Hello All !
Bon et be voilà le chapitre 10 !
J'ai pas vraiment d'idée pour l'en tête alors je vais vous laisser la lecture :D
Bon chapitre !
Chap 10 : Enquêteur Spécial
Je me retrouve pour la deuxième fois durant mon premier mois après l'obtention de mon titre d'Invocateur dans le bureau du plus haut responsable de l'Institut de la Guerre : le Grand Conseiller Heyward Relivash. Mais cette fois je suis seul et je me sens étrangement vulnérable. Pour me détourner de cette sensation de malaise j'inspecte la pièce très attentivement.
La décoration est toujours aussi moche. Il y a toujours les instruments de magie, la bibliothèque et d'autres curiosités. En fait absolument rien n'a changé de place depuis mon dernier passage. Même la clé protégée par le scellé rouge rubis est toujours là. Je fixe du regard le mur en essayant de déchiffrer le sceau. L'espace d'un instant je crois apercevoir un autre sceau en surimpression sur le premier. Je cligne des paupières et il disparaît. Troublé je me concentre à nouveau dessus quand le bruit de la porte du bureau qui s'ouvre me fait sursauter. Relivash vient d'entrer.
Sans mot dire il affiche un sourire énigmatique en voyant ma réaction. Il se dirige alors vers son bureau et s'assoie. Il prend la pile de parchemin à sa droite et commence à les lire, un par un. L'expression de son visage est redevenue neutre.
Il se passe près d'un heure et ne sachant pas vraiment comment réagir je reste silencieux sans bouger malgré la douleur dans le bas de mon dos qui commence à devenir gênante. Il repose finalement le dernier parchemin. Apparemment satisfait, il me fixe des yeux avant de prendre la parole.
« Vous avez fait des progrès dans votre maîtrise de vous même Alarion. Mes félicitations. »
« Euh... Merci... » Je répond maladroitement.
« Vous avez deviné ce que sont tous ces parchemins n'est ce pas ?" Reprend-t-il en me montrant la pile qui a changée de coté du bureau.J'acquiesce d'un geste de la tête. "Ce fut une lecture, ma foi, très instructive. »
Je me crois de retour à la fête de la demeure Spiritmight. Trop de formules de politesses.
« D'après ces rapports vous avez repoussé une attaque sur une maison de la noblesse demacienne avec l'aide de Luxanna Crownguard. Commence-t-il d'une voix monocorde. Puis vous avez réussi à survivre à une nuit très longue en coopérant avec Fiora Laurent. »
« Vous avez oublié que Vayne a tentée de me tuer deux fois. Je réplique froidement. Que j'ai été enlevé, séquestré et que j'ai servi de cob... »
Je ne finit pas ma phrase. Il ne doit pas être au courant pour l'expérience qu'ils ont pratiqué sur moi et je ne tiens pas à lui en parler. Après tout ce qu'il m'a déjà révélé je ne lui fais pas assez confiance.
Il lève un sourcil interrogateur.
« Que vouliez-vous me dire ? »
« Je trouve que vous occultez beaucoup de choses M. Relivash. » Je réponds d'un ton que j'ai du mal à faire paraître neutre.
« Les derniers parchemins sont les rapports de la garde demacienne après enquête. Continua-t-il en ignorant ma remarque. Plusieurs des hommes qui vous ont attaqués ont ce symbole tatoués sur leur peau et portait ceci à la ceinture. »
Il pose sur son bureau un parchemin sur lequel un espèce de U entouré de deux canon est coupé au milieu par un sabre avec un serpent qui l'enserre. C'est l'emblème de Bilgewater... Il pose ensuite un cimeterre de taille réduite dont la lame a été, apparemment, cranté de façon volontaire.
« Certains de ces hommes faisaient partie de l'ancien gang des Crochets Crantés. »
J'avais déjà entendu ce nom quelque part. En fouillant dans ma mémoire je me souviens de l'agitation qui a régné à l'institut il y a plusieurs mois lorsque l'on a cru Gangplank mort dans l'explosion de son vaisseau amiral. Les gangs sous ses ordres et qui lui servaient de milice se sont mis à s'entre-tuer pour la domination de la ville. Les Crochets Crantés étaient l'un d'entre eux.
« Je ne vois pas en quoi cela nous aide. Je réplique un peu perdu. Ils ont très bien pu être embauchés comme mercenaires. »
« En effet. Admet Relivash. Pourtant c'est la seule piste que nous ayons et c'est celle que je vais vous demander de suivre. »
Un long silence s'installe. Je crois que j'ai dû mal entendre ce qu'il vient de me dire.
