Il s'est mis à faire noir...

(…)

Lorsqu'il fut réveillé par la chaleur du soleil contre son visage, Derek espérait vraiment que ce samedi serait calme, et posé. Il n'essaya pas d'ouvrir les yeux, sachant qu'il ne verrait rien, et il n'avait très certainement pas envie que ça lui mine le moral. Ses jambes s'étirèrent presque sans le vouloir, et il apprécia sentir les muscles de ses cuisses se tendre, et c'est exactement – précisément à cet instant, qu'il sentit quelque chose de bouillant collé à son côté droit. Ses sourcils se froncèrent quand il comprit que c'était Stiles… Le problème, c'est que Stiles n'était pas censé être si chaud. Il se redressa brusquement, se tournant vers lui dans le mouvement, alors qu'un gémissement d'inconfort franchissait les lèvres du dormeur.

- Der… ? marmonna-t-il dans sa barbe.

Celui-ci ne répond pas tout de suite, et posa sa main sur le front de l'hyperactif :

- Chut, tu as beaucoup de fièvre. Reste couché, je vais te chercher un médicament.

Il n'attendit pas la réponse du plus jeune, qu'il était déjà dans la salle de bain. Son esprit essaya de se rappeler où il laissait les quelques médicaments inutiles… Allaient-ils encore être bons ? Oui, il devait les avoir acheté quand Lydia et Stiles passaient beaucoup de temps ici, et qu'il avait pensé que ça pouvait toujours servir… Il n'avait que du paracétamol normalement, et heureusement, c'était tout ce dont il avait besoin.

- Tiens, dit-il en revenant.

Il entendit le plus jeune bouger, et soudainement quelqu'un attrapa la petite bouteille d'eau qu'il tenait, ainsi que la boîte de médicament.

- Vérifie que je ne te donne pas n'importe quoi, lâcha-t-il au cas où.

- Du Viagra, vraiment ?

- Quoi ?! sursauta Derek en fronçant les sourcils.

Mais quand il entendit le léger rire de Stiles, il leva les yeux au ciel.

- Idiot, marmonna-t-il en faisant demi-tour vers la salle de bain pour aller aux toilettes.

Il profita du moment où il se lavait les mains pour se mouiller le visage. La fraîcheur de l'eau lui fit un bien fou, mais il ne traîna pas trop afin de savoir comment Stiles se sentait.

- Est-ce que tu veux manger quelque chose ? demanda-t-il en s'approchant du lit.

- Il est à peine huit heures, dormons encore, soupira le plus jeune, et Derek tiqua au « dormons ».

Mais il ne chercha pas plus loin, s'approcha de la fenêtre pour tirer les rideaux qu'il se souvenait n'avoir pas tiré la nuit dernière, persuadé que Stiles serait plus à l'aise dans la peine ombre. Il revint doucement vers le lit, et se glissa sous la couverture, vérifiant à nouveau, de manière presque automatique, la température de Stiles. Bien évidemment, elle n'avait pas baissé aussi rapidement, mais ce n'était pas surprenant. Il sentit que l'hyperactif frissonna contre lui.

- J'ai froid…, soupira ce dernier, sa main glissant contre la taille de Derek encore penché vers lui.

Ce dernier essaya de ne pas sursauter face au contact, mais à vrai dire, ce simple geste lui accéléra le souffle.

- C'est... C'est normal, c'est la fièvre qui te donne cette impression. Tu devrais vite aller mieux, c'est sûrement un simple coup de froid. Repose-toi.

Il passa sa main dans le cou légèrement humide du plus jeune, lui massant la nuque, le repoussant gentiment dos contre le matelas. La main sur sa taille retomba sur le matelas dans un bruit mat, alors que Stiles soupirait de soulagement. Ce dernier entrouvrit ses paupières, laissant ses yeux se réhabituer lentement, et laissa tomber son regard sur Derek. Celui-ci avait son attention posée sur lui, même si ses yeux ne reflétaient toujours aucune émotion… L'hyperactif fronça les sourcils, sentant son cœur s'emballer sans qu'il ne sache vraiment pourquoi… Enfin si, il en avait une petite idée.

