Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.
Auteur:Cheryl Dyson
Titre : Chains of Earth
Rating/ Paring :M Slash HD
Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Cheryl Dyson
Note : Merci à Anabanana94 pour sa correction
Chapitre Dix
Les portes du paradis ne s'ouvriront pas pour moi
Avec ces ailes brisées je tombe
Et tout ce que je vois c'est toi.
-Nickelback – Savin' Me
Draco accueillit Granger avec courtoisie, bien qu'il mourrait d'impatience. Draco n'avait pas reçu un seul petit mot de Potter à part une missive de Granger lui annonçant qu'elle serait en retard. Vu qu'elle était du genre à se lever à l'aube, Draco l'avait attendu pour les neuf heures du matin ou les dix heures aux plus tard. Quand elle transplana finalement vers les une heure de l'après-midi, Draco était mort d'ennui.
"Désolé, Draco, j'ai été embarqué dans une crise au Ministère. Même quand je prends des congés, ils s'attendent toujours à ce que je laisse tomber ce que je fais pour accourir dès que je reçois leur message." Elle plissa le nez. "Je pense que si je ne répondais plus à leur message d'urgence, ils ne m'en enverraient plus, non ?"
Draco dût presque se mordre la langue pour s'empêcher de sortir un commentaire acerbe. Après tout, elle avait des ingrédients dont il avait besoin, avec un peu de chance dans le sac qu'elle tenait actuellement dans une main. Elle sourit, semblant apprécier son effort de ne rien dire tout en lui tendant le sac pour qu'il le prenne.
"J'ai envoyé un message à Harry pour lui demander de s'arrêter chez l'Apothicaire afin 'acheter quelques langues de salamandre. J'ai trouvé presque tout le reste. Je suppose que tu as des racines d'airelle, donc je n'en ai pas amené. Elles sont tellement banales que tu dois en avoir dans ta réserve. Je n'en ai plus du tout."
Draco fit claquer ses doigts et demanda à un elfe de maison d'aller chercher des racines d'airelle. Il commença à sortir les ingrédients et fit un signe de tête satisfait. Elle s'était très bien débrouillée. De la cendre d'un volcan actif, de la poudre de sabot de licorne, des coquilles d'œufs d'albatros et même des plumes d'un Faisan de Wallich du Népal. Ce dernier ingrédient était très rare.
L'elfe revint. "Maître Draco n'a pas de racine d'airelle. Maître Draco a du jus d'airelle, des feuilles d'airelle, de l'airelle séchée et du vin d'airelle, mais il n'y a aucune racine d'airelle dans les réserves de Maître Draco."
Draco fronça les sourcils et regarda Granger, qui haussa les épaules. "Je crois que je peux aller en chercher. Il y en a dans les jardins royaux du Palais de Buckingham."
"Il ne sera pas recouvert de neige ?" demanda Draco.
"À Buckingham ? Je n'ose même pas y penser! Les jardiniers royaux ne permettraient jamais que l'airelle royale soit couverte de neige!"
Draco haussa les épaules. Il se souvenait à peine que le Palais de Buckingham faisait partie d'une hiérarchie sociétale Moldu, n'ayant jamais prit l'option Études des Moldus. Merci Merlin, de toute façon. "Est-ce indispensable ?"
Elle acquiesça et fut sur le point de se lancer dans une explication, projetant sans doute d'entrer dans les détails de l'effet de cette racine pour la potion. Draco voulait tout simplement la préparer.
"D'accord," dit-il. "Tu peux aller chercher cette damnée racine et je commencerai à couper les autres ingrédients."
"Peux-tu venir avec moi ? Je ne peux pas fouiller le jardin entier toute seule."
Draco fit la grimace. "Ce maudit endroit est-il aussi grand ?"
"Il est tellement grand qu'il nous faudra du temps même à deux pour trouver l'airelle."
"Et que proposes-tu que je fasse, Granger ?" demanda Draco en faisant claquer ses ailes de mécontentement. "Crois-tu que les Moldus ne remarqueront pas la présence d'un homme ailé?"
"Il n'y aura pas beaucoup de monde avec ce temps," dit-elle pragmatiquement. "Un simple sort de Désillusion se chargera des rares Moldus qui pourraient nous apercevoir."
Draco fronça encore les sourcils. Il était sur le point de lui demander si elle savait vraiment lancer un sort de Désillusion mais il se rappela alors qu'elle était un petit génie dans cette discipline. Il devait reconnaître que l'idée de quitter la maison avait son charme. Sa brève incursion avec Potter dans la maison de Pokeby avait été un répit bienvenu mais on aurait dit que des semaines s'étaient écoulées depuis cette sortie.
"D'accord, Granger. Allons chercher ces damnées racines. Comment projettes-tu de nous emmener là-bas ?"
"Il y a plusieurs endroits où transplaner dans le Palais. Le Ministère aime maintenir l'accès aux bureaux gouvernementaux Moldus, au cas où."
"Au cas où de quoi?"
Elle haussa les épaules. "Il y a plusieurs hypothèses à ce sujet mais ça date de la période où les sorciers aidaient les souverains Moldu. Mais ça se termina après l'air de Merlin, évidemment."
Draco roula des yeux. L'amour de Merlin pour les Moldus était légendaire. Il y avait eu des rumeurs au sujet d'une entente entre Merlin et un roi Moldu, Arthur. Draco avait toujours pensé que Guenièvre s'était enfuie avec Lancelot parce que son mari couché avec son sorcier préféré…
"Nous-y allons?" demanda Granger, le tirant de sa rêverie historique. "Je te fais transplaner avec moi, si ça ne te dérange pas. Pouvons-nous le faire d'ici ?"
Il secoua négativement la tête. "Pas avec le détecteur de sort de Mère." Il l'a mena à travers la maison et ensuite sur un des nombreux balcons. Une fois dehors, Granger prit le bras de Draco. Il fut soudainement heureux d'avoir prit le temps de se changer pour mettre un pull-over en cachemire noire. Il ne voulait certainement pas avoir de visions —ou voir les souvenirs, ou quoi que ce soit —de Hermione Granger, particulièrement si elles étaient dans le même genre que celles de Potter.
Alors qu'ils transplanaient, Draco repensa à l'image d'un Potter en sueur arborant un doux sourire qui hantait ses rêves. Merde. Il regretta subitement que le froid ne l'affecte plus.
~~ O ~~O ~~
Harry fut envoyé sur une affaire à l'instant où il mit les pieds dans son bureau. C'était un simple cas de vol à l'étalage sur le Chemin de Traverse mais Kingsley aimait prouver qu'il n'y avait aucun favoritisme en envoyant Harry sur des affaires pour les bleus de temps en temps. Le coupable était jeune, à peine sortit de l'école et avait été attrapé à essayer de voler un âne à la Ménagerie Magique. Le garçon avait un regard désespéré, il était mince, mais quelque chose sur son visage sérieux rappela Hagrid à Harry. Il essaya de ne pas y penser alors qu'il envoyait le garçon au Ministère avec un autre Auror pendant qu'il prenait la déclaration du propriétaire.