« Je vous demande pardon, mais vous voulez que j'aille enquêter sur ceux qui ont voulu me tuer ? »
« Oui c'est celà. »
Un autre silence. Il sait ce que j'ai enduré cette nuit là et il veut que je retourne me jeter dans la gueule du loup ? Il n'en ai pas question. Je ne dois ma survie qu'à la présence et l'intervention providentielle de Lux et Fiora. Je lui réplique alors sèchement.
« Je refuse. »
« Je comprends votre réticence, Alarion. Déclara-t-il compatissant. C'est pour cela que pour toute durée de cette investigation je vais vous donner le titre ''d'Enquêteur Spécial'' qui vous donne le droit de réquisitionner n'importe quel champion de notre Institut afin de vous aider et de vous protéger. »
L'espace d'un instant je me sens plus rassuré. Avoir l'aide des champions est réconfortante même si je préférerais rester loin de certains. Je me demande aussi si le fait d'avoir des personnages aussi connu à mes cotés ne va pas plutôt obliger mes agresseurs à se cacher et attendre comme il l'ont fait avec Fiora. Ce qui est sûr c'est que je ne vais pas passer inaperçu...
Je réalise soudain ce que ça implique. Je vais servir ni plus ni moins d'appât... Je sens la colère m'envahir. J'ai tout le mal du monde à la maîtriser mais je ne peux empêcher mes mains de trembler de rage malgré qu'elles soient posées sur mes genoux. Relivash quant à lui ne me quitte pas des yeux.
« Désolé mais ce n'est pas suffisant. Je rétorque sans respect. Ceux qui m'ont agressés se sont attaqués à une partie de la famille royale demacienne ! Je ne me sentirais pas en sécurité même avec des champions de l'Institut. »
« Aélénéa et Sternos ont eux aussi été attaqués. Répondit platement le Grand Conseiller. Ils n'ont pas souhaité aller se cacher pour autant. »
« Je ne me considère pas comme un lâche en craignant pour ma vie. » Mon ton est un peu moins assuré. Je n'ai pas moyen de vérifier si ce qu'il dit est vrai où non. « Ma réponse est la même. »
« Très bien. » Relivash soupira puis me regarda droit dans les yeux. « Utilisation des arcanes de l'Institut en dehors de ses murs avec comme preuve : utilisation d'un sortilège d'invocation devant personnes non habilitées. Invocation d'un champion sans autorisation préalable. Utilisation du dît champion pour des actes de violences répréhensibles. La liste est longue, Alarion. »
Je ne comprends pas où il veut en venir. Il se met à sourire d'une façon qui est toute sauf bonne pou moi. Il continua, toujours de la même voix monotone.
« Plusieurs invocateurs vont terminer leurs vies dans les cellules de l'Institut pour moins que cela. »
Les conséquences de ce qu'il vient de me dire me frappent en plein visage comme un coup de poing.
« Vous êtes en train de me faire du chantage ? » Je réplique glacial.
« Je vous expose la seule autre alternative. » Répondit-il d'un ton désintéressé.
Ma colère est sur le point de devenir ingérable. Le pire c'est que je suis pour moitié en colère contre moi. Comment j'ai pu être assez bête pour croire que l'Institut de la Guerre serait différent d'un autre organe politique quel-qu'il soit ? Je suis pris au piège. Je me lève brusquement et je me dirige vers la porte. Au moment où je vais sortir je me retourne pour m'adresser une dernière fois à mon supérieur.
« Je passerais le bonjour à Kindred de votre part ! »
Il n'y a plus la moindre trace de patience où de politesse dans ma voix. Je claque la porte si vite que je n'ai pas le temps d'être sûr mais je crois bien que Relivash affiche un petit sourire narquois.
Le lendemain alors que je prépare mes affaires pour partir par voie terrestre, la brume de mort des Iles Obscures est trop présente sur l'Est de la Mer du Conquérant pour partir par bateau. Je vais devoir traverser le désert de Shurima, les Terres Vaudou et la chaîne de montagne Sablestone avant de prendre un navire à Bandle City. Ça tombe bien il n'y a pas assez de danger dans ma vie en ce moment...
