Est-ce que je suis la seule à être intriguée par le fait que tout le monde appelle notre plus détesté agent de la CIA Trent Kort ? Parce que c'est un alias, c'est obligé (d'ailleurs, il me semble me souvenir que quelqu'un l'avait dit dans la saison quatre… « Trent Kort, c'est un alias ») mais il semblerait presque que ce soit devenu son nom…

Spoilers jusqu'à la fin de la saison 5.

Et un immense merci à celles qui laissent des commentaires !


Trent Kort

Ses parents l'avaient appelé Alan et lui avaient légué Cook comme patronyme. Ses parents… Ce qu'il tenait d'eux ne comptait pas vraiment. Plus, du moins. Ça avait compté, à une époque, mais c'était déjà loin derrière lui lorsqu'il avait commencé à travailler pour l'agence.

L'agence… Il avait eu d'innombrables noms aux grés de ses missions pour le gouvernement. Des identités qu'il avait endossées et abandonnées sans état d'âme, sans un pincement de cœur, comme il laissait derrière lui des noms et des cadavres. Alan Cook n'était pas le genre d'homme à avoir des pincements de cœur ou des états d'âme. Il était un agent de la CIA; rien n'importait sinon son statut et ce qu'il accomplissait pour son pays. Aucun nom ne l'avait jamais ému. Il n'avait jamais accordé le moindre intérêt à aucune identité. Jusqu'à ses déboires avec le NCIS.

Il s'appelait Trent Kort lorsqu'il avait rencontré pour la première fois ce jeune blanc-bec. Il était le bras droit d'un trafiquant d'arme français et il l'avait d'abord pris pour un simple bagagiste. Ni l'agent de la CIA qu'il était ni le malfrat qu'il prétendait être n'avaient ne serait-ce que soupçonné cet énervant gamin avec son chewing-gum d'être autre chose qu'un simple d'esprit reluquant une belle femme; il ne devait jamais se pardonner cette erreur. Puis la directrice butée de l'agence des enquêtes criminelles de la marine avait exprimé un peu trop fort son intérêt envers son protégé et les œillères qu'elle portait avaient failli fiche en l'air les longs mois de couverture qu'il avait derrière lui sur cette mission. Et malgré l'intérêt évident d'avoir le leader du marché d'arme dans la main de l'agence, malgré l'appui total de la CIA qu'il avait pour lui, ces deux gus n'avaient pas cessé de lui compliquer la vie, comme cherchant par tous les moyens à faire échouer cette opération.

Cette agence à quatre lettres ne voulait pas lui lâcher la grappe. Ne voulait pas lâcher la grappe à Trent Kort et au trafiquant d'arme qu'il servait. Cette agence à quatre lettres se mettait en travers de son chemin, cet abruti de m'a-tu-vu et son obstinée directrice tout particulièrement.

Et il n'allait pas laisser passez ça. Ni Alan Cook, ni aucune des identités qu'il avait pu avoir, et encore moins Trent Kort n'étaient du genre à laisser ce genre d'affront rester sans réponse.

Et puis finalement, la fille du trafiquant d'arme et l'irritant agent du NCIS avaient échappé à l'explosion de la voiture de ce dernier. Et ledit trafiquant d'arme était mort, à tous les coups tué par cette gourde de directrice dans son acharnement malsain. Si seulement il avait pu avoir une preuve pour la faire tomber ! Et l'affaire s'était close sans qu'il ait pu se venger. Et il y avait cet aigri ancien marine qui persistait également à lui mettre des bâtons dans les roues. Et l'israélienne. Et l'informaticien coincé. Jamais il n'oublierait l'humiliation de ces trois agents le tenant en joue devant l'ascenseur. Mais le pire avait été l'attitude du blanc-bec, plaisantin et pas du tout effrayé, se moquant ouvertement de lui alors qu'il aurait dû trembler pour sa vie.

« Ma voiture a explosé ce matin. C'était vous ? » Combien il avait rêvé de lui faire ravaler ses mots et de le voir s'étouffer avec. Combien il aurait aimé qu'il fût effectivement dans sa voiture. Combien il était impatient de pouvoir lui en adresser des pires.

Alors il avait décidé de rester Trent Kort jusqu'à ce qu'il puisse leur rendre la monnaie de leur pièce. La directrice butée était morte avant qu'il n'en ait eu l'occasion, mais il restait encore l'insupportable éternel adolescent si convainquant sous couverture.

Sa mission terminée dans un fiasco, il avait néanmoins conservé le nom de Trent Kort, jusqu'à en faire le seul auquel il répondait, à la grande surprise de ses supérieurs, desquels il se fichait grandement.

La où tout le monde, y compris et surtout sa famille, avait échoué, l'agence aux quatre lettres et ces deux particuliers employés avaient réussi incroyablement facilement. Face à ces adversaires, il s'était finalement attaché à une identité, il s'était presque entiché d'un nom. C'était surtout qu'il ne pouvait plus en porter un autre que celui sous lequel ils le connaissaient. Sous lequel ses ennemis pourraient le reconnaître.