Chapitre 10

Sirius était resté presque une demi-heure, assis devant la cage. Il sentait le garçon tellement chamboulé qu'il ne pouvait pas simplement le laisser en plan, après lui avoir parlé comme il l'avait fait. Mais cela avait été particulièrement difficile. Lui-même ne se sentait pas le cœur à sourire.

Il lui avait parlé un peu de lui, de sa vie à Poudlard, de James et Peter. Des choses banales, pour tenter d'effacer toutes ces larmes que le garçon n'arrivait pas à cacher. Des choses banales pour lui permettre, à lui, de dominer sa propre émotion. Il s'était efforcé de ne pas repenser à ce qu'il lui avait dit, d'oublier qu'il se considérait comme un monstre. Peut-être serait-ce plus facile, s'il s'adressait simplement à lui, comme à un autre garçon de son âge. Parler des cours, de la colère de McGonagall lorsqu'ils avaient ensorcelé les chaises des Serpentards, dans la Grande Salle…

« Je ne peux pas rester très longtemps, avait-il dit finalement. Ils vont se poser des questions, à l'école…
- Tu vas finir par avoir des ennuis, avait remarqué le garçon, d'une voix plate.
- Ne t'inquiète pas pour moi.
- Je m'inquièterais moins si tu comprenais qu'il vaut mieux que tu laisses tomber.
- Et je te répète que ce n'est pas une option. Je serai là demain soir. »

Le garçon avait soupiré légèrement. Mais Sirius avait eu l'impression qu'il y avait du soulagement, dans ce soupir. Le garçon n'en avait peut-être même pas été conscient.

Maintenant, il revenait rapidement vers l'école.

Il était soulagé, comme il ne l'avait pas été depuis trois jours. Il avait pris la bonne décision. Il avait tenté de faire marche arrière, et d'oublier toute cette histoire. Mais il avait échoué. Il n'avait jamais fait autant de cauchemars que ces dernières nuits ! James avait beau dire, il n'arrivait pas à adhérer complètement à ses arguments.

« Il y a forcément un moyen de lui venir en aide, songea-t-il en se glissant dans le hall, juste avant la fermeture des portes pour la nuit. James a peut-être fait des recherches, mais ça ne veut pas dire qu'il sait tout des loups-garous… »

Il avait fouillé toute la bibliothèque à la recherche de manuels plus spécialisés, mais aucun n'allait plus loin que l'ouvrage que lui avait prêté Lily. Non. S'il voulait des réponses, il devrait les chercher ailleurs. Auprès des intéressés eux-mêmes. Des loups-garous qui avaient une vie, en dehors des nuits de pleine lune, et qui ne passaient pas leur vie emprisonnés dans des cages d'argent. Cela devait bien exister !

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« Où est-ce que tu étais ? »

James s'était planté devant lui, l'air vaguement soucieux, Peter à ses côtés.

« Dans le parc. »

S'il projetait effectivement de passer un moment tous les soirs avec le garçon sous le saule, il fallait absolument qu'il trouve une excuse à donner à James. Sinon, il aurait droit à ce regard inquiet et presque accusateur à chaque retour !

« Dans le parc ? répéta James, dubitatif. Il fait un froid de canard, dehors… »

Sirius haussa les épaules.

« On va manger ? demanda Peter.
- Oui. Allons manger. »

Ils se dirigèrent tous les trois vers la Grande Salle. Alors qu'ils s'asseyaient à table, Lily se glissa sur le banc à côté de Sirius, un tas de parchemins dans les bras.

