Chapitre 11 : Veritaserum
Sandra se leva tôt pour un dimanche. Il n'était que huit heures et tout le monde dormait encore dans les appartements des préfets en chef, même Hermione. Elle s'habilla en vitesse et décida de faire ses devoirs en attendant le réveil de Draco, afin qu'ils aillent manger ensemble. Malgré son air « je suis supérieur à tout le monde » elle le trouvait sympa et parfois drôle surtout quand elle le faisait enrager. Elle le considérait un peu comme sa seconde famille, comme un frère qu'elle n'avait jamais eu.
- Déjà en train de bosser Malfoy ? dit le serpent avec un sourire presque tendre.
- Eh oui tu es une vraie marmotte alors fallait bien que je m'occupe en t'attendant.
- Toi tu es une vraie boule !
- Quoi ?!
- Oui, tu te lèves aux aurores comme elles.
- Oh, Poule Malfoy pas boule, dit-elle l'air désespéré par la stupide fausse comparaison que son cousin venait de faire. Tu n'y connais vraiment rien aux moldus, tu devrais plus écouter en cours d'étude des moldus.
- Si tu le dis, dit-il l'air renfrogné.
- Allez ne te vexe pas, allons manger.
Elle rangea ses cours puis suivi le Serpentard jusqu'à la grande salle où très peu de monde était déjà là, vu l'heure qu'il était. Ils mangèrent tranquillement puis ils remontèrent dans leur salle commune pour lire un peu. Quand ils entrèrent, ils virent Hermione sortir de la salle de bain entourée d'une serviette. Elle se dépêcha de rejoindre sa chambre pour ne pas reproduire la même scène avec Malfoy que la dernière fois. Sandra se posait beaucoup de questions sur sa colocataire. La veille, elle l'avait vu partir avec les deux autres et leur directeur. Qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer pour qu'ils quittent l'école. De plus, elle n'avait pas réapparu avant le dîner. Mais elle n'avait pas l'air mal donc elle avait décidé de la laisser tranquille pour le moment. Si elle voulait lui en parler, elle le ferait. Soudain un grand hibou aux plumes d'un brun foncé toqua à la fenêtre. Voyant cela, Draco se dépêcha de lui ouvrir, détacha la lettre vite fait et se dirigea vers sa chambre où il s'enferma. Après une dizaine de minutes, il en ressorti et se dirigea vers le tableau de l'entrée.
- Malfoy attend !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est une lettre de mon oncle ?
- De mon père, oui, dit-il en insistant sur le « père » pour dire qu'elle ne faisait pas partie de la famille.
- Et qu'est-ce qu'il veut ?
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
- J'ai envie de savoir et puis pourquoi tu t'es enfui dans ta chambre pour la lire ?
- Tu essais de me faire dire quoi là Ma … oh et puis merdre, qui que tu puisses être.
- Pourquoi ce changement de situation juste à cause d'une lettre ?
- Parce que ça ne te regarde pas !
« Pour te protéger ».
- Mais qu'est-ce que tu crois Malfoy ? Que je ne sais pas d'où viennent ces oiseaux ?
- Comment ça ?
« Ce n'est pas possible ».
- Je les connais très bien ses oiseaux et je sais qui les a prêté à ton père. Alors dis-moi ce que raconte cette lettre.
- Ce sont nos oiseaux, ils appartiennent aux Malfoy.
« Ce n'est pas totalement lui mentir ».
- Oui bien sûr et tu vas me faire croire qu'ils t'appartiennent vraiment ?
- Oui.
- Ça ne sert à rien de me mentir Malfoy, je sais qu'ils appartiennent au Lord. Alors qu'elle mission as-tu eu ?
- Quoi ?! dit-il en perdant son masque de froideur, il venait de se faire avoir par cette fille.
- Oh tu n'as toujours pas compris ?
- Non.
« Je ne veux pas comprendre plutôt ».
- Mon père est Mangemort, tout comme le tien.
- Ce n'est pas vrai, pas toi ?
- Et si. Comment aurais-je su que ses oiseaux viennent bien de chez toi mais que chez toi rien ne t'appartient vraiment ? Alors je ne suis toujours pas digne de porter ton nom, Malfoy ? Pourtant j'ai eu la même éducation que toi Draco.
- Draco ?
- Oui c'est comme ça que tu t'appelles non ?
- Si, mais c'est la première fois que je l'entends de ta bouche.
- Ah bon, tu as du rêver les autres fois.
- Non je ne crois pas Malfoy.
- Je suis de nouveau une Malfoy ?
- Oui, allez viens !
- Où allons-nous ?
- Prendre l'air.
