au dessus de la fleur que je tenais en main. Nous étions en automne, et les températures commençaient à se rafraîchir un peu, mais rien de tout cela n'aurait pu expliquer le fait que la rose gela instantanément.
« Alors ça c'est génial! s'émerveilla Emy, en prenant délicatement la rose dans sa main gauche. Vous contrôlez la glace ?
-Ce n'est pas le don dont je suis le plus fier, soupirai-je, avant de reprendre délicatement son bras droit et de reprendre route. Je suis capable de faire bien d'autres choses, comme me dédoubler, changer d'apparence à souhaits... et parfois lire dans les pensées.
-C'est vrai ?! s'étonna Emy, qui manqua de s'arrêter de nouveau sous le choc.
-Oui, c'est la plupart du temps plus facile avec les Midgardiens. Ou encore avec les personnes qui ne me connaissent pas assez pour se méfier de moi. Mais avec vous... c'est différent. Vous êtes très difficile à lire, tout ce qui m'apparaît quand j'essaie c'est... un écran de fumée.
-Vous avez déjà essayé ? me demanda Emy, tentant d'adopter un ton réprobateur sans grand succès.
-Je le confesse, avouai-je en posant ma main droite sur mon cœur. Mais je n'avais pas de mauvais desseins. Vous, en revanche... c'est fascinant de voir la facilité avec laquelle vous êtes capable d'utiliser ce don, sans même avoir reçu d'aide extérieure. Vous savez, cela fait des années que j'essaie de parer mon esprit à toute intrusion de ce genre.
-Je vous impressionne ? me demanda-t-elle d'un ton satisfait.
-Certes. Mais vous pourriez faire mieux.
-Vous pourriez m'apprendre », ajouta Emy en me lançant un regard éloquent.
Je ne pus empêcher un petit rire de franchir mes lèvres. Elle était vraiment maligne, cette petite. Pas assez maligne cependant pour éviter de tomber dans le panneau. Et dire qu'elle croyait vraiment que j'étais le plus dupe de nous deux.
« Je crois que vous auriez plus de choses à m'apprendre que l'inverse, ma chère, lui fis-je remarquer. Mais c'est avec grand plaisir que j'essaierai de faire mon possible.
-Ça me convient », me répondit Emy, et un sourire satisfait naquit sur son visage.
Elle n'était pas naïve. Mais à mon sens... le monde était tellement prévisible ! C'était un jeu d'enfant que de le faire tourner comme je le souhaitais. Néanmoins, je ne pouvais pas prétendre que cette petite ne cachait pas quelques atouts. Elle était beaucoup plus fourbe que ce qu'elle laissait croire. Mais avec moi, elle révélait sa vraie nature. … Pourquoi avec moi ? … Sans doute n'avais-je pas réussi à m'immiscer dans son esprit, mais fort heureusement, l'esprit n'est pas le seul point faible de l'être humain.
Leyna Stevens :
Je posai mon stylo, et me massai douloureusement le poignet.
Enfin ! Enfin, j'en avais terminé avec ce fichu devoir de sciences ! Si au moins Gemma, mon amie du SHIELD, avait accepté de m'apporter son aide... Bon sang, si cette matière ne faisait pas partie des épreuves du bac... mais non, je devais me ressaisir. C'était super, les sciences ! Ça avait sans doute quelque-chose d'intéressant.
Ou plutôt ça aurait sans doute quelque-chose d'intéressant si on étudiait autre chose que les énergies renouvelables ou la seconde vie des déchets ! Comme... l'ADN ? Les différentes façons de le modifier ? Quelles molécules entraient en jeu dans la création de nouveaux mutants...
Je refermai brusquement mon livre de sciences. J'avais vraiment besoin de m'aérer l'esprit. Qu'est-ce qui me prenait, en ce moment, de m'intéresser à ce point aux origines de ma mutation ? L'essentiel, comme disait Natasha, c'était que je comprenne comment elle fonctionnait et comment l'utiliser. C'était pas de la science, ça, c'était... de la logique ? Est-ce que ça fonctionnait réellement comme une notice Ikéa ?
… C'était peut-être parce-que je pensais de cette façon que je n'arrivais pas aussi bien à contrôler ma mutation qu'Emy. Qu'est-ce qu'elle avait fait, elle, pour comprendre comment l'utiliser ? Elle ne pouvait pas prétendre qu'il ne s'agissait que de l'instinct.
