Petit avertissement : ce chapitre, quoique court, est assez dur à lire. Si vous ne supportez pas l'horreur, je vous conseille du survoler rapidement le chapitre et de lire la fin directement – voire de passer au prochain chapitre, mais il vous manquera quelques éléments, même avec les résumés.
Auteur : Le Cerf-Pentard
Correcteur : NVJM
Disclaimer : Rien ne m'appartient. L'univers et les personnages sont à J.K. Rowling. Beaucoup d'éléments sont tirés de l'univers d'Assassin's Creed, qui appartient à Ubisoft. J'essaie de tenir compte du canon des deux univers, bien que ce ne soit pas parfaitement possible. Je ne tiens pas compte de tous les évènements des films Les Animaux Fantastiques, la fanfiction étant en cours de rédaction lorsqu'ils sont sortis. Ceci est une reprise de « Jeu de Magie » de WriteraAddicted. Alors même si je me l'approprie un peu, l'idée de base provient de cet auteur. Je ne gagne rien en écrivant cette histoire, à part l'immense plaisir ainsi que la satisfaction de l'écrire et de la partager.
Image : Wiki Assassin's Creed
Rating : M
Publié le : Mercredi 11 avril 2018
Précédemment (C9) : Dans le monde que Harry a quitté, là où il a été tué, Hermione découvre avec incrédulité sa mort dans La Gazette. Elle est effondrée, et quitte son piètre travail en avance. Elle se remet en question, et remarque que sa vie est méprisable, qu'elle n'a même pas été proche de son ami après la guerre. Arrivée chez elle, un instinct la fait se baisser : Molly Weasley l'attaque, parlant d'une potion d'amnésie que Ron aurait tardé à lui donner. Elle parvient à transplaner, non sans avoir reçu un sortilège. Le voyage se fait difficilement, et elle se retrouve par moments à l'air libre.
Horriblement blessée, elle arrive chez Neville et Hannah, cette dernière tente de la soigner. Le lendemain, Hermione les quitte en empruntant le journal, qui annonce que les médicomages ont découvert des toxines dans le corps de Harry, que Ginny et Ron n'ont toujours pas été interrogés, contrairement à la coéquipière d'Harry qui elle n'a pas été relâchée.
Hermione essaie de résoudre le mystère autour de la mort de son ami. Elle se rend au manoir Potter, mais un Auror la remarque et, en même temps, elle s'évanouit. Elle se réveille à Sainte-Mangouste, La Gazette parlant de son admission à l'hôpital pour sa blessure au bras, se demandant si Ron subira lui aussi un malheur. Le soir, ce dernier lui rend visite. Elle s'échappe en transplanant, mais son mari s'accroche à elle. Le voyage est mouvementé, et elle voit une déchirure blanche dans ce qui semble être la toile du monde. Elle atterrit dans un quartier moldu, sans Ron.
Déguisée, elle se rend au Chaudron Baveur où elle passe la nuit. Le lendemain, le journal parle de sa disparition et de Ron, retrouvé mort dans un champ moldu, ainsi que du transplanage devenu dangereux. Un homme s'installe en face d'elle et la prévient qu'elle mourra si elle tente d'avertir quelqu'un : c'est Stefan Schwarz, le criminel arrêté par Harry. Il lui révèle que ce dernier n'est pas mort il a voyagé dans le temps grâce à une relique, un fragment d'Éden, retrouvant son ancien corps. Cela a pour conséquence la disparition du futur... et c'est en train d'arriver, pour preuve : le transplange. Elle le croit, lui demandant s'il est possible d'échapper à cela. Il répond que oui, puis l'entretient s'arrête là.
Elle vaque dans les rues de Londres, préoccupée, quand un sortilège la fait suffoquer. Elle perd connaissance en même temps que sa baguette.
Harry Potter et le Jeu de Magie
Partie II
Chapitre 11 : La vengeance à mort
Que ses yeux soient ouverts ou non, elle ne percevait que le noir. Hermione venait à peine de se réveiller, et déjà la panique montait en elle. Que se passait-il ? Était-elle aveugle ? ou dans une pièce sans lumière ? Elle chercha frénétiquement sa baguette, mais sans succès. Perdue, confuse, elle se releva, touchant par la même occasion le sol rugueux.
Elle avança lentement, mettant prudemment ses mains devant elle.