« Ce n'est pas vrai. Elle ne peut pas être une futur Mangemort, elle qui est si douce et tendre avec moi la Sang-de-bourbe. Je m'expliquerais avec elle avant d'en parler avec Harry. Déjà qu'ils ne s'apprécient plus, si en plus il apprend ça. Et puis Malfoy, c'est quoi cette mission dont elle a parlé ? Il faut que j'en sache plus à tout prix. »
Sandra suivit Draco jusque dans le parc. Il faisait froid, mais elle ne dit rien et s'emmitoufla encore plus dans sa cape. Il s'assit sous un arbre. Sans prendre en compte de la présence de Sandra il prit un livre et commença sa lecture. Voyant qu'au bout de quelques minutes, elle ne s'était toujours pas assise à ses côtés, il releva la tête. Elle le regardait avec surprise ce qui le fit sourire.
- Qu'est-ce qu'il y a Malfoy ?
- Euh … rien.
- Bah viens t'asseoir.
- Tu m'as emmené dehors pour lire ?
- Oui pourquoi ça ne te convient pas ? On peut parler aussi si tu veux ?
- Non c'est bon.
Elle le rejoignit sous l'arbre pendant que le Serpentard reprenait sa lecture.
- Je croyais que tu allais me dire quelque chose.
- Je ne suis pas si bête Malfoy, pour te raconter quoi que se soit, tu es amie avec la Sang-de-Bourbe.
- Ne l'appelle pas comme ça.
- Sinon quoi ?
- Sinon …
Il rigola d'un rire sincère qu'elle ne lui avait jamais vu.
- J'ai enfin réussi à te fermer ton clapet.
- Oh puisque tu le prends ainsi, dit-elle en commençant à se lever.
- Non reste, s'il te plait, dit-il en lui attrapant le bras.
- Tu joues à quoi Malfoy ? Depuis quelques temps tu es presque … gentil avec moi, tu es poli.
- On va dire que tu m'as transformé.
- Tu sais que tu ne m'auras pas Malfoy ?
- Pourquoi tu dis ça ?
- Car tu es mon cousin et ma couverture et puis tu es … comme un frère pour moi.
- Je croyais qu'on avait eu la même éducation Malfoy.
- Comment ça ?
- On ne t'a pas appris à te jouer de ton entourage ?
- Parce que je ne suis qu'un jeu pour toi ?
- Non.
- Alors quoi ?! cria-t-elle.
- Ce que je voulais dire c'est qu'on peut toujours montrer ce qu'on veut au gens qui nous entoure mais en secret être différent.
- Oui ça je sais mais justement avec toi c'est différent tu appliques tellement cette éducation, tu la chéris tant qu'on ne sait pas qui tu es exactement.
- On ?
- Oui, Hermione et moi.
- Et qu'est-ce qu'elle a à voir la dedans ?
- On vit toutes les deux avec toi, Malfoy. On n'arrête pas de voir différentes facettes de toi et on ne sait pas laquelle t'appartient vraiment.
- En gros je suis un mystère pour vous.
- Oui. Mais sache que malgré ça tu ne m'auras jamais, mets-toi ça en tête. Jamais je ne serais assez folle pour me mettre en danger et pour perdre le peu d'amitié que j'ai réussi à avoir avec toi.
- Tu pourrais avoir plus.
- Non.
« Ce n'est pas vrai, elle n'aime pas le goût du danger ou quoi ? Pourquoi m'avouer que ses parents sont Mangemorts et ainsi créer une intimité entre nous pour ensuite me dire que nous deux c'est impossible. J'en ai plus qu'assez de ce danger qui l'empêche de respirer comme elle le souhaite. Oui mais même avec ce danger Draco elle ne veut pas de toi, tu es son frère c'est tout. »
- C'est quoi ce danger qui t'oppresse tant ? reprit-il.
- Je ne peux rien te dire Malfoy, c'est trop dangereux pour moi comme pour toi.
- Pour moi pourquoi ?
- Tu ne pourrais pas comprendre.
- Bah alors explique-moi, s'emporta-t-il, car si tu ne m'explique pas comment veux-tu que je comprenne.
- Non pas maintenant. Peut-être un jour mais pas maintenant.
Elle regarda sa montre et elle se rendit compte qu'ils avaient parlé pendant un bon moment et que c'était l'heure du repas.
- Viens c'est l'heure d'aller manger.
- Déjà ?
- Oui allez viens.
Ils rentrèrent dans la grande salle qui était déjà remplie puis ils mangèrent en silence, chacun réfléchissant à ce que l'autre venait de dire.
A la fin du repas Dumbledore se leva et réclama le silence, il avait une annonce à faire.