Il ferma à nouveau ses yeux, mais les rouvrit, décidant de repousser le plus vieux contre le matelas, inversant leur position. Il laissa une de ses jambes chevaucher celle de droite de Derek, et posa sa tête dans le creux de son épaule, sentant le biceps sous son cou bouger avant qu'une main hésitante ne se pose contre son dos. Stiles sentit parfaitement le frisson dévaler son échine, mais il ferma ses paupières, pinçant des lèvres.

Ce qui devait arriver, était inévitablement en train d'arriver. Il avala difficilement sa salive, repoussant un tremblement dû à la fièvre, et encercla la taille de Derek, comme pour se raccrocher à quelque chose alors que son cerveau ne voulait pas se taire.

- Ça va ? demanda le loup-garou dans un souffle, en remontant la couverture contre eux.

Stiles haussa les épaules contre lui.

- J'ai connu mieux...

- J'irais monter le chauffage quand nous irons manger un peu.

- Merci... Non pas que je remette en question tes capacités de radiateur, hein…

Derek eut un petit rire, rire qui détendit doucement la tension qui commençait à s'installer. Ce n'était pas une tension désagréable non, elle avait quelque chose d'électrique… Et de sucrée. Encore.

Il inspira calmement, laissant ses doigts glisser contre le tee-shirt que portait Stiles, suivant paresseusement la colonne vertébrale. Bordel, mais comment leur relation était-elle arrivée là ? Derek fronça les sourcils : avait-il vraiment envie de se poser la question ?

L'espace d'un instant, il se vit se placer soudainement au-dessus de Stiles, et étouffer de ses lèvres, le sursaut qui franchirait celles de son vis-à-vis. La vision fut fugace, et il se passa sa main sur le visage pour reprendre ses esprits. Ok, s'il commençait, il ne pourrait jamais se sortir de là, ce n'était pas le moment d'imaginer ce genre de choses. Surtout maintenant qu'il sentait le souffle régulier, - endormit, de Stiles contre sa peau. Ce n'était pas le moment… Serait-ce jamais le moment ?

C'est sur cette pensée étrange que Derek glissa à son tour dans un sommeil mouvementé.

(…)

Il se réveilla contre un Stiles qui avait visiblement un cauchemar puisqu'il s'agitait contre lui, sa main serrant nerveusement le tee-shirt de Derek et il pouvait sentir ses jambes tressauter, et parfois percuter les siennes. Il fronça les sourcils, ouvrant les yeux. Mais c'est lui qui manqua de sursauter quand il distingua une nuance grisâtre. Il plissa des yeux, descendant son regard vers le plus jeune, et dans le noir qui avait envahi sa vie, il distingua quelques nuances de gris. En se concentrant, il pouvait presque distinguer une silhouette recroquevillée contre lui. Sa gorge se serra brusquement, et il essaya de ne pas se laisser emporter. Calmement, il détacha Stiles de lui, pour qu'il repose sur le dos.

- Stiles, souffla-t-il pour ne pas lui faire plus peur que nécessaire.

Il n'arrivait pas à voir les détails de son visage, et cette nuance grisâtre avait quelque chose de frustrant. Horriblement tentatrice, et moqueuse. C'était comme être près du résultat mais de ne pas pouvoir clairement y accéder. Lorsqu'il leva sa main pour la passer dans les cheveux du plus jeune, ce n'était qu'une légère ombre dans sa vision, et il se douta que c'était simplement parce qu'il était un loup-garou qu'il pouvait percevoir ce discret changement dans sa vision.

Quelque chose d'humide glissa contre sa main, et il réalisa que le plus jeune était en train de pleurer :

- Stiles, tu m'entends ? répéta-t-il à nouveau, un peu plus fort, son corps à moitié pressé contre celui de son vis-à-vis. Tu fais un cauchemar, réveille-toi, Stiles.

Il lui secoua doucement une épaule, mais cela ne fit que raviver les larmes de l'hyperactif. Brusquement, Derek se sentit mal, une boule se formant dans son ventre. Entendre le plus jeune pleurer, et surtout, sentir avec une force bien plus importante qu'avant sa détresse, le mettait dans une position qu'il n'avait jamais expérimentée.

