Utilisée comme monnaie d'échange pour une alliance entre deux royaumes, la Princesse Isabella est loin de se douter que son mariage au Prince Edward n'est que l'évènement déclencheur d'une série de bouleversements, où leur loyauté et leur union seront mises à dure épreuve. All Humain, Royalward et Royalella

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Je tiens à m'excuser pour le léger retard de ce chapitre. N'oubliez pas que le prochain chapitre devrait être publié dans 2 semaines, soit aux environs du 19-20 septembre.

Si vous souhaitiez obtenir des explications sur les « visions » d'Isabella et la voix qu'entend Edward, vous devriez remercie cfquebec. Elle m'a convaincue d'expliquer ces phénomènes, alors que je n'avais pas vraiment prévu le faire. Malheureusement, ça ne sera pas présenté dans le chapitre qui suit, mais éventuellement, dans les chapitres suivants.

Également, pour le moment, Stella82 va m'aider à corriger cette fic, en commençant par le début. Merci pour ton aide !

Merci encore à tous ceux qui lisent et qui commentent.

Pour le moment, ce chapitre n'a pas été relu par cfquebec, ni corrigé par Stella82. Il sera corrigé au besoin plus tard.

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Jacob se précipita sur le terrain, se faufilant habilement entre deux soldats ennemis sans même que ceux-ci ne l'aperçoivent. Le cœur battant la chamade, il serra dans sa main droite le poignard que la Princesse lui avait remis et tenta de repérer le Prince Edward sur le champ de bataille. Bien sûr, elle avait argumenté, refusant de le laisser partir ainsi avertir le Prince Edward du danger que courrait son frère.

La déclaration de la Princesse Isabella les avait tous pris par surprise. Il y avait eu un long moment de silence, pendant lequel les domestiques étaient plongés dans une sorte de stupeur. Que venait de dire la Princesse Isabella ? Que le Prince Jasper risquait de mourir ? Comment pouvait-elle savoir une telle chose alors qu'elle était à l'abri, bien loin du combat ? Jacob lui-même n'avait pu comprendre comment la Princesse Isabella avait pu en être aussi certaine, mais la panique dans la voix de la jeune femme et son ton impérieux l'avait convaincu. Carmen, la femme du chef du village, avait refusé catégoriquement de laisser Isabella avertir son époux du sort qui attendait le Prince Jasper. Jacob pensait au fond de lui-même que la dame était septique face à cette révélation de la Princesse.

Alors que les domestiques évitaient le regard de Carmen et de la Princesse Isabella, Jacob s'était porté volontaire. La Princesse Isabella venait de le libérer des mains de son ancien maître et le jeune garçon, désormais une myriade de possibilités devant lui, comptait bien remercier la Princesse en sauvant la vie de son beau-frère. La jeune femme avait d'abord refusé, mais puisque personne ne s'offrait en échange et que le temps filait, Jacob fut accordé la permission de sortir de la pièce protégée. Juste avant que la porte ne se referme derrière lui, Isabella avait glissé entre ses mains un poignard affuté.

Jacob traversa rapidement le champ de bataille. Agile et rapide, peu de combattants le remarquaient et ceux qui le faisaient n'accordaient pas plus d'attention au jeune garçon. Il repéra finalement le Prince Edward, qui affrontait des soldats d'Aro plus loin. Jacob s'approcha, se questionnant sur la meilleure façon d'aborder un Prince en plein combat. Cependant, il n'eut pas à se poser trop de questions, car ce fut Edward qui le remarqua avant qu'il ait le temps de lui parler.

Le Prince, visiblement confus par la présence du garçon en pleine bataille, entailla profondément la jambe de son adversaire à l'aide de son épée, avant de reculer de quelques pas.

« Que fais-tu ici, Jacob ? » La pensée qu'Isabella ait un problème lui travers l'esprit et l'inquiéta.

« C'est la Princesse Isabella, Monseigneur, » s'exclama le garçon, jetant des regards nerveux aux combattants autour. « Elle a dit que votre frère allait mourir, là-bas. » Il pointa alors un chemin derrière les arbres, rapprochant de la frontière de Volterra.

« Retourne te mettre à l'abri ! » ordonna Edward, alors qu'un adversaire s'approchait de nouveau. Le petit garçon hésita avant de repartir au pas de course. Le Prince se défendit avec de puissants coups d'épée, tentant de comprendre ce que venait de lui dire Jacob. Il lui fallut un bon instant pour réaliser l'ampleur de ses paroles.

