Un peu plus et j'oubliais de publier ! Et pourtant j'avais hâte de le mettre en ligne celui là, c'est du gros, du lourd, du velu, de l'hectopascal (les fans de Mozinor comprendront :p)

Vous allez voir je commence à bien me lâcher là, on attaque les choses sérieuses et les moments qui font mal, j'espère ne pas décevoir vos attentes !

Alors sans plus tarder je vous laisse à votre lecture, merci encore de continuer à me lire, et on commence avec un flashback pré-apo !


Chap 11

So, We're That Far Gone...

Un éclair illumina le ciel et le tonnerre éclata aussitôt dans un bruit sec et assourdissant puis s'estompa dans un grondement qui fit vibrer toute la ville. Aaron sursauta dans sa voiture, même si ses pneus et le pont au dessus de lui le protégeaient des éléments, il avait d'autres raisons d'être inquiet.

Il monta le volume de l'auto-radio, Jim Morrison chantait « The End », racontant les errances d'un tueur en série. Mais ça n'était pas du tout du goût du scientifique qui prenait ces paroles comme une blague du destin bien ironique. Non, il n'était pas un tueur en série, mais il le serait bientôt, en quelque sorte, et cette chanson le mettait mal à l'aise. Ça n'était pas le moment d'avoir des remords !

Il passa à la station suivante et reconnut « Working Class Hero » de John Lennon, qui lui convenait bien mieux.

Mais lorsque son esprit eut fini de s'occuper de sa playlist, l'angoisse fit son retour.

Alors qu'un nouvel éclair vint frapper le sommet de l'Empire State Building, il jeta un coup d'œil nerveux à la mallette posée à ses côtés, puis à sa montre et coinça nerveusement ses deux mains entre ses cuisses en poussant un gros soupir.

Ils l'avaient bien cherché, l'OMS et le gouvernement américain, à vouloir le pousser toujours plus loin puis à se retourner contre lui une fois le boulot terminé. Trop dangereux, avaient-ils défini son virus, le qualifiant lui-même d'inconscient irresponsable, avant de lui ordonner de détruire sa création, s'il ne voulait pas finir devant les tribunaux.

En vérité, ils avaient bien vite enterré cette affaire le plus profondément possible. Qu'aurait dit l'opinion publique si un scientifique, poursuivi par le gouvernement américain, venait à révéler que son projet avait été financé par le pays le plus puissant du monde ?

Ils avaient tout détruit, son laboratoire, sa carrière, son couple, sa réputation... Toute sa vie, en somme.

Après que l'Université de Carlton ait découvert le potentiel du virus, ils avaient publié une étude alarmiste qui avait fait paniquer le gouvernement, l'armée et les organisations sanitaires mondiales.

Berckman avait réussi à sauver trois fioles et ce qu'il s'apprêtait à en faire était une simple histoire de vengeance poussée à l'extrême.

L'orage commençait à s'éloigner lorsqu'un quatre quatre aux vitres teintées vint se stationner en face de lui sous le pont.

L'heure était venue. Plus question de faire marche arrière maintenant. D'ici trois semaines, les USA seraient à ses pieds, implorant son aide.

Tremblant, Berckman s'extirpa de sa voiture, sans la mallette et attendit, planté là, ébloui par les phares puissants du quatre quatre, que quelqu'un lui fasse signe.

Trois hommes, typés Moyen-Orient, descendirent et s'avancèrent vers lui.

Ils ne ressemblaient pas du tout à l'image qu'il se faisait d'eux, pas de treillis militaires, de longues barbes ou de Kalachnikov. Mais des hommes bien habillés, en costumes hors de prix, soignés et discrètement armés.

Aaron plissa les yeux, se demandant si ces soi-disant terroristes n'étaient pas plutôt de la CIA.

- C'est vous Hassan ? demanda-t-il en cherchant du regard l'interlocuteur qu'il avait eu au téléphone.

L'homme au centre s'arrêta devant lui et lui tendit sa main.

- C'est moi, dit-il avec un accent très prononcé. Vous êtes Berckman ?

Il hocha la tête, soulagé de reconnaître sa voix.

- Vous avez le virus ?

- Vous avez l'argent ?

Hassan sourit et se tourna vers l'homme qui se tenait à sa droite et qui lui tendait trois gros sacs de voyage. Il les attrapa un par un et les déposa aux pieds de Berckman.

- Douze millions de dollars, comme convenu. De quoi changer de vie.

Aaron s'agenouilla, ouvrit les sacs et pendant de longues secondes de silence, il plongea ses mains à l'intérieur, vérifiant qu'il n'y ait ni piège, traceur ou arnaque.

Au bout d'un moment, quelque peu impatient, Hassan l'interrompit en se raclant la gorge.

- Le virus ? répéta-t-il.

- Oh! Oui, bien sûr.

Aaron se hâta de refermer les sacs, fit le tour de sa voiture sous le regard attentif de son client, les rangea à l'arrière et revint avec la petite mallette métallique.

Hassan l'ouvrit, jeta un coup d'œil à l'intérieur, puis la referma, la passa à son collègue et se tourna vers Aaron.

- Comme je vous l'ai dit au téléphone, expliqua le généticien, ce virus est un combiné de plusieurs maladies mortelles. Il est fait pour tuer et se propager à très grande vitesse. C'est la parfaite arme bactériologique. Vous y retrouverez des prions, ceux du virus Kuru et de la vache folle et il y a aussi la Rage et de la benzylpipérazine. Tout ça c'est pour les symptôme. En ce qui concerne la transmission, c'est un cocktail assez large qui comprend la grippe H1N1, la peste, le SRAS, le virus du Nil Occidental et la pneumonie atypique. Je n'ai pas eu le temps de faire des tests sur des sujets humains mais vous devriez obtenir des symptômes tels que fièvre, hémorragies internes, agressivité, troubles du comportement et puis la mort. C'est un virus aéroporté, inconnu et sans remède. Lâchez le dans le métro et dans trois semaines maximum, la société américaine se sera effondrée. Si on s'en réfère à la théorie des 1% de Dick Cheney, nos hôpitaux ne peuvent gérer que vingt nouveaux patients en même temps. Et croyez moi, avec ça, il en arrivera des milliers. La santé publique et le gouvernement seront débordés au bout de quelques jours à peine. Ce sera l'équivalent de l'échec de Katherina mais à l'échelle de la nation.

Visiblement passionné par les explications du scientifique, Hassan sourit et lui prit la main entre les siennes.

- Je vous remercie de mettre vos talents au service de notre cause, Docteur Berckman. Vous êtes un homme brillant et c'était un plaisir de faire affaire avec vous.

Aaron hocha la tête timidement et alors que les trois hommes faisaient demi-tour, il s'engouffra dans sa voiture.

Le quatre quatre s'éloigna et finit par disparaître dans les rues de Brooklyn.

Berckman regarda Manhattan devant lui, profitant encore un peu, et sans aucun remord, des lumières de cette ville si pleine de vie qui bientôt ne serait plus qu'un cimetière de béton.


- Lâche ton arme, Angie.

En une fraction de seconde, Michonne avait tiré son sabre hors de son fourreau et le maintenait à présent sous la gorge de la française qui semblait n'y prêter aucune attention, si ce n'était qu'elle n'avait pas encore fait feu et que sa main commençait à trembler. Mais elle ne bougea pas, déterminée à en finir avec Berckman d'une façon ou d'une autre.

