Merci encore et toujours à toi, review Anonyme!
Lug avait des cheveux de miel et de beaux yeux violine, une peau blanche, parsemée de quelques grains de beauté. Il avait le charme et la jeunesse. Si il n'avait pas été Oméga, sa vie aurait pu être un Paradis.
Lug faisait partie de ces Omégas rares ne supportant pas le traitement médical alors pendant ses chaleurs il devait rester cloîtré dans son appartement si il ne voulait pas qu'on profite de lui. A seize ans, ses parents l'avaient fichu à la porte afin qu'il «ne pervertisse pas» leurs autres précieux enfants. Il se souvenait des yeux pleins de larmes de sa sœur aînée, Andarta, blonde comme le soleil, les yeux bleus comme l'océan. Elle se trouverait un bon parti. Son frère était un nouveau-né à ce moment là. Lukwos ne se souviendrait jamais de lui et personne ne lui rappellerait son existence. Il s'était forcé à continuer à aller au lycée et ça ne se passait pas si mal, jusqu'à la dégringolade. Il était en terminale à ce moment là, proche de ses dix-huit ans. Si proche. Son cycle de chaleur s'était déclenché de lui-même, il s'était alors enfermé dans une cabine de toilettes mais il ne fallut pas longtemps pour que des Alphas ayant repéré son odeur ne s'amassent devant la fine cloison.
- Ouvre la porte, Oméga, on va t'aider.
- Ouais, on va te faire jouir, tu verras. Tu vas adorer.
- Viens jouer avec nous, viens jouer avec nos queues. T'en rêve pas vrai?
- C'est ta nature, ouvre nous Oméga!
Quatre, ils étaient quatre. Lug déglutit, la minuscule partie rationnelle de son cerveau lui hurlait de ne surtout pas ouvrir. Si ils défonçaient la porte, ils seraient en tord devant les responsables de l'école. Son corps lui hurlait d'ouvrir cette porte et de se jeter sur le premier Alpha venu, de faire luire sa queue de sa langue avant de la prendre profondément en lui, le sentir lui emplir le ventre. Être satisfait enfin.
- Tu es un être de perversion.
La voix de son père résonna dans sa tête, répétant cette phrase en boucle. Entre ça et les mots des Alphas de plus en plus vulgaires, Lug état au bord du désespoir. Il savait qu'il était si mouillé que son sous-vêtement était complètement collé à lui, commençant même à imprégner son jean de sa substance. Il était fiévreux, les yeux troubles, la respiration hachée. L'odeur des Alphas était si forte, si attirante... Sa main se leva lentement, tremblante et fini par déverrouiller la porte. Un bras surgit devant lui, agrippant le sien pour le faire sortir précipitamment de la cabine. Une bouche s'écrasa sur la sienne son torse ayant buté contre un autre plus fort, plus dur. Quelqu'un se glissa derrière lui, empoignant ses hanches pour faire frotter ses fesses contre une érection plus que conséquente. Son jean lui fut presque arraché, égratignant sa peau au passage. Ses mains étaient liées par la poigne de fer du premier Alpha, occupé à lécher sa peau, un autre mordant son torse et son ventre, le troisième se branlait tout contre l'érection de l'Oméga alors que le dernier s'apprêtait à le prendre. Dans un sursaut de lucidité Lug se débattit.
- Non! Non...
- Ta gueule. Tu le veux, regarde toi.
- ...Non... non...
La bouche puissante reprit sa bouche pour le faire taire, étouffant son cri quand l'autre entra brutalement en lui, il jouit malgré lui, étalant sa semence sur l'Alpha qui se branlait sur lui, le faisant jouir à son tour. Celui qui jouait avec son corps l'arracha à la bouche de l'autre pour le faire descendre et le forcer à le sucer. Finalement le premier Alpha décida que lui aussi voulait se faire sucer et il alterna entre ces deux pénis qui se battaient pour sa bouche pendant que l'autre derrière lui ne cessait de le ramoner. Quand il se sentit venir, il jouit au plus profond de lui, tirant un sanglot étouffé de Lug. Le quatrième le remplaça donc, s'enfonçant dans cet endroit si chaud, fait pour accueillir des bites comme les leurs. Lug perdit le compte de ce qui se passait, ignorant à force quelle queue était dans son cul et laquelle était dans sa bouche. Les quatre lui passèrent dessus, il le savait. Quand ils eurent finis, ils se rhabillèrent en riant et discutant joyeusement, ignorant l'Oméga nu et souillé à leurs pieds. Trois partirent vite, sachant que le gymnase serait bientôt rempli, puisque c'était dans ces toilettes là que Lug avait eut l'idée de se cacher. Le premier, celui l'ayant fait sortir, s'accroupit près de lui, lui relevant la tête.
