Message perso : j'ai oublié de te remercier, malikina, pour ta review ! Contente que mon histoire te plaise, en espérant que la suite en fasse autant !
CICATRICES
Au moment où Johanna posa son pied dans la piscine, un frisson de plaisir lui parcourut l'échine. Le sable était doux et l'eau devait approcher des trente cinq degrés. Quand la jeune femme avança et s'éloigna du bord, la température descendit juste assez pour paraître délicieusement rafraîchissante.
D'un bond, Johanna s'immergea totalement, et fit quelques brasses sous l'eau, le ventre rasant le fond de la piscine. L'eau était limpide et n'irritait pas ses yeux grands ouverts. Elle refit surface en émergeant bruyamment, puis se tourna sur le dos, battant paresseusement des pieds, le regard perdu dans l'immensité du ciel bleu. Soupirant d'aise, elle se retourna sur le ventre, et entreprit de faire le tour de l'îlot artificiel à la jonction des quatre bassins en alternant des mouvements de brasse en surface et sous l'eau. La jeune femme se sentait l'âme d'une sirène.
A cet instant, elle songeait que rien ne pouvait rendre cet instant plus parfait.
Mais une magnifique apparition vint améliorer le paysage.
En contournant l'îlot, Johanna se figea, prenant une respiration saccadée : après avoir étendu une serviette de bain bariolée sur le bord de la piscine, Wolf se redressait et scrutait le bassin, sans doute à la recherche de la jeune femme. Elle se cacha derrière une amphore couchée sur le flanc d'où coulait une cascade au débit bruyant. De là, elle put admirer l'Indien de tout son saoul : il portait en tout et pour tout un short de bain marron avec une fleur d'hibiscus turquoise, à la mode surfeur. Sa musculature, qu'elle n'avait jusqu'à présent que devinée sous ses vêtements, aurait pu paraître disproportionnée sur un homme moins grand. Avec ses deux mètres, elle était juste idéale. Si Johanna avait été artiste, elle l'aurait supplié de poser pour elle.
Mais elle ne l'était pas, et pour l'heure elle essayait juste de calmer les battements affolés de son cœur. Il lui fallait faire vite, Wolf entrait à son tour dans la piscine, tout en regardant de droite et de gauche, cherchant visiblement quelque chose… ou quelqu'un.
S'armant de courage, Johanna sortit de sa cachette et nagea vigoureusement vers lui.
« Vous en avez mis, du temps ! s'exclama-t-elle en arrivant à sa hauteur.
- Je suis allé parler à Coralie pour le petit déjeuner : ceux que prennent les Français ne sont pas assez consistants pour moi. Je voulais m'assurer que je ne mourrai pas de faim demain.
- Ah, c'est sûr, faut nourrir la bête ! » répliqua la jeune femme en le reluquant effrontément.
Johanna était très fière d'elle : elle parvenait encore à le taquiner alors que des papillons s'obstinaient à faire des loopings dans son estomac et qu'une étrange douleur avait élu domicile au creux de ses reins.
En réponse à la moquerie de la jeune femme, Wolf lui envoya une grosse gerbe d'eau. Tournant la tête en un geste réflex, elle fit de même vers l'endroit où se trouvait l'Indien une seconde plus tôt. Mais il avait déjà plongé sur le côté, et s'éloignait de la berge en nageant sous l'eau. D'un coup de rein, il changea de direction pour se diriger droit sur la jeune femme. Johanna se lança alors dans la direction opposée dans un crawl impeccable. Au bout d'une dizaine de mètres, elle se retourna pour constater que Wolf avait abandonné la poursuite, et l'observait, admiratif.
« Vous nagez comme un dauphin ! la complimenta-t-il.
- Ha ! Enfin un domaine où je vous bats ! fanfaronna la jeune femme, fière comme un paon.
- Mon ego de mâle en prend un coup, c'est sûr, confirma-t-il, dépité. J'ai moins d'une semaine pour m'entraîner…
- Pffff, c'est pas en une semaine que vous allez pouvoir me battre ! Ah, on fait moins le malin quand il s'agit de la vie réelle, et qu'il ne faut pas juste appuyer sur des boutons de manette de jeu ! »
En réponse, Wolf bondit dans l'eau en direction de Johanna, couvrant deux bons mètres d'un coup la jeune femme se lança dans une fuite éperdue en battant furieusement des jambes et en tirant sur ses bras comme si elle avait un requin à ses trousses.
