Disclaimer : Kaamelott et ses personnages appartiennent à Alexandre Astier, en espérant qu'il continuera à les faire vivre.
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Réponse aux reviews anonymes :
Hello : il y a parfois des tournois organisés dans certaines fêtes médiévales ; comme nous arrivons en été, l'époque où sont organisés la plupart de ces rassemblements, renseigne-toi vite si ça t'intéresse et s'il y en a près de chez toi !
Quant au reste de ta review… Eh bien, pas de spoil, je te laisse lire :) !
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Chapitre 11 : les renégats
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En dépit de la torche qui les précédait, Arthur et Léodagan devaient plisser les yeux et avancer prudemment s'ils ne voulaient pas se viander dans les escaliers. Les flammes n'éclairaient pas à deux pas devant eux, comme si l'obscurité aspirait leur éclat, renforçant le sentiment d'oppression en laissant dans le noir les cellules bardées de barreaux d'où s'élevaient des grommellements lorsque cette lumière à laquelle ils n'étaient plus habitués venait blesser leurs yeux. Les parois moisies dégageaient une odeur pestilentielle qui se mêlait aux relents d'excréments et de décomposition, et répercutaient en écho le bruit de leurs pas comme si une dizaine de personnes arrivait en face d'eux.
— C'est celui-là, grogna le garde édenté et vérolé qui marchait devant eux.
Il saisit une vieille lanterne de cuivre à sa ceinture qu'il alluma maladroitement de ses doigts courts et boudinés, avant de la suspendre à l'entrée de la cellule désignée.
— Hé, le trou du cul ! meugla-t-il en cognant contre les barreaux, s'attirant de nouvelles bordées de marmonnements et d'injures des cellules alentours. Réveille-toi, t'as de la visite !
Dans la cellule, ce qui avait paru jusqu'ici être un tas de chiffons crasseux sursauta soudainement, révélant un visage en grande partie rongé par une barbe et des cheveux semblables à de la paille mêlée de toiles d'araignées.
— Bon, déjà une bonne chose, il est pas crevé, commenta Léodagan pendant que le roi congédiait le geôlier d'un geste impatient de la main. Enfin quand je dis une bonne chose…
— Quessecé ? balbutia le prisonnier d'une voix éraillée, comme si elle n'avait pas servi depuis longtemps. Qu'est-ce que vous voulez ? Qui vous êtes ?
Il plissa les yeux dans le faible éclairage. L'expression sur son visage changea tandis que la lumière se fit dans son regard.
— Quoi ? Vous ?
— Oui, pourquoi ? répondit nonchalamment le roi tandis que le prisonnier se frottait les yeux pour en chasser les dernières bribes de sommeil. Vous attendiez quelqu'un d'autre ?
— Oh moi vous savez, j'attends plus personne en particulier…
Arthur se sentit quelque peu troublé : il s'était imaginé à peu près tout, excepté cette réaction… désinvolte. On aurait pu croire qu'il accueillait de vieux collègues de caserne plutôt que ceux qui étaient responsables de sa misérable situation. Et visiblement, il n'était pas le seul que ça dérangeait.
— Je sais pas ce que vous en pensez, mais il a l'air un petit peu trop à son aise, glissa Léodagan à son oreille, assez fort cependant pour être entendu de Siger. Et vu que sa peine est quand même sensée être un châtiment, je pense qu'il va falloir prendre des mesures.
— Et vous allez faire quoi, me foutre en taule ? lui lança Siger à travers ses barreaux.
— Vous mettre mon poing dans la gueule, ça me paraît un bon début !
— Dites, n'oubliez pas pourquoi on est venu, intervint Arthur.
— J'oublie pas, mais l'un n'empêche pas l'autre !
— Nan mais je m'en voudrais de perturber vos plan, s'excusa presque Siger. Laissez-moi deviner, vous êtes venus vous repaître du spectacle ?
