Bonjour, bonjour!
Me revoilà!
Donc le chapitre 11, bonne lecture.


Chapitre 11

La semaine était terminée, et Ana était assise devant le feu de la salle commune. Elle avait beaucoup réfléchi durant cette semaine. Essentiellement à ce qu'elle ressentait envers les Maraudeurs. L'un d'eux en particulier. Elle n'osait pas croire ce que sa conscience lui disait pourtant si clairement. Elle ne pouvait être tombée amoureuse de lui. Elle n'avait pas le droit de faire ça à Sarah, et puis elle n'avait pas envie d'être amoureuse. Pas de lui en tout cas.

Une fille derrière elle poussa un cri, et tomba à terre. Ana ne s'en serait probablement pas occupée si une autre fille dont elle connaissait bien la voix jura :

- Espèce de con, ta mère t'a jamais appris à être poli Black ?

Ana se retourna précipitamment. Elle passa de Cassandre à Sirius, puis posa son regard sur Sarah qui gisait par terre. La jeune fille se leva et avança vers eux. Elle remarqua que Remus se mordait la lèvre, et que Sirius avait le regard noir. Il fit un geste très peu galant à l'encontre de Cassandre puis s'en détourna. Ana s'approcha de Sarah pour l'aider à se relever, pendant que Cassandre continuait de grommeler sur la stupidité du jeune homme. Mais Remus fut plus rapide et tendit la main à Sarah. La jeune fille le regarda à travers ses larmes et accepta son aide. Remus lui dit quelques paroles réconfortantes, qu'Ana n'entendit pas.

- Ça va Sarah ? s'enquit Ana quand elle fut à sa hauteur.

La jeune fille hocha la tête, en reniflant. Peu convaincue, Ana fronça les sourcils, mais Sarah lui sourit faiblement.

- Bon, on va faire comme si je te croyais. Viens, on va aller vers le feu, il y a mes affaires.

Sarah acquiesça de nouveau, et remercia Remus. Ana appela Cassandre qui était toujours aussi furieuse, et elles retournèrent vers Sarah.

- Qu'est ce qui s'est passé ? demanda Ana quand elles furent assises.

- Sarah a voulu parler à Black.

- Parler ? répéta Ana.

- Je lui ai dit que je l'aimais, avoua Sarah au bord des larmes. Je pensais que comme toutes les filles gloussent auprès de lui, j'aurais une petite chance, mais…

- Cet enfoiré l'a à peine regardé et il l'a bousculé.

- Et je suis tombée, finit Sarah.

- Il n'a vraiment aucun savoir vivre. Il aurait au moins pu formuler une réponse claire, gronda Cassandre.

- Mais ce n'est pas grave, conclut Sarah.

- Quoi ? s'écrièrent ses deux amies.

- Je me faisais des illusions sur lui. Maintenant je suis fixée. Et puis, tu as remarqué comme Remus Lupin est venu à mon secours ?

- Je ne m'y fierai pas, grogna Cassandre.

- Mais il a l'air tellement plus posé, continua la jeune Jones.

- Alors tu n'aimes plus du tout Sirius ? Comme ça d'un seul coup ?

- Oui. Evidemment je me sens un peu bête d'avoir été aveugle comme ça, mais au fond c'est mieux. Je ne suis peut-être tout simplement pas son genre…

- Tu ne crois pas que tu te résignes un peu vite ?

- C'est vrai Sarah, continua Cassandre. Même si je ne l'aime pas, tu semblais beaucoup l'aimer.

- Ne vous inquiétez pas. Je sais absolument ce que je dis.

Ana explosa de rire, au désarroi de ses deux amies, et d'une bonne partie de la salle commune.

- Qu'est ce que j'ai dit ? s'angoissa Sarah.

- Je crois que tu as eut un coup de foudre, ma grande !

- C'est peut-être vrai, rougit la concernée.

- Pour Lupin ? Mais… pourquoi maintenant.

- Tu étais tellement occupée à maudire Sirius que tu n'as pas vu qu'il a aidé Sarah à se relever ?

- Euh… à vrai dire, non, s'excusa Cassandre.