Opérant un virage tactique, elle se rapprocha du bord de la piscine. Dés qu'elle eut pied, elle en sortit aussi vite que lui permettaient ses enjambées désordonnées, entravées par l'eau, battant l'air de ses bras comme un goéland échoué afin de garder l'équilibre. Elle savait qu'elle devait avoir la grâce de l'hippopotame arthritique, mais il était urgent de mettre fin à cette poursuite : Wolf avait l'air suffisamment motivé pour compenser son manque de technique par une endurance de coureur de fond. La jeune femme n'était pas sûre de pouvoir tenir la distance, et pas question pour elle de s'avouer déjà vaincue après cette victoire aquatique sur son patron.
Elle s'arrêta devant la serviette de Wolf, penchée en avant, les jambes légèrement pliées, les mains posées en haut des genoux.
Tentant de reprendre son souffle entre deux hoquets de rire, elle se redressa pour regarder le jeune homme sortir à son tour de l'eau, tel un Vénus masculin, un sourire éclatant illuminant son visage.
Respire, ma vieille, respire ! C'est déjà étonnant qu'il n'entende pas ton cœur qui semble vouloir s'enfuir de ta poitrine, c'est pas la peine en plus d'avoir l'air d'une carpe hors de l'eau ! Oh, bon sang, ça serait déjà plus facile s'il arrêtait de me sourire comme ça !
Et à cet instant précis, Wolf parut se figer. Son sourire disparut, et il fronça les sourcils. Son expression se fit tendue.
Surprise, Johanna se retourna, s'attendant à voir quelqu'un derrière elle qui aurait provoqué ce changement soudain.
Mais ils étaient seuls.
La jeune femme regarda son patron approcher, ne pouvant cacher une certaine appréhension elle ne l'avait encore jamais vu aussi… impressionnant. Instinctivement, elle sentit son pouvoir l'envahir, prenant naissance entre sa poitrine, au niveau du plexus.
« Qu'est-ce qui vous est arrivé ? » questionna Wolf d'une voix sourde, en faisant un signe de tête en direction de Johanna.
Ah. Ce n'est que ça…
La jeune femme baissa les yeux pour regarder les fines cicatrices blanches qui courraient sur son ventre, droites, parallèles, au dessus et au dessous du nombril. Deux autres descendaient dans son dos, partant en dessous de ses omoplates et formant des diagonales séparées d'à peine cinq centimètres au niveau de ses reins.
Les souvenirs physiques que lui avait laissés Benjamin.
Avant d'essayer de la violer, il avait gravé dans sa peau d'enfant ces quatre lignes sanglantes. Au contraire de ses cauchemars qui rendaient intacte sa terreur, la douleur qu'elle avait ressentie quand le couteau avait glissé sur sa chaire avait disparu de sa mémoire.
C'était peut-être pour cette raison que Johanna avait toujours refusé d'avoir recours à la chirurgie esthétique pour faire disparaître les traces de son agression.
La pédopsychiatre de l'équipe d'Harry était d'un autre avis : pour elle, Johanna voulait préserver ses cicatrices en écho de celles qui déchiraient son âme, celles qui lui faisaient revivre encore et encore son enlèvement.
Pour la première fois, Johanna se dit qu'elle avait peut-être raison.
Il était sans doute temps de tourner la page.
Sans compter que ça lui éviterait à l'avenir de sortir des explications bancales quand on lui posait ce genre de question.
« Oh, je suis tombée à travers une fenêtre quand j'étais petite, répondit-elle d'un ton volontairement détaché. Elle était déjà fendue à cause d'une pierre que je lui avais lancée, et un jour que je jouais avec mon frère, j'ai trébuché et je me suis jetée dedans. »
Excuse numéro un, la première qu'elle servait à tous ceux qui l'avaient vue en bikini depuis ses 16 ans, depuis qu'elle en avait eu assez de porter éternellement des maillots une pièce pour cacher ses cicatrices.