- Allez, Stiles ! Tu peux te réveiller maintenant, ça va aller, lâcha-t-il en le secouant à nouveau.

Et en effet, comme il s'y attendait, le réveil fut un peu violent. Stiles sursauta brusquement, poussant violemment le plus vieux, qui grâce à ses réflexes, tomba sur le lit sur le dos, mais emporta l'hyperactif avec lui, essayant de le retenir de glisser hors du matelas.

- Là, c'est bon, tout va bien. Tout va bien.

- Der… ? souffla-t-il en réponse, la voix éraillée cessant enfin de se battre dans le vide.

Il était à moitié à califourchon sur Derek, une de ses mains écrasées entre son propre torse et celui de Derek, l'autre encerclée par la poigne ferme de son vis-à-vis. L'espace d'un instant, il n'osa pas bouger, ses yeux s'habituant à la lumière. Il y eut quelques minutes de silence, pendant lesquels Stiles reprit doucement son souffle.

- Je… Excuse-moi…

- Tu n'as pas besoin, tu étais là aussi quand c'était moi qui faisait des cauchemars, répondit Derek en lâchant sa main, passant la sienne dans les cheveux du plus jeune. Tu veux en parler ?

Stiles sentit sa gorge se serrer, et il se redressa, observant le visage de Derek. Il pouvait lire l'inquiétude sur ses traits, mais il ne semblait pas vraiment perturbé par le fait que Stiles était à moitié avachit sur lui…

- Je… Tu… Ne pouvais plus me percevoir… Plus du tout… Tu ne m'entendais pas… Et tu avançais vers la falaise, et je ne pouvais… Je ne pouvais rien faire…, essaya-t-il d'expliquer alors que sa respiration s'accélérait.

- Hey hey, se dépêcha de répondre Derek en faisant glisser l'hyperactif à ses côtés, le mettant sur le dos. Pas de crise d'angoisse, hein. Ce n'était qu'un cauchemar, tout va bien… La fièvre n'aide jamais à faire de beaux rêves.

Stiles inspira profondément, essuyant ses yeux humides.

- Ouais… Désolé pour ça.

Derek eut un doux sourire, passant – encore, sa main dans les cheveux du plus jeune, avant de se rallonger correctement, avec un soupir. Il fronça des sourcils alors que dans sa paume il avait encore l'impression de sentir la chaleur de Stiles.

- Tu as faim ? Je vais aller nous préparer quelque chose, dit-il en s'asseyant.

- Attends, s'écria immédiatement Stiles, et il sentit le matelas bouger à ses côtés.

Il allait se retourner pour lui demander ce qu'il se passait, mais il sentit un bras passer autour de ses épaules, et un torse se pressa contre son dos alors qu'il pouvait percevoir le souffle de Stiles contre son cou alors qu'il y nichait sa tête. Un autre bras glissa doucement contre ses reins, lui déclenchant un frisson, avant d'encercler sa taille. Derek resta immobile, ne sachant pas vraiment comment réagir, et le temps lui parut à la fois long et court quand le plus jeune se recula, bredouillant qu'il allait se laver. Le loup-garou ne bougea jusqu'à ce qu'il entende la porte de la salle de bain se fermer.

Non, définitivement, même si ce n'était pas le moment, c'était en train d'arriver, et il ne pouvait rien faire contre ça.

(…)

- Bon, eh bien je te revoie plus tard alors, dit Stiles en enfilant une de ses chaussures qu'il avait laissées près du canapé. Mais d'ailleurs, j'y pense, s'interrompit-il brusquement. Quand est-ce que Peter a amené les canapés ? Et la vitre a été réparée…

Revenant de la cuisine, Derek haussa un sourcil :

- Cela fait bien une semaine… Tu peux être tellement dans la lune parfois, c'est effrayant.

- Peter est revenu ?!

- Il n'est pas resté longtemps, répondit Derek en se laissant tomber sur le canapé.

Stiles hocha de la tête, enfilant sa veste.

- D'accord. Quel est ton programme pour la semaine alors ?

Le loup-garou haussa les épaules.

- Je vais marcher un peu, je pense. Essayer d'aller plus loin que la semaine dernière et faire du sport.