- Mes chers élèves, je voudrais vous annoncer que le samedi avant les vacances de Noël il y aura un bal. Vous devrez venir en couple et bien habillés. Ce bal est réservé aux élèves de la cinquième à la septième année. Les autres ne pourront venir que s'ils sont invités par leurs aînés.
Cette annonce attira les exclamations de certaines et les réprobations des autres : ceux qui ne pouvaient pas y aller. Et oui, toutes les filles étaient excitées par le bal de Noël, ce n'était pas un bal comme à Halloween où on devait se déguiser. Non, c'était un bal où on devait se faire la plus belle, trouver un beau cavalier pour rendre jalouses toutes les autre filles. Et cette année la compétition serait rude vu la présence de filles de septième année qui feraient tout pour être les plus belles.
Hermione n'était pas vraiment enchantée par cette annonce car cela signifiait qu'elle devrait travailler de nouveau sur la décoration de la grande salle avec Malfoy et qu'il devrait être de nouveau son cavalier. Vu qu'Harry, Ron et elle avaient fini de manger, ils se levèrent et sortirent de la grande salle, où régnait une excitation presque oppressante pour ceux qui n'aimaient pas ce genre de festivités comme notre trio. Alors qu'ils allaient monter les escaliers de marbre, le professeur Dumbledore vint leur barrer le passage.
- Excusez-moi de vous déranger mais j'avais certaine chose à vous dire. Tout d'abord miss Granger les consignes pour ce bal sont les mêmes que pour le dernier. Et je voulais vous demander une faveur.
- Quoi donc professeur ? demanda Hermione.
- Je demande ça surtout à Harry, mais je vous demande si vous acceptez de recueillir Sandra avec vous pour les vacances de Noël, au QG.
- Quoi ?! Mais ses parents sont des Mangemorts !
Tous regardèrent Hermione, même le directeur, avec surprise. Elle avait crié cette information sans s'en rendre compte et cela les frappèrent tous comme un coup de couteau dans le dos.
- Comment pouvez-vous affirmer cette information, miss Granger ?
- Je l'ai entendu le dire à Malfoy ce matin.
- Je refuse qu'elle vienne au QG si c'est pour qu'elle raconte tout à ses parents. Il ne manquerait plus que vous l'acceptiez dans l'Ordre, alors qu'on ne sait rien d'elle. De plus vous ne pouvez pas m'obliger à la supporter en dehors de Poudlard.
- Tu l'aimais bien avant, pourtant. Mais sache Harry que je sais plus de choses sur elle que tu n'en sais, tu ne l'as connais même pas.
- Ce n'est pas une raison de faire rentrer n'importe qui chez moi.
- On n'a qu'à lui demander si elle est adepte aux pensées des Mangemorts et si cette information est sûre.
- Oui bien sûr Ron, que c'est une bonne idée, allons lui demander sur le champ si elle est une Mangemort, je suis sûr qu'elle nous répondra volontiers.
- Non Harry il y a un autre moyen, dit Dumbledore.
- Et lequel ?
- Le Veritaserum, on le fait bien à tous ceux qui rentrent dans l'Ordre.
- Alors c'est moi qui poserai les questions.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée Harry.
- Et pourquoi ?
- Je ne veux pas que tu dépasses les limites. Ta haine envers elle pourrait te rendre aveugle.
- Non je serais me contrôler.
- Il faudra alors lui demander. Je vous convoquerais dans mon bureau à ce moment là.
« Je me demande pourquoi Dumbledore m'a demandé de venir dans son bureau ce soir. Je n'y étais plus allé depuis mon arrivée. Et puis il me semble que je n'ai pas fait de bêtise. A part peut-être avoir trop crié sur Potter – son petit protégé – je ne vois pas. En tout cas j'espère ne pas à avoir à m'expliquer sur ma condition. »
Il ne restait qu'une demi-heure avant ce fameux rendez-vous et elle était dans la bibliothèque en train d'essayer de faire ses devoirs avec beaucoup de mal. Cela la perturbait de devoir aller chez Dumbledore sans en savoir la raison. Dix minutes avant l'heure prévue, elle décida de quitter la bibliothèque pour le deuxième étage où se trouvait le bureau du directeur.
- Sorbet citron, dit-elle devant la statue qui cachait l'entrée du bureau.
Cette dernière tourna sur elle-même, laissant place à un escalier. Elle grimpa les marches puis toqua à la porte.
- Entrée, dit la voix de Dumbledore.
Elle entra dans le bureau et fut surprise de voir autant de monde dans le bureau, même des personnes qu'elle n'avait jamais vu, et il y avait aussi Harry, Ron et Hermione.