Wolf parut se rembrunir un peu plus :
« J'aimerais que vous ne me preniez pas pour un imbécile : ces lignes sont trop nettes pour que ce soit le résultat d'une chute accidentelle… »
Bien. L'Indien allait avoir droit à l'excuse numéro deux, celle réservée à ceux, beaucoup plus rares, qui avaient assez de jugeote, ou de curiosité, pour ne pas avaler son premier mensonge.
Et, même parmi cette catégorie, jamais personne ne lui avait semblé aussi… concerné. Wolf paraissait littéralement vibrer de colère contenue.
Johanna s'accorda une pause théâtrale, histoire de donner un effet plus dramatique à sa deuxième histoire :
« D'accord, voilà ce qui s'est réellement passé. Une bande de sales petits bâtards, qui ne savaient pas quoi faire de leur après-midi, m'ont attrapée quand je rentrais de l'école. Vous savez, en Louisiane, on a un beau pourcentage de bouseux pour qui crever les yeux des oiseaux ou éclater les chiots nouveau-nés sur les murs font offices de bonnes blagues. Et bien ce jour-là, il faut croire qu'ils n'avaient ni oiseau, ni chiot pour s'occuper ! Ils étaient trois, deux m'ont immobilisée, l'autre s'est amusé avec son couteau. Ils ont arrêté quand mon frère et un de ses copains se sont jetés sur eux. »
Voilà, c'était ce qui pouvait paraître le plus vraisemblable, et qui était assez épouvantable pour que les curieux s'en contentent.
Et elle pouvait passer sous silence Benjamin qui l'avait jetée à terre, qui avait léché les plaies qu'il venait de lui infliger sur le ventre, après lui avoir tailladé le dos.
Benjamin qui avait baissé son pantalon de jogging, ne portant rien dessous, et qui s'était allongé sur elle, la forçant à écarter les jambes en la poussant de ses genoux.
Elle n'avait pas besoin de raconter que ce n'était pas son frère qui était venu à son secours, mais qu'un miracle était survenu.
Un miracle d'un genre un peu gore, mais un miracle quand même.
La fillette, hoquetant de terreur, avait été envahie par une violente sensation de rage, de désespoir et de besoin, de besoin impérieux de faire mal, d'annihiler le monstre qui l'écrasait de tout son poids et qui essayait à plusieurs reprises d'enfoncer quelque chose de dur qui butait en bas de son ventre.
Toutes ces émotions s'étaient condensées, formant un nœud juste entre la naissance de ses côtes, puis avaient comme explosé.
Et Benjamin avait physiquement vécu cette explosion, arraché au corps de l'enfant de la même façon que s'il avait été couché sur une bombe. Il avait rebondit sur le tronc d'un arbre, quinze mètres plus loin, se fracassant la colonne vertébrale.
Et Johanna s'était couchée sur le flanc, recroquevillée et tremblante, sous la chaleur du soleil de Louisiane, bercée par le bruissement des insectes.
La jeune femme observa avec curiosité la réaction de Wolf quand elle eût finit de débiter sa deuxième histoire.
Il resta un moment silencieux, à scruter le visage de Johanna, qui s'appliquait à conserver une expression franche.
« Quelle âge aviez-vous ?
- Onze ans. »
Elle savait d'expérience que de se rajouter quelques années horrifiait moins les personnes qui entendaient cette histoire. Elle n'avait jamais compris pourquoi : cela restait une expérience atroce, quelque soit l'âge auquel elle aurait été subie.
« Et ceux qui vous ont agressée ?
- Treize.
- Qu'est-ce qu'il leur est arrivé ?
- Eh bien, la routine : maison de correction, ultra sécurisée, jusqu'à leur majorité. Celui qui tenait le couteau a enchaîné avec de la prison. »
L'Indien laissa perdre son regard vers la gauche, paraissant ruminer quelque chose, puis finit par demander :
« Vous savez ce qu'ils sont devenus ?
