Hello ! C moi, Arhini, de retour avec leeeeeeeeee...onzième chapitre !

Aujourd'hui, notre petite héroïne va découvrir Minas Tirith et affronter pour la première fois les pirates de l'Umbar...brrr...je vous préviens c'est assez gore ! Cependant Liraïs trouve inutile de mettre ça en PG. Enfin bref, j'ai beaucoup peiné sur ce chapitre, alors, que vous aimiez ou pas, laissez une review pour me dire ce qui vous déplait - ou vous plait.

Liraïs répond à vos reviews :

Aaricia : Oki ! Z'essaye de faire plus long pour le 12.

Lisandra : C tout plein gentil de dire que t'aimes les derniers chapitres ! Mais j'en ai marre de jouer à la sérieuse dans la fic.

Ça me fait zarb le pseudo de MPHDP : Pitch est le surnom que me donne ma sœur, mais à cause de Pitchounette, pas de la brioche...

Shadox : La modestie de Liraïs ne fait que commencer...et le pire reste à venir !!!

Tite fée des bois : Ben t'es nouvelle toi ! Ta review est très gentille.

Arhini : Ouais, super gentille, même, ADORABLE, JE T'ADORE MA TITE FEE DES BOIS !!! hem. T'as reçu mon email ?

Liraïs : Elles sont ptêt pas chiantes à lire, mais je te promets que pour Aragorn, Gandalf et Cie, elles le sont !!!

Arhini : et attends, tu vas voir quand elles seront devenues insolentes...Pfiou !

Et maintenant, place au chapitre ! TADAAAAAAAAAAM !

CHAPITRE XI : LE BAPTEME DU SANG

Quatre semaines plus tard, Arhini connaissait par cœur les moindres recoins de Minas Tirith, même ceux où elle n'était pas censée aller.

C'était une belle, grande et heureuse ville que la Cité Blanche en ce temps là. L'un des passe-temps préférés de la petite fille était d'échapper à son frère pour parcourir les rues pleines de monde et observer les passants.

Elle s'était fait peu d'amis et jouait surtout avec les chiens de rue. Car il y avait beaucoup d'animaux à Minas Tirith : des chiens, simples bâtards errants ou bien bêtes de race des seigneurs, des chats que Arhini entendait miauler sur les toits à la nuit tombée, les quelques chevaux des nobles et de la cavalerie réduite de la ville, les pigeons voyageurs qui arrivaient et repartaient régulièrement, et même quelques animaux exotiques importés de Harad, comme les paons qui ornaient les jardins du palais.

Beaucoup d'arbres également, et Arhini allait souvent avec des garçons de l'auberge chiper des fruits dans les vergers de la ville.

Sur une place poussait un énorme cerisier, la petite fille y passait des soirées entières, perchée sur une branche, à épier son frère en se gavant de cerises : Aragorn avait beau essayer de passer inaperçu, de nombreuses filles d'aubergistes et de soldats avaient déjà repéré le jeune et bel étranger entré récemment dans l'armée. ce cerisier était leur point de rendez-vous favori, de préférence au clair de lune, mais leurs espoirs étaient toujours déçus :

"Non, désolé...disait son frère. Je suis sincèrement navré...quelqu'un d'autre occupe mes pensées...une autre fois, peut-être..."

Il y avait plusieurs réactions possible de la part de ces jeunes filles : soit elles fondaient en larmes, soit elles prenaient un air offensé et s'en allaient d'un pas raide et digne (totalement ridicule, songeait Arhini ) ou encore demandaient :

"Qui donc ?" (La question restait naturellement sans réponse, à la grande déception de la fillette) ou disait simplement :

"Cavalier solitaire, hein ?" Et Arhini s'étouffait de rire au milieu des cerises.

Le jeu était ensuite de regagner l'auberge avant son frère, pour éviter les réprimandes de celui-ci.