Eh voilà, je recommençais à avoir une migraine. Ça me pendait au nez, de toute façon. Sauf que je venais de prendre un médicament même pas une demi-heure auparavant, et la notice précisait bien qu'il fallait espacer les doses d'au moins quatre heures. En clair, j'allais passer une excellente fin d'après-midi !
Bon sang, j'aurais mieux fait de faire mon devoir en même temps qu'Emy, plutôt que de remettre ça au lendemain... au final, elle, elle avait pu sortir avec Spring au centre commercial, et Peter et Ned étaient à une convention scientifique (et j'en avais plus qu'assez, des sciences, à cet instant précis).
J'envoyai un rapide SMS à Emy pour lui demander si je pouvais les rejoindre, Spring et elle, au centre commercial, mais ma sœur m'apprit qu'elle ne s'y trouvait plus étant donné que l'orphelinat l'avait appelée. Décidément, c'était pas ma journée.
Je soupirai, puis me dis qu'après tout, ce ne serait pas plus mal de mettre une série sur l'écran plasma du salon, et de végéter dans le canapé, voire même de faire une petite sieste...
« Jarvis, t'as téléchargé les derniers épisodes de Teen Wolf ? demandai-je d'une voix engourdie.
-Absolument, Leyna. Une idée en tête ?
-Tu peux les transférer sur l'écran du salon ? demandai-je avec espoir.
-Tu sais que tu peux tout me demander. Un peu de popcorn ?
-Tu me connais trop bien, c'est flippant », fis-je remarquer en tendant le pouce en signe d'approbation.
Alors que j'arrivais le salon, je me laissai bercer par le son du micro-ondes qui se mettait en route dans la cuisine américaine, si bien que je mis bien dix secondes à constater que je n'étais pas seule dans la pièce.
« AH ! criai-je en faisant un bond, portant instinctivement la main à mon cœur.
-Pardon, bredouilla Steve. Je... savais pas trop quoi faire, je me suis dit que si je me manifestais par un raclement de gorge ou si je me mettais à parler ce serait pire, donc j'ai préféré attendre que tu me voies mais maintenant je me dis que c'était pas forcément la meilleure solution...
-C'est bon, lui fis-je remarquer. C'est juste que je m'attendais à être seule, et pour être honnête si tu t'étais manifesté par un son quelconque t'aurais sans doute eu une panthère incontrôlable à gérer à l'heure qu'il est, donc...
-Ouais, bonne option », commenta Steve, toujours un peu gêné.
La sonnerie du micro-ondes mit fin à cette étrange conversation, et je me dirigeai sans plus attendre vers la cuisine américaine pour retirer le paquet de popcorn du four.
Alors que je retirais la protection en aluminium du dessus du pot, je lançai un regard de biais à Steve, qui se tenait toujours au milieu de la pièce, regardant autour de lui comme s'il ne savait tout simplement pas où se poser.
« Tu sais, lui fis-je remarquer après un instant d'hésitation. Je sais que Tony est plutôt branché gadgets en tout genre, mais je suis à peu près certaine que dans cette tour les sièges ne mordent pas ».
Steve me lança un bref regard, comme s'il se demandait s'il était censé rire ou pas, puis il finit par s'installer sur le canapé, et regarda attentivement l'écran de la télé qui se trouvait en face de lui.
« Sinon, t'étais là pour quoi ? lui demandai-je avant de me laisser à mon tour tomber dans le canapé et d'attraper la télécommande.
-J'avais rendez-vous avec Tony, je crois qu'il a quelque-chose à me montrer, répliqua Steve en haussant les épaules. Enfin qu'il aura quelque-chose à me montrer. Quand il sera revenu de... ?
-Oh, je sais pas du tout où il est, lui répondis-je avec un sourire. Mais je suppose que tu connais Tony. Il aime bien se faire attendre. Et il adore les entrées inattendues, donc... je sais pas quand il va débarquer, mais quand ce sera le cas tu le sauras. En attendant, t'as qu'à attendre ici, ça me dérange pas.
-D'accord, merci », me répondit Steve avant de s'enfoncer un peu plus profondément dans le canapé.
Je commençais à me dire que ce garçon avait vraiment un problème de timidité. D'ailleurs, quand on voyait Captain America à la télé, on ne l'imaginait pas tellement comme ça. Mais après tout... c'était Steve Rogers que j'avais en face de moi. Pas Captain America. Et mis à part le fait que ce type de 70 balais en faisait pas même 30... il avait l'air d'un gars tout à fait ordinaire. Avec quand même un petit souci de timidité.