Anna était sur le qui-vive, la main sur sa machette mais laissa Michonne prendre la situation sous contrôle. Elle savait que si elle intervenait, ça dégénérerait rapidement.

- Je peux pas, murmura la jeune femme. Je peux pas, il doit mourir …

- Angie, répéta la voix au bout du sabre. S'il te plaît, ne fais pas ça, range ton arme. S'il te plaît.

Michonne lui parlait sur un ton plus doux, voyant bien qu'elle n'arriverait à rien en la brusquant.

- S'il te plaît, insista-t-elle une nouvelle fois.

Elle ne la quittait plus des yeux, cherchant dans son regard l'étincelle de rage qui la convaincrait d'appuyer sur la détente.

Angie sentait la lame froide du sabre sur son cou mais ne voyait que Berckman et son regard faussement effrayé. Elle arrivait encore à distinguer au fond de ses yeux cette petite lueur de tueur que personne d'autre ne semblait voir.

- Angie... lâcha Anna dans un murmure.

La tension durait depuis trop longtemps pour que tout cela finisse bien et tous les spectateurs de la scène retenaient leur souffle, s'attendant à voir le crâne du docteur voler en morceaux à tout moment.

Mais soudain Angie baissa son arme et la lâcha par terre. La pression sous sa gorge disparut aussitôt. Prise de vertiges et de nausée, elle tomba assise, retenue par Tyreese qui s'empressa de donner un coup de pied dans le flingue pour l'éloigner d'elle.

- Je ne me sens pas très bien, souffla-t-elle.

Michonne rangea son sabre et alors que tous gardaient le silence, atterrés devant cette scène surréaliste, elle attrapa Angie sous le bras et la releva.

- Viens, lui dit-elle d'une voix rassurante. On va te trouver un endroit tranquille pour te reposer un peu.

Elle jeta un regard à Daryl, lui assurant qu'elle avait la situation bien en main et elle emmena son amie avec elle.

- Tu nous fais quoi ? lui demanda-t-elle, une fois seules.

Angie secoua la tête d'un air dépité.

- Il nous mène en bâteau, Michonne. Je le sais, je le vois dans ses yeux. Il faut que tu me croies.

- Je sais. Rick te crois aussi. Mais sans preuve, on ne peut pas juste exploser notre seule chance d'avoir un vaccin.

La française pouffa, se laissant docilement conduire dans une ancienne salle de consultation.

Michonne l'aida à s'asseoir sur la table d'examen et la regarda dans les yeux.

- Essaye de te contrôler, garde ton calme et repose toi. Je reviens dans cinq minutes.

Elle lui déposa un petit baiser sur le front puis sortit de la pièce. Désolée de ce qu'elle était obligée de faire, elle ferma la porte à clé derrière elle.

En entendant le déclic de la serrure, Angie redressa la tête et comprit immédiatement. Elle se rua sur la porte dans un regain d'énergie et frappa le panneau avec ses poings.

- Michonne ! Michonne, qu'est-ce que tu fais ?! Michonne !

Mais pas de réponse. Son amie l'avait enfermée là délibérément pour la tenir à l'écart et protéger Berckman. Et peut-être pour la protéger elle, un peu aussi.

Angie recula et se laissa glisser contre le mur, le visage entre ses mains. Face à elle-même, elle n'avait plus d'autre choix que de se remettre en question.

Et si elle avait tord ?


Dans la salle de réunion, Tyreese se retrouva entre Daryl, Anna et un Berckman encore un peu sous le choc.

Il s'excusa, donna une petite tape amicale dans le dos du chasseur et décampa.

Daryl tenta de profiter de cette occasion pour se soustraire à ce trio explosif dont il ne voulait pas faire partie mais Anna le retint.

- Tu t'échappes encore ? demanda-t-elle en croisant les bras et ignorant la présence de Berckman qui mettait Dixon très mal à l'aise.

- Pas maintenant, Anna.

Il tenta de forcer le passage, il n'avait aucune envie de se retrouver mêlé à toutes ces histoires. Le vaccin, il s'en foutait, il n'en avait pas eu besoin jusque là pour survivre et se moquait bien que ce soit possible ou pas. Pour lui, ça ne changerait rien. Quant aux histoires de fratrie qui se déchire, il avait eu sa dose toute sa vie avec Merle et n'avait pas l'intention de se mêler de celles des autres.

Il préférait de loin le calme de Beth aux drames d'Anna. Même s'il avait des sentiments profonds et ambigus pour la jeune française, elle prenait un chemin dangereux, sa sœur aussi, et il ne voyait rien de bon sortir de tout ça. Il était temps pour lui de se détacher d'Anna avant que sa perte ne lui cause un trop grand chagrin.

- Si, maintenant ! insista-t-elle. Maggie est avec Beth, elles n'ont pas besoin de toi et il n'y a rien d'autre à faire en attendant le retour de Rick et Glenn. Pourquoi tu m'évites ?

- Beth a b'soin d'moi, toi t'es une grande fille, Anna ! C'est c'que tu tentais de prouver en sortant l'autre jour, non ? Alors assume.

- J'ai besoin de toi ! Beth a sa sœur et Glenn.

- Tu as une sœur, toi aussi !

- Quoi ? Tu veux dire la tarée paranoïaque qui braque son flingue sur les gens et qui ne m'adresse plus la parole pour autre chose que pour m'envoyer chier ?

- Ça, c'est ton problème.

Anna secoua la tête, retenant des larmes de colère.

- Je pensais qu'il y avait un truc spécial entre toi et moi, dit-elle plus bas afin que Berckman ne puisse pas entendre. Mais depuis que cette fille est revenue, je n'existe même plus. Dis-moi, j'étais quoi pour toi, Daryl ? Une distraction en attendant son retour ? Tout ce que tu m'as sorti c'était du baratin ?

Il soupira et la regarda droit dans les yeux, la main accrochée à la sangle de son arbalète.

- T'as entendu c'que tu voulais entendre, fillette, j't'ai rien promis.

Anna resta figée là, cherchant au fond des yeux du chasseur quelque chose qui lui prouverait qu'il ne pensait pas tout ce qui sortait de sa bouche. Mais il ne lui en laissa pas le temps. Daryl la dépassa en la bousculant au passage et quitta la pièce.

Assis sur sa chaise, Berckman n'avait rien perdu de cet échange et était resté silencieux, savourant de voir Anna se retrouver seule avec nul autre choix que de se tourner vers lui.

Il se leva et trouva que c'était le bon moment pour profiter de la vulnérabilité de la jeune fille, s'approchant d'elle pour la prendre dans ses bras. Mais Anna le repoussa violemment.

- Ne me touchez pas ! cria-t-elle. C'est votre faute tout ça !

Elle éclata en pleurs et laissa s'évacuer sa colère, frustrée de ne pas réussir à mieux contrôler ses émotions et se laisser aller de la sorte devant lui.

- Pardonnez-moi, dit-il. Je voulais juste vous consoler.

Anna essuya son nez avec le revers de sa manche et leva ses yeux rouges et gonflés vers lui.

- C'est moi qui suis désolée.