- Tu avais été te promener ? s'étonna Stiles, cherchant ses clefs.

- Je ne vais pas passer mon temps à attendre ici, que quelque chose arrive…

Stiles s'immobilisa, regardant le plus âgé. Ce dernier n'avait pas tort, s'il ne faisait rien de toutes ses journées, le temps allait finir par être long.

- N'oublies pas que j'ai réglé ton portable pour qu'il compose directement mon numéro quand tu appuies deux fois rapidement sur la touche en bas à gauche…

- Je ne comprends toujours pas comment tu as fait ça…

- Que veux-tu ? Je suis doué !

Le loup-garou leva les yeux au ciel, avec un léger sourire.

- Va-t'en au lieu de raconter n'importe quoi !

Stiles s'esclaffa en se dirigeant vers la grande porte en bois coulissante. Il se tourna une dernière fois vers Derek qui s'était levé, se trouvant à une dizaine de pas derrière lui :

- Fais attention tout de même, Sourwolf.

L'interpelé hocha la tête :

- Et toi évite de t'attirer des ennuis.

- Tu me connais ! s'amusa le plus jeune en ouvrant la porte d'un mouvement sec.

- C'est bien ça le problème, rit Derek en réponse.

Stiles sortit, et se tourna à nouveau vers le loup-garou. Il resta immobile quelques instants, alors que son vis-à-vis avait ses yeux posés sur lui, avec une telle précision que Stiles pourrait croire qu'il le voit.

- A plus, alors…

- Au revoir, Stiles.

Et il ferma la porte.

(…)

- Tu as vraiment une tête de zombie, lâcha son père telle une bombe, alors que Stiles descendait les escaliers pour prendre son petit-déjeuner.

L'hyperactif le regarda derrière ses yeux encore ensommeillés, et fit une grimace en passant une main dans ses cheveux. Il avait eu froid toute la nuit, et quand il avait enfin réussit à s'endormir… Il avait encore rêvé de Derek… C'était mercredi, et il était déjà fatigué de sa semaine… ! Il n'allait jamais s'en sortir à ce rythme-là.

- Merci du compliment, répondit-il en se laissant tomber sur l'une des chaises de la cuisine.

Il lâcha un profond soupir, et attrapa la boite de céréales, en versant la moitié à côté du bol que son père lui avait mis devant lui. Il ne chercha même pas à ramasser, et s'empressa d'enfourner sa cuillère dans sa bouche, mâchant avec peu de délicatesse sous le regard effaré de son père.

- Je vais finir par croire que tu ne dors bien qu'en présence de Derek…

Stiles manqua de s'étouffer – littéralement, et il dû boire une grande gorgée de son jus d'orange pour calmer sa quinte de toux.

- Vraiment, Stiles ? s'étonna son père en haussant les sourcils.

- Est-ce que tu pourras arrêter de dire n'importe quoi dès le matin, Dad ?! J'aimerais éviter de mourir dès le réveil…

Le Shérif eut un petit rire, et reporta son attention sur son journal.

- On est mercredi, normalement tu finis plus tôt, et tu en profites pour aller le voir. Qu'en est-il cette fois-ci ?

Stiles ne répondit pas tout de suite, concentré sur sa tâche – c'est-à-dire mâcher consciencieusement ses céréales.

- Je… Je ne sais pas si c'est une bonne idée.

- Vous vous êtes disputés ? s'étonna le plus âgé, relevant son nez de sa « pseudo-lecture ».

L'hyperactif trouva un grand intérêt pour son bol :

- Non, tout va bien… C'est juste… C'est…

Le paternel le regarda, fronçant les sourcils :

- Stiles ? Qu'est-ce qui t'inquiète ?

L'interpelé releva la tête, mâchant et réfléchissant. Il ne savait pas vraiment comment répondre à cette question en réalité… Ou alors, il ne le savait que trop bien, et c'est ce qui l'inquiétait encore plus.

- Ouais, tu sais quoi, je vais arrêter de réfléchir, et je vais faire comme d'habitude. Je file me préparer, je vais être en retard !