Isabella avait dit que Jasper allait mourir ? Mais comment était-ce seulement possible ?! Anxieux, Edward jeta un regard d'ensemble au champ de bataille, espérant surtout ne pas y voir Isabella. Heureusement, elle n'était nulle part. Cependant, elle avait envoyé Jacob lui porter ce message, mais qu'Edward ne savait qu'en penser. Le Prince tourna la tête dans la direction pointée par le garçon, que Jasper venait de prendre quelques instants plus tard – avant que Jacob n'arrive sur le champ de bataille. Comment avait-il pu savoir ?

Sans réfléchir, Edward fit signe à plusieurs de ses hommes de le suivre et courut vers le chemin qu'avait pris Jasper. Ce qu'il vit au détour des arbres lui serra le cœur.

Jasper était sur le sol, du sang coulant à profusion d'une de ses jambes. La douleur de sa blessure se trahissait sur son visage. Entouré de nombreux assaillants, Jasper ne montrait néanmoins pas de peur.

« Ça en est fait pour ce Prince de Forks, » fit un des soldats avant de lever son épée. Edward fonça sans réfléchir, accompagné des soldats qui l'avaient suivi. Le Prince se dirigea aussitôt sur celui qui s'apprêtait à assassiner Jasper et le désarma rapidement avant de lui trancher la gorge d'un coup d'épée. Ses hommes s'occupaient des autres soldats de Volterra et Edward avait confiance qu'ils auraient le dessus. Il se jeta à genoux devant son frère, déchirant aussitôt un bout de sa tunique. La blessure à la jambe de son frère était sérieuse : sans intervention rapide, il pourrait se vider de son sang. Même avec des soins adéquats, il y avait un risque important d'infection qui ne pouvait être ignoré.

En nouant le morceau de tissus sur l'entaille de Jasper, Edward regarda ce dernier dans les yeux. Il y lut un profond soulagement. Lorsque les derniers hommes de Volterra eurent fui, ses soldats approchèrent.

« Allez chercher des planches pour faire un brancard ! » s'écria Edward, en appuyant sur la plaie de Jasper.

L'aide arriva rapidement. Jasper fut amené sur un brancard de fortune à la maison d'Eleazar. Lors du transport, il perdit conscience, mais Edward continua à faire pression sur l'entaille de son frère. Le blessé fut aussitôt installé dans une chambre spacieuse où le guérisseur du village vint aider Edward à sauver Jasper.

Puis, il y eut le pire moment. L'attente.

La plaie était refermée et le sang ne coulait plus. Cependant, Jasper avait perdu énormément de sang et il était toujours inconscient. Il leur fallait seulement attendre qu'il se réveille.

Edward trouvait l'attente interminable. Il s'installa sur une chaise devant le lit de Jasper et observa le teint pâle et cireux de son frère. Le Prince réalisait à présent à quel point la fin avait été proche pour Jasper et cela le rendait malade de penser avec quelle facilité que les soldats de Volterra l'avait isolé. Cela n'était pas normal et Aro voulait définitivement que les Princes de Forks – et Isabella aussi sans doute – soient assassinés. Tuer Isabella ou Edward pourrait bouleverser l'alliance entre Forks et Phoenix. Assassiner Jasper affaiblirait la famille royale de Forks. Il leur faudrait tous redoubler de prudence à tous les instants. Il serait même plus avisé que Jasper ou Edward ne se présente plus sur les champs de bataille.

Edward se leva un instant et posa une main sur le front de Jasper. La peau était froide et moite. Le Prince ferma les yeux un instant et pria pour le prompt rétablissement de son frère. Il ignorait comment son épouse avait pu savoir ce qui allait se produire, mais l'important était que Jasper était encore en vie et avait de très bonne chances de le rester grâce à Isabella.

Entre le moment où Edward avait trouvé son frère blessé et celui où on avait fermé sa blessure, tout s'était passé très rapidement. L'instinct avait aussitôt pris le dessus et l'homme n'avait pas eu besoin de réfléchir avant de faire pression sur la plaie de son frère. Maintenant, il pensait à la chance qu'il avait que Jasper soit toujours là.