« Pourquoi sont-ils tous là ? Pour moi ? Mais je n'ai rien fait. Et puis Potter, Weasley et Hermione, pourquoi ? »
- Venez-vous asseoir miss Malfoy, dit la voix gentille de Dumbledore.
Elle s'assit sur la chaise qui était au milieu du bureau. Toutes les personnes présentes l'entouraient. Elle avait l'impression d'être jugée dans un tribunal.
- Vous devez vous demander pourquoi vous êtes ici ?
- Oui professeur.
- En faite j'ai fait la proposition que vous passiez les vacances de Noël avec vos camarades ici présent.
- Mais pourquoi professeur ?
- Parce que je ne veux pas que vous vous retrouviez toute seule dans vos appartements ; miss Granger et monsieur Malfoy rentrant chez eux.
- Et en quoi ma présence ici doit attirer autant de monde ?
- Et bien cette proposition que j'ai faite n'est pas la bienvenue, parmi tous ceux ici, car ils ne vous connaissent pas.
- Je n'ai qu'à rester ici professeur, si personne ne veut de moi.
- Non vous ne comprenez pas, l'endroit où vous devriez loger est protégé par le sortilège de Fidelitas.
- Oh.
- Oui, et ils ne veulent pas faire rentrer n'importe qui capable de nous trahir.
- Mais en quoi devrais-je vous trahir, professeur ?
- Je ne peux rien dire pour le moment, miss Malfoy, mais sachez que votre nom n'attire aucunement la confiance parmi nous.
- A qui la faute professeur ?
- Je sais je sais, dit-il comprenant l'allusion faite par Sandra sur son choix pour son nom de famille.
- Oui donc nous avons trouvé une solution.
- Et laquelle ? dit-elle septique.
- Le Veritaserum.
- Vous n'y pensez pas professeur, certaines choses ne doivent pas être dévoilées !
- Je sais.
- Et lesquelles par exemple ? dit Harry qui ne pu pas s'en empêcher.
- Harry s'il te plait.
Ce dernier se tut mais bouillais en lui-même. Hermione posa sa main sur son épaule pour le calmer.
- Je veux bien le faire si c'est pour vous prouvez ma bonne fois mais n'en abusez pas, s'il vous plait.
- Professeur Rogue.
- Bien miss Malfoy, je vais vous attacher pour que vous ne vous enfuyiez et je vais vous donner quelques gouttes, cela passera dans cinq minutes.
- Oui professeur.
Rogue appliqua ses paroles à ses gestes puis s'éloigna laissant place au professeur Dumbledore.
- Harry à toi l'honneur, mais fait attention, tout ne doit pas être découvert.
Harry s'approcha de Sandra et se posa devant elle. Le silence remplit la pièce.
- Tes parents sont-il Mangemort ?
- Non, juste mon père. Ma mère n'en est pas une.
- Es-tu comme lui ?
- Non.
- As-tu les mêmes idées que lui ?
- Plus maintenant.
- Parce que tu les avais avant.
- Oui, j'ai été élevé pour devenir Mangemort.
- Maintenant es-tu fidèle au professeur Dumbledore ?
- Bien sûr que oui, il m'a sauvé !
- Pourquoi ?
- Parce qu'il veut me tuer.
- Harry arrêtes veux-tu je crois que nous avons toutes les réponses qu'on souhaite.
- Qui ? continua Harry sans entendre les paroles du directeur.
- Voldemort.
Le silence se fit plus lourd qu'au départ à l'annonce de se nom. Rogue se dit que cela ne laisser présager rien de bon et Dumbledore n'était qu'à moitié surpris mais le fait de se le voir confirmer n'était pas chose facile, ceci éveilla sa curiosité. Du coup plus personne n'osait interrompre Harry.
- Toi ? La fille de Mangemort, prête à le servir. Pourquoi voulait-il te tuer ?
- Il a dit que je devais le détruire.
- Toi ? Le détruire ? Tu ne peux pas.
- Et pourquoi ne le pourrais-je pas ?
- Car il n'y a que moi qui peut le détruire, « l'un ne peut vivre tant que l'autre survit », tu sais les prophéties.
- Et bien je le ferais quand même avec ou sans toi. J'ai promis de me venger.
- Laisse-moi rire, la futur Mangemort qui veut se venger de son maître. Et pourquoi ? dit Harry d'un ton remplit d'amertume et de dégoût.
- Parce qu'il a tué mes parents sous mes yeux.
Harry ne savait plus quoi répondre. Pourquoi avait-il été si agressif sans savoir ? Cette fille, si douce au départ avec lui, avait vécu la même chose que lui. Il était remplit de remord mais il ne voulait pas le montrer et préféra quitter la pièce.