Il bondit sur ses pieds, et fonça à l'étage prendre une douche, n'entendant pas la réponse de son père :

- Ça va faire une vingtaine d'année que tu te creuses sans arrêt les méninges, et j'espère encore te voir ralentir la cadence… En vain.

(…)

- Scott, arrête ça…, soupira Stiles avec un sourire alors que son bro se dirigeait vers sa moto, garée à proximité de la Jeep.

- Pourquoi ? lui répondit-il, amusé.

Stiles le bouscula de l'épaule, et sortit les clefs de sa poche.

- Hey, Stiles ! s'exclama une voix au loin, et les deux amis se tournèrent d'un même mouvement vers le nouveau venu.

- Liam, ça va ?

- Ouais, je voulais juste prendre des nouvelles de Derek. Je n'ose pas y aller moi-même, c'est un peu étrange, comme je ne le connais pas beaucoup, mais…

- Je vais y aller, tu veux venir ? l'interrompit Stiles, haussant un sourcil.

Un petit rire se fit entendre derrière eux, et l'hyperactif leva les yeux au ciel :

- Scott…, le menaça-t-il.

- OK OK, j'y vais ! Amusez-vous bien… ! Tu me raconteras, continua-t-il à l'intention de Liam, qui fronça les sourcils, perdu.

Mais il hocha tout de même la tête, alors que son Alpha démarrait, enfilant son casque. Puis, à son tour, il monta dans la Jeep, alors que Stiles s'installait au volant.

- Qu'est-ce que voulait dire Scott par « Tu me raconteras » ? Il s'est passé quelque chose ?

Stiles démarra Roscoe, et mis brusquement la marche arrière :

- Scott est un idiot, répondit-il alors que sa nuque devenait légèrement rouge.

Détail que le bêta ne manqua pas de remarquer, ni le battement de cœur irrégulier. En effet, il allait sûrement avoir des choses à raconter…

(…)

- Tiens, salut Liam, s'exclama Derek en avançant vers l'entrée.

- Salut, répondit le bêta, gêné. J'espère que je ne dérange pas, continua-t-il.

Derek secoua la tête avec un léger sourire.

- Non, c'est bien que Stiles soit venu avec toi. Tu l'as rendu muet pendant le trajet, ou quoi ? se moqua-t-il face au silence de l'hyperactif.

Celui-ci rougit à nouveau, avant de lâcher un rire :

- Un muet et un aveugle, on irait loin au moins ! se moqua-t-il en avançant, passant aux côtés du plus âgé.

Il essaya d'ignorer la chaleur qui émanait de ce dernier, et de ne pas se laisser envoûter, mais ce fut laborieux. Derek le bouscula de l'épaule, avec un sourire aux lèvres, nullement vexé de son sarcasme.

- Tu as quelque chose pour le goûter ? s'exclama l'hyperactif qui se dirigeait déjà vers la cuisine.

L'ancien-alpha leva les yeux au ciel :

- Tu n'as pas passé l'âge de prendre le goûter ? lança-t-il avant de s'adresser à Liam : fais comme chez toi, tu es le bienvenu ici.

- Merci, répondit le bêta en hochant la tête, se dirigeant vers le canapé.

Derek se dirigea vers la cuisine, et il surprit le plus jeune marmonnant dans sa barbe :

- Avoir passé l'âge ? Le goûter n'a pas d'âge… Et puis s'il y en a, ça ne changera rien… Je prendrais le goûter jusqu'à la fin de ma vie… Alors, qu'est-ce que je vais pouvoir manger ? Oh, et ce petit Liam doit bien avoir faim, aussi… Hum… Oh ! Des crêpes ?! … Derek !, s'exclama-t-il soudainement en se redressant avec vivacité. Oh, t'es là ?

Le plus vieux haussa un sourcil, clairement amusée par l'attitude de l'hyperactif.

- Tu as fait des crêpes ? souffla Stiles, les sortants du placard où elles attendaient sagement.

- Je me doutais que tu aurais faim…, répondit-il en s'avançant vers l'ilot central, abandonnant le torchon qu'il tenait depuis qu'il avait été interrompu dans sa vaisselle.

- Et tu te doutais que je viendrais ?

- J'espérais.