Parfois, lorsqu'il pleuvait, elle restait à l'établissement (dont Aragorn avait fini par louer une chambre à l'année, qu'il paierait avec sa solde) et écoutait son frère discuter avec d'autres soldats de prochaines campagnes, où bien raconter les merveilleuses histoires de Tùrin, d'Eärendil et d'Elwing, ou encore d'Akkalabêth, la chute de Nùmenor.

Elle se rendait utile du mieux qu'elle pouvait et s'entraînait à l'épée aussi souvent que possible, elle avait d'ailleurs fait de sérieux progrès; en outre son poignet était complètement guéri. Petit à petit, elle prit goût à cette nouvelle vie, à la satisfaction de son frère. Bien que élevée à Fondcombe comme la propre fille d'Elrond, parmi les Belles Gens et le luxe du sanctuaire elfique, elle était parfaite dans le rôle d'Ornil, le jeune frère du nouveau soldat étranger.

Au milieu de toutes les merveilles de la ville, s'élevait l'Arbre Blanc. Mort, mais néanmoins plein de beauté et de majesté.

Ils l'avaient vu quelques temps après leur arrivée, le jour où ils avaient prêté serment.

En sortant du palais, Aragorn et sa sœur l'avaient aperçu, symbole de la gloire passée des rois de jadis.

Arhini n'avait osé le toucher et était restée en retrait, mais c'était avec émotion que son frère l'avait approché et avait doucement passé la main sur le tronc desséché...pendant un instant, un infime instant, elle aurait juré que l'arbre frémissait, et qu'une douce lumière émanait de lui, puis...

"Oh, vous là !"

Le charme était rompu. C'était un garde qui les avait interpellés. Aragorn retira prestement sa main.

"C'est une relique sacrée ça, pas du bois de chauffage !

Aragorn répondit humblement :

-Je le sais. L'Arbre des Rois est connu bien au-delà des frontières du Gondor...

-Bien, alors allez vous en de là, de toute façon, il n'y a plus grand chose à voir."

Aragorn lui lança un regard perçant, et s'en fut à grands pas.

Arhini se mordit les lèvres pour ne pas crier quelque chose de grossier au garde qui retournait à son poste. Comme si on avait besoin de dire au futur roi que Son arbre n'était pas du bois de chauffage ! C'était rageant. Et sa manière de sous entendre que l'Arbre Blanc n'était "pas grand chose"...personnage obtus et imbécile !

Aragorn avait remarqué l'expression irritée de sa sœur.

"Je ne sais pas pourquoi tu te vexes à ce point à chaque fois qu'on est un peu désagréable avec moi. Ce serait plutôt à moi de réagir.

-Mais enfin, répondit-elle encore plus énervée, tu ne comprends donc pas ce qu'à voulu Père en m'envoyant ici ? J'existe dans le seul but de ton couronnement ! Et si tu te laisse marcher sur les pieds par un garde ou un fils d'intendant, moi je le refuse !

-D'accord, je comprends, mais tu t'es extrêmement bien comportée jusqu'à maintenant et j'aimerais que ça continue, garde idiot ou non. Et dis-toi bien qu'ils ne savent pas. Pour eux, je ne suis qu'un simple soldat et c'est tant mieux.

-Je croyais que tous les gondoriens était nobles de cœur, comme les Rôdeurs...

-Il y a des exceptions partout, tu t'en rendras vite compte."

Après cet épisode, aucune dispute ne vint troubler leur entente.

Un soir, comme elle rentrait à l'auberge avec d'autres jeunes garçons, le ventre et les poches pleins de cerises et autres fruits délicieux, elle surprit trois soldats en grande conversation :

"Alors, Ionwë, des nouvelles d'Umbar ?

-Accablantes. Les pirates ont assiégé Pelargir, et nous avons eu de sérieux problèmes là bas. 'M'étonnerait pas qu'ils envoient des renforts, vu la situation...ils sont devenus forts, nos ennemis. Je remercie les Valars d'en être sorti vivant. C'est indescriptible, cette légion de pirates armés jusqu'aux dents qui vous fonce dessus...Eru, Varda et Manwë !