Ou pas !
« Teen Wolf ? me demanda-t-il en voyant le descriptif de la série, qui était affiché à l'écran.
-Ouais, tu connais ? lui demandai-je en haussant les sourcils.
-Non, pas vraiment, me répondit-il avec un rire légèrement gêné. C'est pas le genre de trucs que je regardais avant... tu sais, avant de finir congelé.
-Et depuis que tu t'es réveillé, tu regardes quoi ? lui demandai-je, curieuse.
-...Sésame Avenue et le Muppet Show ? tenta-t-il avec une moue d'excuse.
-Ça passe encore, ça ?! T'es abonné à quelle chaîne ?
-Hey, quoi, répliqua-t-il avec un sourire. C'est peut-être un peu vieux, mais ça reste un bon divertissement.
-C'est pour les gosses », lui fis-je remarquer, et nous nous mîmes à rire d'un commun accord.
Finalement, je m'étais faite une mauvaise opinion. Il avait peut-être l'air réservé, vu comme ça, mais il était vraiment sympa. J'avais rarement eu l'occasion de discuter avec lui, étant donné que la plupart du temps quand il venait à la tour c'était soit pour voir Tony, soit pour dîner à la maison avec d'autres membres de l'équipe. Mais il était différent de ce que j'avais imaginé.
« Bon, répliquai-je en tapant dans mes mains. Teen Wolf c'est un peu plus moderne, et un peu moins pour les gosses. Ça te dirait de regarder avec moi, en attendant Tony ?
-Je suppose que j'ai pas le choix, je vais quand même pas aller m'exiler en attendant que t'aies fini, rit Steve.
-Oh non, surtout que j'en ai au moins pour trois heures, lui fis-je remarquer. Bon, tu risques d'être un peu paumé si t'as pas suivi, mais je t'expliquerai les bases histoire que tu comprennes un peu, sinon c'est pas drôle. Et ne me regarde pas comme ça, tu vas passer du Muppet Show à Teen Wolf, on parle pas de American Horror Story ».
Devant son regard interrogatif, j'osai un petit rire.
« Crois-moi, il ne vaut mieux pas que je te parle de ça ».
Il acquiesça en silence, et je lançai le premier épisode, avant de mettre le pot de popcorn entre nous deux.
Nous en étions à la moitié du second épisode (et à racler le fond du pot) lorsque j'entendis la sonnerie de l'ascenseur, et je fis volte-face en m'attendant à voir entrer Tony.
Avant que mon regard ne tombe réellement sur elle, j'entendis vaguement la voix d'Emy :
« ...Tic tac. Tu vas voir c'est hyper bon.
-Si tu le dis je te fais confiance, je pense que tu serais la dernière personne à vouloir m'empoisonner... n'est-ce pas ?
-Oh, ne te fies pas aux apparences », répondit ma sœur avec un petit rire.
Emy se figea au milieu du salon en croisant mon regard. Tout comme l'homme qui l'accompagnait, qui croqua distraitement son tic tac et fit mine de regarder ailleurs, comme s'il était particulièrement intéressé par la déco.
« Qu'est-ce que vous fichez ici, vous ? », demanda Steve, qui avait fini par remarquer que je ne m'intéressais plus du tout à Stiles et Lydia.
Je lus toute l'hostilité dans le regard que l'homme lui lança. Je me souvenais de cet homme. C'était lui qui s'était retrouvé seul avec ma sœur le jour où elle avait fait un malaise. C'était lui que Tony semblait détester sans que je sache réellement pourquoi. Mais une chose était certaine : Je faisais confiance à Tony. A lui, pas.
« Surprise ! lança-t-il d'un air faussement enjoué, avant d'afficher un sourire sournois et de croiser les bras. Au cas où votre mémoire vous jouerait des tours, soldat, je suis consigné sur Midgard jusqu'à une éventuelle évolution de ma situation. Il faudra donc vous faire à mes... petites visites.
-Oh, je suis persuadé que Thor ne commettrait plus l'imprudence de vous envoyer à la tour Stark depuis votre dernière visite, alors je répète ma question : Qu'est-ce que vous fichez ici ? ».