Les filles parlèrent encore un moment avant d'être rejointes par Frida qui leur annonça qu'elle avait enfin conclu avec un Serdaigle d'un an son cadet nommé Benjamin. Ana remarqua les regards curieux et embarrassés de Remus, et ceux froids et colériques de Sirius. Elle devrait leur parler.

Quand elle se coucha, aux alentours de dix heures, Ana soupira. Elle aurait dû être en colère contre Sirius et pourtant, elle se sentait soulagée. Elle n'aurait pas à trahir la confiance de Sarah. D'un autre coté c'était arrivé trop soudainement. Elle ne comprenait pas comment elle était tombée amoureuse d'un garçon qui ne cessait de la faire enrager depuis le début de l'année. Bien sûr, ils avaient eut des jours heureux en tant qu'amis, mais… Pourquoi ne pas accepter les faits plutôt que de chercher leur provenance ? souffla une voix au fond d'elle. Epuisée, elle se laissa convaincre par la voix, et s'endormit sans plus rien chercher. Les problèmes arriveraient bien assez tôt.

En effet le lendemain matin, Ana reçut une lettre pressante de sa mère. Amély McGill était folle de joie. Ethan McGill, le père d'Ana était soudainement revenu à la maison, après plus de dix ans d'absence. Ana resta bouche-bée, immobile en plein milieu de la Grande Salle pendant cinq bonnes minutes, avant que Johnny ne la sorte de sa transe, et s'empare la lettre.

- C'est merveilleux Ana ! s'exclama-t-il quand il eut fini de la lire.

La jeune fille hocha la tête en pleurant. Elle ne pouvait pas espérer mieux. Il ne restait plus qu'une semaine avant les vacances de Noël. Une semaine, et elle pourrait revoir son père. Enfin ! Après tant de temps ! Johnny la prit dans ses bras, ce qui rendit Julie un tantinet jalouse. Mais Juliane Weasley, posa la main sur l'avant-bras de sa sœur, avec un regard de reproche. Johnny et Ana se connaissait depuis assez longtemps, et il n'y avait pas lieu d'être jalouse. Julie s'excusa.

Interloqués de voir leur amie pleurer, les Maraudeurs s'approchèrent d'elle.

- Quelque chose ne va pas ? s'enquirent-ils.

- C'est mon père…, commença Ana.

- Que lui est-il arrivé ? demanda Peter.

- Il est revenu chez lui, expliqua Johnny après avoir senti qu'Ana ne pourrait pas dire un mot de plus.

Il fallut presque deux heures à Ana pour retrouver l'usage de la parole. Deux heures durant lesquelles, les Maraudeurs restèrent à ses cotés ainsi que Johnny, les jumelles, pour en savoir un peu plus.

- T'es toujours fâché ? lâcha soudain Ana faisant sursauter tout le monde.

- Tu parles à qui ? s'enquit James.

- A Sirius.

- Mais je ne t'en veux pas ! s'offusqua ce dernier. Je ne suis pas fâché.

- Je n'ai pas dit que tu étais fâché contre moi…

- Mais alors contre qui ?

- Sarah. Elle n'était pas très contente. Et je ne te parle même pas de Cassandre qui te hait.

- Sarah ? s'étonna Johnny. Mais elle est folle de lui.

- Bon ça va ! s'impatienta Sirius. Pourquoi tu me sors ça ? fit-il à l'intention d'Ana.

- Disons que ce n'était pas très fair-play.

- Et alors ? Tu l'as vu ta copine ?

- Sirius ! s'indigna Remus.

- Ne t'en fais pas, elle ne va plus t'embêter, conclut Ana. Elle a eut un coup de foudre hier.

- Ah oui ? Tant mieux pour elle.

Le silence s'installa avant que Sirius ne reprenne :

- Mais au fait, toi qui sais tout, elle est tombée amoureuse de qui ?

- Je pense qu'elle n'apprécierait pas que je divulgue ses secrets, sourit Ana en regardant Remus.

Johnny détourna la conversation vers Ethan McGill et Ana le remercia même si ce nouveau sujet l'angoissait.