L'ancien guerrier viking était méconnaissable. En plus de sa pilosité autrefois plus courte et soignée devenue sauvage et infestée de vermine, son visage et son corps s'étaient émaciés et son teint cadavérique faisait ressortir les cernes autour de ses yeux. On reconnaissait en revanche sans mal la large cicatrice sur sa joue droite qui permettait de l'identifier sans doute possible, ainsi que la lueur rusée dans son œil, quoiqu'elle fût à présent teintée de folie légère… Le genre de folie qui gagnait ceux qui n'avaient plus rien à perdre et qui ne se souciaient donc plus des conséquences de leurs actes et paroles. Ou très peu.
— Si on voulait profiter du spectacle, ça fait un moment qu'on serait venus, souligna le roi de Bretagne.
— On était même pas sûrs de vous trouver vivant, alors… renchérit Léodagan.
— Bon ben alors je vous écoute, qu'est-ce que je peux faire pour vous, messires ? leur lança Siger avec une jovialité toute hypocrite.
Le roi choisit de l'ignorer… et de ne pas faire de détours.
— Des gars de votre clan frappent aux portes du royaume de manière un peu trop insistante, déclara-t-il. Et on pense que vous pouvez nous être utile.
Léodagan tiqua légèrement devant la franchise du roi, mais ne dit rien. Lui qui n'était pas le roi de la diplomatie n'allait pas lui reprocher d'aller droit au but.
— Vous être utile ? répéta-t-il, sceptique. Comment je pourrais vous être utile d'ici ?
— On pense que vous savez des choses qui peuvent nous servir.
Le viking renégat prit un instant pour réfléchir tandis qu'Arthur répertoriait les différents arguments qu'il pourrait lui exposer avant que son beau-père ne prenne les choses en main, mais :
— C'est d'accord. Qu'est-ce qu'il vous faut ?
Les deux souverains en restèrent interdits.
— Euh… C'est tout ?
— Mais vous avez encore rien demandé ?
— Non, je veux dire : c'est tout ce qu'il faut pour vous convaincre ? précisa Arthur, déboussolé. Vous coopérez, comme ça, là ?
— Vu le coup qu'il nous a fait la dernière fois, moi je dis que c'est louche, renchérit Léodagan.
— Écoutez, vous serez d'accord pour dire que je suis pas tellement en position de prendre qui que soit pour un con, exposa Siger avec un calme et une lucidité surprenants. Je pense qu'il est clair que j'ai plus tellement de chances de rentrer chez moi couvert de gloire. Donc si je peux déjà vous donner quelques raisons de me transférer, disons… dans un endroit qui craint un peu moins, ce sera encore pas mal. Je m'en prends assez dans la gueule pour pas avoir envie de me faire torturer par-dessus le marché.
Le roi et son beau-père échangèrent un regard. Même s'il était impossible, étant donné ses antécédents, de ne pas avoir de soupçons, tout cela paraissait beaucoup trop logique et sensé. Visiblement, leur prisonnier qu'ils s'attendaient à trouver assoiffé de vengeance et peu disposé à coopérer était arrivé là où ils voulaient l'amener seul et sans trop d'efforts. Un viking raisonnable et intelligent… leur nombre s'élevait à présent à deux.
— Très bien, alors écoutez attentivement, fit le roi qui décida de ne pas chercher davantage un éventuel coup fourré. Comme je vous l'ai dit, des membres de votre clan ont tenté de pénétrer le pays et ont utilisé des moyens peu habituels. La question n'est pas de savoir pourquoi…
— Ah ben dommage, parce que c'était pas compliqué comme question ! s'esclaffa-t-il. Avec ce que vous leur avez extorqué comme rançon, vous deviez vous attendre à ce qu'ils vous aient un peu dans le nez !
— Oh ! Vous allez la fermer, oui ? s'irrita Arthur. Sinon nous on remballe et on vous laisse moisir dans votre trou !
Leur interlocuteur se reprit et redevint aussi sérieux que possible.
— Désolé.