Il y eut un léger silence durant lequel Stiles scruta le visage de Derek, essayant de lire quelque chose… Quelque chose qui expliquerait son attitude.

- Si je n'étais pas venu, tu aurais dû tout manger, adieu les beaux abdos, rit-il en attrapant le Nutella – qu'il lui avait fait acheté sous la contrainte lors des dernières courses. Quelle catastrophe ais-je encore évité, se moqua-t-il en se dirigeant vers le salon.

Derek suivit son mouvement, avec un sourire. Il y avait quand même un avantage à distinguer les ombres… Mais il ne l'avait toujours pas dit à Stiles… Et peut-être qu'il n'était pas encore prêt. S'il l'admettait, il avait peur que ce changement disparaisse, et le plonge à nouveau dans le noir…

- Liam, une petite faim ? entendit-il depuis la pièce principale.

- Oh mon Dieu, des crêpes ! Super !

L'ancien-alpha eut un doux sourire, et il admit que voir les deux jeunes lui faisait plus plaisir que ce à quoi il s'attendait.

- Derek, tu viens ? l'appela Stiles, en rien qu'au son de sa voix, le loup-garou pouvait deviner qu'il était en train de se goinfrer de crêpes.

Il les rejoint, un creux dans l'estomac.

(…)

- Mais ce n'est pas possible, si ? s'étonna Liam, les sourcils froncés.

- On peut toujours espérer que ce soit le cas, répondit Derek en avançant vers le canapé, s'installant sur celui où était l'hyperactif.

Ce dernier eut un petit rire moqueur :

- Franchement, tu imagines Deucalion devenir soudainement gentil ? Je veux dire, nous avons vu de quoi il est capable pourquoi déciderait-il de se rallier à notre cause ? Au vue de notre dernière altercation, je ne suis pas sûre que ce soit possible…, s'interrompit-il pour bailler.

Liam pencha sa tête sur le côté. Derek et Stiles avait pris une bonne heure pour lui raconter les événements qui avaient eu lieu avec Deucalion, dans le passé. Ainsi que tous les impacts, les nombreuses victimes, et les blessures encore présentes… Il avait aussi observé le regard tantôt inquiet de Stiles sur Derek lorsqu'ils avaient évoqué la mort de Boyd et de Erica, et tantôt coléreux lorsqu'ils avaient évoqués Jennifer. Et même si le sarcasme et les moqueries n'avaient cessé de fuser entre les deux acolytes, Liam avait clairement lu entre les lignes, et il savait que ces deux-là avaient traversé bien plus d'horreur qu'il n'en n'avait encore vu… Et qu'il n'espérait jamais en voir.

- Je ne sais pas Stiles, je me permets d'espérer que nous pourrons un jour être tranquilles !

L'hyperactif ne répondit pas, gardant son attention fixé sur le plus âgé, et Liam pu remarquer la nuque de Stiles, ainsi que le haut de son cou, prendre une jolie couleur rosée. Il eut un petit sourire, et se leva soudainement :

- Je vais y aller, moi ! Je vous laisse !

- Euh… Je vais te ramener, du coup…, commença Stiles en se redressant vivement.

- Mec, si tu ne fais pas une sieste, tu vas t'endormir au volant. Je préfère rentrer en courant ! se moqua-t-il, avec un petit sourire.

Stiles fronça les sourcils :

- Tu vas rentrer en courant ? Liam, tu agis comme un animal parfois…

Le plus jeune se passa une main dans les cheveux, en riant.

- Ouais, tu me remercieras plus tard, dit-il en se dirigeant vers la sortie.

- Je te remercierais d'agir comme un animal ?! s'exclama l'hyperactif, visiblement complètement perdu.

Et visiblement cela amusa également Derek, qui salua brièvement Liam.

- La morsure n'a pas aidé ce gosse, c'est moi qui te le dis, marmonna Stiles en baillant à nouveau.

Le loup-garou eut un léger sourire, avant de se redresser :

- Il a raison, tu devrais te reposer.

Stiles détourna le regard, gêné.

- Ouais, désolé, j'ai dû mal à dormir en ce moment.

- Tu es encore malade ? demanda Derek, même si ses sens surdéveloppés pouvaient lui confirmer que ce n'était plus le cas.