C'était un cas de routine et cela prit peu de temps à Harry pour faire le rapport, donc il décida de passer chez l'Apothicaire pour acheter les ingrédients de Hermione. Son message avait voleté jusqu'à lui alors qu'il rentrait dans l'ascenseur pour sortir du Quartier général du Ministère.
Il le sortit de sa poche, essayant de se rappeler ce dont elle avait besoin. De la langue de triton? Il déplia le parchemin et loucha face à l'écriture petite de Hermione. Salamandre. C'était ça.
Il faillit presque rentrer dans Molly Weasley quand il releva les yeux
"Harry! Tu es là! C'est agréable de te voir."
"Hum, bonjour, Molly," dit-il poliment. Elle tenait un sac de courses qui tinta quand elle bougea. Elle le releva et le secoua légèrement.
"Tu vas bien, Harry ? Tu as l'air un peu pâle. Tu ne dois pas manger correctement vu que tu vis seul avec un elfe de maison très désagréable pour seule compagnie. Fait attention à ne pas attraper un rhume, mon chéri. Je me suis arrêtée chez l'Apothicaire pour acheter de la Pimentine pour ce pauvre Fred. Il a encore un rhume à cause de ce temps horrible. Je vais lui emmener au magasin," dit Molly avec un sourire joyeux.
Harry la regarda les yeux écarquillés. "F… Fred ?" demanda-t-il bêtement.
Molly acquiesça et soupira. "Je sais, il a beau faire semblant, mais on ne peut rien cacher à sa mère. Tu devrais venir au Terrier, Harry. Nous ne t'avons pas vu souvent ces derniers jours."
Un frisson de terreur parcourut Harry alors qu'il ouvrait la bouche pour lui rappeler que Fred était mort mais il la ferma rapidement et se força à sourire. "Ca… serait bien," dit-il sans grande conviction.
"Je sais que Ginny aimerait bien te voir. Je souhaite que votre bête querelle se termine et que vous vous remettiez ensemble."
Harry ne pu dire un mot tellement il était estomaqué. Heureusement, Molly semblait avoir finie de parler.
"Au revoir, maintenant, mon chérie," elle fit un signe de tête d'un air absent, le contourna et continua son chemin vers la boutique de Farces et Attrapes des Weasley. Harry la regarda anxieusement et se dit qu'il devrait s'arrêter parler à Arthur quand il retournerait au bureau.
Harry reprit sa route vers l'Apothicaire, en faisant attention sur les trottoirs glissant. Alors qu'il allait ouvrir la porte, cette dernière s'ouvrit et Gregory Goyle en sortit. Ils se fixèrent pendant un instant.
"Potter," dit Goyle sèchement.
"Goyle," répondit Harry.
Ils baissèrent tous les deux les yeux et Goyle sembla être sur le point de dire quelque chose mais il s'écarta à la place et descendit la rue en direction de Gringotts. Harry afficha une mine dédaigneuse. Il ne déprécierait jamais Goyle devant Draco mais il ne serait aussi jamais capable de dire un mot gentil sur lui, en dépit du fait qu'il ait apparemment accepté les ailes de Draco et qu'il restait son ami.
"Connard" marmonna Harry en entrant dans le magasin.
Harry commençait à détester son travail. Il avait à peine fini ce maudit rapport pour Kingsley sur le vol d'aujourd'hui qu'un message était arrivé pour lui ordonner d'aller enquêter sur un meurtre à Cornouailles. Heureusement, il n'y avait aucun Moldu impliqué —c'était un simple cas d'un triangle amoureux qui s'était mal finit.
Harry avait retrouvé l'ex mari (qui avait tué l'amant de sa femme dans un excès de rage) et l'avait attrapé après une course poursuite fatigante. Dans le processus, Harry avait glissé sur de la glace et avait atterrit douloureusement sur le sol, ce faisant mal à la cuisse et au poignet. Il ramena le corps de l'homme immobilisé jusqu'au Ministère pour le mettre sous les verrous et retourna à son bureau.
Il prit son temps pour faire un rapport en se frottant sa cuisse endolorie et soigna son poignet qu'il s'était foulé. Il pensa aller voir un Médicomage mais chacune de ses blessures, même mineures, finissaient par faire les gros titres. Ca ne valait pas le coup d'y aller. Il regarda le rapport sans écrire un mot pendant vingt minutes au moins avant de renoncer et de se diriger ver l'une des cheminées privées réservées aux Aurors. Il appela au manoir Malfoy.
Un elfe de maison lui répondit.
"Puis-je parler à Draco ?" demanda poliment Harry.
"Maître Draco n'est pas à la maison," répondit l'elfe.
Harry en fut surpris. "Malfoy a quitté la maison ? Où est-il allé ?"
"Maître Draco ne dit pas à Cigüe ce que Maître Draco fait."
Cigüe. Un nom charmant pour un elfe de maison. "Est-il seul ?"
"Ciguë ne sait pas. Ciguë a vu Maître Draco quitter la maison avec Hermione Granger." Le ton de l'elfe était un peu dédaigneux, comme chez un sang-pur, et Harry arbora une mine agacée. Il se demanda où ils étaient partis, mais il savait que la fidèle créature ne dirait rien même s'il le savait.
Il regarda sans vraiment les voir les flammes qui entouraient la tête de l'elfe de maison. Malfoy était avec Hermione. Ils avaient quitté le manoir. Ensemble. Il se força à ravaler un sentiment de panique. Sa mâchoire se contracta et il mit fin à l'appel avant de retourner dans son bureau. Malfoy et Hermione. Où pouvaient-ils bien être ?
Harry mit sa tête entre ses mains et appuya ses coudes sur le bureau. Merde, il n'avait pas le droit d'en être irrité. Hermione ne faisait que rendre service. Et Malfoy le méprisait.
Et encore… la dernière fois où ils avaient été ensemble…
Harry soupira. Il tirait des conclusions trop rapidement alors qu'ils avaient passé qu'une seule soirée ensemble. Lui et Malfoy n'étaient même pas amis.
Harry fixa sa paperasserie pendant une autre heure sans remplir une page. Il ne pouvait pas arrêter de se demander où Malfoy et Hermione étaient partis. Il lui avait déjà envoyé quatre fois un Patronus et il lui était revenu quatre fois. Il était sur le point d'en lancer un une cinquième fois quand la porte de son bureau s'ouvrit sur Ginny Weasley qui entra en coup de vent. Elle referma la porte derrière elle et s'assit sur le coin du bureau de Harry après avoir poussé de côté une pile de dossier et un cadre contenant une photo des parents de Harry.
"Harry," dit-elle chaleureusement et se pencha un peu vers lui. Son chemisier s'ouvrit, lui offrant une vue plongeante sur ses seins. Harry se demanda depuis quand elle s'habillait comme Pansy Parkinson. Pendant un instant, il crut qu'elle était venue pour le séduire.
"Ginny," répondit-il d'un ton neutre.
Elle sourit. "Harry, maman insiste pour que tu viennes manger à la maison, vu que tu as annulé l'autre soir. Elle dit qu'elle ne tolérera aucun refus. C'est à quatre heures et je suis déjà allé voir Kingsley, qui a accepté de te laisser partir plus tôt pour cette occasion spéciale."