C'est en rangeant ma tunique de voyage qu'un lettre cachetée à la cire tombe d'une poche sur le sol en pierre. Je la ramasse et en voyant le sceau je me souviens que je devais la porter à Sona avant de partir. L'entrevue d'hier m'a tellement énervée que j'en ai oublié ma promesse à Lestara Buvelle. Je quitte ma chambre sans finir de préparer mon départ. Ils m'attendront un peu.
Je trouve la chambre de Sona assez vite. Tout Invocateur digne de ce nom connaît par cœur le bâtiment. Il y a aussi le fait que sa porte est décoré par la gravure d'un instrument à cordes qui est connu partout sur Runeterra. Soit pour les prestation musicales qui enchantent l'âme de ceux qui l'écoutent. Soit pour ses effets très difficiles à croire lorsqu'on n'a jamais vu Sona sur les Champs de Justice. Je frappe très délicatement. On m'a plusieurs fois dit que la virtuose de la harpe à les oreilles très sensibles. Ce qui paraît logique pour une musicienne.
La jeune femme aux long cheveux bleus sauf les pointes qui virent à un blond très claire, coiffés en deux couettes, ouvre la porte. Elle a sa longue robe, elle aussi bleue, qu'elle utilise lors des matchs. Elle m'accueille avec un sourire chaleureux mais moi je ne sais pas trop comment faire pour lui dire pourquoi je suis là. Je ne veux pas être grossier. Utiliser ma voix alors qu'elle est muette me met mal à l'aise.
« Bonjour Mlle Buvelle." Ma voix manque cruellement d'assurance. "Désolé de vous déranger de manière impromptue." Je lui tends la lettre. "Votre mère m'a demandé de vous apporter ceci. »
Elle sourit de plus belle en apprenant que la lettre vient de sa mère. Sans la prendre elle me fait signe d'entrer. Je m'exécute après un instant d'hésitation.
Elle me montre un siège en bois décoré à coté d'une table près de l'âtre où brûle un feu magique qui émet une douce chaleur. Au dessus, une bouilloire en métal finement gravé libère un filet de vapeur continu. Je regarde discrètement le reste de la pièce. Elle est relativement simple comparé au faste des maisons nobles demaciennes. Les murs sont recouverts de tapisseries représentant des paysages forestiers. Un lit a baldaquin aux draps blanc occupe le coin de la pièce. Les draps sont brodés avec soin et plusieurs poupées s'étalent à droite et à gauche des deux oreillers. Une coiffeuse en bois précieux, accompagné d'une armoire occupe l'angle opposé. Dans la dernière partie de la chambre, là où se trouve Sona en ce moment il y a un buffet et plusieurs rayonnage avec d'autres poupées, en porcelaine cette fois. Et il y a surtout, posé sur un alcôve à hauteur des épaules, son fameux instrument de musique : l'Etwahl.
Elle sortit un service à thé en porcelaine et l'amena jusqu'à la table avec un plateau en argent. Elle me donne une tasse et sa sous-tasse avec une cuillère, aussi en argent. Elle ouvre un petit coffret en ivoire et le tourne vers moi. Il y a une douzaine de compartiments, chacun contenant des feuilles séchés.
« Désolé... Je suis un profane en matière de thé. Je souris timidement. Est-ce que je pourrais vous laisser choisir ? »
Pas le moins du monde dérangée Sona me répond avec un sourire réconfortant qui ressemble vraiment beaucoup à celui de sa mère. Elle prend quelque feuilles situées dans le coin supérieur gauche de la boite avec une pince et les dépose dans la théière. Je suis impressionné par la délicatesse et la dextérité de ses mouvements.
Elle récupére la bouilloire sur le feu avant de verser son contenu dans la théière. Après avoir déposée l'instrument de chauffe à sa place initiale elle s'assoie en face de moi. Elle retire le rangement du thé de la boite et tout un ensemble de petit gâteaux secs apparaît. Elle me fait signe de la main pour que je me serve. Elle fait de même après moi.
Je mord avec soin dans la friandise qui m'est offerte. Je remarque alors que la Virtuose a la main sur la bouche et semble retenir un rire. Je dois avoir l'air ridicule. Je souris à mon tour. Bien que Sona soit une enfant adoptée il est indéniable que Lestara Buvelle et elle sont mère et fille. Elles ont toutes les deux cette aura de calme et de gentillesse qui vous met à l'aise.
Elle saisit la théière et me sert. L'eau a prit une jolie couleur ambrée et une odeur douce et sucrée émane de cette boisson. Elle remplit sa tasse à son tour. Elle la lève pour me souhaiter une bonne dégustation et je fait de même en singeant.