Cette dernière semaine avait été à la fois très longue et trop rapide. Ana avait hâte de revoir son père, mais elle avait peur. Elle ne savait rien de lui. Et si elle était déçue ? Et si c'était lui qui était déçu par elle. Johnny lui avait répéter à plusieurs reprises sans succès qu'il était normal d'appréhender et qu'il ne fallait pas qu'elle s'en fasse pour ça. Mais à présent, elle était dans le Poudlard Express, et il restait moins d'une heure de trajet. Les jumelles et Johnny étaient dans le même compartiment qu'elle et tentait de la calmer, et l'assurait que tout se passerait bien, mais elle n'arrivait pas à totalement les croire. Elle se souvenait trop bien de ce que lui avait raconté sa mère.

« Tu vois Ana, lui disait-elle, ton père est un homme qui aime beaucoup s'investir au maximum. Il a toujours fait tout ce qui lui semblait utile à la société. Tes grands-parents sont des gens très strictes, et leur fils a été éduqué selon ces règles. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ton père au premier regard, mais à force de patience nous avons fini par nous aimer sincèrement. Il s'est engagé dans des voies où je ne pouvais pas le suivre, mais par amour je n'ai rien dit. Il avait sa vie et ses goûts et j'avais les miens. Et puis le 4 juillet 1963, il est parti. Je n'ai jamais aimé ce mage noir, mais ton père semblait tellement heureux… Tellement heureux qu'il a préféré le suivre. »

Ana avait grandi avec ces mots aux lèves de sa mère. Elle savait que si son père était revenu, c'est que, celui qui maintenant se faisait appeler Lord Voldemort, n'avait plus besoin de la continuelle présence d'Ethan.

La jeune fille finit par prendre les somnifères que Juliane essayait de lui refiler depuis près d'une demi-heure. C'était préférable. Au moins elle ne s'en ferait plus. Le train s'arrêta, et Ana fut réveiller en sursaut. Johnny lui sourit et lui souhaita de bonnes vacances. La jeune fille le remercia et se leva pour sortir. Sur le quai, elle remarqua sa mère et s'en approcha. Amély enlaça sa fille dans un soupir de bonheur.

- Où est papa ?

- Il a préféré t'attendre à la maison.

- Et il va bien ?

- Il a changé, répondit tristement Amély.

- Evidemment, il a vieilli.

- Oui, c'est surement ça, chuchota sa mère.

Ana avait perçu dans la voix de sa mère l'intonation si habituelle de sa voix lorsqu'elle essayait de mentir ou de cacher quelque chose à sa fille. Amély ramena sa fille chez elle par transplanage d'escorte, et la regarda avant de poser la main sur la poignée

- Autant te le dire tout de suite, ton père est furieux.

- Hein ? Mais pourquoi ?

- Je… Tu verras.

Ana pris son courage à deux mains et entra dans la maison.

Ethan McGill était dans la bibliothèque, sévèrement appuyé sur son bureau, et dardait sa fille d'un regard d'acier. Ana déglutit puis s'approcha de lui. Il n'était pas comme dans ses souvenirs. Plus vieux c'est sûr, mais aussi plus froid, plus… La jeune fille préféra cesser de détailler son père.

- Je suis heureuse de te revoir papa !

Ethan blanchit. Ana recula d'un pas, prudente.

- Comment m'as-tu appelé ? Ne t'a-t-on jamais appris comment parler à tes parents ?

- Excusez-moi père.

- C'est mieux. Mais je suis encore terriblement déçu. Je ne t'imaginais pas comme ça ! Tu me fais honte !

- Père, commença à s'expliquer Ana.

- Ne me coupe pas ! Je comprends maintenant pourquoi ils ne voulaient pas de toi à Serpentard, tu es bien trop mal élevée.

- Mais père !

- Tais-toi ! Les choses vont rentrer dans l'ordre maintenant que je suis rentré. Et tu as intérêt à mieux te comporter la prochaine fois que nous nous verrons.

Sur ce, Ethan quitta la pièce, laissant sa fille au bord des larmes. Elle n'avait jamais pensé que les retrouvailles avec son père seraient faciles, mais elle n'avait pas non plus imaginé que ça se passerait comme ça. Ana lâcha un hoquet et s'effondra à genoux. Amély arriva derrière et la prit dans ses bras.