Très vite, un mur vint à sa rencontre. Toujours aveuglée, elle le tâtonna en long, espérant tomber sur une porte. Les angles de la pièce étaient droits, et elle fit deux fois le tour de la pièce sans rien trouver.
Affolée, un gémissement lui échappa. Elle s'abaissa, tâtant le sol à la recherche de n'importe quoi : sa baguette, une trappe...
Mais rien.
Dépitée, elle vint s'asseoir contre l'un des quatre murs qu'elle venait de parcourir. Elle était emprisonnée dans une salle sans issue, sans lumière, sans baguette. Le sol était dur, les murs écaillés, une odeur de renfermé régnait, et l'air était frais. Peut-être une cave ?
Comment était-elle arrivée ici ? La réponse lui vint aussi vite que la question : Molly. Elle se souvenait de cette sensation... elle suffoquait dans cette ruelle perdue de Londres, jusqu'à être assommée. Elle n'avait pas vu sa belle-mère, mais elle était certaine qu'il s'agissait d'elle.
Elle ne sut combien de temps elle resta assise là, perdue dans ses pensées et son désespoir, entre l'éveil et le sommeil. Sans soleil, sans montre, elle perdait toute notion de temps.
La lumière la réveilla brusquement. Habituée à l'obscurité, elle fut obligée de se cacher les yeux avec son bras... son bras blessé. Elle regretta immédiatement son geste, la douleur la foudroyant à tel point qu'elle dût s'exposer de nouveau à la lumière, lâchant un gémissement.
Ses yeux s'habituèrent peu à peu à la lumière, et elle vit finalement Molly devant elle. Impassible, une lueur glacée dans les yeux, elle tenait une tige de bois entre ses mains.
À peine eut-elle le temps de reconnaître sa baguette que Molly la brisa en deux, laissant les morceaux retomber à ses pieds. Hermione, bouleversé, regarda longuement ce qui fut autrefois sa baguette, son compagnon, son amie, son organe, son cœur...
Affolée, elle se précipita vers les deux morceaux de bois encore reliés entre eux par le ventricule de dragon. Mais avant qu'elle n'ait pu les atteindre...
« Voltus ! »
La décharge la heurta de plein fouet. Comparable à un doloris, le maléfice la faisait se tortiller dans tous les sens. Ses cris résonnèrent dans toute la pièce, tandis que l'électricité parcourait son corps et venait titiller ses nerfs.
Puis tout cessa.
Hermione tremblait violemment, son corps ravagé par l'expérience qu'elle venait de subir. Allongée sur le ventre, elle fixait le sol gris et dur de la salle de ses yeux exorbités, pleins de larmes.
Elle devait sortir d'ici. Elle devait fuir cette horreur. Elle devait échapper à la mort.
Au plus vite.
D'un bond, elle se releva, tentant de sauter sur Molly. Mais ses jambes encore vacillantes la trahirent : elle était lente, et trébucha. La vieille rousse leva sa baguette dans sa direction, puis Hermione fut vidée de toute volonté, de toute conscience.
Lève-toi.
Hermione obéit. Son corps, devenu rigide, se tint droit. Son regard était vide.
La voix lui donna un nouvel ordre.
Elle porta son index jusqu'à sa bouche. Ses dents s'y refermèrent. Durement. Sa mâchoire tira d'un côté, sa main de l'autre. Encore, de plus en plus fort.
Son doigt se sépara du reste de son corps. Ses dents mastiquèrent, tandis que le sang coulait abondamment de la plaie.
Elle avala, et l'Imperium cessa.
Immédiatement, elle retomba à genoux. Se rendant compte de ce qu'elle venait de faire, elle se mit à cracher tout ce qu'elle pouvait. La douleur irradiait de sa main et de son bras tandis qu'elle tentait de vomir, toussotant, les larmes plein les yeux, et du mucus plein le nez, et du sang plein les doigts.
Son estomac régurgita ce qu'il avait ingéré. Un filet de bave coulait de sa bouche alors qu'elle reprenait difficilement sa respiration. Tentant de ramper le plus loin possible de son agresseur, elle laissa derrière elle une traînée de sang.
Elle toussotait, gémissait et sanglotait... puis parvint finalement jusqu'à un mur, mais ne réussit pas à s'y adosser. Trop faible, elle reposa ainsi, pelotonné et pleine de douleur, de honte, d'horreur.
Hermione releva la tête vers Molly. Celle-ci la regardait froidement.