- Tu as eut ce que tu voulais. J'te laisse un cadeau, c'était sympa.
Lug n'eut aucune réaction, sa tête retombant lourdement contre le sol quand son vis à vis le lâcha. Devant ses yeux vides se posèrent quelques billets.
Lug ne revint jamais au lycée. Enfermé dans son tout petit appartement depuis des semaines, il n'avait cessé de vomir tout en priant que la pilule du lendemain enraye la fécondation, si elle y était.
Il ne voulait pas d'enfant issu de son premier viol.
C'en était un n'est-ce pas? Mais il avait ouvert la porte... Il avait cédé... C'était bien qu'il l'avait voulu. Il passa les mains dans ses cheveux, en arrachant certains, les yeux fermés à l'extrême.
- C'est ma faute... C'est ma faute...
Il était seul, recroquevillé dans le bac de douche, grelottant sous l'eau devenue froide depuis bien longtemps. L'année scolaire était terminée, il ne recevrait plus aucune aide financière. Il allait devoir travailler pour ne pas finir à la rue. Mais que faire de ce corps sale? Il n'était pas intelligent, il n'avait même pas son bac. Comment allait-il survivre? Son bras se leva, arrêtant le robinet puis le corps fatigué se releva. Il sortit de la cabine de douche après avoir tiré le rideau puis il s'essuya. Il croisa son regard dans le miroir. Deux abysses violines. Il se détourna pour aller vers l'unique placard qui contenait ses vêtements. Il sortit ce qu'il avait de plus sexy, l'enfila. Il retourna à la salle de bain, maquillant légèrement son visage, coiffant ses cheveux. Il ignora son reflet dans le miroir et sortit. La nuit venait de tomber, il devait être aux alentours de 23h en ce chaud début de juillet. Les néons commençaient à s'allumer ici et là. Lug avançait, sachant où il se rendait. Il finit par franchir une porte, une fille le regarda de travers, mâchant ostensiblement un chewing-gum.
- C'est pas encore ouvert mon joli.
- Je veux travailler.
- Pour danser ou masser?
- Masser.
Ça voulait dire baiser. Un strip-club avec salon de massage mon œil, c'était une maison de passes. La fille lui sourit puis lui dit de la suivre, elle le présenta au patron. Un homme très grand, carré de partout, chauve, une barbe broussailleuse. Alpha. Lug leva les yeux vers lui.
- Je veux masser ici.
- T'es majeur au moins?
- Oui, tout juste.
- Et t'as déjà baisé?
- Oui.
- Laisse nous! Et toi, on va faire une petite démonstration toi et moi.
La fille partie avec un petit gloussement. Lug suivit cette montagne humaine jusqu'à l'étage supérieur. Ils entrèrent dans une chambre. Le jeune homme obéit à chacun des ordres donnés, ni plus, ni moins. Il perdit une autre parcelle de lui cette nuit là mais gagna de quoi manger. Il devait juste suivre les règles.
1) Ne pas dire son véritable nom.
2) Ne jamais voir un client hors des lieux.
3) Ne pas tomber enceint.
Lug signa son contrat de travail, officiellement il était masseur dans ce lieu sous le pseudonyme de Roméo. Un ridicule consommé mais il s'en fichait éperdument. Il commençait sa vie de prostitué.
Il travailla deux ans dans cette boîte jusqu'à ce qu'un événement non désiré ne l'oblige à arrêter. Il était tombé enceint. Il fut viré sur le champ pour «faute professionnelle» heureusement, il ne l'avait déclaré qu'à trois mois de grossesse, ayant ainsi réussit à mettre de l'argent de coté pour vivre un petit moment tranquille. Il avait vite apprit à faire de son corps une arme, de son regard doux un atout, de son expérience un bonus. Tout cela lui avait permit d'engranger du fric.