-Mmh... je n'aimerais pas être l'un de ceux qui feront partie des renforts...m'est avis que beaucoup de sang va couler d'ici peu...

-Du sang de pirate, espérons."

Le lendemain, Aragorn lui faisait mettre son uniforme de soldat (dans lequel elle nageait quelque peu ) et l'amenait devant la porte de la ville, en compagnie d'autres soldats. Il lui désigna un groupe de jeunes gens - tous âgés de quinze à dix-sept ans environ - et lui enjoignit de les rejoindre. C'était son bataillon, disait-il.

Elle demanda d'un voix quelque peu angoissée :

" Tu...tu ne restes pas avec moi ?

-Non...je dois aller dans un autre bataillon, mais je devrais normalement pouvoir garder un œil sur toi pendant la bataille; et t'aider en cas de besoin...

-Mais...je n'arriverais à rien, je n'ai pas assez d'entraînement !

-Crois-moi, tout va bien se passer. Tu as dis toi-même à Ecthelion que tu savais te battre.

-C'était pour pouvoir te suivre...mais si je ne suis pas avec toi...

--Rassure-toi, dit-il. Tout ira bien"

Du moins espérons-le, pensa-t-il en lui-même.

Arhini rejoignit son bataillon. Elle se sentit minuscule au milieu de tous ces grands garçons, et sentit la peur commencer à lui tenailler les entrailles.

Elle examina ses compagnons.

Certains la regardaient avec un léger mépris, d'autres avec une sorte de pitié, et d'autres, simplement avec curiosité. Mais dans le regard de tous se voyait, plus ou moins prononcée, la même expression : la peur. Car, pour eux aussi, c'était la première bataille. Mais eux, au moins, n'avaient pas sept ans.

Suivit une demi-journée de marche fastidieuse jusqu'à l'Anduin, et plusieurs jours de morne navigation. Les soldats devaient se rendre utiles et accomplir certains travaux à bord. Arhini s'exécutait sans rechigner, et passait le reste du temps à s'entraîner seule, ou bien roulée en boule dans un coin. Evidemment, son bateau n'était pas le même que celui de son frère, alors elle supportait sans vraiment broncher les moqueries de ses camarades.

Ils l'avaient surnommée "le Nain" à cause de sa petite taille.

( Et pourtant, Halbarad m'avait dit que j'étais une grande fille...)

Arhini, pour la première fois depuis qu'elle avait quitté sa mère, Elrond et Glorfinwen, se prit à regretter Fondcombe.

Un appel vint interrompre ses songeries.

"Hé ! Le Nain ! Je dois nettoyer le pont, fais le donc à ma place !

-Chuis pas un nain, répondit-elle avec mauvaise humeur , sans même lever la tête. Et si t'es pas capable de tenir une brosse à récurer tout seul, retourne chez ta maman parce que ça m'étonnerait pas que tu te blesses en faisant joujou avec une épée.

-Wow, t'excites pas le Nain ! Y'a pas ton frangin pour te protéger, quoi que tu fasses. Alors tu vas gentiment faire ce qu'on te demande, sinon...

-Sinon quoi ?"

Arhini leva la tête, les larmes aux yeux. Ce n'était pas elle qui avait parlé, c'était un jeune homme d'environ dix-huit ans, aux cheveux noirs et aux mêmes yeux marrons que le garçon qui la menaçait.

"Laisse ce pauvre gosse tranquille, Lendon, ordonna-t-il. Et fais ce qu'on t'a dit, va laver le pont.

-Tu vois, le Nain, reprit le dénommé Lendon d'un air sarcastique, toi t'aimerais bien avoir ton frangin avec toi, mais moi je me passerais bien du mien...fais gaffe à ta langue, nabot, elle pendouille un peu trop."

Il fit brusquement volte-face et s'éloigna à larges enjambées.

L'autre s'approcha et s'accroupit à côté d'Arhini. la dévisageant, il lui dit d'une voix douce :

"Pardonne mon frère. Il a peur, alors il essaye de se rassurer en se disant qu'il peut, lui aussi, faire peur à d'autres."