- Non, vous avez tous les droits d'être en colère contre la terre entière. Daryl vous délaisse pour une inconnue. Rick se sert de vous comme un pion sur l'échiquier et votre sœur, en plus d'être complètement hors de contrôle, vous abandonne à la première occasion venue pour partir en raid avec son amant, alors qu'elle a juré de vous protéger... Vous êtes spéciale, unique, et ça les met tous très mal à l'aise.

- Merci pour la liste, Docteur Berckman, je me sens tout de suite mieux.

- Je suis désolé... Les relations humaines, c'est pas mon truc.

- A moi non plus, visiblement.

Il posa sa main sur la sienne et la serra doucement.

- Vous êtes dans cet état de colère car vous savez que bientôt vous allez devoir prendre une décision très difficile, et je ne voudrais pas être à votre place. Mais vous n'êtes pas seule, Anna. Je suis là pour vous écouter.

Elle le regarda et se pinça les lèvres, essayant de paraître reconnaissante et non encore plus désespérée de n'avoir plus que lui comme roue de secours.

- Je sais. Merci, Aaron.


L'incendie du lycée noircissait toujours le ciel lorsque Rick et Glenn rentrèrent, un peu plus tôt que prévu et sans encombre.

Tyreese et Sasha leur ouvrirent la grille, et en profitèrent pour régler leur compte à quelques rôdeurs un peu trop persistants.

Rick sauta du camion et attrapa son fusil resté dans la cabine. Du coin de l'œil, il vit Michonne descendre l'allée des jardins jusqu'à eux et le barbu leva les yeux au ciel, se demandant ce qui avait bien pu se passer en si peu de temps pour avoir le droit à un comité d'accueil. Encore.

Maggie la suivait, une main au dessus de ses yeux pour se protéger du soleil. Elle sourit en voyant son époux descendre du camion à son tour, sain et sauf. Rick regretta de ne pas pouvoir avoir le même accueil de la part d'Angie, mais Carl était là, assis sur les marches de la porte principale, profitant des rayons du soleil, sa petite sœur dans les bras.

L'adolescent prit la main de la petite fille et lui fit faire un petit signe à leur père.

Rick sourit. Retrouver son fils et sa fille vivants à chaque fois lui suffisait.

- Tout va bien ? demanda-t-il à Michonne en ouvrant les portes arrières de la camionnette.

- Personne n'est mort, c'est déjà ça. Mais ça n'a pas été sans mal.

- Explique ?

- Ta petite amie a essayé de tuer Berckman... Et sa sœur, en faisant à nouveau preuve de la plus grande imprudence, à réussi à révéler le nom de notre tueur.

Elle lui tendit le bout de papier.

- J. Landa ? demanda Rick. Donc ça disculpe définitivement Berckman.

- Angie pense que c'est ce qu'il veut.

Il hocha la tête.

- On ne doit pas évincer totalement cette piste pour l'instant. On sait quoi d'autre sur ce Landa ?

- Rien. Juste qu'il frappera à nouveau.

- Qu'est-ce que tu suggères ?

Michonne soupira.

- On doit rester ici pour le vaccin, le seul autre endroit qui pourrait être adapté à nos besoins c'est l'ancien hôpital... En même temps, si on reste, on prend un très gros risque. Le mieux serait de pouvoir frapper les premiers, mais on ne peut pas tuer Berckman et on ne sait pas où est ce Landa, ni même s'il existe vraiment... Rick... Tu veux vraiment ce vaccin ?

Le leader regarda ses deux enfants jouer au soleil. La réponse était évidente.

- Tout ce que nous avons vécu, ce par quoi nous sommes passés, tout ça nous a amenés ici, on doit essayer.

- Alors on reste ?

- On reste.

Michonne acquiesça en silence.

- Alors on doit être prêts pour ce qui arrivera.

- Cet après midi, on va placer les panneaux métalliques contre le grillage nord pour le consolider et bloquer la vue. On ramènera toute la neige pour barricader le tout, avec des congères pareilles, ça ne fondra pas avant plusieurs jours et on sera partis d'ici là. C'est du bricolage, mais ça fera l'affaire. Je vais mettre Angie là dessus, ça la tiendra éloignée de Berckman.

- A propos d'Angie, j'ai dû l'enfermer un moment, elle n'était pas bien et vraiment hors de contrôle...

Le regard de Rick s'assombrit soudain.

- Tu l'as quoi ?!

- Je devais la mettre à l'écart.

- Où ?

- Dans la salle d'examens 3. Tu dois la convaincre de se calmer, la situation est déjà assez compliquée comme ça..

Mais Rick s'élançait déjà. Il sauta d'une enjambée les quatre marches de l'entrée, sous les yeux d'un Carl, perplexe.

- Papa ?

Il ne l'entendit pas et entra dans le bâtiment. Carl se leva, Judith dans les bras et il décida de le suivre.

Rick trouva la clé de la salle d'examen par terre au pied de la porte. Visiblement Angie n'était pas restée inactive bien sagement et avait tenté de crocheter la serrure, sans succès.

Il l'a trouva assise sur la table, les pieds ballants dans le vide, à enfiler des balles dans son chargeur comme des perles sur un collier.

En voyant le leader entrer, elle posa son arme et vint sans un son se blottir dans ses bras.

- Je crois que je deviens folle, dit-elle.

Il déposa un baiser sur sa tête.

- Non, pas encore. Juste très méfiante. Mais c'est ce que ce monde fait de nous. Tu n'y peux rien et dans un sens, tu as raison.

- Je sais que c'est lui, Rick, je le sens !

Il prit son visage entre ses mains et la regarda dans les yeux.

- Deux jours. C'est tout ce qu'il te faut tenir. Après ça, vaccin ou pas, on partira loin d'ici et on emmènera Anna, de gré ou de force.

- Elle ne partira pas sans lui.

- Alors on fera en sorte qu'il ne soit plus dans l'équation, Ok ?

Angie hocha la tête.

- En attendant, continua-t-il, il est impératif que tu fasses profil bas. J'aimerais que tu veilles sur Beth pendant que je m'occupe davantage du cas de Berckman avec Daryl. Mais tu dois rester en dehors de ça, sinon tu ne feras qu'aggraver les choses avec Anna. Il ne vaut vraiment pas la peine de vous entre-tuer.

La jeune fille tiqua sur ce dernier mot.

- Et si on en arrivait là ?

- On n'en arrivera pas là.

- Mais Shane et toi, c'est ce qui s'est passé, non ?

- Époque différente, situation différente.

Malgré ses mots rassurants, il pouvait voir la panique et la peur d'Angie au fond de ses yeux.

Il l'attrapa et la serra contre lui, essayant de la faire penser à autre chose qu'à l'éventualité d'un fratricide.

- Je suis là, on va s'en sortir, quoi qu'il arrive, je ne te laisserai pas tomber.

Il l'embrassa doucement, ses mains relevant délicatement le visage de la jeune française vers le sien.

Angie sentit les battements de son cœur se calmer un peu et tenta d'oublier ses craintes dans cette étreinte. Mais un petit grincement lui fit ouvrir les yeux et elle distingua la silhouette de Carl dans l'entrebâillement de la porte.

- Oh merde, jura-t-elle en sursautant et s'éloignant de Rick d'un bond, juste au cas où elle pourrait encore tromper les apparences.

Mais le jeune homme les avait définitivement démasqués.

Elle pensait qu'il partirait dans une rage folle, mais il resta là et poussa doucement la porte, Judith toujours dans les bras.