A six mois de grossesse, il décida d'aménager un peu la chambre du petit. Il avait entre temps grâce à son boulot, changé de lieu de vie pour un autre, un peu plus grand. Il acheta le nécessaire mais n'en fit guère plus. Assit sur un pouf énorme et confortable, près du berceau, il posa une main sur son ventre rond.
- Je suis désolé bébé. Je ne sais pas qui est ton père, je ne sais pas si je vais t'aimer.
Le silence passa, il fixait des yeux le mobile attaché au dessus du lit. Un tout simple en bois avec des animaux de la ferme.
- Grâce à toi, je vais avoir un peu plus d'argent. Mais je te dis pas merci, j'ai perdu mon boulot à cause de toi.
Il sentit un léger coup de pied sous sa main et il hésita entre rire et pleurer. Il se recroquevilla, serrant son ventre entre ses bras.
- Pardonne moi bébé... Papa est mauvais mais je vais essayer de faire de mon mieux pour toi. Je vais essayer d'être bon... Rien n'est de ta faute, ce n'est que la mienne. La mienne, uniquement et depuis le début. Sois rassuré bébé, Papa va t'aimer. Au moins ça que je peux faire. N'est-ce pas?
Cette chambre d'enfant était vide. Et malheureusement, elle le resta par la suite. Il avait accouché seul, sous le regard méprisant ou compatissant du personnel médical. Un Oméga célibataire avec un enfant de père inconnu sur les bras... Heureusement, ses voisins certifiaient qu'il vivait décemment, donc on ne lui enlèvera pas l'enfant. Son fils. Il avait eut un fils. Lug regardait le bébé depuis trois jours, incapable de lui donner un nom. L'infirmière fini par insister, si il ne le nommait pas, le chef du service le ferait. Lug lui renvoya un regard meurtrier puis lui arracha les documents qu'elle tenait, les remplissant rapidement.
- Il s'appelle Wido. Fichez moi la paix maintenant.
Vingt ans, ex prostitué, un gamin non voulu sur le dos. Quelle vie pourrie. Il jeta un œil au bébé endormi et sourit malgré lui. Une vie pourrie avec un rayon de soleil.
Wido avait cinq ans, il avait les mêmes yeux violine que son Papa mais ses cheveux étaient bouclés et d'un blond cuivré. Comme si on avait prit du blond pâle et qu'on y avait laissé tomber quelques gouttes de roux. C'était un très bel enfant. Il était gentil et obéissant. Son père l'enfermait toujours dans sa chambre quand des gens venaient chez eux. Il ne comprenait pas mais il obéissait. Cependant un jour, il eut vraiment trop soif. Il décida de sortir mais il se promit de ne pas faire de bruit, pour ne pas déranger. Il traversa son chez lui à petit pas dans ses chaussons, puis il entendit la voix de son père. Elle était bizarre. Il pleurait? Criait? Inquiet, il se dirigea vers la chambre de son père, séparée de la sienne par la salle de bain et le couloir. Il entrouvrit la porte et ses yeux innocents s'écarquillèrent. Son Papa était nu avec deux hommes, l'un était devant son visage et l'autre collé à ses fesses. Que faisaient-ils? Pourquoi il faisait ce bruit?
- Papa?
L'homme de devant le vit et éclata de rire, forçant la tête de son père à rester près de ses cuisses.
- T'es pas trop jeune pour apprendre la vie gamin? Dit-il, hilare.
Lug se débattait pour dire à son fils de partir, de ne pas regarder. Non, tout mais pas ça... Pas ça... Il réussit à se dégager, regardant son enfant. Wido était en larmes mais il le renvoya sèchement dans sa chambre. Le petit parti s'y enfermé, ne comprenant rien à la situation. Recroquevillé contre le mur, son unique peluche serrée contre lui, il pleurait en silence. Dehors, le ciel était bleu et les oiseaux chantaient.
Une ou deux heures après, Lug fut payé et débarrassé de ses clients. Il prit une douche rapide, prépara un goûter pour son fils et entra dans sa chambre. Wido n'avait pas bougé d'un poil. Lug soupira puis s'avança, posant le plateau devant l'enfant, sa main venant caresser tendrement la chevelure dorée.
- Je suis désolé Wido. Je ne voulais pas du tout que tu vois ça.