"Tu quoi ? Quelle occasion spéciale ?" Harry fit marcher son cerveau à fond, essayant de se souvenir ce qu'il avait oublié. Un anniversaire ? Un jour commémoratif ? Les vacances sorcières ? Le souvenir de sa rencontre avec Molly sur le Chemin de Traverse ce matin lui revint soudainement à l'esprit. Avait-elle vraiment parlé de "Fred" et agit comme si Harry était toujours à l'école ? Ca avait l'air un peu vague dans son esprit et Harry n'était pas allé voir Arthur, comme prévu. En vérité, il avait complètement oublié Molly après les événements qui avaient suivis.
"Bon, j'ai un peu exagéré. L'anniversaire de Bill est dans deux jours mais nous le fêterons le mois prochain quand Charlie viendra nous rendre visite. Nous célébrerons leurs anniversaires en même temps. Mais Bill vient ce soir et maman fait un gâteau, vu que Bill doit travailler jeudi, le pauvre chéri. Ces maudits lutins n'ont pas de cœur, ne pas permettre à un homme de fêter son anniversaire." Elle soupira. "Et Fleur l'emmène quelque part ce week-end, donc nous ne pouvons pas le faire un autre jour. Alors dis-moi que tu viens, Harry."
Harry réprima un soupir, mais il n'arrivait pas à trouver une bonne excuse. En plus, il aimait vraiment Bill et supposa que Ron se comporterait bien en sa présence, lui donnant ainsi une chance de parler à Arthur.
"D'accord. Je vais rentrer chez moi pour me changer et dit à ta mère que je serai là vers quatre heures et quart."
Elle se redressa avec un sourire satisfait et plaça ses longs cheveux roux derrière ses épaules. "Parfait! On se voit là-bas." Elle sautilla du bureau et se dirigea à grands pas vers la porte, où elle lui fit un clin d'œil aguichant avant de sortir. Il devait reconnaître qu'elle était jolie. C'était vraiment dommage qu'elle ne l'attire tout simplement pas. Sa vie serait tellement plus facile si c'était le cas. Pas pour la première fois, il se demanda si un philtre d'amour serait une solution. Il pourrait le prendre, tomber amoureux de Ginny, se marier, avoir beaucoup d'enfants Potter-Weasley et vivre heureux. Ou pas ? Serait-ce un bonheur feint, même avec une potion ? Se sentirait-il vraiment lui ? Il devrait demander à Malfoy, l'expert en potion.
Il soupira, pensant à ses ailes blanches et à ses épaules pâles. Tout revenait à Malfoy ces jours-ci. Harry grimaça et se concentra sur son rapport. Kingsley serait moins qu'enchanté si Harry partait assister à un d'anniversaire sans avoir fini son travail.
~~ O ~~O ~~
Draco et Granger apparurent à l'intérieur d'une pièce sombre, semblable à une armoire. Granger alluma immédiatement sa baguette et Draco regarda autour de lui. L'endroit semblait être un débarras inutilisé. Les étagères vides étaient recouvertes de poussière, tout comme le sol. Les ailes de Draco se rapprochèrent méticuleusement de son corps. Granger était déjà à la porte, l'ouvrant prudemment et regardant attentivement à l'extérieur.
Elle lui fit un signe de main et se glissa dehors. Draco la suivit et se demanda où ils avaient atterrit dans ce fichu Palais. "À quelle distance sommes-nous des jardins ?" demanda-t-il en chuchotant. Elle lui dit 'chut' et Draco se renfrogna. Le couloir sombre lui rappelait les cachots de Poudlard. Il n'y avait aucun Moldu en vu. Granger se retourna vers lui et lui jeta un sort de Désillusion avant d'en utiliser un sur elle.
"Pour ne pas prendre de risque," dit-elle. "Si quelqu'un nous voit, il doutera de ce qu'il a vu. Heureusement, ces vieux bâtiments Moldus sont remplis de fantôme. Savais-tu que le Commandant John Gwynne, le secrétaire du Roi, s'est suicidé de honte après son scandaleux — ?"
"Evite-moi la leçon d'histoire Moldu, Granger. Trouvons ces maudites racines et partons d'ici."
Elle lui lança un regard furieux. "Tu es aussi stupide que Ron et Harry," souffla-t-elle.
"Ne me compare pas à un Gryffondor," dit Draco en levant le menton. "Je t'écouterais me réciter l'histoire de Poudlard pendant des heures mais ne m'ennuie pas plus avec ces bagatelles Moldus."
Elle roula des yeux. "Avance alors," dit-elle et elle remonta des escaliers lugubres. Honnêtement, est-ce que les Moldus ne nettoyaient jamais ?
Ils arrivèrent dehors, toujours aucun Moldu en vue et Draco se demanda s'ils vivaient vraiment dans ce château ou si l'endroit était en fait vide, laissant croire aux Moldus qu'il ne l'était pas. Mais ça lui importait peu, dans tous les cas.
Arrivé dans le jardin couvert de neige, Draco regarda toute cette blancheur avec consternation. Tout était blanc. Il n'y avait aucun buisson visible. Les sentiers avaient été dégagés mais on avait apparemment laissé la flore se débrouiller par elle-même, en dépit des mots de Granger disant le contraire. Il se demanda s'il devait aborder le fait que Hermione la Sorcière Prodige se soit trompée, mais le regard furieux qu'elle lui adressa l'en empêcha.
"Comment allons-nous trouver les buissons d'airelle ?" demanda-t-il à la place, doutant qu'elle ait dans son répertoire un sort de Détection d'Airelle.
Elle roula des yeux. "Honnêtement Draco, en regardant les plantes, évidemment. Elles ne poussent seulement qu'à côté de pins ou dans un sol acide, ce qui devrait réduire nos recherches."
"Oui, ca va être très facile de repérer quel sol est acide quand il est enterré sous une montagne de neige."
"Avance," dit-elle sèchement et elle se mit à marcher entre de petites collines blanches jusqu'à des arbres feuillus tellement recouverts de neige qu'on les voyait à peine.
Granger regarda s'il n'y avait pas de Moldu au alentour et lança un sort pour enlever la neige d'une branche d'un buisson couvert de glace. Elle fronça les sourcils. "Viburnum". Elle se dirigea vers le suivant et jeta un regard acéré à Draco. "Es-tu ici pour m'aider ou pour regarder ?"
En marmonnant dans sa barbe, Draco s'éloigna pour commencer la tâche ennuyeuse de trouver un maudit buisson dans une mer blanche. Il pensa que ça l'aiderait s'il pouvait se souvenir d'à quoi leurs branches ressemblaient. Franchement, sans leurs feuilles les plantes se ressemblaient toutes.
Évidemment, il ne demanderait jamais à Granger.
~~ O ~~O ~~
Avant de partir chez les Weasley, Harry appela encore une fois au manoir Malfoy mais Malfoy et Hermione étaient toujours absents. Il se mordit la lèvre avec souci. Où est-ce qu'ils pouvaient bien être, bordel ?
Il arriva au Terrier en même temps que Bill et Fleur —ils faillirent presque se rentrer dedans en apparaissant sur le porche. Bill retint Fleur, qui rigola mélodieusement.