Des images horribles défilaient dans l'esprit d'Edward. Il voyait cet homme de Volterra transpercer le torse de Jasper avec son épée, son frère s'effondrer sur le sol. Dans cette image, son frère avait une expression hébétée, comme s'il ne pouvait croire qu'on l'avait ainsi abandonné à son sort. Le Prince, arrivé trop tard, s'imaginait regarder son frère perdre la vie, impuissant. Pour avoir assisté au décès de plusieurs hommes, Edward ne connaissait que trop ce regard qui devenait vitreux, sans profondeur, sans vie. Son cœur se mit à battre à toute vitesse en se figurant Alice, hystérique, éclater en sanglot devant le corps sans vie de son époux. Ses parents seraient également dévastés, de même que Rosalie et Emmett. Et lui-même serait terrassé par une tristesse sans mesure.

Jasper était son confident, l'une des personnes en qui le Prince avait le plus confiance. Edward avait toujours entretenu une plus grande amitié avec Jasper qu'avec Emmett, plus vieux que ses deux frères de plusieurs années. La nature calme et confiante du cadet de la famille mettait son entourage en confiance et balançait bien le tempérament plus impulsif du plus jeune Prince. Ce n'était pas un hasard que ce soit Jasper qui ait accompagné Edward jusqu'à Phoenix pour son mariage. Leur mariage respectif n'avait rien changé à leur relation – Edward s'entendait très bien avec Alice et Isabella était rapidement devenue proche de Jasper et Alice. Les deux frères étaient de bons guerriers et s'étaient souvent battu côte à côte. Jamais la mort ne les avait frôlé d'aussi près qu'aujourd'hui, alors l'idée que Jasper puisse perdre la vie à un âge si jeune n'avait jamais traversé l'esprit d'Edward.

Edward prit une grande respiration et se ressaisit. Rien ne servait de s'imaginer tant de scénarios sans son frère : Jasper était toujours en vie, bien que blessé sérieusement. Il n'aurait pas annoncé à sa belle-sœur qu'elle était devenue veuve. Il n'aurait pas à continuer sa vie sans son frère.

Le Prince eut un léger sursaut lorsqu'une main se déposa sur son épaule. Isabella venait d'entrer dans la pièce, mais son époux ne l'avait pas entendue, trop concentré sur ses pensées sombres. La Princesse semblait inquiète et épuisée, remarqua Edward. Elle lança un regard nerveux vers Jasper, qui étaient toujours inconscient, avant de poser les yeux sur son époux.

« J'ai entendu dire que Jasper était blessé. Je voulais vérifier que ce n'était pas trop sérieux… » fit la Princesse.

« Grâce à l'intervention de Jacob, nous sommes arrivés à temps, » avoua Edward. « Sa blessure est sérieuse, mais nous avons agi au bon moment, je crois. Il a besoin de repos et s'il n'y a aucune infection, il devrait s'en remettre complètement. »

Isabella posa une main sur sa poitrine et poussa un soupir de soulagement. Depuis l'instant où elle avait cette sorte de « vision » et que Jacob avait quitté la pièce où ils étaient cachés, elle avait craint que son intervention ne change rien – que Jasper meure. Elle avait du mal à comprendre ce qui s'était produit. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait des images ainsi – qui ne correspondait pas aux éléments l'entourant. Cependant, c'était la première fois que ces images présentaient une situation où elle n'était pas réellement, mais qui se produisait juste après. Habituellement, elle voyait des moments qui pourraient ou non se produire, mais plusieurs mois plus tard.

« Comment avez-vous su ? » demanda Edward, laissant son siège, le seul de la pièce, à son épouse.

« Je ne sais pas, » prétendit Isabella. « Par intuition ? »

Elle craignait de révéler ce qu'elle avait vu, parce qu'elle ne savait pas comment l'expliquer. De plus, Isabella éprouvait une certaine crainte envers ces visions. En attendant de mieux comprendre ce qui lui arrivait, elle préférait garder cela pour elle. Edward observa le visage de son épouse. Il voyait bien qu'elle mentait, mais il n'osa pas argumenter. Ce n'était pas le meilleur moment. Néanmoins, il était déçu de réaliser qu'elle lui cachait encore des choses à son sujet.

« Vous devriez aller vous reposer, Isabella. Vous semblez épuisée, » dit Edward, en posant une main sur l'épaule d'Isabella. « Le combat est terminé et nous sommes en sécurité. Vous n'avez pas à vous inquiéter. »

Isabella acquiesça avant de se lever.