- Je suis désolée Ana. Ce n'est plus le même homme. Lord Voldemort l'a complètement changé.

Le lendemain, Ana décida d'écrire à Johnny pour lui raconter sa rencontre avec son père. Elle devait se confier à quelqu'un et Johnny était tout désigné étant son premier vrai ami. Elle envoya la chouette familiale porter la lettre, et attendit une réponse. Johnny était très ponctuel en général. Il ne dérogea pas à ses habitudes et une lettre lui parvint dans l'après-midi, par le biais de son père.

- Un ami t'a écrit. Il s'appelle Johnny. C'est quoi ce nom ?

- Père, Johnny est mon meilleur ami. Puis-je avoir sa lettre ?

- Il ne me semble pas très fréquentable. Est-ce un sang pur ?

- A vrai dire, sa grand-mère s'est mariée avec un moldu.

- Quoi ? Tu fréquente donc de la vermine ?

- Père ! s'offusqua Ana.

- Ne me tiens pas tête, sale impertinente ! Je surveillerais de plus près tes fréquentations dorénavant. Quand à cette lettre, elle va finir au feu.

Ethan McGill tourna les talons sans écouter les supplications de sa fille. Décidément Amély n'était bonne à rien. Et cette enfant avait trop profité de cette faiblesse. Il était temps qu'il revienne s'occuper de sa famille, sinon qui sait ce qui aurait pu se passer. Déjà qu'Ana était à Gryffondor ! Avec les traitres à leur sang et les sangs de bourbe. Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle n'était pas trop proches d'eux. Sinon son maître pourrait, lui demander d'exterminer sa famille, ou pire, décider de le tuer.

Ana avait essayé de renvoyer une chouette à Johnny pour lui dire qu'elle n'avait pas lu sa lettre, mais elle ne savait pas si son père avait intercepté le courrier. En tout cas, elle n'avait pas reçu de réponse. Elle se doutait aussi que si jamais Johnny avait renvoyé quelque chose, il y avait de grande chance pour que son père l'ait brûlé. Elle ne voulait même pas essayer d'envoyer une lettre aux jumelles, parce qu'elle savait que si son père l'apprenait il ferait une attaque ou la tuerait sur place. Malgré ses douze années d'absence, elle avait appris très vite à connaître son père. Elle voyait souvent sa mère pleurer. Pleurer encore plus qu'avant. Et elle avait le cœur brisé. Elle aussi était triste. Ce n'était pas un père qu'elle avait retrouvé, mais un bourreau, et le simple fait d'y penser la mettait mal à l'aise.

Durant la première semaine de vacances, Ana se conforma aux vœux de son père et apprit à se tenir comme une Sang-pur se devait de le faire. Elle savait que son père était très déçu par elle, mais elle essayait de se rattraper en lui faisant plaisir. Malheureusement, Ethan trouvait toujours quelque chose à reprocher à sa fille. Il n'encaissait pas le fait qu'elle soit à Gryffondor, et encore moins qu'elle soit amie avec des êtres d'ascendance moldue. Quoiqu'elle fasse, Ana ne pourrait pas remonter la pente aux yeux de son père. Après avoir fait des efforts pendant une semaine, et s'être fait rabrouer autant de fois qu'elle paraissait devant son père, Ana s'enferma dans sa chambre. Elle ne voyait pas l'intérêt de continuer. Son père ne l'aimait pas, et elle ne pouvait rien faire. Elle ne descendait que pour les repas, et quelques rares fois pour réconforter sa mère.

Mais le mercredi avant la rentrée elle reçut une lettre, que son père lui apporta. Il la regarda de haut en fronçant les sourcils. Ana remarqua que la lettre avait été décachetée. Ethan l'avait lu, et il semblait ne pas avoir aimé ce qu'il avait lu.

- De qui est-ce, s'enquit Ana.

- Je ne sais pas, renifla son père. Ceux qui t'écrivent ont signés « Les Maraudeurs ». De qui s'agit-il ? Encore de la racaille de ton école ?

- Non père, ce sont des amis respectables. Deux d'entre eux sont Sang Pur.

Ana évita de préciser les noms, espérant que son père n'en demanderait pas plus.