Elle le scruta un bon moment, observant chaque détail de ses grands yeux gris inquisiteurs. Il avait l'air doux, et la regardait avec compassion. Elle vit en lui un ami.

"Merci d'être intervenu, dit-elle.

Il la regarda lui aussi un moment, avant de demander :

-Dis-moi petit, que fais tu là, sur un vaisseau de guerre ? Ce n'est pas trop la place d'un petit garçon.

-Au début, je voulais suivre mon frère...mais maintenant je ne suis plus sûr d'avoir fait ce qu'il fallait.

-Il est où, ton frère ?

-Je ne sais pas...dans un autre bateau...

-Tu le retrouveras peut-être demain, fit-il avec un sourire. Nous devrions bientôt arriver à Pelargir.

-Bien sûr. Mais ça nous rapprochera aussi de la bataille, dit-elle sombrement.

-C'est ton premier combat ?

-Oui..."

Il allait partir, mais se ravisa.

" Au fait, ton nom ?

-Ornil.

-C'est mieux que "le Nain", dit-il avec un sourire. Moi c'est Galwin."

Ce soir là, Arhini fit des rêves rouges et noirs : rouges de sang, noirs de mort.

"DEBOUT, LE NAIN ! lui hurla-t-on le lendemain matin."

Elle répondit calmement au garçon inconnu qui avait crié :

"Pas besoin de crier, je suis loin d'être sourd. Et mon nom c'est Ornil, je ne crois pas que ça ressemble à "Balin" ou "Dùrin".

-Debout quand même, aujourd'hui on peut se reposer parce que demain il y a la bataille, mais ça ne veut pas dire faire la grasse matinée."

Arhini jaugea son interlocuteur. Grand et fin, il semblait rapide et assez fort physiquement. Il pourrait servir d'adversaire.

"On devrait s'entraîner, lança-t-elle. Tu veux bien ?

-Avec toi ? répliqua-t-il d'un air méprisant. Je parie que tune sais même pas tenir une épée...

-C'est ce que tu vas voir !"

Finalement, il accepta. Il fut assez impressionné par la performance d'Arhini à l'épée, et, peu à peu, ils devinrent amis. Elle apprit qu'il s'appelait Nòlwë Gian, qu'il avait quinze ans et que, pour lui aussi, c'était le premier combat. Il s'était engagé dans l'armée parce que son père était soldat. Il connaissait bien Lendon - le garçon qui avait insulté Arhini l'autre jour - et son frère Galwin, et lui assura que Lendon était habituellement très sympathique, mais qu'en ce moment ils étaient tous un peu nerveux.

Ils débarquèrent à Pelargir dans l'après-midi, ou du moins, dans un fort rescapée proche de la cité portuaire.

Pelargir proprement dit était assiégé par les corsaires d'Umbar, et compte tenu de son importance, Minas Tirith et Dol Amroth avaient envoyé des renforts. Au débarquement, Arhini remarqua avec surprise que Denethor était présent, en tant que capitaine, parmi d'autres chevaliers.

Le lendemain, l'armée se rendit à Pelargir.

C'était une vision cauchemardesque.

De loin, elle voyait les hautes murailles de la ville, noires d'huiles déversées, de sang et de cendres. Elle vit les visages creusés des assiégés surveillant les portes et les hauts murs, à l'abris des créneaux, du haut des chemins de ronde. Et, en bas, pire que tout, la foule hurlante et mouvante des pirates...

Ils étaient en première ligne, eux les novices, les débutants. Pourquoi ? Ils allaient se faire massacrer ! Puis elle comprit : c'était afin d'épuiser l'ennemi et d'endormir sa méfiance. Après, les pirates se heurteraient aux plus expérimentés.

A ses côtés, Nòlwë et Lendon, avec qui elle avait fini par sympathiser. Ce dernier, qui avait arboré durant tout le voyage un air conquérant, était à présent livide, rendu malade par une peur sans tous les autres d'ailleurs.