- Pardonne moi. C'est mon travail.
- ... Quel travail?
- Je fais plaisir aux messieurs et ils me donnent de l'argent pour qu'on mange. C'est un secret.
- Un secret?
- Oui, ne le dit jamais à personne. Jamais.
- Pourquoi?
- Parce que si tu le dis Wido, tu n'auras plus de Papa.
L'enfant sembla terrorisé et Lug l'enlaça fortement. Wido respira à pleins poumons l'odeur de son Papa. C'était une odeur douce, rassurante. Il ne voulait pas le quitter, il l'aimait bien trop. Il garderait le secret.
Un nouvel accouchement, de nouveaux regards de travers et des chuchotis. Lug les ignora, cette fois, il mit au monde une fille. Elle aussi serait ignorante de l'autre moitié de sa génétique. Ce n'était peut-être pas plus mal de toute façon. Wido était heureux de partager sa chambre avec sa petite sœur, c'était adorable. Lug était fatigué, son corps ne se reposait quasiment jamais. Les médecins le gardèrent d'ailleurs cinq jours au lieu de trois. Wido restait chez la voisine, une vieille Bêta plus compréhensive que la moyenne. Éléonore promettait d'être une sublime femme plus tard. Grâce au fait d'avoir accouché d'une fille, elles étaient si rares dans leur société, l'État versa davantage d'argent sur le compte de Lug. Cela lui permit de faire une pause dans ses activités.
Il reprit le boulot quand la petite eut deux ou trois ans. Wido la surveillait pour qu'elle ne voit jamais le même spectacle que lui quelques temps plus tôt. La routine des portes qui claquent, des grincements de lit, des couinements et gémissements reprirent. Les longues douches de Lug qui était occupé à se frotter la peau à se l'en arracher comme pour tenter de se laver de ses péchés. De toute façon, il n'était qu'une créature perverse, qu'est-ce que ça changeait qu'il soit souillé jusqu'à la moelle? Les accidents se multiplièrent plutôt à cause de la gentillesse de son fils. En effet, Wido entre aperçu que certains Alphas étaient violents. Il avait quasiment dix ans, il savait à peu près à quoi ressemblait le sexe et ça, ça ne l'était pas. L'homme étranglait son père. Il se précipita sur lui, le mordant au bras férocement et l'homme le rabroua sauvagement, le projetant contre le mur. Lug tenta de s'échapper pour aller voir son enfant mais le deuxième Alpha présent l'écrasa contre le lit pour finir de le baiser. Il ne reçut que la moitié de l'argent convenu mais il s'en fichait. Il se traîna jusqu'au petit garçon, s'assurant que ça allait. Il avait une grosse bosse et la lèvre éclatée. Lug oublia qu'il était nu et poisseux de spermes, serrant son fils contre lui. De sa voix cassée il lui expliqua de ne jamais refaire ça.
- Mais ils te faisaient du mal!
- Wido non... Ils payent pour faire ce qu'ils veulent...
- Mais Papa...
- Je t'en prie. Ne le fait plus, protège juste ta sœur.
Il voyait des larmes dans les yeux de son père, il acquiesça mais en vérité, il continua ses petites vendettas contre les Alphas jusqu'à l'âge de quatorze ans. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que Lug ne protestait jamais, acceptait tout contre quelques coups de bites et des billets. Son père n'avait jamais voulu qu'on le protège. Son père n'avait même jamais eut besoin d'être protégé. Il aimait se faire traiter de cette façon. Il ne voyait que cette explication. Effrayé de cette révélation, il s'éloigna petit à petit de son père Oméga. Lui-même s'était révélé de type Bêta en entrant au collège. Tant mieux, il ne serait pas un violeur ni une putain. Au moins sa sœur, son adorable princesse aux cheveux clairs serait sauve de ce genre de sort de par son sexe.
Wido venait d'obtenir son brevet des collèges et il pouvait entrer au lycée. Éléonore était encore à l'école primaire. Il devait continuer ses études pour ensuite se trouver du boulot et s'occuper à temps plein de la petite. Il l'élevait bien plus que Lug ne le faisait. Ce dernier avait fini par accepter que son aîné ne veuille pas qu'il s'approche trop de la cadette. Éléonore pourtant adorait son Papa du haut de son innocence de gamine de dix ans. Lug était venu chercher Wido à l'école, voulant le féliciter. Il tendit la main pour caresser ses boucles soyeuses mais une main frappa violemment la sienne, le forçant à s'écarter.