- Ce qu'ils écrivent ne me fait pas penser qu'ils sont respectables. Et puis c'est quoi ces noms ? Lunard ? Personne n'a idée de s'appeler comme ça.

- Ce sont des surnoms, père. Puis-je la lire ?

Ethan se renfrogna et son visage se durcit.

- Cesse de réclamer à tout bout de champ ! Ces « Maraudeurs » ne me semblent pas fiables. Tu me feras le plaisir de cesser toute relation avec eux.

- Mais père…

- Ils n'avaient qu'à signés de leurs noms. Si ça se trouve c'est un stratagème de ce Johnny pour te contacter.

- Non père, ce n'est pas son genre.

- Tais-toi ! Dans le doute, je garde cette lettre avec moi. Quand j'aurais découvert qui t'a écrit, je déciderai qu'en faire.

Dès qu'il eut refermé la porte, Ana se jeta sur son oreiller et martela le lit avec. Elle n'en pouvait plus d'être espionnée. Il fallait qu'elle parte, qu'elle retourne à Poudlard. D'un autre coté, elle s'en voulait de devoir laisser sa mère seule avec cet homme, mais elle ne pouvait rien faire. Amély n'oserait jamais demander le divorce, et Ana la soupçonnait de s'accrocher au souvenir de son mari, et puis Ethan ne permettrait jamais à sa femme de s'enfuir.

Heureusement il ne restait que quatre jours. Ana descendit voir sa mère qui était occupée à la cuisine.

- Maman, j'ai besoin que tu m'aides.

- Qu'y a-t-il ?

- Père lit et garde mon courrier. Je voudrais au moins lire une fois ce que mes amis m'ont écrit. Seulement, père garde la clé de son bureau sur lui.

- Tu voudrais que la lui prenne ?

- Juste une fois maman, s'il te plait.

- C'est hors de question ! Je ne t'autoriserai pas à fouiller dans les affaires de ton père pendant qu'il dort !

- Maman, je t'en supplie. Père ne veut déjà pas que je lise les lettres de Johnny, imagine ce qu'il adviendra s'il apprend que c'est James Potter qui m'a écrit !

Amély ne répondit rien, et s'accorda un temps de réflexion. Elle n'aimait pas voir sa fille malheureuse. Et Ethan avait changé, c'était indéniable. Elle, pouvait vivre des souvenirs de son mari, mais Ana était trop petite. Elle ne pouvait pas comprendre pourquoi il avait tant changé. Peut-être devait-elle ça à sa fille. Finalement, Amély soupira bruyamment et lâcha un petit « d'accord ». Ana prit sa mère dans ses bras, et la serra très fort en la remerciant.

La nuit suivante, Ana attendait en faisant les cent pas devant la porte de la chambre de ses parents. Amély sortit avec la clé sur les coups d'une heure, et chuchota :

- Tiens. Et dépêche-toi je t'attends ici.

Ana sourit et courut en direction du bureau. Elle déverrouilla la porte et fouilla dans la pièce. Elle dénicha la lettre et la lut :

Salut Ana,

On a bien réfléchi à ta proposition, et on est d'accord. Après tout l'idée venait de nous au début. Tout le monde est chez moi pour les vacances alors, les nuits sont assez agitées si tu vois ce que je veux dire. Pour notre affaire, rejoins-nous à la rentrée dans le train et on en parlera. J'imagine, et les autres aussi que tu dois être contente d'avoir de nos nouvelles. On voudrait bien des tiennes, mais comme tu l'as dit : en ce moment le papier est cher. Lunard me fait remarquer qu'on ne te donne pas beaucoup de nouvelles, alors je vais essayer de rallonger un peu cette missive. Queudver se goinfre dans mon garde-manger, à croire qu'il ne vient que pour ça… Mais comme ça ne dérange pas mes parents et que soit disant il leur a demandé… je ne veux pas passer pour un monstre. Quant à Lunard ben il se goinfre aussi, mais il rit aussi, ce qui lui fait un peu dépenser tout ce qu'il s'enfile. Pis, ben, Patmol, toujours fidèle à lui-même il en manque pas une pour faire des conneries. Moi je l'aide un peu, mais j'essaie surtout de le retenir. N'écoute pas cet abruti Ana, il nous fait passer pour des puits sans fond et des gaffeurs. Et en plus il ne dit rien sur lui. Tu devrais voir comme il nous ennuie avec sa rousse, c'est incroyable !