Des la première gorgée je peux sentir à quel point ce thé est délicieux. Si bon que j'en vide ma tasse d'une seule traite. Je remarque que Sona n'a bu qu'une petite gorgée. Je me met à rougir d'embarras ce qu'elle remarque aussitôt. Elle devine tout aussi vite la raison de cette gêne et me ressert une autre tasse toujours en souriant. Voir quelqu'un apprécier son thé de cette façon semble la ravir.
Quelques minutes et tasses de thé passent dans le plus grand calme. Une fois que nous avons tous les deux terminés je tends la lettre à Sona. Elle rompt le sceau et la déplie devant moi. J'amorce alors un geste pour partir quand elle me fait signe que je peux rester. Au fur et à mesure qu'elle avance dans sa lecture je vois son expression devenir de plus en plus inquiète. Elle pose la lettre sur la table et va, d'un pas empressé, en direction de sa coiffeuse.
« Où est mon ardoise ? Demanda-t-elle d'une voix qui résonne étrangement. Je dois lui demander comment va ma mère. »
« Votre mère va bien Mlle Buvelle. Je réponds précipitamment. Elle n'a pas été blessée. »
Sona se retourne et me fixe avec des yeux écarquillés par la surprise. J'ai l'impression qu'une boule est en train de me tomber dans l'estomac. Qu'est ce que j'ai fait ? Où dit ? En me repassant mentalement la question de Sona je ne vois pas de problème. J'ai seulement répondu à la question qu'elle vient de me pos...
Je réalise alors d'où vient la surprise de la Virtuose. Elle n'a pas pu me poser de question puisqu'elle ne peut pas parler. Complètement perdu je reste sans rien faire. C'est Sona qui rompt le ''silence''.
« Vous pouvez entendre mes pensées Invocateur ? »
L'intonation est la même qu'avant. On dirait qu'elle se trouve dans une pièce qui résonne mais c'est le seul détail qui change des paroles prononcées par une personne qui n'est pas muette. Ça et le fait qu'elle n'a pas bougée les lèvres d'un millimètre.
« Il semblerait... Que oui... »
« Vous utilisez un sortilège d'invocation dans ma chambre Invocateur ? » Demanda Sona qui semble d'un seul coup plus sévère.
Je ne comprends sa question qu'au bout de quelques secondes. D'après ce que m'ont dit les quelques invocateurs qui ont déjà invoqué Sona on ne peut entendre ses pensées qu'au travers du lien formé entre les esprits durant l'invocation. Il est interdit de pratiquer ce genre de magie en dehors des matchs et des exercices. Elle doit croire que je cherche à m'introduire dans sa vie privée.
« Non ! Bien sûr que non Mlle Buvelle ! Je ne me permettrais pas de faire ça ! » Je réponds hâtivement en articulant à peine.
« Vous mentez. Répliqua la Virtuose. L'invocateur senior Montrose m'a affirmé que la communication entre esprit n'est possible que dans ce cas. »
Je n'arrive pas a voir comment faire pour lui prouver ma sincérité. C'est alors que je demande si cette étrange capacité ne serait pas lié à ce qui m'est arrivé à Demacia. J'hésite à lui raconter ça. Non pas que je pense qu'elle puisse le répéter à quelqu'un mais plutôt qu'elle finisse par me voire comme une espèce de monstre... Et je me sens déjà bien assez mal pour avoir besoin d'un problème de plus. Le regard inquisiteur qu'elle me jette suffit pourtant à me décider.
Je lui raconte tout ce qui s'est passé cette nuit là y compris mon ''accrochage'' avec Lux. Quelque chose en elle, pas son mutisme, me donne l'impression que je peux lui faire confiance. Où c'est peut-être que porter un tel fardeau tout seul m'a donné envie de m'en délester. Toujours est-il qu'après plus d'une heure de récit je me sens fatigué mais soulagé. Quant à Sona elle me regarde avec des yeux plein, non pas de pitié, mais de compassion qui me font me sentir en paix.
« Je suis désolé d'avoir été aussi rude avec vous Invocateur. Elle s'inclina. Je ne savais pas que vous aviez subit tant de choses. »
« Je vous en prie. » Je réponds d'une voix morose. Avant ce genre de réponse ne m'aurait pas plu mais le fait qu'elle se sente réellement désolée pour moi est réconfortant. « J'aurais dû faire plus attention aux conséquences. »
« Vous ne devez pas penser de cette façon Invocateur. Déclare-t-elle doucement avec un sourire. Laissez-vous le temps de trouver les réponses une par une. »
« Je ne pense pas que vous vous soyez jamais retrouvé dans une situation comme la mienne Mlle Buvelle. » Je réplique plus abruptement que je ne l'aurais voulu.