Rick ne savait plus où se mettre et d'un air gêné, il se pinça les lèvres et leva une main vers son fils.

- Carl...

- Papa, ça va.

Son père baissa la main, surpris, et Angie ouvrit de grands yeux ronds, le souffle coupé par cette réaction aussi calme qu'inattendue.

- Je m'en doutais un peu , dit l'adolescent en avançant vers eux. C'est pour ça que je n'aimais pas Angie au début. Elle est comme toi. Et je savais qu'elle te plairait, j'avais peur.

- T'es pas en colère ? demanda la jeune fille.

- Je me suis rendu compte au final que je m'étais trompé sur toi. T'es pas que comme mon père. T'es comme nous tous, et c'est encore mieux. Tu m'as déjà sauvé une fois et je commence à comprendre que tu ferais n'importe quoi pour nous. Alors tu mérites que je te foute un peu la paix.

Angie resta muette, ravie mais gênée par cette déclaration, elle enfouit maladroitement ses mains au fond de ses poches.

- Merci Carl. C'est très... mâture de ta part.

Rick sourit dans sa barbe et baissa la tête.

C'était plutôt comique de voir ces deux adultes craindre la réaction d'un ado et se sentir soulagés d'avoir sa bénédiction.

- Oui, merci Carl.

Il attrapa son fils et le serra contre lui, touché par ce nouveau comportement.

- Je sais que Maman est morte il y a longtemps et que tu as le droit à un peu de bonheur. C'est aussi pour ça que l'on se bat. Et la mort de Tara m'a rappelé qu'on n'a pas beaucoup de temps devant nous.

Il sourit et pointa Angie du doigt.

- Mais que ce soit clair : ni Judith ni moi ne t'appellerons jamais « maman ».

- Oui je préférerais que vous vous absteniez, ça serait cool.

Rick et elle réalisèrent soudain que s'en était fini de leur secret et qu'ils n'auraient plus à faire attention, ou à s'éclipser en douce pour un moment à deux. Maintenant, tout le monde savait et encore mieux, tout le monde approuvait.

Angie se sentait enfin totalement acceptée dans le groupe et elle ne voulait perdre ça pour rien au monde. Les deux amants se lancèrent un petit regard plein de tendresse puis Angie s'éclipsa avec Judith, soudain prise d'un élan d'affection pour les enfants Grimes. Les laissant profiter d'un moment entre père et fils, elle alla faire la connaissance de Beth.


La pièce était plongée dans le noir et Angie eut du mal à distinguer la forme humaine, assise par terre contre le pied du lit.

- Qui est là ? demanda une petite voix fluette, peu rassurée.

- Heu... Je suis Angie, je t'amène quelqu'un qui veut te voir... Je peux ouvrir les rideaux ?

- Vas-y.

La lumière s'engouffra et la française découvrit une jeune fille blonde, maigre et pâlotte qui couvrait ses yeux avec son bras.

- Désolée, s'excusa cette dernière. Parfois j'ai l'impression que les murs se resserrent autour de moi, alors je préfère ne pas les voir.

Elle se mit debout et remarqua enfin Judith.

Angie vit tout de suite à quel point la vue de la petite fille enlevait instantanément toute peur et angoisse du regard de Beth qui tendit les bras pour l'attraper. L'enfant passa dans ses bras et la française enfonça ses mains dans ses poches. Elle recula d'un pas pour s'écarter de ces retrouvailles.

- C'est fou ce qu'elle a grandi ! s'émerveilla Beth en secouant la petite main dans la sienne.

Angie se pinça les lèvres, ne sachant pas trop quoi lui répondre, parler « bébé », ça n'était pas son fort. Heureusement, Beth changea vite de sujet.

- Alors tu es Angie Roses ? Maggie m'as pas mal parlé de toi.

- Elle m'a beaucoup parlé de toi aussi.

- Tu as une sœur aussi, si j'ai bien compris ?

- Oui... Anna, soupira-t-elle. Mais je ne pense pas qu'elle viendra te voir tout de suite.

- Pourquoi ?

- Tu occupes beaucoup Daryl ces derniers temps, ça ne lui plaît pas trop.

- Ha. Alors... Daryl et ta sœur... Oui, bien sûr, ça explique beaucoup de choses.

- Lui et toi, vous... ? Enfin...

- Non ! Non, pas du tout. Nous nous aimons beaucoup, Daryl et moi, c'est certain, mais ce n'est que très fraternel. Dis à ta sœur de ne pas voir une menace en moi. Il culpabilise juste que j'aie été enlevée sous sa garde. Daryl a un très grand cœur, même s'il le cache bien. Elle y a aussi sa place, je le sais.

Angie hocha la tête, sachant très bien qu'elle ne le ferait pas. Elle avait déjà du mal à adresser la parole à Anna alors lui transmettre des messages comme au lycée, certainement pas. Un sujet beaucoup plus important que la vie sentimentale de sa sœur lui brûlait les lèvres.

- J'imagine que ça doit être très dur pour toi de repenser à tout ça mais... L'homme qui t'a fait ça... Tu sais qui c'est ?

Beth baissa les yeux et se concentra sur Judith pour ne pas perdre la face devant une inconnue.

- J'ai déjà dit tout ce que je savais à Rick, à Maggie, à Glenn et Daryl encore et encore. Un gars plutôt séduisant, dans sa petite cinquantaine, je dirais... Plus le temps passe et moins je me souviens de son visage. Il m'a injecté tellement de produits, j'étais droguée à longueur de temps. Dans mes cauchemars, il ressemble plus à un démon qu'à un humain.

- Je suis désolée... Je ne voulais pas...

- Ça va, ne t'en fais pas. Je ne suis pas bête, Maggie m'a dit qu'il y avait un médecin ici, et visiblement il refuse de me voir. Je comprends que vous ayez des doutes sur lui.

- C'est plus compliqué que ça... Tu ne veux toujours pas sortir de cette chambre ?

Beth secoua la tête et serra Judith dans ses bras. C'était trop tôt mais Angie, pleine de ressources, imagina une autre solution. Beth pouvait peut-être identifier Berckman et elle ne voulait pas passer à côté de cette chance.

Elle attrapa une feuille de papier qui traînait sur un bureau et sortit un crayon de sa poche.

- Tu te sens de me le décrire avec les souvenirs qu'il te reste ?

La petite blonde ferma les yeux et Angie commença à douter. Elle ne la connaissait même pas et elle avait l'impression que, peut-être, elle lui en demandait trop.

Mais contre tout attente, Beth prit une grande inspiration et accepta, s'excusant pour les lacunes de sa mémoire et ne lui promettant aucun résultat probant.


Berckman avait tout regroupé, fioles, seringues et microscope dans le plus grand sac qu'il possédait et son analyseur de particules sous le bras. Il s'apprêtait une fois de plus à quitter le centre discrètement, pour rejoindre son quatre quatre garé non loin. Il y avait déjà installé tout son matériel le plus incriminant ainsi que tout ce qu'il avait subtilisé dans l'armurerie du groupe. Quand il reviendrait, il était presque certain que les membres du groupe de Rick ne se compteraient plus que sur les doigts d'une seule main.

Mais en s'échappant du centre, il ne fut pas aussi discret qu'il le pensait.

- Qu'est-ce que vous faites ? demanda une voix derrière lui.