"Oh, Harry, nous nous sommes presque rentré dedans !" De petits nuages de buée sortaient de sa bouche, rencontrant l'air froid.
"Oui, pensez-y, on aurait pu passer la soirée à Ste Mangouste à la place d'ici," dit Harry avec sérieux et Bill grimaça.
"Ron est toujours un trou du cul, alors ?" demanda-t-il.
Harry haussa les épaules alors que la porte s'ouvrait pour révéler le visage rayonnant de Ginny.
"Harry, tu es là!" Elle se jeta sur lui et pressa un baiser sur ses lèvres. Fleur rigola de nouveau.
"Je pense qu'elle est contente de te voir."
"Très heureuse," ronronna Ginny contre les lèvres de Harry. Il voulait subitement retourner chez lui pour se cacher. Il s'éclaircit la voix et la repoussa doucement mais fermement.
Heureusement, Bill tira Fleur à l'intérieur où il entraina Arthur dans une étreinte exubérante. Harry suivit, bien qu'il n'ait pas réussi à détacher Ginny de son bras. Elle se cramponnait avec possession à lui et il s'y résigna pendant cette longue soirée. Sa jambe contusionnée l'élançait et il serrait les dents en s'efforçant de ne pas boiter.
"Harry! Entre, mon garçon!" dit Arthur. Il s'approcha de Harry et lui chuchota, "J'ai un appareil Moldu fascinant à te montrer plus tard. Je n'ai aucune idée de ce qu'il fait mais —"
"Papa, laisse Harry tranquille ou je parlerai à maman des appareils Moldus fascinants que tu as amassé dans le hangar du jardin," le prévint Ginny.
Arthur fit la moue et Harry rit. "Je regarderai ça plus tard, Arthur. Je le promets."
Ils se dirigèrent vers la cuisine où Ron et George étaient déjà assis. Molly salua Harry et regarda l'étreinte possessive de Ginny à son bras avec un sourire indulgent. Harry serra les dents et se demanda ce qu'il devait faire pour expliquer aux deux femmes qu'il n'était pas la propriété de Ginny. Il pensa à se présenter avec un homme au bras et divagua quand l'homme devint blond avec de douces ailes blanches…
"Harry!" dit Ginny brusquement, le sortant de sa rêverie.
"Je suis désolé," dit-il d'un air penaud et George sourit.
"Elle fait ce genre d'effet sur les gens généralement," dit George affectueusement et Harry se rendit compte qu'une femme était assise à côté de George, rougissant fortement. Harry espéra qu'on ne l'a lui avait pas présenté pendant qu'il était dans ses rêves induisant Malfoy.
"Harry, c'est Laurie Bell. Laurie, je suis sûr que tu reconnais Harry Potter," dit George et la fille aux cheveux blond bégaya et acquiesça alors qu'elle restait bouche bée devant Harry d'un air impressionné.
"Bien sûr qu'elle reconnaît le célèbre Harry Potter," dit Ron de sa place habituelle. Son ton était sec mais pas aussi provocateur qu'à son habitude. Les yeux de Laurie, cependant, se posèrent sur lui avec surprise.
"Arrête-ça, Ron," le prévint Bill.
"Hum, je me souviens de Harry à l'école," dit Laurie doucement. "J'y suis rentré quand… et bien, l'année où Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom…"
Molly toussa comme si elle avait avalé de travers et tout le monde commença à parler en même temps. Personne n'abordait jamais la guerre chez les Weasley. C'était un tabou.
"Ca sent délicieusement bon, maman!" dit Bill fortement.
"Laurie était à Gryffondor. C'est la petite sœur de Katie Bell," expliqua rapidement George.
"Harry, assis-toi à côté de moi," insista Ginny en tirant une chaise.
Fleur dit quelques mots en français et Arthur fit toute une scène en cherchant sa baguette, se demandant à voix haute où il l'avait mise. Harry s'assis sur la chaise, aidé par la pression sur son bras.
"Je m'en rappelle," dit Harry, bien qu'il ne s'en souvienne pas du tout. "Ta mère ne t'a-t-elle pas mise en garde de rester loin des hommes comme George ?"
Heureusement, le petit rire de Laurie sembla faire redescendre la tension. Elle se rapprocha de George et planta un baiser sur sa joue. "Oui, elle l'a fait. Mais heureusement pour George, je n'écoute pas toujours ma mère."
La conversation se dirigea vers des sujets plus légers et chacun s'assis autour du repas parfait de Molly. Comme d'habitude, on n'entendait que George et Bill, ce qui convenait parfaitement à Harry. Il était presque détendu à part que la main de Ginny s'égarait continuellement sur sa cuisse, la serrant occasionnellement. Elle trouva aussi nécessaire de se pencher ver lui pour lui parler dans l'oreille chaque fois qu'elle avait quelque chose à dire.
"Tu travailles sur des affaires intéressantes, Harry chérie ?" demanda Molly, Harry manquant presque de s'étouffer avec son jus de citrouille. Molly semblait penser qu'ils avaient tous encore onze ans, à part Ron, évidemment. Son ancien meilleur ami but sa bière à petites gorgées, assis en tête de table et lança un regard furieux aux autres. Harry se renfrogna face à cette pensée, conscient que Molly avait agit comme si il avait onze ans ce matin et que maintenant elle avait l'air parfaitement normal.
"Pas vraiment, non," dit Harry. "Juste les bonnes vieilles choses, vous savez." Il essaya d'esquisser un sourire.
"Le bon vieux travail d'Auror ennuyant," dit Ron avec un sourire méprisant.
Harry leva une main vers sa poitrine. Ses doigts pressèrent la petite plume qui reposait sous sa chemise. Il était rentré chez lui pour se changer et il avait prit quelques minutes pour faire un trou au bout de la plume et la passer dans une chaîne en or. Il savait que porter une plume de Draco était fou mais sa présence le calmait un peu. C'était invisible sous son épais pull noir mais Ginny remarqua son geste.
"Tu vas bien, Harry ?" demanda-t-elle.
"Comment va Hermione, Harry ?" la coupa Ron. Son ton était étonnamment doux.
Harry lui lança un regard surpris. Il se demandait la même chose, en fait, mais pour d'autres raisons que Ron ne soupçonnerait jamais.
"Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vue aujourd'hui. Ni reçut de nouvelle d'elle, en fait," admit-il.
"Une querelle d'amoureux ?" grogna Ron.
"De quoi parle Ron, Harry ?" demanda Molly. "Comment va notre chère Hermione ? Elle me manque aussi."
Ron recula son fauteuil d'un mouvement tellement brusque qu'il faillit presque renverser tous les verres d'eau. Molly lui lança un regard désapprobateur mais Ron ne bougeait plus. Il fixait Harry.
"Ronald Weasley, tu ne quitteras pas cette table tant que nous n'aurons pas mangé le gâteau de Bill."
"Je ne veux pas de gâteau."
"Tu as besoin de tout les gâteaux que tu pourrais avoir, idiot," dit Bill doucement. "Ca pourrait adoucir ton comportement."