« Oui. C'est vrai. Elle marqua une pause et je peux sentir une certaine tristesse émerger. Mais vous savez lorsque j'étais à l'orphelinat je me demandais tout le temps qui m'avait abandonnée. Pourquoi est-ce qu'ils ont fait ça ? Est-ce que je n'étais pas désirée ? Est-ce qu'ils éprouvaient du remord ? Est-ce que les soignantes m'aimait vraiment ? Est-ce que quelqu'un voudrait de moi ? Est-ce que cette personne serait gentille avec moi ? Pourquoi est-ce que je suis la seule à ne pas pouvoir parler ?»
Réalisant ma bêtise de lui avoir parlé comme si elle ne connaissait rien à la solitude dû à une situation particulière je me lève et je m'incline à mon tour pour m'excuser platement. Je remarque alors que l'Etwahl s'est envolé de sa niche et vient se blottir devant Sona avec douceur comme un animal de compagnie qui sent la détresse de sa maîtresse. Je crois entendre une espèce de dissonance à peine audible. Sona pinça alors une corde avec douceur et la complainte se transforma en un petite note grave et lancinante qui me rappelle étrangement le ronronnement d'un chaton.
« Je savais que votre instrument est des plus singuliers mais je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi... Fusionnel... »
« L'Etwahl est mon premier ami et mon gardien. Répondit Sona avec un sourire triste. Il a toujours été avec moi aussi loin que remonte mes souvenirs. »
Sa main parcourt l'une des trois cordes sur la moitié de la longueur de l'instrument et le son continu qui en découle me vrille la tête. Une terrible migraine aussi foudroyant que douloureuse me fait vaciller. Une scène d'un passé pas si lointain apparaît devant moi.
Sona court dans une allée à l'entrée d'un domaine demacien. Celui de la maison Buvelle. Elle tend la main vers sa mère adoptive qui marche tranquillement en direction de sa maison. L'Etwahl est là lui aussi. Il se tient un mètre derrière Lestara Buvelle, flottant nonchalamment.
Pourtant quelque chose ne va pas. Je le sens.
Le visage de Sona est déformé par la peur et l'inquiétude. Elle ouvrit la bouche pour pousser un cri mais aucun son n'en sortit car nul n'en était jamais sortit. Une vibration dissonante émergea de l'instrument de la Virtuose. Je peux sentir la soif de sang qui émane de l'assemblage de cordes et de cuivre. Je veux moi aussi pousser un cri mais il est déjà trop tard.
Les cordes vibrèrent toutes seules et une onde de magie de magie perturba l'air ambiant avant de lacérer Lestara Buvelle comme une pluie de lame. Elle s'effondre, maculée de sang, au moment où Sona arrive. Sa fille adoptive a juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne touche le sol.
La vision s'arrête et je me rends compte que je me tiens à genoux sur le sol de la chambre de Sona. La tête dans mes mains, le souffle court et en nage. La jeune musicienne se tient à mes cotés, elle aussi à genoux, l'air très inquiète.
« Qu'est ce qu'il vous arrive Invocateur !? » Demande-t-elle paniquée.
Je ne sais pas trop où j'en suis. Est-ce que c'est encore un autre effet secondaire de cette fameuse nuit ? La douleur disparaît progressivement et bien plus que mes questions sur combien encore de phénomènes de ce genre je vais devoir subir c'est ce que je viens de voir qui occupe mon esprit. J'ignore pourquoi j'en suis convaincu mais je sais que ce que je viens de voir était réel. Est-ce un souvenir ? Subitement le lien avec les marques sur l'avant bras de la matriarche Buvelle se fait tout seul.
« Votre instrument... Je commence entre deux respirations. C'est lui qui... a fait ces marques... Sur les bras... De Lestara... Buvelle... Il l'a... attaqué... »
« Comment !? Répliqua-t-elle très surprise. Comment le savez-vous !? »
« Je viens... de le voir... »
Sona se redressa et posa la main sur son instrument pour chercher une présence réconfortante. Elle joua quelques notes emplie de tristesse avant d'aller s'asseoir sur sa chaise, apathique. Je reprends mon souffle au bout d'une minute. Je vois la Virtuose caresser les courbes de son instrument d'une main distraite. Elle s'adresse à moi pendant je me relève à mon tour.