Il sursauta et fit volte-face, se retrouvant face à Anna, qui, sa machette à la main, le dévisageait d'un air perplexe.

- Vous partez... constata-t-elle à la fois déçue et en colère.

Pas lui ! Il ne pouvait pas la trahir et s'enfuir avec son avenir sous le bras. Pas comme ça ! Pas maintenant !

- Ce n'est pas ce que vous croyez, se justifia-t-il. Il est évident qu'une grande menace plane sur vous tous depuis un bon moment déjà. Tout ça va bientôt vous exploser à la figure et je ne tiens pas à être là quand ça se produira.

Anna se jeta sur lui et le plaqua contre le mur.

- Vous fuyez comme un lâche ! siffla-t-elle.

- Non je dois protéger le vaccin !

Elle le lâcha, bouche-bée et recula d'un pas.

- Vous l'avez trouvé ?!

- Pas tout à fait, mais ce sac contient des prototypes prometteurs... Anna, ce matériel ne peut pas tomber entre de mauvaises mains et vous non plus... Venez avec moi !

Elle recula encore et secoua la tête, déboussolée et pleine de doutes. La jeune fille tenta de dire quelque chose, mais qu'elle essaye de dire non, ou même oui, elle ne parvenait qu'à ouvrir la bouche sans émettre le moindre son, submergée par un débat sans fin dans son propre esprit. Il lui fallait choisir entre sa sœur et ses amis, ou le vaccin.

- Venez avec moi, répéta-t-il en lui tendant la main. Vous savez que Rick ne me laissera pas revenir sans un vaccin, après que je me sois enfui devant les ennuis. Je ne peux pas le laisser l'avoir non plus. Il va le garder pour lui tout seul et tout espoir de sauver l'Humanité sera perdu ! Vous le savez, Anna, et vous devez prendre cette décision, maintenant !

- Je... J'peux pas... bégaya-t-elle

- Si vous venez maintenant vous n'aurez pas à tuer votre sœur et vos amis pour le protéger.

Elle leva des yeux plein de larmes vers lui, se demandant comment il pouvait dire ça. Mais Anna savait au fond d'elle-même qu'il avait raison. Si les choses continuaient sur cette voie, c'était une option à laquelle elle devrait réfléchir et son cœur se brisa lorsqu'elle s'imagina tuer Angie de ses mains. Jusqu'où serait-elle prête à aller pour sauver le monde ?

- Non, affirma-t-elle enfin.

Elle n'était définitivement pas prête à tout sacrifier pour suivre un inconnu.

- Mais vous devez me promettre de revenir avec ce vaccin, Berckman. Sinon je jure de vous pourchasser jusqu'à ce que je vous retrouve et je vous garantis que vous n'aimerez pas ça.

Ignorant ses menaces, il ramassa ses affaires, fouilla dans son sac à dos et en tira un gros téléphone noir qu'il lui tendit. Anna l'observa, perplexe.

- Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça ? demanda-t-elle sur un ton un peu hautain.

- C'est un téléphone satellite, une rareté très prisée de nos jours car les boîtes de conserves, qui gravitent autour de notre terre et qui relayeront ce signal, peuvent fonctionner sans maintenance humaine pendant des années. Prenez-le, je vous contacterai avec le mien, le temps voulu.

- Vous deviez être vraiment bien préparé à l'apocalypse pour survivre seul aussi longtemps et mettre la main sur de tels objets. Où les avez vous eus ?

- C'est une autre histoire... Anna, promettez-moi de survivre aux prochaines heures. Car revenir ici, si vous n'y êtes plus, avec ou sans vaccin, c'est signer mon arrêt de mort.

Anna acquiesça et dut prendre sur elle pour le laisser partir malgré tout, emmenant avec lui tout ce en quoi elle croyait.


Angie avait presque fini de dessiner les yeux lorsque Sasha entra dans la chambre de Beth, un peu essoufflée.

- On a besoin de toi dans la cour pour bosser sur les clôtures. Le feu à l'est s'est éteint et les rôdeurs reviennent petit à petit, on doit se dépêcher.

La jeune femme disparut aussi vite qu'elle était arrivée.

Angie soupira, posa son dessin et se leva, peu inspirée à l'idée d'aller déplacer de la neige alors que le jour commençait à décliner.

- Le devoir m'appelle, je te confie Judith, dit-elle à Beth. On reprendra ça plus tard si tu...

Mais la jeune fille la rattrapa par la manche.

- Ne me laisse pas toute seule ! S'il te plaît !

Angie soupira, touchée par la détresse de Beth.

- T'es pas toute seule : tu as la petite dure à cuire avec toi. Elle te protégera mieux que moi. Tu es en sécurité ici.

- Tu sais bien que non, je l'ai vu dans les yeux de ma sœur et dans ceux de Daryl. Je le vois aussi dans les tiens. Quelque chose se prépare et aucun de nous n'est en sécurité.

Angie revint sur ses pas et s'assit près d'elle.

- Ce qui approche pour l'instant, ce sont les rôdeurs et si je ne descends pas donner un coup de main, en effet plus personne ici ne sera en sécurité...

Elle prit la main de Beth dans la sienne.

- Et pour le reste, on s'en sortira comme toujours. Je te promets que rien de dangereux n'entrera dans cette pièce tant que tu y seras. Pour te le prouver, je te laisse ma hache.

Elle accompagna ses paroles en attrapant son arme favorite dans son dos et la posa contre le lit de fortune de Beth, juste contre la jambe de la jeune fille.

- C'est mon arme porte-bonheur. Elle te portera chance. Comme ça, tu peux être sûre que je vais revenir, au moins pour la récupérer... Ok ?

La blonde hocha la tête.

- Ok.

Enfin, certaine d'avoir ne serait-ce qu'un peu réconforté la petite sœur de son amie, Angie se releva et alla pour sortir.

- Angie ?

Elle stoppa encore sur le pas de la porte.

- Merci.

La française ne lui répondit pas et se contenta de lui renvoyer un sourire confiant qui signifiait « pas de quoi ».


Le soleil était descendu derrière les immeubles encore debout. Anna, seule, frissonna en glissant sa pelle sous un tas de neige. Planter, lever, jeter et recommencer. Le tout en tâchant d'ignorer le froid qui mordait ses petits doigts tout bleus, gelés, serrés autour du manche.

Elle ressassait encore et encore dans sa tête les derniers événements, essayant de trouver une issue satisfaisante pour tout le monde. Mais avec son caractère et l'obstination de sa sœur dans l'équation, elle n'en voyait aucune.

« S'il n'y pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème », comme disaient les Shadoks.

La neige craqua sous des pas qui approchaient. Elle leva la tête, à moitié emmitouflée dans le poncho de Daryl. La boule au ventre, elle vit Angie avancer vers elle, chaudement vêtue, le visage dissimulé par sa capuche bordée de fausse fourrure et une pelle à la main.

Lorsque celle-ci s'arrêta, elles s'observèrent en silence, pendant quelques secondes qui leur parurent durer une éternité. Elles n'entendaient rien d'autre que les grognements des rôdeurs derrière des panneaux métalliques installés à la va-vite l'après midi-même et les murmures du vent glacial.

Angie baissa les yeux la première et fit mine de s'atteler à la tâche. Anna continuait de la regarder et elle baissa la partie du poncho qui lui protégeait le nez et la bouche.