Maintenant que Patmol a finit de faire sa crise, je peux reprendre la plume. Et en fait je vais terminer la lettre, puisque tout a été dit.

N'oublie pas de venir dans le train, il faut qu'on parle.

Très amicalement

Les Maraudeurs.

Ana relut la lettre trois fois, ne comprenant pas la moitié. Quelle proposition ? Quelle affaire ? Et quel rapport avec le papier ? Elle ne se souvenait pas avoir dit quelque chose comme ça. Revenant à la réalité, elle se dit que sa mère devait trouver le temps long. Elle reposa l'enveloppe là où elle l'avait trouvé, referma la porte à double tour, et retourna vers sa mère.

- Merci beaucoup maman, je t'aime. Bonne nuit.

La jeune fille rendit les clés et remonta dans sa chambre. Une fois dans son lit, elle repensa à tout ce mystère qui entourait la lettre. C'est vrai que ça ne faisait pas très respectable, surtout avec cette « affaire » dont elle ne savait rien. Elle irait voir James à la rentrée et espérait bien lui soutirer des informations. Et puis c'était idiot d'avoir mis des surnoms, comment pouvait-elle comprendre de qui James parlait ?

Le lendemain, Ethan McGill ouvrit son bureau et s'arrêta sur le seuil. Il avait la mauvaise impression que quelqu'un avait touché à ses affaires. Il scruta le moindre recoin mais ne trouva rien de suspect, qui puisse le mettre sur une piste. De toute façon ça ne pouvait pas être qui, il n'était que trois dans la maison. Il doutait qu'Amély ait le cran de fouiller dans ses affaires, mais il allait tout de même l'interroger. D'un autre coté, qui d'autre aurait pu prendre la clé qu'il gardait constamment avec lui ? Surement pas Ana ! Quoique elle était à Gryffondor, c'était plausible.

Il monta à l'étage et ouvrit la porte de la chambre de sa fille. Ana enfilait son pull et poussa un cri de surprise en entendant la porte s'ouvrir. Ethan aussi sembla gêné d'être entré alors que sa fille s'habillait mais, sa colère n'était pas tombée pour autant.

- Suis-moi !

La jeune fille enfila son pantalon et suivit son père. D'un geste sec il l'amena devant lui et montra l'intérieur de la pièce à sa fille.

- Qu'est ce que tu es venue faire dans mon bureau ? attaqua-t-il.

- Il ne peut pas savoir ! pensa Ana devenant sujette à la panique.

Elle se convainc qu'il ne pouvait pas savoir, et répondit en contrôlant ses intonations.

- Votre bureau, père ? Mais vous le fermez quand vous n'y êtes pas ! Comment aurais-je pu entrer sans que vous en soyez informé ?

- Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose de bizarre ? Quelque chose qui ne serait pas à sa place ?

- Maintenant que vous le dîtes, je ne me souviens pas avoir déjà vu cet agencement. Il faut dire que mère gardait la pièce fermée. Elle ne voulait pas qu'on touche à vos affaires. Je ne suis donc pas venu ici depuis longtemps.

- Tu mens !

- Mais pas du tout, trembla la jeune fille.

- Pourquoi trembles-tu alors ?

- Parce que vous êtes un peu effrayant lorsque vous êtes contrarié, répondit Ana n'arrivant plus à mentir.

Ethan frappa sa fille, laissant une marque rouge sur sa joue.

- C'est le rôle d'un père d'être effrayant ! Remonte dans ta chambre, et n'en sors pas tant que je ne te l'ai pas explicitement demandé.

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et courut dans sa chambre. Elle s'en était plutôt bien tirée. Son père avait des soupçons mais aucune preuve. Elle avait intérêt à ce que ça reste comme ça.