- Celui qui a fait de la prison y est mort. J'ignore ce qu'il est arrivé pour les deux autres. »
Johanna n'avait poussé son mensonge aussi loin que pour deux personnes : sa cousine Delphine, qui avait son âge et qu'elle retrouvait à chaque vacances qu'elle passait en France, et Patrick, son deuxième et dernier petit ami en date. Elle pensait s'en être encore bien sortie, quand Wolf dit froidement :
« Vous mentez très mal, Johanna. J'espère qu'un jour vous m'accorder assez de confiance pour me raconter la vérité. »
La jeune femme pâlit. Il paraissait furieux, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça le rendait plutôt inquiétant.
Cela étant, Johanna ne comprenait toujours pas pourquoi il semblait si concerné par ce qui avait pu arriver à quelqu'un qu'il ne connaissait que depuis une semaine. Mais elle n'eut pas le loisir de l'interroger, car elle entendit une voix féminine dans son dos :
« Bonjour ! Vous devez être les invités de mon père ? »
Se retournant, Johanna vit s'approcher une jeune fille aux longs cheveux blonds, en maillot deux pièce rouge à volutes blanches.
Annabelle Bonnet n'avait rien de l'adolescente prétentieuse que la jeune femme s'était imaginée. Elle était jolie, avec des yeux marron qu'un maquillage discret mettait en valeur. Son sourire était franc quoiqu'un peu réservé, et elle leur tendit la main avec plus de maturité que Johanna n'en avait au même âge.
« Oui, répondit la jeune femme en serrant la main tendue. Je suis Johanna Martin.
- Matthew Wolf, se présenta l'Amérindien.
- Annabelle Bonnet. Je suis désolée de ne pas vous avoir accueillis, mais je ne suis arrivée qu'hier et j'ai encore un peu de mal avec le décalage horaire… »
La jeune fille remonta encore d'un cran dans l'estime de Johanna.
Elle parlait anglais presque à la perfection, avec juste ce qu'il fallait d'accent français pour charmer des oreilles américaines.
« Ne vous excusez pas, Coralie et Ray se sont occupés de tout, la rassura Wolf, de nouveau tout sourire.
- Je vois que vous avez déjà profité de la piscine, poursuivit Annabelle.
- Oui, c'est un vrai bonheur ! dit Johanna, bien décidée à mettre la jeune fille à l'aise.
- Ça vous dit d'y retourner avec moi ? »
La jeune femme accepta avec enthousiasme alors que Wolf déclina l'invitation. Il s'installa à demi allongé sur sa serviette et observa pensivement les deux nageuses s'éloigner vers le centre de la piscine, toujours plongées en grande conversation.
« On pourrait parler en français, non ? Ça me permettrait de me dérouiller un peu la langue… proposa Johanna.
- Ah oui, pas de problème ! » acquiesça Annabelle en hochant la tête.
Les jeunes femmes s'étaient rendues dans le bassin opposé à celui où Wolf était installé, et Johanna pouvait admirer les innombrables fleurs exotiques qui bordaient la lisière de la forêt tropicale de ce côté du parc.
« Excuse-moi de te poser cette question, mais comment tu peux t'ennuyer dans un endroit pareil ? » ne put s'empêcher de demander Johanna.
Au lieu de répondre, Annabelle éclata de rire :
« C'est marrant, vous n'avez pas d'accent américain quand vous parlez français, vous avez celui du sud de la France !
- Normal,répondit la jeune femme en souriant, ma mère est originaire du midi… Perpignan, pour être exacte. Et, pitié, on se tutoie, j'ai l'impression d'être une grand-mère !
- Tu as quel âge ?
- 21.
- Ah… moi, j'en ai 18 le mois prochain…bientôt la majorité… »
Et tout en poursuivant leur tour de nage, où la jeune Française suivait Johanna sans effort, elles continuèrent à papoter de leur vie respective.
Annabelle lui raconta le lycée, où elle devait passer son bac cette année, sa passion pour la photo, son petit ami Romain, son demi-frère et sa demi-sœur jumeaux que sa mère avait eu d'un autre mariage, âgés de 14 ans. Johanna quant à elle se montra un peu plus discrète, parlant juste de Jordy et de Samantha, en omettant leur travail respectif.
La jeune fille ne fit pas cas du peu de confidences que lui faisait son aînée, apparemment ravie d'avoir trouvé une oreille amicale pour tromper son ennui.