- Tu n'es pas à la super réunion d'état d'urgence ? lui demanda-t-elle.

Angie continua à pelleter et lui répondit sans s'arrêter.

- Je suis là, comme tu peux le voir... A vrai dire je savais même pas qu'il y avait une réunion. Sasha m'a dit de venir aider ici, que c'était urgent.

L'aînée sourit, ce plan venait-il de Sasha elle-même ou de Rick ? Dans les deux cas, ils avaient été malins de prétexter avoir besoin de renfort aux grilles, s'ils lui avaient dit qu'elle devait aller tenir compagnie à sa sœur pendant qu'ils se réunissaient, visiblement dans le dos de celle-ci, jamais Angie n'aurait accepté.

- Il semblerait qu'on soit toutes les deux exclues des discussions importantes, dorénavant.

Anna pouffa.

- Comme si toi tu pouvais être exclue de quoi que ce soit... Je sais très bien de quoi ils débattent là-haut. Je sais aussi que Rick te dit tout et si tu es là, c'est parce qu'il ne restait plus que toi pour me surveiller. Juste au cas où je décide de refaire une petite balade.

- Fais ce que tu veux, tu es une grande fille. Si tu veux aller te promener en ville, je ne te retiens pas.

Anna secoua la tête, blasée et écœurée par le comportement de sa grande sœur.

- Jusqu'où tu vas aller, Angie ? Hein ?

Cette fois-ci, l'aînée cessa de déplacer de la neige, elle s'appuya sur le manche de la pelle plantée dans le sol, et elle tira sa capuche en arrière.

- Comment ça va finir tout ça ? insista Anna. Je ne lâcherai pas, tu ne céderas pas non plus...

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Est-ce que tu vas me tuer pour donner le vaccin à Rick et ses gosses ?

Angie lui répondit mais ne réussit pas à la regarder dans les yeux.

- Bien sûr que non... On en arrivera pas là...dit-elle en reprenant les mots de Rick un peu plus tôt.

- Ça veut dire que si on en arrive là, tu le feras, pas vrai ? Angie regarde moi, putain !

La rouquine releva la tête, non sans difficulté.

- Tu choisiras Rick plutôt que moi.

- Anna, il n'y a pas de vaccin ! hurla sa sœur. Il n'y en a jamais eu et n'y en aura jamais ! Ça, c'est le monde dans lequel on vit maintenant. Il n'y a pas de retour possible ! Tu dois t'y faire, tu dois... t'adapter ! Toutes les personnes encore vivantes à cette heure-ci sur cette planète sont des tueurs en puissance, toi, moi, Rick, Daryl et même ton cher docteur Berckman. On ne pourra jamais recréer une société civilisée !

- Arrêter d'y croire c'est choisir de mourir.

- Et toi alors, si « on devait en arriver là », est-ce que tu me tuerais pour protéger ton vaccin ?

Cette fois, ce fut Anna qui baissa le regard et son absence de réponse marqua un point pour Angie.

- Alors on en est là, lâcha celle-ci dans un souffle choqué.

- On en est là, répondit froidement Anna.

Angie secoua la tête et haussa les bras.

- J'y crois pas...

- De toute façon ça n'a plus d'importance...

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Anna ignora la question et recommença à soulever de la neige.

- Qu'est-ce que tu veux dire par « ça n'a plus d'importance » ?!

- Rien, oublies.

Angie se rapprocha de sa sœur, jusqu'à se trouver presque collée à elle, son visage à quelques centimètres du sien pour mieux capter son regard.

- Anna ! Dis moi ! Tu sais quelque chose que j'ignore. Dis le moi !

- Berckman est parti ! cria la jeune fille en reculant, grimaçant de colère.

L'aînée resta sous le choc.

- Quoi … ?!

- Il est parti ! répéta Anna. Parti ! Avec toutes ses recherches ! Tu es soulagée ?!

- Parti où ?

- Mais j'en sais rien, moi !

Angie jeta un coup d'œil nerveux autour d'elle. Les cris d'Anna la mettait mal à l'aise mais tout restait silencieux. Elle n'entendait même plus les rôdeurs cogner contre les grilles.

- Il faut que je le dise à Rick, lâcha-t-elle comme pour elle-même.

Elle jeta sa pelle par terre pour se séparer d'un poids et remonter les jardins enneigés plus vite.

- Non ! hurla Anna.

Elle sauta sur sa sœur et lui attrapa les jambes. Angie tomba lourdement dans la neige, tentant de faire lâcher prise à Anna en battant des pieds.

Si jamais Rick apprenait que Berckman avait fui, il ordonnerait immédiatement leur départ à tous et Anna devait à tout prix attendre le retour du docteur.

Elle prit un coup de tibia dans le menton qui lui fit perdre du terrain et Angie parvint tant bien que mal à se remettre debout, déjà prête à continuer sa route.

- Arrête ! cria Anna.

Angie se figea en entendant le déclic de l'arme derrière elle. Doucement, elle leva les bras et se tourna vers sa sœur qui tenait son Beretta d'une main tremblante.

- Je vais pas te tirer dessus, dit-elle. Mais tu ne peux rien dire à Rick, pas pour l'instant. Berckman va revenir avec le vaccin, il l'a promis !

- Tu sais bien que je ne peux pas. Alors tire moi dessus tout de suite, qu'on voie si tu en es vraiment capable.

Anna se pinça les lèvres, tâchant de rassembler toute sa concentration derrière le viseur, histoire de faire perdre ses moyens à sa sœur et de la faire céder.

Mais soudain, son visage se décomposa en une expression de peur et elle lâcha son arme qui tomba dans la neige. Elle recula d'un pas, livide, comme si elle avait vu un fantôme.

Angie ne mit qu'une seconde à comprendre et se retourna.

Neuf hommes avançaient vers elles, le bruit de leurs pas étouffés par la neige, et les encerclaient déjà, leurs fusils d'assaut pointés sur elles.

Tout se passa en un souffle. Elle reconnut tout de suite le visage du meneur au centre qui venait vers elles avec un grand sourire, la bouche et les bras grands ouverts comme devant une formidable surprise.

Les yeux d'Angie s'écarquillèrent de terreur et elle posa sa main sur son Colt Anaconda, mais un canon contre sa tempe la dissuada d'achever son geste. Elle envisagea, l'espace d'un instant, de jouer le tout pour le tout et de tirer quand même, mais ne put s'y résoudre, tétanisée par la peur.

L'homme s'arrêta devant elles avec toujours cette même attitude, agréablement surpris.

- Je n'y crois ! explosa-t-il. Je viens pour le pillage, et c'est sur la vengeance que je tombe ! Comme le monde est petit de nos jours !

Angie serra les dents, sentant soudain monter en elle une irrépressible envie de tuer. Il s'approcha d'elle, frôlant la joue de la jeune fille de son nez.

- Toi... Tu as tué trois de mes hommes l'année dernière... Contente de me revoir ?

Il la saisit par les cheveux et lui tira la tête en arrière, le canon de son arme sous le menton.

- J'aurais dû tous vous tuer ! siffla-t-elle.

Jackson Landa éclata de rire et la lâcha, s'éloignant de quelques pas en admirant le centre médical qui se dressait devant lui.

- C'est sympa chez vous. Un peu exposé à mon goût, toutefois...