"Mon comportement est très bien, merde!" marmonna Ron. Harry savait que ce commentaire venant d'une autre personne que Bill aurait rendu Ron fou de rage.
"Oui, tu es l'incarnation du bonheur et de la joie," marmonna George.
"Putain, je devrais être heureux et joyeux à propos de quoi George ?" cria Ron, se tournant vers son autre frère. Laurie Bell se blottit contre George, n'ayant évidemment jamais été témoin d'un éclat de fureur de Ron.
"Ron, tu as promis de ne pas causer de problème ce soir!" cria aussi Ginny.
"Alors tu n'aurais pas dû l'inviter!" beugla Ron en montrant d'un doigt tremblant Harry. "Quand est-ce que ça va rentrer dans ta petite tête stupide qu'il ne te veux pas, Ginny ? Il a Hermione maintenant!"
"Ca suffit, Ron," dit doucement Harry alors qu'il se levait. "Je m'excuse pour ça, Molly. Je n'aurais pas du venir. Merci de m'avoir invité. Bill, joyeux anniversaire en avance."
La cuisine se transforma en tohu-bohu. Molly suppliait Harry de ne pas s'en aller, Arthur engueulait Ron, Ginny hurlait des invectives et George lança à Ron une sorte de maléfice cuisant, faisant hurler son frère qui sortit sa baguette. Laurie criait.
Harry s'enfuit.
Il était à peine dehors que Ginny le rattrapa, se cramponnant à son bras pour l'empêcher de transplaner.
"Harry, attend!" cria-t-elle.
Il acquiesça, grimaçant alors que ses doigts s'enfonçaient dans son poignet gonflé. "Je ne peux plus, Ginny. Je ne peux pas continuer à venir ici. Dit à ta mère que c'était vraiment gentil de continuer à m'inviter mais Ron me déteste maintenant et je ne peux pas le supporter!"
"Ce n'est pas vrai, Harry, tu fais partie de cette famille!"
"Je ne fais pas partie de cette famille!"
"Et bien, tu pourrais!" insista Ginny.
La patience de Harry fut à bout. Il était fatigué de Ron, de Ginny et il était fatigué que tout le monde essaye constamment de lui faire faire ce qu'il ne voulait pas.
"Arrête, Ginny! Arrête maintenant! Quand vas-tu arrêter de te mentir à toi-même ? Pourquoi ne peux-tu pas accepter le fait que ce soit fini entre nous ?"
Elle réagit comme si on lui avait donné une claque et elle secoua la tête d'une façon insensée. "Tu ne sais pas ce que tu dis, Harry. Tu as dit que tu voulais juste de l'espace! Tu as dit que tu voulais du temps pour réfléchir."
"J'ai réfléchi. J'y ai parfaitement réfléchi." Harry s'éloigna du porche et remonta l'allée qui avait magiquement était dégagée de la neige un peu plus tôt mais qui commençait déjà à en être recouverte.
"Oh, tu l'as vraiment fait ?" demanda-t-elle fortement en se précipitant après lui. "Et qu'as-tu décidé, Harry ? Que tu voulais Hermione Granger, après tout ?"
Harry s'arrêta et se retourna vers elle, furieux. "Cela n'a rien à voir avec Hermione. Rien! C'est par rapport à moi, Ginny. A moi! C'est par rapport à ce que je ressens, d'accord ? Personne ne se préoccupe de me demander mon opinion, ils pensent que je continuerai à faire exactement ce qu'on attend de moi."
"C'est pour ça que tu étais avec moi ?" demanda-t-elle doucement. "Parce que c'est ce que tout le monde attendait?"
Son ton calme fit légèrement retomber sa colère et il passa une main dans ses cheveux. Ils étaient à moitié mouillés à cause de la neige qui tombait.
"Oui. Non. Je ne sais pas," admit-il.
"Tu ne sais pas ?" Son ton était amer et on aurait dit qu'elle refusait de le croire. "N'as-tu jamais ressenti quelque chose pour moi?"
"Oui!" cria-t-il. "Bien-sûr que oui. Je ressens quelque chose! Mais ce n'est… pas ce dont tu as besoin."
"Pourquoi Harry ? Qu'est-ce que je n'ai pas, bordel? Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? Ne crois-tu pas que tu me dois une explication ? Pourquoi ne suis-je pas assez bien pour toi ?"
"Putain de merde, Ginny! Ca n'a rien à voir avec toi! C'est moi!"
"Toi ? Pourquoi ? Parce que tu es ce damné Sauveur ?"
"Parce que j'aime les hommes, Ginny," admit Harry avec colère. "Pas les femmes. Pas toi ni Hermione. Les hommes! Tu comprends maintenant ?"
Elle le fixa, statufiée, comme si les cristaux de glace tombant du ciel l'avaient transformée en statue. Le choc dans ses yeux se répercuta en lui et il gémit presque à voix haute. Putain, il l'avait fait.
"Un gay," dit une voix basse à la gauche de Harry et il se tourna pour voir Ron, cacher près d'un buisson couvert de neige. "Un putain d'homo! Depuis quand le sais-tu, Harry ? Depuis Poudlard ? Depuis que nous sommes des camarades de chambre ? Depuis que nous passons tout notre temps à camper dans la forêt ensemble ?" La voix de Ron commençait à monter dans les hauts, comme celle de Ginny un peu plus tôt.
Harry essaya de parler mais sa voix refusa de sortir.
Ron rit de manière désagréable. "Et dire que j'étais jaloux de Hermione. Peut-être devrait-elle être jalouse de moi, hein ? Ou pas vu que tu ne m'as jamais fais du plat, hein mon pote ? Ou est-ce que je ne l'ai pas remarqué, n'étant pas un putain de gay? Hermione le sait-elle ?"
Après un autre silence, Ron sourit.
"Bien sûr qu'elle le sait. Elle est intelligente. C'est moi qui suis stupide. Tu ne pouvais pas me le dire cependant, n'est-ce pas ?"
"Arrête, Ron," dit Harry, reculant lentement. Il avait plusieurs fois vu un Ron Weasley furieux mais cette fois c'était surréaliste. Harry pouvait sentir la rage s'échapper de lui par vagues. Ron fit glisser son fauteuil en avant comme s'il le pourchasser.
"'Arrête, Ron,'" se moqua-t-il. "C'est toujours 'arrête, Ron. Ca suffit, Ron. Ne soit pas idiot, Ron'. Il semblerait que j'ai été un idiot pour ne pas le voir. Mon meilleur ami. Tu ne m'as jamais dit tous tes petits secrets inavouables, n'est-ce pas, Harry ?"
"Je ne savais pas," chuchota Harry.
Ron rit amèrement. Harry jeta un coup d'œil à Ginny, qui n'avait pas bougé, bien que ses yeux passaient continuellement de lui à Ron.
"Tu ne savais pas." Ron sortit subitement sa baguette et la pointa vers Harry. Ses lèvres se courbèrent d'une façon qui rappela étrangement à Harry, Voldemort. "Dégage d'ici, l'Elu. Reste loin de ma sœur et de ma famille et reste loin de moi!"
Harry en eut la respiration coupé et il transplana.