« Tu as tué mon fils. » fut la seule parole que son bourreau prononça. Le cauchemar reprit : « Verecina ! »
Les vêtements d'Hermione s'embrasèrent. Surprise par cette soudaine brûlure, elle cria et se roula au sol pour tenter d'éteindre le feu. Cette torture dura jusqu'à ce que ce ne fût plus supportable. La combustion cessa, et plus aucun vêtement ne subsista. Sa peau était gravement touchée, et la douleur se diffusait partout dans son corps.
Quand est-ce que tout cela allait-il s'arrêter ?
Pas maintenant, en tout cas, car Molly la lia magiquement avec des cordes, l'empêchant de faire le moindre mouvement. La vieille Weasley s'approcha de son corps nu, et Hermione redouta ce qu'elle allait de nouveau subir.
Molly posa sa baguette sur le ventre d'Hermione sans que celle-ci ne puisse faire quoique ce soit. Le bout de la tige de bois rougeoya, et brûla sa peau déjà bien abimée. Elle cria de nouveau, tentant de se débattre... en vain, les liens étaient trop fort.
La vieille femme débuta le tracé de longues et douloureuses lignes. Hermione n'aurait su dire combien de temps cela dura, entre cris et larmes. La baguette traversa son ventre, marqua sa poitrine, son visage et son cou, mais aussi ses jambes et son intimité. Son tortionnaire la laissa finalement reposer au sol, toute tremblotante et gémissante.
« Sito apolton Belzebutha gia nol skotanaaldi kai tys meleyiges tuo ! »
Ces longues paroles ne furent accompagnées d'aucun effet.
La lumière s'éteignit, et Hermione devina que Molly avait quitté la pièce.
C'était à peine si elle était en capacité de penser. L'affreuse douleur la paralysait, de même que le froid mordant. La multitude d'émotions qui la traversait la faisait pleurer.
Brisée. Tel était le mot qui la résumait le mieux à cet instant précis.
Le temps passa, interminable... jusqu'à ce que s'achève son semblant de répit.
Un bourdonnement. Un simple bourdonnement. Ce son désagréable vint tourner autour d'elle. À présent, elle en était certaine : il s'agissait d'une mouche.
L'insecte se posa... sur l'une de ses nombreuses plaies purulentes. Hermione ne réagit pas tout de suite, ce qu'elle venait de subir la rendant totalement apathique. Un autre bourdonnement survint, approchant dangereusement ses oreilles. Bientôt, d'autres se mêlèrent à l'étrange bruit.
Hermione bougea légèrement, espérant que les mouches disparaissent. Elle ne parvint qu'à se faire plus mal encore. Le nombre d'insectes augmentait peu à peu, de même que la panique qui montait lentement en elle. Elle s'agita avec plus d'énergie encore, faisant fi de la douleur pour échapper à ce nouveau cauchemar.
Les immondices qu'étaient ces bestioles recouvraient à présent la totalité de son corps nu. Hermione roulait sur elle-même, tentant d'en écraser le plus possible. Mais pour une dizaine qui semblaient mourir, une centaine d'autres revenaient la recouvrir. Elle s'empêchait de crier, de peur que les mouches envahissent sa bouche. Ses yeux étaient clos, mais certaines infestaient tout de même ses cheveux, ses oreilles, ses narines.
Ses poumons étaient en feu, réclamant de l'air. Le bourdonnement qui l'entourait se faisait plus fort de seconde en seconde. Angoissée, épouvantée, elle ne put s'en empêcher : elle lâcha un cri. Les mouches pénétrèrent sa bouche, sa trachée, ses poumons, avant même qu'elle n'ait pu reprendre son inspiration. Et lorsqu'elle le fit, elle n'avala que des mouches.
L'air lui manquait. Elle n'avait plus la force bouger. Puis ce fut fini.
Elle recracha, toussa, vomit... tout ce qu'elle put, toutes les mouches de son estomac, de son nez, de ses poumons. Elle reprit sa respiration, et, dès qu'elle s'en sentit capable, se leva d'un bon pour s'éloigner le plus possible du coin de la salle où un tas de mouches mortes reposaient. Des craquements se firent entendre lorsque ses pieds nus foulèrent le sol. Elle s'appuya contre un mur... un mur froid qui irritait son dos blessé.
Elle resta éveillée, malgré la douleur insupportable de ses nombreuses blessures. Elle n'avait plus la force de pleurer.