- On est nombreux, le prévint Angie. Plus que vous ne le pensez et très bien armés. Vous êtes certainement déjà dans leurs viseurs et ils n'hésiteront pas à tirer.

- Vous êtes onze. J'ai huit hommes, deux otages et l'effet de surprise en prime. Je vais tenter ma chance sur ce coup là, si tu permets !

- C'est moi que vous voulez, c'est moi qui ai tué vos hommes, alors prenez moi et laissez les autres tranquilles.

Landa leva les yeux au ciel et soupira, blasé.

- Ton côté héroïne qui se sacrifie me donne toujours envie de gerber. Et si je te tuais maintenant plutôt...? Ça ne me ferait plus que dix personnes à gérer...

Il tendit le bras et visa Angie, prêt à tirer.

- Alors ? Qu'en dis-tu ?

La sécurité sauta en un clic.

- Attendez ! cria Anna dans un sursaut, sortant de son silence.

Landa retint son geste et regarda la jeune fille.

- On est immunisées ! lança-t-elle. Contre la maladie et les rôdeurs.

- Anna, non !

- On peut vous être utiles, mais seulement vivantes.

- Putain... jura sa sœur.

Jackson resta un instant interloqué puis il éclata d'un fou rire incontrôlable. Les mains appuyées sur ses genoux, il avait du mal à reprendre son souffle et son sérieux. Tout autour de lui, ses hommes ricanaient à l'unisson.

Anna commençait à se demander si ce plan allait vraiment fonctionner lorsqu'enfin, il se calma et essuya ses larmes d'un revers de manche.

- C'est l'excuse bidon la plus originale que l'on m'ait jamais servie ! s'exclama-t-il en continuant de rire. Mais vous allez mourir quand même.

- Non !

Anna leva la paume de sa main vers lui et dévoila la morsure infligée quelques jours auparavant sur la route, et qui commençait déjà à bien cicatriser.

Landa s'approcha d'elle, lui saisit le poignet et l'attira plus prêt de lui. Il regarda Anna, la morsure et à nouveau Anna. Puis il plaqua sa main sur le front de la jeune fille qui sursauta à son contact.

- Pas de fièvre, murmura-t-il.

- J'suis pas une menteuse. Il existe un vaccin et nous seules pouvons vous en faire profiter.

Angie regardait sa sœur qui, pour elle, venait de commettre la plus grosse erreur de sa vie. Les yeux emplis de colère et de déception, elle ne pouvait y croire. Finalement, Berckman n'aurait peut-être pas le temps de tous les tuer un par un. Les démons de leur passé s'en chargeraient pour lui. Elle en voulait énormément à sa sœur à cet instant. Elles auraient pu gagner du temps jusqu'à ce que quelqu'un, à l'intérieur, ne les remarque ou que les tours de garde ne reprennent. Mais Anna venait de les inviter à rester, mettant tout le groupe en danger. A aucun moment, perdue dans sa colère, Angie n'imagina que sa sœur venait peut-être aussi de lui sauver la vie.

- Et elle ? demanda Landa en indiquant Angie d'un mouvement de tête.

- C'est ma sœur, on l'est toutes les deux.

Ça, ça n'avait jamais été prouvé. Angie ne voulait même pas le savoir et elle trouvait ça très dangereux de mentir sur ce sujet.

Jackson Landa rangea finalement son arme après un long moment de réflexion, mais ses hommes ne l'imitèrent pas et les gardèrent en joue.

Sous ses ordres, ils récupérèrent toutes les armes des deux jeunes filles, puis le chef se tourna à nouveau vers le centre médical.

- Tout ça devient vraiment très intéressant...


Rick avait une nouvelle fois réuni son groupe et il les avertit qu'en dépit des nouveaux éléments incriminant un certain J. Landa, ils ne devaient pas relâcher leur vigilance en ce qui concernait Berckman.

Carol était enfin sortie de sa chambre, son moignon maintenu dans une atèle accrochée autour de son cou dans laquelle elle avait pris soin de dissimuler un petit couteau.

Tous espéraient être partis avant que la menace n'arrive à leur porte. Deux jours, c'est tout ce qui leur fallait attendre. Et même si beaucoup n'étaient pas partisans de la politique du «attendre et voir » de Rick, ils étaient tous d'accord sur le fait que quitter le centre sans savoir si un vaccin était, oui ou non, possible, n'était pas envisageable.

Alors ils attendraient, malgré les risques.

A la fin de la réunion, le leader se tourna vers Sasha.

- Angie est toujours dehors avec Anna ?

La jeune femme hocha la tête.

- On n'a pas entendu de coups de feu, plaisanta-t-elle. C'est plutôt bon signe !

- Il fait trop froid pour rester si longtemps dehors, elles doivent rentrer se réchauffer un peu. Prends Ty avec toi et remplacez les une petite heure, Ok ?

Sasha acquiesça et il lui tapa amicalement l'épaule mais le shérif fronça soudain les sourcils, l'air soucieux. La jeune femme qui allait partir se stoppa dans son élan et le regarda dans les yeux, l'interrogeant du regard sur ce qui n'allait pas.

Parmi les voix de ses compagnons autour de lui, il avait cru entendre un cri mais n'en était pas vraiment sûr.

Le regard dans le vide, il tendait l'oreille, espérant une hallucination auditive. Peut-être Judith, toujours avec Beth, qui s'était mise à pleurer au bout du couloir.

Les autres avaient visiblement entendu quelque chose aussi et leurs voix s'estompèrent doucement pour laisser place à un inquiétant silence. Ce n'était pas Judith.

- RIIICK !

C'était ça, le cri qu'il avait entendu et avant même que celui-ci ne s'estompe, le leader s'élançait dans les couloirs, son AK47 déjà à la main, suivi par tous ses compagnons.

Il n'avait même pas pris le temps de ressentir une quelconque peur en entendant Angie crier son nom d'une façon aussi alarmante. Sa seule pensée, son seul but était d'arriver auprès d'elle le plus vite possible. Dans sa précipitation, il n'avait même pas ordonné à son fils de rester en arrière et Carl, animé par l'envie de se battre comme son père, courait juste derrière lui.


Landa et ses hommes entrèrent sans encombre dans le centre, à première vue désert, munis de leurs deux otages. Ils prirent position dans le hall d'entrée et Landa resta bien au centre, protégé de ses hommes, avec les deux sœurs attachées.

- Appelle ton chef, ordonna-t-il à Angie. Et ne me fais pas demander une deuxième fois. Ou je tire une balle dans la jambe de ta sœur.

La jeune femme lui lança un regard noir et s'exécuta une première fois. Au bout de quelques secondes, il pressa son arme sur ses côtes et demanda.

- Encore. Et plus fort.

A contre cœur, Angie appela Rick une seconde fois et aussitôt ils entendirent un brouhaha dans les étages.

- Très bien, les voilà ! s'exclama Landa. Mettez-vous en position.

- En position ? s'écria Anna. En position pour quoi ?!

Personne ne lui répondit et sept des hommes mirent un genou à terre, leurs fusils braqués sur la porte battante devant eux. Le huitième tenait Anna, et Landa allongea Angie face contre terre, la maintenant au sol en appuyant sur sa nuque d'une main et il tenait son arme dans l'autre, le canon sur sa tête, prêt à accueillir une troupe remontée et armée.