Une main se posa sur son épaule.

"Galwin ! s'écria Lendon. Tu es là aussi ?

-Evidemment, répondit-il. Je ne préfère pas que vous soyez tous seuls." Puis, s'adressant à Arhini :

-J'ai vu ton frère, Ornil. Il m'a dit qu'il ne pouvait te rejoindre, mais il m'a chargé de veiller sur toi."

Elle ferma les yeux afin des se calmer, puis les rouvrit au son d'un cor.

C'était Denethor qui soufflait, dans un grand cor de guerre cerclé d'argent.

Puis ce fut la charge.

Avec les autres, elle hurla "GONDOR !" et s'élança sur les pirates.

Ceux-ci, bien que pris par surprise, réagirent avec une fulgurante rapidité. Ils firent tous volte-face et commencèrent à combattre l'armée de Minas Tirith (Arhini s'aperçut avec joie que sa petite taille, doublée de sa rapidité, pouvait être un sérieux avantage ). Les assiégés ne perdirent pas de temps, et une grêle de lances et de flèches se mit bientôt à pleuvoir sur les pirates, qui furent alors pris entre deux feux.

A ce qu'Arhini pouvait voir, le combat commençait à tourner en leur faveur.

Jusqu'à maintenant, elle avait toujours esquivé, en raison de son casque qui lui tombait sur les yeux et de sa cotte de mailles trop longue, mais lorsqu'un grand pirate armé d'une hache se planta devant elle, elle sut qu'il lui faudrait tuer où être tuée.

Le pirate souleva sa faucheuse et l'abaissa, avec une force terrible. Arhini fit un bond de côté et lui lança :

"Trop lent !"

Furieux, il enleva sa hache du sol et la brandit une seconde fois. Arhini profita du moment où son torse était découvert pour enfoncer de toutes ses forces son épée dans un point vital.

L'homme lâcha la hache et hurla de douleur, avant de porter les mains à son ventre et de s'écrouler comme une masse. Mort.

Arhini retira son épée ensanglantée du corps et resta, tremblante, à regarder sa première victoire. Son premier meurtre.

"ATTENTION !" hurla-t-on derrière elle, et Lendon se précipita, pourfendant le pirate qui allait tuer son ami dans le dos.

"C'était moins une, dit-il. Surveille tes arrières !

-Merci, répondit-elle d'une voix blanche. Oh, Eru, j'ai tué quelqu'un ! Qu'est-ce que j'ai fait ?

-Ton devoir de soldat, répliqua Lendon. Tu as protégé ta vie et ta patrie...et tu en tueras d'autres. je sais que c'est dur, mais c'est comme ça."

Ils repartirent ensemble au combat.

Dans la première partie de la bataille, elle devint une véritable machine à tuer. Elle sauva plusieurs vies sans s'en rendre compte, plongée par le combat dans une transe dévastatrice, une danse de mort.

Cependant, ses forces faiblissaient, ainsi que celles de ses compagnons, et elle espérait que tout se terminerait bientôt...

Denethor souffla à nouveau dans son grand cor, et l'espoir revint, car la porte de la cité de Pelargir s'ouvrit pour laisser passer l'armée de la ville, qui se mêla à la bataille.

La pluie de lances cessa.

Ce fut le moment qu'attendaient les pirates. Une trompe sonna, et des étendards apparurent à l'est et au nord.

D'autres pirates, qui se jetèrent dans le mêlée en poussant de hideux cris de guerre.

La petite armée venue de Dol Amroth arriva à son tour en renfort, mais même ainsi, les pirates étaient presque deux fois plus nombreux. Le désespoir s'installa, et bientôt, la débandade commença.

Certains soldats s'étaient mis à fuir où à vouloir rentrer dans la cité, mais la majorité résistait encore. Pas pour longtemps, cependant.