— Bon. Je voudrais que vous me disiez, dit-il lentement pour être sûr d'être bien compris, qui à votre avis a succédé à votre chef.
Siger se gratta la barbe pour en chasser un pou tandis qu'il réfléchissait.
— Haki ? Ses deux frères cadets, je suppose. Helgi et Henning. Des jumeaux. Pas du genre à s'entretuer pour avoir la place de chef, plutôt de celui à tirer avantage du fait qu'ils sont deux pour gueuler plus fort que les autres. Ils sont toujours d'accord de toute façon. En tout cas, c'est ce qui me paraît le plus probable.
— D'accord. Et… selon vous, est-ce que ces deux-là seraient aussi du genre à orchestrer un plan comme celui que nous a servi Haki pour s'infiltrer dans Kaamelott ?
— Et vous tuer, précisa Léodagan.
— Et me tuer.
Le viking éclata de rire.
— Eux ? Non, ils sont cons comme deux pieds de table. Ils n'avaient même pas compris le but du voyage de Haki, c'est vous dire parce qu'il n'avait rien de complexe ! Mais dès qu'il y a un autre mot dans le plan que « on fonce et on écrase tout », ils sont paumés. Ce qui leur donne encore plus envie de foncer et de tout écraser, en général. C'est pas pour rien qu'ils étaient ailleurs à ce moment-là. Haki avait peur qu'ils ne foutent la merde.
Le roi pinça les lèvres et lâcha un soupir.
— Donc ce n'est pas eux, marmonna-t-il pour lui-même. Vous connaissez quelqu'un à qui ils auraient pu demander conseil ? demanda-t-il à nouveau à l'intention de Siger.
— C'était pas trop le genre, répondit-il en secouant la tête, envoyant de la vermine voler à droite et à gauche. Ils acceptaient les plans de Haki parce qu'il avait fait ses preuves en tant que guerrier, mais eux-mêmes n'ont jamais eu le réflexe de se servir de leur tête pour autre chose qu'enfoncer des portes avec. C'était Haki et le benjamin, les cerveaux de la famille.
— Le benjamin ? Vous n'avez jamais parlé d'un quatrième…
— Je ne pense pas que ça ait de l'importance, dit-il en haussant les épaules. Il est sûrement mort à l'heure qu'il est.
— Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
— Il était déjà pas solide à la base… Tenez, rien que lors de la mission dans le Languedoc, il était malade au point de devoir rester à la maison comme un gosse. Il était du genre maigrichon, 'voyez. Mais en plus de ça, Helgi et Henning n'ont jamais pu le saquer. Haki était son unique protecteur de son vivant, le seul rempart entre lui et ses deux frères tarés.
— Vraiment ? fit le roi, vaguement surpris.
Il ne connaissait le barbare que par le corps désarticulé qu'ils avaient ramassé aux pieds de ses murs ; néanmoins, il avait du mal à l'imaginer en grand frère sentimental.
— Absolument, affirma Siger. Il l'a pris lui-même sous son aile pour lui éviter le fóstr (1) – ce qui aurait pas été la joie pour lui, vous pouvez me croire. Enfin, c'était normal en un sens. Comme vous l'avez constaté, Haki était un passionné de magie…
— Quel rapport ?
— Par sa naissance, le p'tit frère aurait dû naître sorcier, mais ça a toujours été du flan, si vous voulez mon avis. Il a jamais été foutu de faire quoi que ce soit ; la seule magie dont il ait été capable, c'est d'être le plus menteur, le plus fourbe, le plus faible et le plus lâche du clan. Il n'y a que Haki qui y croyait encore. Mais maintenant qu'il est mort, les autres ne se sont sans doute pas montrés aussi indulgents…
Le cœur du roi venait de manquer un battement.
— Vous dites… que ce garçon – le protégé de Haki – était prédestiné à être magicien ?