~~ O ~~~~O~~
Draco était couvert de neige. Granger avait intelligemment lancé une boule de neige sur un arbre qui en était couvert et il s'était tout reçu sur la tête. Il lui lança un regard furieux et s'enleva la neige alors qu'elle commençait à fondre dans ses cheveux. Il forma rapidement une grande boule de neige de ses mains nues et la pourchassa dans le jardin alors qu'elle s'enfuyait, hurlant de rire.
Ils avaient trouvé les buissons d'airelle après une recherche exhaustive, ils étaient en sécurité dans un coin du jardin massif. En fait, il se trouvait que les plantes étaient étiquetées par une petite plaque en métal qui indiquait leur pays d'origine, leur genre et leur classe, quelque chose que Draco avait montré à Granger avec une grande satisfaction après qu'elle ait examiné une quinzaine de branche sans feuilles.
Pour dire vrai, il l'avait découvert par accident. Draco avait remarqué ces maudites plaques après que l'une de ses ailes en ait touché une, l'enterrant un peu plus dans la neige. Mais bon, une victoire était une victoire.
Même avec ça, trouver les étiquettes sous ce tas de neige et tout recouvrir par la suite leur avait pris le même temps que s'ils avaient continué à examiner les plantes, surtout que certains buissons couronnés de neige n'avaient pas de plaques. Les Moldus n'avaient apparemment aucun désir d'être cohérent.
Draco envoya sa boule de neige vers Granger et elle rit quand elle toucha l'arrière de sa tête broussailleuse en la faisant presque tomber dans la neige. Elle se retourna avec une expression furieuse mais elle se mit plutôt à rire. Draco s'attendait à ce qu'elle répliquât mais elle enleva juste la neige de ses boucles et demanda, "Comment allons-nous recueillir les racines ?"
Pour réponse, Draco pointa sa baguette vers un buisson d'airelle et le déracina. De la terre s'effritait des racines et ça laissa une tache sombre dans le sol.
"Hé! Qu'est-ce qu'vous faites là ?" cira quelqu'un et Draco se retourna pour voir un Moldu en uniforme se diriger vers eux. Granger jappa et courut vers Draco. Elle l'attrapa par le bras et fit venir l'airelle à elle. Draco n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle les faisait transplaner.
Elle le relâcha alors que Draco clignait des yeux pour s'habituer à leur nouvel environnement. Ils étaient devant le manoir Malfoy, où il neigeait fortement. Granger rit d'un air narquois alors qu'elle tenait l'airelle loin de sa robe.
"Granger," dit Draco avec désapprobation. "Je ne peux pas croire que tu ais fait ça à ce pauvre Moldu sans défense. Comment arrivera-t-il à expliquer le vol d'un précieux buisson par une folle vêtue d'une robe et d'un homme avec des ailes ?"
"Seulement une folle vêtue d'une robe. J'ai vérifié que le sort de Désillusion était bien en place. Je déteste leur lancer un Obliviate."
"Oui, c'est bien mieux de leur laisser croire qu'ils sont fous."
"De la sympathie pour les Moldus? Venant de toi?" demanda-t-elle malicieusement.
Draco sourit. "Ce n'est pas de la sympathie. Je montre simplement le comportement scandaleux d'une employée modèle du Département de la Justice Magique."
"Je devrais ignorer ce commentaire. Prend le buisson." Elle lui tendit la chose sale et Draco plissa le nez.
"Non merci. Rentre et l'un des elfes l'emmènera au laboratoire."
Draco ouvrit le portail et Granger le suivit, tenant toujours la plante. Il sourit et se jura de mettre se souvenir dans une Pensine, parce que son expression mécontente était inestimable. Il devait reconnaître que sa compagnie était amusante.
Draco appela un elfe quand ils eurent atteint le porche et Granger lui donna volontiers le buisson sale sans lui jeter un regard furieux et désapprobateur ou faire une tirade sur les droits des elfes de maison.
"Je suis crasseuse et mouillée. Je crois que je vais rentrer chez moi prendre un bon bain chaud."
"Voyons, nettoie-toi ici. Je veux revoir la liste des ingrédients encore une fois et être sûr qu'il ne nous manque rien avant que tu ne partes. Nous n'avons pas été très productifs aujourd'hui."
Granger lui lança un regard furieux mais elle suivit Draco dans ses quartiers. "J'ai été plus que productive, merci beaucoup. Tu n'aurais pas réussi à trouver par toi-même la moitié de ce dont nous avons besoin."
Il l'ignora alors qu'il l'a conduisait à la salle de bain et il alla ensuite dans sa chambre pour enlever ses vêtements mouillés. Il lança sa chemise trempée sur une chaise proche. Les elfes de maison manquaient toujours de faire une attaque quand il laissait ses vêtements traîner mais il estimait que ça leur donnait quelque chose à faire. Il enleva ses bottes et ses chaussettes humides aussi, avant d'enlever son pantalon et d'en remettre un autre noir. Il invoqua une serviette pour sécher ses cheveux. Il avait constaté qu'utiliser des sorts de Séchage rendait ses cheveux cassants.
Il sortit de sa chambre avec la serviette couvrant à moitié ses yeux et entendit un halètement. Il retira le tissu avec un sourire sardonique, sur le point d'haranguer Granger pour n'avoir jamais vu un homme à demi-nu auparavant, mais les mots moururent dans sa gorge quand il vit Harry sur le pas de la porte, bouche bée comme s'il n'avait jamais vu d'homme à moitié nu.
Potter se mit à parler rapidement. Ses yeux regardant n'importe où sauf Draco. "Je suis venu par Cheminette et l'un des elfes m'a conduit ici. J'espère que je ne te dérange pas, je sais que j'aurais du envoyer un hibou ou appeler. Hum… je dois te parler de quelque chose, si tu n'es pas trop occupé —"Potter écarquilla les yeux quand la porte de la salle de bain s'ouvrit et que Granger en sortit, portant une robe de chambre à Draco avec les cheveux enveloppés dans une serviette.
"C'était génial, Draco, je me sens mieux…" Elle s'arrêta net quand elle aperçut Potter.
"Je… Oh, putain. Je, hum… je ferais mieux d'y aller," dit Potter et il s'enfuit.
"Merde," dit Granger, choquant Draco. Il ne se serait jamais attendu à ce qu'elle utilise un tel langage. Elle se mit à courir vers la porte. "Je dois le rattraper."
"Je vais le faire!" dit rapidement Draco. Sa mère aurait une apoplexie si elle voyait une fille née de Moldu à demi-nue parcourir ses couloirs. "Trouve quelque chose à te mettre qui ne choquera pas les sens de Potter. Je ramène cet idiot."
Il se précipita après l'Auror, déconcerté par le comportement de Potter. Le couloir était vide —Potter avait du courir comme Goyle lorsqu'il poursuivait une pâtisserie. Pourquoi s'enfuir si il était venu jusqu'ici pour lui parler ? Il avait certainement déjà du voir Granger avec moins qu'une robe de chambre, vu qu'ils trainaient ensemble depuis leur première année d'école…
Draco l'aperçut au bout du couloir. Il fronça les sourcils, agacé. Potter ne pensait quand même pas qu'il se passait quelque chose de fâcheux entre lui et Granger ? Draco préférerait plutôt coucher avec Neville Longdubat. Il frissonna à cette pensée. Peut-être que non.