Comment en était-elle arrivée là ?
Tout était parti de la mort d'Harry. Après avoir difficilement assimilé ce fait, elle était rentrée chez elle... puis Molly l'avait attaquée. Son bras droit la faisait toujours souffrir, mais elle n'y prêtait plus attention tant le reste de son corps avait mal. Elle avait ensuite rejoint la demeure d'Hannah et Neville, où elle avait pu récupérer. Ç'avait dû être l'un des rares moments de calme depuis la disparition d'Harry.
Le lendemain, elle avait tenté d'enquêter elle-même sur la supposée mort de son ami, mais le capitaine des Aurors l'avait surprise juste avant qu'elle ne s'évanouisse... tout cela, à cause de la blessure infligée par Molly.
Maintenant qu'elle y pensait, une idée folle vint titiller son esprit. Allait-elle perdre son bras ?
Pen importe, tu ne quitteras pas cette cave vivante...
Hermione soupira... et une quinte de toux s'en suivit. Le pire, c'était que la petite voix dans sa tête avait probablement raison. Mais elle refusait d'abandonner si tôt, sans avoir essayé de s'enfuir. Ou du moins, de tuer Molly.
Oh, si elle y parvenait... quel plaisir ce serait ! Rien que l'idée sembla apaiser sa douleur. Elle y prendrait plus de plaisir qu'elle n'en avait pris pour la mort de Ron.
Son premier meurtre, d'ailleurs.
Durant son hospitalisation, Hermione avait reçu la visite de son mari. Elle n'avait pas tardé à comprendre qu'il n'était pas venu pour s'enquérir de sa santé. Alors qu'elle transplanait, Ron l'avait rattrapé. L'instabilité de ce moyen de transport avait fait que le roux avait été lâché en pleine campagne, suffisamment haut pour qu'il meure en s'écrasant.
La mort de Ron...
Était-ce pour cela que Molly la torturait ? qu'elle lui faisait... Ne voulant pas y penser, elle se replia sur elle-même, le souvenir de ce qu'elle avait subi était encore frais dans sa mémoire. La douleur, aussi... qui émanait de toutes parts, de ses bras, ses jambes, sa tête, son ventre.
Elle tenta de distraire son esprit en repensant à ce qui l'avait amené ici. Après Ron, c'était... elle ne se souvenait plus de son nom. Ce jeune sorcier d'origine allemande –peut-être – et recherché par les Aurors. Il lui avait annoncé qu'il était en partie responsable de la disparition d'Harry.
Oui, de la disparition. D'après ses dires, Harry n'était pas mort. Il lui avait exposé les théories du voyage temporel, avant de lui révéler que l'esprit de son ami avait rejoint son corps à une époque différente. Et que cela provoquerait la disparition du monde dans lequel vivait Hermione. Rien n'existerait plus au-delà de la date où était arrivé Harry, jusqu'à ce que ce dernier fonde un nouveau futur.
Une sorte de « reboot » du monde, selon des termes moldus.
Molly l'avait ensuite capturée, et ç'avait fini ainsi.
Hermione tenait à son existence. Et deux choses la menaçaient, à l'heure actuelle. Premièrement, le fait de rester dans cet univers, alors que celui-ci allait bientôt disparaître. Elle ne pouvait pas faire grand-chose contre cela, à cet instant précis. Deuxièmement, le fait de rester en captivité, à la merci de Molly.
Là, elle avait encore une chance de s'en sortir. Il lui faudrait juste élaborer un plan...
D'après ses souvenirs de la cave lorsqu'elle était illuminée, il n'y avait aucune issue. La seule option de sortie devait nécessiter de la magie. Et elle n'avait pas de baguette... en état de marche. La sienne était brisée en deux morceaux, elle ne savait où dans la salle.
L'évidence s'imposa à elle : il fallait qu'elle dérobe celle de Molly. Pour cela, seule la patience, la ruse, et une arme suffisaient. Il lui faudrait simplement récupérer les morceaux brisés de sa baguette... même si ça ne lui permettrait pas de produire de la magie, au moins aurait-elle quelque chose pour se défendre et attaquer.