- Ne me touche pas, pervers.
Wido ne l'avait pas dit trop fort afin de ne pas attirer l'attention sur eux. L'Oméga soutint difficilement le regard violine si semblable au sien qui lui envoyait des éclairs. Il prit soudainement conscience que Wido ne s'était pas éloigné de lui parce qu'il grandissait mais parce qu'il le haïssait. Il laissa retomber son bras le long de son corps, baissant les yeux vers le trottoir.
- Bon, rentrons alors.
- Quand j'aurais fini le lycée, je partirais avec Éléonore. Tu ne nous verras plus.
- Je crois que tu as raison.
A cet instant, Wido se sentit encore plus blessé, pensant que son père ne se préoccupait même pas que ses enfants restent à ses cotés ou non. En vérité, son cœur saignait. Il adorait ses enfants, plus que tout. Ils étaient son phare, son point de repère dans sa vie décousue. Ils allaient partir mais c'était le mieux pour eux, sans doute.
- Tu es un être de perversion.
Il sourit malgré lui. Oui son père avait raison. La preuve, son propre fils venait de le lui dire. Il n'était qu'un pervers. Le trajet jusqu'à la maison fut silencieux. Le soir, ils mangèrent un bon et grand repas, de la nourriture préparée par des mains qui avaient touché il ne savait combien de pénis différent rien que cette semaine. De la nourriture payée avec le cul de leur père. Wido mangea malgré tout mais seulement parce que les prunelles étincelantes de sa sœur l'empêchèrent d'envoyer tout ce qui se trouvait sur la table, par terre. Lug avait passé beaucoup de temps à préparer ce magnifique repas. Il tentait de lui prouver qu'il aimait mais il savait le dégoût que le jeune éprouvait à son égard et à tout ce qu'il touchait. Il n'était qu'une ordure. Un être méprisable. Sa petite lui redemanda un verre de jus d'orange, Lug lui fit un magnifique sourire et la servit, ignorant son cœur en miettes.
Quand Éléonore fut au collège, Lug se posa avec un Alpha. Il était plus jeune que lui, souriant, gentil et travailleur. Ils ne vivaient pas ensemble, ils n'étaient pas liés mais ils s'entendaient bien. Lug avait cessé ses passes pour se consacrer à ce premier amour. Wido s'adoucit légèrement pendant cette période. Malheureusement, ça ne dura pas longtemps. Au bout de trois mois de relation, l'Alpha en question avait demandé à Lug de l'accompagner à l'une de ses soirées étudiantes. Officiellement, il voulait présenter son petit-ami Oméga à ses amis, fier de l'avoir à ses cotés. Lug s'était pouponné, frétillant comme l'adolescent qu'il n'avait pas pu être. Il avait trente-six ans mais son apparence était encore jeune, comme si ils débutait sa vingtaine. Seul moment où il avait envie de dire «merci la génétique Oméga!» Il n'aurait jamais dû croire à ce rêve.
Wido sursauta quand il entendit du bruit dans la nuit. Il se leva, sa sœur dormait toujours. Il alla vers la porte d'entrée et y trouva leur père débraillé, puant l'alcool et le sexe. Son visage était contusionné aussi.
- Qu'est-ce que t'as foutu?
Lug releva difficilement la tête, elle était lourde. Il avait un œil fermé à cause des coups.
- Wido... Il n'était pas amoureux. Il ne l'a jamais été.
-...
- Ils étaient six. Ils me sont tous passés dessus. Il avait filmé nos nuits, il leur avait donné les vidéos pour qu'ils aient un avant-goût... Il voulait un Oméga pro mais gratos...
- Lug...
Il ne l'appelait plus Papa depuis ses quatorze ans. Son père n'y réagissait même plus.
- Je croyais... Je croyais que je pourrais être un homme normal... Mais ils m'ont fait mal... Si mal...
Prit par tous les trous et dans tous les sens. Il ne l'avait pas voulu. Il n'avait pas été violé depuis des lustres et honnêtement, ça ne lui avait pas manqué. A qui ça manquerait de toute façon. Wido resta debout dans le couloir sombre, observant son géniteur affalé au sol qui pleurait et vomissait. Il était pathétique. Tellement pitoyable. Mais il resta là.