Potter était rapide, alors Draco déplia ses ailes et vola rapidement jusqu'au bout du couloir. Il rattrapa Potter dans les escaliers et se posa devant lui, lui bloquant le passage.
"Où vas-tu, Potter ?" demanda-t-il d'un air détaché.
Potter grimaça et regarda la rambarde en acajou de l'escalier où l'une de ses mains se trouvait. Draco remarqua que ses articulations étaient presque blanches.
"Toi et Hermione semblez être occupés," répondit Potter sur le même ton. "Je… hum… reviendrai plus tard. Ce n'était pas important."
"Ne soit pas idiot, Potter."
Pour une raison ou une autre, les yeux de l'Auror brillèrent. "Je ne suis qu'un idiot ces derniers temps. Pourquoi ne le serais-je pas aujourd'hui ?" grogna-t-il. Il s'avança, ayant probablement l'intention de contourner Draco pour partir mais ce dernier leva une aile pour le stopper. Potter rentra dedans et haleta alors que ses doigts s'agrippèrent fermement aux plumes. Le cœur de Draco s'arrêta presque de battre face à ce contact, même s'il avait remarqué que les visions ne semblaient être déclenchées que par un contact de peau. Intéressant.
Les yeux de Potter rencontrèrent ceux de Draco et il ne relâcha pas sa prise sur son aile. Ils restèrent là sans bouger pendant un long moment au cours duquel Draco se noya dans les yeux de Potter, qui étaient toujours aussi intenses, mais là ils avaient aussi l'air lumineux. Draco fut surpris de la douleur qu'il y lut —il reconnaissait toujours la douleur et il y en avait beaucoup dans ceux de Potter. Il s'était passé quelque chose dont Draco ne serait jamais au courant. L'Auror était venu voir Draco pour se changer les esprits mais c'était de Granger dont il avait besoin.
Il réprima un sentiment de regret à cette pensée et prit gentiment le poignet de Potter dans sa main. Son regard se durcit quand Potter haleta et grimaça. Draco souleva la main de Potter et détourna avec force son regard des émeraudes enivrantes pour examiner son bras. Il releva la manche de son pull et fronça les sourcils à la vue de son poignet contusionné et gonflé.
"Ne t'occupes-tu jamais de toi-même?" demanda-t-il et soupira lourdement. "Viens."
Il relâcha le bras de Potter et se tourna pour remonter les escaliers. Potter ne bougea pas, serrant toujours l'aile de Draco comme une bouée de sauvetage mais sa prise se détendit et il ouvrit la bouche pour parler.
"Contente-toi d'avancer," le coupa Draco. Il se mit en marche en espérant que Potter le suivrait. Heureusement il le fit, parce que Draco n'était pas sûr qu'il puisse utiliser un sortilège ligotant sur l'homme qui avait tué le Seigneur des Ténèbres.
Potter le suivit en marchant loin derrière lui avant d'accélérer le pas pour marcher à ses côtés. Heureusement, les couloirs du manoir Malfoy étaient assez larges pour Draco, Potter et ses ailes, bien qu'il doive faire attention de ne pas frôler les vases précieux ou d'autres éléments décoratifs qui bordaient les murs. Il remarqua que Potter essayait courageusement de dissimuler un boitement. Qu'est-ce qu'il s'était passé pour qu'il ait un poignet foulé et qu'il boite ? Une affaire d'Auror ?
~~ O ~~O ~~
Harry marchait à côté de Malfoy, se sentant complètement ridicule. Il savait qu'il devrait partir mais avoir touché l'aile douce de Malfoy semblait avoir remué quelque chose en lui. Quand Malfoy l'avait incité à revenir, Harry n'avait pas eut la force de désobéir. Il jeta un coup d'œil vers le blond mais il détourna rapidement le regard. Malfoy était trop beau, même avec ses cheveux complètement emmêlés après le passage de la serviette. Harry avait faillit tout lui révéler en le voyant mouillé et habillé d'un simple pantalon noir. Ses pieds étaient nus.
Harry fit glisser son regard jusqu'aux pieds de Malfoy et fixa leurs mouvements, l'un devant l'autre, sur le tapis à motifs. Normalement avoir les pieds nus donnait l'air aux gens d'être vulnérable. Pour Malfoy ça lui donnait l'air...
Harry écarta cette pensée avant de s'y enfoncer encore plus. Il ferma les yeux et suivit le chemin familier, se demandant ce qu'il faisait ici. Il devrait être au Ministère pour alerter Kingsley et prendre des précautions contre la rage qu'il avait réveillé chez les Weasley.
Ce souvenir le fit un peu vaciller. Une aile frôla son dos et Malfoy s'arrêta net. Harry lui jeta un rapide coup d'œil et recommença à marcher. "Désolé", marmonna-t-il.
Malfoy ne bougea pas et après quelques pas Harry se retourna vers lui.
"Ecoute, Potter, Granger et moi sommes allés au jardin d'un château Moldu cueillir des racines pour l'une des potions. Nous étions tous les deux mouillés quand nous sommes revenus et Granger était à moitié couverte de boue, je l'ai donc gracieusement laissé utiliser la salle de bain."
"Tu n'as pas à te justifier," dit rapidement Harry mais son soulagement calma ses nerfs à vifs. Ca devait se voir sur son visage parce que les traits de Malfoy se durcirent.
"Apparemment, oui. Ne crains rien, je comprends que quelqu'un comme moi ne sera jamais une compagnie acceptable pour ta Granger chérie, même sans les ailes. Méchant Malfoy, ancien Mangemort et tout."
Harry cligna des yeux face à ses mots. "Veux-tu l'être ?"
"Etre quoi ?" craqua Malfoy tout en se dirigeant vers Harry, qui remarqua que le blond avait replié ses ailes près de son corps d'une manière protectrice, comme une armure blanche faite de plume.
"Une compagnie acceptable pour Hermione ?"
Les yeux gris semblèrent sonder l'âme de Harry et un sourire amer se forma sur les lèvres de Malfoy. "Tu es vraiment aveugle, n'est-ce pas Potter ?"
Sur cette phrase, il entra dans ses quartiers et Harry fut forcé de le suivre plutôt que de rester seul dans le couloir.
Il rentra dans le salon de Malfoy et fut entrainé dans une étreinte familière. "Oh, Harry! Je suis tellement contente que tu sois revenu. Je sais que ça ressemblait..."
Harry la fit taire avant qu'elle ne dise quelque chose qui sous-entendrait son attirance envers Malfoy, qui les regardait avec curiosité tout en invoquant un peigne et il commença à coiffer ses cheveux blonds. Tournant résolument son attention vers Hermione, Harry dit, "Ne t'en fais pas. Malfoy m'a dit que vous étiez allés chercher un ingrédient pour la potion. Vous l'avez trouvé?"