Le sourire de l'homme se figea sur son visage, et je vis une lueur inquiétante passer dans son regard, avant qu'il ne se tourne vers ma sœur, qui nous regardait, Steve et moi, en fronçant les sourcils.
« Je l'ai croisé par hasard au centre commercial, fit remarquer Emy en redressant le menton d'un air fier. Il a accepté de m'accompagner à l'orphelinat pour apporter son aide. Après quoi je lui ai proposé de passer à la tour pour boire un verre. Donc techniquement ce n'est pas Thor qui l'a invité mais moi. Et je ne vois absolument pas ce que j'ai fait de mal.
-Tu le connais à peine, répliquai-je en regardant ma sœur. Tu peux pas prétendre lui faire confiance. Tony...
-Il ne suffit pas de connaître une personne depuis des années pour lui faire confiance, me coupa Emy en secouant la tête. L'intuition, ça marche très bien aussi. Et c'est pas parce-qu'il a eu le malheur d'être présent le jour où j'ai fait un malaise et où ma mutation s'est déclenchée pour la première fois qu'il faut le cataloguer dans la catégorie « chats noirs ». Tony a été un peu trop catégorique à mon goût sur ce point.
-Emy, tu ne sais même pas de quoi tu parles, grommela Steve. C'est pas un chat noir, c'est... quelqu'un de pas du tout recommandable, bref Tony a de bonnes raisons de se méfier de lui, tout comme moi.
-Ah oui ? Lesquelles ? », demanda trop innocemment Emy.
Je me tournai vers Steve, curieuse. En effet, il avait, tout comme le reste des Avengers, toujours semblé manifester une assez grande animosité au sujet de cet homme, mais ils refusaient d'en parler en notre présence, à Emy et à moi.
Et Emy le savait.
Elle savait parfaitement que Steve ne répondrait rien, c'était justement la raison pour laquelle elle avait posé la question.
« Si c'était vraiment important tu nous le dirais, répliqua Emy en plissant les paupières, avant de hausser les épaules et de se tourner de nouveau vers l'homme. Donc, une limonade, ça te va ?
-Parfaitement, lui répondit l'homme avec un sourire satisfait. Après tout, je n'ai pas eu le temps de boire la mienne au centre commercial tout à l'heure.
-Et tu peux prendre un siège, aussi, dit Emy avant d'ajouter en haussant légèrement la voix histoire que Steve et moi nous sentions concernés : Ils mordent pas ! ».
Je regardai fixement ma sœur pendant un moment, mais elle prit bien soin de ne plus croiser mon regard, autrement dit : la conversation était close et il ne servait à rien de tenter de protester d'avantage.
Agacée, j'éteignis la télé (de toute manière ni Steve ni moi ne faisions plus attention à la série), avant de me diriger vers ma chambre et d'en claquer consciencieusement la porte.
Même si je détestais que ma sœur se fasse gronder pour quoi que ce soit, j'avais franchement hâte que Tony débarque. J'avais l'impression qu'à ce stade là, Tony était la seule personne encore capable d'empêcher Emy de revoir ce type.
Mais... je connaissais bien Emy. Je savais à quel point elle pouvait être bornée. Et si elle en était au stade de vouloir montrer au monde qu'en vers et contre tous elle avait raison, Tony ne pourrait rien y faire.
Et je me pris à espérer que la situation n'était pas encore aussi désespérée.
Loki :
Lorsque je fis mon entrée dans l'appartement, Thor était assis sur le canapé, bras croisés, comme un père qui aurait patiemment attendu un enfant qui aurait fait le mur.
Je soupirai en croisant son regard, et refermai la porte en décidant de ne pas y faire attention.
Ce jusqu'à ce qu'il se mette à me poser des questions.
« Je peux savoir où tu étais passé ?
-Oh, tu t'es inquiété ? fis-je mine de m'attendrir. Tu avais tellement peur qu'il me soit arrivé quelque-chose ? Ou que je me sois enfui ? ajoutai-je d'un ton beaucoup plus sarcastique.
-Arrête de faire l'enfant, grommela mon frère. Et réponds plutôt à ma question au lieu de tourner autour du pot. Je suis chargé de veiller sur toi, et accessoirement de te surveiller, si je ne peux pas te faire confiance et te laisser un peu d'air pour quelques minutes...
-Oh, la leçon de morale, maintenant ! Tu sais que tu ressembles de plus en plus à ton père? raillai-je avant de reprendre d'un ton plus sérieux : tu sais très bien la raison de ma présence ici. Je suis censé aider toutes ces personnes dont j'ai détruit la vie, et c'est exactement ce que j'ai fait.