Wido fêtait ses vingt ans, sa sœur avait quinze ans et elle était sublime. Sa magnifique chevelure platine, ses beaux yeux violine, sa peau de porcelaine parfaite. Éléonore était absolument superbe. Lug était là, il avait à présent quarante ans mais ne les avait pas fêté. En fait, l'Oméga ne fêtait jamais ses anniversaires. Ça ne lui rappelait que trop bien la période désastreuse où sa famille était partie en lambeaux. Mais il s'agissait là de l'anniversaire de son fils. Son Wido, devenu lui aussi si beau. Malgré qu'il ignorait d'où venait les blessures qu'il arborait parfois. En vérité, Wido fréquentait une femme plus âgée appelée Blanche-Rose depuis ses seize ans. Celle-ci avait pour habitude d'être une dominatrice dans la vie comme dans le sexe. Et elle n'était pas du genre tendre, gravant sa marque sur la peau de jeune homme. Wido aimait ça, il aimait qu'elle ait le contrôle car pour une fois, ce n'était plus à lui de gérer les choses. Il avait probablement hérité de la perversité de son père.
- Regarde, avec Papa on t'a fait un super gâteau!
Il sourit mais il était dégoûté à l'avance. Dieu seul savait où Lug avait fourré ses mains avant de faire ce gâteau. Mais Éléonore l'avait fait pour lui donc il ne pouvait refuser. Il ne refuserait jamais rien à sa princesse.
- Merci beaucoup.
Lug ne disait rien, il admirait ses enfants. Lui, cette créature si mauvaise, si perverse avait réussit à mettre au monde de si beaux enfants. Il en était fier. Ils étaient beaux, intelligents, ils pourront vivre une vie saine. Wido venait de se faire engager par une boîte en tant qu'agent de sécurité. Lug savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne trouve un nouveau logement et ne parte d'ici, emmenant sa sœur avec lui. Lug n'aurait donc plus aucune raison de vivre. Plus aucune raison de se battre ni même de se vendre en fait. Il ignorait ce qu'il allait faire de sa vie.
- Papa sourit pour la photo!
Il obéit, penché vers son fils pour faire plaisir à la demoiselle. Devant elle, ils maintenaient une façade. Ses beaux cheveux de miel mi-longs étaient rassemblés en une queue de cheval basse, idem aux boucles blond cuivré de Wido. Son aîné lui ressemblait bien plus qu'il ne voulait l'avouer. Le visage de Lug était toujours beau mais ses traits étaient marqués de fatigue, ses yeux étaient vides. Il vivotait plus qu'il ne vivait. Alors qu'ils mangeaient chacun leur part de gâteau, Lug songea qu'on l'attendait pour une grosse soirée en fin de semaine. Il avait choisit un soir où les enfants n'étaient pas là, afin que ça puisse durer toute la nuit si ça chantait les Alphas concernés. Il devrait se faire approximativement 500 voire 600 € même plus si il faisait des extras. La majorité de cet argent était réparti sur les livrets de ses enfants. Le reste servait à la vie quotidienne et à ses produits de beauté. Il se devait d'être toujours beau et impeccable. Sans doute qu'il allait continuer à vendre son cul même une fois les enfants partis de la maison, de toute façon il ne savait rien faire d'autre. A quoi bon essayer, personne ne voudrait de lui.
Lug avait les mains et les pieds attachés, il était complètement à la merci de ces trois hommes. Deux avaient déjà eut leur tour, s'étant déversé en lui après avoir longuement profité de lui. Le troisième vint donc pour sa part du gâteau, se faire sucer en gorge profonde c'était bien sympa mais rien ne valait d'enfoncer sa bite dans un cul fait pour ça.
- Ton trou est si large que je me sens à peine à l'aise.
- Désolé, tes potes se sont amusés...
Sa voix était rauque, brisée. Il fit un sourire narquois qui excita l'Alpha mais pas dans le bon sens du terme. Les deux autres buvaient et fumaient à coté, l'air de rien. L'Alpha serra la gorge de l'Oméga, lui donnant de grands coups de hanches. Lug suffoquait, son corps entier se crispant. L'Alpha sourit, ayant atteint son but.