- Non, non… Je… C'est juste… Les cauchemars. Et… Le froid.

Derek fronça les sourcils :

- Le froid ?

- Ouais, j'arrive pas à m'endormir parce que j'ai froid parfois, ça me réveille en plein milieu de la nuit, souffla-t-il en s'étendant sur le canapé, aux côtés de Derek.

Et avant qu'il n'ait pu s'en rendre compte, ce dernier l'avait tiré vers lui pour que sa tête repose contre sa cuisse.

- C'est à cause de moi, souffla le plus âgé laissant sa main courir dans les cheveux du plus jeune, comme il l'avait fait pendant tout le week-end.

Il laissa sa tête tomber contre le dossier, fermant ses yeux.

- Je vais m'acheter une bouillote de ton format, murmura Stiles, frissonnant contre les caresses contre sa chevelure.

- Ce serait glauque…

Stiles eut un petit rire :

- Ouais, il semblerait qu'il faille que je te kidnappe pour les moments où j'ai besoin de dormir alors…

Le loup-garou rouvrit ses yeux, un léger sourire étirant ses lèvres. Sentant les frissons de l'hyperactif, il se redressa, et glissa dans la longueur du canapé, emportant Stiles avec lui, de manière à ce que celui-ci se retrouve installé contre son corps, profitant complètement de sa chaleur. La nuance sucrée qui était apparue ce week-end revint en force, et il ferma à nouveau ses yeux, la tête appuyée contre l'accoudoir. Le plus jeune bougea un instant, emmêlant leurs jambes, s'installant confortablement contre son torse, mais ne fit aucune remarque…

(…)

- J'ai cru que tu ne reviendrais, se moqua le Shérif quand Stiles fit irruption dans l'entrée.

- Désolé ! s'exclama ce dernier en se dirigeant vers la cuisine.

Il voulut faire un commentaire quant à la pizza qu'il pouvait voir sur le plan de travail, mais son père lui coupa l'herbe sous le pied, en lui faisant avec un sourire qu'il avait meilleure mine.

- Ouais… Je me suis endormis sur le canapé…, lâcha Stiles en attrapant un morceau de pizza, encore chaud.

- Heureusement qu'il te reste encore un peu de temps pour faire tes devoirs alors, répondit le Shérif en cochant quelque chose sur sa feuille de travail.

Stiles opina de la tête :

- Hum, tu travailles sur quoi ?

- Rien que ne te concernes, Stiles.

L'interpelé leva les yeux au ciel, reprenant de la pizza.

- Tu ferais mieux d'en emmener un morceau dans ta chambre, au lieu de te dépêcher à l'engloutir dans mon dos.

- J'vz ps m'entlure.

- Si tu essayes de communiquer, réessaye la bouche vide, s'amusa le plus âge sans lever son regard de ses papiers.

Le fils eut un sourire, et peina à avaler sa nourriture.

- T'as raison, je vais monter travailler, avec la pizza.

- Entière ?! s'offusqua le Shérif en se redressant brusquement, l'intérêt piqué à vif.

- Tu as mangé la moitié ! Bien sûr que j'emporte tout !

Le plus vieux marmonna dans sa barbe, en regardant Stiles se diriger vers l'escalier, son sac de cours sur le dos.

- Mouais, je ne vais pas me plaindre ! Ne te couches pas trop tard, une sieste ne suffit pas pour récupérer trois mauvaises nuits !

- Hum hum, à d'main Papa.

- Bonne nuit, gamin.

A peine Stiles fut-il entré dans sa chambre, qu'il s'appuya lourdement contre la porte fermée, laissant tomber le masque. Il posa la pizza sur son bureau, et jeta son sac au loin, avant de se passer une main sur le visage… Ses joues se colorèrent brusquement, alors qu'une agréable douleur lui tordait le ventre :

Il avait embrassé Derek.

(…)


TO BE CONTINUED

Merci à vous tous pour vos commentaires, vos follows et mises en favoris ! Merci Unanyme, tu sais toujours bien me faire rire, et j'espère que cette fin de chapitre aura consolée ton attente...

A bientôt.