« Viendrez-vous me rejoindre ? » demanda-t-elle.

« Je vais attendre que mon frère se soit réveillé avant d'aller vous rejoindre. »

Isabella se rappela alors qu'elle avait quelque chose d'important à dire à son époux.

« Je n'ai pas pu répondre à votre question, plus tôt aujourd'hui, » commença Isabella, en prenant une grande inspiration. « Bien que je n'aille aucune confirmation d'un guérisseur, je pense que je porte votre enfant. »

À ces paroles, elle porta ses mains sur son ventre. Edward eut un instant de silence, alors qu'il prenait conscience de ce que venait de dire son épouse. Puis, un sourire idiot apparut sur ses lèvres. Il prit aussitôt Isabella dans ses bras et l'embrassa avec douceur. Lorsqu'ils s'éloignèrent pour reprendre leur souffle, Edward s'aperçut que des larmes coulaient sur les joues de la Princesse. Du revers du pouce, il en essuya quelques-unes et appuya son front contre le sien.

« Êtes-vous heureuse, Isabella ? Nous avions parlé d'attendre quelque peu avant de fonder notre famille, mais je n'arrive pas à éprouver autre chose que de la joie, » avoua Edward, un large sourire toujours sur ses lèvres. « C'est arrivé si rapidement ! C'est une bénédiction des Dieux. »

« Je suis si heureuse d'avoir votre enfant… » murmura Isabella, plongeant son regard dans celui d'Edward. « Il faut encore que je le confirme avec Alice lorsque nous retournerons au château, mais j'en suis assez certaine. »

Edward ne l'avait pas noté, mais il était vrai qu'il n'avait aucun souvenir d'Isabella ayant ses saignements menstruels dernièrement.

« Allez dormir, Isabella. Je viendrai vous rejoindre bientôt. »

Avec un dernier sourire, Isabella quitta la chambre. Edward se tourna de nouveau vers son frère endormi. Son cœur battait rapidement et il avait du mal à y croire. Il allait être père. Un enfant – garçon ou fille, il s'en fichait bien – qui les unirait, Isabella et lui. Leur progéniture, le début de leur famille, qu'il protégerait, qu'il éduquerait…

« Je ne pensais pas assister à cette nouvelle, » murmura faiblement Jasper. Les yeux faiblement ouverts, le Prince blessé avait un petit sourire sur les lèvres. « Toi, père. Félicitations. »

Edward rapprocha la chaise avant de s'y installer de nouveau.

« Oui, je sais… Je ne m'attendais pas à ce que nous soyons ainsi choyés aussi rapidement… Depuis quand es-tu réveillé, mon frère ? Tu m'as foutu une sacrée frousse ! » fit Edward, la voix marquée par l'émotion. Il était autant soulagé par le réveil de Jasper que par la nouvelle qu'il venait de recevoir d'Isabella. « Si Jacob ne m'avait pas averti… »

« Il s'en est fallu de peu, » confirma Jasper. « J'ai vraiment cru que j'allais y passer. Je n'ai jamais été aussi heureux que de te voir arriver au détour de ce chemin. Je n'arrêtais pas de penser à Alice… » Son ton devenait paniqué.

« Hey, hey, calme-toi, » ordonna Edward, en posant une main sur l'épaule de son frère. « La situation aurait pu tourner très mal, mais cela n'a pas été le cas. Tu es toujours là et tu vas voir Alice dans quelques jours. Que cela nous serve d'avertissements : nous devons être plus prudents, mais inutile de trop s'en faire, d'accord ? »

Jasper esquissa un sourire faible.

« Comment as-tu su ? »

« C'est une longue histoire pour un autre jour, » affirma le Prince. N'ayant pas d'explications, il préféra éluder la question.

« Va voir Isabella. Tu devrais célébrer cet évènement heureux, plutôt que de t'inquiéter pour moi. Je vais m'en sortir, » assura Jasper, en se redressant dans le lit.