« Je peux ? demanda-t-elle, s'asseyant sans attendre la réponse. Nous avons récolté toutes les signatures possibles, je crois que nous pouvons envoyer la pétition.
- Vous en êtes encore là ?! soupira James. Je croyais que vous aviez laissés tomber !
- Ça t'ennuierait vraiment de faire quelque chose de bien, pour une fois, Potter ? soupira la jeune fille.
- Prendre la défense des loups-garous ? fit James avec une grimace.
- Non. Protester pour la défense des droits des citoyens ! répliqua Lily.
- C'est une cause perdue !
- Elle ne le serait pas, si tout le monde bougeait ses fesses ! »

Sirius sourit. Dans l'absolu, songea-t-il, Lily et James n'étaient pas si opposés que cela. Ils étaient prêts à se battre pour des principes auxquels ils tenaient. Si seulement ils acceptaient de s'en rendre compte…

« A qui faut-il envoyer tout ça ? demanda-t-il à Lily.
- Au Ministère, je pense. Et une copie à ce groupe de défense pour les Loups-Garous, dont on parlait dans le journal…
- Un groupe de défense pour les loups-garous… lâcha James du bout des lèvres.
- Ce groupe… dit Sirius, l'ignorant. Il est composé de qui ?
- Je ne sais pas… Il y avait un nom, dans le journal… « Mac » quelque chose… Je vais le retrouver.
- Est-ce que c'est un loup-garou aussi ?
- Je ne sais pas. Peut-être…
- Tu me donneras son nom ?
- Pourquoi ?
- J'aimerais lui écrire.
- Tu vas écrire à un loup-garou ? demanda James, d'un air à la fois dubitatif et dégoûté.
- Oui. »

James leva les yeux au ciel. Lily, elle, le regarda avec une stupeur mêlée de… satisfaction ?

« Tu devrais prendre exemple sur ton copain, Potter, dit-elle à James. Il est infiniment moins borné que toi ! »

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Sirius avait écrit sa lettre, que Lily avait glissé au milieu de la copie de la pétition avant d'envoyer le tout à ce McDouglas dont on parlait dans la Gazette. Il avait essuyé sans un mot les sarcasmes exaspérés de James. Il avait fini de lire le dernier livre consacré aux loups-garous de la bibliothèque de Poudlard.

Il n'avait toujours pas d'idée précise sur les loups-garous, ni sur ce qu'il pouvait attendre ou craindre d'eux. Mais au moins, il avait l'impression d'agir, et il se sentait un tout petit peu moins mal. Et puis… Ses visites au garçon se passaient bien. Il avait fini par raconter à James qu'il avait le béguin pour une fille de Pré-au-Lard, et qu'il la voyait tous les soirs. Et si James le charriait largement à ce propos, au moins ne se montrait-il pas trop envahissant. Même s'il réclamait à corps et à cris des détails croustillants sur la demoiselle en question. Sirius pouvait se glisser dans le parc sans avoir à se creuser la tête pour trouver une excuse à avancer à son retour. C'était toujours cela de gagné.

Le garçon semblait l'attendre… A mesure que les jours passaient, Sirius le trouvait de moins en moins souvent collé contre le mur du fond. Il s'asseyait maintenant devant la grille, trop loin pour que Sirius puisse le toucher, mais suffisamment proche pour qu'il puisse voir son visage s'animer lorsqu'il lui parlait.

Evidemment, les échanges étaient assez restreints. Son nouvel ami parlait peu, se contentant souvent de le regarder et de l'écouter, alors qu'il s'asseyait devant sa cage. Mais il parvenait parfois à lui arracher un sourire. Cela seul suffisait à lui réchauffer le cœur.

J'ai raison d'aller le voir tous les soirs, se disait-il. Même s'il est toujours prisonnier, il n'est plus tout seul… Et il mange un peu plus… L'état général du garçon s'était amélioré. Ses blessures étaient toutes en bonne voie de guérison.

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Quelque chose avait changé. Sirius avait à peine posé une patte dans la cave, et pourtant, il était déjà persuadé que quelque chose avait changé. Il leva la truffe et huma l'air profondément. Il décela la présence du garçon, il était toujours là. Mais…

Ça sentait le propre. La paille fraîche. Il n'y avait plus l'odeur du loup ni celle du sang. Juste celle du garçon.

Sirius reprit sa forme humaine et s'approcha de la cage, après s'être assuré que le père du garçon n'était pas là. La cage avait été nettoyée à fond. Et son ami… Il était contre le mur, comme à son habitude, et il grelottait.