« Tu comprends, ici, c'est génial, ok, mais toute seule… j'aurais voulu que Romain vienne avec moi, là oui, ça aurait été super, mais mon père n'a rien voulu entendre… remarque, avec ma belle-mère dans les parages, c'est peut-être préférable… »
Johanna lui lança un regard interdit, auquel Annabelle répondit avec un sourire en coin :
« Dis-moi, pour Matthew Wolf, là… tu es quoi, au juste ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? questionna la jeune femme, sur la défensive.
- Oh, c'est juste que mon père a laissé entendre que tu ne serais pas juste une employée… si c'est le cas, je te conseille de veiller à ce que Clémence ne s'approche pas trop de ton …. euh… patron… »
Décidément, elle fait l'unanimité, la mère Bonnet ! songea Johanna avec amusement.
Elles revenaient vers leur point de départ, nageant une brasse décontractée, et Annabelle fixait Wolf avec une petite moue gourmande.
« Mais j'avoue, poursuivit-elle en gloussant,qu'il y a de quoi être tentée… je préfère les blonds, style surfeurs de Malibu, tu vois. Mais je pense que je ne serai pas contre jouer à la visage pâle attachée au poteau de torture si c'est ton boss qui tourne autour ! »
Johanna éclata de rire, pendant que la petite voix dans sa tête gémissait : « Oh, non, comme si j'avais besoin d'un autre fantasme à ajouter à mon catalogue ! »
« Je suis un peu surprise de t'entendre parler de ta belle-mère comme ça… avoua Johanna, qui préférait revenir au sujet précédent.
- Attends de la rencontrer, tu verras… il faut le voir pour le croire !
- Et ton père, il le vit comment ? »
Annabelle eut un petit rire sardonique.
« Mon père est tout sauf stupide : il vit sur une île avec un couple âgé. L'entretient de la piscine et du jardin est assuré par toute une brochette de vieux gars, tous plus moches les uns que les autres, qui ne restent que la journée. Et pour plus de sûreté, je crois que papa en profite pour aller faire un tour en bateau quand ils débarquent… je peux t'assurer qu'il était ravi que Matthew Wolf s'amène avec sa petite amie ! »
Johanna émit un grognement. Annabelle, qui prit la réaction de la jeune femme pour une manifestation de femme jalouse prête à défendre sa propriété, lui fit un clin d'œil complice.
Elles sortirent ensemble de la piscine et s'avancèrent vers Wolf, qui était étendue sur sa serviette, appuyé sur les coudes, et les regardait approcher en souriant.
Annabelle ramassa un immense drap de bain représentant deux dauphins et s'en enveloppa.
« T'as oublié ta serviette ? s'étonna la jeune fille en regardant sa nouvelle amie qui n'avait visiblement pas pris la sienne.
- Oui, confirma Johanna. En fait, j'ai complètement oublié d'en amener !
- Pas grave, bouge pas, je vais t'en chercher une ! »
Tandis qu'Annabelle s'éloignait en direction de la villa, Wolf s'était levé et présentait son propre drap de bain à la jeune femme.
« Tenez, lui dit-il en lui mettant sur les épaules, j'ai cru comprendre que vous n'en aviez pas ! »
Johanna en attrapa les bords pour s'emmitoufler dedans, appréciant la chaleur et la douceur du tissu éponge, même s'il était encore humide. Mais au lieu de le remercier, elle s'écria :
« Ne me dites pas que vous parlez français !
- Non, pas vraiment, répondit Wolf, amusé de son indignation. J'ai de vagues notions, mais pas de quoi soutenir une conversation, je vous le promets. C'est vrai que Bonnet parle couramment l'anglais, mais le fait que vous soyez vous-même bilingue ne peut qu'ajouter des points en notre faveur, je pense. Et puis je ne vous ai pas caché la principale raison de votre présence ici…
- Oui, c'est vrai… Annabelle m'en a parlé, tout à l'heure… apparemment, vous n'avez pas exagéré … »
Le regard de Wolf quitta Johanna pour se porter derrière elle.
« Vous allez pouvoir en juger vous-même, nos hôtes sont arrivés… » lui murmura-t-il.
La jeune femme se retourna et eut un hoquet, à la fois stupéfaite et hilare.
Oh - mon - Dieu !