« Très bien, » fit son frère. « Pour le moment, peux-tu garder cette nouvelle pour toi ? Nous ne sommes jamais trop prudent… »

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Quelques jours plus tard, le mur était réparé. Edward avait pratiquement oublié qu'il s'agissait, au départ, de la raison de leur venue. L'attaque et, surtout, la situation avec Jasper l'avait grandement accaparé. Le frère d'Edward était encore affaibli par sa blessure, mais allait suffisamment mieux pour être transporté jusqu'au château. Une charrette avait été préparée afin de lui éviter de chevaucher avec sa blessure encore fragile. Il avait repris conscience dans la nuit suivant le combat et ne semblait souffrir d'aucun signe d'infection, heureusement. Cependant, l'incident avait profondément bouleversé Edward, qui prenait désormais conscience de leur mortalité. Il leur faudrait se montrer beaucoup plus prudent dorénavant.

C'est pourquoi le retour au château se fit sous bonne garde et à un rythme plus lent dû à la blessure de Jasper. Edward gardait également sa monture aux côtés de son épouse. Depuis qu'elle avait confirmé qu'elle pensait porter leur enfant, le Prince ressentait un besoin encore plus impérieux de la protéger et de s'assurer de sa sécurité. Il n'aimait pas le fait qu'elle soit à cheval pour le retour au château. Edward avait entendu bien trop d'histoires tragiques, où des accidents avaient causé la perte d'enfants encore dans le ventre de leur mère – et parfois même de la mère.

La joie qu'il aurait dû ressentir en sachant qu'il allait devenir père avait malheureusement été ternie par la blessure sérieuse de Jasper. De plus, l'audace d'Aro et ses deux attaques mettaient également Edward sur ses gardes. Il n'y avait aucun doute dans l'esprit du Prince que le Roi de Volterra n'abandonnerait pas aussi facilement. Il serait sans doute plus prudent de garder la grossesse d'Isabella secrète le plus longtemps possible afin de protéger autant la jeune femme et leur enfant à naître.

Tous furent soulagés lorsqu'ils traversèrent les larges portes menant à la cour intérieure du château plus tard ce jour-là. Isabella et Edward arrêtèrent leur monture près de leur famille. Après avoir confié sa monture, le Prince aida son épouse à descendre de la sienne. La Princesse remarqua aussitôt l'inquiétude de leur famille. Alice et Esme cherchaient Jasper des yeux parmi les soldats encore sur leur monture.

« Nous avons été attaqué, » fit Edward. « Jasper a été blessé sérieusement, mais il va beaucoup mieux. » Il fit un signe de la main pour désigner l'attelage plus loin.

Alice s'élança aussitôt au pas de course vers son époux. Ce dernier, le teint encore pâle, eut un faible sourire lorsque la jeune femme se précipita sur lui pour l'examiner.

« Qui est-ce ? » demanda Rosalie, désignant quelqu'un derrière eux.

Isabella se tourna pour apercevoir Jacob qui traînait derrière, ne sachant pas quoi faire. Il restait en retrait et ne bougeait pas au milieu du brouhaha qui l'entourait. Edward lui fit signe d'approcher. Le garçon, l'air timide, avança lentement dans leur direction.

« Je vous présente Jacob, » commença Edward. Emmett lui adressa un signe de la main. « Jacob, je te présente ma famille. Il s'agit d'un orphelin qui avait été confié à un marchand, mais ce dernier le maltraitait. Isabella est intervenue et a offert à Jacob de choisir ce qu'il souhaitait faire. Il nous a dit qu'il désirait apprendre à lire et à écrire et nous l'avons donc amené au château. »

« Bienvenue parmi nous, Jacob, » souligna Esme, tout en offrant un large sourire au jeune garçon. « Malheureusement, nous n'offrons pas de service d'éducation. »

« À ce sujet, j'avais une idée, » avança Isabella, en serrant nerveusement ses mains ensemble. « Je suis certaine que beaucoup d'enfants aimeraient être éduqués dans la région. Nous pourrions leur fournir des classes, leur apprendre à lire et écrire et quelques notions d'arithmétique de base. Arrivés à 15 ou 16 ans, nous pourrions les laisser choisir le métier qui les intéresse pour l'avenir : servant au château, marchand, artisan. Nous pourrions organiser un système d'apprenti pour ces jeunes gens. Afin d'attirer des mentors, il serait possible de récompenser ceux qui voudront bien prendre quelques étudiants avec eux. »

Carlisle échangea un regard rapide à la Reine, qui acquiesça.

« Cela me semble être une bonne idée, Isabella. J'en discuterai avec Emmett et mon conseil, afin d'ébaucher un plan plus adapté et de mettre en place un tel système, » lui dit le Roi, avec un sourire bienveillant.