« Tu as froid… murmura Sirius, se collant aux barreaux pour mieux le voir. Tu es tout mouillé ! »

Il sortit sa baguette de la poche et la dirigea sur le garçon. « Ne t'inquiète pas, c'est juste un sort pour te sécher, prévint-il. Tu n'auras pas mal. Tu veux bien approcher un peu ? »

Le garçon se glissa sur les genoux jusqu'à lui. Sirius lui sourit. Il aimait cette confiance, qu'il sentait chez lui. Il n'hésitait plus à s'approcher, maintenant. Sirius lança le sort, qu'il doubla d'un autre, pour le réchauffer.

« C'est ton père, qui a tout nettoyé ? » Le garçon fit oui de la tête. « Il fait au moins cela… murmura Sirius avec amertume.
- Quand il est sûr que je ne vais pas mourir… ajouta le garçon. Après la pleine lune, il attend…
- Il attend de voir si tu vas vivre ou mourir ?! s'exclama Sirius, sèchement.
- S'il voit que je vais mieux, il nettoie la cage.
- Il ne te donne aucun soin, mais il veut bien laver le sang que tu laisses partout ! lâcha Sirius, dont la colère allait croissant. Et puisque c'est l'hiver, il pourrait bien te donner quelque chose pour que tu n'ais pas froid, non ?! Des vêtements !
- Les vêtements, c'est pour les humains, contra le garçon d'une voix qui n'était qu'un murmure.
- Arrête ! coupa Sirius, le cœur serré. Ne dis pas ça ! »

Le garçon baissa la tête, muet.

« Tu le sais, je ne… supporte pas… quand tu parles de toi comme ça, reprit Sirius plus doucement. Ça me fait de la peine.
- Ça ne devrait pas, pourtant.
- Je n'ai pas envie de me fâcher contre toi. N'insiste pas. »

Le garçon haussa les épaules. Sirius s'assit sur le sol.

« J'ai écrit à une association de défense des loups-garous, dit-il. Il y a tellement de questions que je me pose…
- Défense des loups-garous… ? Défense contre quoi ? C'est méchant, un loup-garou…
- Les loups-garous sont victimes de préjugés, asséna Sirius, avec une certitude qu'il était loin d'avoir.
- Ils mangent les gens, pointa le garçon, une grimace sur le visage.
- Tu as déjà mangé quelqu'un, toi ?! lui lança Sirius, tendu.
- Moi ? »

Il ne répondit pas tout de suite, comme s'il réfléchissait vraiment à la question. Sirius sentit une sueur glacée lui dégouliner le long du dos. Jamais il n'avait clairement songé à cette éventualité. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, et faire comme si cette idée atroce ne l'avait pas effleuré.

« J'ai tué ma mère, dit finalement le garçon.
- Tu as… quoi… ? hoqueta Sirius.
- Elle est morte. Il y avait du sang partout. »

Malgré lui, Sirius recula. Le garçon avait relevé la tête et le regardait maintenant… avec une espèce de défi dans les yeux. Quelque chose qui semblait dire « tu vois, tu as tort sur toute la ligne », et qui s'en satisfaisait. Sirius en eut la chair de poule.

« Je ne te crois pas, murmura-t-il, d'une voix étranglée.
- Elle était dans le jardin, reprit le garçon, sans le quitter des yeux. Sa robe était toute déchirée. Elle, elle ne savait pas faire de la magie. Papa n'était pas là. Elle ne pouvait pas se défendre. Alors, elle est morte. »

Sirius se releva lentement. Il avait envie de vomir. L'air absolument détaché avec lequel le garçon évoquait la mort de sa mère le troublait totalement. Il ne faisait qu'énoncer des faits, sans s'y attacher outre mesure. Absolument froid.

« Et… ça ne te rend pas triste ?
- Que je l'ai tuée ? Si… répondit le garçon, haussant les épaules. Depuis ce temps-là, je suis enfermé ici. »

Sirius le regarda avec une horreur croissante. Qu'est-ce que cela signifiait, au juste ? Qu'il s'en voulait parce que cela l'avait conduit à être emprisonné ? Qu'il regrettait à cause des conséquences, et non pour l'acte lui-même ?