— Ouais. Ça aurait été une honte dans n'importe quelle autre famille, mais vu la puissance de la sienne… Encore que même si personne n'osait l'ouvrir, tout le monde était d'accord pour dire que c'était un bâtard. Personne n'a jamais eu les cheveux noirs parmi les fils de Hagen, à part Snorri lui-même.
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Les rois de Bretagne et de Carmélide chevauchaient à bride abattue. Tous deux avaient sauté en selle dès qu'ils avaient compris ce que signifiaient les révélations de Siger. Ils avaient vu juste : il s'agissait bien d'une vengeance de la part du clan de Haki… Seulement elle avait pris racine bien avant le sabotage des machines de guerre de Léodagan. Ils fonçaient à présent en toute hâte vers le château, pestant contre l'allure trop lente à leur goût de leurs chevaux qui avaient à peine eu le temps de se reposer. Et l'angoisse d'Arthur augmentait au fur et à mesure que les pièces se mettaient en place dans son esprit. La potion de vérité… Cela avait tout d'abord été le seul espoir, même minime, que tout cela pût être une erreur, qu'il pût s'agir d'un autre viking brun et maigre s'appelant Snorri et ayant été destiné au rôle de magicien… Un espoir déjà peu probable, mais plus il se repassait la conversation dans sa tête, moins il le devenait. En fait, s'il y réfléchissait, il n'avait menti à aucun moment.
Il n'avait pas menti en disant vouloir rester en Bretagne. Cela faisait partie de son plan.
Il n'avait pas menti en disant que les siens étaient plus que certainement au courant de sa trahison. Cela faisait aussi partie de son plan.
Il n'avait pas non plus eu besoin de mentir en racontant sa propre histoire, ni en affirmant être en danger de mort parmi les siens. Ses frères étaient sans doute prêts à le tuer en cas d'échec.
Là où il aurait menti, en revanche, c'était en disant qu'il n'avait plus aucune intention belliqueuse envers ceux qui lui avaient pris son seul frère aimant et que sa propre capture faisait partie du plan. Mais ça, ils ne lui avaient pas demandé. Ils n'avaient simplement pas posé les bonnes questions.
Ah, il imaginait quelle avait dû être sa peur quand il avait compris qu'il était soumis à une potion de vérité… peur immédiatement suivie d'un profond soulagement en comprenant que, grâce aux questions mal formulées qui lui avaient été posées, il avait non seulement pu conserver sa couverture mais aussi assurer sa crédibilité. Encore une fois, des sentiments qu'il n'avait pas pu cacher… et que lui-même n'avait pas interprété correctement. Et sa crainte vis-à-vis de Merlin… Rien à voir avec la magie, en fait, il avait seulement craint que l'enchanteur puisse utiliser ses pouvoirs pour le découvrir.
C'était un plan conçu et exécuté de main de maître, il fallait l'admettre. Avec une seule partie incertaine, celle où son beau-père le ramenait vivant plutôt que de le tuer. Mais quand on était déjà le couteau sous la gorge, ce genre de plan devait ressembler à une porte de sortie grande ouverte.
Ils lui avaient pris son frère bien-aimé. Ils l'avaient condamné à subir la violence de ses autres frères, pour ainsi dire condamné à mort. Ils avaient appauvri son clan en rançonnant ses habitants pour leur permettre de récupérer leurs hommes. Il devait être la personne qui les haïssait le plus au monde… et il avait pourtant réussi à feindre la plus innocente sympathie du monde. En partie grâce à lui, la plupart des gens à Kaamelott lui accordait crédit et confiance. En particulier l'un de ses plus anciens et fidèles chevaliers. Ils accélérèrent le pas dès qu'ils arrivèrent sur une ligne droite.
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Les chevaux franchirent enfin la grande porte, au grand galop, ne ralentissant que lorsqu'ils eurent pénétré dans la cour. Léodagan descendit de selle d'un bond et s'apprêta à foncer vers le château, mais le roi l'arrêta d'un geste.