« Sans vous manquer de respect, Carlisle, j'aimerais bien mettre en place moi-même ce système d'éducation. J'aimerais même enseigner certaines classes, » fit doucement Isabella, espérant ne pas contrarier son beau-père.

« Mais quelle idée géniale ! » s'exclama Rosalie, en prenant la main d'Isabella. « Je sais que plusieurs enfants de l'orphelinat seraient intéressés. »

« C'est une idée fantastique, en effet. Mais que ferez-vous lorsque vous aurez de jeunes enfants, Isabella ? L'enseignement, bien qu'une occupation très noble, n'est pas compatible avec les soins donnés à de très jeunes enfants. »

Edward et Isabella échangèrent un regard entendu.

« Nous verrons le moment venu, » intervint le Prince, en s'éclaircissant la gorge. « En attendant l'arrivée de notre premier enfant, Isabella peut très bien mener ce projet à bien. »

Les mots choisis par Edward résonnèrent étrangement aux oreilles de sa famille. Emmett allait poser une question lorsqu'Alice arriva. Elle avait passé un bras autour de la taille de Jasper et l'aidait à avancer sans mettre de poids sur sa jambe blessée. Elle semblait émue lorsqu'elle s'adressa à Edward :

« Jasper m'a raconté comment tu es arrivé exactement au bon moment pour le sauver. Je te remercie de me l'avoir ramené en un seul morceau. »

« Ne t'en fais pas, Alice. Désormais, nous nous montrerons très prudents à présent, » rétorqua Edward. Il devait informer Emmett et Carlisle de ce qu'il pensait de la situation, mais il ne souhaitait pas inquiéter Isabella, en particulier avec sa grossesse.

« Vous devriez tous aller prendre du repos, » intervint Esme. « Vous discuterez de stratégie demain. »

Ils hochèrent tous de la tête. Edward passa un bras autour de la taille de sa femme et l'attira à l'intérieur pour un repas et un bain tous les deux bien mérités.

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« Merde ! » cria Aro, en tapant du poing sur la table. Les pièces posées sur la carte devant lui se renversèrent sur le côté. « Vous m'aviez dit que vous alliez assassiner ce salaud ! »

Les quelques soldats, qui avait été chargé d'assassiner le Prince Jasper, baissèrent les yeux, honteux d'avoir manqué à leur mission. Aro se rapprocha de l'un deux et le fixa du regard, faisant frissonner celui-ci de peur.

« Je devrais tous vous faire tuer pour avoir manqué votre mission ! » s'exclama le Roi avec rage.

« Je ne sais pas comment le Prince Edward a su… » commença un des hommes, bravant le regard furieux de son chef. « Pourtant, quand j'ai attiré le Prince Jasper à l'écart, le Prince Edward ne nous portait aucune attention ! »

« JE M'EN FICHE ! Hors de ma vue ! » décréta Aro, fulminant.

Le silence régna dans la pièce pendant quelques minutes après le départ des soldats. Ensuite, un rideau bougea et le traître entra. Aro n'était pas d'humeur à le voir.

« Je n'ai aucune envie de discuter avec vous, » fit le Roi, furieux.

L'autre, très calme, ne cilla même pas.

« Vous laissez la colère vous envahir, Aro. Il faut que vous restiez afin de réfléchir à la prochaine étape. »

« Quelle prochaine étape ? » gueula le Roi, sans même regarder son allié. « Ils ont désormais compris qu'on souhaite leur mort. La possibilité que nous arrivions encore à les coincer dans un combat est si faible à présent… »

« La stratégie n'est pas votre plus grande qualité, » remarqua le traître avec dédain. « Il existe bien des moyens d'atteindre vos ennemis, même à l'intérieur de leur forteresse. »

« Ha oui ? » demanda Aro, soudainement intéressé.

« J'ai un espion à l'intérieur des murs… » murmura l'allié du Roi. « Il serait très facile pour cette personne de, par exemple, glisser du poison dans le verre du Prince Edward… »

Aro sourit et acquiesça, emballé par l'idée qu'on lui présentait. Comme un idiot, songea le traître.

« Et pourquoi ne pas faire porter le blâme sur la Princesse Isabella ? » fit le traître, un sourire mauvais sur les lèvres.