« Les loups-garous sont des monstres, ils tuent des gens. Ils tuent même leurs parents, reprit le garçon d'un ton égal. Je te tuerai, toi-aussi, si tu venais dans ma cage à la pleine lune. »

Il y eut un silence. Sirius avait la gorge complètement nouée, il avait envie de pleurer.

« Papa a raison, de me garder enfermé. Et tu as tort de penser le contraire. »

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Sirius était affreusement triste, déprimé. Il avait quitté la cave sans un mot au garçon, profondément touché par ses dernières paroles. Alors qu'il revenait à l'école, il se traitait mentalement d'imbécile. Pourquoi n'avait-il pas envisagé cette probabilité avant ?! Pourquoi était-il parti du présupposé que le garçon était absolument innocent ?! Parce qu'il était jeune ?! A parti de quel âge un loup-garou était-il capable de tuer un être humain adulte ?

Il a tué sa mère…

C'était absolument abominable.

Les loups-garous mangent les gens…

Etait-ce vraiment ce qu'il avait fait ? Avait-il mangé sa propre mère ?

Sirius courut sur les derniers mètres qui le séparaient encore de l'école. La nuit était tombée, et il trouvait l'obscurité particulièrement oppressante. Il voulait retrouver sa salle commune, ses amis. Un peu de normalité.

Il grimpa directement à la tour des Gryffondors.

« Sirius ? fit James, alors qu'il passait le portrait. Qu'est-ce qui se passe ?!
- Rien ! répliqua Sirius, un peu sèchement.
- Attends… Tu n'as pas l'air bien, tu es tout pâle… »

Sans l'écouter, Sirius prit l'escalier menant aux dortoirs. Il voulait retrouver ses amis, certes… Mais pas s'expliquer sur son trouble. S'était-il ou non fourvoyé ?

« Sirius ! insista James, l'attrapant par le coude au moment où il allait pousser la porte de sa chambre. Mais… tu trembles !
- Ce n'est rien, James, laisse-moi…
- Tu… Tu t'es disputé avec ta petite amie ? »

Un instant, Sirius se demanda de quoi il parlait. Quelle petite amie ?

« Ça peut arriver, les disputes, ce n'est pas forcément grave… ajouta James, l'air compatissant.
- C'est… Qu'est-ce que je dois faire ?! Il y a un tel décalage entre ce que je ressens et ce que je pense !
- C'est à dire ?
- Ça t'est déjà arrivé de penser quelque chose à propos de quelqu'un… d'être persuadé que c'est quelqu'un de bien… Et après, tu découvres que cette personne… a fait des choses… affreuses… »

Le dernier mot était presque inaudible. James fronça les sourcils, d'un seul coup beaucoup plus sérieux.

« Tu as mal jugé la fille avec qui tu sors ? De quoi tu parles, au juste ? »

Sirius soupira.

« Sirius… Tu peux me parler, tu sais…
- Oui, je sais… Je… Il faut que je fasse le point tout seul d'abord, d'accord ?
- D'accord. Si tu as besoin de moi, fais-moi signe. »

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Le lendemain, Sirius renonça à sa visite quotidienne. Il ne supportait pas l'idée de croiser le regard absolument neutre du garçon, alors qu'il lui dévoilait ses secrets les plus noirs. Oh, il pouvait comprendre un accident. Les loups-garous ne se contrôlaient pas, n'est-ce pas ? Mais cette absence de sentiments… Comme s'il n'éprouvait même pas de remords…

Il avait tellement été sûr que ce garçon était quelqu'un de bien ! Il avait pensé, il s'en souvenait, qu'il avait essayé de le protéger, lui, Sirius, du danger qu'il pouvait représenter. Pourquoi agir de cette façon, si la mort de sa propre mère ne le touchait pas plus que cela ?!

Il a tellement intégré l'idée qu'il était un monstre qu'il n'est peut-être même plus capable d'éprouver du remords pour ce qu'il a fait…

Il ne croyait pas lui-même à l'argument. Quelqu'un de bien devait forcément souffrir d'avoir commis une chose pareille, même s'il était prisonnier d'une puissante sensation de fatalité.