Ethan ne décolérait pas. Il laissa Ana dans sa chambre jusqu'au soir, puis consentit suite aux incessantes demandes de sa femme, à faire descendre sa fille pour qu'elle puisse manger. Ana descendit lentement dans la cuisine et mangea peu. Elle voulait montrer à son père qu'elle ne se sentait pas punie et qu'elle se portait très bien, même après une journée de jeûne. Elle releva les yeux vers sa mère, qui détourna la tête.

- Est-ce qu'il t'a posé des questions ? demanda à voix basse la jeune fille à sa mère, quand elles furent seules.

- Oui. Un peu.

- Et qu'est ce que tu as fait ?

- J'ai menti quand il m'a demandé si je t'avais entendu venir dans notre chambre cette nuit.

- Il ne t'a rien demandé d'autre ?

- Non. Mais ne me demande plus jamais de refaire un truc pareil.

- Promis maman.

Le samedi soir, Ana fit ses valises. Elle partirait le lendemain matin avec ses parents à la gare. Ethan avait dit qu'il viendrait pour voir qui sa fille fréquentait. Et surtout qui elle devait rejoindre dans le train. Il viendrait surement la chercher quand il ne la verrait pas arriver. La jeune fille avait presque finit quand son père entra dans la chambre et vida la malle afin de voir ce qu'une élève de cinquième année à Gryffondor pouvait bien emmener à Poudlard.

- Père ! que faîtes-vous ? s'alarma la jeune fille.

- Tais-toi !

- Non ! Pas cette fois ! J'en ai marre de vos crises. Qu'est ce que ça peut bien vous faire ce que j'emmène ? Je sais encore comment faire mes valises !

- Comment ? fit Ethan atterré par le ton employé.

- Je me suis débrouillée sans vous pendant douze ans, ce n'est pas maintenant que vous m'apprendrez comment faire ! explosa Ana.

D'un coup de baguette la jeune fille fourra toutes les affaires dans sa valise, et la boucla.

- Là ! Maintenant sortez de ma chambre !

Ethan étouffa un cri de rage, et jeta le sort Doloris à sa fille. Ana, prise de court, hurla. Amély arriva en courant dans la chambre et cria à son tour. Elle poussa son mari et s'agenouilla près de sa fille.

- Ana ! Ana, tu m'entends ? Comment te sens-tu ?

- Pousses-toi Amély, elle a besoin d'une leçon !

- Non, mais qu'est ce qui te prend ? Torturer ta fille !

- Ne me parle sur ce ton, si tu ne veux pas subir le même sort !

- Tu n'es plus le même, dit Amély en se relevant. Où est passé l'homme que j'ai épousé et attendu ? Qu'es-tu devenu Ethan ?

- J'ai appris à voir le vrai chemin. Tu ne peux pas comprendre, tu es bien trop attachée à tes habitudes.

- Et le vrai chemin, c'est de jeter un sort interdit à son enfant dans il ne se comporte pas correctement ? Tu ne penses pas qu'il y a d'autres punitions plus adéquates avant d'en venir à de tels extrêmes ?

- C'est moi qui commande ici ! Et j'entends qu'on m'obéisse et non qu'on remette en question ce que je décide !

Ethan quitta la pièce en claquant la porte. Amély porta sa fille jusqu'au lit et la posa. Ana se recroquevilla instinctivement, et pleura. Amély la consola et s'excusa pour son mari. Pui elle redescendit, laissant Ana seule avec ses pensées.

Elle ne savait plus quoi faire, ni quoi penser. Elle n'était pas l'homme qu'était devenu son mari, mais elle s'efforçait de croire que l'homme qu'elle avait épousé n'était pas mort. Il était simplement quelque part, caché. Non, elle ne le quitterait pas. Parce que si elle le quittait qui serait là pour faire resurgir le vrai Ethan, celui qu'elle connaissait, celui qui se trouvait perdu derrière la carapace de glace qu'il s'était forgé. Oui, elle resterait pour l'aider à redevenir, celui qu'il avait été. Quitte à subir les pires châtiments, elle n'abandonnerait pas. Elle n'avait pas attendu douze ans qu'il revienne pour abandonner au premier obstacle !


Voilà, qu'en pensez-vous?
Je promets des explications sur la lettre, qui, c'est vrai, n'est pas très claire! xD