Ce fut alors qu'un groupe de pirates se trouva face à Arhini, Lendon, Nòlwë et Galwin. Ce dernier fut le premier à réagir; brandissant son arme, il décapita net l'un des adversaires, tandis que Nòlwë plantait son épée dans le cœur d'un autre. Il en restait toujours trois, écumants de rage. Nòlwë se fit assommer par un bouclier et piétiner. Il ne se releva pas, mais Arhini ne pensait pas qu'il fut mort. Celui qui l'inquiétait, c'était Lendon. Il avait une entaille au bras, et une blessure au ventre.

Galwin était occupé ailleurs, aux prises avec un colosse.

En criant, elle se précipita à la rescousse de Lendon. Il avait été jeté à terre, et le pirate allait l'achever lorsqu'elle s'interposa. L'ennemi était armé d'un grand sabre, rouge su sang de ses adversaires. En voyant la taille de celui qui le défiait, il eut un sourire mauvais.

Elle avait déjà pris un coup à la tempe et son ancienne blessure au poignet se réveillait, mais elle tint bon.

Le pirate lança son sabre en avant, et le coup l'aurait coupée en deux si elle ne s'était baissée. Elle l'attaqua aux jambes et fit tomber son adversaire, mais sentit son épaule se déchirer sous la morsure du sabre. Le sang gicla, elle hurla. Heureusement, le coup manquait de force, ayant été donné pendant la chute : Bien qu'il eut pu lui couper le bras, il lui entailla seulement l'épaule.

Elle s'assit sur son adversaire tombé, l'immobilisant, et lui déchira le ventre, duquel ses boyaux jaillirent.

Elle hurla à nouveau lorsqu'elle sentit le métal froid la transpercer de part en part. Elle avait été touchée aux côtes, et avait sentit certains os se briser en elle. Tenant bon, elle égorgea le pirate, qui porta les mains à sa gorge soudain submergée par un flot de liquide rouge. Il mourut dans un immonde borborygme.

Elle se cambra en arrière sous la douleur quand une flèche se planta dans son dos, du côté du cœur. Elle faillit s'évanouir, mais se ressaisit. Néanmoins, elle sut que, se vidant de son sang, elle ne tiendrait plus longtemps.

Près d'elle, Lendon et Nòlwë s'étaient relevés. Arhini écarquilla les yeux d'horreur : là bas, Galwin était piétiné par le géant, baignant dans son sang, les tripes hors du ventre...

Lendon s'élança en hurlant, suivi de ses deux compagnons. A eux trois et avec leur fureur, ils eurent vite terrassé le colosse, et s'agenouillèrent près de Galwin. Lendon pleurait à chaudes larmes, et Arhini sentait elle aussi le liquide salé ruisseler sur ses joues.

Galwin avait fermé les yeux.

"Je suis fier de toi, Lendon, mon frère, articula-t-il avec effort, le sang coulant de sa bouche. Tu diras...tu diras à Père...que je suis mort pour le Gondor...tu lui diras...

-Oui, répondit Lendon avec un sanglot."

Puis, il s'adressa à Arhini :

"Adieu, Ornil, jeune ami. Adieu Fëa n'dagor... j'eus aimé te connaître mieux..."

Sa tête roula sur le côté, et il mourut.

Lendon poussa une longue plainte déchirante.

La bataille semblait perdue d'avance, et la plupart des soldats fuyaient à présent. Denethor était blessé et ne pouvait plus guider l'armée. Lendon sanglotait sur le corps de son frère, mais Arhini et Nòlwë avaient levé la tête au son d'une voix dominant le tumulte ambiant. Une voix que Arhini connaissait bien : celle de son frère.

Aragorn, voyant la situation désespérée, était monté sur un cheval qui avait perdu son cavalier et, brandissant son épée, ralliait l'armée. Utilisant son autorité naturelle et son talent de stratège, il avait commencé une manœuvre désespérée qui ralentit quelque peu le carnage.

Soudain, son visage s'éclaira.

"Regardez, fils du Gondor, hurla-t-il aux soldats. L'espoir renaît !"