Il déplia machinalement l'exemplaire de la Gazette que James venait de recevoir. Une famille massacrée dans la banlieue de Londres. Un nouveau remède contre la Gnosite aiguë. Une nouvelle tournée prévue pour le groupe pop Electroplasme. La famille de l'enfant victime du loup-garou jouant des pieds et des mains pour que le présumé coupable soit exécuté sans procès.

« Je me demande si notre pétition va servir à quelque chose… murmura Lily par-dessus son épaule, l'air désabusée.
- Nous savions que c'était joué d'avance, non ?
- Au moins, nous avons essayé… »

Sirius reposa l'exemplaire du journal près du bol de James. Il n'avait pas envie de commenter la nouvelle plus avant.

Alors qu'il finissait son jus de citrouille, une idée lui vint à l'esprit.

Les meurtres liés aux loups-garous appartenaient au sensationnel. Il était à peu près certain que les journaux se jetaient sur toute occasion de ce genre. Peut-être trouverait-il quelque chose concernant le garçon et sa mère ?

Il se leva de table. « Sirius ?
- Je vais à la bibliothèque avant les cours. Je n'en ai pas pour longtemps !
- Tu n'as jamais fréquenté la bibliothèque autant que ces derniers temps ! » remarqua Peter.

Sirius l'ignora et quitta la Grande Salle, courant presque.

La bibliothèque était déjà ouverte, mais quasiment vide. Sirius se dirigea directement vers la section « journaux » , réalisant qu'il n'avait pas songé, jusque là, à y chercher des renseignements sur les loups-garous. Il y avait d'anciens articles de la Gazette, évidemment, mais également des journaux locaux, et des exemplaires de journaux étrangers. Sirius choisit de commencer par les vieux numéro du « Sorcier Averti », le quotidien de Pré-au-Lard. Peut-être se trompait-il, mais puisque le garçon vivait là…

Il ne trouva rien.

Avec un soupir, Sirius se résigna à feuilleter le nombre impressionnant de vieux numéros de la Gazette. Le garçon ne devait pas avoir plus de quinze ans, certes… Mais cela faisait quand même un sacré nombres de journaux à feuilleter.

Sa pile sous le bras, Sirius s'installa à une table.

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Il commençait à désespérer. Il avait bien trouvé des articles traitant d'agressions de loups-garous, surtout dans les numéros les plus récents, mais rien qui parle d'une mère tuée par son fils. La plupart du temps, il s'agissait d'enfants massacrés et dévorés. Sirius eut même droit à quelques photos chocs qui lui donnèrent la nausée (« photos exclusive en page 3, éloignez les enfants… »)

Des enfants, toujours des enfants… Tirés de leur chambre, la nuit, et traînés dans le jardin pour y être mangés… Tous ne mouraient pas sur le coup… Certains survivaient un jour, deux jours, avec la moitié des membres arrachés, et des parents en larmes à leur chevet… Certains, heureusement, étaient sauvés in extremis par des parents particulièrement déterminés à sauver leur progéniture, mais ils étaient rares. Les loups-garous n'avaient pas leur pareille, pour se faufiler dans les ombres et se jeter sur leurs proies…

« Vous n'avez pas cours, Mr Black ? demanda la bibliothécaire, au-dessus de sa tête.
- Mmmhhh… J'ai encore dix minutes.
- Ne vous mettez pas en retard ! Et n'oubliez pas de ranger, avant de partir ! »

En soupirant, Sirius passa quelques journaux de plus.

« Nouveau drame : un enfant et sa mère massacrés par un loup-garou »

Le journal datait de huit ans.

« Monsieur Black ! insista la bibliothécaire. Je ne veux pas d'ennuis avec les professeurs ! »

Sirius referma le journal, le replia soigneusement et le mit de côté. Il rangea sa pile à la va-vite et vint se planter devant la bibliothécaire.

« J'emprunte celui-ci », dit-il, posant le journal devant elle.