« Ma mère m'a adoptée en apprenant que je possédais un Etwahl. Elle savait que de tels instruments entre les mains de leur propriétaire permettent de guérir. Elle s'arrêta l'espace d'un instant, hésitante. Mais aussi d'inspirer à un tel point ceux qui l'écoutent que cela peut-être considéré comme du contrôle mental. »
« Attendez... Vous voulez dire qu'elle vous a adoptée pour cette raison et aucune autre ? » Je réplique, surpris. Cela ne ressemble pas du tout à la Lestara Buvelle que je connais.
« Oui. Acquiesça Sona. Elle voulait agrandir son influence à Demacia grâce à moi et mon Etwahl. »
J'ai l'impression de nager en pleine confusion. Il est impossible qu'une personne d'une si grande gentillesse, comme Lestara Buvelle, d'être ce genre de méprisable calculateur qui ne pense qu'a perte et profit. Sa prestation dans le Hall de Affaires me revient alors à l'esprit. Sona voyant à quel point je suis dépassé continua son récit.
« Ainsi pendant plusieurs années elle a jouée à la maman modèle avec moi. Jusqu'à finalement être réellement attachée à moi comme une véritable mère. »
« Pourquoi l'Etwahl l'a t-il attaqué alors ? Ca n'a pas de sens ! »
« Lorsque le jour où ma mère s'est rendue compte que mes talents avaient atteints la maturité nécessaire pour accomplir le but initial, sa véritable motivation a reprit le dessus.Répondit Sona attristée. Cela s'est ressentie dans sa voix. »
« Cest à ce moment que l'Etwahl l'a... agressé ? »
« Oui. Il a senti une menace pour moi... Vous connaissez ce qui est arrivé par la suite... »
Je comprends maintenant pourquoi Lestara Buvelle a parlée d'une punition pour avoir trompée celle qui lui avait accordée sa confiance. Une immense tristesse s'empare de moi.
« Votre mère s'en veut profondément de ce qu'elle vous a fait. Fis-je à Sona. J'ai pu le voir et je sais qu'elle vous aime infiniment. »
« Je le sais. » Répondit Sona au bord des larmes. Mais il est trop tard... »
« Pourquoi dites-vous ça ?" Je comprends de moins en moins leur relation. "Vous vous aimez encore comme mère et fille et vous souffrez toutes les deux de cette situation alors pourquoi ne faites vous pas un pas l'une vers l'aut... »
« J'ai attendu plus de dix ans que quelqu'un vienne pour moi dans cet orphelinat. Coupa Sona. Quand ma mère est finalement arrivée je pensais enfin avoir trouvé un endroit que je pourrais appeler ''chez moi''. »
« Je comprends à quelle point cela peut être difficile mais il n'est pas... »
« PENDANT DIX AUTRES ANNÉES LA FEMME JE VOYAIS COMME MA MÈRE M'A MENTI POUR UN PEU PLUS DE POUVOIR ! COMMENT PUIS-JE ENCORE LUI FAIRE CONFIANCE APRÈS TOUT CA !?»
La colère de Sona explosa soudain. Tel un orgue gigantesque dans une église trop petite. L'Etwahl vibra aussi violemment comme pour faire écho à la fureur de sa maîtresse. Je recule d'un pas, prit d'une peur irrépressible l'espace de quelques secondes. Des larmes roulèrent le long de ses joues et elle fut prit de sanglots. Il fallu plusieurs minutes pour qu'elle retrouve son calme.
« Pourriez-vous me laisser seule s'il vous plaît invocateur ? » Demanda-t-elle d'une ''voix'' brisée.
Sans mot dire je me dirige vers la porte en ressentant une certaine honte. Tout ce que je parviens à faire c'est remuer le couteau dans la plaie des gens autour de moi...
« Invocateur ? Je me retourne vers Sona. Si jamais vous aimez réellement une personne alors ne la trompez jamais... Jamais... Sinon vous la perdrez pour toujours... »
Je hoche la tête comme un imbécile et je sort en fermant la porte derrière moi.J'entends alors Sona qui commence à jouer un air d'une tristesse infinie et je me met à mon tour à pleurer.
Fin du chapitre !
J'espère qu'ils vous a plu :D
Encore un interlude au prochain chapitre avant que ne reprenne la trame principale
A la prochaine !