Hermione n'avait plus de robe de chambre ni de serviette sur la tête, elle avait remis sa robe sorcière par dessus un jean et un t-shirt Moldu. Ses cheveux étaient toujours mouillés et avaient l'air bizarre par rapport à leur état frisé habituel, les boucles se reformant déjà. Elles sautillèrent quand elle acquiesça et se lança avec joie dans une explication de leur virée au Palais de Buckingham à la recherche de la racine d'airelle.
"...et ensuite Draco a découvert que les plantes étaient étiquetées, contre toute attente... Harry, qu'est-ce qui ne va pas ?"
Harry sortit de sa rêverie. Il avait regardé Malfoy peigner ses cheveux sans pour une fois ressentir du désir, parce que son esprit avait divagué sur l'image de la neige fondant dans les cheveux de Ginny et le regard d'horreur sur son visage. Et Ron. Il continuait de rejouer cette scène continuellement, souhaitant qu'il y ait une fin différente.
Harry se força à sourire alors qu'il détournait son attention de force de Malfoy. "Rien. C'était une journée difficile."
"Oui, tu devrais demander à Potter comment il a acquit son nouveau boitement. Et sa main lui sera complètement inutile s'il ne la fait pas soigner rapidement."
Hermione haleta et saisit son bras. Harry fut reconnaissant envers le commentaire involontaire de Malfoy. Ca avait attiré l'attention de Hermione loin de son angoisse. Il lui parlerait de la scène avec Ginny et Ron, mais... pas maintenant. Pas maintenant et surtout pas ici.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" cria-t-elle.
"C'était stupide," admit Harry. "Je pourchassais un suspect et j'ai glissé sur de la glace."
Un éclat de rire de Malfoy fit presque sourire Harry mais Hermione lui lança un regard furieux. "Ce n'est pas drôle, Draco. Il aurait pu se casser quelque chose! Harry, pourquoi n'es-tu pas allé voir un Médicomage ? C'est sérieux! Regarde comme c'est gonflé." Elle fronça les sourcils et toucha doucement le poignet de Harry.
Il serra les dents pour retenir un cri de douleur et lui lança un regard furieux. "Aïe, Hermione! Bordel de merde, c'est une bonne chose que tu ne sois pas devenu Médicomage!"
"Ne fait pas le bébé. Draco, as-tu du Nicato?"
"Évidemment."
Un elfe alla chercher un bocal en cristal rempli d'u baume pourpre brillant. Hermione l'ouvrit et étala la substance sur le poignet de Harry, tournant son membre douloureusement pour atteindre le dessous.
"Pourrais-tu ne pas me débouter le bras ?" demanda-t-il sèchement.
"Tais-toi.""
La pommade fit effet presque immédiatement et Harry plia sa main avec reconnaissance. Il pensa qu'il devrait investir dans une bonne quantité de ce baume et en prendre avec lui lors de missions un peu plus dangereuses.
"Maintenant, Draco a dit que tu boitais ?"
Harry lança un regard furieux au blond, qui lui retourna un regard amusé avant de se détourner pour fixer le feu, brossant toujours ses cheveux emmêlés. Harry étudia son profil pendant un moment jusqu'à ce que Hermione ne le pousse du coude. "Oh. Désolé, ce n'est rien. Juste une contusion. Non, je ne me déshabillerai pas pour que tu la soignes. Laisse-moi le baume et je le ferai plus tard." Devant son regard obstiné, il ajouta, "Je te le promets."
Elle regarda Draco puis Harry avant de sourire. "Je m'en vais alors Draco mais je serai là de bonne heure demain pour commencer les potions."
Malfoy fit la grimace. "Par de bonne heure, veux-tu dire à une heure de l'après-midi ?"
Elle lui tira la langue. "Si tu ne regardes pas l'heure, je serai là à l'aube."
Il la chassa d'un geste de la main et elle adressa à Harry un regard entendu avant de disparaître dans le couloir et de fermer doucement la porte derrière elle.
"Alors, Potter. De quoi voulais-tu discuter ?"
Harry commença à triturer le bord de sa manche et essaya de ne pas regarder le blond. C'était de la torture d'être aussi près de quelque chose qu'il ne pourrait jamais avoir, surtout quand il était émotionnellement fragile. "Hum… j'ai eu une conversation avec Kingsley," débuta Harry, cherchant ses mots et se demandant comment il devrait le dire à Malfoy. Tout d'un coup, ça sembla être trop pour lui. Entre les menaces de Narcissa, son travail, sa stupide attirance et maintenant Ginny, Ron et sa révélation... Harry se mit debout et se dirigea vers les portes du balcon. La pièce était suffocante avec la chaleur étincelante du feu et la lumière semblait faire luire Malfoy comme s'il était un bijou intouchable.
Harry faillit presque arracher les portes françaises en les ouvrants et il marcha dans la neige qui tombait légèrement. Il s'arrêta devant la balustrade faite en pierre blanche pour regarder les terres silencieuses du domaine Malfoy.
"Potter, de quoi s'agit-il?" demanda Malfoy du seuil derrière lui.
"Je ne crois pas que je puisse travailler sur ce dossier plus longtemps," admit Harry sans le regarder.
"Quoi ?"
Harry essaya d'ignorer le ton indigné de Malfoy.
"Il semble que je ne fasse pas un très bon travail, il s'est passé plusieurs choses dernièrement… et je suis sûr que Kingsley trouvera quelqu'un de compétent pour prendre ma place, peut-être Angstrom, il est islandais et n'avait jamais entendu parler de Voldemort, il n'aura donc pas de préjugé envers toi —"
"De quoi est-ce que tu parles Potter, putain ? De quelles choses parles-tu ? Tout ça n'a aucun sens, bordel."
Harry se tourna vers lui avec colère, irrité qu'il ne rende les choses encore plus difficiles qu'elles ne l'étaient déjà. Malfoy ne l'aimait pas de toute façon, alors pourquoi ne saisirait-il pas cette occasion d'être débarrassée de lui ? Il fut choqué de constater que Malfoy était vraiment près de lui, les pieds toujours nus et ne portant qu'un pantalon. Harry avait presque oublié que Malfoy était immunisé contre le froid. Les flocons de neige atterrissaient et fondaient sur sa peau pâle, témoignant de sa chaleur humaine en dépit des ses ailes et de sa résistance aux éléments.
"Que s'est-il passé ?" demanda-t-il.
Harry soupira. "Cela. Il s'est passé ça." Après sa phrase, Harry se pencha en avant et appuya ses lèvres contre celles de Malfoy.
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BONNE ANNEE ! Et non, s'il vous plaît, ne me tuez pas car ce n'est pas moi qui répartie les chapitres lol ! Laissez-moi votre avis, allez-y, j'attends vos commentaires avec impatience en espérant que j'en aurais beaucoup pour bien démarrer cette nouvelle année ! Je tiens à prévenir par contre que vous aurez très certainement la suite avec un jour d'avance, donc le samedi 8 ou le dimanche je ne sais pas encore mais que la suite de la suite prochaine (si vous me suivez) n'arrivera pas avant le mardi 18, et oui je pars en voyage dans le pays des mes rêves lol! Voilà, merci de continuer à me suivre et n'oubliez pas les reviews lol ! A la prochaine !