— Attendez. Inutile de gueuler au traître sur tous les toits, ça ne ferait que lui donner une occasion de fuir ou de faire des blessés.
— Ben alors, vous voulez faire quoi ? s'impatienta Léodagan. Attendre qu'il se dénonce de lui-même ?
— Ah, ne soyez pas con ! Non. On fait comme si de rien n'était, comme si on ne savait rien de plus… Moi je le convoque pour une raison quelconque et là tac, on le prend au piège. On peut se permettre de perdre deux minutes, vu qu'apparemment il a pas mis le feu à la baraque pendant notre absence.
Le roi de Carmélide prit une seconde de réflexion, puis récupéra la bride de son cheval en acquiesçant machinalement de la tête.
— Ouais… Ouais, pourquoi pas. Ça se tient. C'est votre style, mais ça devrait marcher. Bon moi j'étais plus dans l'idée de cramer la baraque moi-même pour le faire sortir, mais… Non non c'est bien, c'est vous qui décidez après tout.
Ils confièrent leurs chevaux épuisés aux palefreniers en tâchant d'avoir l'air aussi naturels que possible. En dépit leur agitation intérieure, trahie seulement par leurs gestes tendus et leur envie d'accélérer le pas, ils prirent le temps de déposer leurs capes de voyage et de se rendre calmement en salle du trône avant d'appeler une servante. Ils lui commandèrent d'aller trouver Snorri Hagenson et de lui dire qu'il était attendu ici, en gardant un ton aussi détaché que possible. Rien ne devait paraître louche. La domestique s'inclina et sortit. Arthur se pencha dans son siège pour la suivre des yeux dans le couloir jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision ; quand le bruit de ses pas se fut tu, il rejoignit son beau-père sur l'estrade et fit signe à un des gardes de s'approcher. À voix basse, il lui demanda de ramener quelques-uns de ses collègues et de les faire se poster à proximité de la salle du trône, dans toutes les issues sauf dans celle où la servante était partie.
— Vous lui avez bien dit de revenir par le même chemin, à votre bonniche ? demanda Léodagan qui avait visiblement très envie de cogner du viking.
Ses armes de siège seraient vengées, parole de breton.
— Bien entendu. Ne vous en faites pas, je la connais, celle-là. Elle est dégourdie, elle fera pas de conneries.
Léodagan garda le silence un moment, avant de se tourner à nouveau vers lui :
— Dégourdie, c'est-à-dire ? En général, ou par rapport à la moyenne de Kaamelott ?
Le roi pinça lèvres et leva les yeux au ciel tandis qu'il cherchait une réponse :
— Heu… Je… Pfff… En… en général, décréta-t-il finalement avec un hochement de tête convaincu.
— En général ?
— Ouais, ça peut aller. 'Fin, j'espère.
Dégourdie ou pas, la servante ne fut pas rapide : ils passèrent bien un quart d'heure à piétiner sur place en attendant son retour. Lorsqu'Arthur fut sur le point d'envoyer un garde à sa recherche, la porte se rouvrit enfin.
— Ah ben quand même ! s'exclama le roi.
Puis, remarquant qu'il manquait quelque chose dans le paysage :
— Où est-il ?
— Navrée, sire. Il est introuvable.
Les yeux de Léodagan s'agrandirent brusquement ; sachant que c'était le signe qu'il allait péter les plombs sous peu, Arthur se dépêcha de reprendre la parole :
— Comment ça, introuvable ? Vous avez cherché partout ?
— Sur tout le domaine, sire. Mais personne ne sait où il est. Les gardes à l'entrée ne l'ont pas vu sortir.
— Est-ce que vous avez pensé à demander au seigneur Bohort ?
— Oui, bien sûr, mais…
La jeune femme parut hésiter un instant.
— Eh bien quoi ?
— Le seigneur Bohort est également introuvable, sire.
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(1) fóstr : tradition viking selon laquelle un enfant n'était pas éduqué par ses propres parents, mais par un proche de la famille en qui celle-ci avait confiance.