L'effrayante perspective qu'était celle de faire un mouvement et de souffrir davantage l'empêcha tout d'abord de bouger. Mais l'idée qu'elle mourrait si elle ne faisait rien la fit changer d'avis. Malgré la douleur presque assommante, elle se mit à ratisser laborieusement le sol à la recherche de ce qui restait de sa baguette. Des gémissements s'échappèrent de sa bouche, et des larmes fuyaient ses yeux. Ses muscles endoloris n'appréciaient pas qu'elle bougeât. Sa peau ravagée et meurtrie s'étirait douloureusement au rythme de ses agitations.
Mais si cela devait être le prix de sa survie, qu'il en soit ainsi.
Une heure, puis deux semblèrent s'écouler sans qu'elle ne retrouve ce qu'elle cherchait. Ses mains ne sentaient que le sol en béton, et parfois des petites choses craquantes qu'elle apprit bien vite à identifier comme des mouches mortes. À chaque fois, l'envie de vomir la prenait, bien qu'elle n'eût rien à régurgiter.
Cela devint très vite un problème, d'ailleurs. La faim commençait à tenailler son estomac. Elle ignora cela, concentrée sur sa recherche.
Ses mains parvinrent finalement sur un morceau de bois. Un sentiment de joie emplit si délicieusement sa poitrine qu'elle en lâcha un sanglot. Elle se mit à chercher l'autre bout, et le trouva très vite. Aussitôt, elle se laissa tomber sur le sol. Le contact de la pierre froide sur son dos nu était désagréable, mais ses muscles la remercièrent de ce repos tant attendu.
Une lumière perçue au travers de ses paupières closes la réveilla. Elle papillonna un instant des yeux, s'habituant peu à peu au faible éclairage. Elle releva doucement la tête, le cœur battant, lorsqu'elle aperçut une forme tenant une baguette allumée. Cette forme se baissa, et Hermione reconnut Ginny.
Elle ne sut comment il fallait réagir. Était-ce une ennemie ? une amie ? Rien n'était certain. Cependant, le sourire apaisant de sa cadette la rassura un peu.
« Hermione, prononça la rousse d'une voix tellement douce aux oreilles de la brune. Je vais te faire sortir d'ici. Tu peux marcher ? »
Hermione acquiesça : même si c'était douloureux, elle marcherait. Elle ferait tout pour sortir.
Ginny l'aida à se relever. Hermione s'appuyait contre le mur pour que ce soit plus facile. Elle fit une pause pour reprendre ses esprits.
Hermione cria fort, autant de surprise que de douleur. La rousse lui souriait, démente, tandis que quelque chose continuait de s'enfoncer en elle. La folie qui brillait dans le regard de Ginny était accentuée par le faible lumos qui brillait en dessous de son visage.
L'aînée tenta de se débattre, mais des liens apparurent très vite, l'attachant au mur. La rousse continua de violer son intimité, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle soit brisée.
Dans cette cave où régnait l'obscurité, où l'atmosphère était infestée par une odeur de sang, de mort, d'urine et d'excréments, où les seuls bruits qui résonnaient en ces murs insipides n'étaient que cris et larmes, Hermione – ou, du moins, ce qui restait d'elle –, abattue par tant et tant d'horreurs, n'avait plus qu'un seul désir : fuir et oublier.
La douleur, son doigt, sa peau lacérée, les mouches, la faim, son bras, Ginny... le viol – c'était plus qu'elle ne pouvait en supporter.
Mourir restait son seul choix.
Elle avait récupéré les bouts de bois de sa baguette, après le passage de Ginny – elle ferma un instant les yeux face à ce souvenir douloureux –, mais ne savait quoi en faire. Les bouts étaient tranchants, mais sûrement pas assez pour tuer. Elle avait pensé à les aiguiser, mais n'en avait aucunement la force. Seule la perspective du repos parvenait à la maintenir debout, mais ce n'était pas suffisant.
C'était également trop tard : la lumière revint, et Molly avec. Sa baguette dans une main, une dague dans l'autre.
Le cœur d'Hermione s'emballa, l'adrénaline se libéra dans son sang, parcourant son corps à une vitesse folle. Elle cacha les morceaux de bois dans son dos.
Molly s'assit au-dessus d'elle, puis plaça la dague au niveau de son bras gauche. D'abord immobilisée par la masse de son tortionnaire, elle ne réagit que trop tard lorsque l'arme s'enfonça légèrement. Une brume envahit son esprit, alors que la douleur procurée par la lame pénétrant sa chair la faisait crier et gémir. Cela dura une éternité avant que la dague n'atteigne l'os, l'humérus.