- Ouais là c'est bon, ton trou se resserre.
Il continua de le bourriner, toujours aussi sauvagement, s'enfonçant sans relâche dans ce corps épuisé. Sa main serrait toujours la gorge de l'autre, incapable de se débattre ou même de dire quoique ce soit. Lug sentait son cœur battre de plus en plus fort, trop vite. Il risquait d'y rester, il savait depuis son enfance qu'il avait des soucis cardiaques mais il n'avait jamais été vraiment suivit ni soigné. Entre ça et la main empêchant sa respiration. Il ne sentait plus de plaisir ni même de douleur. Il ne sentait rien. N'entendait rien. Ne voyait rien. Il avait les yeux entrouverts, la bouche aussi mais aucun souffle n'en sortait. Tout était blanc et cotonneux, il se sentait plonger dans le vide. Sa dernière pensée fut le souvenir de ses bébés, deux adorables nourrissons dans des berceaux de plastique.
Lorsque Wido arriva à l'appartement, il su que quelque chose n'allait pas. Tout d'abord, la porte était mal fermée. Il entra prudemment, avançant à pas légers au as où. Il trouva un tas de billets sur la table du salon, rien d'inhabituel. Il se dirigea ensuite vers la chambre de son père, ouvrant doucement la porte. Lug était là, allongé et attaché aux quatre coins du lit. Il soupira, encore à lui de le détacher et de le traîner à la douche.
- T'exagère Lug! Imagine si ça avait été Éléonore!
Aucune réponse. Bizarre. Il s'approcha et son sentiment de malaise augmenta.
- Lug?
Il était mort dans un saloperie d'orgie avec des Alphas, ils l'avaient baisé jusqu'à ce que son cœur lâche et il avait à peine quarante ans... Wido déglutit, serrant les poings. Ces connards l'avaient laissé tel quel, couvert de leurs spermes, allongé là avec les yeux ouverts et vitreux. Lug était mort. Leur père était mort. Il portait des marques de strangulation. Il suffirait de dire à sa sœur qu'il l'avait trouvé pendu. Il valait mieux qu'elle pense qu'il avait été lâche et s'était suicidé plutôt qu'elle sache qu'il fut tué pendant qu'on le baisait comme la pute qu'il avait toujours été. Il le détacha, le lava, l'habilla et déclara sa mort. Ou plutôt son suicide. Le mec de la morgue avait été coopératif grâce au gros paquet de billets, ceux laissé par les Alphas meurtriers. Éléonore avait pleuré pendant des heures, inconsolable. Elle avait toujours aimé leur père, profondément, sincèrement. L'enterrement se passa le plus simplement et sobrement possible. Wido emmena sa sœur dans un nouvel appartement, refusant de vivre dans celui où ils avaient jusque là passé leurs vies.
Une femme s'approcha de la tombe, elle était aussi belle qu'une déesse d'or et d'azur. Elle s'appelait Andarta. Elle posa un grand bouquet de fleurs sur la petite pierre plate qui servait de pierre tombale à son frère. Son petit frère rebelle, son petit frère malheureux, son petit frère brisé. Et dorénavant, disparu à jamais. Plus loin, Lukwos était là. Lui n'avait jamais connu ce frère. Son jeune fils, Esus, était resté dans la voiture avec son père Oméga. Inutile de traumatiser l'enfant avec cette visite funèbre.
- Lug était plus fort que nous mais aussi infiniment plus fragile. Je ne me suis jamais pardonnée de ne pas avoir lutté auprès de nos parents pour qu'il reste.
- Tu étais jeune aussi.
- Ce n'était pas une raison.
Lukwos ne dit rien. Il venait de naître quand ce frère inconnu était parti. Dorénavant âgé de vingt-quatre ans, il était lié et marié, ayant un fils de huit ans merveilleux. Lug avaient deux grands enfants lui aussi, Andarta allait essayer de les retrouver et de les aider.
En vérité, elle y arriva mais Wido refusa toutes tentatives, quelles qu'elles soient. Lui et sa sœur poursuivirent donc leurs vies en solitaires, comme ils l'avaient toujours fait. Loin de cette famille inconnue.
Voilà avec ce bonus, tout est fini pour cette histoire! A bientôt pour autre chose ^^