-Et je suis censé te croire ? répliqua Thor en fronçant les sourcils.
-Il y a un orphelinat au coin de Madison Avenue. Tu commences à avoir l'habitude des gadgets Midgardiens, je suis certain que tu n'aurais aucun mal à trouver leur numéro de téléphone et à leur passer un petit appel. Ils te confirmeraient ma présence, puisque ma parole ne te suffit pas ».
Je savais très bien que cela suffirait à Thor pour me croire, et qu'il n'irait pas jusqu'à appeler l'orphelinat pour vérifier. Heureusement d'ailleurs : je n'avais pas du tout envie qu'il apprenne que j'étais avec Emy. J'avais décidé de le lui cacher, et de ne jamais le lui dire. Parce-que je savais qu'il était contre l'idée que je revoie cette fille, et qu'il se serait, en bon ami, empressé d'en parler à l'homme de métal. Et j'étais de mon côté persuadé qu'Emy n'en parlerait pas à son père, et c'était d'un commun accord que nous avions décidé de mon départ avant le retour de Tony Stark.
Même si elle ne m'appréciait pas, et ne m'apprécierait sans doute jamais malgré tous les efforts que je pourrais faire, je savais que l'autre fille, Leyna, ne compromettrait pas sa sœur, même si ça la rendait malade. Elle ne dirait rien à l'homme de métal.
Le seul sur lequel je me posais des questions, c'était le soldat. Mais après tout, il avait l'air de tenir à cette Leyna, ça pourrait bien jouer en ma faveur. Car si elle décidait de ne rien dire, je doutais qu'il le fasse à sa place. Cependant, il allait sans doute surveiller Emy de plus près, désormais, et moi également. C'était cela qui me dérangeait le plus. C'était ironique, le fait qu'on me demande de m'intégrer au peuple Midgardien, sans pour autant me laisser le droit de voir la seule personne qui m'importait désormais...
… Non, amie ç'aurait été un grand mot. Après tout, elle n'était qu'une pauvre petite Midgardienne qui avait décidé un peu trop rapidement de m'accorder sa confiance, sans savoir à quoi s'attendre. Leyna avait raison à mon sujet : Emy ne pouvait pas prétendre me connaître assez pour me faire confiance. Mais pourtant... elle n'avait jamais douté de moi. Pas même la première fois que nous avions discuté. Elle m'avait tout de suite traité comme quelqu'un de bien, sans savoir qui j'étais ou ce que j'avais fait. Ni pourquoi les Avengers me détestaient autant. Ce n'était pas de la naïveté, c'était... de la conviction. Et je me demandais bien comment elle pouvait être à ce point convaincue que j'étais quelqu'un de bien alors que tout chez moi prouvait le contraire.
C'était presque étrange, maintenant que j'y pensais. Elle n'était pas idiote, et je me demandais bien pourquoi elle ne s'était jamais posé la question de savoir pourquoi tout le monde semblait se méfier de moi.
Elle avait sans doute décidé de se faire plus confiance à elle-même qu'aux autres, et c'était tant mieux pour moi. Au moins, pendant mon exil, j'avais quelqu'un sur qui compter. Une personne qui me faisait confiance, parmi tous les ennemis que je pouvais avoir. Et qui plus était, une personne d'une puissance que personne n'osait imaginer.
Je n'avais fait que prétendre avoir des remords, et même s'il m'arrivait parfois de me souvenir de la douleur que j'avais ressentie en la rencontrant, en comprenant qui elle était... je préférais m'y référer comme à un instant de faiblesse passagère, ou mieux : je préférais penser que c'étaient ses propres émotions que j'avais ressenties, qu'elle me les avait accidentellement transmises tout en essayant de sonder mon esprit. Dans tous les cas, c'était passé. Tout ce à quoi j'étais capable de penser, désormais, c'était que quels que soient mes plans pour l'avenir... si j'arrivais à me rapprocher assez d'elle, Emy me serait sans doute d'une grande utilité. Mais pour l'instant, il n'était pas question de cela, il fallait que je continue à faire croire à mon frère (et aux autres, si possible) que j'avais envie de me racheter, et de me rendre utile.
Et l'ironie du sort voulait que la personne la plus susceptible de m'aider dans cette tâche soit l'une de mes victimes collatérales.