Un éclair de lucidité traversa à cet instant Hermione. Son autre bras était libre, et elle tenait en main la moitié de sa baguette. Le morceau de bois s'abattit avec une telle violence, fruit de la douleur, de la lassitude, de l'humiliation et de la colère qui résidait dans son cœur. Le cou de Molly était ensanglanté, mais celle-ci n'était pas morte. Légèrement étourdie, elle en avait lâché sa baguette et sa dague.
Elle n'aurait jamais d'autres occasions : Hermione récupéra la dague, puis sauta de toute ses forces sur Molly. Un premier coup dans la poitrine, puis un autre, et encore, dans le visage, le cou, l'œil, partout où elle pouvait. Le sang la recouvrait presque entièrement, et continuait de fuir le corps bientôt sans vie de ce monstre. Elle laissa échapper tout ce qu'elle ressentait, ne s'arrêtant qu'une fois Molly réellement morte.
Toute la tension se dissipa, laissant revenir la douleur de son corps abîmé. Aussi vite qu'elle le put, elle récupéra la baguette de la défunte.
« Vulnera Sanentur » murmura-t-elle faiblement, plusieurs fois, telle une litanie, un chant, et la large plaie provoquée par la dague se résorba légèrement, du moins suffisamment pour que le sang ne s'écoule plus en abondance.
Hermione réprima l'envie de s'asseoir et de s'endormir – peut-être pour toujours. Elle avait à présent une autre option que la mort, et Ginny pouvait survenir à tout moment. Elle se lança un « revigor » pour éliminer la fatigue. Le sort fonctionna, mais elle avait le sentiment que la baguette ne lui obéissait pas parfaitement.
Et enfin, elle lança plusieurs « Nilasthisia » pour la douleur, et celle-ci s'atténua un peu.
Elle se trouva un peu bête, à chercher comment sortir, jusqu'à ce qu'elle découvre l'issue : une trappe au plafond. D'un sort informulé, elle fit descendre une échelle. Elle dû s'y prendre à plusieurs fois avant de réussir. Mais le plus difficile fut la montée, qu'elle acheva avec un grand soulagement.
Elle déboucha dans un couloir – la trappe était camouflée par un tapis. Un couloir qu'elle reconnut aisément : elle se trouvait au 12 square Grimmaurd. La maison sinistre l'était d'autant plus qu'il faisait nuit.
Alors, tel des années en arrière, elle leva sa baguette et prononça « Hominum revelio ». Le sort lui indiqua une présence humaine, à l'étage. Elle monta doucement les escaliers, s'attelant à ne pas faire craquer les planches. Elle supportait de moins en moins la douleur, mais le désir de vengeance lui donnait encore quelques forces.
Elle ouvrit délicatement la porte d'une chambre : plongée dans le noir, Hermione ne distingua qu'avec peine le corps sur le lit. Aussi silencieusement qu'elle le put, et malgré sa respiration de plus en plus haletante, elle s'approcha, la dague en main.
Ginny. Son visage était calme et doux comme le sommeil qui l'emplissait. Sa poitrine généreuse s'élevait doucement au rythme de sa paisible respiration. Sa future victime ne portait qu'un vieux t-shirt trop large, et seule de la lingerie pour le bas.
Cela donna une idée à Hermione.
Elle prit la baguette de la rousse pour qu'elle soit hors de portée de celle-ci. Elle approcha la dague de l'entre-jambe de Ginny : d'un coup sec, la lame s'enfonça tandis que sa victime se réveillait et poussait un horrible cri qui déchira le silence de la nuit... un cri si plaisant aux oreilles d'Hermione. Le sang tâchait les draps. La brune retira violemment la lame, et ce fut d'autant plus douloureux d'après le second cri qui retentit dans la pièce.
Avant que sa victime n'ait pu réagir davantage, Hermione posa la lame sur la gorge nue de la rousse.
« S'il te plaît, Hermione... » fit-elle d'une voix gémissante et tremblante.
La lame entama la gorge, lentement Ginny ne cria pas. Les seuls bruits qu'on put entendre furent les gargouillements de sa victime se noyant dans son propre sang.
Un ricanement échappa des lèvres de la brune.
Ragaillardie par cette vengeance, Hermione descendit et s'apprêta à sortir. Cependant, la main sur la poignée, elle se rappela d'une chose.
Elle porta la baguette jusqu'à sa tempe.
Une larme, seule, coula.
« Oubliettes »
Le Cerf-Pentard