Rick sauta d'une enjambée les quatre dernières marches et heurta violemment les portes battantes, faisant une entrée fracassante. Mais en découvrant le tableau qui se dressait devant lui, il freina sa course et s'arrêta, le souffle coupé par la scène.

Le regard perdu et désespéré, sous le choc, il vacilla d'un pas en arrière alors que ses compagnons découvraient à leur tour l'étendue et la gravité de la situation.

- Posez-vos armes et faites les glisser loin de vous, ordonna Landa.

Il n'avait même pas besoin d'ajouter un « sinon je... », la menace étant suffisamment claire.

Acculés et sans autre choix, ils obéirent. Ils trouveraient forcément un moyen de s'en sortir, ils avaient réussi au Terminus, ils y arriveraient ici aussi.

- Qui êtes vous ? demanda Rick.

- Vous êtes tous là ! C'est gentil de me faciliter le travail !

- Répondez à la question !

- Du calme Cow-Boy, je n'aime pas trop ce ton ! Cela dit... C'est vrai que savoir qui va vous tuer est d'une importance capitale ! Je suis Jackson Landa et ces jeunes filles et moi-même avons des comptes à régler.

Daryl s'avança.

- C'est pour ça que vous nous harcelez depuis des mois ?

- Reste où tu es, Redneck. Et je dirai que c'est plus une histoire de circonstances.

- Qu'est-ce que vous voulez ? continua Rick.

- Mais la même chose que vous : le vaccin. Et vous allez tout de suite me dire où je peux le trouver.

- Il n'y pas de vaccin.

Landa éclata de rire.

- Y a quoi de si drôle ? siffla Sasha avec son regard de lionne, droite comme un i à côté de Tyreese.

- C'est marrant, votre amie, ici présente, ne m'a pas raconté la même histoire, dit-il en regardant Anna. Ce sont vos pitoyables tentatives de mensonge qui me font rire. Mais tu as raison sur un point, ma belle... Il n'y a rien de drôle dans toute cette histoire.

Du rire forcé, il était passé à une expression ironiquement désolée, teintée de mépris et il fit signe au premier tireur à sa gauche.

- Tue le gros black.

Sasha n'eut pas le temps de hurler que le coup était déjà parti et la balle toucha Tyreese à la gorge. Des cris d'horreur retentirent et, le visage couvert du sang de son frère, elle bascula à genoux sous le poids du corps qui s'écroulait dans ses bras.

Tous avaient hurlé, sauf Rick qui restait figé là. Ses jambes tremblantes sous le poids de son corps, son regard rouge et humide fixé sur sur son ami, choqué, presque ailleurs. Ses lèvres entre-ouvertes laissaient échapper un souffle irrégulier et saccadé et il secoua la tête, refusant d'y croire.

Angie, plaquée contre le sol, tenta de se débattre, mais l'arme sur sa tête et cette vue, juste devant elle, de Tyreese agonisant dans une mare de sang, la dissuadèrent rapidement et elle ferma les yeux.

Anna avait tenté de rejoindre ses amis en vain et les autres membres du groupe ne pouvaient plus rien faire d'autre que regarder. C'était trop tard.

Tyreese leva les yeux vers sa petite sœur, incapable d'émettre un autre son que ses soupirs d'agonie noyés dans son sang et il tenta de lever une main vers elle. Sasha pleurait et caressait doucement le visage de son frère, essayant de le calmer, et de se contrôler elle-même, tâchant de lui sourire pour qu'il ne parte pas avec un souvenir d'elle trop douloureux.

- Ça va aller... chuchota-t-elle. Ça va aller...

Le regard de Tyreese se perdit dans le vide et sa main retomba. Le visage de Sasha passa du sourire rassurant inondé de larmes et de sang à une expression tordue par la douleur. Elle poussa un hurlement, profond et désespéré qui résonna dans tout le bâtiment et qui brisa le cœur de tous ses compagnons.

- Pourquoi ? lâcha Rick dans un souffle.

- Trop costaud, se justifia Landa. Et il fallait bien commencer quelque part.

- Vous allez tous mourir cette nuit, siffla Daryl entre ses dents.

- Et bien nous verrons cela.

Il se tourna vers ses hommes.

- Vega, Wallace, vous emmenez tout ce petit monde dans une pièce à part. Bill et Budd vous les accompagnez et vous prenez la première patrouille pendant qu'ils montent la garde, vous échangerez toutes les heures. Calvin et Stephen, vous surveillez l'entrée, Raine et Archie vous venez avec moi.

Landa lâcha Angie sous le regard très attentif de Rick et la confia au dénommé Raine. Puis il s'approcha du groupe tout en restant à distance raisonnable et les observa.

Le shérif tentait de se reprendre et de ne pas laisser son adversaire voir à travers lui. Rester fort, c'était la seule solution et il le fixait à présent d'un regard noir et agressif, ses lèvres retroussées par la rage, dévoilant ses petites canines pointues un rictus carnassier. Mais à l'intérieur, Rick était un homme brisé, détruit par l'idée d'avoir répété les mêmes erreurs qu'à l'hôpital, d'avoir pris des risques que Tyreese venait de payer de sa vie. Dans sa douleur, et après la mort de Bob encore trop récente, Sasha trouverait-elle la force de lui pardonner une seconde fois ?

Landa sentait la peur émaner de ses proies et il adorait jouer avec cette tension, sachant que ses hommes avaient le dessus et que la fureur du leader face à lui ne pourrait jamais l'atteindre.

- Restez calme, Rick. Ça vaut mieux pour vous, et pour que vous ne l'oubliiez pas, j'emmène avec moi la rouquine qui a l'air de vous être particulièrement chère, ainsi que la jolie métisse éplorée et...

Il scanna le groupe du regard pendant quelques secondes puis revint sur Rick.

- Quel suspens, murmura-t-il.

Le barbu lui lança un regard écœuré et plein de mépris.

La brunette aux beaux yeux verts, dit-il enfin en soupirant devant le manque de réplique de son adversaire, en indiquant Maggie.

Glenn commença immédiatement à protester et fit barrage de son corps entre sa femme et les hommes qui s'approchaient pour l'emmener. Celui prénommé Archie arrachait déjà Sasha au corps de Tyreese et Landa reprenait le contrôle d'Angie. Les autres hommes aidèrent Raine à séparer Maggie de Glenn.

Alors que Carol, Rick, Michonne, Daryl, Carl, Glenn et Anna étaient volontairement repoussés vers la porte battante qui menait aux escaliers, Sasha, Maggie et Angie restèrent là, figées sous la menace des armes.

Angie sentait la pression de la main de Landa sur sa nuque, le canon de son arme glacée posé sur sa gorge, elle regarda Rick s'éloigner et ce dernier ne la quittait plus des yeux.

Jackson Landa se colla contre elle, se pencha vers son oreille et elle frissonna de peur en sentant son souffle chaud effleurer son cou.

- Je sens que cette nuit va être passionnante ! lui chuchota-t-il.


Et voila, gros chapitre où il se passe plein de choses qui dégénèrent et qui n'annonce rien de bon pour le prochain. RIP Tyreese.

Petit spoiler alerte pour le chapitre 12 qui s'annonce déjà sanglant: grosse bataille rangée dans les couloirs, beaucoup de morts (2 dans les rangs de nos héros), une scène très dure et toujours des complots en veux-tu en voilà !

Merci pour vos reviews et je vous dis à dans deux semaines !