Il désignait le couchant, mais personne ne voyait rien.

Puis, un à un, les visages gondoriens s'illuminèrent : une nombreuse armée venait d'occident, précédée du prince Merahil de Dol Amroth lui-même, en armure dorée.

Arhini était épuisée, elle combattait encore et encore, désespérément. Elle vit tomber Lendon, puis Nòlwë. Elle sentit une deuxième flèche lui transpercer l'épaule. Tout s'estompait...elle eut la vision trouble de son frère aux côtés de Merahil, et prit vaguement conscience que la bataille tournait à leur avantage, avant de s'écrouler, et de sombrer dans le néant. Là où elle allait, la douleur n'existait pas...

Arhini reprit lentement conscience...

Souffrance.

Le sol dur et froid sous elle.

Le goût du sang dans sa bouche.

Son corps perclus de douleurs.

Les flèches, les flèches cruelles...

Et la mort. Tout autour d'elle.

Elle se releva péniblement, et vit à ses côtés Lendon et Nòlwë, étendus. Elle éveilla Lendon.

Nòlwë était étendu sur le dos. Ils le retournèrent. Son visage était livide, ses yeux vitreux, et sur son torse s'étalait une large tache de sang en étoile.

Il ne se réveillerait plus.

Arhini s'effondra sur Lendon, sanglotant sans retenue. Il la releva.

"Viens...on les enterrera plus tard...il faut rejoindre les autres maintenant...on va nous soigner...viens..."

Elle trouva la force de se relever une fois de plus, mais, en passant devant le cadavre de ses amis, elle tomba à genoux et vomit.

Alors seulement, elle se laissa traîner par Lendon jusqu'à la cité.

Aragorn discutait avec Merahil, Denethor, et Seithennin, le seigneur de Pelargir.

Lorsque les soldats avaient vu les pirates fuir, ils l'avaient acclamé et baptisé "Thorongil, l'Aigle de l'Etoile". l'aigle, à cause de sa vue perçante, à cause de l'autorité et de la vaillance dont il avait fait preuve. L'étoile, à cause de l'éclat de son regard, et de la broche qu'il portait. Les honneurs l'attendaient à Minas Tirith. Néanmoins, il était inquiet, et même mort d'inquiétude. Il n'avait pas retrouvé Arhini, sa chère petite sœur. Il espérait la revoir saine et sauve, mais c'était peu probable.

Il regardait distraitement par la fenêtre, lorsqu'il les vit. Il s'excusa rapidement auprès des seigneurs, puis courut en bas, jusqu'à la porte du château, devant laquelle Lendon et Arhini passaient.

"Ornil, mon frère ! s'écria-t-il. Par Eru, que lui est-il arrivé ?

-Les pirates ne l'ont pas raté. Mais vous pouvez être fier de votre petit frère...il a sauvé plusieurs vies aujourd'hui."

Arhini leva les yeux, et vit son frère qui la regardait avec une tendresse inquiète. Enfin, il était là, elle le retrouvait...elle entendit à peine ce qu'il lui disait, et ne le comprit pas. Tout ce qu'elle ressentait et qui importait vraiment, c'était la chaleur des bras puissants d'Aragorn, qui l'avait soulevée de terre...rassurée, elle s'abandonna et sombra à nouveau.

Voilà, maintenant vous pouvez reviewer !

J'espère que c'est assez long à ton goût, Aaricia.

Au fait, pour ceux qui connaissent, sachez qu'il y a dans ce chapitre une allusion à "La Quête de l'Oiseau du Temps", une BD de Letendre et Loisel.

Et aussi au "Cycle de Pendragon" (tome 1) de Stephen Lawhead.

Le premier qui en trouve une me maile et il gagne une illustration de la fic en exclu faite par myself dès que mon scanner marchera.

Au fait, si il y en a qui se posent des questions pour Merahil, j'ai décidé que c'était le père d'Imrahil. Vàlà !

Et comme dirait un bon Shadok, c'est tout pour aujourd'hui !